Note : Voici le chapitre 21. Je suis plutôt régulier ces temps-ci. Il reste moins de 7 chapitres avant la fin. Le prochain sera porté sur la pensine. Je remercie toutes celles qui m'ont laissé une review. J'espère que vous apprécierez ce chapitre. J'ai l'impression d'approcher de la fin à la vitesse d'un cognard énervé. En tout cas, c'est toujours un plaisir de sortir un nouveau chapitre.

A bientot pour la suite et n'oubliez pas de laisser une petite review à la fin.

Une tarte au citron de trop

Samedi 5 janvier 1999

Je me réveillais avec l'impression qu'une masse m'était tombé sur la tête. Une nausée tenace me suivit toute la matinée. Je ne pouvais pas repenser à ma soirée d'hier sans avoir envie de vomir. Je n'étais pas tellement étonnée de la réaction de Harry et il aurait eu la même si Ron m'avait fait ce coup de son côté. Je ne pouvais pas lui en vouloir, et j'aurais tellement voulu qu'il ne sache rien.

Durant ma courte nuit, je m'étais imaginé remonter le temps et annuler ma séance avec Harry en trouvant tous les prétextes possibles. Je pouvais le faire, j'en étais certaine. Mais cela ne ferait que retarder ce qui devait se produire. Je devais parler de Draco aux autres, et avant de tout dire à Ron je devais le dire à la personne qui me jugerait le plus durement : Ginny.

J'avais retrouvé Draco assez tôt le matin, et lui avais rapidement expliqué ce qui s'était passé hier soir. Il paniqua rapidement. Il était le premier à insister pour que notre relation soit publique, mais le fait de se mettre Harry à dos ne lui plaisait guère, surtout que ses histoires au Ministère et au Tribunal des Sorciers n'étaient pas finies et que Harry avait été sa plus grande aide à ce moment là.

Comprenant mon état et voyant la pâleur de mon visage qui ne voulait pas me quitter, Draco me proposa de me laisser seule. Je refusais. Je le voulais à côté de moi.

-Tu es certaine ? Peut-être qu'un peu de lecture, au coin du feu, ça pourrait te faire du bien, tu pourrais oublier toutes tes histoires.

-Tais-toi et laisse moi un peu de place, lui dis-je en me serrant à lui sur le canapé de la salle pour Préfet en Chef que nous occupions en secret.

Draco me laissa s'allonger sur lui, la tête sur son torse. Je me laissais bercer par son souffle régulier qui soulevait sa poitrine.

-J'ai envie de rester là toute ma vie, lui dis-je.

Il se pencha et m'embrassa le front.

-Moi aussi.

Dimanche 6 janvier 1999

Une idée soudaine me vint alors que nous quittions la Grande Salle après un copieux repas. Je n'avais toujours rien révélé à Ginny mais comme je ne voulais pas tellement y penser et essayer de me vider la tête, je me décidai à trouver un moyen d'emprunter la pensine de Dumbledore sans me faire remarquer par McGonagall.

-Il faut que je trouve un moyen d'entrer dans son bureau sans qu'elle le sache. Les gargouilles me laissent entrer facilement, là dessus pas de problème, mais comment savoir si elle est là ou pas ? Dis-je à Ginny à qui j'avais montré la boite ouverte.

-Même si tu entres dans son bureau sans elle, tu sais qu'il y aura une douzaine de portraits d'anciens directeurs prêts à te balancer à la première occasion venue ? Surtout Snape, lui je sens qu'il va tout lui dire !

-Mince, j'avais oublié ce détail. Je vais y réfléchir. Tu fais quoi cet après-midi ? Lui demandai-je alors.

-Je ne sais pas encore... Et toi ?

-Draco doit rencontrer Gates cet après-midi, avec McGonagall. Je pensais profiter de ce moment pour m'infiltrer dans son bureau, mais vu ce que tu viens de me dire, je ne pense plus que ce soit une bonne idée. Je vais plutôt attendre Draco à la sortie et essayer d'en savoir un peu plus sur ce que Gates peut lui dire.

