21 Le bonheur des uns

C se réveilla, la tête lourde, il avait mal partout et spécialement sous les côtes, du côté gauche. Il regarda autour de lui de son œil droit, sa paupière gauche encore trop enflée pour lui permettre de l'ouvrir, et tenta de reconnaître l'endroit. Il avait la vue brouillée et constata que sa main droite était emprisonnée dans des menottes attachées à son lit, il avait une perfusion dans le bras.

Tout lui revint en mémoire, son sourire, son regard, lorsqu'elle avait compris qu'il était venu pour la reconquérir. La douceur de ses lèvres et la chaleur de son corps contre le sien. Louis, la bagarre et le poste de Police. Blair ! Il espérait de tout son cœur qu'ils allaient bien elle et le bébé. Où était-elle ? Il aurait voulu pouvoir glisser sa main dans la sienne.

Une infirmière entra dans la pièce, elle lui lança un regard haineux. Elle avait sans soute vu les nouvelles. Sans un mot et sans ménagement, elle retira l'aiguille de son bras et y appliqua un sparadrap. Elle ressortit de la chambre. Sa tête lui faisait mal, il referma son œil valide et se sentit glisser dans le vide.

xoxox

Blair s'avançait dans l'allée du parc de la grande cathédrale, magnifique dans sa robe blanche décolletée dans le dos. Les pierres incrustées étincelantes de mille feux sous le soleil de ce jour de fête.

Nate ne pu s'empêcher de penser à son ami, prisonnier. Dans quelques instants, Blair serait enchaînée elle aussi.

S admira son amie, elle marchait d'un pas royal, c'était l'occasion de le dire. La tête haute, le regard fixé sur l'autel, un sourire plaqué sur son joli visage. Toutes traces des angoisses et des pleurs de la nuit avaient disparues. Il faut dire que c'est à ça que sert le maquillage et celui qui coûte des centaines de dollars était des plus efficaces. Sans doute, avait-il été conçu spécialement pour ça. Chacun savait l'importance des apparences dans les hautes sphères.

Blair avançait au rythme de la marche nuptiale, au bras de son père. Elle ne pensait qu'à Chuck. Elle revoyait son visage tuméfié, le sang qui traversait sa chemise. C'était ce qui lui donnait la force de mettre un pied devant l'autre. Elle le sauverait, quoi qu'il lui en coute. Après tout, c'était elle qui avait amené Louis dans leurs vies. C'était elle qui avait toujours voulu devenir princesse.

xoxox

La porte de la chambre d'hôpital s'ouvrit quelques heures plus tard, ce qui réveilla Chuck, sa tête le faisait toujours souffrir. Il vit un policier en uniforme s'approcher de lui de son seul œil valide. Ce dernier était suivi de son avocat et d'un médecin.

- Alors vous, on peut dire que vous avez de la chance ! dit ll'officier en lui jetant un mauvais regard. Profitez bien de la bonté de notre Prince, ça n'arrivera pas tous les jours !

Il inséra une clé dans les menottes et les glissa dans sa poche avant de ressortir se poster devant la porte. Chuck frotta son poignet endolori, des ecchymoses s'étaient formées sur ses jointures.

Il regarda son avocat d'un air interrogatif

- Le prince Louis a décidé de retirer sa plainte et d'oublier l'incident d'hier.

Il sourit, il savait pertinemment à qui il devait se retournement de situation. Seule B pouvait réaliser un tel tour de force. Cela voulait donc dire qu'elle allait bien. Mais pourquoi n'était-elle pas là ? Sans doute quelques menus détails à régler pour s'assurer que tout se déroulait selon son plan.

- Bien entendu, vous imaginez bien que cela est assorti de certaines conditions de sécurité, continua le petit homme chauve.

- La première étant que vous ne vous approchiez plus d'aucun membre de la famille princière à moins de cinquante mètres. Une ordonnance restrictive a été en émise dans ce sens en accord avec votre consulat, elle s'applique également sur le territoire des Etats Unis.

- Ensuite, dés que votre médecin, ici présent, vous aura informé de votre état de santé, jugé suffisamment stable pour que vous voyagiez, les policiers devant votre porte vous accompagneront jusqu'à l'aéroport de Nice et s'assureront que vous montiez bien dans le premier avion à destination des USA.

- Inutile de préciser que vous n'êtes plus le bienvenu sur le rocher monégasque, l'accès à celui-ci vous est formellement interdit sous peine d'emprisonnement immédiat.

Comme s'il avait l'intention de jamais remettre les pieds sur ce maudit rocher ou de côtoyer un quelconque membre de cette famille de cafard !

Le médecin prit ensuite la parole, il s'exprimait dans un français très rapide et Chuck avait du mal à suivre les termes médicaux. Heureusement pour lui, Maître Vaguet, traduisit les recommandations. Il avait subit une chirurgie minime pour stopper l'hémorragie et il devait se rendre chez un médecin dés son arrivée sur le sol américain. Les prises des médicaments étaient indiquées sur les flacons, il lui suffisait de les respecter.

Une heure plus tard, il passait le portique de sécurité. L'officier qui lui avait ôté les menottes lui remit ses effets personnels. Sa première réaction fut d'appeler Blair. Il alluma son I-phone qui vibra au même moment. Le message de Gossip Girl s'afficha sur l'écran. Chuck sentit le sol se dérober sous ses pieds, il s'agrippa au rebord de la fenêtre toute proche et s'adossa au mur pour ne pas s'écrouler.