Prémonition
Auteur : Chris (chrisanimefanyahoo.fr)Titre : PrémonitionSérie : Harry Potter
Déclaration : Je ne suis pas l'auteur, je n'ai aucun droit sur les personnages…
Couples : Sirius X Severus X Sirius // Ron X Harry // Lucius X Remus
Dédicace: Pour Mano que je remercie pour son soutien toujours constant. Aligatou.
Merci à tous mes lecteurs et lectrices, et à Asuka, ma 2ème béta, vous êtes des amours
Spéciale dédicace aux fans du couple Sirius X Severus X Sirius (que j'espère très nombreux ).
NDA : Désolée pour le retard (ignoble, c'est bien le mot) que j'ai dans mes fics mais depuis que je ne suis plus seule, le temps consacré à mes fics (sites, lectures & autre) s'est réduit à une peau de chagrin anorexique.
NDA : L'action se passe après les années d'école d'Harry et de ses compagnons.
Georges Walmes, Lucian Homerians, Galen Globilot, Gullah, Rolland Dimer, Flink Nomers et Arthur Smith sont des personnages de ma création et par conséquent ils m'appartiennent.
20 – Interrogations & inquiétudes Dans la maison de Sirius Black (puis dans le bureau d'Albus Dumbeldore)Sirius s'était enfermé dans sa chambre et il avait défendu quiconque de venir le déranger.
Il avait expliqué à Harry qu'il fallait qu'il se concentre. Malgré son envie d'en savoir plus, Harry n'avait rien pu découvrir de ce que tramait son oncle.
Sirius avait invoqué une mission à accomplir pour l'ordre du Phénix mais Harry savait que ce n'était pas vrai…
A vrai dire, il ignorait comment il avait acquis cette certitude mais elle s'imposait à lui. Comme il savait que son parrain faisait quelque chose de dangereux.
Aucune mise en garde, menace ou bien cajolerie n'avait fait fléchir son oncle qui avait d'ailleurs lancé des sorts sur sa porte, empêchant ainsi toute intrusion.
Il avait partagé ses doutes avec Ron, ce dernier avait pris le parti de Sirius avec une véhémence étrange.
Depuis Harry se posait des questions.
Ron était-il au courant de choses que lui ne savait pas ?
Pendant la discussion avec leur petit groupe, le jeune Elu avait oublié ses questions qui le rongeaient. Il espérait aussi que son oncle sortirait calmement de la pièce en déclarant avoir fini. Mais alors qu'il mangeait avec Ron, Harry n'avait toujours vu aucune trace de Snuffle. Il avait frappé à la porte afin de pousser son oncle à sortir pour manger mais en vain.
Ron avait calmé ses inquiétudes par des cajoleries mais alors qu'il lisait, ses inquiétudes étaient revenues en force sans que rien ne puisse les calmer.
Il avait essayé d'en parler à Hermione. Il espérait qu'elle au moins, prenne son parti à lui. La jeune fille était restée sceptique et s'était appliquée à démontrer que même si Sirius était son parrain, un second père pour lui, il avait aussi le droit à une vie privée et à ses secrets.
Il avait réfléchi à ce qu'elle lui avait dit et le jeune garçon en était venu à se poser des questions auxquelles il n'avait jamais songé auparavant.
Etait-il un fardeau pour Sirius ?
Est-ce qu'il était la cause de la solitude de son parrain ?
Malgré ses questions, il sentait que Sirius lui cachait quelque chose de grave.
Son instinct sans doute lui soufflait que la vie de Sirius était en péril et qu'il y avait des choses et des forces qu'il ne maîtrisait pas. Sirius, non plus, sans doute.
Harry était persuadé que son parrain commettait un acte irréparable, quelque chose qu'il ne devrait pas faire et qui était très dangereux.
Le jeune garçon s'était rendu compte que depuis quelques jours l'état de son parrain, qui pourtant avait repris un peu de poids et de tonus depuis son emprisonnement, s'était dégradé à nouveau d'une autre façon tout aussi subtile.
Sirius avait les traits creusés, il avait maigri et semblait pourtant continuellement manger sans que sa faim s'apaise.
C'est ce dernier détail qui avait mis la puce à l'oreille du jeune homme et qui l'avait alerté.
