Chapitre 19 : World at war.

Le temps qui avait commencé à se dégrader, loin d'être revenu à la normale, avait empiré, et ce n'étaient plus des cordes qu'il pleuvait, mais littéralement une bonne vielle mousson qui tombait sur la tête de la trentaine de terminales qui retournaient la foret en long en large et en travers pour retrouver les balises. Le ciel étant pratiquement noir, il fallait ruser pour pouvoir apercevoir quelque chose, et le peu de personne n'ayant pas planqué son portable dans son soutien-gorge pour les filles et on sait très bien où pour les garçons s'en languissaient désormais bien. Il y en avait quand même qui trouvaient cela drôle, et avaient bien l'intention de ne pas prendre ça comme une évaluation.

_Allons enfants de la partie, le jour de gloire est arrivéééé. chantonnait Angeal alors que lui et Genesis rampaient dans la fange et la boue qui constituaient sommairement le sol.

Ils avaient opté pour une approche discrète au style de ce qui se faisait de mieux dans les pays en guerre au temps du grand KGB et de la CIA, ils allaient tout bêtement attendre quelqu'un ayant déjà bien rempli sa fiche avec la position des balises pour la lui soutirer après l'avoir neutralisé. L'idée sournoise était basiquement celle d'Angeal, mais son ami aux cheveux rouges y avait rajouté deux où trois choses de son cru, puisées dans quelque livres de Stephen King. Ils rampaient ainsi pour échapper à leurs poursuivants, qu'ils soient réels où non, car ils n'en savaient rien.

_Je te jure que j'ai entendu quelque chose! assura Angeal en interrompant son chant à la gloire de sa patrie, qui devait bien tranquillement subir le doux début de l'automne alors que le Japon commençait un magnifique hiver à la fin de la saison des pluies.

_C'est ça! répliqua son ami au comble de l'énervement. Y'avait personne et toi tu m'as... Balancé dans un buisson! Tu savais même pas le nombre de bestioles qu'il y avait dedans!

Pour toute réponse, Angeal lui fit entendre un soupir blasé avant d'expliquer calmement.

_Les culs-terreux comme nous sont immunisés de naissance contre les choses qu'on chope habituellement en rampant, tu te souviens quand on creusait dans ton jardin en cherchant des douilles de 43 ?

Le regard noir de Genesis s'éclaircit quelque peu pour redevenir aussi noir qu'avant.

_Douilles dont j'ai jamais vu la couleur! Enfoiré tu les as toutes vendues pour ta pomme!

_Pardon! s'offusqua Angeal. On a tout partagé!

_A la communiste! Toi et ton délire popov, t'as communisé notre fric et toutes tes dettes! Tu me devais plus de deux cents euros!

_Quoi! Je croyais que t'avais effacé mon ardoise depuis longtemps!

_Autant que tu m'as rendu mes munitions! Facho!

_Communiste!

_Sale boche capitaliste!

_Mais ta gueule on va nous choper!

Ils se turent tous seuls en entendant un bruit venant du chemin devant eux. Avec un regard entendu, ils rampèrent jusqu'à apercevoir le chemin boueux qui s'étendait perpendiculairement à eux. Ils rougirent devant la vue du joli minois de Manah qui courait à toute vitesse sur le chemin, elle ne perdait aucun temps inutile.

_Elle doit avoir une belle fiche bien remplie… murmura Angeal.

_En avant, Kamarad

_Ta gueule!

Sortant à tout vitesse du fourré où ils étaient cachés, ils se jetèrent sans pitié sur la pauvre jeune fille qui n'eut pas le temps de se défendre. Pris d'un éclat de rire furieux, ils recopièrent toute la fiche et s'en allèrent en sautant dans les bosquets, sans laisser de traces, rien qu'une pauvre jeune fille couverte de boue, les fesses par terre.

