Disclaimer: Cf Chapitre 1

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... Merci à Mystical, ma bêta, dont je vous recommande vivement les fics!...

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Chocs En Cascade 1 / 2

Acte 1 : Réveil Au Village

Phillipa

Cet endroit est extraordinaire…

Non seulement le paysage est magnifique, mais le village de yourtes et de grottes est vraiment sympathique…

Comme notre professeur de DCFM nous l'a promis hier soir, il y a maintenant une serre, un jardin et un potager. Et même un poulailler quelque part, si j'en crois le coq qui a chanté tout à l'heure…

J'ai toujours aimé la campagne, bien que je sois de la ville et ce séjour que nous allons faire ici me ravit à l'avance…

Je m'aventure maintenant du côté du terrain d'entraînement. Il y a une piste avec des obstacles, qui me fait penser au stade d'athlétisme Moldu où mes cousins m'ont emmenée une fois. Je suis sûre qu'ils se plairaient ici, eux aussi.

Je note également qu'il y a des arcs et des carquois, bien rangés sur des râteliers. Pour les leçons de chasse sans doute… Je ne sais pas si cela va me plaire par contre…

« Eh ! Phillipa ! Tu es bien matinale ! » me hèle Draco, les cheveux encore tout mouillés de sa douche, en s'avançant vers moi d'un pas tout guilleret.

Je me demande d'où il vient, puisque le village se trouve derrière moi, quand j'avise un cabanon à demi dissimulé dans un bosquet d'arbre… Une sorte de vestiaire sans doute.

« Toujours ! Surtout quand je suis à la campagne ! Par contre, je suis étonnée de te voir levé de si bon matin ! » réponds-je en offrant mon visage au petit vent doux pour humer les bonnes senteurs d'herbe humide de rosée

« Détrompe-toi. J'ai déjà fait un petit footing pour entretenir ma forme. Je suis toujours l'un des premiers levés à Serpentard. Peut-être même le premier… Mais avant de venir ici pour la première fois, je passais tellement de temps dans la salle de bain que finalement j'étais l'un des derniers à remonter vers la salle commune ! Les artifices et les apparences, tu comprends ? » me confie Draco, avec un sourire en coin.

« Mmmm… Oui… Ceci dit, tu es nettement mieux sans gel, quoi qu'en dise Parkinson … » affirme-je, un peu moqueuse, en regardant ses cheveux qui commencent à sécher, voler un peu dans le vent…

En réponse, Draco éclate de rire.

« Ouais… Comme dirait Ron : elle a des goûts de chiotte cette fille. Il n'y a qu'à voir ses petites culottes de coton à frou-frous de dentelle et petit nœuds pour s'en convaincre !… Je vais traire la vache, elle a l'air de s'impatienter. Tu viens avec moi ? » répond-il en faisant un signe de tête vers le village et les grottes, d'où l'on entend effectivement une vache beugler.

« Pourquoi pas… » acquiesce-je, en lui emboîtant aussitôt le pas.

J'avoue que je suis curieuse de le voir faire !…

Lui qui est toujours si méticuleux, à épousseter le moindre grain de poussière sur sa robe et à froncer le nez quand une odeur un peu forte effleure ses narines délicates !

Oui, ça doit payer, un Draco Malfoy qui trait une vache, les deux pieds dans le fumier !

« On s'occupera aussi de nourrir les lapins et les poules tout à l'heure. Mais avant, la vache. Tu vas voir, c'est facile de traire une vache, une fois qu'on a pris le truc. » déclare Draco, en enlevant la bâche qui masque l'entrée de la grotte-étable, avant de s'arrêter net sur place et de la lâcher par terre.

Le moins que je puisse dire, c'est que, les yeux ronds et la bouche ouverte, il a l'air complètement choqué…

« Oh ! Putain ! » s'exclame-t-il, quand il retrouve la voix et quelque peu de maîtrise de lui-même.

Il s'avance dans la grotte, allant jusqu'au fond, regardant à droite et à gauche, avant de revenir vers moi.

« Oh ! Putain ! » répète-t-il encore, avant d'ajouter, l'air catastrophé : « J'en avais demandé une !… Pas dix !… Et on dirait bien qu'il y en a une ou deux qui sont un peu trop grosses !… Je crois qu'elles sont enceintes… Oh ! Misère ! J'espère que quelqu'un sait comment on accouche une vache ! »

« Euh… Vêler, Draco… On dit vêler, pas accoucher… Et une vache n'est pas enceinte, elle est en gestation…» fais-je remarquer, en franchissant tout juste l'entrée de la grotte-étable.