Comment pouvait-on manger très souvent et en grande quantité et continuer à maigrir ?
Le jeune garçon aux yeux émeraude avait entendu d'un ver chez les Moldus qui pouvait avoir cet effet mais il savait que les sorciers étaient immunisés contre.
Ron et Hermione l'avaient écouté lorsqu'il s'était enfin décidé à parler. Cependant, tous les deux avaient attribué la fatigue et la maigreur de Sirius à l'annonce générale du retour de celui dont on ne disait pas le nom.
Harry avait retourné sans cesse le problème dans sa tête.
Il avait fini par aller voir le directeur Albus Dumbeldore, c'était le seul qui pourrait encore l'écouter attentivement.
Harry avait demandé à Dumbeldore de bien vouloir lui consacrer un peu de son temps malgré les vacances. Albus l'avait reçu dans ses quartiers et l'avait invité à s'asseoir non sans lui proposer de se restaurer.
« Que puis-je pour toi Harry ? » finit par lui demander le vieux proviseur en remettant ses lunettes en place.
« C'est à propos mon parrain, monsieur… » commença en hésitant le jeune garçon qui doutait de la justesse de sa démarche.
Albus se pencha en avant, intéressé par cette demande.
Lui aussi il savait que plusieurs choses n'allaient pas et que Sirius était mêlé à tout ceci, d'une façon ou d'une autre. Etrangement Black avait insisté à plusieurs reprises sur le caractère d'urgence concernant la situation de sa Némésis.
Non seulement, c'était contraire à tout ce que Sirius pensait de Severus mais en plus, l'étrange scène à laquelle il avait assisté le tourmentait.
Le célèbre magicien avait encore du mal à imaginer si cela tenait du cauchemar, d'un délire de Black. En aucun cas il ne pouvait s'agir de la réalité !
Le vieil homme avait essayé de contacter le professeur des potions mais en vain !
Aucune nouvelle depuis plus d'un mois déjà !
Bien sûr, il s'inquiétait aussi pour Severus.
C'était lui qui avait insisté pour aider l'Ordre et prouver à tous une loyauté qu'il savait douteuse. Severus connaissait les risques, il était le seul à pouvoir les prendre et il n'avait pas hésité une seule seconde avant de se lancer dans cette dure tâche qu'était l'espionnage.
Mais depuis son départ, rien, aucune nouvelle, aucun contact.
La seule chose qu'il avait vu en rapport avec Severus était l'étrange rêve, il ne savait pas comment appeler autrement l'expérience vécue, que lui avait montré Sirius.
Rêve qui devait venir des fantasmes, ô combien curieux certes !, du jeune animagus.
« Professeur ? » insista Harry en voyant Albus plongé dans des pensées.
Son vis-à-vis sursauta.
« Excuse-moi Harry… Les soucis, tu comprends ? » dit Albus en s'épongeant le front avec un mouchoir coloré sorti de sa manche de robe. « Oui… Sirius… Il m'inquiète aussi pour tout te dire. Malheureusement il ne veut rien me dire… Peut-être que tu sais quelque chose ? Tu es son filleul et la personne la plus proche de lui ! »
Albus savait qu'il arrangeait la vérité à sa manière. En vérité, Sirius avait essayé de lui parler. Il l'avait écouté et tout ce que Sirius lui avait dit lui semblait ô combien improbable !
Sirius n'avait jamais arrêté d'insister pour aider Severus qu'il savait en grand danger, il avait même dit à l'ordre du Phénix que Voldemort était revenu. Cependant, rien de ce qu'il avait dit n'avait pu être vérifié.
« Je me demandais si mon parrain n'avait pas subi un sort même si j'ignore lequel… »
Albus gratta sa longue barbe blanche d'un air songeur.
« En effet… C'est une possibilité à envisager... » finit par acquiescer le vieux magicien. « J'avoue que je ne sais pas, Harry. Peut-être que si tu me faisais part de tes observations, je pourrai comprendre. »
Le jeune garçon commença à raconter ce qu'il avait vu : l'inquiétude qu'il lisait sur le visage de Sirius, le refus ferme et systématique de se confier ou de parler, sa peau qui avait pâli de façon étrange et semble t-il définitive, sa maigreur malgré les plats avalés, les cauchemars qui éveillaient son parrain en pleine nuit – il l'avait entendu hurler plus d'une fois-, les cernes sous ses yeux et mille autres détails tout aussi troublants.