Quelques dizaines de mètres plus loin, les deux apprentis assassins avaient opté pour une méthode pas si différente de celle de Manah, celle du: plus on court vite, plus on finit tôt, plus on est au chaud. Rajouté à cela leur colère contre toute chose vivante, le résultat était légèrement… dévastateur. Rufus et Tseng n'avaient, en dépit de leurs efforts, rempli aucun point sur leurs feuilles, et ne comprenaient pas du tout pourquoi.

_Putain ça fait une demi-heure qu'on cavale comme des cons sous cette flotte et on a encore trouvé que dalle! hurla le chef du comité disciplinaire en s'arrêtant pour souffler.

_On à pas du tout fouiller…

_C'est pas toi qui ratisse par terre et va grimper dans les arbres!

_Si t'ès pas content je te laisse seul et je veux le faire, mais pour avoir ma fiche tu pourrais toujours me supplier! Ca sera niet!

Entendant un bruit, Tseng se jeta sur son ami pour qu'ils disparaissent tous deux du chemin. Pour éviter que Rufus ne réponde à cette provocation ouverte, Tseng l'immobilisa jusqu'à temps que ce dernier ce calme.

_Bordel mais t'as pété une coche ou quoi!

_Nan, j'essayais surtout de nous cacher des deux splendeurs décalées… murmura Tseng en regardant Yazoo et Sephiroth qui furetaient sous leurs yeux.

_Si j'en crois mes yeux ils ont rempli pas mal de leurs fiches… Ces salopards… A trois on se jette dessus! Uno, duè, tr…

_Mais t'ès taré! Ils nous étaleraient en deux secondes!

_Jm'en fout! Tant qu'on met leurs feuilles dans un état assez dégueulasse pour que l'examinateur ne les accepte pas!

_C'est pas con…

D'un regard entendu, les deux membres du Comité Disciplinaire préparèrent leur assaut surprise en commençant le décompte. A la fin de ce dernier, ils sortirent… Stop. A ceci près, Tseng rattrapa encore une fois Rufus par le col avant que ce dernier ne pu amorcer un seul geste ou pousser un seul cri de guerre. Il le plaqua sur le sol et lui expliqua son plan de dernier recours.

_Tu penses que c'est ce qu'Altaïr-sama aurait fait ? Nan, il l'aurait jouée discrète! Allez, on est repartis…

Tels des assassins (cette fois ci) ils se glissèrent derrières leurs cibles. Bien sûr, vous auriez espéré que ça aurait marché ? Il y avait tout de même beaucoup de choses qui différenciait les deux terminales des assassins qu'ils admiraient tant, l'une de ces choses était l'étude du terrain.

_Apprenez à vous faire discrets. dit Sephiroth avec un grand sourire lorsqu'il propulsa Rufus deux mètres en l'air pour qu'il dévale ensuite une pente raide pour atterrir dans un profond fossé, bientôt rejoint par Tseng qui lui tomba dessus dans un magnifique bruit de chose morte trempée dans de la vase bien brunâtre.

Les deux argentés disparurent en n'oubliant pas –au comble de l'horreur des deux terminales piégés comme des rats, de prendre leurs deux fiches (bien qu'incomplètes) au passage.

_Bordel de merde! Dégages de là immédiatement! hurla Rufus au comble de l'énervement.

_Tu crois que si je pouvais je l'aurais pas déjà fait! lui répondit aussi amicalement Tseng qui tentait de se relever malgré la boue qui l'engluait complètement. Bordel c'est des vrais sables mouvants!

_Nan mais tu croyais que je l'avais pas remarqué! Hé réveilles-toi! Je suis en dessous!

Au pris d'un effort inimaginable, les deux terminales réussirent à se libérer de leur geôle boueuse pour se placer dans un équilibre précaire, embourbés jusqu'aux genoux au fond de la marre visqueuse, l'eau quand à elle, montait jusqu'à leur taille.

