Back from the grave...

Dans une cave noire et obscure cachée au pied d'un escalier sombre (mais si vous savez, la petite pièce au faond à droite - non, pas les toilettes!) une faible lueur sourd par l'interstice sous la porte. La, une petite silhouette voutée marmonne en tapant à toute vitesse sur un clavier. Il faut s'approcher bien prè pour comprendre quelques paroles dans ce flot de borborygmes. "je dois finir, je dois finir, ".

Bon, en gros ça c'était moi.

Je suis infiniment désolée pour le léger (hum, hum) retard de publication. Quand on y pense, deux mois ce n'est ps si long... naaaaaaaaaaaaan ! ne me taper pas. C'est que je viens d'intergrer le BTP, et il y a des habitudes qui se prennent vite.

OK, excuse pourrie.

Plus sérieusement, pour la première fois j'ai lamentablement séché sur la rédaction. Du genre grosse sèche. Sahara, au moins. je me trouvais devant mon petit écran et la rien. Donc j'ai relu au moins quatorze fois la fic entière en me disant que ça me lancerait mais rien. Que dalle. peaux de nab. J'ai donc avancé par micro bout. une ou deux phrase par-ci, par là. Et cette semaine j'ai décidé de prendre le taureau par les cornes. J'ai répondu à plein de reviews que je postai cette semaine, donc j'était bien obligée de le faire. résultat : je viens de passer deux heures à taper comme une malade, mon clavier fume, mon écran clignote, mon chat miaule, et je mange des cookies. Euh... je crois que ça ne veux rien dire tout ça, mais bon, tant pis. Toujours est-il que je décline toute résponsabilité dans le retard de cette fic.

C'est la faute des peronnages qui ont refusé de me raconter ce qui leur est arrivé. Comment ça elle n'est pas recevable cette excuse ? Euh... bon, ok. J'avais piscine ça marche ?

Bon, je vous laisse lire le chapitre, le temps que je trouve une excuse crédible.

Bonne lecture

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Les petits elfes de maison avaient rassemblé au milieu du vestibule les dizaines de boîtes, cartons et sacs contenant le matériel nécessaire à l'organisation d'un mariage répondant aux critères de Narcissa. Celle-ci procédait à une ultime vérification avant que les créatures transbahutent le tout au château dès le lendemain matin. Une fois de plus, la vieille bâtisse allait abriter les épousailles d'un Malfoy – même si cette fois-ci la tradition n'allait pas être exactement respectée : Draco était déjà marié et l'assistance serait à moitié moldue.
Lucius avait transplané la veille pour le Wiltshire, arguant qu'il devait raisonner les amures et tableaux afin qu'ils se comportent de la manière la plus moldue possible pendant une petite semaine. Mais Narcissa savait bien pourquoi il tenait tant à être seul : Il devrait pendant ces quelques heures expliquer à son père ce qui s'était passé et le convaincre de rester tranquille.
La sorcière soupira ; son mari allait avoir du pain sur la planche.

Lucius déambulait le long de l'immense Chambre des Glaces du vieux château de ses ancêtres. Tant de souvenirs étaient liés à cet endroit. Et pas que des bons. D'accord, c'était ici qu'il s'était uni à Narcissa après avoir fait des pieds et des mains pour pouvoir l'épouser, mais c'est également ici qu'il passait ses vacances lorsque enfant son père voulait le soustraire à l'influence « pernicieuse » de sa mère.
Curieusement, il n'avait pas pensé à elle depuis des siècles. Il faut dire qu'elle n'avait pas vraiment été une figure marquante dans son existence. Seconde épouse de son père, elle avait vécu dans son ombre. C'était une petite femme effacée, qui aurait pu mourir d'une crise cardiaque à la vue d'une souris. Lucius l'avait toujours vue céder tout et n'importe quoi à son mari. Y compris son fils unique. Au fond, elle n'avait jamais eu pour le vieil homme plus d'importance que les bibelots qui encombraient son boudoir. Son unique devoir était de concevoir un héritier ; ceci fait, elle ne servait plus à rien. Etrange conception du rôle d'une épouse que celle d'Abraxas Malfoy. Conception qui l'avait toujours empêché de comprendre le lien entre son fils et Narcissa.
Encore quelques pas, et le sorcier entra dans une petite pièce obscure. D'un pas assuré, il se dirigea vers les lourdes tentures qui masquaient les fenêtres et les tira, laissant entrer le soleil hivernal. Il se tourna et marcha vers un mur occupé par un unique tableau, ses pas claquant sur le parquet ciré. Il s'arrêta devant le cadre masqué d'une toile sombre et, levant une main un peu tremblante, le découvrit.
Une jeune femme à la sombre beauté méditerranéenne occupait le cadre. Ses longs cheveux d'un noir de jais descendaient sur son sein gauche en une lourde tresse piquée de perles. Son petit visage rond avait quelque chose d'enfantin, comme si elle n'était jamais vraiment passée à l'âge adulte. Ses lèvres, petit bouton de rose, étaient étirées en un sourire mystérieux et ses grands yeux en amandes étaient clos, voilant des rêves connus d'elle seule.
- Bonjour, Mère, dit-il doucement à la femme endormie dans un profond fauteuil.
Romana ouvrit les yeux, battit des paupières pour en chasser le sommeil et se redressant posa son doux regard d'onyx sur son fils.
- Bonjour, mon ange. Il y a longtemps qui tu n'étais venu me voir ici.
Ici. Elle voulait dire dans cette petite pièce où, étant la seule occupante picturale, elle était seule dépositaire des secrets qu'on voulait bien lui confier. Elle voulait dire à l'abri d'Abraxas. Au moins dans la mort, elle avait pu trouver un havre loin de lui.
- Pardonnez ma négligence, Mère. Je n'ai pas toujours été le plus parfait des fils, je le sais bien.
Le portait lui adressa un autre de ses doux sourires dont il semblait si prodigue.
- Ne te mets pas martel en tête, mon ange. Tu as déjà payé ta dette en étant plus clément avec ton fils que ne l'a été ton père avec toi. Comment se porte Draco ? Son nom résonne dans les galeries du château presque aussi souvent que lors des grands procès de ton temps. Mais les autres portrais ne me parlent pas souvent et je ne sais s'il va bien ou mal.
- Il est en aussi bonne santé que possible. Si son nom revient si souvent, c'est que nous avons frôlé le scandale une fois de plus.
- Oui ? L'encouragea le portrait.
- Il a… épousé une fille de moldue, répondit le sorcier, très vite comme on avale une potion amère.
Il vit sa mère pâlir sensiblement sous la couche de fixateur qui recouvrait la toile.
- Une sang de bourbe ? Mais comment ? Pourquoi ? Il n'y a pas eu de mariage au château depuis le tien, ce ne peut être vrai. Je refuse de le croire.
- La cérémonie a eut lieu à Poudlard en juillet dernier. Et il confirmera ses vœux ici même dans quelques jours.
Le regard que Romana braqua sur son fils n'avait plus rien d'affable ou de doux lorsqu'elle lui posa la question suivante.
- As-tu l'intention de remplir ton devoir, Fils ?
Lucius regarda sa mère avec surprise. Mais où était donc passée la petite chose fragile qu'elle avait toujours été ? Jamais il ne lui avait entendu ce ton incisif, inquisiteur. Et c'est quelque peu déstabilisé par l'idée que sa mère ait pu ne pas être celle qu'il avait toujours cru qu'il répondit en un souffle :
- Non. Jamais je ne pourrai.
Le portrait se détendit et reprit son expression douce et mélancolique.
- Tu vaux mieux que ton père, Lucius. Et plus que je ne le croyais.
C'est avec un sourire un peu triste que le sorcier remit en place le drap qui protégeait le portrait de sa mère et sortit de la chambre.

Il gardait une impression étrange de cette entrevue. Lucius n'avait jamais passé beaucoup de temps avec sa mère, celle-ci étant morte l'année de ses sept ans. Personne n'avait jamais su de quoi exactement. Selon Abraxas, elle avait succombé à un accès de mélancolie. Jolie façon de ne pas répondre à la question d'un enfant qui ne comprend pas pourquoi sa mère l'a quitté. Plus de quarante ans plus tard, Lucius soupçonnait toujours son père d'être bien plus impliqué dans ce décès qu'il n'avait bien voulu l'avouer. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'il aurait fait disparaître une épouse incommodante. Lucius savait bien que lui-même ne devait la vie qu'à la folie de son père. En parlant de lui, il était temps d'entamer la partie la moins agréable de cette visite.

