Hello!
Merci beaucoup à tous ceux qui lisent, qui suivent cette histoire, qui l'ont mise dans leurs favoris et aussi à tous ceux qui me laissent des commentaires! Ça me fait super plaisir! Vous ne pouvez pas savoir à quel point! ;-)
Voici la suite de notre histoire! Bonne lecture ;-)
Chapitre 21
Severus Rogue ne dormit pas beaucoup cette nuit-là, il était allongé sur son lit et repensait aux paroles qu'Iris avait prononcées : Tu es la seule personne à qui je tienne vraiment à être encore ne vie. Tu es ce qui se rapproche le plus d'une famille pour moi. Et je ne veux pas te perdre toi aussi, ça je refuse !
Alors, elle tenait vraiment à lui… Ce n'était pas dû à son imagination, elle le lui avait dit clairement en le regardant dans les yeux. Elle le considérait même comme un membre de sa famille, ça non plus il ne l'avait pas rêvé.
Maintenant qu'il savait ça, il ne pouvait plus l'éloigner de lui comme il l'avait prévu, elle aurait été anéantie… Il en avait eu un bref aperçu ce soir et il ne voulait plus jamais être la cause de ses larmes.
Désormais, pour elle, il serait ce qu'elle voudrait, ce dont elle aurait le plus besoin : un protecteur, un ami, un confident ou même un frère, …
Bien sûr, lui-même aurait voulu être beaucoup plus que ça à ses yeux mais, comme il était plus âgé qu'elle, qu'il était son professeur et que, en plus, elle lui avait avoué qu'elle le considérait comme de sa famille, il ne se faisait pas d'illusions à ce sujet. Il se promit qu'il réussirait pour Iris là où il avait échoué avec Lily. Au moins, se dit-il, cette fois-ci, il avait de l'entraînement et connaissait les erreurs à éviter.
C'est sur ces réflexions qu'il s'endormit finalement vers trois heures du matin, après avoir décidé d'être simplement heureux de savoir qu'il comptait pour elle.
Iris se réveilla ce mardi matin de très bonne humeur. La conversation qu'elle avait eue hier avec le professeur Rogue l'avait rassurée et soulagée. Elle avait été capable de lui dire tout ce qu'elle ressentait à son égard (ou presque), en le regardant droit dans les yeux, et elle avait été heureuse de constater que, apparemment, ses sentiments étaient réciproques.
Il l'avait appelée par son prénom, l'avait tutoyée, avait séché ses larmes et lui avait même offert un cadeau de Noël incroyable. Elle avait à présent la certitude qu'il tenait réellement à elle, même si les preuves de son attachement ne lui avaient pas manqué jusque là, elle l'avait entendu de sa propre bouche et, ça, ça comptait énormément à ses yeux.
Se rappelant qu'elle aurait potions aujourd'hui, elle sauta de son lit, secoua Catherine, qui ronflait encore, pour qu'elle se lève, et fila s'habiller dans la salle de bain. Iris et Catherine descendirent ensemble vers la Grande Salle et s'attablèrent au milieu des autres Gryffondor qui regrettaient déjà les vacances…
La journée passa très vite et, en cours de potions, Iris fut ravie d'apprendre à appliquer la troisième loi de Golpalott, ses condisciples un peu moins…
En effet, après avoir demandé à ses élèves d'énoncer la troisième loi de Golpalott, qui établit que l'antidote d'un poison composé doit être égal à plus que la somme des antidotes de chacun de ses composants (1), ce qu'Iris répéta mot pour mot, le professeur Rogue leur expliqua comment identifier correctement les différents ingrédients d'un poison composé grâce au Révélasort de Scarpin puis la façon dont il fallait s'y prendre pour trouver le composant supplémentaire nécessaire à l'élaboration de son antidote.
Ensuite le maître des cachots donna à chacun de ses élèves une fiole contenant un poison composé, tous différents les uns des autres pour éviter tout risque de tricherie, et leur demanda d'appliquer ce qu'ils venaient d'apprendre.
La plupart des étudiants avaient décroché à un moment ou à un autre lors des explications de Rogue et ils eurent beaucoup de mal à réaliser l'exercice qui leur semblait d'une difficulté extrême. Seules Iris et une autre élève de Serdaigle, Nathalie Haussmann, parvinrent à créer le bon antidote pour leur poison. Leurs efforts furent récompensés par un Optimal et, une fois n'est pas coutume, le professeur de potions leur attribua cinq points à chacune.
Le reste de la semaine se passa très bien malgré la tonne de devoirs dont les professeurs les accablaient et la complexité croissante de nombreux cours.
Iris avait en effet remarqué que leur difficulté avait augmenté presque imperceptiblement depuis le début de l'année scolaire. Elle avait voulu en parler avec Joanna pour savoir si elle avait éprouvé la même chose l'année passée mais elle était dans un tel état de stress depuis leur retour de vacances qu'elle n'avait pas osé l'embêter avec ça.
En effet, l'un de ses camarades de Poufsouffle lui avait rappelé que les épreuves d'ASPIC débuteraient à la mi-mai et, depuis, la panique s'était emparée d'elle et elle passait quasiment tous ses temps libres à la bibliothèque ou dans sa salle commune pour étudier.