« En effet ce que tu dis confirme mes inquiétudes voire même les augmentent. J'ignorais tout ceci. Je ne vois pas Sirius aussi souvent que toi. La dernière fois, c'était lors d'une réunion de l'ordre. Il faut dire que Remus était aussi dans un état inquiétant, il n'arrive pas à prendre de poids. »
Comme s'il venait de comprendre quelque chose en énonçant ces propos, Albus commença à tapoter la table.
« Vous avez une idée de ce qui tracasse Sirius ? » finit par demander Harry en levant ses yeux verts fortement inquiets.
« C'est une possibilité… » débuta le vieil homme. « L'idée m'est venue lors de notre discussion. Remus présente des symptômes un peu similaires à ceux de Sirius. Comme ils s'adorent, j'ai pensé à une maladie qu'ils auraient pu se transmettre. Bien sûr, ce n'est qu'une hypothèse. Il faudrait qu'ils soient examinés. Le nombre de maladies a augmenté ces derniers temps. Le pire, c'est que ni les sorciers ni les moldus ne sont épargnés. Avec l'ordre, nous pensons qu'il s'agit d'une manœuvre des Mangemorts afin de déstabiliser nos deux mondes. »
« Ainsi l'heure est grave ? » interrogea Harry, qui savait la réponse à la question, ses cauchemars lui avaient montré que Voldemort préparait d'une façon ou d'une autre son retour. Bientôt, toute la communauté des sorciers serait en alerte, et bien sûr des répercutions se feraient sentir chez les moldus.
« Je ne peux rien te cacher Harry. » dit le vieux magicien en montrant la cicatrice en forme d'éclair. « Tu sais sans doute mieux que personne que Voldemort prépare son retour et que ce n'est qu'une question de jours avant que cela ne soit une réalité. »
Albus fit une longue pause, laissant à Harry le soin de réfléchir aux paroles qu'ils venaient de prononcer.
Au bout de quelques instants de silence, Harry se décida à parler.
« Que puis-je faire professeur ? »
« Déjà soutenir Sirius et l'aider. » commença le professeur. « Essaye de le faire parler, ton parrain t'adore et je suis sûr qu'il t'écoutera et qu'il sera sensible à l'inquiétude que tu te fais pour lui. Enfin, je pense que Sirius a pu éventuellement se confier à Remus, son ami le plus cher depuis toujours. Essaye de ce côté là, on ne sait jamais. »
« Vous avez sans doute raison, professeur. Merci pour tous ces conseils ! » dit le jeune homme en se levant.
« Avant que tu t'en ailles, j'aimerais que tu me fasses part de tes découvertes. Vois-tu, je suis moi aussi très inquiet pour Sirius. Tu veux bien me rendre ce petit service ? »
« Bien sûr monsieur ! » répondit aussitôt Harry. « Merci du temps que vous m'avez accordé. »
« Bonnes vacances Harry ! »
« A vous aussi professeur » répondit le jeune homme avant de s'en aller.
Sur le chemin du retour, Harry se fit qu'il avait bien fait d'en parler à Albus Dumbeldore, le vieux mage l'avait écouté sans se moquer.
Il l'avait même approuvé et le professeur s'inquiétait de la bonne santé de ses élèves même s'ils avaient quitté depuis longtemps l'école, comme c'était le cas de Sirius.
Harry décida donc de se rendre chez Remus afin d'essayer de lever un peu de ce voile de mystère.
Chez RemusAprès avoir envoyé un hibou à Ron lui expliquant qu'il avait besoin de faire des courses seul, Harry se dirigea vers la masure du loup-garou en espérant que ce dernier ait un peu de temps à consacrer.
Après avoir frappé à la porte – Harry n'allait quand même pas rentrer par la cheminée sans y avoir été invité-, Remus ouvrit la porte prudemment.
Il haussa un sourcil interrogateur en voyant arriver Harry. Cependant, il lui ouvrit sa porte et le laissa entrer.
