Bonsoir,
En ce jour un peu spécial pour moi, j'ai voulu écrire sur un fanart qui m'inspirait particulièrement. J'ai complètement envoyé valser la définition d'un drabble, on peut vraiment parler de One Shot aujourd'hui au vu du nombre de mots. Un petit cadeau d'anniversaire de moi à vous en somme^^ C'est rapidement corrigé, pas vraiment relu, désolée si des fautes vous écorchent les yeux (devrait pas y en avoir, de grosses fautes, mais qui sait).
Je pense que Luffy est un peu OOC, car sérieux, mais la situation l'excuse^^ Law aussi est peut-être OOC, bah, on ne connaît jamais vraiment nos proches, alors des personnages de manga c'est encore moins le cas, tout est possible.
le fanart est dispo dans le dossier comme d'habitude. Il est conseillé d'avoir en tête le drabble du jour 4, Shadow tu devrais être contente. On reste rating K+, mais ça devrait plaire à tous les fans du Lawlu. Je dis ça, je dis rien *part en sifflotant*.
10/04/2019 – jour 21 – écrit sur « Hallelujah » de Jeff Buckley – plus d'une heure – maximum de mots explosé (1358 mots si vous voulez tout savoir)
La promesse
« Il faisait nuit noir sur le pont du Sunny. Pas moyen d'observer les étoiles ce soir là. Pour une fois que je voyage à la surface,c'est pas de chance. M'accoudant à la lisse du navire, je laisse mon regard se perdre à l'horizon, tandis que mes pensées dérivent sur mon nouvel allié. Ca ne m'étonne pas qu'il ait récupéré aussi vite de ses traumatismes, l'aura qu'il dégage est suffisante pour que je m'imagine l'étendue de sa volonté. Se rappelle-t-il de notre échange, vieux de deux ans déjà ? Peut-être, difficile à dire avec lui. Il est tellement déconcertant, parfois je peux lire en lui comme dans un livre ouvert, et d'autres jours ce même ouvrage se retrouve écrit dans la langue du siècle oubliée. Son caractère lui-même est une énigme, car imprévisible et instinctif. C'est un gamin qui vit avec ses tripes, pas avec sa tête. J'aurais presque envie d'avancer qu'il ne sait pas réfléchir, mais j'ai bien vu lors des événements de Punk Hazard que ce n'était pas le cas. Il cache juste son intelligence sous des gamineries. Il dupe son monde grâce à son grand sourire et son air insouciant, mais il sait parfaitement ce qu'il risque quand il prend une décision. Mais ça ne marche pas avec moi, et il l'a remarqué : ce n'est pas pour rien que je lui ai proposé cette alliance. L'objectif fixé sera toujours atteint avec lui, quel que soit le plan – ou l'absence de plan. On devrait réussir à trouver une entente sur la marche à suivre à Dressrosa, même si je ne pense pas échapper à quelques sueurs froides. Je souris discrètement à la pensée que bientôt, Doflamingo tombera. J'en suis persuadé, Luffy a ce pouvoir de venir à bout de monstres tel que le mafieux. Je suis moins certain de ma survie, mais qu'importe, mon objectif sera atteint, je pourrais reposer en paix après ça.
« Hey Torao, je veux pas que tu penses que tu vas mourir bientôt, j'aime pas ça.
-Qu'est-ce que tu fais là Mugiwara-ya ?
-Je t'ai senti sur le pont, j'en profite pour prendre l'air. T'as dit ta dernière phrase tout haut, me regarde pas comme ça, j'y peux rien si tu réfléchis à voix haute.
-Je suis certain de ne pas avoir ouvert la bouche... Passons. Le but de mon existence est de détruire Doflamingo, de lui faire payer pour ses crimes. Si je meurs en l'atteignant, je n'aurais aucun regret.
-Tu mens.
-Non.
-Si, tu te mens à toi-même. Pour survivre dans ce monde, une vengeance ne peut être ta carte de survie. Il faut un objectif d'un autre genre pour arriver là où tu en es.
-Tu es bien sage ce soir, Chopper aurait-il testé un nouveau remède sur toi ? Je lui signalerais les effets secondaires au petit-déjeuner.
-Moque-toi, je sais que j'ai raison. C'est ce que dit ton cœur, j'ai pas eu besoin de réfléchir pour dire ça.
-Parce que tu parles aux organes maintenant ?
