Bonjour, je profite de ce temps glacé où vous devez certainement être confiné chez vous à lire des fanfictions en attendant que la tempête s'arrête pour poster ce chapitre:) Ayant enfin fini mes examens, je peux consacrer plus de temps à l'écriture, donc, youpi!^^

Il y encore un petit bond dans le temps, mais rien de très choquant (seulement cinq ans). J'espère que vous apprécierez et je remercie tous ceux qui suivent avec assiduité cette histoire. Tout petit mot ou message privé est le bienvenu, je le rappelle.

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21. L'arme secrète de Bellatrix Lestrange

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Cinq ans plus tard...

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Juin 1975 – Quelque part, sur un chemin de terre, au milieu d'une lande déjà fertile depuis l'arrivée du printemps, deux femmes marchaient d'un pas régulier. Toutes deux étaient grandes, possédaient une allure aristocratique qui les dotaient d'un air supérieur, et arboraient de longues robes d'un noir conservateur, qui accompagnaient les roulis de leurs chevilles. Leur différence résidait dans leur physique ; chez l'une, le teint était vif (le sang affluait très vite vers le visage), les yeux étaient expressifs, et les cheveux formaient une masse très sombre. Chez l'autre, le teint était constamment pâle et éteint, les yeux étaient inaccessibles, et les cheveux étaient fins et clairs. Bellatrix était la beauté sauvage et sensuelle, Narcissa, la beauté mystérieuse et aristocratique.

Hansord n'était pas très loin d'elles, à un kilomètre à peine, mais les toits des maisons étaient déjà visibles ainsi que le pompeux grillage doré qui servait de coffre-fort à l'ancestrale manoir de la famille Black. Pas un seul sang-pur ne pouvait se montrer nostalgique concernant l'état actuel du village : il n'y avait plus un seul moldu. Tous avaient fui le village suite au massacre d'octobre 1972. Désormais, le lieu était encore plus refermé sur lui-même qu'auparavant, chassant tous les parasites qui n'avaient pas de sang de sorcier dans les veines. Ces transformations étaient bien évidemment apparu sous l'impulsion de Lord Voldemort qui n'avait toujours pas l'intention de cesser la guerre.

À l'approche du village, Narcissa accéléra soudainement sa démarche.

- Pourquoi est-ce que tu vas si vite, Cissy ? S'exaspéra Bellatrix en élevant sa cadence au niveau de la sienne. Et qu'est-ce que tu as de si important à dire à père ?

Sans répondre, Narcissa tapota le grillage qui s'écarta dans un grincement sonore. Un instant plus tard, elles étaient dans le vestibule, leurs capes sous le bras. C'était le nouvel elfe de leur père Cygnus qui était venu les accueillir ; les deux sœurs lui jetèrent avec impatience leurs habits d'extérieur, et il s'empressa de les réceptionner et de disparaître au deuxième étage. Ensuite, elles se rendirent dans le boudoir où Cygnus passait la majorité de son temps : ce dernier était affalé dans son fauteuil, sa canne gisant sur un pan du tapis, et il ronflait bruyamment, la bouche ouverte.

- Père, l'appela Narcissa en demeurant figée dans l'encadrement de la porte.

Plus radicale, Bellatrix s'avança jusqu'à lui en s'écriant :

- Père !

Un grognement fit trembler les mâchoires épaisses de Cygnus qui fit ballotter sa tête avant d'enfin ouvrir les yeux ; son regard vide indiqua néanmoins qu'il n'avait pas totalement émergé de son sommeil. Bellatrix l'appela alors une nouvelle fois sans lui épargner un second cri, ce qui eut pour effet de le faire violemment sursauter. En manquant de basculer de son siège par les accoudoirs, il empoigna sa canne et la fit mouliner vers Bellatrix en tonnant :

- Dehors, du vent ! Et plus vite que ça !

- Père, c'est Bella et Cissy ! L'arrêta Bellatrix en lui arrachant son « arme » des mains.

« La solitude est vraiment en train de lui faire perdre la tête », songea-t-elle alors qu'il se calmait peu à peu. Après deux minutes, Bellatrix et Narcissa étaient assises face au fauteuil de leur père qui s'empressa d'engloutir un répugnant verre de xérès dont l'odeur persistante se dispersa dans la pièce (un alcool bon marché qu'il consommait pourtant abondamment depuis peu). Puis il riva ses yeux plissés sur Narcissa en déclarant de son ton bourru :

- Dépêche-toi de parler, Cissy.

