Coucou les fiiiiilles !

Vous aussi vous êtes contentes d'être en week-end ? ahah je comprends XD C'est moi où la semaine a été incroyablement longue ?

Je suis trop trop contente de vous poster enfin ce chapitre, ça fait des mois que j'attends vos commentaires dessus ahahah bien entendu, j'ai fait ma vilaine avec nos persos préférés XD mais on en parle tout à l'heure lol

Lau : Saluuuut ! ! Hey, les meilleurs cadeaux, ce sont ceux dont on peut profiter en les offrant ahah (arf elle est française cette phrase ? XD) Ce qu'à Bella dans la tête, tu t'apprêtes à le lire hihi aaaah évincer ou refouler... *-* tu verras ça ! XD Bella n'est pas assez proche physiquement de Mike peut être ? tu sais que je peux arranger ca ! ahahahah Merci pour ta lecture et tes commentaires toujours au rendez-vous ! *-*

Catbl2014 : bonjour toi ! OOH j'adore surprendre ! *-* Je te confirme, entre Bella et Edward, c'est pas gagné ! ahahaha je suis pas une gentille avec eux ! Le point de vue de Bella... ça reste entre nous, hein, mais il va y en avoir un. J'avais promis que non, mais au final ça va me servir, par contre il va falloir attendre un peu pour l'avoir, sinon c'est pas drôle XD Merci pour ton commentaire et ta lecture !

Momo 6 : Hello ! OOh c'est trop meugnon ! *-* Tu voyages ? Ce sont les vacances ? Merci beaucoup ! Un rapprochement dans les prochains chapitres ? Si tu savais ! ahahahahah je rigole d'avance ! XD Si tu aimes que leur histoire avance lentement, tu vas être servie ! XD

Oh j'ai oublié de vous dire, j'ai finis cette fic ! Epilogue inclu ! Du coup j'ai entamé la prochaine mais je vais bien évidemment attendre un peu avant de vous la poster parce que -entre autre- j'ai pas trouvé de fin potable ahahahah

Dans le chapitre qui suit vous trouverez des paroles de chanson, ce ne sont pas les miennes (bien évidemment, mais faut préciser, hein ^^)

Bon, trêve de blabla, je vous ai promis une tempête, mettez vos k-way, surélevez vos meubles et éloignez vous des fenêtres !

Chapitre 20

Nous accostâmes et Bella et moi prîmes le temps de réajuster notre bonnet. Elle remit en place sa capuche de sorte à ce qu'aucun de ses cheveux ne s'échappent et nous descendîmes parmi la foule de façon bien plus sereine que lors de l'embarquement.

Bella monta derrière le volant de sa Porsche alors que Tyler et Ryan montèrent dans leur véhicule et nous suivirent de près.

-Où allons nous ?

-Hey bien, disons que j'ai pas envie que cette journée ne se termine.

Elle sillonna les rues jusqu'à pénétrer dans un parking souterrain où Tyler et Ryan nous rejoignirent aussitôt. Bella nous mena jusqu'à l'issue piétonne où nous prîmes un escalier pour rejoindre la surface et débouler sur une immense place perdue entre les gratte-ciels, illuminée par de nombreuses décorations chaleureuses. Des enceintes diffusaient en fond sonore le dernier hit de Imagine dragons, et des centaines de personnes grouillaient autour de nous. Nous nous rapprochâmes aussitôt de Bella, les sens en alerte.

Elle, à mon grand étonnement, était aussi à l'aise que si elle traînait dans l'appartement, les prémices d'une crise d'angoisse étaient bien loin d'elle. Je compris rapidement où elle voulait en venir quand je la vis s'approcher d'une petite cabane lambrissée de bois foncés qui jouxtait la patinoire. Une grande fenêtre était ouverte sur la place, dévoilant des étales de patins à glace ainsi qu'une jeune employée.

Le Winterfest ! J'avais voulu y amener Bella, bien sûr, mais qu'elle nous l'ait imposé de cette manière n'était pas très… correct de sa part.