-Je ressens simplement ce genre de choses, c'est de plus en plus fort depuis mon entraînement avec Rayleigh. Cette nuit, il crie, tu sais ? Il hurle qu'il pourra enfin s'exprimer une fois ta vengeance accomplie. C'est au sujet de ta phrase de l'autre jour, non ? Quand tu disais que moi au moins j'ai toujours mes amis et mon grand-père. »
« J'acquiesce, figé par ses révélations. Décidément, ce gamin peut être le jour et la nuit. Il se rappelle de la discussion. Je ferme un instant les yeux, faisant redescendre une colère naissante, je fais taire mon égo touché-coulé. Jamais personne ne m'a percé à jour, ces quelques mots m'ont profondément ébranlé. Je réfléchis un instant, ou bien dix, j'ai perdu la notion du temps. C'est vrai que je n'aurais pas de regrets si ma vie prenait fin lors de la chute de Doflamingo, mais mon équipage me manquerait, je m'en voudrais de les laisser sans un adieu. »
« C'est qu'on se les caille ici ! Suis-moi, on va se mettre au chaud. Shishishi, décidément, c'est bizarre ce soir ! » « Son rire me tire de ma torpeur, surpris par ce brusque changement d'humeur. J'aimerais tant le trancher de mille coups de katana, et l'éparpiller en mille morceaux sur son bateau. Je suis certain qu'il trouverait ça marrant en plus... Mais je le suis, me faisant guider vers un endroit reculé du Sunny, à l'arrière. Il ouvre une petite porte et nous nous glissons dans la pièce. On dirait une cabine aménagée à la va-vite, un lit double prend presque toute la place.
« J'ai aménagé cette remise pour les nuits où je fais des cauchemars. Je sens quand ça va arriver, et j'ai pas envie de gêner tout le dortoir. J'ai besoin d'être seul quand j'en fais.
-Pourquoi je suis ici dans ce cas ?
-Par ce que.
-Parce que quoi Mugiwara-ya ?
-Je veux tenir la promesse que je t'ai faite. »
Son regard plonge dans le mien, pur et déterminé, comme l'autre fois. Ses doigts agrippent doucement la fourrure de mon sweat et me tirent à lui tandis que son autre main me fait lâcher mon nodachi. Je me laisse tomber sur le lit à ses côtés, perdu. Ma raison et mon lâcher-prise se livrent une bataille féroce à l'intérieur de mon crâne. Mon sang-froid l'a toujours emporté, toujours. Mais ce soir-là, captivé par de grands yeux chocolats, mon conflit intérieur vient de se solder par une victoire de tout ce que j'avais enfermé à double-tour depuis le jour où j'ai dit adieu à Flevance. Un immense sourire s'étale sur le visage du chapeau de paille. Comment fait-il ? Comment fait-il pour toujours voir le bon côté des choses, pour ne pas oublier sans s'apitoyer, sans haine, sans s'effondrer ? Il me renverse dos au matelas, et s'installe à califourchon sur moi. Ses mèches noires chatouillent mon front. La Lune doit d'être levée pour que je distingue son visage aussi facilement. Je sursaute au poser de sa main sur mon cœur. Sa voix douce et chantante, quoi qu'empreinte d'une certaine solennité, murmure à mon oreille »:
« Tes sentiments, tes émotions, tout ce que tu ressens, ne sont pas tes ennemis Law, tu peux en faire tes alliés. C'est avec eux que tu surmonteras l'impossible, pas avec ta tête. Je t'ai promis de t'aider, alors fais-moi confiance pour dégeler ton cœur. »
« Je pose une main sur la sienne, nos doigts s'entrelacent aussitôt. C'est comme s'ils n'avaient attendu que ça depuis nos retrouvailles. Ce gosse est un sorcier, je ne peux croire à ce qu'il se passe en ce moment. Son sérieux, mon état d'abandon, ses paroles, mes gestes. C'est impossible. Une pensée me traverse alors : il ne connaît pas le mot « impossible », il est incapable d'en comprendre le sens. Evidemment qu'avec cette conviction en tête tout est possible pour lui. A portée de main. Une douce chaleur m'enveloppe, nos corps se rapprochent. Plus besoin de mots à présent, le message est passé. Il fallait que je trouve une véritable raison de vivre,Corazon m'aurait balancé dans un mur s'il avait su que je n'avais vécu que pour venger son meurtre. J'ai choisi, ce choix s'est imposé à moi : je vivrais pour être aussi libre que l'est Luffy, tout en restant moi-même. Et si nos routes sont amenées à s'entremêlées, je ne dis pas non. Et lui non plus si j'en crois ses pupilles remplies de désir. Nos bouches s'unissent, hésitantes mais avides d'en découvrir plus. Ses lèvres glissent de ma commissure des lèvres à ma mâchoire, elles en suivent la ligne avant de lentement descendre sur mon cou. Ma main libre se perd dans ses cheveux, et j'hume avec délice leur odeur salée comme l'air marin. Les vêtements échouent par terre, nos esprits s'embrument de plaisir, nos corps bougent à l'unisson. La nuit n'est plus si silencieuse que ça je crois bien. Rendus ivres de cette union, nous nous laissons bercer par le roulis du bateau, sans nous préoccuper de quoi demain sera fait. Pour l'heure, seul compte le contact de son corps brûlant contre le mien. »
Bonne nuit et à demain, J-3!