L'homme semblait plus maigre que jamais. Son visage était creusé, on sentait la fatigue derrière les yeux cernés.
« Bonjour Remus. » commença le brun. « Tu as une petite mine... ».
Il ajouta un rire après sa déclaration en espérant la faire passer avec humour.
L'homme dont les tempes étaient devenues totalement grises esquissa un sourire.
« Salut Harry. Comment vas-tu ? Et que me vaux le plaisir de ta visite ? »
Harry alla s'asseoir sur le canapé du salon et offrit à Remus les bonbons qu'il avait amené pour l'occasion.
« C'est à propos de Sirius… » dit Harry en faisant la grimace, il était tombé sur un bonbon saveur poubelle. « Quel goût atroce ! »
Il posa le bonbon à demi entamé sur une assiette plastique prévue pour les déchets.
« Tout le monde n'arrête pas de me le répéter… » répéta l'homme en fouillant dans le paquet à la recherche d'un bonbon. « Pas mal, je suis tombé sur un bonbon à la fraise… Tu voulais parler de Sirius ? Il a encore fait une connerie je suppose ? »
Remus s'était penché en avant. Harry comprit que son ancien professeur était au courant de choses et qu'il s'inquiétait à propos de son meilleur ami.
« Je ne sais pas si c'est une connerie. » avoua Harry. « A vrai dire, j'ignore ce qui se trame mais tout ceci me paraît très louche et surtout dangereux. »
Harry se leva, il tourna un peu en rond, finit par prendre un autre bonbon.
« Harry… » commença l'homme en grattant ses cheveux quelque peu fillasses. « Je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je promets de t'écouter jusqu'au bout sans me moquer de toi et de t'aider en fonction de mes maigres possibilités. »
Le jeune garçon lui sourit.
« Merci, je n'en attendais pas moins de toi Remus. Je vais t'expliquer ce qui me préoccupe. »
Harry répéta plus ou moins ce qu'il avait dit à Albus Dumbeldore à Remus, il expliqua aussi qu'il était allé voir le vieux magicien afin de lui demander conseils. Ce dernier lui avait suggéré de s'en remettre à Remus Lupin.
« Mmm… » finit par dire au bout de quelques instants le loup-garou. « En effet, tout cela est fort étrange… Je dois dire que je partage tes soupçons. Il faut d'ailleurs que je te raconte ce que j'ai vu car j'avoue ne jamais avoir vu ce type de magie auparavant. Les lumières d'Hermione seraient d'ailleurs grandement utiles. »
« Mais ils refusent de m'écouter ! » s'écria le garçon. « Ils pensent tous que je dramatise et que je vois les choses de façon dramatique ! »
On sentait la colère et l'amertume dans les propos d'Harry.
« Tu n'as qu'à leur dire qu'Albus et moi-même partageons ton avis et que nous aimerions avoir leurs opinions. Je suis sûr que cela les convaincra. Propose-leur de venir manger chez moi par chouette. Nous ferons les courses ensemble si tu le veux bien. »
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Pas loin d'une heure plus tard, la table mise, des salades à disposition pour tous et une bonne odeur de grillade accueillit Ron et Hermione.
Le dîner fut animé mais il était convenu dès le début que ce ne serait qu'une fois le repas achevé qu'ils aborderaient le sujet brûlant de la santé de Sirius.
Environ une bonne demie-heure après un bon repas qui se conclut par des glaces, Remus invita les trois jeunes gens à s'asseoir dans son canapé.
Harry recommença encore une fois à raconter non seulement ce qu'il avait observé mais aussi les commentaires d'Albus.
« Maintenant, c'est à mon tour d'exposer ce que je sais. » finit par dire Remus une fois le récit d'Harry achevé. « Je ne sais pas par quoi commencer. J'ai aussi remarqué à la maigreur de Sirius. Mais au vu de son passé, c'est aussi normal d'avoir du mal à retrouver une hygiène de vie correcte… »
« Mais il y a une chose qui m'intrigue… » dit Harry en l'interrompant. « Mon parrain avait bien repris du poids il y a quelques mois. Il avait retrouvé la forme. Alors que là, je ne le reconnais plus. Son regard est vide, comme hanté et il semble avoir peur de sa propre ombre. Il refuse de se confier à moi alors que je vois bien qu'il est préoccupé et que cela est très grave. »
« Tu as bien raison de t'inquiéter Harry… » approuva Remus. « Je vais vous demander de garder le secret de cette conversation. Vous êtes d'accord ? »
Les trois jeunes gens hochèrent la tête.