Pauvre Joanna… Si elle continuait comme ça, elle ferait bientôt un épuisement… Iris songea qu'elle devrait peut-être en parler à madame Chourave, la directrice de la maison Poufsouffle, pour qu'elle en discute avec ses élèves afin de les rassurer et de les calmer un peu. En fait, vu l'état mental de l'ensemble des septième année, tous les directeurs de maison feraient bien d'aller trouver leurs élèves…
Comme la jeune Gryffondor se préoccupait avant tout de la santé de son amie, elle décida d'aller voir le professeur Chourave une heure avant le souper. Peut-être la directrice des Poufsouffle en parlerait-elle plus tard aux autres directeurs.
Elle proposa à Catherine de l'accompagner mais celle-ci refusa : elle était trop occupée à harceler ce pauvre Marvin, l'attrapeur de l'équipe de Gryffondor, et à, soi-disant, lui donner des conseils et des tuyaux pour le prochain match de Quidditch.
Iris quitta sa salle commune en riant et en plaignant ce pauvre garçon qui serait forcé d'écouter son amie lui apprendre le Quidditch… Elle descendit les escaliers et se dirigea vers les serres qui se trouvaient à l'opposé de la tour de Gryffondor.
En chemin, elle surprit une conversation entre les professeurs Flitwick, McGonagall et Sinistra. Ils avaient prononcé le nom du professeur Rogue, alors Iris s'arrêta à l'angle du mur pour écouter plus attentivement :
« … dans cette école depuis qu'il a onze ans, disait le professeur Flitwick.
- Je le sais bien, Filius, chuchota la voix du professeur McGonagall. Mais s'il n'a rien voulu faire samedi passé, il ne voudra pas plus cette semaine… Nous ne devrions plus insister.
- Surtout avec son caractère… approuva le professeur Sinistra.
- Mais c'était son anniversaire le neuf janvier, ça se fête tout de même ! Que l'on ait huit, vingt-huit, soixante-huit ou cent-huit ans ! s'offusqua le petit professeur de sortilèges en haussant le ton.
- Ne parlez pas si fort, Filius ! Si jamais un élève vous entend, Severus ne nous pardonnera jamais d'avoir révélé la date de son anniversaire ! le gronda Minerva.
- Donc on ne fait rien du tout ? Pas de surprise, rien ? Pas même un petit gâteau ? tenta encore le petit professeur de sortilèges.
- Non rien, Filius ! Minerva a raison. Il ne vaut mieux pas nous attirer ses foudres… » répondit le professeur Sinistra.
Iris revint sur ses pas sur la pointe des pieds pour ne pas révéler sa présence à ses professeurs et emprunta un autre chemin afin de se rendre jusqu'aux serres de madame Chourave.
Alors c'était l'anniversaire du professeur Rogue samedi dernier et il n'avait pas souhaité le fêter… D'après ce qu'elle avait compris, il venait d'avoir vingt-huit ans, presque le même âge qu'aurait eu Adrien… Elle refoula bien vite le souvenir de son grand-frère disparu, avant de se mettre à pleurer, comme à chaque fois qu'elle songeait trop longtemps à lui ou à ses parents, et reprit le fil de ses réflexions.
Pourquoi le professeur Rogue ne voulait-il pas fêter son anniversaire ? Elle trouvait ça un peu bizarre car, elle, elle avait toujours aimé ça : une fois par an toute une journée lui était consacrée. Certes ce n'était plus vraiment la même chose depuis que ses parents n'étaient plus là mais, après être entrée à Poudlard, ses amies avaient réussi à lui redonner le goût de le fêter.
C'est sur ces pensées qu'elle arriva finalement devant les serres du château. Elle trouva madame Chourave dans la serre numéro quatre en train de tailler des plans de Tentaculas vénéneuses.
Le professeur de botanique s'interrompit dans son travail en la voyant arriver et Iris put lui faire part de ses inquiétudes au sujet du comportement et de l'état de santé de son amie Joanna. La gentille madame Chourave lui promit qu'elle parlerait à ses élèves pour tenter de les rassurer et qu'elle ferait également passer le message à ses collègues. Iris la remercia et rejoignit directement la Grande Salle pour le souper.
Elle retrouva Catherine, qui n'avait toujours pas décidé de laisser ce pauvre Marvin tranquille, et l'écouta lui prodiguer ses conseils et ses critiques durant tout le souper.
Le repas terminé, ils retournèrent dans leur tour et Marvin monta directement dans son dortoir, sans doute trop heureux de ne pas être une fille et de ne pas être obligé de supporter les monologues de Catherine sur le Quidditch jusque dans sa chambre.
La jeune fille regarda Iris, bouche bée, outrée qu'il lui fausse ainsi compagnie, et son amie éclata de rire devant sa tête déconfite :
« Cath ! Ça doit faire plus de deux heures que tu l'embêtes avec le Quidditch ! Il n'en peut plus ce pauvre garçon !
- Pfff… S'il n'est même pas capable d'accepter les conseils et l'aide des autres… Il est vraiment grave ! répondit-elle, agacée.