Il se rendit dans l'ancien bureau de son père. Une pièce de plus où il ne mettait jamais les pieds en général. En passant la porte il ressentit le frisson habituel qui le saisissait dès qu'il entrait sur le territoire de son père. Autant son propre bureau au manoir dégageait une impression de chaleur et de confort, autant celui de son père n'inspirait qu'austérité et rigueur. Deux notions chères à Abraxas. A peine eut-il fait deux pas dans la pièce que le portrait de son père qui trônait derrière le bureau l'apostropha.
- Six mois, Lucius. Je pensais qu'il te faudrait moins de temps pour réaliser l'inanité de tes efforts.
Surpris, le sorcier s'arrêta. Il n'avait pas envisagé que son père puisse être déjà au courant des aventures de Draco. Voilà qui risquait de compliquer un peu cet entretien. Quoique à bien y penser, pas vraiment. Expliquer à l'homme qui lui avait tout appris sur tout, ou presque, que le dernier descendant de la très grande et très noble famille Malfoy avait épousé l'une de ces moins que rien de sang de bourbe ne pouvait de toute façon pas être simple.
Lucius pris discrètement une grande inspiration et se décida à affronter son père.
- Bonjour, Père. Je vous présente mes respects.
- Tes respects ! Fi, donc ! Si tu me respectais à moitié autant que tu ne veux me le faire accroire, cette vermine issue de tes reins serait déjà passée de vie à trépas et rayée des registres.
- Plait-il ?
- Ne te fait pas plus bête que tu ne l'es. J'ose espérer que tu viens m'annoncer que ce traître à son sang est mort et enterré. Nous le pleurerons comme il se doit, bien sur. Puis tu te remarieras. Ton prochain fils, si tu suis cette fois mes conseils au lieu de le confier à sa mère, sera attaché à nos valeurs.
Lucius retint un soupir agacé et mâcha les mots qu'il allait dire. Avec son père, une phrase irréfléchie pouvait avoir des conséquences plus que fâcheuses. L'avantage d'être mort, disait-on est que l'on ne change plus. Dans le cas d'Abraxas Malfoy, il s'agissait plutôt là d'un atroce désavantage. Pour son entourage surtout.
- Pour être franc, Père, je n'ai nulle intention d'occire mon fils, ni de remplacer sa mère.
Abraxas leva bien haut ses sourcils à la courbe parfaite devant cette apparente rébellion filiale. D'un geste agacé, il repoussa l'une de ses longues mèches blanches derrière son épaule et se redressa dans le profond fauteuil de cuir qui prenait bien la moitié de la toile à lui tout seul.
- Alors je suppose que la sang de bourbe est morte. N'est-ce pas, Lucius ?
- Non.
La colère envahie le visage du vieillard comme un raz-de-marée. Lucius vit distinctement la rougeur envahir les joues, puis les oreilles et enfin le front de son père. Il reconnut immédiatement le battement du petit muscle qui faisait l'angle de la mâchoire. Lorsqu'il était enfant et voyait son père dans cet état, il courait se cacher dans le boudoir de sa mère. Avant de comprendre qu'en demandant à la pauvre femme de le protéger, il la condamnait à subir la rage de son époux. Avec le temps il avait appris à faire front, ou plus exactement à subir. Surtout après que Romana fut morte un soir de colère paternelle. Mais ce temps était depuis longtemps révolu. Et pour la deuxième fois de sa vie, il allait sciemment à l'encontre de l'avis d'Abraxas.
- Je ne vous suivrais pas, Père. Notre famille marche résolument vers des temps nouveaux et il faut maintenant de laisser ces antiques coutumes derrière nous. Je ne tuerai pas mon fils, tout comme je ne tuerai pas ma femme pour la remplacer et je n'engendrerai pas d'autre héritier. Je suis venu aujourd'hui vous informer que Draco confirmera sous peu ses vœux matrimoniaux dans ce château qui m'a vu naître. Je suis certain qu'avoir votre bénédiction lui aurait plût, mais votre position étant immuable il s'en passera fort bien.
- Comment oses-tu ? Me parler ainsi. A moi qui t'ai élevé et nourri. A moi à qui tu dois tout ! Jusqu'à ta propre existence. Par l'Ancien qu'ai-je fait pour que ma descendance se révèle si corrompue ? Pardonnez-moi, mes pères. J'ai failli à ma mission et n'ai su transmettre nos valeurs éternelles. Ne fussé-je déjà mort, je m'eut sacrifié en l'instant pour expier ma faute.
- Cessez vos simagrées, Père.
- Je t'interdis de me donner ce nom ! Je ne suis plus ton père, tout comme tu n'es plus mon fils. Jamais mon fils n'aurait adopté ses vues contre nature.
- Je suis aujourd'hui votre fils plus que jamais. Après tout, mon frère lui aussi avait osé s'élever contre vos préceptes. Qui d'autre nous aurait transmis ce trait commun si ce n'est vous ?
A ces mots, Abraxas qui semblait jusqu'à présent bouillir de colère devint d'un calme glacial. Il braque ses magnifiques yeux bleus que le temps n'avait pas corrompus sur son fils et :
- Que sait-tu de ton frère ? Tu n'as pas de frère, Lucius. Tu es fils unique.
- Comme c'est pratique, n'est-ce pas ? Et quel dommage que vous ne soyez plus de ce monde pour nous éliminer ma descendance et moi comme vous avez tué mon frère et « corrigé votre faute».
Le vieillard lança à son fils un regard de pure haine.
- J'aurai du te faire disparaître quand tu as refusé d'épouser Bellatrix. Tu voulus me faire croire qu'elle était mentalement instable mais je sais, moi, la vérité. Tu étais bêtement épris de sa sœur. Que n'as-tu été admis à Poufsoufle, toi qui reste si sentimental. Nous ne sommes pas sur cette terre pour satisfaire nos caprices, Lucius.
- Je connais cette leçon par cœur, Père : « Nous ne sommes ici bas que pour perpétuer notre noble lignée et la préserver de la soue ». Je n'y crois pas. Je n'y ai jamais cru. Je n'aime pas Hermione, mais sa vie étant garante du bonheur de mon fils je ne la tuerai pas.

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Quand Hermione ouvrit les yeux, la première chose qu'elle se demanda fut pourquoi la courtepointe avait changé de couleur pendant la nuit, avant de se rappeler qu'elle n'était pas au manoir. Draco et elle avait rejoint Lucius la veille au soir après qu'ils eurent finit leurs propres préparatifs.
Chose amusante Narcissa qui les accompagnait semblait surexcitée à l'idée de la cérémonie à venir malgré les tentatives de Draco pour la calmer en lui répétant que de toute façon, Hermione et lui était déjà mariés, que la moitié au moins de l'assemblée était au courant et qu'il ne comprenait pas la cause de toute cette agitation. Invariablement, elle lui répondait par un grand sourire avant de l'embrasser sur la joue, si bien que le jeune homme avait finit par laisser tomber.
Un bras vint se glisser sur la taille de la future (re)mariée. Elle se tourna vers son propriétaire qui chose curieuse ne s'était pas levé à point d'heure pour aller crapahuter dans la pampa.
- Bonjour Draco. Bien dormi ?
- Huuumf.
- A ce point ? Se moqua la jeune femme devant les tentatives infructueuses de son époux pour prononcer une parole articulée.
- Ne commence pas à m'embêter alors que je ne suis même pas levé, s'il te plaît, marmonna-t-il entre deux bâillements.
Puis il attira Hermione plus près de lui et se blotti de nouveau au creux du lit bien chaud. Elle profita un peu de ce contact avant de recommencer à charrier son blondinet.
- Et pourrais-je savoir pourquoi n'es-tu pas allé entretenir ce corps d'athlète, ce matin ? Je te préviens, si tu deviens gros et mou je ne t'épouse pas.
Draco rouvrit un œil.
- Je croyais que ça te ferai plaisir que je reste avec toi, mais puisque ce n'est pas le cas je m'en vais.
Il s'étira et repoussa les couvertures avant de les rabattre rapidement sur sa poitrine.
- Plus tard, ajouta-t-il avec un frisson.
Il avait juste oublié que le Château étant beaucoup moins utilisé que le Manoir, ses chambres étaient beaucoup plus humides, malgré les feux de bois allumé dans les cheminées depuis l'arrivée de son père. Trente heures ne suffisaient pas à effacer une grosse vingtaine d'année de désertion.
Draco fit mine de s'étirer, fallacieux prétexte pour se serrer contre le corps chaud de sa compagne. Bien sur, celle-ci ne fut pas dupe une minute de ses simagrées, mais fit comme si.
- Y a t-il un programme de prévu pour aujourd'hui ?
- Malheureusement oui. Mais rien d'urgent donc on va sagement attendre que la chambre dégèle avant de se lever. De toute façon, il n'est que 6h30.
- Hein ? Mais je ne me réveille jamais aussi tôt d'habitude !
- Ne t'en fait pas, répondit Draco avec un sourire étrange, personne ne dort jamais bien tard ici.
Voyant que la jeune femme allait lui poser plus de questions, il se dépêcha de détourner son attention sur la cérémonie qui approchait et ses parents qu'il faudrait aller chercher dans la soirée. Ils avaient prévu de transplaner directement chez les Granger avant de rentrer au château par le même transport juste avant le dîner.
Une heure au moins avait passé lorsque Draco décréta qu'il était grand temps de se lever.
- Et on peut connaître ce programme super important de la journée ? Demanda Hermione en attrapant la robe de chambre posée sur le valet chauffant près de sa tête de lit.
- Aujourd'hui je te présente à la très noble famille Malfoy.
La jeune femme jeta à son époux un regard interdit.
- Oh.

On ne pouvait pas dire qu'Hermione mourrait d'impatience de rencontrer les Ancêtres Malfoy au grand complet. Devoir passer des heures à fréquenter une bande de bigots collets-montés qui lui expliquerait en long en large et en travers à quel point son existence déshonorait les mille générations à venir était relativement éloigné de sa conception d'une journée idéale. A ce demander pourquoi elle avait accepté de se livrer à cette pantalonnade.
Juste après le petit-déjeuner, sur les conseils de Draco, elle monta enfiler l'une des nouvelles robes que Narcissa lui avait fait faire. Une demi-heure plus tard, elle attendait fébrilement que Draco ouvre la porte menant à la galerie où trônait les portraits de dizaines de générations de Malfoy.
Après avoir vérifié qu'Hermione ne mourrait pas d'une crise cardiaque dans les dix minutes, Draco lui prit la main et la pressa gentiment. Il ne comprendrait décidément jamais comment une personne aussi nerveuse avait réussi avec brios tous ses examens, mais bon… Un dernier sourire d'encouragement et il ouvrit enfin la porte.

