Voici un chapitre qui je l'espère répondra à vos questions, du moins à une: Que veut-elle de Castle et pourquoi elle lui fait ça!
Bonne lecture à tous.
21 : Dernière phase.
«Il marche dans la rue d'un pas pressé, il est en retard et Alexis doit l'attendre. Il l'aperçoit sur le trottoir d'en face, elle le voit et lui fait un petit signe de la main en souriant. Il lui répond et la voit s'engager sur les passages piétons pour traverser lorsqu'une voiture venue de nul part fonce droit sur elle. Il essaie de crier pour la prévenir du danger mais aucun son ne sort de sa bouche. Il veut se précipiter mais une force inconnue le cloue sur place. Avec horreur, impuissant il assiste à toute la scène. La voiture percute sa fille de plein fouet la projetant violement en l'air, elle retombe inconsciente au milieu de la chaussée. Il peut enfin bouger et court auprès d'elle, en hurlant d'appeler les secours. Mais il est déjà trop tard, il le sait, une mare de sang s'étale sous sa tête et ses beaux yeux blues fixent le ciel sans le voir»
- NOOOON !
Rick se réveille en hurlant les larmes aux yeux, totalement paniqué il se redresse brusquement et pousse un cri de douleurs cette fois. Mais cela a au moins l'avantage de lui refaire prendre pied avec la réalité.
- Un cauchemar… ce n'était qu'un affreux cauchemar, dit-il tout haut comme pour s'en convaincre.
Il attrape le devant de son t-shirt et s'en sert pour essuyer ses larmes. Lorsqu'il le lâche, il voit les traces de sang, d'abord surpris il réalise ensuite que ça doit être à cause des coups reçus. Il tâtonne doucement son visage et peut constater les dégâts. Sa lèvres inférieure est fendue et gonflée, il sent du sang séché sur sa pommette droite dû à une coupure et son œil gauche refuse de s'ouvrir entièrement ses paupières doivent, elles aussi, être tuméfiées. Il soulève à nouveau son t-shirt avec des gestes lents, car chacun de ses mouvements le fait grimacer. Son corps, tout comme ses bras d'ailleurs, est couvert d'hématomes. Il ne ressent aucune gêne en respirant, au moins il a évité les côtes fracturées. Il est aussi couvert de terre, pour résumer sa situation il dirait qu'il est dans un état pitoyable.
Il pourrait se lever pour se nettoyer, mais il n'en a pas plus la force que le courage. Son regard se perd sur les photos que son réveil brutal a éparpillées sur le lit. Il les rassemble et les place soigneusement sous l'oreiller. Subitement il est pris de tremblements et frissonne, il s'enveloppe dans la couverture du mieux qu'il peut et se met en boule, espérant ainsi se réchauffer plus vite et garder la chaleur. Inutile d'être médecin pour comprendre qu'il a froid à cause de son état mais aussi parce que la pièce où il est, même si elle n'est pas humide, est particulièrement fraîche.
Rick ne montre aucune réaction lorsqu'Ed entre dans la cellule et dépose ordinateur et plateau sur le lit. Avant de ressortir de la pièce il se retourne.
- Tu sais ce que tu dois faire, alors au boulot. Et profite bien de ton repas, tu n'auras rien d'autre jusqu'à demain.
Castle répond par un simple hochement de tête. Avec difficulté, des gestes lents et du temps, il réussit à s'assoir sur le bord du lit. Il saisit le plateau et le pose sur ses cuisses, c'est un plateau de réfectoire, avec des compartiments. Il soupire en voyant son contenu : deux tranches de bacon grillées, un morceau de pain et peut-être l'équivalent de trois cuillères de purée de pomme de terre. Ce n'est pas avec ce genre de repas qu'il va reprendre des forces et il ne doute pas un instant que cela soit intentionnel de la part de Kendra. La première bouchée a du mal à passer et lui donne la nausée, il réussit pourtant à tout manger. Rick pose le plateau au sol et fixe le robinet. Il va devoir se lever il n'a pas trop le choix puisqu'il a soif. Ce qu'il fait malgré la douleur que ça lui occasionne, cela lui demande des efforts considérables mais il y arrive, il boit et se nettoie un peu avant de retourner sur le lit.
Maintenant il va devoir écrire et pour la première fois de sa vie cela le terrifie. Et à juste titre, le bien-être de sa fille dépendant de ce qu'il va écrire. Après avoir trouvé une position pas trop pénible à supporter, il prend l'ordinateur et l'allume. Machinalement il regarde la date et l'heure «1er Avril 1971, 10h23», sa date de naissance et l'heure de naissance d'Alexis, il trouve l'humour de Kendra plus que douteux. Non sans anxiété, il se met «au travail», contrairement à ce qu'il craignait tout se passe bien et, c'est même avec étonnement qu'il voit l'alerte signalant une batterie faible s'afficher sur l'écran. Il enregistre son document et éteint l'appareil.
Comme par magie Ed fait alors son entrée, ce qui conforte Rick dans l'idée qu'ici aussi il est sous surveillance. L'homme récupère les deux objets et sort comme il est entré, sans un mot. Castle fait en sorte de faire accidentellement tomber la couverture quand il va pour s'en couvrir et tout en la ramassant, attrape une petite pierre. Puis, il s'installe face au mur le plus confortablement possible. Avec des gestes lents et mesurés il écarte un peu le matelas du mur et, le maintenant d'une main, de l'autre il gratte ce dernier avec la pierre jusqu'à y laisser un trait de quelques centimètres. Satisfait il la glisse sous l'oreiller. Même s'il n'a pas de date, il pourra au moins compter les jours, il lui suffira de faire une marque à chaque fois que l'on viendra lui apporter son repas.