- Père... (elle parut hésiter un court instant) J'aimerais vous demander la permission d'épouser Lucius Malefoy.

Un geyser de jus de citrouille au lait tiède s'échappa de la bouche de Bellatrix qui ne fut pas loin de l'étranglement ; sa tasse explosa en mille morceaux dans ses mains. Elle contempla ensuite sa sœur avec une expression aussi horrifiée que si elle venait d'annoncer la plus funeste des nouvelles :

- Cissy... tu... tu... !

Le regard que braqua Cygnus sur elle ne l'incita pas à se taire :

- Lucius Malefoy ? Tu as bien dit Lucius Malefoy ?

Impassible, les mains croisées avec rigidité sur ses genoux, Narcissa ne lui accorda pas un seul regard ; elle était bien trop occupée à anticiper la réaction de leur père, qui demeurait jusque-là sans réaction. Son expression indolente indiquait qu'il n'avait pas toute sa lucidité et qu'il n'était clairement pas en état de s'atteler à une tâche aussi monstrueuse que l'acceptation d'un nouveau gendre.

D'ailleurs, il exécuta un geste las de la main en répondant :

- Permission accordée, Cissy.

- Père, comment pouvez-vous... ! Gronda Bellatrix en se levant.

- Toi, du balais ! Rugit-il aussi fort qu'elle en lui tirant la manche avec la poignée de sa canne. Rentre chez toi ! Je parle à ta sœur, tu n'as rien à faire là !

Furieuse d'être ainsi écartée d'une conversation aux conséquences qui risquaient d'être désastreuses, Bellatrix quitta le boudoir en se mordant les lèvres pour garder le silence. Elle martela hargneusement le sol avec ses bottines, ce qui fit trembler les murs magiques si fortement que le haut plafond du vestibule diminua. À l'entrée, l'elfe de maison salua courtoisement Bellatrix et il obtint pour seule réponse un coup de pied qui l'envoya valser jusqu'aux escaliers. Après quoi, Bellatrix attendit sur le perron en entamant une série de cent pas jusqu'à ce que sa sœur réapparaisse. Elle lui bondit aussitôt dessus en s'écriant :

- Qu'est-ce que c'est que cette histoire de mariage avec Malefoy, Cissy ? Je croyais que tu ne le fréquentais pas !

- Tais-toi, Bella, dit froidement Narcissa en descendant les marches du perron.

- Mais tu...

- Je fréquente Lucius Malefoy depuis peu, oui. Il en était au moins à sa vingtième demande en mariage et j'ai fini par céder. Il s'avère que c'est le seul homme qui pourra m'offrir une vie stable et confortable : sa famille est l'une des plus riches d'Angleterre.

« Veut-elle me faire croire qu'elle ne recherche qu'un intérêt matériel dans cette affaire ? » se demanda Bellatrix en cherchant un quelconque signe dans l'attitude de sa sœur qui pourrait appuyer ses dires. Toutefois, aucune rougeur ne vint assombrir la peau blanche de Narcissa et même son visage ne refléta aucune émotion.

En désespoir de cause, Bellatrix lâcha :

- Oui, c'est ça ! Dis plutôt que tu l'aimes, ce nul ! Ce sale noble maniéré ! Que tu roucoulais avec lui pendant tes rondes nocturnes à Poudlard ! Que tu...

- Arrête, Bella ! S'énerva Narcissa en se tournant vers elle. Je te rappelle que nous sommes aussi nobles que Lucius et je ne comprends pas tes réactions de haine féroce à chaque fois que je parle de lui, il n'a déshonoré personne, et il est l'un des sang-pur les plus correct que je connaisse ! De plus, il est lié à nous par le sang même s'il appartient à une famille étrangère à la nôtre ! (Bellatrix tressaillit à cette pensée)

Surprise par cette inhabituelle réaction excessive de la part de sa sœur, Bellatrix répliqua :

- Et alors ? Est-il le seul ? Les sorciers de pure souche sont tous nos parents éloignés, même ces bouseux de Prewett, et pourtant, je n'éprouve pour aucun d'entre eux un amour inconditionnel ! Moi, sœurette, je crois surtout que tu veux masquer tes sentiments pour Lucius par un mariage de convention !

Cette fois-ci, Narcissa rougit violemment, mais davantage de colère que d'embarras. Peu désireuse de prolonger son échange avec Bellatrix qui devenait de plus en plus volcanique, elle s'éloigna sans ajouter un mot de plus, puis transplana au tournant de la rue.