Je n'étais pas certain que ça soit une excellente idée vu la centaine de personnes agglutinées les une aux autres qui circulait en rond sur la glace.

Bella ne nous laissa même pas le temps de protester qu'elle demandait déjà des patins pour nous quatre.

-Vous savez glisser les gars ? Demanda-t-elle en distribuant les chaussures. J'ignorais comment elle faisait pour deviner les pointures des gens d'un simple regard…

En voyant l'expression qu'arboraient mes collègues, je me rendis compte que j'allais être le seul à pouvoir rester auprès d'elle.

-Et bien, j'ai quelques restes de hockey sur glace de mes années lycée, ça devrait pouvoir le faire.

Ma réponse accrocha un grand sourire sur ses lèvres alors qu'elle se chaussait déjà en prenant appui sur le cabanon. Une fois les patins à nos pieds, nous tendions nos chaussures à l'employée avant de nous diriger maladroitement jusqu'à passer le portique de la patinoire.

-Hey mec, jte jure, j'ai jamais patiné, je le sens pas trop là ! Me fit Ryan avec une appréhension nettement visible sur le visage.

-Pareil ! Lâcha Tyler, pas plus sécurisé.

Bella, qui n'avait d'yeux que pour la glace s'était adossée au muret en plastique blanc qui courait autour de la patinoire et ne semblait pas nous entendre, juste nous attendre.

-Allez, on tente, si ça se passe mal alors on dégagera aussi tôt.

Mes collègues entrèrent sur la glace, aussi habiles qu'un poulain qui viendrait de naître. Bella ne leur prêta guère attention et s'élança aussitôt sur la glace, aussi à l'aise que sur un tapis rouge.

Pour quelqu'un qui fuyait les gens autant que possible, elle se fondait parmi les autres sans aucune difficulté, elle était peut-être même un peu trop sereine parce qu'elle venait de disparaître de mon champ de vision tellement nous étions nombreux ! Je me lançais aussitôt à sa poursuite, bousculant involontairement quelques personnes sur mon passage. Nous étions tous au coude à coude et je regrettais de ne pas lui avoir fait porter un gilet orange fluo de chantier, je l'aurais retrouvée plus facilement !

Après quelques sueurs froides, je l'aperçus quelques mètres plus loin de moi et j'accélérai jusqu'à me retrouver à sa hauteur.

-Hey tu aurais pu m'attendre !

Alors que je commençai à bouillonner, elle me fit une sourire éclatant :

-Tu aurais pu te dépêcher !

Elle attrapa mon coude et se rapprocha de moi, calant le rythme de sa progression au mien alors que Rihanna se faisait entendre dans les enceintes avec Rude boy. Bella nous fit patiner en rythme.

A chaque fois que nous passions devant le portillon, mes yeux se posaient sur Ryan et Tyler qui étaient toujours en galère, tentant vainement de rester stables sur leurs pieds.

Bella crocheta son bras autour du mien et, même si sa sécurité était compromise à cause de son coup de tête, nous passions tous les deux un excellent moment. J'étais en train de passer le meilleur Noël de ma vie… jusqu'à ce qu'une personne derrière nous nous percute accidentellement. Bella lâcha mon bras sous la surprise alors que je perdis l'équilibre. Je trébuchai légèrement mais réussis à me reprendre avant de chuter.

La femme qui nous avait percuté s'excusa longuement mais je ne l'écoutai pas : Bella n'était plus sur ma droite, ni nul part. La foule était tellement dense que j'avais l'impression de chercher une aiguille dans une grange de bottes de foin…

La colère commençait à naître au plus profond de moi : je savais que cette sortie sur la patinoire n'était pas une bonne idée ! Je ne savais juste pas encore si j'étais fâché contre elle ou moi !

Je patinai plus rapidement, regardant de droit de à gauche, sentant l'angoisse m'étreindre. Un rapide regard à mes collègues m'indiqua qu'ils avaient autant conscience que moi du problème : sans s'aventurer sur la glace pour autant, ils scannaient les patineurs du regard à la recherche de Bella.