-Bonne idée, tu me raconteras...

Elle se leva du banc et je la suivais, et alors que nous quittions la Grande Salle, nous rencontrions Blaise et Draco qui se rendaient dans leurs cachots. Ginny salua avec une certaine joie le grand serpentard à la peau d'ébène. Quand à moi, le petit sourire caché que je lançais à Draco en disait long.

-Dis donc Blaise, tu n'as pas un entraînement cet après-midi ?

-Exact, répondit-il avec son style monosyllabique.

-Emy m'a dit qu'elle allait aux Trois-Balais voir des copines de l'année dernière. Tu ne vas pas avec elle ?

-Non, dit-il, Emy n'aime pas tellement le quidditch, ni les entraînements, elle en profite pour faire des trucs à elle.

-Oh, ok.

Les garçons nous saluèrent et rejoignirent la petite porte noire qui conduisait à l'étage inférieur. De mon côté, je savais très bien ce qu'allait faire Ginny cet après-midi. J'avais beau tenté par tous les moyens de me mêler de ce qui me regardait, je voyais et sentais certaines choses.

Nous montâmes les Grands Escaliers pour rejoindre notre Salle Commune. Les autres élèves montaient comme nous, et je pris un certain plaisir à écouter quelques conversations de première et de deuxième année qui me rappelait l'époque où rien ne comptait plus pour moi que l'appétit des nouveaux cours, des découvertes d'un monde qui m'était inconnu. J'étais désormais bien ancrée dans ce monde magique, et plus grand chose ne pouvait me surprendre.

-Au fait, Harry m'a dit que Hagrid était parti en France rejoindre sa chère Mme Maxime.

-Je comprends maintenant le manque de vie autour de sa cabane. J'aurais pourtant juré voir de la fumée sortir de sa cheminée l'autre jour.

-Oui, Luna y va de temps en temps pour nourrir les bêtes d'Hagrid. Elle et lui sont devenus très amis depuis un certain temps.

-Ah bon, Luna et Hagrid ? Il faut croire que les passions pour les animaux étranges créent des amitiés, répondis-je en m'en voulant d'être une piètre amie pour Hagrid.

Si mon demi-géant préféré avait demandé à Luna de s'occuper de ses affaires en son absence c'était bien la preuve que je n'étais pas assez présente dans sa vie. Je trouvais ça pourtant cool pour Luna de trouver de nouveaux amis qui partageaient sa passion.

Nous arrivâmes finalement dans la salle et fûmes déçus de voir nos fauteuils préférés occupés par des troisièmes années. Nous décidâmes alors de monter au dortoir et de profiter un peu de notre petite pièce à nous.

Sortant un livre, j'occupais un peu mon temps, alors que Ginny remplissait un petit journal à la couverture en cuir qu'elle avait eu pour noël.

-Tu sais que je n'aime pas te voir écrire des trucs personnels dans un journal, lui dis-je avec humour.

-Oui, je sais, mais celui-là est garanti libre de tout Tu-Sais-Qui ou d'autres esprits pervers manipulateurs. Et puis, avoir un journal relié au cuir de dragon, tout le monde ne peut pas s'en vanter.

-Facile avec un frère comme le tien.

L'ambiance était joyeuse et j'hésitais à aborder le sujet épineux du petit-copain blondinet secret. Malgré tout, le courage me manqua et je restais lire mon livre sur l'Ordre Secret de Lancelot. Bientôt, je vis que quelque chose tracassait Ginny, elle ne cessait de regarder sa montre ou de jeter un œil par la fenêtre. Enfin, elle se leva rangea ses affaires et me dit.

-Je sors un peu, j'ai bien envie de voir à quoi ressemble les entraînements des Serpentards. On doit faire un deuxième match contre eux dans quelques mois et je dois trouver une parade.

-Ok, à tout à l'heure.

Je n'insistais pas et laissais partir.

-Prends ça, il fait froid dehors.