« Je vais sans doute vous avouer quelque chose qui va vous surprendre, c'est certain ! » débuta le loup-garou en passant une main gênée dans ses cheveux. « Moi aussi, je dois dire que j'ai été surpris mais il n'y a aucun doute possible. Evitez de trop juger Sirius hâtivement, je suis sûr qu'il a de bonnes raisons pour avoir fait cela même si j'ignore tout de ses raisons. »
Remus s'interrompit et regarda gravement les jeunes gens dans les yeux. Ceux-ci comprirent à son expression que les choses devaient être bien plus graves que ce qu'ils avaient pensé.
Remus répugnait à leur dire quelque chose qui pouvait leur faire penser du mal de Sirius.
« Sirius pratique de la magie noire ! » annonça Remus.
Leurs expressions étonnées se mêlaient à l'incompréhension.
« Quoi ?! » s'exclama Harry. « Mais… Mais… »
L'annonce le bouleversait, il ne savait plus quoi penser. Comment cela était-il possible ?
« Oui, je sais Harry… » dit Remus en tapotant gentiment et maladroitement les mains d'Harry comme une sorte de piètre réconfort. « Sirius a toujours haït ce type de magie, il a toujours lutté contre et refusé de l'employer. Tu imagines aussi mon choc quand je l'ai compris. Il ne me l'a pas dit mais je l'ai deviné… D'ailleurs mon intuition de loup-garou m'a confirmé que malheureusement, il avait employé une sorte de magie interdite… »
« Mais pourquoi ? » demanda Harry inquiet alors que Ron prenait sa main pour le rassurer.
« Je l'ignore Harry… »
« Savez-vous quel type de magie il a utilisé ? Et comment Sirius, qui a toujours refusé d'étudier la magie noire, a su utiliser un tel sort ? » questionna Hermione.
Devant l'air intrigué de Ron et Harry, elle ajouta : « La magie noire, comme chacun le sait, a des répercutions en échange d'un sort puissant. Le problème est que pour pouvoir exécuter un tel sort, il faut avoir des bases en magie noire. C'est plus difficile je dirais si on n'a aucune connaissance. Déjà la langue gutturale pour prononcer les sorts constitue un obstacle pour le moins important. »
« C'est très simple Hermione. » lui répondit Remus. « Je pense que vous oubliez tout une chose très importante. Même si Sirius a toujours refusé de prononcer ces sorts, il les a toujours su. Sa famille est de sang pur, comme tout sang pur, son éducation dans ce domaine s'est faite dès le plus jeune âge. Du coup connaître un sort ou le lancer ne lui a sans doute posé aucune difficulté… J'ignore tous de la nature du sort… Je sais juste qu'il m'a menti, il a essayé de me dire quelque chose mais avec tout ce qui m'est arrivé dernièrement, je crois que je n'y ai pas prêté attention. Comme je le regrette aujourd'hui ! »
Remus se leva et se mit à tourner en rond autour de la table, les mains derrière le dos.
« Lors de la dernière réunion de l'ordre… » commença t-il en parlant bas, les trois amis durent tendre l'oreille pour saisir ce qu'il disait. « J'ai bien vu que cela n'allait pas. J'ai essayé de l'écouter, de lui faire dire ce qu'il me cachait. A vrai dire on se connaît depuis tellement longtemps que j'ai tout de suite su qu'il me cachait quelque chose… »
Il prit un biscuit qu'il mâchouilla, se rassit, se servit une tasse de thé qu'il but.
Ensuite Remus reprit d'une voix un peu hésitante.
« Il m'a répondu qu'il me dirait peut-être plus tard… Cela m'a surpris, jusqu'à là, il ne m'avait rien caché. Il voulait vomir et il avait une sale tête. De plus, il y avait des traces de brûlures à plusieurs endroits sur son corps. »
« Des brûlures ? » interrogea Harry inquiet. « Elles étaient nombreuses ? »
« Il a refusé de me montrer son corps. » avoua Remus. « Il continu à boire plus que de raison. Il était si pâle… J'ai soigné les brûlures sur ses mains… Et là, j'ai pu un peu soulever les manches de sa robe… »
Remus déglutit, il porta les mains à son front.