- Tu lui en reparleras une autre fois, laisse-le souffler un peu. »
Catherine haussa les épaules et rejoignit un groupe d'élève qui jouaient aux cartes. Elle proposa à Iris de jouer avec eux mais celle-ci déclina la proposition et monta dans son dortoir désert.
Une fois dans sa chambre, elle sortit de sa poche le miroir à double sens que le professeur Rogue lui avait donné quelques jours plus tôt et se regarda dans la glace.
Elle hésita quelques instants : comment devait-elle l'appeler ? Il lui avait dit de prononcer son nom mais devait-elle dire professeur Rogue ou Severus… Elle se mordit la lèvre inférieure puis articula finalement :
« Severus ? »
Elle attendit un peu puis vit apparaître le visage du maître des potions dans son miroir.
« Iris ? Que se passe-t-il ? demanda-t-il en fronçant le sourcils.
- Rien, ne t'inquiète pas, le rassura-t-elle immédiatement. Je voulais juste voir comment ça fonctionnait.
- Tu penses que je t'aurais offert quelque chose qui ne marche pas ? interrogea-t-il en haussant un sourcil.
- Non, pas du tout… » répliqua-t-elle en secouant la tête de gauche à droite.
Rogue observa attentivement son élève à travers le miroir puis déclara :
« Tu voulais me demander quelque chose, n'est-ce pas ?
- Oui… Je… Je voulais savoir si je pouvais venir te voir maintenant.
- Venir me voir ? Pourquoi ? demanda-t-il, incrédule.
- Parce que j'aimerais bien te dire quelque chose.
- Et tu ne peux pas le faire comme ça ?
- Non, il faut que je sois près de toi. »
Rogue hésita un moment puis répondit finalement :
« D'accord. Tu peux descendre, je suis dans mon bureau.
- Super, merci ! J'arrive tout de suite ! » rétorqua-t-elle avec enthousiasme.
Et elle disparut du miroir.
Elle remit son petit miroir dans sa poche, prit le grimoire de potions qu'elle avait déniché à Avalon, descendit dans la salle commune où tous les élèves étaient trop occupés à étudier, à faire leurs devoirs, à parler ou à jouer pour remarquer sa présence et franchit l'ouverture que le portrait de la grosse dame dissimulait.
Elle dévala les nombreux escaliers qui la séparaient des cachots en tenant son livre contre elle et en espérant que ce cadeau plairait au professeur Rogue. Elle arriva finalement devant la porte de son bureau, frappa et entra après qu'il le lui eut permis. Elle s'avança jusqu'à lui et il détacha ses yeux de ses copies pour les poser sur elle.
« Alors ? Qu'avais-tu de si important à me dire au point de descendre jusque dans mes sombres cachots ? lui demanda-t-il, légèrement ironique.
- Je voulais juste te souhaiter un joyeux anniversaire un peu en retard et te donner ceci », répondit-elle en posant le grimoire sur son bureau.
Rogue la dévisagea, médusé : comment était-elle au courant ? Il n'aimait pas les anniversaires, en particulier le sien. D'ailleurs, en règle générale, il ne célébrait aucune fête et encore moins le jour de sa venue au monde… Il ne voyait pas ce qu'il y avait de festif là-dedans…
« Je… j'ai entendu des professeurs discuter tout à l'heure dans un couloir… C'est comme ça que j'ai su que c'était samedi passé… »
Toujours pas de réponse du maître des potions… Iris enchaîna :
« J'ai déniché ce grimoire à Avalon, dans une petite librairie d'occasions, il est passionnant mais je pense que tu sauras l'apprécier mieux que moi. »
Rogue baissa la tête pour examiner le livre ; c'était un vieil exemplaire de l'Encyclopédie des potions qui ont révolutionné le monde de la magie d'Edmund Von Trank, cela devait même être la toute première édition…
« Iris… Je ne peux pas accepter, c'est un trop beau cadeau… Et puis tu l'avais acheté pour toi.
- Oh mais si, tu peux accepter ! Avec tout ce que tu as fait pour moi, aucun présent ne sera jamais assez beau. Et, en plus, tu t'y connais beaucoup mieux que moi en potions, alors la place de ce livre est dans ta bibliothèque. »
Le maître des potions hésitait encore. Iris contourna le bureau et le prit dans ses bras :
« Je tiens énormément à toi et je trouve que tu mérites qu'on te souhaite un bon anniversaire. Alors fais-moi plaisir, accepte ce cadeau, même si tu considères le jour de ta venue au monde comme un jour tout à fait banal. »
Elle avait visé juste, en plein dans le mille. Face à tant de tendresse, il ne put résister plus longtemps, il tapota maladroitement un des bras qu'elle avait mis autour de lui et répondit :
« Merci, Iris.
- De rien… Bon ! Je m'en vais avant que tu ne me chasses encore comme d'habitude ! Bon anniversaire et bonne soirée ! »
Puis elle quitta le bureau, en laissant le maître des cachots à ses pensées.
(1) J.K. Rowling, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, chapitre 18, p. 432
Merci beaucoup d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine!