Je lui jetai ma grosse écharpe épaisse. Elle l'attrapa au vol et l'enfila autour de son cou.

-C'est marrant, ton écharpe sent la même odeur bizarre que ce parfum dont Draco s'inonde tous les matins.

-Ah, peut-être, dis-je rougissante derrière mon livre.

Elle partit enfin en chantonnant et je me décidais à sortir la petite boite de Carron McGonagall. Maintenant ouverte, je pouvais observer à loisir les deux flacons.

Le premier soir, dans l'obscurité de ma chambre, je n'avais pas bien fait attention aux détails, mais depuis j'avais remarqué que chaque flacon possédait une étiquette finement collée sur le bouchon. Le première flacon, qui contenait le plus de pensées, indiquait : « Recherches, Travaux et Département des Mystères ». Le deuxième, moins rempli disait simplement : « Personnel ».

Je laissais là les flacons et décidais, motivée par l'heure qui passait rapidement, d'attendre Draco à la sortie de la salle de divination.

Monter les escaliers étroits qui menaient à la tour de divination me fit un effet désagréable. Je repensais au moment où Gates m'avait laissé entrer dans ses souvenirs et que j'avais dépassé la ligne rouge. Je me souvenais encore de son regard destructeur au moment où il m'infligeait les pires douleurs. Et le moment où Draco...

Je retrouvais justement ma chère petite tête blonde devant l'entrée de la salle. M'assurant d'être seule avec lui, je l'embrassais et il me rendit ce baiser avec joie. Il me fit m'asseoir sur ses genoux et je ne résistais pas à l'envie de le prendre dans mes bras. Nous partagions un nouveau baiser quand un petit « hum hum » dans notre dos me fit sursauter.

Mon cœur battait à tout rompre, mais il s'agissait juste de McGonagall.

-Hermione, vous n'imaginez pas venir avec nous j'espère ?

-Non, j'attendrais Draco ici.

Elle roula les yeux en arrière, avec un petit « tss » de désapprobation et montra la porte à Draco. Ce dernier me laissa et entra dans la salle de divination. J'allais m'installer tranquillement et sortir quelques leçons à faire le temps d'attendre mon amoureux, mais je commençais à le connaître et je savais que l'entretien n'allait pas durer longtemps. Effectivement, quatre minutes plus tard, un cri rauque retentit. La porte s'ouvrit avec fracas.

-Quel taré ce type !

J'eus à peine le temps d'apercevoir Gates à l'intérieur. Il n'avait pas changé. Draco me prit la main et m'entraîna dans les escaliers.

-Quatre minutes ! Je m'attendais à mieux tout de même, commençais-je avec humour pour le faire parler.

-Ce type est complètement fou. Il a à peine commencé à parler que je le sentais pas. Après il a trifouillé dans ma tête et a commencé à parler de toi. Il avait l'air de savoir pour toi et moi...

-Normal, il a plus ou moins les même pouvoirs que moi.

-Et il a fait ses commentaires à la con du genre que tu méritais mieux, et ce genre de connerie. Bref, j'ai préféré partir avant de lui mettre ma baguette là où je pense.

-Tu as bien fait. Je préfère te voir furax avec moi, loin de lui, que torturé là bas par son esprit pervers.

-Malheureusement McGonagall a raison, nous allons, enfin, je vais avoir besoin de lui. Peut-être réussira-t-il à faire ressortir mes souvenirs. Vationus Renus traîne dans le coin et je suis certain de savoir quelque chose. Je suis sûr qu'il y a la clé dans mes souvenirs.

Nous descendîmes ensemble et nous séparâmes une fois arrivé dans un coin plus fréquenté. Draco retourna voir Blaise qui revenait de l'entraînement. Quant à moi, je tombais littéralement sur une Ginny radieuse sortant de la douche avec sa serviette autour d'elle.

-Tu pourrais faire gaffe, Hermione ! Mais bon, je te pardonne. J'ai regardé les serpentards cet aprèm, ils n'ont aucune chance contre nous. Ça va être un match facile ! Facile comme tout.