Il a toujours aussi froid, alors pour oublier cet état de fait, il pense à son bébé et revit toutes ses années qu'il a passées seul avec elle, à l'élever, s'amuser et la protéger. Sans en prendre conscience il trouve refuge dans un sommeil sans rêves.
Quatre heures plus tard Ed le réveil sans ménagement, lui dit qu'il a assez dormi comme ça et qu'il doit écrire. Castle a l'impression qu'il n'a dormi que cinq minutes à peine. Il lui faut un petit moment pour émerger. Et, comme la veille, du moins pour lui, il mange et écrit jusqu'au déchargement de la batterie. Le même manège se répète, encore et encore. Pour Rick les périodes d'inactivités deviennent de plus en plus difficiles à supporter. Il met son état de fatigue permanent sur un début de déprime et il a peur de s'enfoncer un peu plus chaque jour et de sombrer dans la folie.
Vendredi, 36ème jour, 20h00.
Castle fait une autre marque et les compte, sept traits, cela fait donc sept jours qu'il est enfermé ici. Il est de plus en plus déprimé, surtout que la veille il a eu énormément de mal à se concentrer pour écrire et il a craint le pire. Il se demande combien de temps il va encore pouvoir tenir ainsi, il dort mal et se réveille souvent bien plus fatigué qu'il ne s'est endormi. Combien de temps aussi se passera-t-il avant que Kendra ne l'autorise à se laver ou à changer de vêtements ? Il se lave comme il peut mais sans savon, il se sent plus que crasseux. Heureusement Mr Muscle change le seau régulièrement, au moins c'est déjà ça, il n'a pas à supporter l'odeur de ses propres déjections. Il est persuadé que c'est une volonté de Kendra, ce manque d'hygiène étant une autre façon de l'humilier. Pourquoi s'en priverait-elle ?
Lorsqu'il s'endort ce soir-là ce n'est pas d'un sommeil naturel mais à cause des somnifères placés dans sa nourriture. Le Doc et Ed viennent le chercher, ils le lavent, lui mettent des vêtements propres et le transportent dans le labo où ils l'installent sur le fauteuil spécial. Tout ça sous la supervision de Kendra, cette dernière s'approche du fauteuil et caresse la joue de Rick. Elle regarde le Doc poser des électrodes sur les tempes et la tête de l'écrivain.
- Qu'allez-vous faire exactement ?
- Je vais le réveiller lentement, il se trouvera alors dans un état entre l'hypnose et la transe. Je vais lui envoyer une première décharge électrique et…
- Des électrochocs !
- Rassurez-vous, ça sera beaucoup moins puissant, les décharges serviront à stimuler différentes parties du cerveau, je les déclencherai à intervalle régulier. Il ira alors chercher dans son subconscient tous les souvenirs que nous lui avons implantés.
- Bien, mais vous allez vérifier que ça marche de quelle manière ?
- Juste en demandant à Richard de nous raconter «ses souvenirs» dans l'ordre chronologique que nous lui avons imposé.
- Combien de temps vont durer chaque séance ?
- Six heures, ensuite je le plongerai dans un profond sommeil pendant dix heures avant de recommencer.
- Et comment comptez-vous le nourrir ? Car il faudra bien qu'il mange.
- C'est prévu, nous le ferons manger après chaque séance.
- Je veux que vous l'ameniez dans sa première cellule pour qu'il y dorme. Assurez-vous de baisser l'intensité lumineuse au maximum, on ne sait jamais. S'il arrivait à se réveiller de lui-même je veux que vous ayez le temps d'intervenir avant qu'il ne se rendre compte où il se trouve. Et je veux qu'il reste sous surveillance constamment.
- Entendu, et si nous commencions, il est en train de se réveiller.
- Faites.
Le jeune femme va prendre place dans un fauteuil et les observe.
- Richard, vous m'entendez ?
- Oui.
- Savez-vous où vous êtes ?
- Non.
- Avez-vous peur ?
- Non.
- Très bien, j'ai besoin de votre aide Richard.
- D'accord.
- J'aimerai que vous me disiez ce que vous avez fait ces dernières semaines depuis votre journée de promotion. Vous voulez bien ?
- Oui.
Le Doc envoie une première impulsion électrique qui fait à peine grimacer Castle.
- Très bien, commençons, vous venez de quitter Paula mais vous ne rentrez pas directement chez vous. Vous récupérez d'abord votre costume au pressing puis vous vous rendez dans une bijouterie, exacte ?
- Oui.
- Vous pouvez me dire pourquoi ?
- Je viens chercher un bracelet que j'ai fait faire pour la femme que j'aime. Je veux lui offrir à la fin de notre dîner au dessert. Je suis anxieux, j'espère qu'elle aimera.
- Et où avez-vous rencontré cette jeune femme ?
- A un Gala de charité, une collecte de fonds pour un orphelinat, organisé par Bob.
- Bob, le Maire ? Robert Weldon ?
- Oui.
- Et comment s'appelle-t-elle ?
- Kendra.
Lorsqu'elle entend son prénom prononcé avec tant d'amour par Castle, Kendra ne peut retenir ses larmes.
