Julie Winchester : Satanée technologie O_o On connaît tous ça ! Et oui Ronon jaloux… grrr… miam !! Quant au plan…. Espérons qu'il fonctionne (dit-elle alors qu'elle sait de quoi il retourne O_o Sadique…).

Rafikis : J'espère que ton plafond est haut O_o Peut-être qu'Alexiel974 pourra te passer quelques unes de ces pilules lol. Et ravie je suis que… tu adores tout le monde ! Sauf Liz, mais devais m'en douter … lol Je sais pas… une intuition ? O_O Et moui la vie réelle est incroyablement … présente en ce moment chez moi lol Et… encore plus passionnante les périodes des fêtes approchant. Cela dit je me suis dit qu'une suite… un peu plus rapprochée pourrait me faire pardonner de la dernière fois… donc O_o.

Jeli71 : Merci de la suivre !!! J'apprécie beaucoup !! Et au final oui (final trèès loin !!) ça s'arrangera !! ^^

Alexiel974 : Mon dieu en mode machiavélique ça doit donner O_o Au moins… tu as de la sympathie pour James, tout n'est pas perdu lol. Faut pas t'inquiéter ça… non oui si finalement inquiètes toi O_o Pour Liz et Ronon, je remarque que tu rejoins l'avis de tes tits camarades (euh… ouais non ça craint on se croirait de retour au CM2…-_-. Merci de me pardonner petit roseau O_o.

Ticoeur : Oui les Sheppard on pas mal de défauts mais leurs qualités (enfin surtout celles de James là pour le moment) les compensent largement ^^. Et non je le prends pas mal du tout, t'as raison en plus !! C'était bien sur world… mais sur le site ça… bugue un peu… même si je repasse derrière -_-.

MEL : Je suis contente que tes envies de meurtre se soient résorbées O_o Et oui faut pas les chercher trop quand même … lol

Leaestlatralala : Ro merci O_o Oui ça va pas être simple pour les faire se rabibocher les deux là -_-. Mais on y travaille O_o.

Et maintenant la suite…

Le lendemain matin, Elizabeth se réveilla avec un petit mal de tête. Elle peina à ouvrir les yeux mais lorsqu'elle y parvint enfin, elle les ouvrit en grand. Qu'est-ce qu'elle faisait là ! Elle se souvenait très bien s'être endormie dans son bureau ! C'est cette interrogation en tête qu'elle partit prendre sa douche. L'eau détendit ses muscles et la délassa quelque peu, assez pour que son esprit vagabonde et… lui rappelle les évènements de la veille. Ses traits se durcirent alors. John… il avait été trop loin ! Elle devait prendre une sanction contre lui ! Même s'il partait dans 15 jours, lorsque le Dédale reviendrait, elle ne pouvait passer sur son comportement. Il l'avait blessé comme jamais personne et elle ne voulait pas qu'il s'en tire comme ça ! John… il allait partir ! Eh bien ! Grand bien lui fasse ! Elle ne voulait plus lui parler, plus le voir ! Elle le priverait de missions pendant le temps qu'il lui restait et elle l'ignorerait, seul moyen pour l'oublier au plus vite… Il fallait qu'elle l'oublie ! Ce n'était plus l'homme qu'elle aimait, ce n'était plus son meilleur ami, ce n'était même plus un collègue de travail. Il n'était plus rien pour elle. Il ne serait bientôt plus qu'un souvenir, un mauvais souvenir… Elle écrasa rageusement une larme et sortit de la douche. Elle prit une profonde inspiration et réfléchit au problème du moment : qui l'avait emmenée dans ses quartiers ? C'est cette question tournant en boucle dans sa tête qu'elle se dirigea vers son bureau.

