Chapitre vingt et un

L'affaire de l'espion britannique réglée, Beckett et Castle reprirent leur petit partenariat comme si de rien était, à cette différence près, que la jeune femme avait avoué ses sentiments et que depuis, elle rayonnait. Elle était tellement merveilleuse et attirante, que Castle ne pouvait s'empêcher de la désirer, de l'embrasser et chacun de leurs têtes à têtes se terminait irrémédiablement par de torrides ébats, ce qui expliquait pourquoi il ne lui avait toujours pas avoué ses sentiments.

- Une cow-girl de l'espace? Il n'est pas question que je me déguise et encore moins en cow-girl de l'espace!

- Pourquoi?

- D'abord, il n'y a pas de vaches dans l'espace!

- Alexis m'a déjà sorti cet argument! Mais ce déguisement est trop cool!

- Et ensuite à Halloween on doit faire peur!

- Argument déjà reçu également! Alors, en quoi vas-tu te déguiser?

- Pourquoi je me déguiserais?

- Pour venir à ma soirée!

- Je ne sais pas...

- Allez! Ça sera sympa! Fais ça pour moi, s'il te plaît.

- Ok, je verrai mais c'est bien parce que tu as dit s'il te plaît!

Il fit une petite danse devant elle tandis qu'ils entraient dans le cimetière où se trouvait la scène de crime.

- Au fait, tu portes des bretelles ? s'étonna Beckett.

- Oui je fais des essais de costume pour ma petite soirée d'Halloween! Ah! J'adore cette période de l'année, les feuilles qui craquent sous les pieds, l'air frais, l'odeur des citrouilles rougeoyant dans la nuit.

- Mhm... J'préfère l'été, fit Beckett distraitement.

- L'été New-Yorkais et sa fournaise ?! Remarque s'il fait tellement chaud que tu ballades à moitié nue, je suis preneur !

- Dans tes rêves Castle !

- Regarde ma vie, mes rêves se réalisent toujours, sourit-il.

Elle préféra ne pas relever sa remarque et continua son chemin.

- Hum, hum, alors le corps est déjà au cimetière ? On dirait que le tueur a essayé de gagner du temps! J'adore marcher dans les cimetières, toutes ces histoires mystérieuses qu'ils abritent, regarde cette pierre tombale, Elizabeth Dryden, née le 3 décembre 1962, morte le point d'interrogation, s'ils ne savent même pas quand elle est morte qui est-ce qui est enterré là ? Tu imagines, avec un peu de chance, on tombera sur un fantôme ou un feu follet!

Beckett le regarda et roula des yeux, non mais il y croyait vraiment ?

- Ne t'en fais pas! Je te protègerai, fit l'écrivain rassurant.

- Je n'ai pas peur des fantômes!

- Non?

- Nan !

- Même pas un tout petit peu?

- Même pas un tout petit peu!

- Mais les fantômes sont effrayants! A part Casper, celui-là, il est mignon, mais les autres! Ils font peur, quand même!

- Pourquoi? Il y a des gens qu'on aimerait bien revoir, même si c'était à l'état de fantôme, répondit-elle en continuant son chemin.

Un point pour elle, là! Il n'avait jamais vu ça comme ça, sans doute parce qu'il n'avait pas encore été vraiment confronté à la perte d'un être très proche.

- Castle! Fit la voix de Beckett loin devant lui.

- J'arrive!

- Où on en est les gars ? Demanda Kate en arrivant sur la scène de crime.

- Jette un coup d'œil, suggéra la légiste en saluant son amie.

- Waow ! Fit Castle en découvrant le cadavre.

- Tu rigoles, on lui a enfoncé un pieu dans le cœur ? Lança Beckett.

La victime faisait partie d'une sorte de confrérie de gens qui aimaient se grimer en vampires, l'occasion pour notre écrivain pour faire montre de son penchant pour tout ce qui présentait un aspect surnaturel. Il avait ainsi crié pour stopper Lanie qui s'apprêtait à retirer le pieu du torse de la victime.

- C'est quoi le souci ? Avait fait la légiste.

- Si c'est vraiment un vampire et que vous enlevez le pieu, il va ressusciter ! Expliqua Castle.

- S'il ressuscite, on a plus qu'à rentrer chez nous et faire nos prières ! Répliqua Lanie en retirant le pieu avec force, tandis que Castle se plaçait discrètement derrière Beckett.