_Avec un peu de chance on nagera jusqu'au chemin…

_Très drôle Tseng, t'essaie pas à l'humour c'est navrant…

La situation était amusante; certes, mais l'eau, elle, ne l'étais pas, elle était très froide… Au bout de dix minutes, les deux jeunes hommes commençaient à sentir très clairement sa morsure dans tout leur corps.

_Faut trouver un plan… fit maussadement Tseng en regardant Rufus tenter de grimper sur un des bords du trou et échouant lamentablement, faisant un sous l'eau admirable. Laisse tomber, j'ai déjà essayé tu arriveras pas à remonter…

En effet, cela se voyait à ses bras maculés jusqu'aux coudes de boue. Comment allaient-ils faire. Ni Reno ni personne d'autre ne viendraient les aider. Ils ne savaient même pas ce qu'il se passait ! Il regarda lascivement la tête blonde de son ami remonter à la surface bientôt suivi de son visage et de son uniforme qui ressemblait à un tas de boue vivant. Le meilleur des films de commandos n'aurait pas fait mieux. Alors que l'orage de fin de saison continuait, il réfléchissait toujours à vive allure même s'il en avait tout sauf l'air.

_On pourra pas remonter tous les deux. concéda Tseng avec un soupir de dépit.

_Mais si ! T'avise même pas de m'abandonner là comme un idiot !

Soupirant une énième fois, le lieutenant du Comité de Discipline retint sa respiration et plongeant en entier, réapparaissant entre les jambes de son supérieur qui, lui, se vit propulsé un mètre vingt plus haut. Très intelligent, il fallait l'admettre. S'accrochant aux cheveux de son coéquipier, Rufus jurait encore et toujours. Où était passé le mec dur et froid, hein ? Sûrement dans la boue…

_Arrête de bouger comme un ver !

_Mais c'est toi qui bouge ! Non ! Te rapproches pas de, dérape paaaas !

C'était aussi compter sur Tseng et son équilibre précaire. Etalé contre le mur de glaise visqueuse, il avait enfin le calme qu'il escomptait, Rufus maugréant la tête dans la vase. Il soupira encore une fois et prit un peu d'élan -autant qu'il le pouvait- et patauga contre le mur tant qu'il put pour que son ami se libère.

_Vas-y attrape quelque chose !

Rufus parvint contre toute attente à faucher une branche et à s'y hisser. Jusque là tout allait bien, mais au moment où il sentit Tseng glisser vers l'arrière, il se laissa pendre sur la pente douce, savourant non sans un certain dégout les rigoles de pluie qui lui coulaient sur les joues et dans la bouche.

_Qu'est-ce que tu fous ! Accroche-toi idiot !

_Mais tu vois bien que je peux pas ! Continue tout seul !

Oh non, se dit le chef du comité. Pas une de ces répliques grandiloquente qui aurait eu sa place dans un film comme Il faut Sauvez le soldat Ryan !

Il se hissa jusqu'à la terre ferme (tout est relatif bien sûr) et réfléchit quelques secondes. Ce fut là qu'il bénit son cerveau toujours irrigué par temps problématiques. Il se pendit par les pieds à l'arbrisseau qui lui avait servi pour se sortir du bourbier et ouvrit grand ses bras à Tseng -non sans un sourire bien narquois-.

_Votre carrosse vous attend ! Allez grimpe abruti !

Quelques minutes plus tard, remontés à bloc et en chasse de la première fiche venue, ils se remirent en route. Légèrement alourdis par la flotte qui leur avait servi de bain de midi.


...Commentaires de l'Auteur...

Me revoilà ! Je crois que finalement il y a quelqu'un là haut, et il a fait que quelqu'un de ma famille (sœur ou mère... je sait pas ^^) retrouve... Ma clé USB ! J'ai juste eu à finir ce chapitre et à l'envoyer ! J'espère qu'il vous plaira, c'est que le premier d'une longue suite ^^, bisoux ~