Hello tout le monde! :3 Bon, j'espère que la rentrée s'est à peu près bien déroulée pour chacun et chacune (en ces temps troublés de travaux forcés, sachez que je vous supporte à 100%), et que ce chapitre enlèvera un petit peu de la tension de la reprise des cours, toussa toussa. Et si vous êtes encore en vacances, well, eff you! XD Bref, bonne lecture et comme d'habitude, on se retrouve à la fin!


Chapter Twenty-one : DING!

Une semaine plus tard (début août), domaine des Drake... (ALISON POV)

Un rapide tour d'horizon me permit rapidement d'établir un nouveau constat : cette chambre, même si elle ne possédait pas de fenêtre et évidemment, pas de sortie vers l'extérieur, était tout de même carrément mieux que la petite cellule que j'avais occupé deux mois durant. Vous ne pouvez pas savoir à quel point dormir debout (enfin, debout-un-petit-peu-penchée, vous avez compris) est un exercice difficile.

Je veux dire, quand on est debout, notre cerveau pense automatiquement que l'on est réveillé. Un humain dort allongé, et vit la journée principalement debout, c'est normal. Le premier mois n'avait pas été si compliqué : après tout, ce crétin de docteur (ou Sara, mais heureusement pour moi, elle n'était venue que quatre ou cinq fois seulement, elle est vraiment flippante) passait son temps à m'injecter des trucs.

Résultat : je passais les trois-quarts de mon temps à dormir, et quand j'étais réveillée, je mangeais, je criais pour qu'on me fasse sortir de cette prison grise, et je recevais la visite de pour une piqûre suivante. Pas très passionnant, mais l'avantage quand on est inconscient les trois-quarts du temps, c'est que ledit temps passe plus vite.

Ils avaient arrêté progressivement de me droguer vers la fin du mois de Juin (je crois, ce n'est pas comme si j'avais un réveil ou un calendrier dans ma prison...) et j'avais fini par passer, cette fois-ci, les trois-quarts de mon temps libre complètement éveillée. Autant être honnête : le début avait été infernal. Je veux dire, ne pas être libre de ses mouvements, dans une cellule uniforme et silencieuse, cela avait de quoi vous rendre fou.

D'ailleurs, j'étais probablement devenue folle à ce moment-là, car je n'arrivais pas vraiment à me souvenir de ce que j'avais fait durant cette période.

En tous les cas, après une période qui m'avait parue extrêmement longue, Jayden était venu me rendre visite. J'avais bien essayé de lui foutre une droite dans la figure – l'avantage de ne plus avoir de drogues, c'est que je pouvais de nouveau bouger normalement, enfin dans la limite de mon lit et de mes liens, évidemment ! - mais les cordes du lit avaient fait un boulot efficace en me retenant.

Et puis de toute façon, cela faisait un mois – un petit peu plus peut-être ? - que l'on m'empêchait de bouger dans ce lit, mes forces avaient fondu plus vite que du beurre en plein soleil (oui oui, j'ai encore un petit peu d'imagination). Bref, le crétin était rentré dans la pièce et à mon grand étonnement, il m'avait enlevé toutes les sangles qui me retenaient au lit, avant de me déposer doucement contre un mur.

Ouais, la gravité est vraiment une salope quand tu n'as pas marché pendant un mois complet. Il avait ensuite rabaissé le lit à une position horizontale, et avait retiré toutes les cordes dans un sac qu'il avait apporté avec lui. Je l'avais regardé faire sa manœuvre sans bouger et en silence, tentant de deviner s'il essaierait une nouvelle fois de me chloroformer ou non.

Apparemment pas, il n'avait pas de seringue ou de tissus suspects dans les mains de toute façon, et sa tenue complètement immaculée ne semblait pas posséder de poches, ou du moins pas à première vue. Et en effet, il ne m'avait pas fait de mal lors de sa courte visite. Jayden m'avait simplement annoncé que je devais passer encore quelques semaines dans cette pièce, mais que j'aurais dorénavant un programme totalement nouveau.

