Back from the grave...
Dans une cave noire et obscure cachée au pied d'un escalier sombre (mais si vous savez, la petite pièce au faond à droite - non, pas les toilettes!) une faible lueur sourd par l'interstice sous la porte. La, une petite silhouette voutée marmonne en tapant à toute vitesse sur un clavier. Il faut s'approcher bien prè pour comprendre quelques paroles dans ce flot de borborygmes. "je dois finir, je dois finir, ".
Bon, en gros ça c'était moi.
Je suis infiniment désolée pour le léger (hum, hum) retard de publication. Quand on y pense, deux mois ce n'est ps si long... naaaaaaaaaaaaan ! ne me taper pas. C'est que je viens d'intergrer le BTP, et il y a des habitudes qui se prennent vite.
OK, excuse pourrie.
Plus sérieusement, pour la première fois j'ai lamentablement séché sur la rédaction. Du genre grosse sèche. Sahara, au moins. je me trouvais devant mon petit écran et la rien. Donc j'ai relu au moins quatorze fois la fic entière en me disant que ça me lancerait mais rien. Que dalle. peaux de nab. J'ai donc avancé par micro bout. une ou deux phrase par-ci, par là. Et cette semaine j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J'ai répondu à plein de reviews que je postai cette semaine, donc j'était bien obligée de le faire. résultat : je viens de passer deux heures à taper comme une malade, mon clavier fume, mon écran clignote, mon chat miaule, et je mange des cookies. Euh... je crois que ça ne veux rien dire tout ça, mais bon, tant pis. Toujours est-il que je décline toute résponsabilité dans le retard de cette fic.
C'est la faute des peronnages qui ont refusé de me raconter ce qui leur est arrivé. Comment ça elle n'est pas recevable cette excuse ? Euh... bon, ok. J'avais piscine ça marche ?
Bon, je vous laisse lire le chapitre, le temps que je trouve une excuse crédible.
Bonne lecture
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
Les
petits elfes de maison avaient rassemblé au milieu du
vestibule les dizaines de boîtes, cartons et sacs contenant le
matériel nécessaire à l'organisation d'un
mariage répondant aux critères de Narcissa. Celle-ci
procédait à une ultime vérification avant que
les créatures transbahutent le tout au château dès
le lendemain matin. Une fois de plus, la vieille bâtisse allait
abriter les épousailles d'un Malfoy – même si cette
fois-ci la tradition n'allait pas être exactement respectée :
Draco était déjà marié et l'assistance
serait à moitié moldue.
Lucius
avait transplané la veille pour le Wiltshire, arguant qu'il
devait raisonner les amures et tableaux afin qu'ils se comportent
de la manière la plus moldue possible pendant une petite
semaine. Mais Narcissa savait bien pourquoi il tenait tant à
être seul : Il devrait pendant ces quelques heures
expliquer à son père ce qui s'était passé
et le convaincre de rester tranquille.
La
sorcière soupira ; son mari allait avoir du pain sur la
planche.
Lucius
déambulait le long de l'immense Chambre des Glaces du vieux
château de ses ancêtres. Tant de souvenirs étaient
liés à cet endroit. Et pas que des bons. D'accord,
c'était ici qu'il s'était uni à Narcissa
après avoir fait des pieds et des mains pour pouvoir
l'épouser, mais c'est également ici qu'il passait
ses vacances lorsque enfant son père voulait le soustraire à
l'influence « pernicieuse » de sa mère.
Curieusement,
il n'avait pas pensé à elle depuis des siècles.
Il faut dire qu'elle n'avait pas vraiment été une
figure marquante dans son existence. Seconde épouse de son
père, elle avait vécu dans son ombre. C'était
une petite femme effacée, qui aurait pu mourir d'une crise
cardiaque à la vue d'une souris. Lucius l'avait toujours
vue céder tout et n'importe quoi à son mari. Y
compris son fils unique. Au fond, elle n'avait jamais eu pour le
vieil homme plus d'importance que les bibelots qui encombraient son
boudoir. Son unique devoir était de concevoir un héritier ;
ceci fait, elle ne servait plus à rien. Etrange conception du
rôle d'une épouse que celle d'Abraxas Malfoy.
Conception qui l'avait toujours empêché de comprendre
le lien entre son fils et Narcissa.
Encore
quelques pas, et le sorcier entra dans une petite pièce
obscure. D'un pas assuré, il se dirigea vers les lourdes
tentures qui masquaient les fenêtres et les tira, laissant
entrer le soleil hivernal. Il se tourna et marcha vers un mur occupé
par un unique tableau, ses pas claquant sur le parquet ciré.
Il s'arrêta devant le cadre masqué d'une toile
sombre et, levant une main un peu tremblante, le découvrit.
Une
jeune femme à la sombre beauté méditerranéenne
occupait le cadre. Ses longs cheveux d'un noir de jais descendaient
sur son sein gauche en une lourde tresse piquée de perles. Son
petit visage rond avait quelque chose d'enfantin, comme si elle
n'était jamais vraiment passée à l'âge
adulte. Ses lèvres, petit bouton de rose, étaient
étirées en un sourire mystérieux et ses grands
yeux en amandes étaient clos, voilant des rêves connus
d'elle seule.
-
Bonjour, Mère, dit-il doucement à la femme endormie
dans un profond fauteuil.
Romana
ouvrit les yeux, battit des paupières pour en chasser le
sommeil et se redressant posa son doux regard d'onyx sur son fils.
-
Bonjour, mon ange. Il y a longtemps qui tu n'étais venu me
voir ici.
Ici.
Elle voulait dire dans cette petite pièce où, étant
la seule occupante picturale, elle était seule dépositaire
des secrets qu'on voulait bien lui confier. Elle voulait dire à
l'abri d'Abraxas. Au moins dans la mort, elle avait pu trouver un
havre loin de lui.
-
Pardonnez ma négligence, Mère. Je n'ai pas toujours
été le plus parfait des fils, je le sais bien.
Le
portait lui adressa un autre de ses doux sourires dont il semblait si
prodigue.
- Ne te
mets pas martel en tête, mon ange. Tu as déjà
payé ta dette en étant plus clément avec ton
fils que ne l'a été ton père avec toi. Comment
se porte Draco ? Son nom résonne dans les galeries du
château presque aussi souvent que lors des grands procès
de ton temps. Mais les autres portrais ne me parlent pas souvent et
je ne sais s'il va bien ou mal.
- Il
est en aussi bonne santé que possible. Si son nom revient si
souvent, c'est que nous avons frôlé le scandale une
fois de plus.
- Oui ?
L'encouragea le portrait.
- Il a…
épousé une fille de moldue, répondit le sorcier,
très vite comme on avale une potion amère.
Il vit
sa mère pâlir sensiblement sous la couche de fixateur
qui recouvrait la toile.
- Une
sang de bourbe ? Mais comment ? Pourquoi ? Il n'y a
pas eu de mariage au château depuis le tien, ce ne peut être
vrai. Je refuse de le croire.
- La
cérémonie a eut lieu à Poudlard en juillet
dernier. Et il confirmera ses vœux ici même dans quelques
jours.
Le
regard que Romana braqua sur son fils n'avait plus rien d'affable
ou de doux lorsqu'elle lui posa la question suivante.
- As-tu
l'intention de remplir ton devoir, Fils ?
Lucius
regarda sa mère avec surprise. Mais où était
donc passée la petite chose fragile qu'elle avait toujours
été ? Jamais il ne lui avait entendu ce ton
incisif, inquisiteur. Et c'est quelque peu déstabilisé
par l'idée que sa mère ait pu ne pas être celle
qu'il avait toujours cru qu'il répondit en un souffle :
- Non.
Jamais je ne pourrai.
Le
portrait se détendit et reprit son expression douce et
mélancolique.
- Tu
vaux mieux que ton père, Lucius. Et plus que je ne le croyais.
C'est
avec un sourire un peu triste que le sorcier remit en place le drap
qui protégeait le portrait de sa mère et sortit de la
chambre.
Il gardait une impression étrange de cette entrevue. Lucius n'avait jamais passé beaucoup de temps avec sa mère, celle-ci étant morte l'année de ses sept ans. Personne n'avait jamais su de quoi exactement. Selon Abraxas, elle avait succombé à un accès de mélancolie. Jolie façon de ne pas répondre à la question d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi sa mère l'a quitté. Plus de quarante ans plus tard, Lucius soupçonnait toujours son père d'être bien plus impliqué dans ce décès qu'il n'avait bien voulu l'avouer. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'il aurait fait disparaître une épouse incommodante. Lucius savait bien que lui-même ne devait la vie qu'à la folie de son père. En parlant de lui, il était temps d'entamer la partie la moins agréable de cette visite.
Il se
rendit dans l'ancien bureau de son père. Une pièce de
plus où il ne mettait jamais les pieds en général.
En passant la porte il ressentit le frisson habituel qui le
saisissait dès qu'il entrait sur le territoire de son père.
Autant son propre bureau au manoir dégageait une impression de
chaleur et de confort, autant celui de son père n'inspirait
qu'austérité et rigueur. Deux notions chères à
Abraxas. A peine eut-il fait deux pas dans la pièce que le
portrait de son père qui trônait derrière le
bureau l'apostropha.
-
Six mois, Lucius. Je pensais qu'il te faudrait moins de temps pour
réaliser l'inanité de tes efforts.
Surpris,
le sorcier s'arrêta. Il n'avait pas envisagé que son
père puisse être déjà au courant des
aventures de Draco. Voilà qui risquait de compliquer un peu
cet entretien. Quoique à bien y penser, pas vraiment.
Expliquer à l'homme qui lui avait tout appris sur tout, ou
presque, que le dernier descendant de la très grande et très
noble famille Malfoy avait épousé l'une de ces moins
que rien de sang de bourbe ne pouvait de toute façon pas être
simple.
Lucius
pris discrètement une grande inspiration et se décida à
affronter son père.
-
Bonjour, Père. Je vous présente mes respects.
-
Tes respects ! Fi, donc ! Si tu me respectais à
moitié autant que tu ne veux me le faire accroire, cette
vermine issue de tes reins serait déjà passée de
vie à trépas et rayée des registres.
-
Plait-il ?
-
Ne te fait pas plus bête que tu ne l'es. J'ose espérer
que tu viens m'annoncer que ce traître à son sang est
mort et enterré. Nous le pleurerons comme il se doit, bien
sur. Puis tu te remarieras. Ton prochain fils, si tu suis cette fois
mes conseils au lieu de le confier à sa mère, sera
attaché à nos valeurs.