La musique changea pour Love me like you do, titre phare du dernier album de Bella. Je connaissais par cœur cet album parce qu'Alice me l'avait envoyé quand j'étais encore à Landsthul, tentant de me remettre de la série d'opérations que j'avais dû subir, l'album avait alors tourné en boucle. Ceci étant, jamais je n'avouerais à Isabella Swan qu'elle m'avait aidé lors de ma convalescence !

"You're the light, you're the night…"

J'espérais simplement que personne ne ferait le rapprochement entre la chanson et l'interprète qui patinait quelque part parmi nous.

"You're the only thing I wanna touch…"

J'avais une très, très mauvaise impression…jusqu'au refrain, quand je la vis, Isabella Swan, sans sa capuche ni son bonnet, au centre de la patinoire, là où il y avait moins de monde, en train de patiner à reculons, remontant le flot des gens sur la glace, comme si elle souhaitait se faire voir par un maximum de personnes. Étant au milieu de la piste, ses cercles étaient plus petits que les nôtres, de sorte à ce qu'elle ait déjà fait deux tours alors que je n'en avais pas fini un.

Elle voulait ma mort… ou la sienne… parce que j'allais tuer quelqu'un…

Il y avait trop de monde entre elle et moi, tous allaient trop vite et la foule était trop dense pour que je puisse la fendre sans créer d'incident. En revanche je pouvais la voir.

Elle entama le refrain suffisamment fort pour que les personnes qu'elle croisait comprennent que c'était bien elle qui se faisait entendre par dessus la version originale.

"So love me like you do, lo-lo-love me like you do"

Oh oui j'allais la tuer.

"Touch me like you do, ta-ta-touch me like you do"

Nos yeux se connectèrent lors de la dernière phrase de son refrain :

"What are you waiting for ?"

Elle replongea parmi la foule aussitôt le refrain terminé, comme si elle savait qu'elle avait tout intérêt à se cacher de ma colère… même son dernier vers ne suffisait pas à me calmer, bien que j'étais quelque peu perturbé, comme si elle m'avait réellement adressé personnellement cette phrase…

-Hey c'est Isabella Swan !

-C'est Isabella !

On y était… Elle était repérée ! Pour quelqu'un qui ne voulait pas être reconnue sur le bateau, voilà qu'elle s'affichait clairement au milieu des centaines d'inconnus.

Je vais me la faire, je promets que je vais me la faire !

Je progressai aussi vite que possible pour remonter à foule à sa recherche. Ça sentait pas bon. Quitter le Winterfest allait être épique… et dangereux.

Ryan et Tyler scannaient toujours la foule, effarés et particulièrement inefficaces. Les gens autour de moi étaient nombreux à avoir sorti leur téléphone, cherchant à immortaliser l'apparition d'Isabella ou relayant l'information de sa présence sur les réseaux sociaux, comme si nous n'étions pas déjà assez nombreux.

Le second et dernier refrain se fit entendre et elle recommença son cirque, à patiner à reculons devant tout le monde. Les flashs crépitèrent cette fois et de nombreuses personnes l'interpelèrent. Elle recommença une ultime fois son refrain et cette fois-ci, parce que j'avais enfin réussi à me faufiler parmi la foule, je pus attraper fermement son coude, la faisant sursauter, avant de la guider précipitamment vers la sortie de la patinoire. Les flashs furent encore plus nombreux que lorsqu'elle chantait !

J'étais extrêmement satisfait de constater que Ryan et Tyler avaient récupéré leurs chaussures en voyant que les choses se gâtaient. Ils avaient les nôtres dans les mains.

Isabella était visiblement contrariée et tirait sur mon bras pour me faire lâcher prise alors que je me concentrais pour inspirer profondément par le nez pour tenter de calmer ma colère. Je savais que mes doigts sur son bras étaient serrés trop fort et j'étais -malgré tout- content qu'elle porte un manteau suffisamment épais pour ne pas avoir ultérieurement la trace de mes doigts sur sa peau.