Vu d'ici, elles ont l'air belles, les vaches… Et plutôt propres aussi malgré l'odeur un peu âcre qui règne ici, comme dans toute étable qui se respecte…

Et force est de reconnaître qu'il va avoir du travail, pour les traire, les nourrir et changer leur litière…

« Vêler… Accoucher… Peu importe !… Il faut juste que quelqu'un sache le faire !… En tout cas, à 20 litres en moyenne par jour et par vache, on ne va pas manquer de lait, ça c'est sûr ! » répond Draco en roulant les manches de sa chemise largement au dessus des coudes.

Et je m'aperçois qu'il n'est pas aussi fluet qu'il y paraît Draco… Enfin si, mais sa musculature, bien que fine et déliée, est parfaitement dessinée.

Finalement, il est plus costaud qu'on pourrait le penser à première vue…

Les entraînements dont il a bénéficié sans doute…

« De quoi nourrir tout le village… Après tout, ça ne fera que deux à trois litres par personne. Entre les petits déjeuners, le chocolat chaud du soir, le porridge, les crêpes, les crèmes et pâtisseries diverses, ce ne sera pas de trop finalement… » fais-je encore remarquer en le regardant enfiler des bottes puis éparpiller de la paille fraîche dans les mangeoires…

« Tu aimes les chiffres toi, hein ! Je l'ai déjà remarqué l'autre jour ! Mais est-ce que tu sais traire une vache ? Parce que nous ne serons pas de trop de deux pour les traire toutes ! » répond Draco, l'air un peu moqueur, en revenant vers moi.

Il farfouille un instant sur un râtelier situé près de l'entrée, puis regarde mes pieds et, l'air satisfait, se saisit d'une paire de bottes qu'il me tend.

J'hésite un instant, puis je me dis qu'il est certainement prévu sur le planning, qu'un jour où l'autre, j'aie à effectuer cette corvée…

Tout de même, ces Gryffondors ont des idées farfelues !

Nous faire traire des vaches !

Quoique…

Si je veux être juste, je dois reconnaître que cette idée est celle de Draco…

Alors, bien que cette idée ne m'enchante pas trop, j'enfile mes bottes, prend le seau que Draco a posé à côté de moi et je le suis vers la première vache. Draco m'invite à m'asseoir sur un petit tabouret et c'est parti pour ma première leçon en ce monde étrange et merveilleux…

Et finalement, comme dit Draco, ce n'est pas compliqué de traire une vache…

Une fois qu'on a pris le truc !

OoOoOoO

Harry

Je n'ai même pas encore un œil ouvert, que mon sourire s'élargit sur mon visage. Et ce n'est pas seulement parce que je me réveille dans les bras de mon Ron…

Non…

C'est le souvenir de la soirée d'hier…

D'abord, la réunion s'est magnifiquement bien passée et les membres du Comité ont fait preuve d'une belle solidarité envers Millicent, Vincent et Grégory. Et ça, ça m'enchante vraiment !

Ils me font tellement de peine tous les trois !

Oui… Je suis content que nous puissions faire quelque chose pour eux…

Ensuite, nous avons eu une fabuleuse méga surprise !…

Ouais !… Vraiment fabuleuse !…

Et je me délecte à repasser ce moment en boucle dans ma mémoire pour bien m'en imprégner et m'en souvenir avec précision jusqu'à la fin de mes jours…

« Ils sont là » annonce Marraine, avant de sortir de notre cercle de réunion, pour se placer quelques pas plus loin.

Elle ferme les yeux et elle disparaît le temps d'un souffle avant de réapparaître avec un groupe d'une quarantaine de personnes…

La première chose que je remarque, c'est qu'il y a quelques Aurors dans le lot et Florian Fortarôme aussi…

Lucy, qui est juste derrière moi, se précipite vers son père et lui saute dans les bras. Et c'est tout de suite après, que mon cœur rate un battement…

C'est pas vrai !… C'est pas possible !… Je dois rêver !…

Ouais ! C'est ça, je rêve…

C'est forcément ça !

Mais j'ai beau me pincer, ce que je vois doit être bien réel, car je l'ai toujours devant les yeux.

D'ailleurs, à mes côtés, Ron, Hermione, Draco, Nev et les autres copains ont tout autant l'air sous le choc que moi : les yeux écarquillés sur un regard ébahi et la bouche bée.