Lucius
retint un soupir agacé et mâcha les mots qu'il allait
dire. Avec son père, une phrase irréfléchie
pouvait avoir des conséquences plus que fâcheuses.
L'avantage d'être mort, disait-on est que l'on ne change
plus. Dans le cas d'Abraxas Malfoy, il s'agissait plutôt là
d'un atroce désavantage. Pour son entourage surtout.
-
Pour être franc, Père, je n'ai nulle intention
d'occire mon fils, ni de remplacer sa mère.
Abraxas
leva bien haut ses sourcils à la courbe parfaite devant cette
apparente rébellion filiale. D'un geste agacé, il
repoussa l'une de ses longues mèches blanches derrière
son épaule et se redressa dans le profond fauteuil de cuir qui
prenait bien la moitié de la toile à lui tout seul.
-
Alors je suppose que la sang de bourbe est morte. N'est-ce pas,
Lucius ?
-
Non.
La
colère envahie le visage du vieillard comme un raz-de-marée.
Lucius vit distinctement la rougeur envahir les joues, puis les
oreilles et enfin le front de son père. Il reconnut
immédiatement le battement du petit muscle qui faisait l'angle
de la mâchoire. Lorsqu'il était enfant et voyait son
père dans cet état, il courait se cacher dans le
boudoir de sa mère. Avant de comprendre qu'en demandant à
la pauvre femme de le protéger, il la condamnait à
subir la rage de son époux. Avec le temps il avait appris à
faire front, ou plus exactement à subir. Surtout après
que Romana fut morte un soir de colère paternelle. Mais ce
temps était depuis longtemps révolu. Et pour la
deuxième fois de sa vie, il allait sciemment à
l'encontre de l'avis d'Abraxas.
-
Je ne vous suivrais pas, Père. Notre famille marche résolument
vers des temps nouveaux et il faut maintenant de laisser ces
antiques coutumes derrière nous. Je ne tuerai pas mon fils,
tout comme je ne tuerai pas ma femme pour la remplacer et je
n'engendrerai pas d'autre héritier. Je suis venu
aujourd'hui vous informer que Draco confirmera sous peu ses vœux
matrimoniaux dans ce château qui m'a vu naître. Je suis
certain qu'avoir votre bénédiction lui aurait plût,
mais votre position étant immuable il s'en passera fort
bien.
-
Comment oses-tu ? Me parler ainsi. A moi qui t'ai élevé
et nourri. A moi à qui tu dois tout ! Jusqu'à ta
propre existence. Par l'Ancien qu'ai-je fait pour que ma
descendance se révèle si corrompue ?
Pardonnez-moi, mes pères. J'ai failli à ma mission et
n'ai su transmettre nos valeurs éternelles. Ne fussé-je
déjà mort, je m'eut sacrifié en l'instant
pour expier ma faute.
-
Cessez vos simagrées, Père.
-
Je t'interdis de me donner ce nom ! Je ne suis plus ton père,
tout comme tu n'es plus mon fils. Jamais mon fils n'aurait adopté
ses vues contre nature.
-
Je suis aujourd'hui votre fils plus que jamais. Après tout,
mon frère lui aussi avait osé s'élever contre
vos préceptes. Qui d'autre nous aurait transmis ce trait
commun si ce n'est vous ?
A
ces mots, Abraxas qui semblait jusqu'à présent
bouillir de colère devint d'un calme glacial. Il braque ses
magnifiques yeux bleus que le temps n'avait pas corrompus sur son
fils et :
-
Que sait-tu de ton frère ? Tu n'as pas de frère,
Lucius. Tu es fils unique.
-
Comme c'est pratique, n'est-ce pas ? Et quel dommage que
vous ne soyez plus de ce monde pour nous éliminer ma
descendance et moi comme vous avez tué mon frère et
« corrigé votre faute».
Le
vieillard lança à son fils un regard de pure haine.
-
J'aurai du te faire disparaître quand tu as refusé
d'épouser Bellatrix. Tu voulus me faire croire qu'elle
était mentalement instable mais je sais, moi, la vérité.
Tu étais bêtement épris de sa sœur. Que n'as-tu
été admis à Poufsoufle, toi qui reste si
sentimental. Nous ne sommes pas sur cette terre pour satisfaire nos
caprices, Lucius.
-
Je connais cette leçon par cœur, Père : « Nous
ne sommes ici bas que pour perpétuer notre noble lignée
et la préserver de la soue ». Je n'y crois pas.
Je n'y ai jamais cru. Je n'aime pas Hermione, mais sa vie étant
garante du bonheur de mon fils je ne la tuerai pas.
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Quand
Hermione ouvrit les yeux, la première chose qu'elle se
demanda fut pourquoi la courtepointe avait changé de couleur
pendant la nuit, avant de se rappeler qu'elle n'était pas
au manoir. Draco et elle avait rejoint Lucius la veille au soir après
qu'ils eurent finit leurs propres préparatifs.
Chose
amusante Narcissa qui les accompagnait semblait surexcitée à
l'idée de la cérémonie à venir malgré
les tentatives de Draco pour la calmer en lui répétant
que de toute façon, Hermione et lui était déjà
mariés, que la moitié au moins de l'assemblée
était au courant et qu'il ne comprenait pas la cause de
toute cette agitation. Invariablement, elle lui répondait par
un grand sourire avant de l'embrasser sur la joue, si bien que le
jeune homme avait finit par laisser tomber.
Un
bras vint se glisser sur la taille de la future (re)mariée.
Elle se tourna vers son propriétaire qui chose curieuse ne
s'était pas levé à point d'heure pour aller
crapahuter dans la pampa.
-
Bonjour Draco. Bien dormi ?
-
Huuumf.
-
A ce point ? Se moqua la jeune femme devant les tentatives
infructueuses de son époux pour prononcer une parole
articulée.
-
Ne commence pas à m'embêter alors que je ne suis même
pas levé, s'il te plaît, marmonna-t-il entre deux
bâillements.
Puis
il attira Hermione plus près de lui et se blotti de nouveau au
creux du lit bien chaud. Elle profita un peu de ce contact avant de
recommencer à charrier son blondinet.
-
Et pourrais-je savoir pourquoi n'es-tu pas allé entretenir
ce corps d'athlète, ce matin ? Je te préviens,
si tu deviens gros et mou je ne t'épouse pas.
Draco
rouvrit un œil.
-
Je croyais que ça te ferai plaisir que je reste avec toi, mais
puisque ce n'est pas le cas je m'en vais.
Il
s'étira et repoussa les couvertures avant de les rabattre
rapidement sur sa poitrine.
-
Plus tard, ajouta-t-il avec un frisson.
Il
avait juste oublié que le Château étant beaucoup
moins utilisé que le Manoir, ses chambres étaient
beaucoup plus humides, malgré les feux de bois allumé
dans les cheminées depuis l'arrivée de son père.
Trente heures ne suffisaient pas à effacer une grosse
vingtaine d'année de désertion.
Draco
fit mine de s'étirer, fallacieux prétexte pour se
serrer contre le corps chaud de sa compagne. Bien sur, celle-ci ne
fut pas dupe une minute de ses simagrées, mais fit comme si.
-
Y a t-il un programme de prévu pour aujourd'hui ?
-
Malheureusement oui. Mais rien d'urgent donc on va sagement
attendre que la chambre dégèle avant de se lever. De
toute façon, il n'est que 6h30.
-
Hein ? Mais je ne me réveille jamais aussi tôt
d'habitude !
-
Ne t'en fait pas, répondit Draco avec un sourire étrange,
personne ne dort jamais bien tard ici.
Voyant
que la jeune femme allait lui poser plus de questions, il se dépêcha
de détourner son attention sur la cérémonie qui
approchait et ses parents qu'il faudrait aller chercher dans la
soirée. Ils avaient prévu de transplaner directement
chez les Granger avant de rentrer au château par le même
transport juste avant le dîner.
Une
heure au moins avait passé lorsque Draco décréta
qu'il était grand temps de se lever.
-
Et on peut connaître ce programme super important de la
journée ? Demanda Hermione en attrapant la robe de
chambre posée sur le valet chauffant près de sa tête
de lit.
-
Aujourd'hui je te présente à la très noble
famille Malfoy.
La
jeune femme jeta à son époux un regard interdit.
-
Oh.
On
ne pouvait pas dire qu'Hermione mourrait d'impatience de
rencontrer les Ancêtres Malfoy au grand complet. Devoir passer
des heures à fréquenter une bande de bigots
collets-montés qui lui expliquerait en long en large et en
travers à quel point son existence déshonorait les
mille générations à venir était
relativement éloigné de sa conception d'une journée
idéale. A ce demander pourquoi elle avait accepté de se
livrer à cette pantalonnade.
Juste
après le petit-déjeuner, sur les conseils de Draco,
elle monta enfiler l'une des nouvelles robes que Narcissa lui avait
fait faire. Une demi-heure plus tard, elle attendait fébrilement
que Draco ouvre la porte menant à la galerie où trônait
les portraits de dizaines de générations de Malfoy.
Après
avoir vérifié qu'Hermione ne mourrait pas d'une
crise cardiaque dans les dix minutes, Draco lui prit la main et la
pressa gentiment. Il ne comprendrait décidément jamais
comment une personne aussi nerveuse avait réussi avec brios
tous ses examens, mais bon… Un dernier sourire d'encouragement et
il ouvrit enfin la porte.
Devant
eux s'étendait un couloir dont l'extrémité
semblait se perdre à l'autre bout du monde. Hermione eut
l'impression qu'il s'étirait sur des miles et des miles.
De toute évidence il était beaucoup plus long que le
château lui-même. La jeune femme compris alors pourquoi
son mari avait prévu une journée entière pour
ces présentations.Le
jeune couple fit quelques pas et s'arrêta devant le premier
tableau. Il représentait un homme d'âge moyen, très
brun vêtu d'une sorte de toge blanche, liserée de
motifs géométriques bleus. Il salua Draco dans une
langue qu'Hermione ne comprit pas et celui-ci lui répondit
de même. Puis les deux hommes se tournèrent vers elle et
continuèrent en anglais.
-
Douce Hermione, permets-moi de te présenter le premier de ma
lignée, Polybos.
-
C'est un plaisir d'accueillir dans ma maison une dame d'une si
parfaite beauté. Puisse Héra te prêter vie et
force. Quand tes reins seront lourds de notre éternité,
qu'Elle te soutienne jusqu'à la délivrance.