Je forçai le passage jusqu'au portique et était-ce parce qu'ils avaient reconnus Isabella ou parce que ma rage était nettement visible, toujours est-il que la foule nous avait dégagé un passage vers la sortie sans créer d'incident sur la glace !

Tyler me tendit aussitôt mes chaussures et je défis au plus vite mes patins tandis qu'Isabella ne prêtait pas attention à ses baskets mais aux fans qui commençaient à nous entourer. Mes collègues tentaient de calmer la foule qui augmentait dangereusement à chaque seconde autour de nous. Les fans d'Isabella avaient leur téléphone à la main pour la photographier, ils criaient son nom ou suppliaient pour avoir un autographe. C'était la cohue, des dizaines de personnes s'étaient soudainement approchées, et la star, toujours juchée sur les lames, affichait un grand sourire, répondant aux personnes, acceptant les selfies et les bises avec joie.

Mes chaussures aux pieds, je laissais les patins à glace au sol et chargeai brusquement Isabella sur mon épaule, gardant une main sur l'arrière de ses cuisses pour la sécuriser, avant de partir en courant vers l'entrée piétonne du parking en criant à l'employée du cabanon qu'on rembourserait les patins toujours aux pieds de Madame-la-star. Celle-ci éclata de rire au moment où je me mis à courir. Nous croisâmes beaucoup de monde en rejoignant le parking et j'étais persuadé que l'on ferait la une de la presse people le jour suivant.

Isabella, qui était secouée sur son épaule à chaque foulée, commença à geindre :

-Bon Eddy pose moi maintenant, je commence à avoir mal au ventre ! Peut-être même que je vais vomir.

Je ne répondis rien, préférant garder mes mâchoires serrées, de peur de laisser échapper des choses que je pourrais regretter. Je me servis du pass que nous avions eu en arrivant dans le parking pour ouvrir la porte piétonne et nous engouffrai à l'intérieur. J'avais laissé Tyler et Ryan avec la foule, j'aurais pu culpabiliser, mais la première règle concernant la sécurité d'une personne dans les situations comme celle-là est de procéder à une extraction : laisser les collègues sur place et fuir avec l'employeur.

Une fois la porte refermée derrière nous, je reposai Isabella par terre avant de me saisir de son bras et de la guider fermement dans l'escalier. Bien évidemment, sur les lames de ses patins, elle manquait d'équilibre et trébucha à plusieurs reprises mais ma prise suffisait à la maintenir debout. Ceci étant, je ne cherchais pas à ralentir pour l'aider. Si elle n'avait pas encore compris que j'étais plus énervé que jamais contre elle, elle venait de le faire.

Nous atteignîmes l'étage où était garée sa Porsche et silencieusement, je tendis ma main libre sous ses yeux pour lui faire comprendre que je voulais les clés. De toute façon, elle n'allait pas conduire en patin à glace, ni pieds nus !

De dépit, elle me remit son trousseau.

Il n'y avait pas un chat dans le parking, beaucoup de voitures mais personne sur l'étage. Isabella se traînait derrière moi et je n'osais pas la lâcher de peur d'avoir un geste malheureux à son égard, quitte à ce que mon bras forme un angle étrange. Elle avait toujours aussi peu d'équilibre mais c'était le cadet de mes soucis. J'étais en train de bouillir de rage contre elle pour avoir été aussi inconsciente. Que ce serait-il passé si un de ses fans avait été mal intentionné ? Bon sang, elle s'était déjà faite agresser pourtant ! Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ?

Je déverrouillai la Porsche à distance alors que nous nous en approchions :

-Ca y est, vous allez pouvoir me lâcher maintenant !

Sa voix était tendue et ses mâchoires semblaient être aussi crispées que les miennes. Je faillis lâcher un rire cinglant en l'entendant me vouvoyer, comme si ça pouvait m'atteindre. Ce que je redoutais depuis son extraction arriva, ma colère déborda et je détendis brutalement mon bras droit qui la tenait vers l'avant, la faisant trébucher à cause des lames sous ses patins.

