Chapitre 21 : Je veux mes chocolats !

Le 13 février, l'école était en effervescence. Le lendemain aurait lieu la St Valentin.

- Bon, lança Aurore assise sur son lit. Qu'est-ce qu'on fait ?

- Comment ça ? demanda Lily perplexe.

- Pour demain, dit-elle comme si c'était évident. La St Valentin, tu te souviens ?

- Oui... acquiesça la rousse gênée. Et alors ?

- Alors, c'est la journée de l'amour ! Il y a pleins de choses à faire. Prouver aux gens qu'on les aime. Et se déclarer, ajouta Aurore malicieusement.

- Ne cours pas trop vite, Forrest, l'arrêta Lily. Je vois où tu veux en venir. Et c'est non.

- Non quoi ?

- Je n'ai pas de déclaration à faire, précisa Lily.

- Ok... mais il y en a d'autres qui pourraient, nota Aurore en jetant un œil aux autres filles.

- Je me suis déjà déclarée à Frank, dit Alice.

- Ça ne t'empêche pas de recommencer. Et toi, Mary ?

- Ce serait l'occasion parfaite pour demander à Edgar de sortir avec moi, approuva celle-ci pensive en échafaudant sûrement son plan. Lui ou un autre...

Par "un autre", elle entendait Sirius.

- Lâche l'affaire, lui conseilla Alice. Sirius ne veut plus de toi.

- J'ai dit un autre ! Pas Sirius, bouda Mary.

- Mais tu l'as pensé tellement fort, rit Lily.

- Marlene ? dit Aurore doucement en offrant un regard encourageant à son amie.

- Non... murmura la brune. Je peux pas.

Se déclarer à Sirius ? Impossible. Elle n'en aurait jamais le courage. Pas après l'épisode du bal. Aurore comprenait cela. D'autant que... Sirius maintenait qu'il était amoureux d'elle. Mais s'il se rendait compte que Marlene avait des sentiments pour lui. De vrais sentiments. "Il pourrait changer d'avis sur moi et... tout serait plus simple. Marlene pourrait enfin être heureuse. Et moi je... je serais soulagée. Oui... ce serait pour le mieux".

- Et toi alors ? memanda soudainement Mary à Aurore.

- M... moi ? balbutia la jeune fille prise au dépourvu.

- Une déclaration à faire ? demanda malicieusement Lily.

- Non, sourit Aurore.

- Alors lâche-nous les baskets !

- Les quoi ? demanda Mary perplexe.

- Très bien ! soupira Aurore. Je n'insiste pas. Mais ça ne nous empêche pas de préparer quelque chose pour les gens qu'on aime. Des chocolats. Qu'est-ce que vous en dites ?

- Des chocolats ? s'enquit Marlene.

- Oui. J'ai toujours eu l'habitude de préparer des petits chocolats pour toute ma famille afin de leur offrir le jour de la St Valentin. Juste pour dire que je les aime tous. On peut faire ça entre nous. Qu'est-ce que vous en dites ?

- Juste entre nous ?

- On peut aussi en donner aux garçons.

- Non, refusa catégoriquement Lily. Ils vont s'imaginer des choses.

- Pas si on en offre à tout le monde, tenta Aurore. Ce sera les chocolats de l'amitié. Allez, on va bien s'amuser.

- Sauf que c'est la journée de l'amour.

- Amour... amitié... c'est pareil. L'amour qu'on porte à sa famille et ses amis est tout aussi important que les sentiments amoureux.

Elles étaient encore réticentes et Aurore chouina :

- Marlene. S'il te plaît.

- Les chocolats de l'amitié ? s'amusa la brune.

- Oui, s'il te plaît, insista Aurore en faisant la moue.

- D'accord, à condition que tu m'en offre en premier.

- Évidemment que tu es la première sur ma liste ! s'exclama la blonde en la prenant dans ses bras. Merci ! On va s'éclater.

- Je n'ai rien de mieux à faire aujourd'hui, intervint Mary en faisant semblant d'accepter de bonne grâce.

- J'aime le chocolat, dit simplement Alice.

- Oui, c'est une raison plus que suffisante, rit Aurore. Et toi, Lily ?

-...ok. Mais à condition d'en offrir à tout le monde, s'assura la rousse.

- Oui. Tout le monde, confirma Aurore. "Et James fait partie du lot bien sûr".

- Mais où est-ce qu'on va trouver le chocolat ? demanda Mary.

- En cuisine, bien sûr ! On est dimanche, on peut passer la journée aux fourneaux si on veut. Venez.

Aurore les entraîna avec elle et les jeunes filles se tendirent quand elles croisèrent les garçons dans la salle commune. Surtout lorsque James demanda :

- Où vous allez comme ça ?

- C'est un secret, dit malicieusement Aurore.

- Ça m'a l'air intéressant. On peut venir ?

- Tu sais ce que veut dire le mot secret, James ? s'amusa-t-elle en secouant la tête.

- Non, sourit-il.

- Tant pis pour toi. Nous, on y va.

- Oui, mais Lily...

- Elle est avec nous, le rassura Aurore en passant un bras autour des épaules de la rousse. Et puis, ce sont des histoires de filles, ça ne vous intéressera pas.

- Dans l'absolu, tout m'intéresse, l'informa James.

- N'insiste pas. Et ne nous suivez pas ! les prévint-elle avant de sortir.

- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda James à Sirius. On les suit ?

- Elle vient de te dire de ne pas le faire, lui fit remarquer Remus.

- Depuis quand on suit les consignes ?

- Depuis le début de l'année, répondit Remus.

- Ouais... maudit tournois, marmonna James.