-C'est ça qui te rend si heureuse ?

-Exactement. Oh et puis, tu as vu le temps ? Il commence à faire beau. Avec un peu de chance la neige va fondre et pourra enfin se promener partout dans le parc.

-Tu vas te changer devant moi ? Lui demandai-je alors qu'elle me suivait dans le dortoir avec sa serviette autour d'elle.

Je repensais au lac gelé et aux ricochets musicaux sur la glace. Peut-être était-ce le moment de tout dire à Ginny. Elle se retourna dans la salle de bain se changer et revint toute pimpante, ses longs cheveux roux secs comme par magie (c'était le cas) tombant le long de son dos telle une crinière flamboyante.

-Dès fois je me dis que vous avez bien votre place chez les Gryffondors, vous les Weasley avec vos crinières de lion.

-Et bien, figures-toi qu'une de mes tatas est persuadée de notre affiliation à Godric. Elle a tout fait pour le prouver. En vain.

-Pour l'instant.

-Je n'aimerais pas que ça soit le cas, imagine un peu la pression. Regarde mon frère ! Ron n'a rien d'un Godric Gryffondor. Il passe son temps à se plaindre de tout et à trouver tous les moyens pour faire le moins de tâches ménagères possible. Petite je devais tout faire à sa place !

-Pauvre petite !

-Et Percy était le pire. Il passait son temps enfermé dans sa chambre à faire semblant de travailler. Pour ma mère c'était l'intello de la famille... Tu parles.

Elle s'assit et brossa longuement ses cheveux alors que nous évoquions quelques souvenirs de notre jeunesse. La sienne était remplie de bagarres fraternelles, de soirées mouvementées ou de soupes à la grimace après les bêtises des jumeaux, alors que la mienne était solitaire, studieuse, silencieuse.

-Écoute Ginny, dis-je alors le ton grave, enfin décidée. Il faut que je te dise quelque chose.

-Ah.

-Je... Comment te dire ça. Je crois que je n'aime plus vraiment ton frère comme avant.

-Je sais...

J'étais absolument stupéfiée par sa réponse. Je m'attendais à une grosse dispute mais le ton triste de son visage était l'exact opposé de la réaction fulgurante à laquelle je m'attendais.

-Comment ?

-Ça se voit, non ? Depuis la guerre tout le monde a changé. Je t'ai vu, tu sais. Ron n'a pas été là pendant pas mal de temps, et même revenu, on a l'impression qu'il n'est pas vraiment là. Et puis, je sais pour Draco, avoua t-elle en fronçant les sourcils.

-Qu... Quoi ? C'est Harry ? Il t'a tout dit ? C'est pas vrai...

-Harry est au courant ? Tu l'as dit à Harry avant de me le dire à moi ?

-Mais comment tu le sais alors si c'est pas Harry ?

J'étais complètement perdue. Ma grande révélation qui m'empêchait de dormir depuis des jours, qui me donnait la nausée à chaque pensée, tombait piteusement face à Ginny la grande inspectrice.

-C'est évident. Je traîne avec toi tous les jours, tu crois que je n'ai pas remarqué la façon dont tu le regardes depuis deux mois. Et ta façon de l'éviter depuis les vacances... Au début, j'ai cru que vous vous étiez disputé. Et puis j'ai vu son sourire, ses manies qu'il avait de te regarder en cours pendant presque une heure. Il ne faisait pas ça avant.

-Mais ça fait longtemps que tu t'en doutais ?

-Non, seulement deux trois jours. C'est hier matin que j'ai vraiment compris. J'avais oublié une de mes affaires au dortoir et en revenant je t'ai vu partir en catimini alors que tu m'avais raconté que tu resterais étudier toute la matinée. Je t'ai suivi et quand j'ai vu que Draco te rejoignait dans une petite salle, j'ai tout compris.

-Et tu le prends comment ? Demandai-je en me préparant à une flopée de reproche.