John frappa avec vigueur son réveil qui osait le faire émerger à une heure complètement surréaliste : 8 heures du matin ! Il avait oublié de le débrancher la veille au soir ! Et on était dimanche ! Le militaire s'assit sur son lit et poussa un gémissement. Le matelas défoncé lui avait brisé le dos pendant la nuit. Un sourire amer étira ses lèvres. Son dos était dans le même état que son cœur. Mais, étrangement, il prenait du recul par rapport à cette situation, comme s'il n'était pas l'acteur principal de sa souffrance. Comme s'il était étranger à son propre corps. Etat sans doute dû à la résignation qui s'était emparée de lui : il allait quitter la cité qui lui avait fait découvrir des choses que son imagination la plus folle n'aurait pu créer. Mais maintenant tout ceci était fini. Il avait été trop loin ! Elle aussi ! Il n'aurait pas dû réagir comme ça, se laissait aller à la colère ! Elle était bien avec son frère. Il aurait dû être heureux pour elle, au lieu de se comporter en égoïste. Mais sur le moment ça lui avait fait tellement mal de savoir qu'elle ne serait jamais à lui ! Ca lui faisait toujours mal, mais une douleur sourde et non plus vive comme hier. Comment faire pour vivre encore 15 jours ici, sur cette base, en risquant de la croiser à chaque coin de couloir, de les croiser ? Il ne le supporterait pas. Il faudrait déjà qu'il la voie au briefing… Soudain, une pensée lui fit froncer les sourcils. Les missions. Il soupira. Il n'irait plus jamais en mission ! Elle l'en empêcherait ! Il faudrait alors qu'il vive à la base sans rien faire. A moins que… Oui… elle n'y verrait pas d'objection, ou du moins l'espérait-il. Il n'y avait qu'un moyen de le savoir : aller lui poser la question…

10h. Carson sortit de ses quartiers la mine joviale et souriante.
10h10. Rodney sortit de ses quartiers la mine chiffonnée et bougonne.
10h20. Teyla sortit de ses quartiers la mine fraîche et sereine.
10h30. James sortit de ses quartiers la mine déterminée et triste.
10h40. Ronon sortit de ses quartiers la mine impassible et blasée.
Les cinq atlantes se retrouvèrent tous au mess. Ronon, le dernier arrivé, grogna. Il n'y avait plus de muffins, nourriture terrestre qu'il avait goûtée sur les conseils de Rodney et dont il ne pouvait désormais plus se passer pour bien débuter la journée. Il vint s'asseoir en saluant brièvement les autres. La discussion allait déjà bon train sur le plan à mener le jour même. Tout le monde avait son avis sur la question. Teyla jetait de temps en temps des coups d'œil à James. Le jeune homme tâchait de faire bonne figure, mais il souffrait, elle le voyait bien. Alors que les autres parlaient entre eux, Teyla se pencha vers lui et chuchota :

« Si nous allions faire un tour dehors ? »

Ronon capta tout de suite leur conversation et les regarda d'un mauvais œil.

« D'accord. »

Ils se levèrent. Les regards convergèrent vers eux.

« Où allez-vous ? demanda Carson.
- James et moi allons prendre un peu l'air. Je dois… encore lui enseigner certains… rites de mon peuple. »

Carson et Rodney s'entre regardèrent. Certains rites, oui c'est ça !

« D'accord, je peux prendre votre muffin alors ? demanda Rodney. »

Mais déjà il se levait pour s'emparer du gâteau sans attendre une réponse qu'il savait forcément positive. Mais l'Athosienne fût plus rapide.

« Désolée Rodney. »

Et elle déposa le muffin dans le plateau du Satédien. Ronon la remercia d'un signe de tête et Teyla lui sourit. Elle se permit même de lui mettre la main sur l'épaule, ce qui remit du baume au cœur au jeune homme, même s'il ne le montra pas. Rodney regarda la scène avec des yeux ronds.

« Rodney, détendez-vous, ce n'est qu'un gâteau, remarqua Carson. »

Le scientifique se retourna brusquement vers lui.

« Mais… mais…
- Vous bégayez McKay, constata Ronon en mordant à pleines dents dans la pâtisserie, sous le regard outré du Canadien. »

ooooooooooooooooooo

Elizabeth travaillait depuis trois heures déjà. Elle avait enfin réussi à chasser un certain militaire de ses pensées et était à présent accaparée par une potentielle source d'énergie détectée par SGA4 sur une petite planète dans l'orbite de laquelle gravitait un vaisseau ruche. La décision lui appartenait : permettre à son équipe d'y aller au risque de se faire sélectionnée ou laisser passer un potentiel EPPZ.
John marchait d'un pas lourd dans les couloirs de la cité, ne voyant personne, ne saluant personne, ne parlant à personne. Une seule chose occupait son esprit, un seul objectif était le sien : demander à Elizabeth de partir de la base pour les 15 prochains jours. Sur le continent de préférence, ailleurs s'il n'avait pas d'autre choix et qu'elle ne veuille pas lui faire cette dernière fleur. Il arriva enfin dans la salle de contrôle et s'arrêta au bas des marches. Il leva la tête et la vit. Il ne sourit plus comme il le faisait avant. Il la regardait comme quelqu'un qui le détestait et qu'il détestait aussi… Ils n'étaient plus rien l'un pour l'autre, et c'était bien ainsi. Il gravit lentement les marches.

