- Retires tes sales pattes de là…

Dudley frappa sans ménagement la main de Harry, qui fut contraint de la retirer du saladier de chips qui le narguait pourtant à rester devant ses yeux.

Ils avaient tant bien que mal fini leur soi-disant repas de noël. Soit dit en passant, il doutait que la tante Pétunia ait réellement mis du cœur à l'ouvrage, et comprenait désormais la nécessité qu'avait ressentie Dudley, d'aller chercher un sachet de Chip aromatisées au poulet dans le placard de la famille.

Harry et son cousin avait été prié de rejoindre le petit salon, histoire de laisser les adultes entre eux, sans laisser à Dudley le risque de se retrouver en tête à tête avec un sorcier, cousin ou pas.

Désormais, le gryffondor devait se contenter de tendre une oreille derrière lui, doutant d'entendre quelque chose d'intéressant, les voluptueuses méchancetés qui parfois sortaient de la bouche de sa tante sans qu'elle ne s'en rende compte, l'amuser bien plus qu'un piteux programme à la télévision. Et puis surtout, il espérait entendre résonner la voix de son père, disant entre deux bâillements qu'il était temps de rentrer chez eux, suivie de celle plus grasse de l'oncle Vernon, prononcer à mi-voix un « Je ne dirai pas mieux ». Pour sûr alors, il percevrait le claquement de la main de sa mère atterrir sur la cuisse de son père, le priant muettement de ne pas rétorquer.

Seulement pour le moment, il avait beau se concentrer sur la conversation, il ne percevait rien de tel. Et son regard fut bien vite attiré par cette vision d'un Dudley lâchant quelques instants le téléviseur pour le regarder, lui. Par Merlin qu'il haïssait cela. Il avait l'impression d'être un animal de foire alors qu'entre deux, celui qui avait bien plus l'air d'un cochon, c'était son grassouillet cousin.

- Quoi ?

- Quoi, quoi ? J'ai le droit de te regarder non ? A moins qu'il y ait quelque chose qui l'interdise chez vous.

- Peut-être bien…

- Et alors ? Tu vas me faire pousser une queue de cochon pour te venger ?

Harry ne put s'empêcher de sourire en s'imaginant un Dudley arborant une queue en tire-bouchon. Il se demandait quel effet cela pouvait faire…

- Ne me tente pas…

Dudley détourna le regard vers son écran de télévision. Etait-ce dû à un doute lui laissant penser que Harry allait pouvoir passer à l'acte, où simplement à la fin des pages de publicités ? Dans tous les cas, il cessa de le regarder et se contenta d'enfourner une poignée de chips dans sa bouche, au grand soulagement de Harry. Ceci avant de l'entendre dire sans vider sa bouche :

- Il paraît que t'es en danger…

Harry sursauta malgré lui. Dudley n'était pas du genre à poser des questions. Encore moins concernant une guerre qu'il ne connaissait pas. Et à bien y penser, il doutait que ses parents en aient parlé à Pétunia. Ceci lui aurait sans doute donné une raison de plus pour ne pas inviter sa sœur au repas de noël. Ca aurait été bien dommage…

- Tu t'intéresses à ça ? Lui demanda-t-il d'un air qu'il essaya de prendre détaché.

- Non.

Un non froid lancé pour mettre fin à la conversation. Comme s'il aurait pu imaginer que son cousin aurait pu compatir à ce qui leur arrivait. C'était comme penser que l'on puisse un jour amadouer un dragon.

- Seulement, maman m'a dit que c'était pour ça que tes parents te laisser être aussi orgueilleux. Parce qu'ils savent que t'es en danger. Et qu'il risque de te perdre.

Harry s'apprêta à demander plus d'explications lorsqu'il entendit derrière lui, les chaises racler. L'heure était venue pour eux de repartir. Et à son grand désarroi, il dut bien s'avouer que c'était la première fois de sa vie qu'il aurait voulu rester un peu plus longtemps. Juste un peu plus longtemps.

Mais il dut se résoudre à suivre ses parents, lâchant un au revoir qui se perdit dans la masse. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il était. Il était bien trop préoccupé pour s'en inquiéter. Et c'est silencieux qu'il rentra dans le taxi. Toujours aussi silencieux qu'il se laissa porter jusqu'à sa maison.

- Harry. Ca ne va pas ?

Il leva son regard vers sa mère et sourit, légèrement gêné de s'être fais prendre la main dans le sac. Par chance, James prit sa défense en répondant à sa place :

- Après ce que tu viens de lui faire vivre, tu t'inquiètes de le voir silencieux !

- Lui faire vivre quoi ? Je ne lui ai rien fais vivre. Et Dudley a été gentil non ?

- Si tu considères que cette fois si, il n'a pas tenté de l'étouffer avec un oreiller, on peut dire que oui, il a été gentil.

- Ils jouaient, James. Tu es injuste…

- Et bien ils ont de drôles de jeux, les moldus.

- Tu veux que je te rappelle ce que tu faisais à leur âge ?

En temps normal, Harry aurait prié sa mère d'en dire plus. Il ne savait pourquoi, les histoires qu'avait vécu son père au temps du collège, en compagnie de ses amis, l'intéressaient au plus haut point. Seulement, son esprit était toujours ailleurs. Il entendit son père reprendre :

- Tu as beau dire, Lily. Harry dans leur maison, semble leur poser autant de problèmes que Flamel à Poudlard.

- James…

Au ton de la voix de sa mère, Harry pu comprendre que son père venait de faire beaucoup plus qu'une gaffe. Seulement, il avait beau chercher dans on esprit, il ne voyait pas qui pouvait être ce fameux Flamel. Aucun mangemort ayant pu arriver à son oreille, ne répondait à ce nom là.