-Que veux-tu que je te dise ? Que je trouve ça bien ? Non, je trouve ça bizarre... Mais bon, ce qui arrive, arrive, tu ne peux rien y faire. Et mon frère n'a rien fait pour préserver votre amour, j'en suis consciente.

-Tu m'en veux pas ?

-Non ! Je sais ce que Draco a fait pour toi depuis la rentrée, et il a été présent pendant tes moments durs.

-Il faut que je te raconte un truc, lui avouais-je alors, requinquée par sa façon de prendre la nouvelle. La fois où tu étais morte, je n'ai pu revenir en arrière que parce que je l'ai embrassé. C'était ce baiser qui m'a permis de trouver la force de traverser pour te sauver.

-Donc, ajouta Ginny, je lui dois la vie, en quelque sorte... Je trouve ça bizarre. Rien que l'idée. Je dois ma vie à Draco Malfoy.

-Je sais, c'est bizarre. Et crois moi, dès fois, même quand je l'embrasse et qu'on se sépare, je trouve ça bizarre.

-Passe moi les détails. Et sinon, quand est-ce que tu vas le dire à Ron ?

-Je ne sais pas. J'aimerais que ça se fasse sans drama, mais je le connais trop bien. Le larguer pour son pire ennemi, je sais qu'il va le prendre très mal.

Notre discussion autour du sujet dura encore. Nous décidions de louper le repas du soir et restions ainsi toute la soirée, discutant autour du poêle à bois du dortoir, assises sur le lit-canapé que nous avions créé. Jamais je ne m'étais sentie aussi proche de Ginny. Elle était une confident depuis longtemps, mais je sentais maintenant que je pouvais tout lui dire sans avoir peur de son jugement. Pourtant, je savais qu'elle me cachait quelque chose, je l'avais vu en elle par accident depuis des semaines. Je préférais ne rien dire et la laisser prendre son temps. Elle me le dirait quand elle en aura envie.

Le soleil avait disparu depuis longtemps et le calme s'était posé sur Poudlard quand nous nous décidâmes à nous coucher. Je m'allongeais avec un grand sourire. Heureuse. Heureuse d'être libérée d'un poids immense. Je savais qu'il fallait encore parler à Ron, mais aujourd'hui, je tenais bien plus à garder Ginny de mon côté, et l'entendre réagir avec bienveillance m'avait chauffé le cœur. Plus rien ne pouvait m'atteindre.

Samedi 12 janvier 1999

Une semaine s'était déroulé depuis mon aveux à Ginny. Je n'avais pas revu Harry depuis mais McGonagall avait par contre insisté pour que Draco revienne voir Gates. Ce dernier avait été « mis au parfum » par la directrice pour ne plus dire de choses insultantes. Le mardi soir, un deuxième rendez-vous dura presque quinze minutes, avant que Draco ne mette sur le tapis l'interview de Gates à son sujet dans la gazette des sorciers. La veille, vendredi soir, Draco était resté toute l'heure.

Il n'avait pas appris grand chose mais montrait clairement des signes d'aptitude qu'il ne possédait pas avant. Il était bien plus doué pour pratiquer la divination qu'il ne l'était dans toute sa scolarité. Nous avions enfin raconté à McGonagall comment j'avais remonté le temps en l'embrassant, non sans un gros embarras de ma part, et un grand sourire de la part de Draco.

Cette dernière pensait que peut-être, un lien entre ce baiser, le moment du « transplanage temporel », comme elle l'appelait, avait créé un lien entre lui et moi, créant ce semblant de poussée magique chez mon blondinet serpentard. Ce n'était qu'une théorie, mais c'était la seule chose que nous savions pour l'instant.

La directrice me demandait régulièrement mes avancées sur la boite de son mari et je continuais à lui mentir, cherchant en vain une manière de me procurer la pensine.

-Tu dois lui dire la vérité, Hermione. Si elle sait ce qu'i l'intérieur, elle te laissera regarder les souvenirs.