- On n'a jamais autant suivi les règles, approuva Peter.

- Cornedrue ne les a pas vraiment suivies lorsqu'il a défoncé Rosier il y a deux semaines, remarqua Sirius amusé. Encore toutes mes félicitations, James.

- Ce fut un plaisir, répondit celui-ci d'un ton entendu.

- Son visage en porte encore les marques, ricana Peter.

- Le sablier de Gryffondor aussi, ajouta Remus.

- Tu penses que j'ai eu tort ? lui demanda James.

- Je pense que tu avais parfaitement raison. On n'a juste pas de chance que Rosier porte un insigne sur sa robe de sorcier.

- Pour une fois... comme j'aimerais en porter un ! Il ferait moins le fier.

- Lily est préfète, dit Sirius. Elle aurait dû pouvoir sanctionner Rosier lorsqu'il l'a attaquée.

- Elle a trop peur pour ses parents, acquiesça James. C'est normal, ce ne sont que des Moldus.

- Tu as prévenu les tiens ? demanda Remus.

- Oui, ils sont sur leurs gardes. Et ils vont souvent faire un tour du côté de chez Lily. Ils ont lancé des enchantements sur sa maison. J'espère que tout ira bien.

- C'est lâche de sa part de menacer les gens avec leurs proches, marmonna Sirius. S'il faut aller se battre aux côtés de tes parents, tu peux compter sur moi, James.

- Je sais, sourit son ami. Mais ils sont très forts, je ne m'inquiète pas pour eux.

- Depuis quand ils sont Aurors ? demanda Peter.

- Plus de 30 ans. Ils s'y connaissent en menaces et protections.

- Mais ils seront bientôt à la retraite, non ?

- Mon père me dit toujours : quand il s'agit de protéger les gens qu'on aime, il n'y a jamais de repos possible, énonça James.

- J'ai toujours dit que tu avais de la chance d'avoir des parents comme les tiens, dit Sirius. Je suis tellement soulagé que ma grand-tante Dorea n'ait pas tourné mal.

- Et pourtant, elle avait la pression avec son frère Marius qui est né Cracmol, rit James. Il passe souvent à la maison. Maman est la seule qui accepte de lui ouvrir sa porte.

- Un miracle qu'elle n'ait pas été effacée de la tapisserie, acquiesça Sirius en mimant le geste qu'il avait vu son grand-père faire si souvent pour carboniser le nom d'un paria avec sa baguette.

- Personne n'est au courant, dit James malicieusement. Ma mère est une pro de la discrétion. Elle a même réussi à nier le fait qu'on t'avait hébergé cet été.

- Je me souviens encore de la tête de ma mère quand elle est venue frapper chez vous, approuva Sirius. Elle était sûre de m'y trouver !

- Tu étais caché dans le placard de l'entrée, pouffa James. Et tu te souviens, ce qu'à dit mon père quand ta mère à voulu vérifier à l'intérieur ?

- On a perdu la clé depuis des lustres, mais si tu veux nous aider à la chercher, ce n'est pas de refus, imita Sirius en prenant la voix de Charlus Potter.

- Vous auriez dû être là, dit James aux deux autres en s'éclatant de rire. C'était hilarant !

- Je vois ça, s'amusa Remus.

- Et elle est repartie sans vérifier ? demanda Peter fasciné par l'histoire.

- Bien sûr, elle n'avait pas envie de chercher, dit James. Et elle n'aurait jamais trouvé la clé dans la poche de mon père de toute façon.

- Un alohomora aurait suffi, leur fit remarquer Remus.

-...

- Vous plaisantez... personne n'y a pensé ? s'étonna le loup-garou.

- On trouvait la blague de la clé tellement drôle qu'on n'a pas envisagé les autres éventualités, avoua James en haussant les épaules.

- Et vous êtes sorciers de sang pur ? dit Remus en levant les yeux au ciel. Vous avez eu de la chance qu'elle soit partie comme ça.

- Je crois qu'elle était trop furieuse pour réfléchir posément, nota Sirius. Elle avait déjà dû frapper à pas mal de portes. Et puis, elle n'est sûrement pas partie me chercher de sa propre volonté. C'est mon grand-père Arcturus qui a dû mettre son grain de sel. Je ne sais pas pourquoi, mais il semblait fonder de grands espoirs sur moi. Un truc à léguer à l'aîné des fils de mon père... je n'ai jamais su ce que c'était. Sûrement une babiole pleine de magie noire. Il était censé m'en parler pour mes 17 ans. Comme si ça m'intéressait ! C'est l'autre qui va tout récupérer maintenant.

Oui, Regulus hériterait de tout. "Et moi, de rien, ce qui m'arrange. Je ne veux rien qui vienne de cette famille de fous". Mais comment Sirius aurait-il réagi s'il avait su que la babiole en question était pendue à la fois au cou d'Aurore et de Véga en ce moment ? Qu'il s'agissait d'un objet unique aux pouvoirs stupéfiants ? Et qui renfermait l'âme d'un grand mage noir... Sirius ne s'en moquerait pas tant.

oOo

Dans les cuisines de Poudlard, les filles s'activaient.

- Un peu plus de chocolat, demanda Mary en s'apercevant qu'il en manquait à sa préparation.

- Tout de suite, Miss ! répondit un elfe en se précipitant pour faire fondre une autre tablette.

- Je peux en avoir avec des éclats de noisette ? demanda Aurore.

- Voilà Miss, dit une elfe en lui apportant ce qu'elle désirait.

- Merci, apprécia Aurore en ajoutant le chocolat-noisette au lait dans sa casserole.