Un air parfaitement idiot quoi…

Nos profs et les autres adultes, eux, nous regardent l'œil parfaitement moqueur…

Finalement, c'est Ron qui sort le premier de notre état de stupeur

« Kirley Duke, Orsino Thruston, Donaghan Themlet, Heathcote Barbary, Herman Wintringham, Myron Wagtail, Merton Grave, Gideon Crumb... » énumère-t-il, avant de s'exclamer la voix chevrotante de surprise et d'émotion : « Oh ! Putain ! Oh ! Putain ! Les Bizarr'sisters !… Oh ! Putain ! Les Bizarr'sisters sont là ! »

Les Bizarr'sisters !

Il a raison, les Bizarr'sisters sont là !

C'est inouï !

Mais ce n'est pas tout !

Fred et Georges pointent du doigt un autre groupe de personnes

« A… Attend, Ron… C'est… C'est pas tout… Regarde… Anton Dimitrov, Ilia Volkov, Nikolaï Vulkanov, Dragomir Zograf, Vasil Levski, Mila Ivanova… Avec Viktor… ça nous fait l'équipe nationale de Bulgarie de la coupe du Monde au complet ! Yeeeeeeaaaaaaah ! On a l'équipe de Bulgarie avec nous ! Et les Bizarr'sisters ! Yoooouuuhooouuu ! Yeeeeeeaaaaaaah ! » s'exclament-ils en chœur, avant d'applaudir et de sauter comme des malades. …

Heureusement que nous sommes dans le Temps Ralenti, car leurs cris et leurs applaudissements provoquent aussitôt une cacophonie d'acclamations, à réveiller Londres tout entier !…

Ça saute, ça danse, ça rit, ça pleure de joie, ça se tombe dans les bras les uns des autres et ça court pour aller serrer les mains et même faire des accolades aux Champions de Quidditch et aux chanteurs et musiciens !…

Tout ça fait bien rire les adultes évidemment, les chanteurs, musiciens et champions de Quidditch aussi. Et il a fallu un bon bout de temps avant que le calme revienne dans nos rangs…

Et qu'est-ce que ça nous a fait du bien !

Parce qu'avoir les Bizarr'sisters et l'équipe de Bulgarie avec nous, ça nous donne vraiment l'espoir que d'autres encore nous rejoindrons…

Ouais… L'appel d'Hermione a été entendu…

C'est ce qu'a affirmé Heathcote Barbary, un peu plus tard dans la soirée… Il a dit que si des élèves de Poudlard avaient trouvé le courage de s'opposer à Voldemort, alors il n'y avait pas de raison que les adultes ne le trouvent pas et qu'il se serait senti honteux, vis à vis de sa famille, de ne rien faire pour la protéger…

Il a une fille en Première année de Gryffondor, Heathcote Barbary, et il n'est pas le seul des Bizarr'sisters à avoir un enfant à Poudlard…Myron Wagtail, a une fille aussi, en Deuxième année à Serdaigle et Kirley Duke a un fils en Première année à Gryffondor également.

Eux étaient respectivement à Serpentard et Gryffondor… Et il y a aussi des Poufsouffles et Serdaigles dans leur groupe… Une sorte d'union des quatre Maisons, qui s'est effectuée après leur sortie de Poudlard, quand ils se sont rendu compte qu'ils avaient le même intérêt pour la musique…

Et aujourd'hui, ils sont ici, au Paradis, pour s'entraîner avec nous… Ils font partie de l'Ordre du Phénix !… Et l'équipe de Bulgarie aussi !

L'équipe de Bulgarie qui s'est rassemblée autour de Viktor et qui va chercher des alliers dans toutes les équipes qu'ils vont affronter durant le championnat… Non seulement dans leur pays, mais aussi dans toute l'Europe !…

C'est incroyable ! Incroyable !

« Je n'ai pas rêvé, hein !… » chuchote Ron à mon oreille, me tirant de ma propre rêverie…

« Non… Ou alors, c'est que nous avons partagé le même rêve… » réponds-je, en redressant la tête pour lui sourire avant de cueillir un baiser sur ses lèvres encore molles de sommeil…

« Putain ! Je n'en reviens pas ! » murmure-t-il aussitôt après.

« Ouais… Moi non plus… » admets-je avec un sourire extatique…

Cela nous promet vraiment un séjour formidable !…

OoOoOoO

Blaise

Je suis encore dans un demi-sommeil, mais je sais, je sens avec une acuité absolue, que quelqu'un m'observe avec insistance et j'ouvre brusquement les yeux…

« Aaaaaaaaaaahhhhhhhh ! » m'écrie-je, en effectuant un bond dans mon lit, quand je me retrouve nez à nez avec deux grands yeux globuleux et brillants dans la pénombre, qui me fixent avec intensité.

La chose à qui appartiennent les yeux sursaute et fait un bond en arrière, l'air complètement affolée et agitant ses oreilles avec force.