-Tu rêves Draco. Ce sont des souvenirs secrets de son mari. Elle sait très bien qu'il n'était pas clair dans ses expériences, et je sais qu'elle ferait tout pour sauvegarder son image. Elle a déjà subi assez d'horreur dans les journaux à la disparition de Jem et Carron.

-Il faut absolument lui dire, c'est la seule manière d'avancer. Tu as vu ce qui se passe autour de nous ! Vationus Renus prépare quelque chose, et ça se rapproche.

En effet, les nouvelles n'étaient pas bonnes. Les attaques de néo-mangemorts continuaient à terroriser le pays. Les techniques étaient bien différentes de celle de Voldemort, bien plus sournoise. Les attaques étaient complètement sans logique les unes des autres, imprévisibles et finissaient rarement sans un mort. Les seuls fous que le Ministère arrivait à arrêter se suicidaient dans l'instant grâce à une sorte de poison qui s'activait quand le corps était touché par un « stupéfix ». La gazette y trouvais son gagne-pain et les critiques pleuvaient sur le Ministère. Harry était bien souvent cité, et nombreux étaient les sorciers qui remettaient en doute sa place de chef des Aurors, mettant en cause son inexpérience et son manque de connaissance du terrain.

Et en plus il devait cacher mon secret à son meilleur ami. Je ne voudrais pas être à sa place en ce moment.

-J'espère qu'on ne tombera pas sur Harry, dis-je alors à Draco alors que nous passions le long du terrain de quidditch.

-Et alors ? Même s'il était là, maintenant qu'il sait, tu ne peux rien y faire. Et puis de toute manière, je ne pense pas que Harry prenne le temps de venir prendre un verre aux Trois-Balais en pleine chasse aux néo-mangemorts.

-Tu sais ce que je voulais dire, lui dis-je en fronçant les sourcils.

-Oui je sais bien. Il ne sera pas là, fais-moi confiance.

Draco n'avait rien à cacher à personne. Sa mère était absente, son père oscillait entre la prison et les cellules secrètes du Département de la justice magique et il n'avait presque pas d'amis. Le seul véritable ami, Blaise, s'en fichait carrément.

-Blaise s'entraîne encore ce matin ? Lui demandai-je en entendant quelques cris virils donnant des ordres de l'autre côté du stade.

-Je ne sais pas, il me semble que lui et Emy voulait faire un truc cet aprèm, il ne m'en a pas dit plus.

-Tu lui as dit que nous serions au café toute la journée ?

-Oui, mais il semblait pas tellement intéressé. Il est un peu étrange en ce moment. Très distant.

-Et c'est Draco Malfoy, le type le plus sociable de Poudlard qui dit ça.

-Eh, j'ai plein d'amis !

-C'est ça, ajoutai-je en le poussant de l'épaule.

Je savais que nous serions seuls sur le chemin entre Poudlard et Pré-au-lard alors je me décidais à prendre la main de Draco dans la mienne, mélangeant nos doigts ensemble, je m'autorisais même un petit baiser alors que nous arrivions à l'entrée du village. J'avais vraiment envie de me dévoiler à tout le monde. Toutes ses simagrées m'énervaient, et je voulais juste profiter de lui devant tout le monde, en plein jour, sans à avoir à me cacher.

Ginny nous couvrait de manière régulière mais je n'osais pas tellement lui demander car chaque fois que j'abordais le sujet, elle ne cessait de répéter : « Quand vas-tu le dire à Ron ? » et tel l'autruche qui se cache la tête dans le sable, je faisais tout pour éviter le sujet car je n'avais pas du tout le courage de parler à Ron.

Quelques bulbes de narcisses commençaient doucement à percer le sol autour du chemin. Aujourd'hui le temps était magnifique. Une certaine douceur avait fondre le plus gros de la neige, seuls quelques petits parterre enneigés subsistaient dans les endroits ombragés. Le vent restait froid mais le soleil redoublait d'effort pour réchauffer le château. C'était un printemps bien trop précoce, mais personne ne semblait s'en plaindre au château.