Pour débuter, j'étais libre de mes mouvements dans la cellule : je n'étais plus obligée d'être allongée comme une idiote contre mon lit, je pouvais bouger. J'aurais le droit à des séances de sport (ou plutôt de rééducation, dans mon faible cas) cinq fois par semaine, en augmentant la durée à chaque fois, pour que je me re-muscle correctement. Et pour terminer, j'aurais le droit de demander des livres.

Genre, pour ne pas devenir folle dans cette foutue prison... Sur ces mots, il était parti, en disant que j'avais quelques heures pour réfléchir avant qu'il ne revienne pour prendre une liste de livres. Sérieusement, je peux vous assurer que je n'ai pas eu besoin de réfléchir longtemps. Cela faisait tellement de temps que je n'avais – littéralement – rien fait que la liste des bouquins que je pourrais dévorer s'établit dans ma tête en moins de dix secondes.

Un mois (je crois?) supplémentaire était passé, et je n'avais jamais lu autant de livres de ma vie. Au début, Jayden m'apportait exactement les bouquins que je voulais, je pense qu'il allait même les acheter directement à Rosewood car les pages avaient l'odeur des ouvrages neufs. Au bout d'un certain temps, le jeune homme avait simplement commencé à me déposer absolument tous les livres qu'il trouvait, que cela soit des romans, des Bds, des livres de cuisine, de mécanique, des manuels scolaires voire même une fois, un code pénal.

Oui, ce n'est pas forcément le bouquin le plus passionnant du monde mais on apprend pas mal de choses et bon sang ! vous ne savez pas à quel point c'est chiant ! Mais voilà, hier matin, le docteur Nealy cette fois-ci était venu me chercher pour m'annoncer que je serais bougée vers une autre chambre. Je n'avais pas pu prendre tous les livres qui s'entassaient maintenant dans la cellule grise, mais je m'en fichais un petit peu.

Pour la première fois depuis une éternité, j'avais vu le ciel à travers une fenêtre, la vue donnant sur un parc étonnement bien taillé dans un style très français – je peux vous assurer que je connais pas mal de trucs quand on s'approche de la culture française. Malheureusement pour moi, ce passage dans le couloir ne dura pas très longtemps, et je fus amenée dans cette nouvelle chambre (sans fenêtre, je le répète) avant d'être laissée seule.

Et contrairement à la prison des sous-sols, cette chambre ressemblait bien plus à un environnement d'adolescent. J'avais un lit normal, avec une couverture normale et bleue pâle (enfin un petit peu de couleur!). Il y avait un bureau dans un coin de la pièce, avec du papier et des crayons, même une sorte de cahier de vacances dans un coin. Une table de nuit, une lampe que je pouvais allumer et éteindre comme je le souhaitais (et pas cette espèce de lampe tamisée qui ne s'éteignait jamais en bas).

Même une petite bibliothèque avec des romans supplémentaires, et enfin – ô merci dieux si vous existez ! - une armoire avec des dizaines de tenues différentes à l'intérieure. Évidemment, plusieurs modèles de tenue d'hôpital s'y trouvaient en majorité, mais je ne pouvais plus supporter de porter quoi que se soit qui s'y apparenterait... adieu, dentelle et autre tissu trop léger.

Il y avait un pyjama – ce que je trouve plutôt chouette – ainsi qu'une tenue de sport serrée – pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que mes séances continueraient – et deux ou trois autres vêtements un petit peu plus normaux. Une veste en jean, quelques tee-shirts, un jean-tout-court et un sweat quand la température se rafraîchissait un petit peu trop.

« Ce n'est pas énorme... » pensais-je à voix haute. « Mais c'est toujours mieux que ce que j'avais en bas. »

Une idée malvenue me traversa soudainement l'esprit : et si mes kidnappeurs étaient entrain de m'habituer à un traitement de faveur, avant de me renvoyer directement dans la cellule grise, dans un état similaire à celui que j'avais reçu en arrivant ici, voire pire ? Non, je ne vois pas pourquoi ils feraient ça. Pourquoi se faire chier à installer cette chambre, à m'y emmener pour me faire revenir en bas tout de suite après ?