L'elfe la regarda surprise et dit en souriant :

- De rien, Miss.

- Tu dis merci aux elfes, toi ? demanda Mary perplexe.

- Mon parrain m'a appris à les respecter. Ce sont des êtres vivants avec des sentiments comme tout le monde, l'informa Aurore. À une exception près. "Impossible avec Kreattur. Et pourtant, j'ai essayé... mais cet elfe est insupportable"

- Elle a raison, approuva Lily. Moi-même, je ne comprends pas comment les gens peuvent trouver normal de les traiter comme des objets.

- C'est parce que tu es née dans une famille Moldue, expliqua Alice. Chez les Sang-Purs, ça va de soi.

- Et bien, je suis contente d'être Née-Moldue ! Quelle sale mentalité...

- Vous avez un elfe vous ? demanda Marlene à Alice et Mary.

- Non, dit Mary. Et je le regrette.

- Moi si, répondit Alice. J'en ai même deux. Mais je ne leur demande jamais rien.

- Pourquoi ? s'étonna Mary. Tu devrais en profiter !

- À quoi ça sert si je peux me débrouiller toute seule ?

- Oh ! Ma grand-tante aurait adoré entendre ça, acquiesça Aurore en pensant à Hermione.

- Moi j'en profiterais, dit Mary. Et puis, ça leur fait plaisir de servir les sorciers. Pas vrai ?

- Exact Miss, répondit l'elfe à ses côté.

- Et ma grand-tante t'aurais répondu : c'est parce qu'ils sont conditionnés et n'ont jamais connu la liberté, ajouta Aurore en imitant la voix d'Hermione quand elle se lançait dans un débat concernant la S.A.L.E.

- Lâche-nous avec ta grand-tante, rit Mary en faisant gicler du chocolat dans sa direction.

- Ah non, les enfants ! fit Aurore en levant l'index comme si elle les disputait. On ne joue pas avec la nourriture. Et il ne faut pas donner de travail supplémentaire aux elfes.

La seconde qui suivit, elle se prit une giclée de chocolat en pleine face.

- Il parait que c'est bon pour la peau, s'amusa Marlene avec un petit sourire.

- Alors prends ça ! s'exclama Aurore en lui balançant un saladier plein de chocolat fondu.

La bataille s'engagea aussitôt et les elfes reculèrent paniqués. Lorsqu'elles étaient venue leur demander du chocolat, ils s'étaient attroupés autour d'elles avec curiosité. C'était la première fois que des gens descendaient en cuisine préparer quelque chose eux-même. Mais maintenant, autant dire que c'était le carnage. Jamais la cuisine n'avait été dans cet état. Lorsque Lily s'en rendit compte, elle mit fin à leur jeu.

- STOP ! s'écria-t-elle.

Toutes couvertes de chocolats, des saladiers et des fouets encore en main, les jeunes filles observèrent leurs tenues et les dégâts.

- Qu'est-ce que tu disais sur le travail supplémentaire des elfes ? demanda Marlene à Aurore.

Elles éclatèrent toutes de rire avant de s'excuser auprès des pauvres petites créatures qui étaient toujours choquées par ce qui s'était passé en l'espace de quelques minutes.

- Ne vous en faites pas, dit Aurore en attrapant un torchon. On va vous aider à nettoyer.

- Sérieusement ? s'enquit Mary.

- Sérieusement, répliqua Aurore.

Et malgré les plaintes des elfes sur le fait qu'elles n'avaient pas à faire ça, ainsi que les marmonnement de Mary, tout le monde mit la main à la pâte. Elles se lancèrent des sortilèges récurvite pour éliminer le plus gros avant de rentrer à la salle commune, emmenant avec elles les précieux chocolats qui avaient survécu à la bataille. "Il nous en reste quand même pas mal" pensa Aurore toute contente. "J'en ai même assez pour Reg !". Lorsqu'elles entrèrent en riant dans la salle commune et que les garçons découvrirent leur état, ils les fixèrent d'abord en silence avant que Sirius demande :

- Mais qu'est-ce que vous avez foutu ?

- C'est toujours un secret, rit Aurore alors qu'elles montaient les marches pour aller se laver.

Leurs rires redoublèrent quand elles entendirent James s'exclamer :

- Bon sang ! Je savais qu'on aurait dû les suivre !

oOo

- Et ça a fini en véritable bataille rangée, expliqua Aurore à Regulus le soir même. Tu aurais dû voir ça, Reg.

- Tout ça pour du chocolat. Vous n'êtes pas un peu stupides ?

- Ne dis pas ça ou tu n'auras pas ta part, l'avertit Aurore en fouillant dans sa poche. TADAM !

Elle lui présenta une petite boite noire entourée d'un ruban vert.

- J'ai même fait attention aux détails pour que ça te plaise, dit-elle en le voyant jeter un regard au ruban.

- Tu te fiches de moi ? s'enquit-il.

- Mais non, c'est pour toi, confirma-t-elle en posant la boite devant lui.

- Des chocolats de la St Valentin ? Pour moi ? Tu crois sérieusement que je vais manger ça ?

- Ne fais pas le grincheux, bouda-t-elle. Ce sont les chocolats de l'amitié.

Il leva un sourcil signifiant : raison de plus.

- Hé ! On y a mis du cœur ! lui fit remarquer Aurore. Donne-lui les tiens, Marlene.

- Heu... hésita celle-ci.

Certes, il lui restait des chocolats en plus mais... les offrir à Regulus Black ?

- Garde-les, j'en veux pas, la rassura Regulus pour mettre fin à son dilemme.

- Non, tiens, dit Marlene en posant rapidement devant lui une petite boite bleue.