Devant eux s'étendait un couloir dont l'extrémité semblait se perdre à l'autre bout du monde. Hermione eut l'impression qu'il s'étirait sur des miles et des miles. De toute évidence il était beaucoup plus long que le château lui-même. La jeune femme compris alors pourquoi son mari avait prévu une journée entière pour ces présentations.Le jeune couple fit quelques pas et s'arrêta devant le premier tableau. Il représentait un homme d'âge moyen, très brun vêtu d'une sorte de toge blanche, liserée de motifs géométriques bleus. Il salua Draco dans une langue qu'Hermione ne comprit pas et celui-ci lui répondit de même. Puis les deux hommes se tournèrent vers elle et continuèrent en anglais.
- Douce Hermione, permets-moi de te présenter le premier de ma lignée, Polybos.
- C'est un plaisir d'accueillir dans ma maison une dame d'une si parfaite beauté. Puisse Héra te prêter vie et force. Quand tes reins seront lourds de notre éternité, qu'Elle te soutienne jusqu'à la délivrance.
La jeune sorcière s'inclina et remercia Polybos de son accueil. Mais dans son fort intérieur, elle ne manqua pas de noter que l'Ancien était fidèle à la réputation des grecs de l'antiquité : misogyne et macho au possible. Pour lui elle n'était rien de plus que le réceptacle destiné à porter la génération suivante. Une chambre d'incubation en somme. Charmant. Elle décida de ne pas trop s'attarder sur la psychologie d'un homme mort depuis plus de deux mille ans et se retourna avec son époux vers le tableau faisant face à Polybos. Il s'agissait cette fois d'une minuscule petite femme. Elle n'avait pas dû mesurer plus d'un mètre cinquante de son vivant, mais malgré sa petite taille elle était d'une beauté parfaite : de grands yeux noirs, une opulente chevelure couleur châtaigne, une bouche aux lèvres pulpeuse, tout se combinait pour créer le plus beau visage qu'Hermione eut jamais vu. Même Narcissa passait pour à peine jolie face à une telle concurrence.
- Et voici Eurykléia, l'épouse de Polybos. Déclara fièrement Draco. Si ça peut te rassurer, ajouta-t-il en voyant l'impression que son aïeule faisait sur sa femme, elle est morte à plus de soixante ans et ne ressemblait plus vraiment à ça sur la fin.
- Je vois mon très cher petit que toi en revanche ne change pas en vieillissant : tu es toujours aussi goujat, répondit Eurykléia avec un petit rire. Aurais-tu préféré que je présente pour l'éternité mon visage fané à mon Maître ?
- Son Maître ? S'étonna Hermione ?
Le jeune sorcier eut l'air étonné de sa surprise.
- Ne sais-tu donc pas que dans la Grèce antique les femmes valaient à peine plus que des objets ? Eurykléia avait un statut spécial par sa beauté, mais elle était une exception.
- Bienvenue à toi Hermione, je ne peux que te renouveler les souhaits de mon Polybos.
- Merci, madame.
Le jeune couple avança un peu et s'arrêta à nouveau.
- Voici Pénélopéia, la fille de Polybos et Eurykléia, et en face d'elle son époux Médon.
Nouvelles salutations et souhaits de bonnes choses, nouveau remerciements. Draco avança ensuite jusqu'au couple suivant.
- Eumaios, fils de Médon, voici ma promise.
- Je te renouvelle les souhaits de mes pères, douce Hermione.
Eumaios sembla sur le point d'ajouter quelques choses mais s'interrompit. Voyant que la jeune sorcière attendait poliment de savoir s'il avait terminé ou non de parler, il se mit à rire.
- Tu as l'œil attentif, douce Hermione, mais je ne veux te retenir pour l'instant. Tu as plus de 23 siècles à rencontrer, nous bavarderons une autre fois.
Hermione sentit Draco lui serrer un peu plus la main tandis qu'il se penchait vers elle pour lui murmurer à l'oreille :
- Méfies-toi d'Eumaios. Il adore les jolies femmes et ne se prive pas de conter fleurette. Si tu cèdes à son invitation, il te faudra au moins une journée entière pour te débarrasser de lui.
Ce fut au tour de la jeune femme de rire tandis qu'il avançait encore un peu dans l'interminable couloir.

Il leur fallut plus d'une heure pour quitter la Grèce antique puis une autre demi-heure pour se débarrasser de la Rome antique, après un petit crochet d'une dizaine de minute par l'Egypte, l'un des ancêtres ayant préféré s'installer à Alexandrie plutôt qu'à Rome. Vers midi ils abordèrent le haut Moyen-Âge par l'Est. Sextus Furius Magnus avait fuit l'Empire romain en pleine décadence et gagné la Germanie où il avait pu en toute quiétude continuer à adorer les Dieux de ses pères au lieu de se convertir à cette nouvelle religion étrange, le christianisme.

La lignée ininterrompue des Malfoy - même s'ils ne portaient pas encore ce nom – se résumait à une longue succession de visages plus ou moins beaux aux atours changeant selon les lieux et les époques. Hermione faisait de son mieux pour rester courtoise avec tous, même si passée la première heure elle commençait à s'ennuyer ferme. Mais en passant devant un autre portrait, elle sursauta.
- Voici Gorblek. Il a épousé Bùrja, fille unique d'Ulrich.
La jeune sorcière tenta de reprendre contenance avant de prendre la parole.
- Euh… Draco. Je me trompe peut-être – bien que ce soit fort improbable – mais il me semble que tu me montre là… le portrait d'un gobelin.
Son mari n'eut pas le temps de répondre, coupé qu'il fut dans son élan par Gorblek.
- Vous faites preuve, mon enfant, d'un esprit de déduction absolument étourdissant. Puis-je savoir sur quels faits vous assoyez une telle conclusion ?
- Et bien… sur le fait que vous êtes… un gobelin.
L'air plutôt perturbé d'Hermione n'échappa pas à Draco qui ne put s'empêcher d'éclater de rire. Voyant qu'il se moquait d'elle, la jeune femme éclata :
- Quand je pense que tu passe ton temps à te vanter de ton sang pur alors que tu as un ancêtre gobelin !
- Que voilà une vilaine réaction pour une personne se vantant de ne pas avoir de préjugés !
- Je n'ai pas de préjugé. Je remarque simplement que tu es un menteur de première et que tu n'as pas le sang aussi pur que tu veux le faire croire.
- Je t'ai toujours dis que je n'avais pas de moldus dans mon ascendance, Trésor. Il ne me semble pas avoir émis une quelconque remarque sur les autres… possibilités.
Hermione fut estomaquée par autant d'aplomb.
- Tu fais preuve d'une mauvaise foi incroyable, Draco.
- Je fais de mon mieux. Maintenant, si tu es remise, nous pourrions reprendre cette visite ?
- Hum.
Elle allait reprendre leur longue traversée du couloir mais s'interrompit avant d'avoir atteint le tableau suivant.
- Mais pourquoi un gobelin ?
- Deux raisons, répondit Draco en la prenant par la main pour la faire avancer. Ma famille était fauchée et lui pas ; ma famille était noble et lui pas. Il a donc épousé une sorcière qui lui apportait un statut social élevé en échange du renflouage des caisses familiales. Caisses qui ne se sont plus jamais retrouvées à sec depuis. En plus de ses sous, il a aussi transmis une grande aptitude magique et un don inné pour la finance – soigneusement entretenu par des cours de comptabilité dès le plus jeune âge.
- Et un physique pour le moins particulier, souffla la jeune femme.
Le jeune couple se trouvait devant le premier des surgeons gobelinoïdes et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il n'avait pas du passer inaperçu dans une foule. Si les Malfoy – qui ne portaient d'ailleurs toujours pas encore nom – étaient jusque là dans une moyenne honorable quant à la beauté plastique, leurs descendants étaient d'une laideur à peine avouable. Hermione eut une pensée pour les pauvres épouses de ses créatures qui avaient sans doute été forcée par leurs parents à ce mariage en échange d'un rang.
Il avait fallu cinq générations à la famille pour retrouver un aspect à peu près normal, ou pour le moins totalement humain. D'un seul coup elle avait perdu la plupart des traits propres aux gobelins, comme les oreilles un peu trop pointues ou les dents cruelles. Et la cause de ce changement se tenait devant Hermione.
Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait une telle créature, même si cette espèce n'habitait pas en Angleterre. Lorsqu'elle en avait vu de loin, elle avait deviné leur infinie beauté et leur pouvoir de séduction sans le percevoir tout à fait. Puis elle avait en de nombreuse reprise côtoyé des hybrides de cette race en les personnes de Fleur et Gabrielle. Mais rien ne l'avait préparée à la créature qui se pavanait dans un cadre en face d'elle.
- Voici Millanka, déclara Draco avec un doux sourire. La plus belle vélane qui a jamais foulé cette terre. Du moins c'est ce que dit la légende.
- Elle est…
- Epoustouflante, termina le tableau.
- Imbue d'elle-même, capricieuse, égoïste et totalement amorale, termina son descendant.
Millanka eut un petit haussement d'épaule, comme si ses accusations ne la concernaient pas. A vrai dire elle avait même l'air totalement indifférent à Hermione : elle s'était contenté de lui jeter un petit coup d'œil et réservait maintenant son attention à Draco.
- Compte-tu vraiment l'épouser, mon Draco ? Elle n'est pas ce que l'on peut appeler ton égale.
Hermione ne comprenait pas pourquoi son époux paraissait si mal à l'aise devant la vélane. Il évitait son regard et répondait de manière très sèche aux questions qu'elle lui posait. Il fallut une bonne minute à la jeune femme pour se rendre compte que la créature faisait de son mieux pour le séduire. Se souvenant de la réaction de Ron et Harry devant les mascottes bulgares en 1994, elle ne tergiversa pas et interrompant la scène poussa son mari jusqu'au tableau suivant.
- Mais je rêve ! C'est quoi cette créature ?
- Je te l'ai dis : une vélane.
- Merci j'avais remarqué. Je voulais dire « Comment ose-t-elle user de son pouvoir sur toi ? » ne sait-elle donc pas que tu es son descendant ?
Draco eut un petit rire désabusé.
- « Dix siècles nous séparent, Trésor. Pour elle je ne suis qu'un homme particulièrement bien fait qui a l'audace de ne pas tomber sous son charme au premier coup d'œil. » Puis voyant l'expression dubitative de sa femme il ajouta « Mais pour moi elle est une ancêtre, au même titre que ma grand-mère. Même si ça ne m'empêche pas d'avoir énormément de mal à échapper seul à son emprise. »
- Mouais. C'est une sale perverse et puis c'est tout.