A part s'ils étaient de véritables psychopathes. Après tout, je ne savais toujours pas pourquoi j'étais enfermée ici. Ce n'est pas comme si j'avais commis un crime quelconque... ou du moins, pas récemment. Il s'agissait probablement de A-, je ne vois pas vraiment qui d'autres pourrait vouloir mon malheur autant que notre tortionnaire en chef, de toute façon.

Mais cela voulait-il donc dire que Jayden, et Sara travaillaient pour lui ou elle ? Et cela voulait-il dire qu'il ne me libérerait jamais ? Je veux dire, j'ai vu les visages de trois membres de son équipe, et ne soyons pas fous, j'irais les dénoncer rapidement si jamais je réussissais à sortir d'ici. Conclusion : ils ne comptaient pas me libérer d'ici peu, voire pas du tout.

Je poussai un soupir las, je ne devrais franchement pas essayer de réfléchir au pourquoi du comment de la raison de ma présence ici, sinon je serais encore plus déprimée que je ne le suis déjà. Relevant la tête, mon regard tombe sur l'un des objets les plus précieux de la chambre : le réveil me permet non seulement d'avoir l'heure, mais également la date. Nous sommes le 2 août 2012. Si je me souviens bien, mon rendez-vous chez le médecin était tombé le 2 juin 2012.

Cela faisait donc deux mois que j'avais complètement disparu de la circulation.

Que faisaient les filles en ce moment-même ? Étaient-elles entrain de me chercher, ou me croyaient-elles déjà morte et essayaient de continuer leur vie du mieux possible ? Qu'en pensaient les autres ? La police était-elle entrain de mener une nouvelle enquête, tout en se disant que j'étais vraiment une chieuse pour arriver à disparaître aussi souvent ? Et les habitants de Rosewood, distribuaient-ils déjà ces foutus tracts ou pensaient-ils simplement que j'avais fui de mon plein gré pour attirer l'attention, encore une fois?

Enfin encore une fois, pas que ma première disparition ait été mise en œuvre pour que tous les regards tombent sur ma personne, j'aime l'attention mais pas à ce point-là tout de même. Un flot de question se déversa en continu pendant encore quelques minutes, passant de mon frère à mon père à mon chien à l'école, aux examens, aux filles puis à Lorenzo – à qui, soyons honnête, je n'avais presque pas songé durant toutes ces semaines – pour finalement s'arrêter sur Emily.

J'avais bel et bien essayé de soutirer quelques informations à Sara sur la Fields lors de ses visites (c'est pour dire à quel point je suis désespérée), lorsque j'avais suffisamment de courage et de lucidité pour lui poser deux ou trois questions, mais elle avait toujours pris un malin plaisir à rester aussi muette qu'une carpe. J'imagine que ça fait aussi parti du programme « torture psychologique avancée » ou un truc dans le genre qu'elle appliquait avec moi à chacune de ses visites.

Emily. Je me demande ce qu'elle pense de toute la situation. Je ne suis pas dans sa tête, mais je n'arrivais pas à croire qu'elle puisse me penser morte, ou pire, qu'elle puisse penser que je me sois enfuie de mon propre gré. Je ne sais pas vraiment comment elle avait géré ma première disparition, je n'avais entendu que de brèves allusions de la part de Spencer et de la part d'Hanna durant les quelques semaines que nous avions passées en paix depuis mon retour dans la petite ville de Pennsylvanie.

Elle avait une légère dépendance sur l'alcool, avait expliqué la Hastings tandis qu'Hanna, beaucoup plus directe, avait simplement lancé qu'elle était devenue complètement alcoolo. Je ne souhaitais pas que ma sirène retourne à cet état à cause de ma disparition. A cause de mon enlèvement. Tout se passait si bien avant que je me rende à ce foutu rendez-vous dans ce putain d'hôpital et que je sois kidnappée.