La
jeune sorcière s'inclina et remercia Polybos de son accueil.
Mais dans son fort intérieur, elle ne manqua pas de noter que
l'Ancien était fidèle à la réputation
des grecs de l'antiquité : misogyne et macho au
possible. Pour lui elle n'était rien de plus que le
réceptacle destiné à porter la génération
suivante. Une chambre d'incubation en somme. Charmant. Elle décida
de ne pas trop s'attarder sur la psychologie d'un homme mort
depuis plus de deux mille ans et se retourna avec son époux
vers le tableau faisant face à Polybos. Il s'agissait cette
fois d'une minuscule petite femme. Elle n'avait pas dû
mesurer plus d'un mètre cinquante de son vivant, mais malgré
sa petite taille elle était d'une beauté parfaite :
de grands yeux noirs, une opulente chevelure couleur châtaigne,
une bouche aux lèvres pulpeuse, tout se combinait pour créer
le plus beau visage qu'Hermione eut jamais vu. Même Narcissa
passait pour à peine jolie face à une telle
concurrence.
-
Et voici Eurykléia, l'épouse de Polybos. Déclara
fièrement Draco. Si ça peut te rassurer, ajouta-t-il en
voyant l'impression que son aïeule faisait sur sa femme, elle
est morte à plus de soixante ans et ne ressemblait plus
vraiment à ça sur la fin.
-
Je vois mon très cher petit que toi en revanche ne change pas
en vieillissant : tu es toujours aussi goujat, répondit
Eurykléia avec un petit rire. Aurais-tu préféré
que je présente pour l'éternité mon visage
fané à mon Maître ?
-
Son Maître ? S'étonna Hermione ?
Le
jeune sorcier eut l'air étonné de sa surprise.
-
Ne sais-tu donc pas que dans la Grèce antique les femmes
valaient à peine plus que des objets ? Eurykléia
avait un statut spécial par sa beauté, mais elle était
une exception.
-
Bienvenue à toi Hermione, je ne peux que te renouveler les
souhaits de mon Polybos.
-
Merci, madame.
Le
jeune couple avança un peu et s'arrêta à
nouveau.
-
Voici Pénélopéia, la fille de Polybos et
Eurykléia, et en face d'elle son époux Médon.
Nouvelles
salutations et souhaits de bonnes choses, nouveau remerciements.
Draco avança ensuite jusqu'au couple suivant.
-
Eumaios, fils de Médon, voici ma promise.
-
Je te renouvelle les souhaits de mes pères, douce Hermione.
Eumaios
sembla sur le point d'ajouter quelques choses mais s'interrompit.
Voyant que la jeune sorcière attendait poliment de savoir s'il
avait terminé ou non de parler, il se mit à rire.
-
Tu as l'œil attentif, douce Hermione, mais je ne veux te retenir
pour l'instant. Tu as plus de 23 siècles à
rencontrer, nous bavarderons une autre fois.
Hermione
sentit Draco lui serrer un peu plus la main tandis qu'il se
penchait vers elle pour lui murmurer à l'oreille :
-
Méfies-toi d'Eumaios. Il adore les jolies femmes et ne se
prive pas de conter fleurette. Si tu cèdes à son
invitation, il te faudra au moins une journée entière
pour te débarrasser de lui.
Ce
fut au tour de la jeune femme de rire tandis qu'il avançait
encore un peu dans l'interminable couloir.
Il leur fallut plus d'une heure pour quitter la Grèce antique puis une autre demi-heure pour se débarrasser de la Rome antique, après un petit crochet d'une dizaine de minute par l'Egypte, l'un des ancêtres ayant préféré s'installer à Alexandrie plutôt qu'à Rome. Vers midi ils abordèrent le haut Moyen-Âge par l'Est. Sextus Furius Magnus avait fuit l'Empire romain en pleine décadence et gagné la Germanie où il avait pu en toute quiétude continuer à adorer les Dieux de ses pères au lieu de se convertir à cette nouvelle religion étrange, le christianisme.
La
lignée ininterrompue des Malfoy - même s'ils ne
portaient pas encore ce nom – se résumait à une
longue succession de visages plus ou moins beaux aux atours
changeant selon les lieux et les époques. Hermione faisait de
son mieux pour rester courtoise avec tous, même si passée
la première heure elle commençait à s'ennuyer
ferme. Mais en passant devant un autre portrait, elle sursauta.
-
Voici Gorblek. Il a épousé Bùrja, fille unique
d'Ulrich.
La
jeune sorcière tenta de reprendre contenance avant de prendre
la parole.
-
Euh… Draco. Je me trompe peut-être – bien que ce soit fort
improbable – mais il me semble que tu me montre là… le
portrait d'un gobelin.
Son
mari n'eut pas le temps de répondre, coupé qu'il
fut dans son élan par Gorblek.
-
Vous faites preuve, mon enfant, d'un esprit de déduction
absolument étourdissant. Puis-je savoir sur quels faits vous
assoyez une telle conclusion ?
-
Et bien… sur le fait que vous êtes… un gobelin.
L'air
plutôt perturbé d'Hermione n'échappa pas à
Draco qui ne put s'empêcher d'éclater de rire.
Voyant qu'il se moquait d'elle, la jeune femme éclata :
-
Quand je pense que tu passe ton temps à te vanter de ton sang
pur alors que tu as un ancêtre gobelin !
-
Que voilà une vilaine réaction pour une personne se
vantant de ne pas avoir de préjugés !
-
Je n'ai pas de préjugé. Je remarque simplement que tu
es un menteur de première et que tu n'as pas le sang aussi
pur que tu veux le faire croire.
-
Je t'ai toujours dis que je n'avais pas de moldus dans mon
ascendance, Trésor. Il ne me semble pas avoir émis une
quelconque remarque sur les autres… possibilités.
Hermione
fut estomaquée par autant d'aplomb.
-
Tu fais preuve d'une mauvaise foi incroyable, Draco.
-
Je fais de mon mieux. Maintenant, si tu es remise, nous pourrions
reprendre cette visite ?
-
Hum.
Elle
allait reprendre leur longue traversée du couloir mais
s'interrompit avant d'avoir atteint le tableau suivant.
-
Mais pourquoi un gobelin ?
-
Deux raisons, répondit Draco en la prenant par la main pour la
faire avancer. Ma famille était fauchée et lui pas ;
ma famille était noble et lui pas. Il a donc épousé
une sorcière qui lui apportait un statut social élevé
en échange du renflouage des caisses familiales. Caisses qui
ne se sont plus jamais retrouvées à sec depuis. En plus
de ses sous, il a aussi transmis une grande aptitude magique et un
don inné pour la finance – soigneusement entretenu par des
cours de comptabilité dès le plus jeune âge.
-
Et un physique pour le moins particulier, souffla la jeune femme.
Le
jeune couple se trouvait devant le premier des surgeons gobelinoïdes
et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'avait pas du
passer inaperçu dans une foule. Si les Malfoy – qui ne
portaient d'ailleurs toujours pas encore nom – étaient
jusque là dans une moyenne honorable quant à la beauté
plastique, leurs descendants étaient d'une laideur à
peine avouable. Hermione eut une pensée pour les pauvres
épouses de ses créatures qui avaient sans doute été
forcée par leurs parents à ce mariage en échange
d'un rang.
Il
avait fallu cinq générations à la famille pour
retrouver un aspect à peu près normal, ou pour le moins
totalement humain. D'un seul coup elle avait perdu la plupart des
traits propres aux gobelins, comme les oreilles un peu trop pointues
ou les dents cruelles. Et la cause de ce changement se tenait devant
Hermione.
Ce
n'était pas la première fois qu'elle voyait une
telle créature, même si cette espèce n'habitait
pas en Angleterre. Lorsqu'elle en avait vu de loin, elle avait
deviné leur infinie beauté et leur pouvoir de séduction
sans le percevoir tout à fait. Puis elle avait en de nombreuse
reprise côtoyé des hybrides de cette race en les
personnes de Fleur et Gabrielle. Mais rien ne l'avait préparée
à la créature qui se pavanait dans un cadre en face
d'elle.
-
Voici Millanka, déclara Draco avec un doux sourire. La plus
belle vélane qui a jamais foulé cette terre. Du moins
c'est ce que dit la légende.
-
Elle est…
-
Epoustouflante, termina le tableau.
-
Imbue d'elle-même, capricieuse, égoïste et
totalement amorale, termina son descendant.
Millanka
eut un petit haussement d'épaule, comme si ses accusations
ne la concernaient pas. A vrai dire elle avait même l'air
totalement indifférent à Hermione : elle s'était
contenté de lui jeter un petit coup d'œil et réservait
maintenant son attention à Draco.
-
Compte-tu vraiment l'épouser, mon Draco ? Elle n'est
pas ce que l'on peut appeler ton égale.
Hermione
ne comprenait pas pourquoi son époux paraissait si mal à
l'aise devant la vélane. Il évitait son regard et
répondait de manière très sèche aux
questions qu'elle lui posait. Il fallut une bonne minute à
la jeune femme pour se rendre compte que la créature faisait
de son mieux pour le séduire. Se souvenant de la réaction
de Ron et Harry devant les mascottes bulgares en 1994, elle ne
tergiversa pas et interrompant la scène poussa son mari
jusqu'au tableau suivant.
-
Mais je rêve ! C'est quoi cette créature ?
-
Je te l'ai dis : une vélane.
-
Merci j'avais remarqué. Je voulais dire « Comment
ose-t-elle user de son pouvoir sur toi ? » ne
sait-elle donc pas que tu es son descendant ?
Draco
eut un petit rire désabusé.
-
« Dix siècles nous séparent, Trésor.
Pour elle je ne suis qu'un homme particulièrement bien fait
qui a l'audace de ne pas tomber sous son charme au premier coup
d'œil. » Puis voyant l'expression dubitative de sa
femme il ajouta « Mais pour moi elle est une ancêtre,
au même titre que ma grand-mère. Même si ça
ne m'empêche pas d'avoir énormément de mal à
échapper seul à son emprise. »
-
Mouais. C'est une sale perverse et puis c'est tout.
Il
leur fallut un quart d'heure et un demi siècle
supplémentaires pour voir apparaître le premier Malfoy à
proprement parler. Il s'agissait d'un saxon qui avait épousé
la fille d'un normand. Lors de la conquête de la
Grande-Bretagne par les troupes de Guillaume, il avait préféré
se battre contre les siens dès qu'il avait sentit le vent
tourner ; ce qui lui avait valut les honneurs du nouveau chef du
pays. Mais sa réputation de traître ne l'avait jamais
quitté, d'où le patronyme qu'il avait légué
à ses descendants.