Putain !

Quel choc elle m'a fichu !

« Dyna ! Par Merlin Dyna, tu as failli me faire mourir de peur ! » assure-je aussitôt, une main sur le cœur, comme pour en contrôler les battements.

Dyna, toute tremblante, éclate en sanglot…

« Dyna est désolée, désolée Monsieur Blaise !… Dyna ne voulait pas vous faire peur !… Dyna voulait juste veiller sur le sommeil de son jeune Maître !… Dyna est une mauvaise Elfe pour Monsieur Blaise et elle va se punir !… Oui, se punir pour avoir fait peur à son jeune Maître !… » déclare Dyna, en se saisissant de l'une de mes chaussures pour s'en frapper la tête.

« Non ! » m'écrie-je, en attrapant son bras au vol, juste avant que le coup ne l'atteigne.

Mon cœur bat la chamade et je me sens vraiment mal, d'avoir perdu le contrôle de moi-même et hurlé comme je l'ai fait.

Et surtout à la pensée que j'aurais pu jeter un Sort à Dyna, si j'avais dormi baguette en main, comme je le fais habituellement depuis quelques mois…

Nous avons passé une soirée tellement formidable, hier soir, que je n'ai vraiment pas pensé à le faire…

Heureusement !…

Putain ! Heureusement !

« Non, Dyna, tu ne dois pas te punir. Jamais tu ne dois le faire. D'ailleurs, depuis quand fais-tu cela ? Je ne te l'ai jamais vu faire avant… » dis-je, d'un ton considérablement radouci.

« Dyna se punit depuis quelques semaines maintenant ! C'est Madame votre mère qui a dit à Dyna de le faire, sur les conseils de Monsieur Edgar, quand Dyna a renversé la sauce sur sa robe ! Monsieur Edgar avait bousculé le bras de Dyna au moment où Dyna le servait ! Ce n'était pas sa faute, mais Dyna a été punie quand même !…. » m'apprend Dyna, les larmes aux yeux et ses oreilles plus agitées que jamais.

Mon sang ne fait qu'un tour dans mes veines et je me sens bouillir de colère…

Edgar… L'amant de ma mère, bien sûr…

Salopard !

J'espère que les Aurors pourront bientôt lui mettre la main au collet et l'envoyer moisir à Azkaban !…

Et une fois de plus, j'attrape le bras de Dyna, pour l'attirer vers moi et la serrer contre mon cœur…

« Ne le fais plus jamais, Dyna… Plus jamais… » murmure-je, en retenant les larmes qui menacent de déborder de mes yeux…

Par les burnes du bouc !

Qu'est-ce qui m'arrive !

Je deviens une vraie gonzesse ma parole, à chialer comme ça depuis deux ou trois jours ! Ça ne m'arrivait jamais avant ! Je ne me souviens pas avoir pleuré depuis au moins… au moins…

Je ne sais pas… Je ne me souviens pas avoir jamais pleuré en réalité…

Mais depuis que j'ai découvert la tête d'Aristophane dans le colis envoyé par ma mère, les vannes sont ouvertes et je suis une vraie fontaine…

C'est à croire que je verse maintenant toutes les larmes que j'ai retenues depuis toujours…

« Oui, Monsieur Blaise. Dyna obéira… Oh ! Oui ! Elle obéira ! » promet la nounou de mon enfance, en me rendant mon étreinte…

Dyna… Le seul être qui me rattache à des souvenirs doux de mon enfance…

Ma mère a toujours été si froide et distante, malgré ce qu'elle voulait me faire croire…

Oui, aucun de ses sourires n'était réellement chaleureux. Et ses cadeaux dispendieux n'étaient destinés qu'à épater la galerie et abuser de ma confiance, m'endormir pour mieux me contrôler…

« Quand es-tu arrivée, Dyna ? » m'enquiers-je en la relâchant doucement.

« Juste avant que Monsieur Blaise ne se réveille ! Notre Roi Dobby est venu chercher Dyna ! C'est un grand honneur que d'être ici ! Oh ! Oui ! Un grand honneur ! Et Dyna est contente que Monsieur Blaise l'ait fait venir ! Oui ! Très contente ! Et Dyna va bien travailler ! » répond Dyna, les yeux brillants de joie.

« Mmmm… Est-ce que l'on t'a dit que tu ne seras pas seule pour le faire ? » m'enquiers-je encore, curieux de connaître sa réaction face à l'organisation qui prévoit que nous aidions les Elfes de maison à effectuer les corvées.