- C'est pas beau ça ? s'amusa Aurore. Deux filles qui t'offrent des chocolats pour la St Valentin. Tu ne te sens pas comblé ?

-...

- Souris un peu, dit-elle en saisissant l'appareil photo pour le prendre avec les chocolats.

- Arrête ça ! s'exclama-t-il furieux alors qu'elle mettait rapidement la photo dans l'album.

- Pourquoi tu t'énerves ? Tu devrais être content. En plus, tu es le premier garçon à qui on en offre.

- Le premier ? nota-t-il en fronçant les sourcils.

- Oui, confirma Aurore. Il est minuit dix, on est le 14 février. Bonne St Valentin !

- Non, je veux dire... vous allez en offrir à plusieurs garçons ?

- Oh ! s'amusa-t-elle en le pointant du doigt. Tu es jaloux !

- Quoi ? Mais... non ! s'énerva-t-il.

- Mais si, tu t'es constitué un vrai petit harem, acquiesça-t-elle en passant un bras autour des épaules de Marlene. Et tu ne veux pas qu'on s'approche des autres garçons.

- T'as fini de délirer ? demanda-t-il à bout de patience. Ce que je veux dire, c'est qu'ils prendront tous ça pour une confession.

- Mais non, on va en offrir à tout le monde, même aux filles.

- Faites gaffe, je sens venir les problèmes, les avertit Regulus. Je ne veux pas en voir une pleurer demain soir.

- C'est qu'il s'inquiète pour nos petits cœur, remarqua Aurore tendrement.

- Je ne veux pas en voir une pleurer ou je ne fous plus jamais les pieds ici, précisa-t-il.

- Mais il ne se passera rien, lui assura-t-elle. Allez, mange les tiens.

- Non.

- Si, insista-t-elle en ouvrant la boite de Marlene et prenant un chocolat avant de l'avancer vers la bouche de Regulus.

Les lèvres du garçon restèrent hermétiquement fermées. Aurore décida de lui pincer le nez. Il se débattit et elle s'allongea carrément sur la table jusqu'à ce qu'elle réussisse à lui faire avaler un chocolat en riant. Le pauvre s'était à moitié étouffé.

- Marlene n'est-elle pas une superbe cuisinière ? demanda Aurore.

- Je vais... dit-il en toussant. Te tuer !

- Mais non, mais non, le calma Aurore en goûtant elle-même un chocolat. Hum ! Excellent Marlene.

- Merci, apprécia la brune en lançant un regard désolé à Regulus.

- Devan, je peux oublier ce que tu viens de faire à condition que tu te concentres un peu ! s'exclama Regulus.

- Comment oses-tu ? dit-elle faussement offensée. Je suis toujours très concentrée.

- Ça fait une heure qu'on est censés s'entraîner au dédoublement et tu n'as pas arrêté de me parler de chocolat ! Tu te souviens que l'épreuve a lieu dans deux semaines ?

- Le... réfléchit-elle. 3 mars ? Le 4 ? Non, le 6 !

- Le 1er mars ! s'écria-t-il.

- Ah oui ! Heureusement que tu me l'as rappelé, approuva Aurore.

- Je vais la tuer... je vais la tuer, marmonna-t-il.

- C'est bon, Reg, je plaisante, le rassura-t-elle. Bien sûr que je sais que l'épreuve est pour bientôt. Et d'ailleurs, je suis déjà une pro en sort du dédoublement.

- Répète-moi ça ? Tu ne l'as encore jamais lancé.

- Erreur, monsieur-je-crois-tout-savoir ! Je l'ai déjà lancé toute seule, l'informa-t-elle. Sans l'aide de personne. Qu'est-ce que tu dis de ça ?

- Je demande à voir, répliqua Regulus septique.

- Mais regarde, dit-elle en se levant.

La jeune fille se concentra comme dans le bureau de Rusard et lança le sort. Son double se matérialisa à côté d'elle à la surprise de Regulus et Marlene.

- Je vous présente Aurore, dit la blonde en désignant son double.

- Salut ! dit celle-ci en agitant la main.

Marlene éclata de rire. Regulus était toujours stupéfait.

- Reg s'est transformé en statue, s'amusa Aurore. Profitons en. Marlene !

Elle lança l'appareil photo à son amie et les deux Aurore vinrent poser chacune d'un côté de Regulus. L'une faisant le V de la victoire avec ses doigts, l'autre embrassant le garçon sur la joue. Un flash, et la photo était prise.

- C'est dans la boite ? demandèrent les deux Aurore en même temps.

- C'est dans l'album, précisa Marlene en y glissant la photo.

Regulus se reprit rapidement bien sûr, et se jeta sur la première Aurore à portée de main. Alors qu'il s'apprêtait à l'étrangler, elle disparut soudainement.

- Mauvaise pioche ! s'exclama la vraie à l'autre bout de la pièce alors qu'il se ruait dans sa direction.

(Je préfère vous éviter la description du carnage qui s'en suivit, mes petites âmes sensibles.)

oOo

Le lendemain, Aurore arborait une belle égratignure sur le front.

- Qui t'a fait ça ? demanda Sirius dès qu'il l'a vit.

- Un mur, répondit-elle.

Marlene ne put s'empêcher de pouffer de rire. Regulus s'était littéralement jeté sur la championne et Aurore avait fini par embrasser le mur de la salle sur demande avec son front.

- Tu t'es pris un mur ? dit Lily perplexe.

- Je ne regardais pas où j'allais.

- J'imagine trop la scène, pouffa James. Il faut vraiment être stupide pour se prendre un mur.