Il leur fallut un quart d'heure et un demi siècle supplémentaires pour voir apparaître le premier Malfoy à proprement parler. Il s'agissait d'un saxon qui avait épousé la fille d'un normand. Lors de la conquête de la Grande-Bretagne par les troupes de Guillaume, il avait préféré se battre contre les siens dès qu'il avait sentit le vent tourner ; ce qui lui avait valut les honneurs du nouveau chef du pays. Mais sa réputation de traître ne l'avait jamais quitté, d'où le patronyme qu'il avait légué à ses descendants.
Ce n'est que vers la fin du XIIème siècle que la famille s'était établie dans le comté de Wilt, qu'elle occupait toujours. Ses membres, pour autant qu'Hermione put en juger, avaient toujours occupé des places importantes et prestigieuses, mais jamais ostentatoires. Il semblait aussi que l'appartenance au conseil administratif de Poudlard fut une autre tradition : Dès la disparition du conseil original formé par les fondateurs, il y avait toujours eut un Malfoy parmi les dirigeants de l'école, comme ne manquaient pas de le préciser les petites plaques de cuivre fixées sous les tableaux.
Alors qu'ils passaient devant les cinq générations du XVIème siécle, Hermione se fit la curieuse réflexion que non, la blondeur des Malfoy n'était pas aussi ancestrale que leur fortune et leur nom. Il lui avait pourtant semblé que ces trois éléments, clé de voûte de l'identité malfoyienne, étaient indissociables. Elle ne put s'empêcher de faire part de ses réflexions à son cher et tendre qui lui répondit par l'un de ses horripilants sourires en coin.
- Attends encore un siècle.
Effectivement un siècle plus tard – du moins c'est ce qu'il lui sembla car elle commençait à trouver vraiment pénible cette succession sans fin de visage de moins en moins sympathique – elle put constater que les Malfoy étaient devenus blonds. Tous. Platine. Et la responsable de cette blondeur congénitale se tenait fièrement devant elle, parfaitement droite dans son cadre.
- Et voici, Ludmilla.
- Encore une vélane ?
- Je vous assure que c'est le seul trait que je partage avec Millanka.
- Comment savez-vous que je faisais référence à elle ? Demanda Hermione, étonnée par la sagacité de son interlocutrice.
- Aisée est cette énigme : elle est la seule vélane au monde à pouvoir provoquer un tel dégoût de notre espèce en moins de cinq minutes. Il est plaisant de voir un peu de diversité par ici. Bienvenue à toi, Fille de moldus.
La jeune femme fut quelque peu désarçonnée par le franc parler de Ludmilla. Elle ne s'attendait pas à cela de la part d'une femme – façon de parler – qui avait probablement fréquenté la Grande Elisabeth. Il lui semblait pourtant qu'à cette époque, la gente féminine était plus admise à l'atelier broderie qu'au salon où se faisaient les discussions intéressantes. Quoique la beauté de la vélane avait du lui valoir quelques dérogations.
- Non pas, ma chère enfant. Peut-être devriez-vous faire preuve de moins de suspicion quant au motivations d'autres temps.
- Je vous demande pardon ?
- C'est bien ce que vous pensiez à l'instant : qu'à mon époque les femmes n'avaient nulle voix au chapitre ?
- J'ai oublié de te prévenir, Trésor, Ludmilla est aussi la plus grande légilimens connue à ce jour. Quoi qu'ait pu en penser certain sorcier que je ne nommerai pas. Ferme bien ton esprit si tu ne veux pas qu'elle y accède, mais même moi j'ai du mal à l'empêcher totalement de lire en moi. Et pourtant je tiens d'elle.
- Ne serait-il pas plus simple que Ludmilla ne lise pas à tout bout de champ dans tout le monde.
- Ce serait assurément plus simple, mon enfant, mais beaucoup moins instructif. Je pense que vous êtes une intéressante recrue dans cette famille, mais prenez garde à votre manie de tout vouloir catégoriser. La vie est un peu trop compliquée pour pouvoir se diviser en petites boîtes. Maintenant vous devriez continuer votre trajet, si vous voulez pouvoir aller chercher les parents d'Hermione à temps.
Avec un dernier sourire complice à son ancêtre, Draco poussa une Hermione pour le moins décontenancée vers le tableau suivant.

Autant les premiers se contrefichaient apparemment de ses origines, autant l'hostilité anti-moldue se faisait plus présente au fur et à mesure que le jeune couple avançait dans le temps. Et comme pour bien marquer la chose, la période « blonde » de la famille était marquée par une intolérance presque trop forte pour être vraie.
Hermione était présentée à toute vitesse à des gens qui de toute évidence n'avaient pas envie de la voir, par un Draco qui écourtait les choses autant que possible. La période la plus pénible fut la fin du XVIIIème siècle, quand un certain Joshua lui reprocha en plus d'être française. Celui-là avait du être traumatisé par l'afflux de réfugiés français lors de la Terreur. En faisant la part des choses, les Malfoy nouveaux étaient extrêmement gentils et accueillants. C'est pour dire.

Sur les coups de quinze heures, enfin, la visite s'acheva. De manière plutôt abrupte en fait, par la présentation à l'arrière-grand-père de Draco qui bien sûr ne manqua pas de se désoler tant qu'il le put du choix de son arrière-petit-fils. Chose curieuse, Hermione devait quand même être à son goût puisqu'il proposa à Draco de la garder comme maîtresse même s'il se devait absolument de concevoir une descendance avec une femme d'un meilleur sang.

Bien qu'elle fut infiniment soulagée d'en avoir fini avec cette liste sans fin de visages et de noms, la jeune sorcière ne put s'empêcher de remarquer que quelques personnes manquaient à l'appel.
- Dis-moi, pourquoi Eidan n'est-il pas ici ? Je pensais le voir en même temps que les autres.
- Nous sommes passé devant son tableaux mais il n'y était pas. Tu n'as pas vu ? Il n'y est pas souvent d'ailleurs. A ce demander où il passe son temps.
- Il n'y avait pas tes grand-parents non plus.
Le visage de Draco se ferma, comme si sa moitié venait précisément d'aborder un sujet qu'il aurait bien aimé éviter.
- Et bien pour faire simple, disons que je ne pense pas que rencontrer mon grand-père soit une excellente chose. Il doit encore être énervé de sa discussion avec mon père et je ne voudrai pas qu'il te fasse du mal.
- Je ne vois pas ce qu'il pourrait me dire de plus que tes ancêtres ne m'aient déjà reproché. Et ta grand-mère ?
- Elle se cache dans une autre pièce à l'étage supérieur. Je crois qu'elle a toujours un peu peur de croiser son mari alors elle ne bouge jamais.
Hermione fronça les sourcils de perplexité.
- Il était vraiment si horrible ?
- Tu n'as pas idée. Maintenant si ça ne t'embête pas, j'aimerai bien qu'on aille chercher tes parents avant demain, donc si tu voulais bien avancer, on pourrait peut-être aller se préparer.

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Pour la première fois de leur vie, Richard et Carol avaient transplané, et pour être honnête ils n'étaient pas pressés de renouveler l'expérience.
Le moldu se dégagea des bras de Draco qui le tenait par les épaules et se pencha en avant, tentant de reprendre son souffle.
- Ca va aller Richard ? Le mal de transports peut-être ? Je vous en prie, si vous voulez vomir éloignez-vous de mes chaussures, ça me ferait plaisir.
Il lança à son gendre un regard-de-la-mort-qui-tue qui aurait sans doute été plus efficace s'il n'arborait pas ce joli teint verdâtre.
De son coté, Carol n'allait pas bien mieux, mais elle avait au moins les bras compatissants de sa fille pour la soutenir. Comme quoi la vie est injuste.
Après avoir laissé à ses aînés le temps de se reprendre, Draco mena la petite troupe le long du chemin qui menait à l'entrée du château. Il aurait pu transplané plus près de la bâtisse bien sûr, mais il tenait à ce que ses beaux-parents garde une image inoubliable du château. Et il n'était jamais aussi impressionnant qu'à la tombée de la nuit, surplombé par les lourds nuages chargés de pluie. Cela lui donnait un côté indestructible, symbole de la survivance de sa famille.
-Bienvenue au Malfoy Castle, dit-il d'un ton quelque peu emphatique regardant avec satisfaction l'air abasourdi des moldus.
- Oui enfin, c'est juste une très grosse maison, marmonna Hermione cassant impitoyablement ses effets.
Draco aurait pu lui lancer un regard d'avertissement, mais il se contenta de hausser les épaules et de franchir le pont-levis, sa petite famille à sa suite.

Dans le vestibule, Narcissa les attendait, telle une antique douairière. Tandis qu'Hermione entraînait son époux dans un coin, probablement pour lui dire ce qu'elle pensait de son numéro de fanfaronnade, lady Malfoy senior salua Carol avec une chaleur non feinte, Richard avec un peu plus de retenue, puis les conduisit dans l'unique aile occupée.
Mme Granger s'étonna d'ailleurs du manque de population des lieux.
- Dîtes moi, ma chère, êtes-vous certaines que le manoir aurait été trop petit ? Je veux dire, nous ne sommes que six ce soir et…
- Ne vous inquiétez pas Carol. Avant demain soir l'aile ouest sera emplie de sorciers braillant et vous m'accorderez qu'avoir prévu une aile rien que pour nous est le minimum vital. Et dans deux jours, quand votre famille sera arrivée et l'aile est pleine de moldus, vous fuirez dans votre chambre pour avoir un peu de calme.
Richard, qui jusque là écoutait la conversation sans y participer ne put s'empêcher de relever un détail qui le chiffonnait.
- Il y a bien quatre ailes dans ce château, non ? Qu'y a-t-il au nord ?
- Les quartiers des domestiques. Nous avons fait appel à de nombreux sorciers familiers du monde moldu et désireux de trouver à s'employer pour assurer le service. Il était hors de question de laisser nos braves elfes déambuler parmi les invités. C'est que nous devons respecter la loi comme tout un chacun voyez-vous.
- La loi ? Releva Richard.
- Et bien mon brave, celle relative au secret du monde magique, voyons ! Hermione ne vous en a-t-elle donc jamais parlé ?
- Et bien, sans doute. Probablement la fois où elle nous a lu les codes civil et pénal sorciers mais excusez-moi si je n'ai pas tout retenu.
Narcissa crut un instant que le moldu se fichait d'elle, avant de se dire qu'il était en effet probable que sa bru s'était livrée à ce genre de présentation. Elle envisagea un instant de tout annuler de peur que ses petits-enfants ne naissent un livre entre les mains et un dictionnaire dans la tête, avant de se rappeler qu'il était de toute façon trop tard. Elle réafficha un sourire propre à une femme sur le point de marier son fils unique et continua de guider ses hôtes jusqu'à leurs quartiers.