« Oh ! Oui ! La Grande Dame a tout bien expliqué à Dyna ! Elle a dit que Dyna sera aidée des sorciers ! Et aussi que Dyna partagera le repas à la table des sorciers, comme tous les Elfes le font au Refuge de Madame Molly ! Et que Dyna aura du temps libre et qu'elle pourra faire ce qui lui plait pendant ce temps là ! Si Monsieur Blaise le veut, Dyna fera ses corvées sur son temps libre ! Comme ça Monsieur Blaise pourra se reposer ! » répond-elle, toute excitée et me couvant d'un œil… protecteur…

Et bien plus maternel que n'a jamais été celui de ma mère…

« Euh… Je te remercie de ta proposition, Dyna. Mais je ne crois pas que ce soit possible. Je veux dire… Tout le monde va participer aux corvées et je ne peux pas faire autrement que les autres… Ce ne serait pas bien. Tu comprends ? » dis-je, moi-même étonné de ma sincérité.

Car si hier soir j'ai effectivement proposé d'appeler Dyna dans l'espoir d'échapper aux corvées, force m'est de constater ce matin, que je n'en ai plus du tout envie…

Même si je ne sais pas vraiment pourquoi…

« Dyna comprend, oui, Monsieur Blaise…. Monsieur Blaise veut être comme ses amis !… Il veut faire comme eux, ne pas être différent d'eux ! Oui, Dyna comprend cela. Dyna est bien heureuse que Monsieur Blaise ait des amis… Oh ! Oui ! Très heureuse ! C'est ce qui a toujours manqué à Monsieur Blaise pour être heureux ! Monsieur Blaise va bien s'amuser avec ses amis ! Oui, bien s'amuser ! Il va apprendre aussi plein de choses utiles ! Il va apprendre à vivre et à partager ! Il va faire pleins de choses qu'il n'a jamais pu faire ! Oui ! Monsieur Blaise a trouvé ce qu'il a toujours voulu ! Il ne va plus jamais être seul ! » s'exclame Dyna, avec un large sourire.

« Oui, tu as compris, Dyna. C'est exactement cela… » murmure-je, stupéfait qu'elle m'ait si bien décrypté…

Et qu'elle ait su mettre des mots sur ce que je ressens, alors que j'étais moi-même incapable de le faire…

Dyna a raison. Je vais faire des tas de choses que je n'ai jamais faites… Je vais pouvoir vivre réellement ! Je vais pouvoir choisir ce que je veux faire et avec qui je le veux !

Et par-dessus tout, pour la première fois de ma vie, j'ai un réseau d'amis. J'appartiens réellement à un groupe…

Un groupe soudé.

Un groupe uni dans un même but…

Et je n'ai qu'une envie, rejoindre ceux que j'entends discuter et rire, là-bas dehors, sous le soleil resplendissant…

Alors, sous le regard bienveillant de Dyna, je saute de mon lit et j'esquisse un pas de danse vers la douche…

Et j'éclate de rire

Car je me sens heureux…

Libre et heureux !

C'est déconcertant… Et fabuleux…

OoOoOoO

Terry

Ah ! Que c'est bon de se lever et d'aller s'étirer sous le soleil !

Ça m'a tellement manqué, l'été dernier !

Ouais… Fred et Georges sont bien gentils et fort généreux. Mais ils sont aussi très bruyants et rester confiner dans leur appartement n'a pas toujours été une sinécure, même si je leur dois la vie !

Enfin… J'ai un nouveau Refuge maintenant… Le Terrier…

J'aime cette maison… J'aime son jardin foisonnant… J'aime ses habitants aussi..

Ouais… Et j'aime être ici également…

Le Temps Ralenti… Je ne pensais pas y revenir aussi vite.

Et surtout pas avec Marian !

Je suis heureux de retrouver mon petit frère. Il m'a tellement manqué ! Jamais je n'aurais cru ça… Pendant l'année scolaire, je n'y ai pas trop pensé, parce que j'avais beaucoup à étudier et qu'on s'écrivait les nouvelles. Mais depuis l'été dernier…

Ouais… Il m'a manqué…

Et nous avons eu si peu de temps pour parler, la dernière fois que nous nous sommes vus.

Après la bataille d'Halloween…

Merlin !… La bataille !…

Et dire que mon petit frère y était lui aussi !

Bon sang ! La bataille !

Je préfère ne pas y penser…

Ouais… Je ferais mieux de rejoindre les autres et de prendre un bon petit déjeuner…

« Oh ! Bonjour Monsieur Willis ! Bonjour Lucy ! Belle matinée n'est-ce pas ? » m'exclame-je, en m'assoyant en face du père et de la fille qui regardent autour d'eux avec un évident émerveillement.