Teyla et James avaient décidé d'aller faire une tour sur l'embarcadère. Pour s'y rendre, ils devaient passer par la salle d'embarquement. Alors qu'ils discutaient de la conduite à suivre pour que John reste sur la cité, Teyla stoppa James dans leur marche. Le jeune homme ne comprit pas tout de suite, mais sut ce qu'il en était lorsque, suivant le regard de la jeune femme, il vit son frère se présenter dans l'embrasure de la porte du bureau.

« Vous croyez qu'on doit intervenir ? demanda le Docteur Sheppard.
- Non, c'est ce que nous attendions : John y est allé de lui-même.
- Nous devrions rester dans les environs, vous ne croyez pas ?
- Oui, vous avez raison. »

Les deux amis se logèrent dans un renfoncement de la salle et attendirent le regard braqué sur les vitres du bureau d'Elizabeth.

John se tenait là, dans l'embrasure. Il la regardait d'un air détaché. Elle était belle…La ferme Sheppard, t'oublies pourquoi t'es là ?! Le militaire se racla la gorge. Elizabeth se figea une seconde. Elle l'avait reconnu. Son cœur s'accéléra. Mon dieu, c'est John…Arrêtes Elizabeth ! Tu as déjà oublié ce qu'il t'a fait ?! La jeune femme se composa un visage neutre et releva la tête.

« Oui colonel Sheppard ? »

Ils s'observaient l'un l'autre.

« Je peux entrer ? »

Sa voix était également neutre, comme s'il parlait à un soldat ou un quelconque autre membre de la base. Il n'avait plus cette chaleur dans la voix qui rendait Elizabeth heureuse, il n'avait plus cette lueur dans le regard lorsqu'il la contemplait qui la faisait frémir. Et cela lui convenait parfaitement. Sa tâche n'en serait que plus facile.

« Je vous en prie. »

John avança vers son bureau et se posta près de la chaise.
Elizabeth fut surprise qu'il ne s'y asseye pas de lui-même, à défaut du coin de son bureau. Depuis quand jouait-il au parfait petit soldat ?

« Asseyez-vous. »

Il s'exécuta. Son regard se posa sur son bureau : aucune tasse de café n'était déposée. Les attentions de James n'avaient pas fait long feu.

« Quelle est ma sanction ? »

Il n'y était pas allé par quatre chemins, ce qui laissa la jeune femme sans voix un moment. Ses traits se durcirent lorsqu'elle repensa à … ça.

« Ca dépend.
- De quoi ?
- Si vous me présentez des excuses ou non. »

Les traits du militaire se contractèrent. Si elle croyait qu'il allait lui demander pardon ?!

« Et vous ? rétorqua-t-il d'une voix neutre.
- Moi ? Mais je n'ai pas à présenter d'excuse. »

La vérité était pourtant toute autre. Malgré les belles résolutions qu'ils avaient pris tous deux, d'oublier l'autre, de faire un trait sur lui et de souhaiter ne plus jamais le voir, chacun n'attendait qu'un mot de l'autre, un regard, pour présenter ses excuses et reconstruire leur relation. Mais ils étaient aussi têtus et bornés l'un que l'autre. Et aucun ne tendit la perche à l'autre.

« Bien. Alors, quelle est ma sanction ?
- Plus de mission jusqu'à l'arrivée du Dédale. »

Une brève et sombre lueur passa dans les yeux de John. Mais aucun mot ne fut prononcé et aucune expression ne changea sur son visage. Elizabeth en conclut donc qu'il avait déjà pensé à tout ça.