Elle perdit l'équilibre pour heurter sans douceur ni ménagement le coffre de sa voiture.

-À quoi vous pensiez bon sang ? Vous êtes inconsciente ou juste complètement stupide ? -La colère sortait sans filtre. J'avais conscience de crier tellement fort que quiconque à l'autre bout du parking m'entendrait mais je m'en fichais, mes bras moulinaient l'air mais… je m'en fichais aussi !- C'est l'attitude la plus idiote et irresponsable que j'ai jamais vue ! -Isabella, qui n'avait pas bougé le petit doigt était à demi allongée sur la Porsche, me fixait d'un air abasourdi, la bouche bée. En temps normal, j'aurais eu de la peine pour elle, mais pas là.- Vous êtes juste… vous êtes juste une gamine capricieuse qui ne sait pas ce qu'elle veut !

Isabella se redressa brusquement, chancelante, les yeux écarquillés, mais resta silencieuse. J'avais pertinemment conscience avoir franchi une limite mais je n'avais pas fini de déballer ce que j'avais à dire. Elle avait mis sa vie en danger pour des selfies et des autographes…!

-Vous vous goinfrez de pizzas et de pâtes sans compter pour finalement pleurer sur des brocolis. Vous êtes sur le point de m'embrasser pour payer mon silence le lendemain, et là vous me faites un cinéma pour pas monter sur un bateau parce qu'il y a une vingtaine de personnes à bord et vous terminez noyée dans une foule d'une centaine de fans ! C'est quoi votre problème, bon sang ? Vous êtes combien dans votre tête ?

Isabella n'émit pas le moindre son mais releva la tête avant de contourner sa voiture et de s'engouffrer à l'intérieur pour prendre place sur le siège passager, les patins à ses pieds contrastaient avec l'air inatteignable qu'elle tenta d'afficher. J'aurais pu rire si les conditions avaient été différentes.

Je pris place derrière le volant après avoir poussé un profond soupir. La limite avait été très clairement franchie et je ne pourrais pas revenir en arrière. J'avais beau être profondément remonté contre elle, je lui avais parlé comme si elle avait eu des comptes à me rendre. Comme si c'était elle qui avait fauté et pas moi. Parce que la réalité était qu'elle était en droit de faire ce qu'elle voulait, c'était à moi de la suivre et pas à elle d'agir de sorte à faciliter mon travail.

Je sortis du parking et m'insérai dans la circulation. Mes doigts étaient blancs sur le volant tellement je le serrais fortement. Isabella, elle, fixait la ville à travers sa fenêtre, me tournant le dos. Je m'interrogeais rapidement quant à savoir si elle était en train de pleurer, sans savoir si ça me poserait réellement problème.

Nous arrivâmes sur la quatrième avenue puis au numéro 1435. Je m'engouffrai dans le parking puis stationnai la voiture. Isabella sortit aussitôt et se dirigea directement vers l'ascenseur. Si je n'avais pas été aussi énervé, j'aurais ri de la voir galérer avec ses patins mais elle resta fière, sa tête haute. Je me précipitai à sa suite après avoir verrouillé la Porsche pour avoir le même ascenseur qu'elle et ne pas avoir à attendre qu'il fasse l'aller-retour.

La montée de l'élévateur fut… incroyablement longue et silencieuse. Comment l'atmosphère pouvait-elle être aussi tendue alors que deux heures plus tôt Isabella était entre mes bras ?

Elle était droite comme un i, malgré ses chevilles qui rentraient à l'intérieur à cause des lames sous ses pieds, face aux portes. Une fois de plus je me demandais si elle était en train de pleurer.

Après un temps qui me parut durer des heures, l'ascenseur arriva au quarante neuvième étage et Isabella bondit en dehors de la cabine et déverrouilla la porte d'entrée avant même que je n'eus le temps de sortir de l'élévateur. La porte heurta brutalement le mur et Isabella fila directement vers la salle dont j'ignorais encore tout et y disparut.