« Il avait des brûlures aussi sur tout son bras. Et c'était des brûlures magiques à ne pas en douter ! »
Harry se mit à trembler. Il était pris d'une angoisse terrible.
Son parrain lui cachait quelque chose de très grave qui mettait sa vie en danger.
« Je pense que Sirius a affronté un autre magicien, je ne vois pas d'autres solutions. Mais qui ? Et pourquoi ? Cela je l'ignore… »
« Vous n'avez pas réussi à le faire parler ? » insista Hermione. « J'ai entendu parler de brûlures magiques. La plupart sont en effet dues à des sorts de magie noire. Vous pensez que Sirius a affronté un Mangemort et qu'il n'ait rien voulu dire… »
« Si cela avait été le cas Hermione, je te jure que Paddy me l'aurait dit ainsi qu'à toutes les personnes de l'ordre du Phénix. » lui répondit Remus. « Je pense qu'il se passe de quelque chose de grave. Il ne m'a rien dit mais il a accusé Albus d'être la cause de son état. J'ai interrogé Albus qui ignore à quoi il fait allusion. »
Remus reprit son souffle et but à nouveau du thé.
« Mais là n'est pas le pire ! » finit-il par dire. « Hermione pourra sans doute nous éclairer. »
Il se tourna vers la jeune fille, prit une feuille de papier et esquissa un dessin.
« Voici les marques que j'ai pu voir sur les bras de Sirius. Certains motifs sont assez flous à cause des brûlures. »
Hermione fronça les sourcils en regardant les signes dessinés par Remus, ces dessins ne lui disaient rien de bon.
« Et ce n'est pas tout. » conclut Remus. « J'ai assisté au phénomène le plus étrange que je n'ai jamais vu. Quand je parlais avec Sirius, tout d'un coup, Paddy s'est plié en deux de douleur. Quand il s'est relevé, il avait un bleu sur la figure. »
« Un bleu est soudainement apparu ? » s'étonna Ron qui n'avait pas encore ouvert la bouche jusqu'à là, il avait préféré s'occuper d'Harry qu'il devinait très inquiet.
« Je n'avais jamais entendu parler de ce phénomène à part comme manifestation d'esprits ou de lutins malfaisants… » dit Hermione à haute voix.
« J'ai aussi pensé à des esprits mais Sirius m'a démenti le contraire. » commença Remus. « Enfin, il faut que je vous raconte comment notre conversation s'est finie… »
Les trois jeunes gens s'approchèrent alors que Remus commençait un nouveau récit.
Flash-back« Es-tu sûr d'être prêt à entendre ce que j'ai à dire ? » demanda solennellement Sirius en se levant en grimaçant de douleur. « Si oui, tu dois prêter serment de m'aider car l'heure est grave !! »
Remus s'assit sur le lit de son ami, prêt à l'écouter. Il fallait qu'il aide Sirius quoiqu'il ait fait, quoi que ce soit, il ne pouvait pas rester sans agir.
« Bien ! » répondit Remus… « Comme tu voudras… Je vois bien que je n'aurais rien de toi tant que tu ne seras pas sûr que je t'aide. Je t'aiderai comme je pourrai, je le jure. »
Sirius ne dit rien pendant un long moment.
Remus comprit alors que l'homme hésitait sur la conduite à tenir.
Il voyait aussi que son esprit était à autre chose.
« Je… » commença Sirius. « Je t'expliquerai tout dans 3 jours. Laisse-moi trois petits jours, tu veux ? J'ai vraiment quelque chose à faire d'urgent et il faut que j'y aille… Je sais que tu t'inquiètes pour moi… Je t'en prie, aie confiance en moi. »
« Où vas-tu ? » demanda le loup-garou.
« Chez moi, il faut que je fasse quelque chose et cela va me demander trois jours. Pendant ce temps, ma porte sera fermée. Et c'est seulement ces trois jours passés que tu pourras rentrer… »
Sirius releva la tête.