Les regards noirs de Sirius, Remus et Lily l'obligèrent à se reprendre :

- Ma pauvre, tu dois terriblement souffrir, dit-il compatissant.

- Ce n'est qu'une égratignure, minimisa-t-elle en se massant le front. Dans deux jours, ça aura disparu.

- C'est parce que vous restez dehors trop tard, soupira Lily. Je n'arrête pas de vous le dire. Vous êtes encore rentrées à une heure du matin. Tu as besoin de dormir, Aurore.

La jeune fille ouvrit la bouche pour trouver un moyen de détourner la conversation mais Sirius fut plus rapide qu'elle :

- Elles passent encore leurs nuit à réviser en dehors du dortoir ?

- Oui, soupira Lily. Et j'aimerais autant qu'elles cessent.

Sirius tourna les yeux vers Aurore qui détourna aussitôt le regard. Même effet avec Marlene. "Les sales petites...!" pensa-t-il furieux. Il frappa du poing sur la table avant de se lever pour partir.

- Hé ! Sirius ! l'appela James qui ne comprenait pas plus que les autres ce qu'il lui arrivait.

Marlene grimaça et Aurore soupira. Voilà. Sirius savait qu'elles voyaient de nouveau Regulus en cachette. "Je savais qu'il s'en rendrait compte mais j'espérais que ce soit le plus tard possible".

- Qu'est-ce qu'il a ? demanda Peter perplexe.

- J'aimerais bien le savoir, dit James en jetant un coup d'œil à Aurore.

Comme Remus, il avait remarqué le regard que Sirius avait lancé à la jeune fille avant de se lever. Elle y était encore pour quelque chose.

- C'est rien, éluda Aurore en fouillant dans sa poche. Tenez les garçons. Surprise !

Elle leur donna à chacun la même boite qu'à Regulus. Devant leur air perplexe, elle précisa :

- Ce sont des chocolats.

- Des chocolats de la St Valentin ? demanda James ébahi.

- Oui, acquiesça-t-elle. Et voilà votre part, les filles, ajouta-t-elle en donnant les leurs à ses camarades.

- Je vois que... tu en as fait pour tout le monde, remarqua Remus un peu déçu.

- Oui, mais les tiens sont différents. Je les ai faits spécialement pour toi.

Ding ! Remontée de moral. Des chocolats spéciaux rien que pour lui ?

- Vraiment ? dit-il en souriant.

- Bien sûr.

- Merci, apprécia-t-il en mettant délicatement la boite dans sa poche.

- C'est gentil, approuva James amusé de voir son ami aussi heureux. On comprend mieux quel était le secret d'hier.

Puis il vit les autres filles échanger des boites entre-elles, Marlene et Alice partageant aussi avec les garçons. Alice en donna une à Frank avec un baiser en prime. Le jeune homme rougit violemment. Il était toujours très gêné quand Alice l'embrassait sur les lèvres en public. Se souvenant à chaque fois de leur premier baiser sous le gui juste sous le nez de Mary et Edgar. Mais il était heureux qu'Alice lui montre ainsi tant d'affection. Voyant cela, James demanda :

- Et ceux que tu m'as préparé Lily ? Où sont-ils ?

- Quoi ? dit-elle en faisant semblant de ne pas l'avoir entendu.

- Mes chocolats, précisa le garçon en accentuant bien chaque mot.

- Heu... désolée, mais il ne m'en reste plus, répondit-elle en tendant sa dernière boite à Remus.

- Quoi ?! s'exclama-t-il. Mais même Peter en a eu !

- Ne fais pas l'enfant, s'exaspéra-t-elle. Ce ne sont que des chocolats.

- Mais je veux mes chocolats ! Ceux que tu m'as préparés !

- Je ne t'ai rien préparé du tout ! s'exclama-t-elle en fronçant les sourcils. On a juste fait ça pour s'amuser, d'accord ?

- Mais...!

- Ça suffit ! s'emporta-t-elle en se levant à son tour.

- Mais... mes chocolats ! insista-t-il alors qu'elle disparaissait dans le hall.

- On la suit, dit Marlene en se levant immédiatement avec Aurore pour ne pas laisser Lily seule.

- Maturité James, lui dit Remus. Maturité.

- Oh la ferme ! Tu t'es vu toi, avec tes chocolats spéciaux ?

- Quoi ? rougit Remus. Mais... j'y peux rien si j'en ai reçu moi.

- Moi aussi Aurore m'en a donné ! lui fit remarquer James.

- Et moi, Lily m'en a donné, répliqua Remus. Tu les veux peut-être ?

- Garde-les ces foutus chocolats !

- Je vais me gêner, dit Remus en ouvrant la boite de Lily pour manger l'un des chocolats.

- Tu me cherches ?! s'exclama James furieux.

- Mr Potter ! Mr Lupin ! s'écria Minerva depuis la table des professeurs. Ça suffit !

À la table de Serpentard, Regulus soupira. "Qu'est-ce que j'avais dit ? Elle fout le bazar partout où elle passe".

oOo

Sirius remonta directement au dortoir et se laissa tomber sur son lit en soupirant de frustration.

- Je n'arrive pas à le croire ! s'exclama-t-il furieux. Elle le voit encore !

Oui, Aurore avait recommencé à rejoindre Regulus la nuit. "Depuis quand ? Elle n'a encore rien dit ! Elle me l'a caché !" Sirius ne le supportait pas. Déjà que la fille qu'il aimait aille retrouver un autre garçon la nuit en cachette c'était intolérable... mais que le garçon en question soit son frère ! "Je vais la tuer... je vais les tuer tous les deux !" fulmina-t-il. Car dorénavant, ce n'était plus le "complot derrière le dos des Gryffondor" qui le dérangeait. Non ! C'était tout simplement l'idée qu'elle puisse être si proche de Regulus. Aurore voulait déjà être son amie. Et si elle devenait plus ? Avec Remus, il pouvait se battre à la loyale. Mais pas avec lui ! "Si jamais il la touche... si jamais elle lui tombe dans les bras..."