« Bonjour Monsieur Higgs. Belle matinée, effectivement ! C'est assez incroyable tout cela ! » répond le brave homme, en faisant un large geste vers le village de yourtes et le paysage grandiose.

« Oui. Et on s'y fait très vite, croyez-moi ! Vous allez vous plaire ici ! » déclare-je, avec un franc sourire, aux souvenirs de mon premier séjour.

Ouais… Je ne regrette vraiment pas tout ce que nous avons fait ici. Même si les Sorts Cuisants du professeur Snape m'ont souvent fait souffrir le fondement… Mais ça, ce n'est rien. Ce que j'ai vécu et appris ici est une large compensation…

Très, très large compensation…

Car sans cela, je ne serais probablement plus en vie…

« Je n'en doute pas ! Et je suis vraiment heureux d'avoir eu la présence d'esprit de contacter Madame Longdubat ! J'étais sûr qu'elle savait comment approcher l'Ordre du Phénix ! Après tout, elle n'a jamais caché ses opinions ! Par contre, je suis étonné de vous voir ici. Je me souviens, que votre père vous cherchait au début de l'été et qu'il avait l'air très inquiet à votre sujet. Du moins, est-ce ce qu'il a confié à notre voisine, Olga Magpie, qui s'est empressée de répandre partout où elle allait, que vous aviez fait une très mauvaise chute qui vous avait laissé quelque peu… comment dire… égaré… » déclare Monsieur Willis en nous servant une tasse de thé.

Je me sens rougir sous la déclaration…

Egaré…

Bon sang ! Comment mon père a-t-il pu dire ça ?

« Je crains que ce ne soit mon père qui ait l'esprit égaré ! Terry, lui, a toute sa tête, comme vous pouvez le constater, Monsieur. » intervient, d'un ton très contrarié, Marian qui vient tout juste d'arriver

Il se laisse tomber en soupirant sur le banc à côté de moi et se saisit sans manière de la tasse de thé que Monsieur Willis vient de me servir, pour en boire aussitôt une gorgée brûlante.

C'est un sans gêne mon petit frère ! Et le voilà qui me pique le toast que je viens de tartiner de marmelade à l'ananas !

« Allons mon petit, ne dites pas cela. Après tout, la vieille Olga a tendance à déformer les propos de chacun et il est fort possible que votre père lui ait dit tout autre chose. » tente d'adoucir Monsieur Willis.

Le brave homme a l'air tout gêné d'avoir provoqué la mauvaise humeur de Marian…

« Cela m'étonnerait cette fois ! Papa et Maman ont essayé de nous convertir aux idées de Voldemort dès notre retour à la maison l'été dernier ! Nous en avons parlé avec les copains samedi. Certains pensent qu'ils ont peut-être reçu des pressions et des menaces. C'est fort possible. Et même probable. Et je peux comprendre leur réaction. Par contre, ce qui me met en pétard dans cette histoire, c'est qu'ils auraient dû nous en parler, au lieu de céder et de faire pression sur nous à leur tour ! » déclare Marian, d'un ton plutôt intransigeant cette fois.

Nous y voilà… C'est ça qui le tracasse…

Mais je suis assez étonné de sa réaction quand même. Il a toujours été plutôt indulgent avec les parents. Agacé, mais indulgent quand même… C'est qu'il est du genre à voir le verre à moitié plein et non le verre à moitié vide d'habitude, Marian…

Mais cette fois, il semble que son indulgence se soit fait la malle…

« La peur, mon petit, peut faire faire des choses stupides… Et des parents qui ont peur de perdre leurs enfants, feraient n'importe quoi pour les protéger, quitte à se tromper sur la façon de le faire. » tente encore l'aimable commerçant.

« Je veux bien croire qu'ils ont eu peur. Ils ont toujours été trouillards, ça c'est sûr. Mais tout de même, Monsieur Willis, ils auraient dû nous en parler, s'ils ont subit des pressions. Nous ne sommes plus des gosses, Terry et moi. Et nous avons le droit de disposer de nos vies comme nous l'entendons ! Au total, regardez ce qui est arrivé : Terry s'est enfui de la maison et moi, je n'y reviendrais pas non plus aux prochaines vacances. S'ils avaient peur de nous perdre et bien c'est chose faite ! Ils nous ont perdus ! » s'exclame encore Marian, l'air de plus en plus contrarié.

Aïe !…

Il a vraiment l'air d'avoir atteint le point de rupture mon petit frère… Qu'est-ce qui a pu le décider à se montrer aussi intransigeant tout à coup ?