Je ne pouvais pas croire qu'elle me pense morte... elle ne pouvait pas me penser morte, pas elle et pas les autres d'ailleurs, cela faisait trop peu de temps que j'avais disparue. Et les sentiments, dans tout ça ? Je secouai la tête plusieurs fois de droite à gauche : je ne pouvais pas me permettre de penser à ce genre de choses maintenant, cela ne me rendrait qu'encore plus frustrée, et sans doute folle que précédemment.

De plus, aux dernières nouvelles, elle sortait toujours avec cette idiote de Shower Harvey et je – sans doute encore plus idiote – sortais toujours avec Supercop Lorenzo.

Non, je ferais mieux de me concentrer sur quelque chose de vraiment utile... comme sur un plan pour m'échapper d'ici.

« Alison ? » interpella soudainement une voix, me faisant sursauter sur mon lit.

« Nealy. » constatais-je froidement en reconnaissant mon interlocuteur. « Que me vaut l'honneur de votre visite ? »

J'étais toujours froide avec lui, légèrement provocatrice, je ne pouvais pas m'en empêcher. Après tout, c'était tout de même lui en premier qui m'avait piégé, en me faisant revenir à l'hôpital. Oui enfin, c'est quand même toi qui t'inquiétait de ne plus avoir tes règles, jeune demoiselle ! me souffla une voix geignarde dans un coin de ma tête. Ta gueule, répondis-je mentalement en fronçant les sourcils.

Encore un désavantage d'être seule trop souvent : je me mettais à parler à moi-même, voire à penser à moi-même bien plus souvent que je ne voudrais l'admettre. La seule personne avec laquelle j'entretenais une relation à peu près correcte était Jayden, et encore, c'était seulement parce-qu'il m'apportait beaucoup de livres et parce-qu'il s'était excusé pour le chloroforme que j'avais décidé d'être civile et polie en sa compagnie.

Rien de plus, mais c'était déjà un petit peu mieux que les insultes que je pouvais balancer à Sara et au ton glacial que je servais régulièrement à Nealy. Les autres, je ne les connaissais pas... ou du moins, pas encore car je comptais bien découvrir qui étaient les maîtres-penseurs dans cette histoire. Enfin bon, j'irais peut-être m'enfuir de cet endroit avant de commencer une quelconque enquête, vaudrait quand même avoir ma liste de priorités dans le bon ordre, merci.

Mais revenons au présent : le docteur poussa un soupir devant ma politesse ironique, avant d'entrer un petit peu plus dans la chambre, mais sans pourtant refermer la porte derrière-lui. Si je le poussais suffisamment fort, je pourrais très bien me retrouver dans le couloir et courir jusqu'à ce que je trouve une sortie, non ? Je commençai sérieusement à envisager cette possibilité lorsque je remarquais la silhouette d'un homme, plutôt costaud dans l'embrasure de la porte.

Évidemment, ce manoir bourgeois ne serait pas un manoir bourgeois s'il ne possédait pas ses majordomes ultra-musclé-ninja à tous les étages de la bâtisse.

« J'aurais besoin que tu me suives jusqu'au labo, simplement pour faire des tests de routine. » expliqua-t-il sans faire mine de me forcer à venir.

Je restais quelques secondes – voire minutes, j'aime bien prendre mon temps – avant de finalement me lever pour le suivre. Apparemment, ce n'est pas parce-que l'on me change de chambre que j'allais stopper mes visites hebdomadaires dans le petit laboratoire du scientifique fou. C'est dingue qu'il me surveille autant : je veux dire, il était important de garder un otage en vie certes, voire en bonne santé, mais je ne voyais pas l'intérêt de m'emmener faire une visite médicale toutes les semaines... ?

Avant, je n'avais que Sara qui venait me faire une piqûre, lors du premier mois. Elle n'était pas très douée dans sa tâche, et j'avais toujours de vilains bleus sur l'abdomen (enfin bon, je la suspecte de le faire exprès, tout de même!). Depuis que Jayden m'avait libéré de mes liens, j'avais le droit à une excursion dans l'infirmerie qui se trouvait au bout de mon couloir, ayant le privilège de voir deux visages autre que le mien dans une même pièce.