Sirius donna un coup de poing sur sa table de chevet et fit tomber pour la énième fois tout ce qui était posé dessus. À commencer par le flacon contenant les cheveux de Dora. Mais il y eu un autre bruit plus mat. Un son qui lui était peu familier. Fronçant les sourcils, il se pencha pour voir ce qu'il avait fait tomber. Une petite boite bleue. Sirius reposa le flacon à sa place et ramassa la boite pour l'ouvrir. Il fut surpris d'y trouver de petits chocolats. Sous le couvercle était écrit : Joyeuse St Valentin. Sirius écarquilla les yeux. "Non... c'est..." Il se leva lentement, examinant la boite sous toutes ses coutures. Pas de nom. Mais pour lui, il n'y avait qu'un nom possible. Aurore. Sirius redescendit dans la salle commune en fixant toujours la boite. Puis il prit un chocolat et le mâcha doucement. C'était délicieux. Soudain, le portrait s'ouvrit et Marlene entra essoufflée.

- Ah Sirius, dit-elle en reprenant sa respiration. Tu n'aurais pas vu Lily ? Elle nous a faussé compagnie.

Il secoua vaguement la tête, toujours concentré sur le chocolat qu'il avait dans la bouche. Puis Marlene remarqua la boite qu'il tenait dans ses mains et ses yeux s'écarquillèrent.

- Les chocolats... murmura-t-elle.

- Ils sont très bons, dit Sirius en reprenant une autre douceur.

- Ah oui ? sourit-elle.

- Hum... approuva-t-il en mâchant doucement.

- En fait... commença Marlene en déglutissant. Tu vois... heu... comment dire... ces chocolats... ce sont...

- Où est Aurore ? la coupa brusquement Sirius.

Marlene faillit s'étrangler. Elle était prête à cracher le morceau, mais n'avait pas réussi.

- Aurore ?

- Oui. Où est-elle ? répéta Sirius.

- Heu... elle est allée voir dans le parc si Lily y était.

Sirius n'attendit pas plus. Il s'élança hors du dortoir, la boite serrée dans sa main. Descendant quatre par quatre les marches des escaliers, bousculant les élèves qui se rendaient en cours, passant même devant ses amis une fois dans le hall... Sirius ne remarquait plus rien. Tout ce qu'il voulait, c'était rejoindre le parc. Et Aurore. Il la trouva qui revenait des serres, l'air frustré. Elle n'avait pas retrouvé Lily.

- Aurore ! s'exclama-t-il en se ruant vers elle.

- Sirius, soupira-t-elle. Si tu viens me faire la morale au sujet de...

Le jeune homme ne prit même pas la peine de ralentir et la saisit par les épaules avant de la plaquer contre l'arbre juste à côté.

- Aïe ! se plaignit-elle. Qu'est-ce que tu...?

Elle fut coupée par les lèvres de Sirius qui s'emparèrent avidement des siennes. Et avant qu'elle ne s'en aperçoive, il avait déjà approfondit le baiser. Les yeux grands ouverts, Aurore resta pétrifiée quelques secondes avant de se rendre compte de ce qui se passait. Elle poussa alors de toutes ses forces sur le torse de Sirius pour l'éloigner, mais il la tenait fermement. Coincée entre lui et l'arbre, Aurore n'avait aucune échappatoire.

- Sir... réussit-elle faiblement à dire chaque fois que les lèvres de Sirius s'écartaient légèrement des siennes avant de revenir l'embrasser de plus belle. Arr... ête... Siriu...

Mais il ne cessa pas et après quelques secondes de vaine lutte, Aurore crispa ses doigts sur la chemise du jeune homme. Le souffle lui manquait. Elle avait embrassé peu de garçons dans sa vie. Mais juste ce qu'il fallait pour finir par se méfier d'eux et comprendre que tous ne s'intéressaient qu'à la Vélane. Jamais à elle. Jamais à Aurore. Et dans ce baiser... elle sentait la force des sentiments de Sirius. Comme elle le soupçonnait, et comme il se tuait à le répéter... de vrais sentiments. Pour elle. Il ignorait qu'elle et Dora n'étaient qu'une seule et même personne. Il ne savait pas que sa véritable apparence était celle qu'il voyait chaque soir de pleine lune. Et pourtant il s'était confessé à elle. Pas à celle qu'il croyait être Dora, la belle jeune fille au sang de Vélane. Mais à Aurore. Celle qui n'avait rien d'extraordinaire. Celle qu'elle avait toujours voulu être. Une fille normale, comme toutes les autres. Il était tombé amoureux d'elle pour ce qu'elle était vraiment. À l'intérieur. Pas pour une apparence. Combien de temps avait-elle attendu que cela arrive ? Des années... depuis sa toute première déception. Son premier baiser, qui avait fini avec le goût salé des larmes. Mais aujourd'hui, il n'y avait aucune raison de pleurer. Car le garçon qui l'embrassait était vraiment amoureux d'elle.