Elle leur fit l'honneur de leur chambre, puis les laissa s'installer, non sans leur rappeler qu'ils dîneraient à 20h précises et qu'ils pouvaient appeler un elfe de maison s'ils désiraient quoi que ce soit, retrouver son chemin dans le château faisant partie des éléments « demandables ».
- Et bien si Draco est moitié aussi collet monté que sa mère, elle ne va pas s'embêter notre petite Hermione, c'est moi qui t'le dis.
- Richard, est-tu obligé de voir toujours les choses en noir ? Je trouve, moi, que Narcissa nous a fait très bon accueil et qu'elle a su rester simple malgré son rang.
- Simple ?
Le visage de Richard expliquait sans la moindre ambiguïté possible ce qu'il pensait de la prétendue simplicité de Lady Malfoy. Il se composa cependant très rapidement une attitude exagérément ouverte et souriante quand il vit l'expression de sa femme.
- A ton avis, je mets quoi pour dîner ?

Richard n'avait que moyennement envie de passer un dîner en compagnie des Malfoy, mais il ne pouvait, sans risque de grave dispute conjugale, se dérober. Il enfila donc l'un des costumes que Carol avait glissé dans leurs bagages – « mais voyons, tu sais bien que dans ces milieux là on s'habille pour dîner » - et en soupirant pris le chemin de la salle à manger.
A sa plus grande surprise, il découvrit que si Narcissa n'avait pas dérogé à la mode sorcière, Draco et – ô ! miracle – Lucius avait choisi de porter eut aussi de classiques costumes trois pièces. Pantalon, veste, gilet, chemise, cravate, sans aucun doute tout était d'inspiration pas sorcière du tout. Avec un sourire il nota que le maître des lieux portait même la cravate en soie que Carol et lui avait passé une heure à choisir lors de leurs emplettes de Noël. Bien sur, il ne put s'empêcher de lui en faire la remarque.
- Ca fait tout drôle de vous voir habillé normalement, Lucius.
- Normalement ? Releva le maître des lieux. Je me suis dit qu'il me faudrait bien un jour ou deux avant d'arriver à porter ses choses convenablement, alors autant m'y mettre tant que nous ne sommes qu'en petit comité.
- En tout cas je suis ravi que votre cravate vous plaise. Je dois avouer que nous avons eu du mal à nous décider Carol et moi. Au début nous pensions vous prendre un livre et puis on s'est dit que c'était un peu dangereux… Enfin, je veux dire que vous pourriez ne pas l'aimer, se reprit précipitamment le moldu.
Lucius lança un regard perplexe au père de sa bru, se demandant se que cachait se lapsus.
- Que voulez-vous dire exactement par « dangereux » ?
- Mais, euh...rien, voyons.
- Voyez-vous cela.
- Enfin, c'est juste que..euh… enfin nous savons que vous avez parfois des réactions excessives en présence de livres et que nous ne voulions pas…
Lucius qui avait très bien compris ce que sous-entendait son alter ego ne put s'empêcher de répliquer.
- Puis-je savoir en quoi ma réaction face à un livre pourrait être excessive ? Vous aviez peur que je vous le lance à la tête, peut-être ?
- Précisément. C'est que voyez-vous, nous avons déjà eut un aperçu de votre habileté dans cette discipline particulière qu'est l'escrime libraire et je ne voulais pas en faire les frais.
- Je ne vous permets pas, Richard, dit Lucius d'une voix polaire.
C'est qu'il n'avait nulle envie de se voir rappeler l'un des épisodes les plus humiliant de sa vie. Bon, il est vrai qu'il poursuivait un objectif précis et que se battre dans une librairie avec Weasley n'était qu'une étape, mais que ce moldu le lui rappelle quinze ans plus tard, voilà qui était on ne peut plus inadmissible. D'autant plus que cet exercice de mémoire semblait amuser particulièrement son invité. Invité qui continuait à pérorer d'ailleurs.
- C'est peut être une coutume sorcière, de se taper à coup de livre. Elle date de quand ?
Lucius allait le renvoyer dans ses pénates, mais il fut pris de vitesse par un nouvel arrivant.
- C'est avec un bonheur inégalé que je découvre d'où la jeune Mrs Malfoy tient son humour ravageur.
Draco se leva et serra la main de son ancien professeur de potion avant de le conduire à table.
- Et bien Severus, j'ai bien cru que tu réussirais à te soustraire à tes obligations une fois de plus, glissa Lucius.
- A quelles obligations penses-tu au juste ? Il ne me sembla pas avoir jamais failli à mon devoir de parrain.
Puis sans autre forme de procès, Rogue se tourna vers les Granger et se présenta à eux. S'ensuivit une discussion animée sur les mérites des élèves de Poudlard qui eut le don d'agacer prodigieusement le maître de potion. Lui qui espérait échapper à l'école au moins le temps du mariage, c'était raté. Il se désintéressa peu à peu de la conversation, mais son attention fut de nouveau totale lorsque Richard, pour clore le sujet de savoir qui de sa fille ou de Draco était meilleur élève, lança :
- De toute façon, tout cela n'a plus d'importance maintenant. Mais je compte sur mes petits-enfants pour dépasser leurs parents. Pensez-vous qui vous serez toujours en poste d'ici une quinzaine d'année Professeur Rogue ?
Dans l'esprit de Severus se forma peu à peu l'image d'un jeune garçon blond platine, les cheveux en bataille, totalement imbu de sa personne et près à sortir à la vitesse de l'éclair l'intégralité des manuels qu'on aurait eut l'imprudence de laisser traîner sur son chemin.
Et c'est avec une mimique de désespoir que le plus grand fabricant de potion de sa génération imagina le vieux château remplit de la bruyante progéniture de son filleul.

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Les premiers invités arrivèrent dès le matin du 13 janvier. D'abord Blaise et sa petite amie du moment Gladys, puis Pansy et Ron. Harry et Ginny arrivèrent en début d'après-midi, juste avant que ne commence le défilé de célébrités, de partenaires financiers et de connaissances plus ou moins proches. Le sortilège anti-transplanage avait été supprimé sur la cour intérieure, ce qui évitait aux hôtes de devoir monter la longue allée qui menait à l'entrée du château et mettait en joie les domestiques qui s'évitaient ainsi de devoir monter cette même allée les bras chargés de bagages.

Ginny, maintenant enceinte de six mois, avait apporté avec elle la robe d'Hermione. Elle l'avait gardée avec elle jusqu'alors afin de pouvoir faire les dernières retouches nécessaires. A deux jour du mariage, elle était fin prête. C'est donc avec une fierté méritée qu'elle présenta à Carol et Narcissa le fruit de son travail. Et elle avait de quoi être fière.
Au début Ginny avait pensé, sur les conseils de son mari, faire une robe de mariage traditionnelle moldue blanche avec plein de froufrous. Mais ce type de robe, et ce qu'elle représentait n'avait pas d'une part pas de signification dans le monde sorcier et d'autre part même la symbolique moldue ne serait pas représentée, Hermione n'étant plus une « pure jeune fille » depuis longtemps. Elle avait donc choisi de laisser libre court à son imagination. La robe qu'elle présentait maintenant avait l'avantage de correspondre parfaitement à la jeune épousée.
Si le bustier en velours de la robe marquant une taille haute rappelait une robe moyenâgeuse, les drapés qui en partaient en tombaient jusqu'aux pieds faisait plutôt penser aux vêtements que portaient les femmes romaines au début de notre ère. Une pièce de tissu vaporeux partait des épaules et descendait jusqu'au sol, sorte de compromis entre une cape et une traîne. Le résultat final donnait une impression de légèreté, un peu comme une robe de faërie.
Carol ne put cacher son admiration.
- Je n'étais pas très sur en voyant les croquis, mais elle est absolument ravissante, Ginny. Unique en son genre, comme ma fille.
- Merci, madame Granger. Est-elle aussi à votre convenance, Lady Malfoy ?
Les quatre femmes s'étaient réfugiées dans la chambre privée d'Hermione pour être à l'abri d'éventuels regards inopportuns. Chez les sorciers aussi on considérait comme portant malchance que le promis vois la robe avant les noces. Narcissa s'était donc postée près de la porte communiquant avec la chambre de son fils juste au cas où. Elle jeta un regard rapide à la robe, plus préoccupée par les voix qu'elle entendait derrière la porte. Elle reconnut sans peine celle de son fils, mais il lui fallut un petit moment pour identifier son interlocuteur.
- Tout est prêt ?
- Je me marie dans deux jours, Blaise. Si tout n'était pas prêt je serais en panique totale.
- Justement tu m'as l'air un peu nerveux.
- Absolument pas. La plupart des invités sorciers sont arrivés et les moldus débarquent demain. Il faudra juste ne pas oublier de rappeler à tout le monde de ne pas faire de magie ostensiblement lundi et voilà.
Après un moment de silence la conversation reprit.
- C'est ton costume ? Pas mal. Je pensais que tu aurais mis une robe traditionnelle.
- Un seul mot – non deux en fait : famille moldue.
- Il ressemble un peu à celui que tu portais pour le bal en septembre.
- Normal, il est fait sur le même modèle. Je l'aime bien cette coupe là, elle est élégante et confortable.
- Méfies-toi, tu commence à apprécier des trucs moldus.
Draco dû alors faire une drôle de tête car la seule réponse qu'elle entendit fut un éclat de rire de Blaise.
- Tant que j'y pense, voici votre portoloin. Il s'activera mardi à 15h.
- Tu ne veux toujours pas me dire où on va ?
- Je sais que tu adore les surprises.
Il y eut quelques bruits que Narcissa ne distingua pas, puis les deux hommes reprirent leur conversation.
- Tu n'as toujours pas changé d'avis, je suppose ?
- Ta gueule, Blaise. Je ne discuterai pas de ça ici… mais non, je n'ai pas changé d'avis. Et si tu évite d'en parler à tord et à travers il n'y a aucune raison que cela se sache.
Narcissa se demanda que pouvait bien cacher son fils. La suite de la conversation ne lui apporta malheureusement aucune réponse. Elle ne pouvait qu'espérer qu'il ne trempe pas dans quelque commerce louche.