D'ailleurs, j'avais vraiment pu voir mon visage dans un miroir à cette occasion : j'étais pâle, mes cheveux sales lors de la première visite, et maigre, je n'avais sans doute pas été aussi maigre que cela de toute ma vie. La première fois que j'avais vu mon reflet, je me souvenais encore avoir éclater en sanglots et avoir refuser de faire les tests. Pas vraiment un bon souvenir.

Depuis, un régime alimentaire un peu plus fourni et des séances de sport m'avaient plus ou moins remis d'aplomb, mais ces visites n'étaient toujours pas le meilleur moment de la semaine. Nous nous dirigeâmes vers l'ascenseur qui menait au sous-sol, et j'eus encore l'occasion de jeter un regard par la fenêtre en passant. Il ne faisait pas vraiment beau (ce qui est plutôt rare, pendant le mois d'août), mais j'avais pu jeter discrètement un regard plus appuyé sur le jardin.

Le domaine n'était pas aussi grand que j'aurais pu le croire, on pouvait voir une grande barrière à environ une centaine de mètres de la maison. Si je courais suffisamment vite, je pouvais l'atteindre en une minute, peut-être ? Encore faudrait-il un moyen de passer cette fichue barrière, qui semblait faire au moins quatre mètres de haut, voire peut-être plus. Avant que je puisse réfléchir plus, la main énorme du majordome me poussa en avant, direction le souterrain.

Cinq minutes de marche plus tard, et nous étions de nouveau dans cet univers blanc et aseptisé (eurk, j'aime vraiment pas cette odeur!). m'indiqua un lit blanc sur lequel je pouvais m'asseoir en attendant qu'il se prépare. Au moins, ce docteur-là faisait son boulot correctement : il se lava les mains, avant d'enfiler des gants et une blouse.

Peut-être un peu trop bien en fait, ce n'est pas comme si j'avais le sida ou un truc dans le genre. Enfin, je ne crois pas... après tout, ces gens auraient pu m'injecter n'importe quoi durant mon mois de léthargie. Un soupçon de panique se profila dans mon estomac, avant que je ne passe en revue discrètement l'ensemble de mon corps (pas difficile, quand on porte une tenue aussi transparent que celle de l'hôpital).

A part les bleus, je n'avais pas de blessures apparentes... quelques cicatrices par-ci par-là, mais rien de bien grave. A l'intérieur ? Je me concentrai deux secondes, avant que mon ventre ne se mette à gargouiller bruyamment. Le vieil homme jeta un coup d'œil amusé dans ma direction, et je baissai la tête pour prétendre que je n'avais pas vu sa mimique moqueuse.

Apparemment, rien de tordu à l'intérieur non plus, excepté un estomac particulièrement vide et particulièrement chiant à la charge. Je ne pouvais pas l'en blâmer, je n'avais pas reçu de nourriture depuis que j'avais été transférée dans ma nouvelle chambre. C'est-à-dire, d'après mon super réveil, depuis hier soir, donc environ une quinzaine voire une vingtaine d'heures, je ne sais plus trop.

« Je suis prêt. » dit simplement le docteur aux cheveux gris avant de me rejoindre. « Regardez la lampe, s'il vous plaît. »

Il pointa une petite lampe de poche blanche droit dans ma pupille, et je dus cligner des yeux plusieurs fois avant que les petites formes étranges - que l'on voit après avoir regarder le soleil trop longtemps, par exemple - ne disparaissent. Il prit ensuite ma température corporelle (à l'aide d'un thermomètre qu'il déposa contre ma tempe), mesura ma tension avec l'espèce de brassard gonflant.

Il fit même (ce qui n'arrivait pas tous les jours) des tests de réflexe, en me tapant sur le genou avec un petit marteau et des tests pour les cinq sens. Je me sentis particulièrement stupide lorsqu'il me demanda de lire des lettres de la plus grosse à la plus petite sur un tableau qui se trouvait sur le mur d'en face. Sérieusement, j'étais une gamine de quatre ans entrain de passer une visite médicale, ou quoi ?