Notre journée avait été longue et la fatigue me submergea au moment où je franchis le seuil de l'appartement. Je montai prendre une douche et passer un pyjama. J'avais juste envie de dormir mais descendis voir si Isabella était sortie de son refuge. Un rai de lumière filtrait sous la porte. Ma colère s'était quelque peu apaisée, Ryan et Tyler m'avaient confirmé être rentrés chez eux sans plus d'incident. J'avais fait un versement à mes collègues d'un soir pour être restés plus longtemps avec nous et compenser le fiasco. J'avais également réglé un montant exorbitant pour les patins d'Isabella et éviter la possibilité d'un dépôt de plainte. J'avais même missionné Emmett pour qu'il contacte Tyler pour récupérer la paire de baskets de sa soeur.

Ceci dit, la colère n'avait pas entièrement disparu non plus.

J'ouvris le frigo à la recherche de quelque chose à cuisiner. Même si j'avais fait des progrès en cuisine depuis mon arrivée ici, je n'avais pas d'idée pour cuisiner tout ce qu'il y avait à l'intérieur et une flemme assez prononcée s'était emparée de moi, j'optai alors pour une omelette toute simple réalisée en cinq minutes. Je la divisais dans deux assiettes et les posai sur le comptoir avant d'aller frapper à la porte :

-J'ai fait une omelette, vous venez manger ?

Je n'obtins aucune réponse et frappai une fois de plus à la porte.

-Est-ce que je peux juste avoir un signe comme quoi vous allez bien ?

Est-ce que je m'étais attendu à entendre du verre se briser brutalement contre la porte ? Définitivement non !

-Ok. Je vous mets une assiette dans le frigo si vous avez faim.

Un second objet se brisa sur la porte. Je crois que je n'étais pas le seul à avoir été déçu par notre soirée.

J'hésitais à dormir dans ma chambre et, au final, la culpabilité fut plus grande que la colère : je lui avais dit des choses que j'aurais dû taire alors je descendis, non sans mal, ma couette et mon oreiller pour dormir sur le canapé. Il fallait que je puisse lui présenter des excuses, ne serait-ce que pour avoir sous entendu qu'elle était schizophrène… Depuis le salon, j'espérais pouvoir l'intercepter pour pouvoir lui parler. Mais cela ne se produisit pas.

Je fus réveillé en pleine nuit par cinq personnes qui étaient entrés dans l'appartement comme si elles étaient chez elles. J'avais aussitôt porté ma main à ma ceinture, à la recherche d'une arme que je ne portais plus depuis longtemps. Je bondis sur mes pieds, prêt à défendre Isabella même si elle n'était qu'une irresponsable.

-On vient pour le ménage Monsieur Cullen. Mademoiselle Swan ne vous a pas prévenu ?

-Heu ben non, enfin si.

Pourquoi Emmett ne m'avait-il pas donné leur photo ? Ceci étant les serpillières, les seaux et des produits ménagers qu'ils avaient dans les mains ne prêtaient pas vraiment à confusion.

-Faites comme si j'étais pas là. Leur dis-je en prenant mon téléphone sur la table basse. Je pianotais rapidement un message au frère d'Isabella lui demandant les références de l'équipe de nettoyage.

Alors que les employés commençaient à s'affairer silencieusement comme une impressionnante fourmilière, je me fis un chocolat chaud en tentant de ne pas gêner la femme qui frottait le plan de travail. Elle avait attaché ses cheveux grisonnant en un chignon et enfilé un tablier blanc pour protéger sa tenue.

-Ca vous dérange si je vous pose une question ?

-Non monsieur, je vous écoute. -Elle s'adressait à moi avec autant de respect que si c'était moi la star internationale.

-Je ne m'étais pas posé la question jusque là, mais vous venez à quel moment pour nettoyer nos chambres ? Je veux dire, clairement, vous faites pas mon lit quand je dors. -Elle fit un petit rire.

-Non monsieur, mais on revient lorsque vous partez courir.

-Et les fois où on n'a pas couru ?

-Mademoiselle Swan nous a prévenu pour nous donner d'autres horaires.

-Elle prévoit tout, n'est-ce pas ?