« Bien. Je n'ai donc plus aucune utilité ici.
- En effet. »

Ils ne se quittaient pas du regard. Elizabeth ne montrait aucune faille, même si cela la faisait souffrir plus qu'elle n'aurait dû de le priver de sa passion. John ne laissa rien paraître bien qu'il eut envie de casser le mur le plus proche.

« Je peux vous demander quelque chose ? »

Une faveur ?! Non, mais il rêvait ?!

« Je vous écoute ?
- Je voudrais passer les quelques jours qu'il me reste sur le continent. Je viderai ma chambre, comme ça elle sera déjà prête pour mon remplaçant.
- Excellente idée Colonel, j'allais vous le proposer. »

En fait, Elizabeth tâchait en ce moment même d'empêcher son cœur de se briser. Il ne ressentait rien pour elle, maintenant c'était clair. Son objectif premier depuis le début avait été de la mettre dans son lit et c'est tout. Et bien soit !

« Je fais mes bagages et je prends le jumper, annonça John en se levant.
- Non. »

Il sentit son cœur battre plus fort. Elle allait le retenir ? Lui dire qu'elle regrettait ? Ils allaient pouvoir repartir…

« Le major Lorne vous accompagnera. Nous avons besoin de tous nos jumpers.

Le cœur du colonel, qu'il avait pourtant cru déjà brisé, saigna. Elle ne l'aimait pas, c'était clair.

« Je comprends. »

Le dos toujours tourné, il murmura plus qu'il ne prononça :

« Adieu Elizabeth. »

Et le militaire ressortit du bureau, permettant enfin à la dirigeante de se laisser se décomposer son visage. Adieu John.

Alors qu'ildescendait les marches, Rodney, Carson et Ronon entrèrent dans la salle d'embarquement. N'ayant pas vu Teyla et James, ils se dirigèrent vers le colonel.

« Eh Sheppard ! lança Rodney. »

John, ne les regarda pas.

« Vous lui avez parlé ? demanda le Canadien.
- Les choses se sont arrangées ? embraya Carson. »

Le militaire passa devant eux en leur lançant :

« Je pars sur le continent. »

C'est sur ces mots qu'il laissa ses amis en plan. Teyla et James les rejoignirent.

« Alors ? s'enquit Teyla.
- Il part sur le continent, répondit Rodney d'une voix blanche. »

John se rendit dans ses quartiers, d'un pas ferme, tâchant de contenir sa colère sourde et sa déception. Elle ne lui avait rien dit. Elle ne s'était pas excusée et, pire, elle ne lui avait tendu aucune perche pour se faire pardonner, elle ne lui avait fourni aucun moyen pour se dédouaner. Elle l'avait regardé froidement, comme un… étranger... comme un ennemi. John soupira et entra dans se quartiers. Comment avait-il pu se tromper à ce point sur une femme ? Elle ne l'avait jamais aimé, il en était certain à présent. Et bien, tant pis pour elle ! Elle ne savait pas ce qu'elle manquait ! Il aurait pu la rendre heureuse, il aurait pu faire de sa vie un paradis : la protéger, l'épauler, l'aimer, mais non ! Elle avait préféré son frère ! Voilà qui était clair. Et ce qui était clair aussi, c'est qu'il ne resterait pas une seconde de plus sur cette cité à la voir filer le parfait amour avec un homme qui n'était pas lui.

Les cinq atlantes étaient restés sans bouger dans la salle de la porte, encore sous le coup de la nouvelle.

« J'y crois pas, soupir Rodney. C'est….
- Pas possible…, continua Carson.
- Il faut faire quelque chose, s'exclama James.
- Il faut lui parler ! l'appuya Teyla.
- Pour lui dire quoi ? demanda le médecin.
- De pas partir, répondit Ronon.
- Ouais, et comment vous allez vous y prendre ? ironisa Rodney. Vous l'assommerez à chaque fois que vous le verrez se diriger vers le hangar à jumpers ? »

Ronon fixa un point devant lui et pencha la tête de côté comme s'il réfléchissait vraiment à la question. Il fut ramené à la réalité par un coup de coude de Teyla.

« Il faut qu'un de nous parle à Elizabeth et un autre à John.
- James a raison, approuva l'Athosienne. »

Ronon grogna légèrement à cette phrase. Il n'aimait pas la promiscuité entre eux. Il commençait à croire que tout ce qui arrivait à Sheppard n'était peut-être pas entièrement de sa faute.