Sirius ouvrit subitement les yeux en sentant Aurore répondre timidement à son baiser. Elle avait fermé les paupières, ses mains maintenant à plat sur son torse. Et il crut un instant s'imaginer qu'elle cherchait le chemin jusqu'à son cou. Jusqu'à ce que les doigts d'Aurore entrent en contact avec la peau de sa nuque. Un frisson le parcourut et ses mains glissèrent des épaules de la jeune fille jusqu'à son dos et sa taille, la serrant contre lui. Elle enlaça son cou de ses bras, sur la pointe des pieds, répondant au baiser un peu plus avidement à chaque seconde qui passait. Jusqu'à ce qu'enfin... à bout de souffle... ils séparent leurs lèvres. Mais restant dans les bras l'un de l'autre à se fixer. Le souffle court et les joues rosies, Sirius ne put s'empêcher de la trouver incroyablement belle. Il se retint de l'embrasser de nouveau pour murmurer :

- Aurore...

Celle-ci, perdue dans la contemplation de ses iris gris, sentit comme un choc électrique se propager le long de sa colonne vertébrale en l'entendant prononcer son nom. C'était un frisson de plaisir. Mais il eut pour effet de lui rappeler certaines choses... Le sablier qu'elle portait autour du cou et qui la ramènerait en juin à son époque, ses propres mots... il n'y aura jamais rien entre nous, mais surtout... "Marlene !"

Aurore repoussa brusquement Sirius, les yeux écarquillés, avant de se retourner pour partir en courant. Mais il la rattrapa et lui saisit le bras.

- Aurore ! s'exclama-t-il en la tournant vers lui.

- Non Sirius, le supplia-t-elle en se débattant. Arrête...

- Je ne comprends pas, dit-il perdu. Je pensais que.. tu partageais mes sentiments.

Elle lui offrit un regard apeuré. Évidemment, c'était ce que n'importe qui aurait pensé après un tel baiser. Mais elle ne pouvait pas...

- Non, murmura-t-elle.

- Mais... tu m'as offert des chocolats pour la St Valentin, insista-t-il.

- Quoi ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils. Quels choco...?

Aurore baissa les yeux sur la petite boite bleue qu'il tenait dans sa main et elle retint sa respiration.

- Où... les as-tu eu ? demanda-t-elle faiblement.

- Ils étaient posés sur ma table de chevet. Je suis tout de suite redescendu et... Marlene m'a dit que tu étais dans le parc...

- Marlene ? Tu as vu... Marlene ?

- Oui, elle était dans la salle commune.

Aurore avait du mal à respirer. Marlene était allée déposer ses chocolats sur la table de chevet de Sirius ? Et elle l'avait vu redescendre avec ?

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Sirius inquiet de la voir dans un tel état de panique.

- Qu'est-ce que tu as dit à Marlene ? s'enquit-elle.

- Je lui ai demandé où tu étais. Et j'ai dit que les chocolats étaient bons.

- Tu les as mangés ?

- Oui.

- Devant Marlene ? s'assura-t-elle gravement.

- Oui...

- Sirius ! Tu sais ce que ça veut dire ?

- Comment ça ? Ce que ça veut dire ? Ce sont... tes chocolats... n'est-ce pas ?

Sirius avait peur de comprendre. "Non, ce n'est pas possible..." Mais le visage d'Aurore disait le contraire.

- Marlene ? s'ébahit-il.

- Oui, Marlene, murmura Aurore en se prenant la tête dans les mains. Bon sang...

- Mais elle n'a jamais rien dit !

- Ce n'est pas facile à dire pour tout le monde ! lui fit-elle remarquer. Je dois aller la voir.

Aurore se retourna mais Sirius l'arrêta de nouveau.

- Alors tu... ne m'as rien offert ?

Aurore pouvait sentir la dernière petite boite de chocolat qu'il lui restait dans sa poche. Encore ce matin, elle hésitait à la donner ou pas à Sirius. Mais maintenant, c'était clair.

- Non, répondit-elle. Je ne voulais pas que tu te fasses des idées.

- Pardon ? dit-il en fronçant les sourcils. Des idées ?

Il poussa un soupir sidéré avant d'ajouter :

- Alors le baiser de tout à l'heure, c'était une hallucination ?

- Tu... dit-elle gênée en baissant la tête. C'est toi qui...

- Tu as répondu à ce baiser, Aurore, la coupa-t-il.

- Non je...

- Tu ne peux pas le nier, dit-il en lui faisant relever la tête.

- C'était une erreur, affirma-t-elle.

- Une erreur ?

- Oui... je ne sais pas ce qui m'a pris.

- Comme quand tu m'as répondu oui pour le bal ? ajouta durement Sirius.

-...

- Je sais maintenant que si je t'ai invitée... c'était parce que j'étais déjà amoureux de toi. Je ne voulais pas l'admettre. C'est ce que tu fais en ce moment. Tu te mens à toi-même.

- Non, nia-t-elle en secouant la tête. C'est faux.

- Alors regarde-moi dans les yeux, dit-il en lui attrapant le menton pour planter son regard dans le sien. Et dis-moi que tu n'as rien ressenti tout à l'heure. Dis-moi que tu ne m'aimes pas.

- Je...

- Allez, l'encouragea-t-il avec une lueur de défi au fond des yeux. J'attends.

- Je... Je...

Incapable de sortir les mots qu'il demandait, les larmes se mirent à couler sur les joues d'Aurore. Surpris, Sirius ne sut ni quoi faire ni quoi dire.

- Je ne peux pas, Sirius... lâcha-t-elle dans un sanglot avant de lui échapper.

Alors qu'elle courait vers le château, Sirius tendit le bras mais ne la rattrapa pas cette fois. Encore cette phrase. Je ne peux pas. Mais comme il s'en doutait, Aurore avait été incapable de lui dire qu'elle ne l'aimait pas. Et un jour... il parviendrai à lui faire dire la phrase inverse.