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Comme chaque jour depuis le retour de Sirius au 12 square Grimmauld, la maison menaçait de s'écrouler sous les cris virulents de Walburga – ce dernier venait d'achever sa cinquième année à Poudlard et la seule raison qui l'avait motivé à rentrer chez ses parents était d'avoir un toit pour dormir. Désormais, sa mère le haïssait cordialement, et cette haine était malheureusement réciproque depuis qu'il avait affirmé devant sa famille entière l'année dernière qu'il détestait les serpentard et qu'il n'avait aucunement l'intention de se convertir à la « secte » des sang-pur pour devenir le partisan « d'un mage noir taré ». Bien évidemment, Bellatrix n'avait guère pu laisser passer des propos aussi outrageants et avait puni son cousin comme il le méritait ; mais elle avait été consciente qu'aucune menace ne l'empêcherait de se rebeller à nouveau. Espérait-elle encore que son comportement cesse de se dégrader ? Non. Elle savait que Sirius était déjà perdu.

À l'inverse, elle avait vu depuis peu son intérêt croître pour Regulus, le jeune frère de Sirius auquel elle n'avait que jusque-là accorder quelques mots de sympathie bienveillants ; toujours éclipsé par le charisme non discutable de son aîné, c'était un adolescent effacé qui promettait pourtant d'avoir un bel avenir. Admis à serpentard lors de sa première année, il avait été gratifié de bon nombre d'éloges par ses professeurs et montrait une connivence de plus en plus accrue pour tout ce qui avait trait au sang-pur. Sa mère l'adorait. Même son père, le glacial Orion, lui accordait des cajoleries et des mots doux. Bellatrix s'était rapprochée de lui avec le temps, bien que l'attachement qu'elle avait pour lui soit loin d'égaler celui qu'elle avait pour Sirius depuis son plus jeune âge.

- … Opprobre ! Entendit Bellatrix vociférer sa tante Walburga depuis le couloir étroit du rez-de-chaussé de la maison. Opprobre et honte de la famille ! Comment oses-tu mettre tes pieds sur le sol de notre maison vêtu comme un sang-de-bourbe, sans t'être coiffé et avec ce sourire insolent ! Misérable gosse ! Je regrette vraiment de t'avoir pour fils !... Sans compter le chancre qui envahit ta chambre tout comme il te pourrit la tête de jour en jour, toutes ces misérables choses souillées que tu as collé sur nos murs !

Ce fut à cet instant précis que Bellatrix jaillit du couloir. Elle eut une vue d'ensemble sur le grand salon : son oncle Orion, presque aussi voûté sur sa chaise que son propre père devait l'être à l'heure actuelle, parcourait un hebdomadaire d'un œil imperturbable, Regulus, assis à table, lisait sagement l'énorme exemplaire des Animaux fantastiques de Norbert Dragonneau, quant à Sirius, il se tenait debout devant sa mère avec décontraction.

Du haut de ses seize ans, il paraissait plus arrogant que jamais avec son regard audacieux, sa désinvolture, et ses cheveux noirs qui se balançaient lâchement devant ses yeux. Bellatrix avait toujours su qu'il deviendrait beau, mais jamais elle n'aurait pu anticiper un tel manque de concordance entre son physique noble et son attitude générale. Il portait des habits de sang-impur absolument hideux : un espèce de gros gilet parsemé de clous et un pantalon bleu en toile.

En réponse aux réprimandes de sa mère, il dit sur un ton provocateur semblable à celui qu'employait souvent Bellatrix :

- Ces choses que je colle sur vos murs, ce sont des photos de femmes en bikini ; oui, mère, j'aime admirer le corps des jolies filles moldues ! C'est pour moi une distraction très plaisante !

La gifle brutale qu'il reçut ensuite de sa mère le laissa complètement indifférent. Par la suite, il ne fut pas épargné, puisque Regulus se joignit à Walburga. D'une insupportable voix de garçon sage au comportement exemplaire – qui exaspéra Bellatrix presque autant que le ton insolent de Sirius – il s'adressa à son frère :

- Vraiment, Sirius, je ne comprends pas comment tu peux avoir autant d'irrespect envers nos parents dans leur propre maison ; ils ont toujours tout sacrifié pour notre éducation, et toi, au lieu de les remercier, tu vas fréquenter les traîtres à leur sang et tu agis comme un parfait idiot.