« Et qui s'en charge ? demanda Carson.
- Je vais parler à Elizabeth, affirma Teyla. »

Les hommes se regardèrent entre eux et les regards finirent pas converger vers Rodney. Le Canadien recula d'un pas.

« Non, pas moi !! Il pourrait me tuer rien parce que c'est moi le messager !!
- Rodney, vous êtes son meilleur ami, lui sourit Teyla.
- Non, non. C'est mon meilleur sujet d'expérience et je suis son meilleur punching ball. Ca s'arrête là. On a pas de relations extra professionnelles. On va pas voir des matchs de foot ensemble et on parle pas de femmes en jouant au poker et en buvant de la bière. D'ailleurs je joue très mal au poker. J'arrive pas à cacher mes émotions et j'ai une très mauvaise main. En plus…
- Rodney ?! le calma Carson.
- Quoi ?!
- Allez McKay ! l'encouragea Ronon. »

Rodney soupira. Teyla s'approcha :

« Allez-y Rodney, ça va bien se passer. »

Le scientifique la regarda sans trop y croire et se dirigea vers les quartiers de son ami. Une fois qu'il fut hors de vue, la jeune femme se retourna vers les marches menant au bureau de la leader.

« Vous voulez que je vienne ?
- Non, ça ira, merci Ronon. »

La Satédien hocha la tête et l'Athosienne gravit les marches, le cœur lourd, préparant le moindre de ses mots.

« Vous croyez qu'on a une chance de les rabibocher ? se lamenta Carson.
- Je ne sais pas… John est très têtu et fier, soupira James.

- Elizabeth aussi.
- On a du pain sur le râteau, en déduisit Ronon.
- Quoi ?
- Ronon, c'est du pain sur la planche. Et c'est se prendre un râteau, expliqua le médecin en cachant un sourire.
- Oh.
- Espérons juste que Rodney ne fasse pas tout capoter…., murmura l'Eocssais. »

Rodney progressait dans les couloirs. Son pas était lourd et le chemin jusqu'aux quartiers de John ne lui avait jamais paru si court. Il eut beau faire des détours, discuter avec tous ceux qu'il croisait, et qui le prenaient pour un dingue de leur faire des sourires et de leur parler alors qu'il ne s'était jamais intéressé à eux par le passé, le scientifique arriva plus tôt qu'il ne le souhaita devant les quartiers du militaire. Il fixa la porte pendant un temps infini avant de prendre une inspiration et de frapper. Mais aucune réponse ne se fit entendre. Il réitéra ses coups. Toujours rien. Le Canadien commençait à se demander si le militaire était réellement dans ses quartiers. Il avait pourtant bien pris ce chemin tout à l'heure. Il fronça les sourcils. Si je rentre et qu'il est là il va me tuer. Si je reviens voir les autres et que je leur dis que j'ai pas osé entrer ce sont eux qui vont me tuer. Dans les deux cas je suis mort. Alors autant choisir la mort la plus héroïque. Allez Rodney, c'est pas plus dur que d'affronter une masse noire absorbeuse d'énergie ! Pas sûr… Arrêtes de réfléchir McKay ! Tu le fais pour eux ! Il inspira un grand coup et entra. La pièce était éclairée et le spectacle qu'il vit le consterna et l'effraya : le matelas de John était complètement défoncé. Sans aucun doute des tirs de beretta. Heureusement qu'il avait pas son P90 à portée de main. Puis une soudaine pensée terrorisa Rodney. Et s'il avait son P90 ?! A cet instant John sortit de la salle de bain. A la vue de son visiteur, il se figea. Il le considéra un moment et entreprit de se diriger vers feu son lit et de remplir son sac militaire de son rasoir et la mousse qui allait avec. Il n'avait prononcé aucun mot. Le scientifique se sentait de plus en plus mal à l'aise. Il avait pensé se faire enguirlander, incendier, voire même frapper. Mais le silence dans lequel ils étaient plongés depuis son entrée était encore pire. Il regardait partout autour de lui, cherchant désespérément une source d'inspiration. Ne la trouvant pas, il fit confiance à l'organe dont il pensait se servir le moins souvent et parla avec son cœur :

« John, ne partez pas. »

Le militaire s'immobilisa un instant avant de finir de ranger son treillis dans son sac. Il se releva et se dirigea vers son armoire, sous le regard désespéré et implorant de Rodney, regard qu'il ne vit pas.