Ce
n'est que vers la fin du XIIème siècle que la famille
s'était établie dans le comté de Wilt, qu'elle
occupait toujours. Ses membres, pour autant qu'Hermione put en
juger, avaient toujours occupé des places importantes et
prestigieuses, mais jamais ostentatoires. Il semblait aussi que
l'appartenance au conseil administratif de Poudlard fut une autre
tradition : Dès la disparition du conseil original formé
par les fondateurs, il y avait toujours eut un Malfoy parmi les
dirigeants de l'école, comme ne manquaient pas de le
préciser les petites plaques de cuivre fixées sous les
tableaux.
Alors
qu'ils passaient devant les cinq générations du
XVIème siécle, Hermione se fit la curieuse réflexion
que non, la blondeur des Malfoy n'était pas aussi ancestrale
que leur fortune et leur nom. Il lui avait pourtant semblé que
ces trois éléments, clé de voûte de
l'identité malfoyienne, étaient indissociables. Elle
ne put s'empêcher de faire part de ses réflexions à
son cher et tendre qui lui répondit par l'un de ses
horripilants sourires en coin.
-
Attends encore un siècle.
Effectivement
un siècle plus tard – du moins c'est ce qu'il lui sembla
car elle commençait à trouver vraiment pénible
cette succession sans fin de visage de moins en moins sympathique –
elle put constater que les Malfoy étaient devenus blonds.
Tous. Platine. Et la responsable de cette blondeur congénitale
se tenait fièrement devant elle, parfaitement droite dans son
cadre.
-
Et voici, Ludmilla.
-
Encore une vélane ?
-
Je vous assure que c'est le seul trait que je partage avec
Millanka.
-
Comment savez-vous que je faisais référence à
elle ? Demanda Hermione, étonnée par la sagacité
de son interlocutrice.
-
Aisée est cette énigme : elle est la seule vélane
au monde à pouvoir provoquer un tel dégoût de
notre espèce en moins de cinq minutes. Il est plaisant de voir
un peu de diversité par ici. Bienvenue à toi, Fille de
moldus.
La
jeune femme fut quelque peu désarçonnée par le
franc parler de Ludmilla. Elle ne s'attendait pas à cela de
la part d'une femme – façon de parler – qui avait
probablement fréquenté la Grande Elisabeth. Il lui
semblait pourtant qu'à cette époque, la gente
féminine était plus admise à l'atelier
broderie qu'au salon où se faisaient les discussions
intéressantes. Quoique la beauté de la vélane
avait du lui valoir quelques dérogations.
-
Non pas, ma chère enfant. Peut-être devriez-vous faire
preuve de moins de suspicion quant au motivations d'autres temps.
-
Je vous demande pardon ?
-
C'est bien ce que vous pensiez à l'instant : qu'à
mon époque les femmes n'avaient nulle voix au chapitre ?
-
J'ai oublié de te prévenir, Trésor, Ludmilla
est aussi la plus grande légilimens connue à ce jour.
Quoi qu'ait pu en penser certain sorcier que je ne nommerai pas.
Ferme bien ton esprit si tu ne veux pas qu'elle y accède,
mais même moi j'ai du mal à l'empêcher
totalement de lire en moi. Et pourtant je tiens d'elle.
-
Ne serait-il pas plus simple que Ludmilla ne lise pas à tout
bout de champ dans tout le monde.
-
Ce serait assurément plus simple, mon enfant, mais beaucoup
moins instructif. Je pense que vous êtes une intéressante
recrue dans cette famille, mais prenez garde à votre manie de
tout vouloir catégoriser. La vie est un peu trop compliquée
pour pouvoir se diviser en petites boîtes. Maintenant vous
devriez continuer votre trajet, si vous voulez pouvoir aller chercher
les parents d'Hermione à temps.
Avec
un dernier sourire complice à son ancêtre, Draco poussa
une Hermione pour le moins décontenancée vers le
tableau suivant.
Autant
les premiers se contrefichaient apparemment de ses origines, autant
l'hostilité anti-moldue se faisait plus présente au
fur et à mesure que le jeune couple avançait dans le
temps. Et comme pour bien marquer la chose, la période
« blonde » de la famille était marquée
par une intolérance presque trop forte pour être vraie.
Hermione
était présentée à toute vitesse à
des gens qui de toute évidence n'avaient pas envie de la
voir, par un Draco qui écourtait les choses autant que
possible. La période la plus pénible fut la fin du
XVIIIème siècle, quand un certain Joshua lui reprocha
en plus d'être française. Celui-là avait du
être traumatisé par l'afflux de réfugiés
français lors de la Terreur. En faisant la part des choses,
les Malfoy nouveaux étaient extrêmement gentils et
accueillants. C'est pour dire.
Sur les coups de quinze heures, enfin, la visite s'acheva. De manière plutôt abrupte en fait, par la présentation à l'arrière-grand-père de Draco qui bien sûr ne manqua pas de se désoler tant qu'il le put du choix de son arrière-petit-fils. Chose curieuse, Hermione devait quand même être à son goût puisqu'il proposa à Draco de la garder comme maîtresse même s'il se devait absolument de concevoir une descendance avec une femme d'un meilleur sang.
Bien
qu'elle fut infiniment soulagée d'en avoir fini avec cette
liste sans fin de visages et de noms, la jeune sorcière ne put
s'empêcher de remarquer que quelques personnes manquaient à
l'appel.
-
Dis-moi, pourquoi Eidan n'est-il pas ici ? Je pensais le voir
en même temps que les autres.
-
Nous sommes passé devant son tableaux mais il n'y était
pas. Tu n'as pas vu ? Il n'y est pas souvent d'ailleurs. A
ce demander où il passe son temps.
-
Il n'y avait pas tes grand-parents non plus.
Le
visage de Draco se ferma, comme si sa moitié venait
précisément d'aborder un sujet qu'il aurait bien
aimé éviter.
-
Et bien pour faire simple, disons que je ne pense pas que rencontrer
mon grand-père soit une excellente chose. Il doit encore être
énervé de sa discussion avec mon père et je ne
voudrai pas qu'il te fasse du mal.
-
Je ne vois pas ce qu'il pourrait me dire de plus que tes ancêtres
ne m'aient déjà reproché. Et ta grand-mère ?
-
Elle se cache dans une autre pièce à l'étage
supérieur. Je crois qu'elle a toujours un peu peur de
croiser son mari alors elle ne bouge jamais.
Hermione
fronça les sourcils de perplexité.
-
Il était vraiment si horrible ?
-
Tu n'as pas idée. Maintenant si ça ne t'embête
pas, j'aimerai bien qu'on aille chercher tes parents avant
demain, donc si tu voulais bien avancer, on pourrait peut-être
aller se préparer.
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
Pour
la première fois de leur vie, Richard et Carol avaient
transplané, et pour être honnête ils n'étaient
pas pressés de renouveler l'expérience.
Le
moldu se dégagea des bras de Draco qui le tenait par les
épaules et se pencha en avant, tentant de reprendre son
souffle.
-
Ca va aller Richard ? Le mal de transports peut-être ?
Je vous en prie, si vous voulez vomir éloignez-vous de mes
chaussures, ça me ferait plaisir.
Il
lança à son gendre un regard-de-la-mort-qui-tue qui
aurait sans doute été plus efficace s'il n'arborait
pas ce joli teint verdâtre.
De
son coté, Carol n'allait pas bien mieux, mais elle avait au
moins les bras compatissants de sa fille pour la soutenir. Comme quoi
la vie est injuste.
Après
avoir laissé à ses aînés le temps de se
reprendre, Draco mena la petite troupe le long du chemin qui menait à
l'entrée du château. Il aurait pu transplané
plus près de la bâtisse bien sûr, mais il tenait à
ce que ses beaux-parents garde une image inoubliable du château.
Et il n'était jamais aussi impressionnant qu'à la
tombée de la nuit, surplombé par les lourds nuages
chargés de pluie. Cela lui donnait un côté
indestructible, symbole de la survivance de sa famille.
-Bienvenue
au Malfoy Castle, dit-il d'un ton quelque peu emphatique regardant
avec satisfaction l'air abasourdi des moldus.
-
Oui enfin, c'est juste une très grosse maison, marmonna
Hermione cassant impitoyablement ses effets.
Draco
aurait pu lui lancer un regard d'avertissement, mais il se contenta
de hausser les épaules et de franchir le pont-levis, sa petite
famille à sa suite.
Dans
le vestibule, Narcissa les attendait, telle une antique douairière.
Tandis qu'Hermione entraînait son époux dans un coin,
probablement pour lui dire ce qu'elle pensait de son numéro
de fanfaronnade, lady Malfoy senior salua Carol avec une chaleur non
feinte, Richard avec un peu plus de retenue, puis les conduisit dans
l'unique aile occupée.
Mme
Granger s'étonna d'ailleurs du manque de population des
lieux.
-
Dîtes moi, ma chère, êtes-vous certaines que le
manoir aurait été trop petit ? Je veux dire, nous
ne sommes que six ce soir et…
-
Ne vous inquiétez pas Carol. Avant demain soir l'aile ouest
sera emplie de sorciers braillant et vous m'accorderez qu'avoir
prévu une aile rien que pour nous est le minimum vital. Et
dans deux jours, quand votre famille sera arrivée et l'aile
est pleine de moldus, vous fuirez dans votre chambre pour avoir un
peu de calme.
Richard,
qui jusque là écoutait la conversation sans y
participer ne put s'empêcher de relever un détail qui
le chiffonnait.
-
Il y a bien quatre ailes dans ce château, non ? Qu'y
a-t-il au nord ?
-
Les quartiers des domestiques. Nous avons fait appel à de
nombreux sorciers familiers du monde moldu et désireux de
trouver à s'employer pour assurer le service. Il était
hors de question de laisser nos braves elfes déambuler parmi
les invités. C'est que nous devons respecter la loi comme
tout un chacun voyez-vous.
-
La loi ? Releva Richard.
-
Et bien mon brave, celle relative au secret du monde magique,
voyons ! Hermione ne vous en a-t-elle donc jamais parlé ?
-
Et bien, sans doute. Probablement la fois où elle nous a lu
les codes civil et pénal sorciers mais excusez-moi si je n'ai
pas tout retenu.