Mais il s'était avéré que la victime était bel et bien un être humain et l'enquête les avait entraînés dans un New York parallèle, peuplé de personnes étranges cherchant à vivre une autre vie, loin de la cruelle réalité. Cela avait beaucoup amusé Castle, il adorait tout ce qui sortait de l'ordinaire.

Mais le fun de cette histoire avait finalement viré au drame, révélant une femme manipulatrice et névrosée, capable des pires atrocités pour garder l'homme qu'elle pensait aimer.

- J'espère que ça ne la détruira pas, fit Castle en regardant la sœur de la victime partir en pleurant dans les bras de son père.

- Si pendant un certain temps, expliqua Beckett et puis elle se réveillera un beau jour en découvrant que ça fait partie de sa vie. Qui sait, peut-être même qu'elle deviendra écrivain ?

- Ou alors flic ! répliqua Castle en souriant.

- Tu ne m'as toujours pas dit d'où vient ta fascination pour le crime ! Rétorqua Beckett en s'installant à son bureau.

- Je devais avoir 5 ans, on passait les vacances d'été dans les Hamptons, commença l'écrivain en s'asseyant à sa place. J'étais un peu livré à moi-même en ce temps-là ! Ce jour-là j'étais en train de marcher sur la plage, j'avais déjà parcouru plusieurs kilomètres, je me suis dit, il faut que je rentre et là, j'ai vu quelque chose devant moi. J'ai d'abord pensé que c'était un animal, peut-être que c'était une baleine ou bien une tortue, ou une otarie... Alors je m'en suis approché en courant pour savoir ce que c'était.

- C'était quoi ? demanda Beckett, suspendue à ses lèvres.

-Un petit garçon ! dit tristement Castle. De mon âge, le fils de notre gouvernante ! Ça venait certainement de se produire, l'eau n'avait pas encore effacé le sang ! La veille du drame, on jouait encore à cache-cache tous les deux !

- Et qu'est-ce qu'il lui est arrivé ?

- On ne l'a jamais su !

- Je suis désolée Castle, répondit-elle avec compassion.

Castle la regarda et lui fait un petit sourire en coin, ce qui rendit Beckett furieuse

- Tu n'as pas inventé ça ?

- C'est mon métier voyons ! répliqua l'écrivain.

- Je te promets que tu vas me le payer !

- La fête commence à 21h ! Rit Castle en partant. J'ai hâte de voir le costume que tu as choisi !

- Soyez prudente, c'est une potion de mon invention, buvez-la et qui sait en qui, ou en quoi vous vous transformerez et comment tout ça va finir ! Annonça Castle à Lanie qui venait de se servir un verre.

- C'est tout à fait le genre de potion qu'il me faut ! Rit-elle en portant la coupe à ses lèvres.

- Vous en fait des soirées cool pour un poète du XIXème siècle, Mr Poe ! Lança Ryan derrière lui.

- C'est parce que je lui ai toujours dit : « Chéri, quoi que tu fasses dans la vie, fais-le en grand ou ne le fais pas du tout » ! Expliqua Martha dans son costume de Cruella.

- D'où ce chapeau colossal ! Remarqua l'écrivain.

Castle regardait autour de lui, quand Esposito l'interpela:

- Et Castle ?

- Hm ?

- Vous cherchez Beckett ?

- Non… pourquoi ?

- Elle a dit qu'elle n'était pas sûre de pouvoir venir, expliqua Ryan en mordant à belles dents dans un gâteau. Elle avait de la paperasse à finir mais il est encore tôt !

Les épaules de Castle s'affaissèrent, décidément, elle était la championne des reculades.

- Edgar ! Fit la voix de Beckett derrière lui. C'est moi que vous cherchez ?

- Mais vous êtes vous ! S'exclama-t-il déçu en la voyant arriver sans déguisement.

- Ça vous déçoit terriblement, on dirait ! Se moqua-t-elle.

- J'avais dit qu'il fallait mettre un costume pour participer et être un peu effrayante ! Bouda l'écrivain comme un gamin privé de sucreries.

- Ça n'empêche pas d'être… sexy ! Commença-t-elle en mettant la main sur la ceinture de son imperméable.

Castle la regarda faire, subjugué et Beckett ouvrit son manteau, tira sur sa ceinture et une créature en peluche surgit de son manteau, faisant sursauter Castle et rire aux éclats le reste des invités.