« John ?! »

Le colonel revint vers son sac et y rangea des t-shirt. Rodney commençait à en avoir un peu marre de parler dans le vide et lorsque John repassa devant lui pour se rendre de nouveau dans son armoire, il l'arrêta par le bras. Le colonel regarda droit devant lui.

« John ! Ne partez pas !! »

Les mots de son ami résonnaient dans son esprit, mais aucune émotion ne transparaissait.

« Oh Sheppard ! Vous m'entendez ? »

John tourna la tête vers le Canadien.

« Foutez-moi la paix ! »

Il se dégagea de l'emprise du scientifique et le fixa avec un regard mi triste mi énervé. Il reprit ses allées venues.

Bien, puisqu'il ne voulait pas lui parler, il allait l'écouter !!

« Bon, et ben tant pis, je vais parler tout seul.
- Vous avez raison, c'est ce que vous faites le mieux !
- Vous ne pouvez pas partir ! Ni sur le continent ni ailleurs ! On a besoin de vous ! »

Voyant qu'il restait obstinément muet, Rodney continua dans sa lancée.

« Mais enfin, pourquoi vous réagissez comme ça ? Parce qu'Elizabeth ne... »

Il s'arrêta net lorsque John lui jeta un regard de tueur. Le militaire reprit ses vas et vient entre l'armoire et le lit.

« C'est ça n'est-ce pas ?! Parce que ça n'a pas marché avec Elizabeth, vous fuyez ?! »

John soupira.

« Je le savais ! Vous êtes lâche ! »

Il vit les muscles de la mâchoire du militaire se contracter. Il avait touché le point sensible.

« John, n'abandonnez pas, vous… vous avez encore toutes vos chances ! »

Le colonel eut un rire amer et continua son rangement. Rodney était de plus en plus désespéré. Mais que lui dire ?! Soudain il eut l'illumination :

« Elle n'est plus avec James ! »

John cessa tout mouvement et se retourna lentement vers lui. Le Canadien put déceler dans son regard une pointe d'espoir. Mais elle fut bien vite remplacée par un voile noir et John se retourna pour parfaire son bagage.

« Ca n'a plus d'importance. »

Rodney reprit espoir. Il avait réussi à lui décrocher deux mots.

« Si, elle »

John se retourna, en colère.

« Elle quoi ? Elle est faite pour moi ? Je le croyais ! Elle m'attend impatiemment dans son bureau pour me serrer contre elle et me dire qu'elle regrette ? J'en doute ! Elle est prête à me pardonner ? Ca m'étonnerait ! Pas après ce que je lui ai dit ! »

Il avait les larmes aux yeux et se retourna une ultime fois vers son lit. Le bruit de la fermeture éclaire fit froid dans le dos de Rodney.

« John, elle vous aime, laissez lui du temps.
- Non, elle ne m'aime pas, pas après tout ce que je lui ai dit. Et… à vrai dire, je ne suis plus sûr de l'aimer. »

Le militaire prit son sac sur son épaule. Il allait passer la main sur le panneau de contrôle lorsqu'il fut retenu pas celle, légèrement tremblante, de son ami.

« Ne partez pas. Ne… nous laissez pas. »

Le cœur de John se serra.

« Désolé Rodney. »

Le militaire franchit le seuil, laissant le scientifique seul dans la pièce vide et froide.

ooooooooooooooooooooooo

Teyla se trouvait sur le pas du bureau d'Elizabeth. La jeune Athosienne avait négocié pour son peuple des traités de paix et des traités d'échanges commerciaux, ce qui la rapprochait beaucoup de son amie Terrienne. Mais là, en cet instant, elle cherchait ses mots avec plus d'angoisse que de coutume. Elle voulait qu'Elizabeth reconsidère la position de John et l'aide à trouver un moyen d'entente avec le militaire pour l'inciter à rester. Secrètement, elle souhaitait tout comme Rodney que la leader partage plus que de l'amitié avec son chef militaire, mais jamais elle ne la forcerait…. Pour le moment elle devait lui parler.
Elizabeth sentit une présence près d'elle et releva la tête. Elle fut soulagée de voir un visage ami devant elle et lui fit un faible sourire.