Narcissa
crut un instant que le moldu se fichait d'elle, avant de se dire
qu'il était en effet probable que sa bru s'était
livrée à ce genre de présentation. Elle
envisagea un instant de tout annuler de peur que ses petits-enfants
ne naissent un livre entre les mains et un dictionnaire dans la tête,
avant de se rappeler qu'il était de toute façon trop
tard. Elle réafficha un sourire propre à une femme
sur le point de marier son fils unique et continua de guider ses
hôtes jusqu'à leurs quartiers.
Elle
leur fit l'honneur de leur chambre, puis les laissa s'installer,
non sans leur rappeler qu'ils dîneraient à 20h
précises et qu'ils pouvaient appeler un elfe de maison s'ils
désiraient quoi que ce soit, retrouver son chemin dans le
château faisant partie des éléments
« demandables ».
-
Et bien si Draco est moitié aussi collet monté que sa
mère, elle ne va pas s'embêter notre petite Hermione,
c'est moi qui t'le dis.
-
Richard, est-tu obligé de voir toujours les choses en noir ?
Je trouve, moi, que Narcissa nous a fait très bon accueil et
qu'elle a su rester simple malgré son rang.
-
Simple ?
Le
visage de Richard expliquait sans la moindre ambiguïté
possible ce qu'il pensait de la prétendue simplicité
de Lady Malfoy. Il se composa cependant très rapidement une
attitude exagérément ouverte et souriante quand il vit
l'expression de sa femme.
-
A ton avis, je mets quoi pour dîner ?
Richard
n'avait que moyennement envie de passer un dîner en compagnie
des Malfoy, mais il ne pouvait, sans risque de grave dispute
conjugale, se dérober. Il enfila donc l'un des costumes que
Carol avait glissé dans leurs bagages – « mais
voyons, tu sais bien que dans ces milieux là on s'habille
pour dîner » - et en soupirant pris le chemin de la
salle à manger.
A
sa plus grande surprise, il découvrit que si Narcissa n'avait
pas dérogé à la mode sorcière, Draco et –
ô ! miracle – Lucius avait choisi de porter eut aussi de
classiques costumes trois pièces. Pantalon, veste, gilet,
chemise, cravate, sans aucun doute tout était d'inspiration
pas sorcière du tout. Avec un sourire il nota que le maître
des lieux portait même la cravate en soie que Carol et lui
avait passé une heure à choisir lors de leurs emplettes
de Noël. Bien sur, il ne put s'empêcher de lui en faire
la remarque.
-
Ca fait tout drôle de vous voir habillé normalement,
Lucius.
-
Normalement ? Releva le maître des lieux. Je me suis dit
qu'il me faudrait bien un jour ou deux avant d'arriver à
porter ses choses convenablement, alors autant m'y mettre tant que
nous ne sommes qu'en petit comité.
-
En tout cas je suis ravi que votre cravate vous plaise. Je dois
avouer que nous avons eu du mal à nous décider Carol et
moi. Au début nous pensions vous prendre un livre et puis on
s'est dit que c'était un peu dangereux… Enfin, je veux
dire que vous pourriez ne pas l'aimer, se reprit précipitamment
le moldu.
Lucius
lança un regard perplexe au père de sa bru, se
demandant se que cachait se lapsus.
-
Que voulez-vous dire exactement par « dangereux » ?
-
Mais, euh...rien, voyons.
-
Voyez-vous cela.
-
Enfin, c'est juste que..euh… enfin nous savons que vous avez
parfois des réactions excessives en présence de livres
et que nous ne voulions pas…
Lucius
qui avait très bien compris ce que sous-entendait son alter
ego ne put s'empêcher de répliquer.
-
Puis-je savoir en quoi ma réaction face à un livre
pourrait être excessive ? Vous aviez peur que je vous le
lance à la tête, peut-être ?
-
Précisément. C'est que voyez-vous, nous avons déjà
eut un aperçu de votre habileté dans cette discipline
particulière qu'est l'escrime libraire et je ne voulais
pas en faire les frais.
-
Je ne vous permets pas, Richard, dit Lucius d'une voix polaire.
C'est
qu'il n'avait nulle envie de se voir rappeler l'un des épisodes
les plus humiliant de sa vie. Bon, il est vrai qu'il poursuivait un
objectif précis et que se battre dans une librairie avec
Weasley n'était qu'une étape, mais que ce moldu le
lui rappelle quinze ans plus tard, voilà qui était on
ne peut plus inadmissible. D'autant plus que cet exercice de
mémoire semblait amuser particulièrement son invité.
Invité qui continuait à pérorer d'ailleurs.
-
C'est peut être une coutume sorcière, de se taper à
coup de livre. Elle date de quand ?
Lucius
allait le renvoyer dans ses pénates, mais il fut pris de
vitesse par un nouvel arrivant.
-
C'est avec un bonheur inégalé que je découvre
d'où la jeune Mrs Malfoy tient son humour ravageur.
Draco
se leva et serra la main de son ancien professeur de potion avant de
le conduire à table.
-
Et bien Severus, j'ai bien cru que tu réussirais à te
soustraire à tes obligations une fois de plus, glissa Lucius.
-
A quelles obligations penses-tu au juste ? Il ne me sembla pas
avoir jamais failli à mon devoir de parrain.
Puis
sans autre forme de procès, Rogue se tourna vers les Granger
et se présenta à eux. S'ensuivit une discussion
animée sur les mérites des élèves de
Poudlard qui eut le don d'agacer prodigieusement le maître de
potion. Lui qui espérait échapper à l'école
au moins le temps du mariage, c'était raté. Il se
désintéressa peu à peu de la conversation, mais
son attention fut de nouveau totale lorsque Richard, pour clore le
sujet de savoir qui de sa fille ou de Draco était meilleur
élève, lança :
-
De toute façon, tout cela n'a plus d'importance
maintenant. Mais je compte sur mes petits-enfants pour dépasser
leurs parents. Pensez-vous qui vous serez toujours en poste d'ici
une quinzaine d'année Professeur Rogue ?
Dans
l'esprit de Severus se forma peu à peu l'image d'un
jeune garçon blond platine, les cheveux en bataille,
totalement imbu de sa personne et près à sortir à
la vitesse de l'éclair l'intégralité des
manuels qu'on aurait eut l'imprudence de laisser traîner
sur son chemin.
Et
c'est avec une mimique de désespoir que le plus grand
fabricant de potion de sa génération imagina le vieux
château remplit de la bruyante progéniture de son
filleul.
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
Les premiers invités arrivèrent dès le matin du 13 janvier. D'abord Blaise et sa petite amie du moment Gladys, puis Pansy et Ron. Harry et Ginny arrivèrent en début d'après-midi, juste avant que ne commence le défilé de célébrités, de partenaires financiers et de connaissances plus ou moins proches. Le sortilège anti-transplanage avait été supprimé sur la cour intérieure, ce qui évitait aux hôtes de devoir monter la longue allée qui menait à l'entrée du château et mettait en joie les domestiques qui s'évitaient ainsi de devoir monter cette même allée les bras chargés de bagages.
Ginny,
maintenant enceinte de six mois, avait apporté avec elle la
robe d'Hermione. Elle l'avait gardée avec elle jusqu'alors
afin de pouvoir faire les dernières retouches nécessaires.
A deux jour du mariage, elle était fin prête. C'est
donc avec une fierté méritée qu'elle présenta
à Carol et Narcissa le fruit de son travail. Et elle avait de
quoi être fière.
Au
début Ginny avait pensé, sur les conseils de son mari,
faire une robe de mariage traditionnelle moldue blanche avec plein de
froufrous. Mais ce type de robe, et ce qu'elle représentait
n'avait pas d'une part pas de signification dans le monde sorcier
et d'autre part même la symbolique moldue ne serait pas
représentée, Hermione n'étant plus une « pure
jeune fille » depuis longtemps. Elle avait donc choisi de
laisser libre court à son imagination. La robe qu'elle
présentait maintenant avait l'avantage de correspondre
parfaitement à la jeune épousée.
Si
le bustier en velours de la robe marquant une taille haute rappelait
une robe moyenâgeuse, les drapés qui en partaient en
tombaient jusqu'aux pieds faisait plutôt penser aux vêtements
que portaient les femmes romaines au début de notre ère.
Une pièce de tissu vaporeux partait des épaules et
descendait jusqu'au sol, sorte de compromis entre une cape et une
traîne. Le résultat final donnait une impression de
légèreté, un peu comme une robe de faërie.
Carol
ne put cacher son admiration.
-
Je n'étais pas très sur en voyant les croquis, mais
elle est absolument ravissante, Ginny. Unique en son genre, comme ma
fille.
-
Merci, madame Granger. Est-elle aussi à votre convenance, Lady
Malfoy ?
Les
quatre femmes s'étaient réfugiées dans la
chambre privée d'Hermione pour être à l'abri
d'éventuels regards inopportuns. Chez les sorciers aussi on
considérait comme portant malchance que le promis vois la robe
avant les noces. Narcissa s'était donc postée près
de la porte communiquant avec la chambre de son fils juste au cas où.
Elle jeta un regard rapide à la robe, plus préoccupée
par les voix qu'elle entendait derrière la porte. Elle
reconnut sans peine celle de son fils, mais il lui fallut un petit
moment pour identifier son interlocuteur.
-
Tout est prêt ?
-
Je me marie dans deux jours, Blaise. Si tout n'était pas
prêt je serais en panique totale.
-
Justement tu m'as l'air un peu nerveux.
-
Absolument pas. La plupart des invités sorciers sont arrivés
et les moldus débarquent demain. Il faudra juste ne pas
oublier de rappeler à tout le monde de ne pas faire de magie
ostensiblement lundi et voilà.
Après
un moment de silence la conversation reprit.
-
C'est ton costume ? Pas mal. Je pensais que tu aurais mis une
robe traditionnelle.
-
Un seul mot – non deux en fait : famille moldue.
-
Il ressemble un peu à celui que tu portais pour le bal en
septembre.
-
Normal, il est fait sur le même modèle. Je l'aime bien
cette coupe là, elle est élégante et
confortable.
-
Méfies-toi, tu commence à apprécier des trucs
moldus.
Draco
dû alors faire une drôle de tête car la seule
réponse qu'elle entendit fut un éclat de rire de
Blaise.
-
Tant que j'y pense, voici votre portoloin. Il s'activera mardi à
15h.
-
Tu ne veux toujours pas me dire où on va ?
-
Je sais que tu adore les surprises.
Il
y eut quelques bruits que Narcissa ne distingua pas, puis les deux
hommes reprirent leur conversation.
-
Tu n'as toujours pas changé d'avis, je suppose ?