-Oui monsieur. C'est une fille très intelligente et très gentille aussi.

Je ne lui répondis rien, mon regard s'était perdu dans le chocolat qui se dissolvait dans le lait. Bien sûr qu'elle était gentille, et moi j'étais un abruti…

J'allai dans le couloir de l'entrée et m'assis en tailleur devant la porte de la pièce mystérieuse d'Isabella, c'est pas parce que l'équipe de ménage nettoyait l'appartement de fond en comble qu'ils ne pouvaient pas être là pour lui nuire et j'étais trop fatigué pour faire quelque chose d'autre que rester assis.

L'équipe resta deux heures à tout briquer. Et je restais par terre. Nous avions gâché notre magnifique Noël mais je me rendis compte que le sien avait été pire que le mien. Son petit ami n'avait pas été là pour fêter la nativité, ni ses parents, encore moins son frère. Même moi j'avais pu voir mes proches alors s'ils vivaient à l'autre bout des États-Unis. Isabella avait dû passer le réveillon et la journée du vingt cinq avec son garde du corps, j'étais triste pour elle : c'était la preuve d'une profonde solitude.

Et moi, son employé, la seule personne disponible pour être à ses côtés le jour de Noël, j'avais été le pire des nazes, lui jettant au visage ses pires défauts, comme si moi j'étais parfait…

Cette nuit-là, je ne m'étais pas rendormi. Isabella n'était pas sortie de sa salle et je n'avais pas perçu de bruit à l'intérieur. Même à l'heure du footing, elle n'était pas sortie de sa cachette. Ma colère avait entièrement disparu pour laisser place à la culpabilité, c'est pourquoi je me retrouvai vers neuf du matin à lui concocter un petit déjeuner royal : muesli, toasts beurrés, salade de fruits maison, café, jus d'orange ainsi qu'un croissant et une magnifique rose rouge que j'avais fait livrer contre la signature d'un contrat de confidentialité et un pourboire. J'avais tout installé sur un large plateau et le pris entre mes mains avant de l'amener à Isabella.

Je réussis à faire tenir mon plateau sur une seule main pour frapper à sa porte avec l'autre.

-Petit déjeuner ! Annonçais-je d'une voix plus tremblante que ce à quoi je m'étais attendu. J'avais préparé son petit déjeuner mais pas le discours que je comptais lui faire. Je ne savais pas quoi lui dire ni comment lui demander de m'excuser. Ma bouche était sèche et je regrettai de ne pas avoir bu un peu d'eau avant de la rejoindre. Je ne perçus aucun mouvement pendant quelques instants jusqu'à ce que la porte ne s'ouvre sur Isabella et qu'elle la referme à clé rapidement. Elle me fit face, sans un mot et fixa le plateau.

Son visage était totalement défait, pâle, les traits tirés. Ses cheveux étaient ébouriffés et ses yeux rougis et cernés. Je me sentais encore plus nul qu'avant de la voir.

-Je… Je t'ai préparé le petit déjeuner.

Je ne savais pas à quoi je m'étais préparé, mais sûrement pas à ce qu'Isabella ne donne un grand coup sous le plateau qui se renversa sur moi avant de tomber par terre. Le café me brûla le torse mais la surprise m'empêcha de réagir. Isabella s'enferma dans son studio d'enregistrement, sans même prononcer un mot. La nuit n'avait pas arrangé les choses… Je me trouvais comme un imbécile dans le couloir, mon t-shirt maculé de tout ce que je lui avais préparé. Le sol n'était qu'un amoncellement de vaisselle brisée, de miettes et de céréales.

Ce repas était la représentation parfaite de notre journée de la veille : préparer quelque chose de génial pour l'autre, tout mettre en place pour pouvoir passer un bon moment, s'occuper du moindre détail pour finalement tout gâcher…

Avance doucement, lentement jusqu'au centre de la place publique, étends les bras en croix et lève les yeux au ciel, prête à me faire lapider à coup de Schoko-Bons

Non mais sérieux... c'était trop calme...