« Ne sois pas aussi définitif, Marian. En accord avec le professeur Snape, j'ai écrit aux parents, pour leur proposer un rendez-vous avec nous deux, samedi, à Pré Au Lard. Attendons de voir s'ils acceptent. Et ce qu'ils nous diront à ce moment là. » conseille-je à mon petit frère, en le prenant par les épaules pour le serrer contre mon flanc, dans un geste destiné à le réconforter et le détendre un peu..

Mais Marian garde son visage fermé et serre les poings.

« Même s'ils acceptent et nous avouent qu'ils ont effectivement reçu des menaces, ça ne changera rien à ce que je pense, Terry ! J'y réfléchis depuis l'autre jour !…L'été a été pourri sans toi à la maison. Vraiment pourri Terry ! Je ne savais pas si je te reverrai un jour ! Je ne savais pas si les parents étaient marqués ! Je ne savais pas si j'étais en sécurité ! Je me suis même demandé si je n'allais pas voir l'autre connard débarquer à la maison pour me marquer moi-même le trente et un août, jour de mes dix-sept ans ! Bordel Terry ! J'ai passé l'été tout seul à me morfondre et à me faire du mouron pour toi ! Et par-dessus le marché, je me suis demandé durant toute la bataille d'Halloween si les parents n'étaient pas là, au Terrier !
Putain ! C'était horrible Terry ! Tout ce que j'ai vu était horrible ! Et à chaque fois qu'un Mangemort s'est fait tuer ou a été blessé sous mes yeux, j'ai eu peur que ce soit l'un de nos parents ! Bordel Terry ! Et s'ils avaient été là ! S'ils t'avaient tué toi ! » s'écrie-t-il, avant de craquer complètement et d'éclater en sanglots

Oh ! Putain !

Oh Merde !

Oh ! Putain de bordel de merde !

Cette fois, j'attrape Marian et je le serre contre moi, laissant mes larmes couler moi aussi, complètement choqué et chamboulé…

Putain !

Pourquoi n'ai-je pas pensé que mon petit frère pouvait avoir les mêmes pensées que moi ? Les mêmes peines, les mêmes peurs !… Les mêmes cauchemars !…

Marian a entendu le discours des parents durant tout l'été ! Il s'est fait du souci tout l'été ! Pour moi, pour lui ! Pour les parents aussi sans doute !

Et lors de la bataille d'Halloween, Marian n'était pas sur le terrain, mais il a tout vu ! Tout entendu ! Il a vu les mêmes horreurs que moi, au travers des écrans ! Il a eu peur que je sois tué sous ses yeux !

Il a eu la même foutue terreur que nos parents soient là, parmi ces putains d'enfoirés encagoulés !

Putain ! Saloperie de guerre !

Je ne sais pas combien de temps nous restons comme ça, enlacés et pleurant, mon petit frère et moi, mais il arrive finalement un moment où il se détache de moi.

« Ça va aller maintenant Terry. J'avais besoin de craquer… Maintenant c'est fait et ça va mieux… » murmure-t-il, en essuyant ses yeux du revers de sa main, en me faisant un pauvre sourire.

Et j'en fais autant, me mouchant ensuite dans une serviette, après en avoir donné une à Marian qui en a besoin aussi.

En face de nous, Monsieur Willis et Lucy sont pâles. Ils ne sont pas les seuls. D'autres sont arrivés pendant que Marian parlait et ils sont visiblement touchés eux aussi.

Surtout ceux qui étaient au combat…

Nous n'en parlons pas, mais je sais que nous y pensons tous…

Surtout le soir, quand nous sommes désœuvrés dans notre lit, à attendre que le sommeil daigne enfin nous emporter…

Et la nuit, quand les cauchemars nous réveillent…

« C'était si moche ? » demande timidement Lucy, en regardant Marian d'un air attristé.

« Ouais, ça l'était… » répond Marian sur le même ton, les yeux dans le vague, juste avant que la main du professeur Snape vienne se poser sur son épaule.