« Tu ne pourras pas forcer le sort de ma serrure alors épargne-toi cette peine… »
« Ne peux-tu rien me dire ? » insista Remus.
« Juste que ce que je fais, ce n'est pas pour moi et les enjeux sont trop grands… Je crois que je n'en mesure pas la portée. Quand cette épreuve sera finie, j'aurai des révélations à te faire. Je ne sais pas si tu me croiras.. Mais tout ce que je dirai, d'une façon fort étrange, je l'aurais vécu ».
Sirius désigna alors ses brûlures.
« Et je vois que c'est dangereux ? N'y a t-il aucun moyen de t'aider ? » insista Lupin.
« Non, tu ne peux rien faire et tu ne peux pas m'aider. » dit Sirius. « Excuse-moi mais je dois y aller… J'espère que tu me comprendras… »
Et Sirius s'en fut laissant un Moony interloqué et sans voix.
De retour chez Remus« C'est tout ? » demanda Harry. « Il n'a rien dit ? Pourquoi ne pas l'avoir arrêté ? »
La voix du jeune homme se faisait stridente à mesure que son inquiétude pour son parrain augmentait.
« Calme-toi Harry ! » s'interposa Hermione. « Remus ne pouvait rien faire pour l'arrêter et tu le sais au fond de toi. Il a même proposé son aide à ton parrain, aide qu'il a refusé, je te rappelle… Tu ne peux rien reprocher à Remus, il a fait ce qu'il a pu. Sirius s'est fourré dans des ennuis, j'en suis maintenant convaincue. Il espère sans doute les résoudre seul. Je pense que son séjour en prison l'a rendu bien plus solitaire que lorsqu'il était adolescent. Aucun de nous ne peux lui reprocher de vouloir continuer jusqu'au bout de ses idées, quelles qu'elles soient. Vous semblez oubliez que nous aussi nous en avons fait qu'à notre tête malgré les dangers qui nous menaçaient. »
« C'est vrai… » finit par approuver Ron. « Sirius sait sans doute ce qu'il fait… Harry, tu devrais lui faire plus confiance… »
« Mais pourquoi ne veux t-il rien me dire ? Ni à moi ni à Remus ? » demanda Harry d'une voix aiguë et teintée d'inquiétudes. « Vous savez tous que ce qu'il fait n'est sans doute pas bon pour sa santé. Je ne pourrais pas supporter qu'il en soit plus là… Maintenant que la bataille se prépare, je vais avoir besoin de lui plus que jamais. »
« Que veux-tu dire Harry ? » demanda Ron.
« Vous vous souvenez de cette fameuse prémonition ? » leur demanda Harry. « J'ai vu Sirius en grand danger de mort, grièvement blessé. Je pense que ce qu'il fait en ce moment met sa vie en danger, en grand danger… »
« Je comprends ton inquiétude Harry… » finit par reprendre Remus au bout de quelques instants. « Et je dois dire que je la partage. Hermione, est-ce que tu pourrais trouver à quoi correspondent ces marques ? Je sais où se cache une partie de la bibliothèque de Sirius, il faudrait peut-être commencer par cet endroit. »
« C'est ce que je ferai… » dit la jeune fille.
« Et que pouvons-nous faire ? » demandèrent de concert Ron et Harry.
« Ron, essaye de soutenir Harry de ton mieux, il s'inquiète un peu trop et c'est mauvais pour lui. » dit Remus qui se mit à sourire lorsque Harry fit une moue.
« Je ne suis pas une mère poule ! » s'écria le jeune garçon.
« Un peu quand même, avoue. » lui dit Ron.
« Harry et Ron, je voudrais que vous restiez chez Sirius. Aidez Hermione et prévenez-moi si vous entendez quelque chose de bizarre. Dans deux jours au soir, nous irons voir dans la chambre de Sirius. Je compte sur vous pour que le ménage soit fait et que tout soit propre pour le retour de Paddy, d'accord ? »
Ils approuvèrent et s'en retournèrent chez Sirius laissant Remus seul pour réfléchir à ce qui arrivait à son meilleur ami et dont ce dernier refusait obstinément de parler.
Dans un endroit inconnu à l'extérieurL'après-midi était bien avancée. Georges Walmes et Lucian Homerians étaient venus le féliciter dans sa loge et lui annoncer que le deuxième combat aurait lieu demain, et le combat final après demain.