« Teyla ? »

La pégasienne releva la tête, perdue qu'elle était dans ses pensées.

« Teyla ? Ca va ?
- Oui. Je peux vous parler Elizabeth ?
- Oui, bien sûr, entrez. »

La jeune femme s'exécuta et s'assit sur le siège désigné par la dirigeante.
Au bas des marches, Carson, James et Ronon les observaient.

« Vous croyez qu'elle arrivera à la convaincre ? demanda Sheppard.
- Si Teyla y arrive pas, personne le pourra, grogna le Satédien.
- Oui, il le faut, souffla Carson. »

« Teyla ? Que me vaut votre visite ? «

Elle inspira un bref moment et lui sourit. Ne pas la braquer…

« Je voulais vous parler… de John. »

Le visage de Liz se durcit et elle baissa les yeux. Teyla se dit que cette approche n'était sans doute pas la meilleure. Ca commençait bien… Elle entendit la Terrienne soupirer.

« Qu'est-ce que vous vouliez me dire Teyla ? »

Elle ne se braquait pas c'était déjà ça...L'Athosienne reprit espoir.

« Oui. Vous… savez qu'il part ? »

Elizabeth ferma quelques instants les yeux.

« Oui.
- Et… quel est votre sentiment ? »

Elle eut un rire amer.

« Mon sentiment ?
- Oui…
- Que voulez-vous entendre ?
- Ce que vous voudrez me dire. Vous savez que vous pouvez vous confier à moi. »

La dirigeante considéra la jeune femme en face d'elle.

« Oui, je le sais.
- Elizabeth, je sais que ça n' a pas marché avec James et j'en suis sincèrement désolée. »

La leader hocha la tête.

« Et je suis encore plus désolée de la scène qui s'est déroulée dans la salle d'entraînement. »

Les traits de Liz se crispèrent à ce souvenir.

« Si je trouve celui…, commença-t-elle.
- C'est moi, avoua Teyla. »

Elizabeth l'observa avec un regard où se mêlaient surprise et incompréhension.

« J'ai cru que cela vous aiderait à aplanir vos différends. »

La dirigeante soupira.

« Mais je me suis lourdement trompée.
- Oui. Mais en un sens je dois vous remercier. Sans vous je n'aurais jamais découvert sa vraie personnalité.
- Elizabeth, il était en colère tout comme vous. »

Le regard de la leader la transperça.

« Je sais qu'il a employé des mots durs et affreux, mais…
- Vous le défendez ?!
- Non. Mais vous aussi vous avez employé des mots durs pour lui. Ce que je veux dire c'est que vous avez chacun une part de responsabilité dans cette histoire.
- Teyla ! Il part parce qu'il est vexé ! Il a été blessé dans son orgueil de mâle, c'est tout !
- Il vous aime Elizabeth !
- Non, je suis certaine que non ! Ecoutez, il a dépassé les bornes et ne s'est pas excusé, alors pour moi, nous n'avons plus rien à nous dire. Il part sur le continent, et c'est parfait !
- Et vous, vous ne vous êtes pas excusée ?
- Je n'ai pas à m'excuser ! Je suis sa supérieure !
- Non, vous êtes son amie avant tout ! Cette querelle est arrivée dans le cadre de votre vie privée ! Il n'y a pas de grades ou de positions qui tiennent ! »

Les deux femmes se défièrent du regard.

« Je ne cèderais pas ! Je ne cèderais plus ! »

Teyla soupira. Elle avait échoué et cet échec était le plus cuisant qu'elle ait eu à essuyer. Elle se leva.

« Je vous en prie, réfléchissez ! Je sais que vous vous aimez. Ce n'est qu'une crise que vous traversez.
- La dernière ! »

Le regard de la leader était dur. L'Athosienne soupira.

« Bien, je vous laisse. »

Elle tourna les talons et sortit.

Lorsque les autres la virent sortir dépitée, ils surent. Et lorsqu'elle arriva près d'eux, Ronon lui mit une main sur l'épaule.

« Vous avez fait ce que vous avez pu.
- Ca n'a pas été suffisant. »

TBC