- N'est-ce pas, Reg ? Répliqua Sirius avec sarcasme. Toi, tu es différent, hein ? Chouchou des parents et des professeurs, attrapeur de l'équipe de serpentard, et probablement préfet dans quelques mois !... Et mangemort dans trois ans, j'oubliais ! Tu es vraiment promis à un grand destin ! (comme pour pousser Regulus à bout, il ajouta) Il ne te manque plus que les cheveux gras et le nez crochu pour être une parfaite réplique de ton copain Servilus !

Ne pouvant rester plus longtemps spectatrice, Bellatrix se précipita vers son cousin en criant :

- Espèce de sale dépravé ! Comment oses-tu ?

- Bonjour, cousine, lui lança-t-il en esquissant un sourire amer. Pourquoi es-tu ici ? Tu ne devrais pas être en train d'exterminer des gens innocents avec Voldemort ?

- Boucle-la ! Je vais t'arracher ta langue souillée ! Je vais te l'arracher !

Elle voulut lui faire payer ses paroles à propos du Seigneur des ténèbres, mais elle ne parvint pas à dompter le physique de Sirius qui était devenu celui d'un homme. Machinalement, elle sortit donc sa baguette de sa poche jusqu'à ce que Walburga intervienne en sommant sèchement à son fils de monter dans sa chambre, ce qu'il ne fit qu'après s'être adonné à une nouvelle provocation. Il déclara sans se départir de son ironie en se tournant vers sa mère :

- Ne t'inquiète pas, mère, je ne me contente pas des filles moldues en bikini, il m'arrive aussi de trouver les filles au sang-pur distrayantes ; ou mieux que des sang-pur, mes charmantes cousines ! Regarde, voilà qui devrait te faire grandement plaisir !

Sans crier gare, il pivota en direction de Bellatrix et écrasa sa bouche contre la sienne. « Sale gamin ! » songea-t-elle en lui empoignant férocement les cheveux pour l'empêcher d'exercer la moindre domination sur elle. N'ayant guère l'habitude de se détourner des invitations au combat ou de ses adversaires, elle ne repoussa pas Sirius, mais l'attaqua en plantant ses dents dans sa lèvre inférieur pour l'obliger à la lâcher. Ce qu'il fit en lui adressant un regard hargneux. Bien évidemment, Bellatrix ne manqua pas de lui donner la même gifle violente que Walburga, ce qui le fit simplement tressaillir.

Ensuite, il s'éclipsa du salon, les mains dans les poches de son vêtement ridiculement grand. Furieuse, Bellatrix le rappela :

- Reviens ici, Sirius ! Reviens ici ou je vais personnellement venir t'égorger à mains nues !

- Ne t'occupe pas de lui, Bella ! lui dit sa tante qui tremblait autant de rage qu'elle. Il a osé faire ça à sa cousine mariée... il a osé, cet infâme enfant...

Pendant un instant, ses yeux parurent sur le point de s'extraire de ses orbites ; puis elle se calma peu à peu. Elle ajouta :

- Viens t'asseoir avec moi dans le boudoir, Bella.

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Deux heures plus tard...

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L'ARME SECRETE DE BELLATRIX LESTRANGE par Rita Skeeter

Voilà maintenant près de cinq ans que Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, qui demeure tristement craint par la majorité d'entre nous, exerce son pouvoir qui menace désormais Albus Dumbledore en personne et sème la terreur dans le monde des sorciers. Et si le mage noir est indiscutablement au centre de tous les sujets d'actualités, on ne parle malheureusement que très peu de ses fidèles partisans qui ont pour habitude de réaliser des boucheries sanguinaires à chacun de leur passage dans les villages d'Angleterre. Le plus incroyable demeure le parcours de la jeune Bellatrix Lestrange, la seule femme parmi la centaine de partisans.

Issue de l'une des plus prestigieuses familles de sorciers – la famille Black – , son destin était supposément tout tracé : un mariage précoce, un héritage colossal, et une vie de femme au foyer. Bien que le mariage se soit réalisé dans les normes (avec Rodolphus Lestrange, lui aussi dans les rangs de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom), Bellatrix Lestrange s'est engagée comme guerrière aussitôt les vœux de mariage prononcés ; on peut supposer que ce soit sa tendance marquée pour la violence, selon des sources sûres, qui l'ait poussé dans cette voie.