- Maintenant on est quittes ! Claqua Beckett.

- Vous méritez des noms d'oiseaux ! Assura l'écrivain en lui tendant son corbeau empaille en souriant.

Lanie rit de bon cœur et la soirée reprit son cours.

- Alors? Pas de déguisement? Fit Lanie en attrapant le poignet de sa meilleure amie pour l'emmener discuter un peu à l'écart.

- J'avais une vengeance à réaliser...

- En tout cas, si tu voulais attirer son attention, c'est réussi, il n'a d'yeux que pour toi, sourit la légiste.

- Tu crois?

- Il va falloir que tu penses à t'acheter des lunettes, ma vieille, ça se voit comme le nez au milieu de la figure!

Beckett sourit.

- Oh! Mais dis-moi, c'est nouveau ça!

- Quoi donc?

- Ce petit sourire quand je te parle de Castle, d'habitude tu roules des yeux!

Kate leva les yeux au ciel, ce qui fit rire son amie.

- En tout cas, ne change rien, ça te va à merveille, fit la légiste en lui caressant le bras avant de s'éloigner pour rejoindre quelqu'un qui venait de lui faire signe.

Beckett jeta un œil circulaire à la pièce et aperçut Castle qui discutait avec ses invités. Soudain un immense chapeau couvert de plume entra dans son champ de vision, la détournant de sa contemplation.

- Un verre de cocktail maison, très chère? Proposa Martha tout sourire.

- Oh, euh... Oui, merci.

- Ne vous en faites pas, on ne passe pas notre temps à nous déguiser, dans la famille... Enfin…Euh… bah moi, si en fait, reconnut Martha en repensant à son métier d'actrice. Et il est vrai que Richard aime beaucoup ça aussi... Il va falloir vous y faire!

- Pardon?

- Je vois que vous n'êtes pas très à l'aise avec les déguisements...

- Oh! Euh... Non... Enfin... Je ne fête plus Halloween depuis bien longtemps, en fait...

- Richard est un peu comme Peter Pan, il refuse de grandir, soupira Martha. J'espère que cela ne vous effraie pas de trop!

Beckett regarda Martha dans les yeux et comprit qu'elle savait. Elle sourit, les mères n'étaient pas dupes... Johanna aussi avait ce don pour toujours savoir ce qu'il se passait dans le cœur de sa fille...

- Ça fait partie de son charme, sourit la détective.

- À la bonne heure! Enfin quelqu'un que ce côté gamin n'horripile pas, se réjouit Martha un peu trop brusquement.

Beckett eut un léger mouvement de recul, qui n'échappa pas à Castle, qui arrivait déjà pour la délivrer d'une de ces conversations inquisitrices dont sa mère avait le secret.

- Mère, pourquoi ennuies-tu mon invitée?

- Je ne l'ennuie pas, je discute!

- Et si tu allais voir comment se porte Alexis? Elle avait le blues depuis la mort d'Oedipe...

L'actrice s'éloigna rapidement et Castle se rapprocha de sa muse.

- Ma mère est un peu excentrique, mais je te protégerai toujours d'elle, ne t'en fais pas, commença Castle.

- Et qui me protégera de toi? Demanda Beckett. Après-tout telle mère tel fils, non?

- Ouch! T'es dure!

Lorsque la fête se termina et que la plupart des invités rejoignirent leurs pénates, Beckett aida Castle, Martha et Alexis à remettre un peu d'ordre dans le loft, et accepta l'invitation à passer la nuit au loft de son écrivain.

Dès qu'ils se retrouvèrent seuls, Castle se glissa derrière sa muse et commença à l'embrasser dans le cou, mais Beckett n'était pas de cet avis et s'écarta de lui.

- Qu'est ce qu'il te prend ?

- Je t'ai promis que tu me le paierais, fit-elle en s'éloignant un peu plus.

- Quoi ? Tu comptes me refaire la grève du sexe ? T'as pas autre chose ?

- J'ai une arme bien plus efficace dans ma manche, sourit-elle mystérieusement.

- Ah ! Ah ! Tu ne m'auras pas, je suis une tombe, je ne livrerai pas mes secrets, même sous la torture !

- Tu en es certain ? demanda-t-elle en lui attrapant vigoureusement le nez.