-
Ta gueule, Blaise. Je ne discuterai pas de ça ici… mais non,
je n'ai pas changé d'avis. Et si tu évite d'en
parler à tord et à travers il n'y a aucune raison que
cela se sache.
Narcissa
se demanda que pouvait bien cacher son fils. La suite de la
conversation ne lui apporta malheureusement aucune réponse.
Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ne trempe pas dans
quelque commerce louche.
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
-
Tu es sur que tu as pris la bonne route Mick ? Parce que ça
fait au moins cinq miles qu'on n'a croisé personne.
-
Mais oui c'est la bonne route. Regarde sur le plan que nous a
envoyé Mione, on ne s'est pas planté.
Au
moment où Arabella allait ouvrir la bouche, il aperçurent
– enfin – la borne marquant la limite des terres du château
des Malfoy, comme l'avait spécifié leur cousine.
-
On est bientôt arrivé, maman ? Demanda sa fille
depuis le siège arrière.
-
Presque ma chérie. On vient de rentrer sur la propriété,
donc on ne devrait pas tarder à voir le château.
Comme
à chaque fois qu'on mentionnait le mariage de sa tatie Mione
dans un château, les yeux de Victoria se mirent à
briller.
-
Dis Maman, c'est un vrai château ? Avec les Malichouquis
et tout ?
Son
père installé près d'elle se mit à rire
et la corrigea gentiment.
-
On dit des mâchicoulis, ma puce. Des mâ-chi-cou-lis.
-
Et à ton avis maman, elle sera comment la robe de tatie
Mione ? Au moins aussi belle que celle de Sisi, hein Maman ?
-
Je ne sais pas ma chérie. J'aurai la surprise comme tout le
monde. Répondit Arabella en coulant un sourire à son
époux.
Si
la découverte du parfait petit couple que formait Draco et sa
cousine l'avait mise en rage en septembre, elle lui avait au moins
donner le peps nécessaire pour tenter de sauver ce qui restait
de son couple à elle. Il faut dire que la discussion qu'elle
avait eut avec Hermione lorsqu'elle lui avait confirmé que
Mathew et elle n'étaient pas loin du divorce y était
pour beaucoup. Du coup elle avait pris son mari entre quatre yeux et
avait mis à plat leurs divergences. Si cette technique
fonctionnait avec les mauvais payeurs à la banque, il n'y
avait pas de raison qu'elle échoue sur son époux,
n'est-ce pas ?
La
jeune femme reporta son regard sur la route, peu confiante en les
aptitudes cartographiques (et de pilotage) de son frère.
-
Etrange, tu ne trouves pas ? Lui demanda-t-elle.
-
Quoi donc ?
-
La borne était bien à deux miles maintenant et on ne
voit toujours pas le château.
-
Oui, mais je suis certain d'être sur la bonne route, alors ne
m'ennuies pas.
-
Oh moi je disais ça comme ça. Pas la peine de te
fâcher.
-
Je ne me fâche pas, je te réponds.
Arabella
leva les yeux au ciel, vaincue par la mauvaise foi de son frère.
En parlant de mauvaise foi, on pouvait dire que le fiancé
d'Hermione en tenait une bonne couche, lui aussi. Finalement il
aurait bien sa place dans la famille.
Après
une énième boucle de cette route de campagne qui
semblait serpenter sans fin dans la forêt de plus en plus
sombre alors que tombait la nuit, le château apparut enfin,
surplombant les alentour du haut de sa colline.
Victoria
poussa un petit cri et se mit à serrer convulsivement l'épaule
de son père.
-
Regarde, Papa ! Regarde !
-
Oui, je vois, ma chérie. Je vois.
Aucun
des occupants du véhicule n'aurait imaginé une vision
comme celle qui se découvrait à eut alors qu'ils
s'engageaient dans l'allée puis passaient sur le
pont-levis. Ils suivirent l'allée balisée par de
petits murets de pierre ornés de vasques fleuries et
s'arrêtèrent devant l'entrée du corps
d'habitation. Avec une synchronisation digne d'un ballet russe,
quatre domestiques se précipitèrent pour leur ouvrir
les portières de la voiture et s'inclinèrent tandis
qu'ils sortaient du véhicule. Debout au sommet des quelques
marches permettant d'accès aux immenses portes de bois
sculptées, un cinquième homme portant la traditionnelle
livre noire à queue de pie s'informa de leur nom avant de
leur souhaiter la bienvenue et de leur permettre d'entrer enfin
dans la bâtisse.
Une
fois les portes franchies, Mickaël ne put retenir le sifflement
qui lui monta aux lèvres.
-
Et bé ! Il ne s'emmerde pas le Draco. C'est une
maison ou un musée, ici ?
-
Plus exactement ce que vous appelleriez une « maison de
campagne », répondit une voix au-dessus d'eux.
Ils
levèrent les yeux et découvrir ledit Draco qui leur
souriait depuis le balcon supérieur. Il descendit rapidement
l'un des grands escaliers de pierre qui s'élevaient de
chaque coté de la salle et tendit la main à Mick qui
tout en la serrant l'attira à lui pour lui mettre de grandes
claques dans le dos.
-
Bienvenue dans cette humble demeure, dit le nouvel arrivant avec un
air aussi humble que sa « maison ». Je pensais
vous voir arriver plus tôt dans la journée. Un problème
sur la route, peut-être ?
Arabella
lança un regard en coin à son frère qui se garda
bien de répondre à cette question. Il était en
effet possible que les deux ou trois fois où il avait du
rebrousser chemin après s'être trompé de voie
les aient légèrement retardés.
-
Vous êtes les derniers, continua Draco voyant que personne ne
semblait vouloir répondre à ses précédentes
questions.
Puis
se tournant vers Mathew :
-
Nous ne nous connaissons pas je crois. Je suppose que vous êtes
l'époux d'Arabella, n'est-ce pas ?
-
En effet, Mr Malfoy. Je n'ai pu assister à la réunion
cette année. Pour raisons professionnelles.
« Et
bien en voilà un qui ment très mal », pensa
Draco en entendant cette excuse. Il se souvenait en effet très
bien qu'Arabella était venue seule parce que son mariage
était au bord de la faillite. Et la connaissant, il suspectait
que Mathew n'était pas tant là pour assister à
une cérémonie concernant la famille que pour aider son
épouse à remonter au score face à Hermione. Avec
un autre de ses fameux sourires malfoyens, Draco choisit de ne pas se
mêler de cette compétition entre les deux cousines. Il
ne releva donc pas l'erreur de Mathew quant à ses civilités
et se contenta d'inviter la petite troupe à le suivre dans
les couloirs du château.
-
Toute la famille – du moins la plupart de ceux que j'ai
rencontrés en septembre – est réunie dans le salon
d'hiver. Si vous le voulez bien, nous pouvons aller les saluer
avant que je vous accompagne à vos chambres.
Les
moldus avaient commencé d'affluer dès le début
de la matinée. Les réjouissances avaient débuté
avec l'arrivée de William et Sophie, que Draco connaissait
déjà, vers 9h du matin et s'étaient poursuivit
toute la journée. Il ne serait pas tout à fait faux de
penser que le jeune sorcier en avait plus que marre. S'il avait
sans trop de problème géré la partie Granger de
la famille, il lui avait été beaucoup plus difficile
d'accueillir à bras ouvert la branche, famille de
Carol. Non pas qu'ils fussent moins sympathiques, mais cette
affluence de moldus inconnus avait mis tous les Malfoy mal à
l'aise. D'autant plus que certaines jeunes personnes, avant
d'apprendre que Draco était le promis de leur
cousine/amie/voisine (biffer les mentions inutiles), lui avaient avec
plus ou moins de détour fait comprendre qu'il était
tout à fait à leur goût.
C'est
donc avec un certain soulagement qu'il vit arriver les derniers
invités. Non pas parce qu'il craignait qu'ils ne viennent
pas, mais parce qu'ils étaient les derniers. Que parmi eux
se trouvât Mickaël, avec qui il s'entendait
particulièrement bien n'était qu'un plus bien
entendu.
-
Alors Drake, pas trop effrayé avant le grand jour ? Lui
demanda à ce moment Mick. Eh ! Draco, je te parle !
-
Hum ? Pardon, j'étais perdu dans mes pensées.
Non, je ne suis pas nerveux. Pourquoi ? Je devrai ?
-
Et bien tu va te lier de manière définitive à
Hermione-à-la-tignasse-rebelle. Ca en ferait hésiter
plus d'un, ça.
Draco
se contenta de hausser les épaules, avant d'ajouter :
-
Oh, tu sais, j'ai déjà vu sa chevelure au réveil,
plus rien ne peut me faire peur.
-
Oui, vu comme ça. Tu as déjà eu droit à
l'autre moitié de la famille ou ils ne sont pas invités ?
-
Si je t'ai invité toi, je peux inviter n'importe qui,
Mick. Mais pour répondre à ta question, vous êtes
les derniers et j'ai effectivement passé la journée à
dire « oui, bonjour, je suis Draco, non je ne suis pas
draguable, et vous ça va ? »
Mickaël
coula un regard en coin à son beau-cousin avant de répondre.
-
Remarque, je comprends que certains te trouvent à leur goût.
Le
sorcier eut un petit rire sec et avec un petit coup de tête
lança :
-
Certains, hein ?
Puis
il ouvrit la porte du salon et commença à présenter
les nouveaux arrivants à ceux qui ne les connaissaient pas
encore.
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Le salon d'apparat était plein à craquer. Au total, il y avait bien un petit millier de personnes venues assister à ce qui resterait dans les mémoires comme l'un des plus grands mariages du siècle. Evidemment, le fait que le siècle en question ne fut pas encore bien vieux aidait, mais ce n'était pas tous les jours qu'on avait l'occasion de participer à une cérémonie de cette ampleur.
Se souvenant de l'expérience du bal de l'Equinoxe, Hermione avait fait de son mieux pour ne pas se retrouver une fois de plus noyée sous les amis de sa belle-famille. Elle avait donc, en sus des quelques cent cinquante personnes qui composaient sa famille proche, invité toutes ses amies d'enfance et leurs familles. Coté Malfoy, on ne pouvait pas dire que la famille occupait toute la place. Mis à part les Tonks-Lupin, derniers représentants avec Narcissa de la très noble et très ancienne famille Black, il n'y avait pas de parentèle. La part belle avait donc été faite aux amis. Venaient ensuite les officiels et les associés qu'il eut put être dommageable de négliger. Et tout ce petit monde bruissait et caquetait en attendant l'arrivée des promis. Bien sur, ils seraient à l'heure. Avait-on déjà vu un mariage Malfoy commencer en retard ?