Aurore courut jusqu'à la tour de Gryffondor, s'essuyant les yeux avec ses manches. En entrant dans la salle commune, elle s'arrêta. Marlene venait de se lever d'un des fauteuils.

- Te voilà enfin ! s'exclama la brune. Je n'ai pas trouvé Lily. Et toi ?

- Je... hésita Aurore en se souvenant soudainement de la raison de sa présence dans le parc. Non.

- On doit vite la trouver, dit Marlene en se dirigeant vers l'ouverture du portrait. Les cours vont commencer.

- Oui... tu as raison, approuva lentement Aurore en la suivant.

Après quelques minutes de marche silencieuse dans les couloirs, Marlene dit soudainement :

- Tu sais, Aurore... j'ai offert mes chocolats à Sirius tout à l'heure.

- Ah... ah oui ?

- Oui. Je les ai posés sur sa table de chevet ce matin. Je ne pensais pas qu'il les trouverait si tôt.

Aurore acquiesça en silence.

- Je ne crois pas qu'il sache de qui ça venait mais... il les a goûtés et il a dit qu'ils étaient très bon. C'est génial, non ?

- Oui... vraiment... génial, murmura Aurore.

Comment dire à Marlene que Sirius était persuadé qu'il s'agissait des chocolats d'Aurore ? Qu'il avait ensuite couru jusqu'à elle pour lui donner un baiser passionné ? Et qu'elle y avait répondu ! "Je suis vraiment la pire... la pire de toutes".

oOo

Dans la bibliothèque, Lily tournait brusquement les pages de son livre de métamorphose.

- Cet idiot de Potter, marmonna-t-elle. Toujours à me foutre la honte. Tu veux tes chocolats ? Tu n'as qu'à ouvrir ton sac de cours, imbécile !

- Miss Evans, la prévint la bibliothécaire.

- Oui, désolée, s'excusa-t-elle en fermant brusquement son livre pour aller en cours.

"Franchement... si j'avais su qu'il me ferait une scène pareille devant tout le monde, je me serais abstenue de lui préparer quoi que ce soit !" Car Lily avait bien préparé des chocolats pour James. Elle avait fait léviter la petite boite sous la table jusqu'à ce qu'elle aille se glisser dans le sac du jeune homme. "En plus, je me casse la tête pour trouver un moyen discret de lui faire passer ! Il a intérêt de venir me remercier à genoux". Mais malgré sa colère, lorsque James vint la voir en brandissant la petite boite avec un sourire aux lèvres, Lily ne put s'empêcher de rougir.


Le chapitre de la St Valentin ! Toujours un peu de guimauve et un peu de délire mdr.

Vous l'aurez sûrement compris mais je tiens à le préciser au cas où : Sirius et Regulus ne sont pas encore au courant pour l'existence du sablier. Seule Véga a été prévenue de sa disparition par sa mère car elle a déjà 17 ans. (c'est pour ça que c'était important ! mdr)

eeeet... first kiss ! pour l'occasion, j'ai changé la photo de couverture. Exactement la façon dont je me représente Aurore et Sirius ;)

des commentaires ? ^^

Réponses aux reviews :

Git : c'est ça, c'est une partie de son héritage (en plus du square Grimmaurd et du flouz lol. Mais il n'aura rien de tout ça tant que Reg sera en vie. Notre Sirius est déshérité) Aurore est frustrante hein ? lol. je sais. mais ça s'arrangera bien un jour ^^ Oui, c'est difficile pour elle. le baiser t'a plu ? tant mieux ^^ merci et à bientôt ;)

Nayla-HP : Sirius voit ce qu'il veut voir. Il ne s'imagine vraiment pas que Marlene puisse être amoureuse de lui. prochain chap au week-end prochain ;) bisous !

CFLM angel : merci ! à bientôt ;)

EleaG : hou ! faut pas être pressée pour Lily et James. ça va venir mais petit à petit. Sirius et Aurore sont cousins au 4e degré. Je pense que c'est bon quand même lol. elle se situe 3 générations après lui. le sang Lupin et des Weasley ayant "dilué" le sang Black mdr. gros bisous ! à la prochaine ;)

Marie : ouais, Mr le mur, moi aussi je suis pliée en imaginant Reg la plaquer par derrière, la tête d'Aurore se mangeant le mur dans un gros BOUM xD Très bon résumé ! mange bien gourmande lol. Biz !

brilou : oui, je leur facilite pas la vie mdr. tu t'imagines pas comme j'ai envie de chocolat *regard affamé* Enfin le premier baiser, mais est-ce qu'ils vont enfin se mettre ensemble ? à suivre lol. Bisous !

lyna : désolée de t'énerver autant lol. à bientôt ;)

azilea : ah... je vois que je ne t'ai pas trop convaincue lol. j'essayerai de faire mieux au prochain chap ! bisous ;)

Edwina Malefoy : pauvre Sirius il se fait insulter par tout le monde mdr. Reg et Marlene, ça arrive lol. l'idée du chocolat ? Hum... je crois que j'ai été influencée par mes mangas chéris lol. Lilas me fera sûrement la remarque xD. La coutume c'est que les filles offrent des choco aux garçons pour leur déclarer leur amour. tu es sanguinaire mdr. Aurore a apprécié malgré ce qu'elle veut faire croire. Bon retour ! ouais ! *on fait la fête* gros bisous !

malilite : ravie de te faire tant rire lol. Biz

A Draglandr : mdr ! Je viens de voir la pub moi aussi ! Le chocolat ! On est beaucoup à aimer ça ^^ merci de me lire et à bientôt j'espère ;) bisous !