Le plus intrigant reste son ascension fulgurante au sein même de l'armée des mangemorts : de simple serviteur, elle est devenue soldat-en-chef à peine quelques mois après son arrivée en 1970, ses compétences en magie demeurant pourtant largement inférieures à celles des soldats sous son commandement. Il serait erroné de penser que ce sont ses incroyables capacités intellectuelles qui soient la cause de son succès, Bellatrix Lestrange étant considérée comme instable mentalement et même totalement dangereuse par ses envies de suicide. Sa beauté ténébreuse serait plus à même d'expliquer le pouvoir d'attraction qu'elle exerce sur les hommes qui l'entourent, un pouvoir qui a même touché Vous-savez-qui en personne ; cela expliquerait sa rapide montée en grade.

Par ailleurs, Bellatrix Lestrange aurait récemment fait une fausse-couche, preuve indiscutable de son infidélité envers son mari et des moyens peu prudes qu'elle utilise pour parvenir à ses fins. Au milieu du sang et des cadavres, des liaisons amoureuses se profilent chez les mangemorts, et Bellatrix Lestrange n'a pas fini de faire des victimes.

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Bellatrix empoigna l'article de La Gazette du sorcier et le jeta sur la plus grosse flamme crépitante de l'âtre de la cheminée du salon sans même prendre le temps d'examiner la photo où Skeeter esquissait un écœurant sourire mielleux et cramoisi tout en secouant ses cheveux blonds désormais courts. Bellatrix venait tout juste de regagner sa maison et avait eu la malheureuse surprise de trouver cet infâme tissu de mensonges gisant sur la table de la salle à manger ; le retournement grotesque des informations collectées fait en faveur de la reporter la stupéfiait moins que les informations elles-mêmes, que Bellatrix avait pourtant pris soin de ne divulguer à personne. Comment cette pimbêche de Skeeter avait-elle pu recueillir ces informations ?

- Je vais venir te brûler vive chez toi, Skeeter, attends un peu ! Rugit-elle, folle de rage.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?

Elle redressa la tête, et, voyant Rodolphus, elle se sentit davantage rougir de colère.

- Est-ce que tu as lu l'article de Skeeter ? Demanda-t-elle vivement.

Il hocha simplement la tête d'un geste exaspéré.

- Qui a osé... ramener cette chose jusqu'ici... Qui ? Marmonna-t-elle ensuite entre ses dents.

- J'ai déjà puni l'elfe. Elle avait apparemment laissé rentrer un visiteur ce matin qui lui a déposé le journal... Je pense qu'on devrait se débarrasser d'elle, d'ailleurs, Bella, et nous trouver un serviteur plus compétent.

Étrangement, cette fois-ci, Bellatrix n'eut nullement envie de s'en prendre à Vinny ; La Gazette du sorcier était de toute manière un journal suffisamment populaire pour se diffuser à la vitesse d'un sortilège. À l'heure actuelle, tous les sorciers du pays devaient avoir eu connaissance de « L'arme secrète de Bellatrix Lestrange ». En passant distraitement ses doigts dans la barbe mal rasée de Rodolphus, Bellatrix déclara :

- Donne-lui simplement une punition plus douloureuse. La remplacer par un elfe tout aussi stupide qu'elle serait inutile... Un duel avec moi, ça te dit ? Ajouta-t-elle. J'ai besoin de me distraire.

Cinq minutes plus tard, ils se trouvaient tous les deux face à face au sommet de la colline surplombant leur maison, leurs baguettes en mains : un défilé de lumières s'en échappèrent cependant qu'ils sautaient, tournoyaient, se courbaient, et se redressaient, presque avec grâce. Ils avaient maintes et maintes répétés les mêmes mouvements pendant les combats, mais à présent, l'esquive et l'attaque étaient devenus un jeu, une concurrence. Bellatrix songea avec jubilation que si elle usait maintenant de toutes ses connaissances en magie noire enseignées par son maître, elle serait certainement la meilleure.

- Devine un peu ! S'écria-t-elle au bout d'un moment en roulant sur le côté pour éviter une attaque de son mari. Narcissa va épouser Malefoy ! Est-ce que tu y crois ? Ma sœur avec ce... ce... !

- Ce n'est pas un si mauvais choix, répondit Rodolphus sous ses yeux écarquillés. Malefoy est différent d'avant. Et au moins, c'est un sang-pur.

- Mais je ne l'aime pas ! Et les gens que je déteste le méritent toujours !

« Cela dit, il ne mérite pas plus ma haine que Sirius », se dit-elle alors.

Au même moment, sans doute sous l'effet de la fébrilité, elle parvint à mettre Rodolphus à terre. C'est alors que quelqu'un la héla : elle tourna la tête et vit au loin trois silhouettes. Celle de Rabastan, puis celle de Narcissa... Et enfin, celle de Lucius Malefoy.