Severus se reposait de son duel aérien qui l'avait fortement éprouvé. La fatigue transperçait tous ses muscles.
Il devinait Sirius au fond de sa pensée qui essayait de l'aider et qui l'encourageait.
Après quelques minutes de repos, qui passèrent bien trop vites, Severus et Rolland remontèrent sur l'arène.
Rolland avait le regard fou et ses camarades de classe l'applaudirent alors qu'il montait sur le balai.
Severus ne tarda pas à faire de même.
Rolland contra-attaqua immédiatement. La résistante inattendue de Severus l'avait pris au dépourvu. Ses professeurs l'avaient traité d'incapables et ils lui avaient comprendre qu'il avait intérêt à redresser très vite la barre sous peine que sa famille en subisse les conséquences.
Il ne fallait pas qu'il oublie que sa petite sœur était devenue un otage et qu'il pouvait lui arriver bien des choses fort peu agréables.
En pensant à elle, il s'était interdit tout sentiment autre que la haine, l'envie de tuer.
Il devait mépriser cet homme et en finir avec lui.
Rolland Dimer savait au fond de lui que son adversaire était doué, il avait même l'avantage en ce qui concerne les sorts et l'expérience.
Pourtant il savait aussi que cet homme, cet ancien Mangemort accusé d'espionnage, avait subi de longues séances de torture et qu'il avait été laissé à demi mort de faim.
Il ne devait pas lui résister comme ceci !!
C'était une victoire qu'il lui était due et il allait la prendre !
Aux grands maux les grands remèdes !
C'était l'état d'esprit dans lequel était le jeune blond pour ce combat.
Il connaissait de puissants sorts, il aurait voulu les réserver pour plus tard car cela aurait été finir avec panache mais il s'avérait qu'il n'avait plus le choix !
Ce n'était pas grave si son adversaire mourait le premier jour avait insinué quelques conseillers.
Il ne pouvait pas et il ne devait pas perdre !!
La course poursuite reprit, les deux adversaires cherchaient à en finir au plus vite. Ils économisaient leurs mouvements et leurs sorts.
Rolland savait ce que ce sort allait lui coûter en force et en énergie mais il fallait vaincre quitte à sacrifier sa santé.
Il se concentra et lança son sort : « Muto convulsionis ! » cria t-il en dirigeant sa baguette sur son ennemi.
Severus s'était attendu à une attaque mais jamais il avait entendu parler d'un tel sort. Il constata tout de suite que le sort avait un rayon d'accès qui ne lui permettrait pas de l'éviter.
« Severus ! Redresse pour en éviter au moins une partie ! » Ordonna en prenant le contrôle du balai pour filer en l'air. « Tu connais ce sort ? »
« Jamais vu, jamais entendu parler. » lui répondit le maître des potions en lançant mentalement un sort de bouclier.
Le balai de Snape s'éleva à toute vitesse vers le haut du ciel. Sirius et Severus serrèrent les dents. La vitesse, qui devait avoisiner les 500Km/h à cause d'un sort d'accélération de Sirius, les entraînait vers le ciel tellement vite qu'ils avaient froid et qu'en plus, ils sentaient tous leurs muscles trembler à cause de la tension.
Si Sirius n'avait pas été là, jamais Severus n'aurait pu mettre le turbo à ce point et en même temps lancer un sort de bouclier.
Alors qu'ils serraient les dents, ils prirent de plein fouet le sort.
Dans la maison de Sirius BlackSirius était assis par terre dans un pentacle étrange tracé avec son propre sang et éclairé aux coins par des chandelles quand l'événement se produisit.
Il se concentra pour maintenir la vitesse sur le balai et sentait ses mains engourdies par le froid. Soudain, il fut percuté par un sort qui cassa immédiatement sa concentration
Sirius poussa un cri de douleur que personne n'entendit et il s'évanouit.
Du sang coula de sa bouche et il semblait sérieusement blessé.
Personne ne l'entendit car la maison était vide. Seul le portrait de sa mère comprit que de graves évènements se produisaient mais personne ne prêtait plus attention à ces vociférations depuis longtemps.
A suivre