Il ne manquait plus qu'il m'offre une sucette pour avoir été courageuse, et ça aurait été la cerise sur le gâteau. Et alors qu'il fouillait dans la large poche de sa blouse, je peux vous affirmer que j'espérais secrètement qu'il en sorte une sucette... après tout, cela faisait maintenant deux mois que je n'avais plus mangé de sucreries, ça manque pas mal une fois qu'on y pense. A la place d'une sucette espérée, il en sortit une petite seringue (encore une!) heureusement, pensais-je avec soulagement, plus petite que celle que Sara utilisait lors de ses anciennes visites.

Juste une prise de sang, m'assura-t-il avec un sourire que j'aurais presque pu croire honnête si je n'étais pas une sorte d'otage dans un château JamesBondien, sans en savoir les raisons. Je grimaçai un peu lorsqu'il introduit l'aiguille sous ma peau, mais Nealy était en l'occurrence un véritable docteur, et son incursion dans mon bras ne laissa presque pas de traces, et pas de douleur.

Premier point positif de la visite, notais-je avec une sorte de sarcasme intérieur.

« Salut tout le monde ! » s'écria Jayden en entrant subitement dans la pièce.

« Bonjour, jeune homme. » le salua Nealy avec le même sourire affable qu'il me servait depuis tout à l'heure.

Je n'étais pas vraiment dans l'humeur d'être polie, et j'étais encore moins encline à être gentille en présence du docteur Nealy. C'est un drôle de dilemme, vous voyez ? En même temps, je les hais ou je suis supposée les haïr (des fois, c'est légèrement confus dans ma tête) car ils m'ont – après tout – kidnappée et enfermée depuis des mois dans un putain de prison.

D'un autre côté, lorsque Jayden m'avait apporté ma première livraison de livres (et les suivantes, d'ailleurs), je n'avais pas ressenti de la haine mais plutôt une sorte de gratitude envers lui et envers son geste. Et pourtant, c'était bien lui et ses boss qui m'avaient foutu dans cette situation en premier lieu, vous voyez ce que je veux dire ?! Bref, tout ça pour dire que je ne dis rien à son entrée dans la pièce, levant simplement les yeux pour montrer que j'avais tout de même remarqué sa présence.

Genre : Je t'ai remarqué mais je ne te dis pas bonjour car vous êtes tous des crétins. Pour faire simple. C'est ce qu'on appelle de la résistance passive... enfin, j'en sais rien mais j'aime me dire que toutes mes impolitesses et mes réticences font partis d'une sorte de combat interne contre mes geôliers. Le blondinet remarqua tous les instruments que le docteur avait précédemment utilisé pour me tester, et il laissa échapper un petit rire moqueur, avant de partir s'installer devant les caméras de surveillance (enfin les écrans reliés aux caméras de surveillance, vous avez compris) à l'autre bout de la pièce.

Quel boulot ennuyant, je comprenais finalement pourquoi il m'avait proposé d'aller acheter des livres en ville. Tout, plutôt que de s'emmerder ici toute la journée, pas vrai ?

« Je pense que nous avons terminé pour aujourd'hui, Alison. » annonça après quelques minutes , tout en se dirigeant vers la porte. « Jayden, tu voudrais bien la raccompagner s'il te plaît ? Elle est dans la nouvelle chambre, à l'étage maintenant. »

Merci de parler comme si je n'étais pas dans la pièce, répliquais-je silencieusement, tandis que le jeune homme opinait de la tête avant de se lever de sa chaise. Alors qu'il récupérait sa veste et que le docteur rangeait ses affaires, un nouveau gargouillement me traversa l'estomac et je priais quelques secondes pour que personne n'ait remarqué ce léger incident.