La petite sonnette des Trois-Balais tinta joyeusement alors que nous entrions dans l'auberge. Nous accueillant avec le sourire, Mrs Rosmerta nous trouva une petite table coquette le long de la fenêtre. Nous pouvions observer des sorciers de tout le nord de l'Angleterre venir faire leurs emplettes.

Nous étions les seuls élèves, mais il était encore relativement tôt.

-Qu'est ce que je vous sers ? Nous demanda Rosmerta avec joie.

-Comme d'habitude, lui répondis-je.

-Très bien, une bièraubeurre et une part de tarte au citron pour la demoiselle. Et vous ? Demanda-t-elle un peu plus froidement à Draco.

-Euh, juste une bièraubeurre pour moi, ça ira, merci.

Rosmerta retourna accueillir de nouveaux clients et fila derrière son comptoir préparer nos commandes.

-Comment fais-tu pour avaler une part de tarte alors que nous sortons juste de la Grande Salle.

-Il va falloir t'y habituer, mon amour, les Granger ont deux estomacs, le commun et celui juste pour les desserts. Celui-là est illimité. Tant qu'il y a de l'envie, il y a de la place.

-Goinfre !

Nos commandes arrivèrent rapidement. L'après-midi se passa dans un incroyable calme, je profitais pleinement de mon amoureux sans que personne ne s'en aperçoive. Il était déjà presque quatre heures et les parts de tarte étaient continuellement arrivées sur la table sous les yeux effarés de Draco qui semblait découvrir un monstre face à lui

-Je te l'avais dis, un deuxième estomac.

-Il n'y a pas beaucoup de monde aujourd'hui. Pourtant il fait super beau dehors, me dit-il en se penchant pour regarder par la fenêtre.

-C'est à cause de ce match de quidditch important qui a lieu aux États-Unis. Tout le monde ne parlait que de ça ce matin. Le professeur Flitwick a invité tous ceux qui voulaient pour le suivre à la radio dans sa classe. C'est là que doit être Ginny, il me semble.

-Ils n'ont que ça à faire...

-C'est un truc qu'ils aiment, c'est tout... Tu ne peux pas...

Je n'eus pas le temps de finir ma phrase. Un gigantesque flash lumineux m'aveugla et je sentis une brûlure violence me déchirer la joue droite. Je n'entendais plus rien. Je me retrouvais au sol. Quelques sons me parvenaient. Des cris.

Je vis Draco à côté de moi. Il était allongé lui aussi, les yeux fermés, son visage était brûlé à moitié et ce qui ressemblait à des morceaux de verre entraient sans sa chair. Je portais ma main à mon visage et compris que c'était la même chose pour moi.

La main s'enfonçant douloureusement dans le verre éparpillé autour de moi, je me relevais péniblement. Mes sens revenaient. Je compris alors qu'une déflagration nous avait soufflé la fenêtre en plein visage. De nombreux clients de l'auberge semblaient blessés. Certains criaient, d'autres pleuraient. D'autres, comme moi, étaient trop choqués pour réagir.

Je restais assise, prostrée. Ma vue partait et revenait. Les cris se mêlaient à des moments de vibration dans mon oreille, m'enfermant dans une boite d'incompréhension. Finalement les larmes vinrent alors que je me penchais vers Draco. Il avait l'air de reprendre conscience doucement.

-Que... Qu'est ce qui s'est passé ? Me demanda-t-il en tentant vainement de se lever.

Je ne pouvais lui répondre. Mes larmes ne cessaient de couler. Je n'arrivais pas à me contrôler. Du monde semblait s'affairer autour de nous. Quelqu'un me releva et m'aida à marcher pour me mettre à l'abri dans l'arrière boutique. Draco était avec moi.

Enfin, après quelques minutes, une voix sortit de l'inconnu.

-Hermione ! Hermione, est ce que ça va ? Me disait Harry, me tenant les épaules.

-Oui, je crois, essayais-je de répondre en baragouinant.

-On va te transporter à Poudlard.

-Draco... tentais-je de dire.