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- Tu es sur que tu as pris la bonne route Mick ? Parce que ça fait au moins cinq miles qu'on n'a croisé personne.
- Mais oui c'est la bonne route. Regarde sur le plan que nous a envoyé Mione, on ne s'est pas planté.
Au moment où Arabella allait ouvrir la bouche, il aperçurent – enfin – la borne marquant la limite des terres du château des Malfoy, comme l'avait spécifié leur cousine.
- On est bientôt arrivé, maman ? Demanda sa fille depuis le siège arrière.
- Presque ma chérie. On vient de rentrer sur la propriété, donc on ne devrait pas tarder à voir le château.
Comme à chaque fois qu'on mentionnait le mariage de sa tatie Mione dans un château, les yeux de Victoria se mirent à briller.
- Dis Maman, c'est un vrai château ? Avec les Malichouquis et tout ?
Son père installé près d'elle se mit à rire et la corrigea gentiment.
- On dit des mâchicoulis, ma puce. Des mâ-chi-cou-lis.
- Et à ton avis maman, elle sera comment la robe de tatie Mione ? Au moins aussi belle que celle de Sisi, hein Maman ?
- Je ne sais pas ma chérie. J'aurai la surprise comme tout le monde. Répondit Arabella en coulant un sourire à son époux.
Si la découverte du parfait petit couple que formait Draco et sa cousine l'avait mise en rage en septembre, elle lui avait au moins donner le peps nécessaire pour tenter de sauver ce qui restait de son couple à elle. Il faut dire que la discussion qu'elle avait eut avec Hermione lorsqu'elle lui avait confirmé que Mathew et elle n'étaient pas loin du divorce y était pour beaucoup. Du coup elle avait pris son mari entre quatre yeux et avait mis à plat leurs divergences. Si cette technique fonctionnait avec les mauvais payeurs à la banque, il n'y avait pas de raison qu'elle échoue sur son époux, n'est-ce pas ?
La jeune femme reporta son regard sur la route, peu confiante en les aptitudes cartographiques (et de pilotage) de son frère.
- Etrange, tu ne trouves pas ? Lui demanda-t-elle.
- Quoi donc ?
- La borne était bien à deux miles maintenant et on ne voit toujours pas le château.
- Oui, mais je suis certain d'être sur la bonne route, alors ne m'ennuies pas.
- Oh moi je disais ça comme ça. Pas la peine de te fâcher.
- Je ne me fâche pas, je te réponds.
Arabella leva les yeux au ciel, vaincue par la mauvaise foi de son frère. En parlant de mauvaise foi, on pouvait dire que le fiancé d'Hermione en tenait une bonne couche, lui aussi. Finalement il aurait bien sa place dans la famille.

Après une énième boucle de cette route de campagne qui semblait serpenter sans fin dans la forêt de plus en plus sombre alors que tombait la nuit, le château apparut enfin, surplombant les alentour du haut de sa colline.
Victoria poussa un petit cri et se mit à serrer convulsivement l'épaule de son père.
- Regarde, Papa ! Regarde !
- Oui, je vois, ma chérie. Je vois.
Aucun des occupants du véhicule n'aurait imaginé une vision comme celle qui se découvrait à eut alors qu'ils s'engageaient dans l'allée puis passaient sur le pont-levis. Ils suivirent l'allée balisée par de petits murets de pierre ornés de vasques fleuries et s'arrêtèrent devant l'entrée du corps d'habitation. Avec une synchronisation digne d'un ballet russe, quatre domestiques se précipitèrent pour leur ouvrir les portières de la voiture et s'inclinèrent tandis qu'ils sortaient du véhicule. Debout au sommet des quelques marches permettant d'accès aux immenses portes de bois sculptées, un cinquième homme portant la traditionnelle livre noire à queue de pie s'informa de leur nom avant de leur souhaiter la bienvenue et de leur permettre d'entrer enfin dans la bâtisse.
Une fois les portes franchies, Mickaël ne put retenir le sifflement qui lui monta aux lèvres.
- Et bé ! Il ne s'emmerde pas le Draco. C'est une maison ou un musée, ici ?
- Plus exactement ce que vous appelleriez une « maison de campagne », répondit une voix au-dessus d'eux.
Ils levèrent les yeux et découvrir ledit Draco qui leur souriait depuis le balcon supérieur. Il descendit rapidement l'un des grands escaliers de pierre qui s'élevaient de chaque coté de la salle et tendit la main à Mick qui tout en la serrant l'attira à lui pour lui mettre de grandes claques dans le dos.
- Bienvenue dans cette humble demeure, dit le nouvel arrivant avec un air aussi humble que sa « maison ». Je pensais vous voir arriver plus tôt dans la journée. Un problème sur la route, peut-être ?
Arabella lança un regard en coin à son frère qui se garda bien de répondre à cette question. Il était en effet possible que les deux ou trois fois où il avait du rebrousser chemin après s'être trompé de voie les aient légèrement retardés.
- Vous êtes les derniers, continua Draco voyant que personne ne semblait vouloir répondre à ses précédentes questions.
Puis se tournant vers Mathew :
- Nous ne nous connaissons pas je crois. Je suppose que vous êtes l'époux d'Arabella, n'est-ce pas ?
- En effet, Mr Malfoy. Je n'ai pu assister à la réunion cette année. Pour raisons professionnelles.
« Et bien en voilà un qui ment très mal », pensa Draco en entendant cette excuse. Il se souvenait en effet très bien qu'Arabella était venue seule parce que son mariage était au bord de la faillite. Et la connaissant, il suspectait que Mathew n'était pas tant là pour assister à une cérémonie concernant la famille que pour aider son épouse à remonter au score face à Hermione. Avec un autre de ses fameux sourires malfoyens, Draco choisit de ne pas se mêler de cette compétition entre les deux cousines. Il ne releva donc pas l'erreur de Mathew quant à ses civilités et se contenta d'inviter la petite troupe à le suivre dans les couloirs du château.
- Toute la famille – du moins la plupart de ceux que j'ai rencontrés en septembre – est réunie dans le salon d'hiver. Si vous le voulez bien, nous pouvons aller les saluer avant que je vous accompagne à vos chambres.
Les moldus avaient commencé d'affluer dès le début de la matinée. Les réjouissances avaient débuté avec l'arrivée de William et Sophie, que Draco connaissait déjà, vers 9h du matin et s'étaient poursuivit toute la journée. Il ne serait pas tout à fait faux de penser que le jeune sorcier en avait plus que marre. S'il avait sans trop de problème géré la partie Granger de la famille, il lui avait été beaucoup plus difficile d'accueillir à bras ouvert la branche, famille de Carol. Non pas qu'ils fussent moins sympathiques, mais cette affluence de moldus inconnus avait mis tous les Malfoy mal à l'aise. D'autant plus que certaines jeunes personnes, avant d'apprendre que Draco était le promis de leur cousine/amie/voisine (biffer les mentions inutiles), lui avaient avec plus ou moins de détour fait comprendre qu'il était tout à fait à leur goût.
C'est donc avec un certain soulagement qu'il vit arriver les derniers invités. Non pas parce qu'il craignait qu'ils ne viennent pas, mais parce qu'ils étaient les derniers. Que parmi eux se trouvât Mickaël, avec qui il s'entendait particulièrement bien n'était qu'un plus bien entendu.
- Alors Drake, pas trop effrayé avant le grand jour ? Lui demanda à ce moment Mick. Eh ! Draco, je te parle !
- Hum ? Pardon, j'étais perdu dans mes pensées. Non, je ne suis pas nerveux. Pourquoi ? Je devrai ?
- Et bien tu va te lier de manière définitive à Hermione-à-la-tignasse-rebelle. Ca en ferait hésiter plus d'un, ça.
Draco se contenta de hausser les épaules, avant d'ajouter :
- Oh, tu sais, j'ai déjà vu sa chevelure au réveil, plus rien ne peut me faire peur.
- Oui, vu comme ça. Tu as déjà eu droit à l'autre moitié de la famille ou ils ne sont pas invités ?
- Si je t'ai invité toi, je peux inviter n'importe qui, Mick. Mais pour répondre à ta question, vous êtes les derniers et j'ai effectivement passé la journée à dire « oui, bonjour, je suis Draco, non je ne suis pas draguable, et vous ça va ? »
Mickaël coula un regard en coin à son beau-cousin avant de répondre.
- Remarque, je comprends que certains te trouvent à leur goût.
Le sorcier eut un petit rire sec et avec un petit coup de tête lança :
- Certains, hein ?
Puis il ouvrit la porte du salon et commença à présenter les nouveaux arrivants à ceux qui ne les connaissaient pas encore.

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Le salon d'apparat était plein à craquer. Au total, il y avait bien un petit millier de personnes venues assister à ce qui resterait dans les mémoires comme l'un des plus grands mariages du siècle. Evidemment, le fait que le siècle en question ne fut pas encore bien vieux aidait, mais ce n'était pas tous les jours qu'on avait l'occasion de participer à une cérémonie de cette ampleur.

Se souvenant de l'expérience du bal de l'Equinoxe, Hermione avait fait de son mieux pour ne pas se retrouver une fois de plus noyée sous les amis de sa belle-famille. Elle avait donc, en sus des quelques cent cinquante personnes qui composaient sa famille proche, invité toutes ses amies d'enfance et leurs familles. Coté Malfoy, on ne pouvait pas dire que la famille occupait toute la place. Mis à part les Tonks-Lupin, derniers représentants avec Narcissa de la très noble et très ancienne famille Black, il n'y avait pas de parentèle. La part belle avait donc été faite aux amis. Venaient ensuite les officiels et les associés qu'il eut put être dommageable de négliger. Et tout ce petit monde bruissait et caquetait en attendant l'arrivée des promis. Bien sur, ils seraient à l'heure. Avait-on déjà vu un mariage Malfoy commencer en retard ?