Malheureusement pour moi, soit les dieux avaient une sacrée rancune contre ma personne, soit Jayden s'était juste retrouvé dans le périmètre de mon gargouillement, car il se releva avec le même sourire moqueur de tout à l'heure sur les lèvres. C'est marrant, des fois j'ai l'impression qu'il sourit de la même manière que moi. Enfin, dans le même style, quoi.

« Je sais que tu dois manger pour deux, mais tout de même ! » commenta-t-il avec un petit rire, alors que Nealy manquait de s'étouffer en l'entendant.

Je ne laissai pas le temps au vieil homme de protester, et je me dirigeais déjà vers la sortie avec le blond sur mes talons. Pour une fois que quelqu'un me suivait et pas l'inverse. Abandonnant le docteur et le majordome (il n'avait pas besoin de nous suivre partout après tout, il était au service de , pas à celui de Jayden ou au mien), nous remontâmes le couloir en silence jusqu'à l'ascenseur menant au rez-de-chaussée du manoir, et j'attendis que les portes de la cabine se ferme avant de poser la question qui me triturait l'esprit.

Avec un peu de chance, il n'y avait pas d'enregistreurs ici et quand bien même il y en aurait, je ne vois pas qui perdrait du temps à les réécouter.

« Comment ça, manger pour deux ?! » m'exclamais-je avec le plus d'autorité possible dans mon ton.

Un éclair de frayeur traversa les yeux bleus de mon accompagnateur, comme s'il comprenait finalement pourquoi le docteur avait paru aussi surpris par son commentaire de tout à l'heure. Posant mes mains sur mes hanches pour plus d'effet, j'attendis patiemment que le jeune garçon me donne une réponse concise sur le sujet.

Pas que je ne soupçonne déjà quelques réponses moi-même, mais je priais pour qu'elles ne se révèlent pas vraies. J'avais déjà assez de problèmes comme ça, pour en avoir un supplémentaire.

« Explique, ou je te jure que je te ferais regretter le jour où tu es né. » rajoutais-je pour faire bonne mesure, mais surtout parce-que Jayden était plutôt impressionnable.

« Euuuh... » il toussota plusieurs fois dans sa manche, jetant un regard aux portes qui allaient s'ouvrir d'un moment à l'autre.

Il allait vraiment falloir que je lui fasse peur pour avoir une réponse avant d'être de nouveau enfermée dans la chambre. Avec une force que je n'aurais pas vraiment attendue chez moi après mon enfermement, je le plaquais contre le mur de la cabine, appuyant de tout mon poids contre lui.

Parle, parle, parle, parle, parle, semblait lui ordonner l'ensemble de mon corps, de mon comportement.

« T'as un... hum, un... comment on appelle ça.. ? » je soufflais du nez pour traduire mon impatience, et je crois sérieusement que des pulsions meurtrières commençaient à m'agiter. « Un bébé. Dans le ventre. Désolé. »

DING ! sonna l'ascenseur avant que les portes ne s'ouvrent.


Mouahahaha, JE SUIS DEMONIAQUE! B) Nan, en vrai je suis assez contente de moi, car l'idée de la grossesse était prévue depuis le début de ma fanfiction (que j'ai commencé à écrire un an avant, ça commence à faire un bail! :p), et voilà que les scénaristes de PLL piquent mon idée, nanmého! è-é Enfin bref, je vous rassure pour le futur, y'aura tout de même de l'action, du Emison toussa toussa (nan, parce-que les bébés ont tendance à alourdir une storyline, ou un personnage je trouve, pas vous? ^^) et de toute façon, faudrait déjà qu'Ali se sorte de ce bordel avant de penser à quoi que se soit d'autre. (aa) Ou que les autres la sortent de ce pétrin, vous verrez bien dans le futur. :3

Merci à ceux qui commentent toujours les chapitres de cette histoire, c'est super encourageant d'avoir des avis des lecteurs, ça me permet de voir que des gens continuent de la lire et de connaître votre avis sur tel ou tel chapitre, c'est cool! La clé du progrès, c'est la communication (et oui et oui, je suis en term S et on vient de faire philo, c'est troooooop bien! *-*). BREF, à la prochaine très chers amis, koeur sur vous!