Enfin, les témoins firent leur entrée. Blaise et Harry avancèrent de concert dans l'immense travée centrale. Pour Harry surtout, qui détestait les mondanités, ce fut un supplice. De nombreux photo-reporters le bombardèrent de flashs ; Aucun n'aurait voulu manquer cette nouvelle preuve de l'amitié Malfoy-Potterienne. Les témoins prirent tout deux place de part et d'autre de l'autel derrière lequel attendait le maire (moldu) du village (moldu) voisin. Une petite demi-douzaine de minutes plus tard apparut le futur (re)marié, aussi calme et sur de lui que d'habitude. Seul quelques très proches amis notèrent la légère brillance de ses yeux et la façon un peu formelle dont il se tint une fois placé à son tout devant l'autel.
Pour se donner une contenance en attendant l'entrée d'Hermione, Draco observa le maire qui lui faisait face. C'était un vieil homme à la panse rebondie et au sourire affable. Le jeune homme savait cependant de première main que cette apparence débonnaire cachait une âme torve. Il n'y avait qu'a voir avec quelle rapidité il avait accepté le pot de vin que Lucius lui avait proposer pour accepter de célébrer ce mariage au milieu de nulle part, et surtout de fermer les yeux sur l'apparition subite d'un château en parfait état en lieu et place de la ruine qu'il voyait habituellement. Au début, les Malfoy avaient pensé lui modifier la mémoire, mais aucun d'entre eux ne maîtrisait suffisamment ces sortilèges - sans compter le fait qu'Hermione s'y serait probablement opposée au nom d'on ne sait quelle morale alambiquée – et ils auraient besoin du soutien de ce moldu en cas de conflit ultérieur sur la validité de la cérémonie. L'argent avait donc été la solution la plus simple.
Après
ce qui sembla à Draco une très longue étérnité,
les demoiselles d'honneur apparurent au bout de l'allée
menant à l'autel. Il se surprit à avaler nerveusement
sa salive et se morigéna intérieurement :
-
Du calme, mon gars. Ce n'est pas un vrai mariage rappelle, toi.
Aucune raison d'être nerveux
-
Mais si, réplique son second ange d'épaule. C'est
le seul auquel nous aurons droit en tout cas.
-
Tu ne vas pas te mettre à pleurer quand même ?
-
Si je veux !
-
Bon, les gars, vous êtes bien gentils mais cassez-vous !
Intervint la conscience de Draco.
Après
une grande inspiration, il reprit le contrôle de lui-même.
C'est qu'il avait un rang à défendre quand même ;
il n'allait pas se mettre à larmoyer comme une femmelette.
Il aperçut alors la silhouette de sa femme derrière les
demoiselles.
Et
bien, on pouvait dire qu'elle s'était laché sur ce
coup là, Ginny. Assurément la robe de sa femme était
originale. Mais comment faisait-elle pour avoir l'air à la
fois provocante et ingénue ? Le bustier conférait
un joli volume à sa poitrine – non pas qu'elle en manquât
d'ordinaire, mais elle n'avait pas exactement la même forme
– et les drapés qui lui caressaient les pieds à
chaque pas donnait une impression de sensualité auquel le
jeune homme était particulièrement sensible. Ce n'est
quand entendant le petit rire de Balise qu'il se rendit compte
qu'il regardait approche Hermione avec un air parfaitement stupide.
Une fois de plus il se gifla mentalement et reprit une attitude digne
d'un Malfoy.
Hermione
sortit de sa chambre en réprimant un petit frisson
d'excitation. C'était stupide, bien sûr puisqu'elle
n'allait pas faire un vrai mariage, mais elle ne pouvait s'empêcher
d'être nerveuse. Nerveuse et excitée. Elle respira
profondément pour se calmer et rejoignit son père en
haut des escaliers de pierre menant au rez-de-chaussée.
Richard
avait revêtu un costume trois pièce blanc cassé à
fine rayures blanches qui le faisait paraître plus mince qu'il
ne l'était. Etrangement, c'est à ce moment
qu'Hermione réalisa que son père avait été
bel homme dans sa jeunesse. Elle avait pourtant déjà vu
es photos de cette époque. Bizarre comme certain fait vous
frappait parfois. Etait-ce le fait de devenir épouse elle-même
qui lui faisait prendre conscience de certains faits ? Elle ne
put s'empêche de se râler dessus :
-
Allons, ma vieille, tu es déjà épouse. Arrête
de te conduire comme une écervelée !
Mais
en se plaçant dans le cortège qui la conduirait à
l'autel, elle se sentit de nouveau particulièrement
vulnérable. Il lui semblait que ses pieds pesaient trois
tonnes chacun et dut produire un effort titanesque pour réussir
à avancer.
Sur
les sièges près de l'allée, elle aperçut
du coin de l'œil une foule d'inconnus et faillit tourner talons
et s'enfuir à toutes jambes. Dire qu'elle connaissait à
peine la moitié des invités à son propre
mariage. N'était-ce pas plutôt une autre de ces
stupides réceptions malfoyennes ?
Après
une autre baffe mentale, elle se força à respirer
lentement. Allons, plus qu'une cinquantaine de mètres et
elle serait arrivée.
Par
bonheur, plus elle approchait de l'autel, plus la foule contenait
de visages connus, sinon amis. Elle aperçut Molly qui tenait
un large mouchoir dans sa paume. A voir le brillant de ses joues,
elle avait décidé de transformer la salle en piscine
avant la fin de la journée. Quelques places plus loin elle vit
ses grands-parents, tous les quatre gentiment alignés, lui
souriant. Elle réussit, elle ne sut comment, à leur
adresser un sourire. Deux rangs plus loins ce fut au tout de ses
cousins de lui adresser des petits signes ravis.
C'est
à ce moment qu'elle ralisa être en train de vivre l'un
de ses rêves de petite fille. Elle remontait une allée
au bras de son père, entourée des gens qu'elle
aimait, avançant vers l'homme avec lequel elle allait finir
ses jours. Il n'était peut-être pas parfait, mais il
était son époux. Celui qui serait le père de ses
enfants – elle ne désespérait pas de trouver une
solution à leur problème -, celui sur qui elle savait
pouvoir compter malgré tout quand elle en aurait besoin. Son
époux.
Elle
redressa la tête et lui adressa un sourire lumineux. C'est
encore le sourire aux lèvres qu'elle prit la main qu'il
lui tendait et se plaça à ses cotés. Ensemble
ils se tournèrent vers le maire. Ensemble. C'était le
mot clé.
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
Draco
avait momentanément abandonné son épouse et la
piste de danse pour aller chercher un rafraîchissement. Une
fois servi, il se retourna et observa Hermione valser aux bras de
Blaise. La jeune femme l'aperçut et lui adressa un petit
clin d'œil avant de reporter toute son attention à son
cavalier. C'est alors que Draco reçut une vigoureuse tape
dans le dos.
-
Théo ! Mais ça va pas ? Rouspéta le
jeune marié en secouant la main pour se débarrasser du
vin qui avait coulé dessus.
-
Alors comment tu te sens ?
Le
blond regarda son ami, on ne peut plus perplexe.
-
Que veux-tu savoir exactement ?
-
Je voulais savoir comment tu te sens. Ca te fais quoi d'être
marié ? Parce que je me souviens que moi après ma
cérémonie j'étais tout retourné.
-
Euh… Théo, tu sais bien que c'est pour la galerie tout ça.
Ce n'est pas exactement un mariage d'amour non plus, donc je ne
vois pas pourquoi je devrai être tout retourné.
-
Ouais, c'est ça.
Après
un instant il ajouta.
-
Je trouve que tu te compliques la vie inutilement, Draco. Mais à
ta guise.
Sur
ce, il servit à son tour un verre de vin.
-
J'espère qu'après cette charmante cérémonie,
j'aurai enfin la paix à la maison. Cho était folle de
rage contre Hermione et toi.
-
Pourquoi cela ?
Théodore
haussa les épaules.
-
Un truc de bonne femme à la con, sans doute. Je crois qu'elle
voulait que son mariage reste dans les annales, mais les journaux
n'ont retenu que le tien alors…
-
Je vois. Elle est toujours aussi attentive au qu'en dira-t-on.
-
Chacun ses défauts. Mais je suis ravi de pouvoir à
nouveau te voir sans déclencher une diatribe sur la loyauté
de mes amis.
Draco
éclata de rire, imaginant Théo aux prises avec sa femme
qui devait bien faire la moitié de sa taille.
-
Voyons, Théo, quand la loyauté a-t-elle jamais été
mon fort ? Me prend-tu pour un poufsoufle ?
Ce
fut au tour de Théo de rire de bon cœur.
-
Serpentard jusqu'à la mort ! Lança-t-il avant de
vider son verre d'un trait.
Draco
lui renvoya le salut de leur maison et se fut d'un pas un peu moins
assuré qu'il s'en fut rejoindre les cousins d'Hermione
qui le hélait depuis cinq bonnes minutes.
La
réception se prolongea jusque tard dans la nuit. Arabella
comprenait enfin pourquoi sa cousine lui avait bien précisé
de poser au moins deux jours de congés. Même avec la
meilleure volonté du monde, elle aurait été
incapable d'aller au bureau le lendemain. Un peu plus loin sur sa
droite, elle vit arriver deux hommes qui de toute évidence ne
l'avaient pas vu, elle.
-
Le ministre vient de partir, dit le premier, il est étonnant
qu'à son âge il ait pu danser autant.
-
Il faut dire que la marié donnerait envie de danser à
n'importe quel homme un tant soit peu vaillant. Le jeune Malfoy a
beaucoup de chance, comme d'habitude.
-
De la chance ? Voyons, Ezechiah, Draco Malfoy n'est pas du
genre à attendre que la chance lui sourit. Il la provoque
lui-même. Si Miss Granger a accepté de l'épouser,
c'est qu'il a su lui apporter d'autres arguments que son joli
visage.
-
Vous avez sons doute raison, Zachary. Mais quand même. Une
moldue chez les Malfoy. Et accueillie avec le sourire en plus !
Je ne pensais pas vivre pour voir ça.
Arabella
se demanda ce que pouvait bien être une « moldue ».
Peut-être un autre nom pour roturière. Le dénommé
Ezechiah allait reprendre la parole mais son interlocuteur lui donna
un petit coup de coude et désigant de la tête Arabella.