Enfin, les témoins firent leur entrée. Blaise et Harry avancèrent de concert dans l'immense travée centrale. Pour Harry surtout, qui détestait les mondanités, ce fut un supplice. De nombreux photo-reporters le bombardèrent de flashs ; Aucun n'aurait voulu manquer cette nouvelle preuve de l'amitié Malfoy-Potterienne. Les témoins prirent tout deux place de part et d'autre de l'autel derrière lequel attendait le maire (moldu) du village (moldu) voisin. Une petite demi-douzaine de minutes plus tard apparut le futur (re)marié, aussi calme et sur de lui que d'habitude. Seul quelques très proches amis notèrent la légère brillance de ses yeux et la façon un peu formelle dont il se tint une fois placé à son tout devant l'autel.

Pour se donner une contenance en attendant l'entrée d'Hermione, Draco observa le maire qui lui faisait face. C'était un vieil homme à la panse rebondie et au sourire affable. Le jeune homme savait cependant de première main que cette apparence débonnaire cachait une âme torve. Il n'y avait qu'a voir avec quelle rapidité il avait accepté le pot de vin que Lucius lui avait proposer pour accepter de célébrer ce mariage au milieu de nulle part, et surtout de fermer les yeux sur l'apparition subite d'un château en parfait état en lieu et place de la ruine qu'il voyait habituellement. Au début, les Malfoy avaient pensé lui modifier la mémoire, mais aucun d'entre eux ne maîtrisait suffisamment ces sortilèges - sans compter le fait qu'Hermione s'y serait probablement opposée au nom d'on ne sait quelle morale alambiquée – et ils auraient besoin du soutien de ce moldu en cas de conflit ultérieur sur la validité de la cérémonie. L'argent avait donc été la solution la plus simple.

Après ce qui sembla à Draco une très longue étérnité, les demoiselles d'honneur apparurent au bout de l'allée menant à l'autel. Il se surprit à avaler nerveusement sa salive et se morigéna intérieurement :
- Du calme, mon gars. Ce n'est pas un vrai mariage rappelle, toi. Aucune raison d'être nerveux
- Mais si, réplique son second ange d'épaule. C'est le seul auquel nous aurons droit en tout cas.
- Tu ne vas pas te mettre à pleurer quand même ?
- Si je veux !
- Bon, les gars, vous êtes bien gentils mais cassez-vous ! Intervint la conscience de Draco.
Après une grande inspiration, il reprit le contrôle de lui-même. C'est qu'il avait un rang à défendre quand même ; il n'allait pas se mettre à larmoyer comme une femmelette. Il aperçut alors la silhouette de sa femme derrière les demoiselles.
Et bien, on pouvait dire qu'elle s'était laché sur ce coup là, Ginny. Assurément la robe de sa femme était originale. Mais comment faisait-elle pour avoir l'air à la fois provocante et ingénue ? Le bustier conférait un joli volume à sa poitrine – non pas qu'elle en manquât d'ordinaire, mais elle n'avait pas exactement la même forme – et les drapés qui lui caressaient les pieds à chaque pas donnait une impression de sensualité auquel le jeune homme était particulièrement sensible. Ce n'est quand entendant le petit rire de Balise qu'il se rendit compte qu'il regardait approche Hermione avec un air parfaitement stupide. Une fois de plus il se gifla mentalement et reprit une attitude digne d'un Malfoy.

Hermione sortit de sa chambre en réprimant un petit frisson d'excitation. C'était stupide, bien sûr puisqu'elle n'allait pas faire un vrai mariage, mais elle ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse. Nerveuse et excitée. Elle respira profondément pour se calmer et rejoignit son père en haut des escaliers de pierre menant au rez-de-chaussée.
Richard avait revêtu un costume trois pièce blanc cassé à fine rayures blanches qui le faisait paraître plus mince qu'il ne l'était. Etrangement, c'est à ce moment qu'Hermione réalisa que son père avait été bel homme dans sa jeunesse. Elle avait pourtant déjà vu es photos de cette époque. Bizarre comme certain fait vous frappait parfois. Etait-ce le fait de devenir épouse elle-même qui lui faisait prendre conscience de certains faits ? Elle ne put s'empêche de se râler dessus :
- Allons, ma vieille, tu es déjà épouse. Arrête de te conduire comme une écervelée !
Mais en se plaçant dans le cortège qui la conduirait à l'autel, elle se sentit de nouveau particulièrement vulnérable. Il lui semblait que ses pieds pesaient trois tonnes chacun et dut produire un effort titanesque pour réussir à avancer.
Sur les sièges près de l'allée, elle aperçut du coin de l'œil une foule d'inconnus et faillit tourner talons et s'enfuir à toutes jambes. Dire qu'elle connaissait à peine la moitié des invités à son propre mariage. N'était-ce pas plutôt une autre de ces stupides réceptions malfoyennes ?
Après une autre baffe mentale, elle se força à respirer lentement. Allons, plus qu'une cinquantaine de mètres et elle serait arrivée.
Par bonheur, plus elle approchait de l'autel, plus la foule contenait de visages connus, sinon amis. Elle aperçut Molly qui tenait un large mouchoir dans sa paume. A voir le brillant de ses joues, elle avait décidé de transformer la salle en piscine avant la fin de la journée. Quelques places plus loin elle vit ses grands-parents, tous les quatre gentiment alignés, lui souriant. Elle réussit, elle ne sut comment, à leur adresser un sourire. Deux rangs plus loins ce fut au tout de ses cousins de lui adresser des petits signes ravis.
C'est à ce moment qu'elle ralisa être en train de vivre l'un de ses rêves de petite fille. Elle remontait une allée au bras de son père, entourée des gens qu'elle aimait, avançant vers l'homme avec lequel elle allait finir ses jours. Il n'était peut-être pas parfait, mais il était son époux. Celui qui serait le père de ses enfants – elle ne désespérait pas de trouver une solution à leur problème -, celui sur qui elle savait pouvoir compter malgré tout quand elle en aurait besoin. Son époux.
Elle redressa la tête et lui adressa un sourire lumineux. C'est encore le sourire aux lèvres qu'elle prit la main qu'il lui tendait et se plaça à ses cotés. Ensemble ils se tournèrent vers le maire. Ensemble. C'était le mot clé.

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Draco avait momentanément abandonné son épouse et la piste de danse pour aller chercher un rafraîchissement. Une fois servi, il se retourna et observa Hermione valser aux bras de Blaise. La jeune femme l'aperçut et lui adressa un petit clin d'œil avant de reporter toute son attention à son cavalier. C'est alors que Draco reçut une vigoureuse tape dans le dos.
- Théo ! Mais ça va pas ? Rouspéta le jeune marié en secouant la main pour se débarrasser du vin qui avait coulé dessus.
- Alors comment tu te sens ?
Le blond regarda son ami, on ne peut plus perplexe.
- Que veux-tu savoir exactement ?
- Je voulais savoir comment tu te sens. Ca te fais quoi d'être marié ? Parce que je me souviens que moi après ma cérémonie j'étais tout retourné.
- Euh… Théo, tu sais bien que c'est pour la galerie tout ça. Ce n'est pas exactement un mariage d'amour non plus, donc je ne vois pas pourquoi je devrai être tout retourné.
- Ouais, c'est ça.
Après un instant il ajouta.
- Je trouve que tu te compliques la vie inutilement, Draco. Mais à ta guise.
Sur ce, il servit à son tour un verre de vin.
- J'espère qu'après cette charmante cérémonie, j'aurai enfin la paix à la maison. Cho était folle de rage contre Hermione et toi.
- Pourquoi cela ?
Théodore haussa les épaules.
- Un truc de bonne femme à la con, sans doute. Je crois qu'elle voulait que son mariage reste dans les annales, mais les journaux n'ont retenu que le tien alors…
- Je vois. Elle est toujours aussi attentive au qu'en dira-t-on.
- Chacun ses défauts. Mais je suis ravi de pouvoir à nouveau te voir sans déclencher une diatribe sur la loyauté de mes amis.
Draco éclata de rire, imaginant Théo aux prises avec sa femme qui devait bien faire la moitié de sa taille.
- Voyons, Théo, quand la loyauté a-t-elle jamais été mon fort ? Me prend-tu pour un poufsoufle ?
Ce fut au tour de Théo de rire de bon cœur.
- Serpentard jusqu'à la mort ! Lança-t-il avant de vider son verre d'un trait.
Draco lui renvoya le salut de leur maison et se fut d'un pas un peu moins assuré qu'il s'en fut rejoindre les cousins d'Hermione qui le hélait depuis cinq bonnes minutes.

La réception se prolongea jusque tard dans la nuit. Arabella comprenait enfin pourquoi sa cousine lui avait bien précisé de poser au moins deux jours de congés. Même avec la meilleure volonté du monde, elle aurait été incapable d'aller au bureau le lendemain. Un peu plus loin sur sa droite, elle vit arriver deux hommes qui de toute évidence ne l'avaient pas vu, elle.
- Le ministre vient de partir, dit le premier, il est étonnant qu'à son âge il ait pu danser autant.
- Il faut dire que la marié donnerait envie de danser à n'importe quel homme un tant soit peu vaillant. Le jeune Malfoy a beaucoup de chance, comme d'habitude.
- De la chance ? Voyons, Ezechiah, Draco Malfoy n'est pas du genre à attendre que la chance lui sourit. Il la provoque lui-même. Si Miss Granger a accepté de l'épouser, c'est qu'il a su lui apporter d'autres arguments que son joli visage.
- Vous avez sons doute raison, Zachary. Mais quand même. Une moldue chez les Malfoy. Et accueillie avec le sourire en plus ! Je ne pensais pas vivre pour voir ça.
Arabella se demanda ce que pouvait bien être une « moldue ». Peut-être un autre nom pour roturière. Le dénommé Ezechiah allait reprendre la parole mais son interlocuteur lui donna un petit coup de coude et désigant de la tête Arabella. Il lui sembla que les deux hommes rougissaient avant de la saluer de la tête et de rentre dans la bâtisse.
Etrange. Elle rentra à son tour, se promettant de demander à sa cousine qui étaient ses drôles de bonhommes.