- AAAAAÏÏÏÏÏÏËEEEE ! POMME ! POMME ! POMME !

- Alors ? Tu vas me dire la vérité ?

- Et puis quoi encore ? Sourit-il.

Elle voulut lui reprendre le nez, mais il esquiva son geste.

- Ne crois pas que tu m'auras comme ça ! Rit-il.

- Ça c'est ce que tu crois, répondit-elle en le menottant d'un geste habille au lit.

- Hey ! Où est ce que tu les avais planquées ? demanda-t-il en tentant de se détacher.

- A l'endroit où j'avais planqué celles-ci, expliqua-t-elle rieuse en lui attachant son autre main au lit.

- Ok, tu es très douée, mais ce n'est pas parce que je suis attaché au lit, que je vais te livrer mes secrets.

- Alors, tu ne m'as toujours pas dit d'où te venait ton attirance pour le macabre, commença Beckett en ignorant les paroles de Rick.

- Ça ne marchera pas et de toute façon ça n'est pas très intéressant, répliqua-t-il.

- Laisse-moi en juger par moi-même, fit-elle en détachant doucement la ceinture de Rick. Pourquoi ne veux-tu pas me livrer tes secrets?

- Mais qu'est ce que tu fais ?

- Ça, ça me regarde… répliqua-t-elle en faisant glisser la fermeture éclair de son pantalon.

Ses gestes étaient lents, précis et le mettaient au supplice. Elle le déshabilla consciencieusement, ne lui laissant que sa chemise. Il tira sur ses bras, mais ne parvint pas à libérer ses poignets. Chaque effleurement de sa belle sur sa peau le faisait frissonner et trembler.

- Kaaaaaate !

Pour toute réponse, elle déboutonna sa chemise avec une lenteur effrayante.

- Qu'est ce que tu fais ?

- Tu as voulu jouer, non ?

Elle continuait ses caresses expertes, s'attardant sur ses points sensibles, qu'elle connaissait parfaitement. Elle admirait les frissons qui parcouraient la peau de son amant sous l'effet de quelques effleurements. Elle rapprocha alors ses lèvres du ventre de son amant, le parsemant de baisers brûlant, se délectant des gémissements de son écrivain. Il était complètement à sa merci, elle décrivit de petits cercles avec sa langue et descendit doucement vers son aine, évitant soigneusement sa virilité frémissante de désir. Rick était au bord de la rupture, elle était sur la bonne voie.

- Oh bon sang ! murmura-t-il pantelant.

Elle continua sa douce torture pendant un bon moment et finalement, elle parvint à ses fins.

- C'est bon ! Je vais tout te raconter, souffla-t-il, mais pitié, arrête cette torture !

- Raconte !

- Détache-moi d'abord !

- Pas question, sourit-elle.

- Ok, ok… Quand j'étais petit… je… j'étais plutôt chétif… pas le plus doué en sport, ni pour les études… Je n'avais pas beaucoup d'amis… J'étais très seul… Je voulais, je rêvais de me faire des amis…Alors, j'ai commencé à faire le pitre et quand j'ai vu que les autres rigolaient, j'ai continué, jusqu'à ce que ça devienne une seconde nature… ça m'a valu d'être renvoyé de pas mal des établissements scolaires que j'ai fréquentés. Et puis, un jour, je leur ai raconté un rêve que je faisais souvent... J'étais seul dans une forêt, il faisait nuit... Et soudain, je tombais sur une créature masquée, qui assassinait une jeune femme à coups de couteau... J'attendais que la créature s'en aille et je m'approchais de la victime... J'étais comme hypnotisé... Et soudain, la créature masquée revenait vers moi et me menaçait de me tuer si j'en parlais à qui que ce soit...

- Wah... c'est un rêve, tu es sûr?

- Que veux-tu que ce soit d'autre?

- Un film d'horreur que tu aurais regardé en douce...

- Mhmm... Peut-être... En tous cas, j'ai découvert que j'étais très doué pour raconter des histoires et plus elles étaient glauques et effrayantes, plus ça plaisait à mes camarades… C'est comme ça que j'ai commencé ma fascination pour les meurtriers… Voilà, tu sais tout, soupira-t-il.

Elle sourit.

- Ce n'était pas si difficile que ça, dit-elle en le détachant avant de s'emparer de ses lèvres et de l'entrainer dans des ébats torrides.