« Toutes les batailles le sont, Lucy. Et rien ne peut réellement préparer à cela. La seule chose à laquelle on puisse se raccrocher, dans ces moments là, c'est à la pensée des vies que l'on sauve, y compris la nôtre, en se battant contre nos ennemis.
Quant à vous, Marian, je sais que rien ne pourra effacer de votre mémoire ce que vous avez vu. Mais sachez que vous avez fait preuve d'un immense courage. Et votre courage était d'autant plus admirable, que vous aviez cette crainte au cœur, que vos parents soient parmi nos assaillants. Accrochez-vous maintenant au fait que vous avez sauvé nombre des nôtres en les prévenant des dangers, en leur indiquant où se trouvaient les Mangemorts qui les attaquaient. Accrochez-vous aussi à l'espoir que vos parents n'étaient pas là, qu'ils ne sont peut-être pas marqués encore et qu'ils pourront être mis à l'abri s'ils subissent des pressions.
Ce que je dis vaut également pour vous, Terry. Tout comme votre frère, vous vous êtes remarquablement comporté jeudi soir. Grâce à vous, des Loups-Garous dangereux ne mordront plus des enfants et ne tueront plus des innocents avant longtemps. Et, malgré le danger, vous êtes venu en renfort au Terrier, vous battant à découvert face à des ennemis en surnombre.
Je suis réellement fier de vous deux. Et vous savez que vous pouvez compter sur moi samedi. Je vous accompagnerai. Je serai prêt à intervenir si nécessaire. Et Remus viendra avec moi. Nous serons deux pour vous couvrir. » déclare le professeur Snape, avec beaucoup de douceur et de sincérité

Et bon sang, ce qu'il dit me va droit au cœur !…

Oui, je sais que je peux compter sur lui pour couvrir mes arrières, nos arrières, à Marian et moi, si nos parents acceptent de nous voir samedi, dans le but de nous piéger…

« Ouais… On sait professeur. Merci. C'est chic de votre part. » déclare Marian, avec un regard reconnaissant pour le professeur Snape, avant d'ajouter : « Vous savez professeur, ce que vous avez dit est juste. Rien ne peut préparer vraiment à la bataille. Personne ne saura jamais ce que l'on peut ressentir quand on est dedans, sans y avoir été avant. Mais ça pourrait rendre service quand même aux copains, de savoir comment les choses se sont passées au Terrier. Je veux dire, pas seulement qu'on leur raconte. Ça, ils le savent par la Gazette, même si la Gazette n'a pas tout dit. Je crois que s'ils voyaient les images, ils seraient quand même un peu mieux préparés. Ils auraient une idée de comment c'est… Ils pourraient prendre une décision plus réfléchie… Moi, par exemple, je ne savais pas. J'y suis allé, en sachant que je risquais ma vie et que je pouvais en sauver aussi, mais c'est tout. Maintenant je sais. Ouais, je sais ce que ça fait d'être dedans… Et même si c'est dur, je sais aussi que la prochaine fois, j'irais encore. Je préfère même être sur le terrain je crois… Ouais… Je préfère… Mais les autres… Imaginez que je n'aie pas tenu le coup et que je sois parti ou que j'aie craqué pendant la bataille, Phillipa et Gil se seraient retrouvés dans la difficulté et il y aurait eu plus de dégâts parmi nous. Des morts… En plus des deux Aurors avec lesquels nous ne pouvions pas communiquer… Vous comprenez ce que je veux dire ? »

Oui… Nous comprenons…

Enfin, moi je comprends en tout cas.

C'est vrai que j'aurais réfléchi à deux fois si j'avais su comment cela se passe réellement. Même si, grâce aux simulations, nous avions une idée un peu mieux développée de la manière dont les choses pouvaient se passer, que Marian, Phillipa et Gil…

Rien ne remplace l'expérience, c'est sûr, mais d'en savoir un peu plus doit pouvoir aider à prendre conscience de ce que l'on risque…

Le professeur Snape, fixe Marian d'un regard profond et je vois qu'il réfléchit intensément à ce que mon frère vient de dire.

« Marian a raison. J'aurais voulu être mieux préparée moi aussi. Et même si les images paraîtront peut-être un peu abstraites pour les autres et ne remplaceront jamais la réalité, ils seront moins surpris, moins… Je ne sais pas… Moins… Plus… » appuie Phillipa, qui est d'une pâleur mortelle et a la gorge nouée.

Elle ne réussit pas à trouver les mots pour exprimer sa pensée.

Je la comprends cependant…

Ouais… Je la comprends…

« Plus préparés psychologiquement. Ils pourront prendre de la distance, être moins impliqués émotionnellement durant le déroulement de l'action, s'ils s'engagent. Oui… Parce qu'ils sauront quelles horreurs peuvent les attendre… Je comprends ce que vous voulez dire, Marian et Phillipa. Je vais voir ce que l'on peut faire à ce propos… » intervient le professeur Snape, avant de s'éloigner à grands pas vers la yourte qu'occupe le professeur Dumbledore.

Il a compris lui aussi…

Et il a su traduire ce que Phillipa et mon petit frère voulaient dire…

Et ce que je ressens moi aussi…

Ce que toutes celles et ceux qui étaient là-bas ressentent…

OoOoOoO

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