La jeune femme arriva juste à temps pour voir Draco être soulevé de terre par ses amis. Hermione subit le même sort, et c'est une compagnie bien bruyante et rigolarde qui remonta les escaliers du château jusqu'au appartement des jeunes mariés. Théo menait le cortège, prenant ainsi sa revanche sur le charivari de juillet. Après une dernière salve de grivoiseries et de blagues salaces, ils refermèrent la porte sur le jeune couple rougissant.
Avec un petit rire, Draco se tourna vers son épouse.
- Je suis navré que tu aies eut à subir ceci.
- Si je ne m'abuse, c'est une sorte de tradition, non ? Tu avais fait la même chose pour Théo cet été.
- En effet, mais j'espérais y échapper. Utopique de ma part, je dois l'avouer.
Il prit Hermione dans ses bras avant de continuer :
- Et bien puisque nous voici contraint de rester ici, puis-je me permette de prendre en main le reste de la soirée ?
- C'est amusant, j'allais te proposer exactement la même chose.

Les premières lueurs de l'aube pointaient déjà quand le château s'endormi enfin. Les petits elfes de maison sortirent de la cuisine où ils étaient restés bien sagement cachés pendant la réception. Ils de dispersèrent dans la bâtisse et commencèrent à tout remettre en ordre. C'est que les maîtres n'apprécieraient pas du tout se réveiller dans un château sale et désordonné. Il ne leur fallut qu'un peu plus d'une heure pour terminé les pièces communes. Il ne manquaient plus maintenant que les chambres.
Leur méthode était simple : ils rentraient silencieusement dans une pièce, nettoyait tout en quelques claquements de doigts et repartaient comme ils étaient venus. Il suffisait d'être doublement vigilant pour les pièces ou dormaient des moldus et de les rendormir si besoin. Tout se passa merveilleusement bien et à 10h nul n'aurait pu deviner que le château avait été le théâtre d'une grande fête quelques heures plus tôt.
Dans une chambre au deuxième étage, une petite fille réfléchissait à ce qu'elle venait de voir. Elle s'était couchée beaucoup plus tôt que les adultes la veille et était déjà réveillée ce matin quand la petite créature était rentrée dans sa chambre. Elle l'avait très nettement vue. Une sorte de petit gnome avec un gros nez. Une créature enchantée à n'en pas douter, car la petite fille s'était endormie sans raison juste après l'avoir vue. Victoria réfléchit toute la matinée avant d'arriver à la conclusion suivante : il fallait qu'elle prévienne sa tatie Mione que des drôles de créatures se promenaient dans son château. Ses parents ne la croiraient sûrement pas, mais Tatie Mione, si. Draco lui avait bien dit en septembre qu'ils étaient des sorciers mais Victoria ne l'avait pas crut. Elle avait pensé que c'était juste un truc comme ça, un truc que disent les grands quand ils ne veulent pas montrer aux petits qu'ils les prennent pour des imbéciles. Mais Draco n'était pas comme ça finalement.
Quand elle serait grande, elle se marierait avec un homme comme Draco. Parce que lui, il respectait son intelligence. Forte de ses résolutions, elle attendit patiemment que le château se réveille.

Il fallut attendre midi pour que le château recommence à bruisser de vie. Les convives, avec des gueules de bois plus ou moins prononcées, descendirent se servir dans le gigantesque buffet dressé dans la salle de réception.- Et bien, marmonna Andrew entre deux bâillements, on peut dire qu'ils ont des domestiques efficaces. Regarde-moi ça, Mick, ils ont tout rangé, nettoyé, lustrer en quoi ? Quatre heures.
- Bienvenue dans le luxe, vieux, marmonna Mickaël en réponse.
Une petite demi-heure plus tard les jeunes mariés apparurent aussi et se jetèrent sur le buffet.
- Tu es bien matinal, mon Draco, persifla Mick. Je pensais que tu resterais au lit plus longtemps histoire de te reposer après l'effort.
- Vu l'heure, Hermione et moi avons préféré ne pas dormir du tout, sinon on ne se serait pas levé avant ce soir.
- Quoi, vous avez passé une nuit blanche ?
- Précisément. Répondit le blond avec son éternel sourire satisfait. Puis il ajouta : Nous partons en voyage de noce dans deux heures, raison pour laquelle nous avons quitté le lit.
- Intéressant, intervint Andrew. Vous allez où ?
- Sais pas, répondit Draco en mordant dans un croissant au beurre. Il mâcha un instant avant de reprendre. Comme je vous l'ai déjà dit, mon ami Blaise a décidé de nous faire une surprise. Nous partons pour un point relais où nous recevrons d'autres instructions.
Il allait ajouter quelque chose quand il vit Hermione s'approcher de lui, une petite fille à la main. Elle lui fit signe de la suivre et l'entraîna dans un salon vide.
- Victoria a quelque chose à te dire. Elle dit que c'est important et qu'il n'y a que toi qui peux comprendre.
Cette entrée en matière le laissa perplexe, mais moins que l'expression à la fois admirative et effrayée de la petite. Il posa un genoux à terre pour être à sa hauteur et attendit qu'elle prenne la parole, mais rien ne vint.
- Et bien, Victoria ? Qu'y a t-il de si important ?
la petite fille se rapprocha un peu des jambes d'Hermione et agrippa son jeans d'un bras, comme pour se donner du courage. Puis elle leva son petit visage vers Draco et répondit enfin :
- J'ai vu des créatures.
Le sorcier fronça les sourcils.
- Des créatures ?
- Ce matin. Dans mon lit. De drôles de créatures avec un gros nez. Je me suis dit qu'il fallait que je te prévienne.
- Et qu'on fait ses créatures ?
- je ne sais pas, je me suis endormie, comme par magie. Elles sont méchantes ?
Draco se releva et alla s'installer sur l'accoudoir d'un fauteuil.
- Et pourquoi me dit-tu ça à moi ? Tu aurais pu prévenir ta mère, par exemple.
- Maman ne me croira pas. Elle ne me croit jamais. Mais toi…
- Moi ?
- Tu es un sorcier, pas vrai ? Tu nous l'as dit cet été quand on jouait avec tes baguettes. Alors je me suis dit que si c'était de mauvaises créatures, tu devais le savoir parce qu'elles sont chez toi. J'ai eu tord ?
Draco regarda Victoria en silence un petit moment ; il n'aurait jamais cru que la petite fille prendrait au pied de la lettre ce qu'il lui avait dit. Sous l'examen de ses yeux gris, elle se sentit un peu mal à l'aise, mais après tout c'était le chéri de Tatie Mione, donc il ne pouvait pas être méchant. Elle attendit donc sans bouger qu'il se décide à lui répondre.
- Non, tu as bien fait, dit le sorcier après un long moment. Je suis fier de toi, Victoria tu sais garder un secret. Les créatures que tu as vues sont des elfes de maison. Ils sont gentils et travaillent pour moi. Ce sont eux qui ont tout nettoyé ce matin. Ils t'ont fait peur ?
La petite fille secoua la tête. Bien sûr qu'elle avait eu peur, mais elle ne pouvait pas lui dire, à lui. Surtout après qu'il lui a dit qu'il était fier d'elle. En plus il avait les plus beaux yeux gris du monde.
- Il y a d'autres choses magiques, ici ? Demanda-t-elle.
Draco eut un sourire que Victoria ne sut pas très bien interpréter mais qui lui fit chaud au cœur.
- Des tas. Peut-être te les montrerai-je un jour, puisque tu sais si bien garder un secret. Maintenant, retourne dans la grande salle, j'ai à parler avec ta tante.
Victoria lui fit un grand sourire et se dépêcha de déguerpir.
- En voilà une nouvelle intéressante.Dit le sorcier avec une drôle d'expression.
- Que veux-tu dire ? S'inquiéta son épouse. Tu ne vas pas punir les elfes imprudents j'espère ?
Draco poussa un soupir :
- Quand vas-tu admettre que je ne bats pas mes elfes. Doby était une exception, je te l'ai déjà dit. Il est complètement fou, d'ailleurs. Mais non, je ne parlais pas de ça.
- De quoi alors ?
- Ce qui m'amuse et me terrifie, c'est que les elfes étaient protégés des yeux moldus par un sortilèges. Nous leur avons demandé de rester caché parce que voir des objets se déplacer tout seul ne fait pas parti du quotidien moldu.
- Je ne suis pas certaine de comprendre.
- Quiconque dépourvu de pouvoir magique n'aurait pas du être en mesure de les voir.
- Mais…ça veut dire que…
- Merlin nous garde, je ne sais pas si nous pourrons survivre à une deuxième Granger chez les sorciers.
Il sourit devant l'air stupéfait de sa femme et s'approcha d'elle pour l'embrasser.
- Dépêchons-nous, sinon nous ne serons jamais partis à 14h, et je veux être loin d'ici quand le portoloin s'activera.

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Je viens de me faire la plus grande peur de ma vie : j'ai fait un faux lic et effacer tout le chapitre trois ligne avant la fin de la mis en page. Heureusement, il existe un magnifique bouton appelé "annuler dernière oération". Sauvée !

Pour revenir à nos moutons, j'espère que ce chapitre vous a plut. je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il est encore plus grand que le chapitre 20, qui était déjà le plus grand - et qui est donc maintenant le deuxième plus grand puisque le 21 est le plus grand. Suivez, s'il vous plaît sinon on en va pas y arriver. Arrive où d'ailleurs ? Quelle drôle d'expression.

Voilà nos héros mariés pour de bon devant la communauté sorcière et moldue. mais que va-t-il donc leur arriver ? et ben je ne sais pas, ils ne m'ont rien dit. Il faut que je les appelle pour prendre rendez-vous pour qu'ils me racontent la suite de leur aventures et tout ça...

Je reviens qdès que je suis sortie de la piscine.

Tou Bi Continuède