Il lui sembla que les deux hommes rougissaient avant de la saluer de
la tête et de rentre dans la bâtisse.
Etrange.
Elle rentra à son tour, se promettant de demander à sa
cousine qui étaient ses drôles de bonhommes.
La
jeune femme arriva juste à temps pour voir Draco être
soulevé de terre par ses amis. Hermione subit le même
sort, et c'est une compagnie bien bruyante et rigolarde qui remonta
les escaliers du château jusqu'au appartement des jeunes
mariés. Théo menait le cortège, prenant ainsi sa
revanche sur le charivari de juillet. Après une dernière
salve de grivoiseries et de blagues salaces, ils refermèrent
la porte sur le jeune couple rougissant.
Avec
un petit rire, Draco se tourna vers son épouse.
-
Je suis navré que tu aies eut à subir ceci.
-
Si je ne m'abuse, c'est une sorte de tradition, non ? Tu
avais fait la même chose pour Théo cet été.
-
En effet, mais j'espérais y échapper. Utopique de ma
part, je dois l'avouer.
Il
prit Hermione dans ses bras avant de continuer :
-
Et bien puisque nous voici contraint de rester ici, puis-je me
permette de prendre en main le reste de la soirée ?
-
C'est amusant, j'allais te proposer exactement la même
chose.
Les
premières lueurs de l'aube pointaient déjà
quand le château s'endormi enfin. Les petits elfes de maison
sortirent de la cuisine où ils étaient restés
bien sagement cachés pendant la réception. Ils de
dispersèrent dans la bâtisse et commencèrent à
tout remettre en ordre. C'est que les maîtres
n'apprécieraient pas du tout se réveiller dans un
château sale et désordonné. Il ne leur fallut
qu'un peu plus d'une heure pour terminé les pièces
communes. Il ne manquaient plus maintenant que les chambres.
Leur
méthode était simple : ils rentraient
silencieusement dans une pièce, nettoyait tout en quelques
claquements de doigts et repartaient comme ils étaient venus.
Il suffisait d'être doublement vigilant pour les pièces
ou dormaient des moldus et de les rendormir si besoin. Tout se passa
merveilleusement bien et à 10h nul n'aurait pu deviner que
le château avait été le théâtre
d'une grande fête quelques heures plus tôt.
Dans
une chambre au deuxième étage, une petite fille
réfléchissait à ce qu'elle venait de voir.
Elle s'était couchée beaucoup plus tôt que les
adultes la veille et était déjà réveillée
ce matin quand la petite créature était rentrée
dans sa chambre. Elle l'avait très nettement vue. Une sorte
de petit gnome avec un gros nez. Une créature enchantée
à n'en pas douter, car la petite fille s'était
endormie sans raison juste après l'avoir vue. Victoria
réfléchit toute la matinée avant d'arriver à
la conclusion suivante : il fallait qu'elle prévienne
sa tatie Mione que des drôles de créatures se
promenaient dans son château. Ses parents ne la croiraient
sûrement pas, mais Tatie Mione, si. Draco lui avait bien dit en
septembre qu'ils étaient des sorciers mais Victoria ne
l'avait pas crut. Elle avait pensé que c'était
juste un truc comme ça, un truc que disent les grands quand
ils ne veulent pas montrer aux petits qu'ils les prennent pour des
imbéciles. Mais Draco n'était pas comme ça
finalement.
Quand
elle serait grande, elle se marierait avec un homme comme Draco.
Parce que lui, il respectait son intelligence. Forte de ses
résolutions, elle attendit patiemment que le château se
réveille.
Il
fallut attendre midi pour que le château recommence à
bruisser de vie. Les convives, avec des gueules de bois plus ou moins
prononcées, descendirent se servir dans le gigantesque buffet
dressé dans la salle de réception.-
Et bien, marmonna Andrew entre deux bâillements, on peut dire
qu'ils ont des domestiques efficaces. Regarde-moi ça, Mick,
ils ont tout rangé, nettoyé, lustrer en quoi ?
Quatre heures.
-
Bienvenue dans le luxe, vieux, marmonna Mickaël en réponse.
Une
petite demi-heure plus tard les jeunes mariés apparurent aussi
et se jetèrent sur le buffet.
-
Tu es bien matinal, mon Draco, persifla Mick. Je pensais que tu
resterais au lit plus longtemps histoire de te reposer après
l'effort.
-
Vu l'heure, Hermione et moi avons préféré ne
pas dormir du tout, sinon on ne se serait pas levé avant ce
soir.
-
Quoi, vous avez passé une nuit blanche ?
-
Précisément. Répondit le blond avec son éternel
sourire satisfait. Puis il ajouta : Nous partons en voyage de
noce dans deux heures, raison pour laquelle nous avons quitté
le lit.
-
Intéressant, intervint Andrew. Vous allez où ?
-
Sais pas, répondit Draco en mordant dans un croissant au
beurre. Il mâcha un instant avant de reprendre. Comme je vous
l'ai déjà dit, mon ami Blaise a décidé
de nous faire une surprise. Nous partons pour un point relais où
nous recevrons d'autres instructions.
Il
allait ajouter quelque chose quand il vit Hermione s'approcher de
lui, une petite fille à la main. Elle lui fit signe de la
suivre et l'entraîna dans un salon vide.
-
Victoria a quelque chose à te dire. Elle dit que c'est
important et qu'il n'y a que toi qui peux comprendre.
Cette
entrée en matière le laissa perplexe, mais moins que
l'expression à la fois admirative et effrayée de la
petite. Il posa un genoux à terre pour être à sa
hauteur et attendit qu'elle prenne la parole, mais rien ne vint.
-
Et bien, Victoria ? Qu'y a t-il de si important ?
la
petite fille se rapprocha un peu des jambes d'Hermione et agrippa
son jeans d'un bras, comme pour se donner du courage. Puis elle
leva son petit visage vers Draco et répondit enfin :
-
J'ai vu des créatures.
Le
sorcier fronça les sourcils.
-
Des créatures ?
-
Ce matin. Dans mon lit. De drôles de créatures avec un
gros nez. Je me suis dit qu'il fallait que je te prévienne.
-
Et qu'on fait ses créatures ?
-
je ne sais pas, je me suis endormie, comme par magie. Elles sont
méchantes ?
Draco
se releva et alla s'installer sur l'accoudoir d'un fauteuil.
-
Et pourquoi me dit-tu ça à moi ? Tu aurais pu
prévenir ta mère, par exemple.
-
Maman ne me croira pas. Elle ne me croit jamais. Mais toi…
- Moi ?
-
Tu es un sorcier, pas vrai ? Tu nous l'as dit cet été
quand on jouait avec tes baguettes. Alors je me suis dit que si
c'était de mauvaises créatures, tu devais le savoir
parce qu'elles sont chez toi. J'ai eu tord ?
Draco
regarda Victoria en silence un petit moment ; il n'aurait jamais cru que la petite fille prendrait au pied de la lettre ce qu'il lui avait dit. Sous l'examen de ses
yeux gris, elle se sentit un peu mal à l'aise, mais après
tout c'était le chéri de Tatie Mione, donc il ne
pouvait pas être méchant. Elle attendit donc sans bouger
qu'il se décide à lui répondre.
-
Non, tu as bien fait, dit le sorcier après un long moment. Je
suis fier de toi, Victoria tu sais garder un secret. Les créatures
que tu as vues sont des elfes de maison. Ils sont gentils et
travaillent pour moi. Ce sont eux qui ont tout nettoyé ce
matin. Ils t'ont fait peur ?
La
petite fille secoua la tête. Bien sûr qu'elle avait eu
peur, mais elle ne pouvait pas lui dire, à lui. Surtout après
qu'il lui a dit qu'il était fier d'elle. En plus il
avait les plus beaux yeux gris du monde.
-
Il y a d'autres choses magiques, ici ? Demanda-t-elle.
Draco
eut un sourire que Victoria ne sut pas très bien interpréter
mais qui lui fit chaud au cœur.
-
Des tas. Peut-être te les montrerai-je un jour, puisque tu sais
si bien garder un secret. Maintenant, retourne dans la grande salle,
j'ai à parler avec ta tante.
Victoria
lui fit un grand sourire et se dépêcha de déguerpir.
-
En voilà une nouvelle intéressante.Dit le sorcier avec
une drôle d'expression.
-
Que veux-tu dire ? S'inquiéta son épouse. Tu ne
vas pas punir les elfes imprudents j'espère ?
Draco
poussa un soupir :
-
Quand vas-tu admettre que je ne bats pas mes elfes. Doby était
une exception, je te l'ai déjà dit. Il est
complètement fou, d'ailleurs. Mais non, je ne parlais pas de
ça.
-
De quoi alors ?
- Ce
qui m'amuse et me terrifie, c'est que les elfes étaient
protégés des yeux moldus par un sortilèges. Nous
leur avons demandé de rester caché parce que voir des
objets se déplacer tout seul ne fait pas parti du quotidien
moldu.
- Je ne
suis pas certaine de comprendre.
-
Quiconque dépourvu de pouvoir magique n'aurait pas du être
en mesure de les voir.
-
Mais…ça veut dire que…
-
Merlin nous garde, je ne sais pas si nous pourrons survivre à
une deuxième Granger chez les sorciers.
Il
sourit devant l'air stupéfait de sa femme et s'approcha
d'elle pour l'embrasser.
-
Dépêchons-nous, sinon nous ne serons jamais partis à
14h, et je veux être loin d'ici quand le portoloin
s'activera.
:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:--::-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:-:
Je viens de me faire la plus grande peur de ma vie : j'ai fait un faux lic et effacer tout le chapitre trois ligne avant la fin de la mis en page. Heureusement, il existe un magnifique bouton appelé "annuler dernière oération". Sauvée !
Pour revenir à nos moutons, j'espère que ce chapitre vous a plut. je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est encore plus grand que le chapitre 20, qui était déjà le plus grand - et qui est donc maintenant le deuxième plus grand puisque le 21 est le plus grand. Suivez, s'il vous plaît sinon on en va pas y arriver. Arrive où d'ailleurs ? Quelle drôle d'expression.
Voilà nos héros mariés pour de bon devant la communauté sorcière et moldue. mais que va-t-il donc leur arriver ? et ben je ne sais pas, ils ne m'ont rien dit. Il faut que je les appelle pour prendre rendez-vous pour qu'ils me racontent la suite de leur aventures et tout ça...
Je reviens qdès que je suis sortie de la piscine.
Tou Bi Continuède