-Il vient avec nous.

Ils étaient plusieurs autour de nous. Je me sentis transportée, mais le flash de lumière revenait, floutant ma vision à de nombreuses reprises. Je compris que nous arrivions à l'infirmerie. Enfin allongée sur le lit, j'en profitais pour fermer un peu les yeux.

Je les ouvrais de nouveau quelques secondes tard.

-Hermione ! Eh, elle est réveillée, beugla une voix aiguë à côté de moi.

Autour de moi, des visages connus me regardaient comme si j'étais un vrai fantôme. Ginny, Draco et McGonagall avaient les yeux écarquillés.

-Qu'est ce qui s'est passé ? Quelle heure est-il ?

-Doucement Hermione, dit alors McGonagall en posant sa main sur mon torse pour m'empêcher de me relever.

-Tout à l'heure, continuais-je. C'était une explosion ?

-Oui, une explosion. Mais ce n'était pas, tout à l'heure, c'était la semaine dernière. Tu es restée allongée pendant une semaine.

Ils se moquaient de moi. Comment avais-je pu rester aussi longtemps dans les pommes ? J'étais un peu secouée, mais rien qui justifiait autant de temps.

Les minutes passèrent et j'appris peu à peu que les Néo-Mangemorts avaient décidé de poser une potion destructrice en plein milieu de la rue de Pré-au-lard. Ce nouveau genre d'attaque ne plaisait pas tellement au Ministère qui se trouvait là face à un genre de violence qui dépassait celles de Voldemort lui-même. Ce dernier envoyait des sorciers attaquer de front. Les victimes pouvaient se défendre. Elles avaient les moyens de répliquer. Ici, dans ce genre d'attaque comme à Pré-au-lard, rien ne pouvait être fait. Le ou les Néo-Mangemorts qui avaient fait ça étaient introuvables. La potion avait été jetée au sol depuis un toit où l'un des assaillants avait transplanné. Cette attaque semblait bien prévue.

McGonagall s'était assise sur mon lit, elle me racontait tout ça avec calme et délicatesse.

-Il faut trouver un moyen d'arrêter Jem le plus rapidement possible. Il faut trouver ses motivations. Ici, rien ne motivait une attaque aussi gratuite. Rien.

-Je comprends, Madame, je vais tout faire pour...

-Pour ouvrir la boîte ? Draco et Ginny m'ont tout dit. Je sais que la boîte est ouverte depuis longtemps. Je comprends votre appréhension, Hermione, mais je ne vous cacherais rien. Je n'ai pas encore regardé le contenu des fioles, et croyez moi, j'en meurs d'envie.

-Mais... Pourquoi ?

-Je pense que tout ceci vous touche autant que moi. J'ai décidé de vous laisser regarder la première.

Dimanche 20 janvier 1999

J'étais de nouveau sur patte. J'allais bien mieux et seulement un jour après mon réveil. Les potions de Miss Pomfresh étaient merveilleuses, presque magiques. Alors que Draco m'accompagnait chez McGonagall, je repensais à mon réveil la veille. Ni Harry, ni Ron n'étaient là pour moi. Même si quelques bonbons et chocolats portaient leur signature, j'étais un peu triste de ne pas les avoir vu. Ginny les avait pourtant prévenu de ma guérison soudaine.

J'allais entrer dans l'escalier en colimaçon quand Draco m'arrêta d'une main.

-Hermione, attend, avant que tu ne montes à l'étage. Il y a quelque chose que McGonagall ne t'a pas dit hier.

-Qu'est ce qui se passe Draco ? Demandai-je inquiète par son regard bien trop sérieux.

-Quand tu étais dans le coma. Tu t'es réveillée brièvement. C'était jeudi. Tu semblais être différente, ta voix était étrange.

-Comment ça ?

-Tu as fait une nouvelle prophétie.

Fin du chapitre.

Note : A bientôt pour la suite. Le chapitre suivant est déjà tapé. Il passe à la relecture et arrive bientôt (vendredi prochain).

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