Merci à Devil Horse, Rukie-chan, Lily&Maya et Mlle MalfoyZabini pour leurs reviews. Et à justabook pour s'être contrainte à me laisser une review à chaque chapitre en rattrapant son retard: ça y'est miss, c'est officiel, tu as le virus! Votre fidélité de reviewers m'honore, et j'espère continuer de vous rendre la lecture agréable: un grand merci à vous toutes, vous êtes extraordinaires! Pour celles à qui je n'ai pas encore répondu aux reviews, je m'y attelle juste après !

Veuillez d'avance accepter mes excuses pour les diverses (et sans doute nombreuses) coquilles de ce chapitre: mais j'avais omis de le corriger, mais je le poste au plutôt pour ma chère Devil ^^ (oui, c'est sa faute: les tomates, c'est pour elle). De plus, excusez aussi la longueur de ce chapitre: ce n'était pas prévu... je suis vraiment indecrottable! Promis ça ne se reproduira plus... du moins je vais essayer !


Titre: Bullets and Blood's Family

Chapitre 8: Better Half (part 4) Une Maison pour Eliott

Auteur: Edeinn

Rating: T (Attention aux plus jeunes: Langage vulgaire/Mots de sexe ….)

Spoilers: Saison1 pour le moment/ Episode 8 Better Half ( Épouses et Concubines en français)

Résumé général: Sept ans qu'elle avait fait le chemin inverse pour fuir à l'Est. Fuir toute cette merde, toute cette haine et cette douleur qui l'avaient bouffée, presque détruite. Jamais Charlie n'aurait pensé revenir. Et pourtant, elle revenait.

Disclaimer: Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.

Bonne Lecture...


28 octobre 2008

Une Maison pour Eliott

― « Bien sûr, toi tu peux fanfaronner ! Moi, ils vont m'enfermer dans une prison de lesbiennes pour le restant de mes jours ! gémit Cherry. »

Cela faisait une demi-heure que Charlie s'énervait contre Cherry, à deux doigts de craquer et de tout balancer aux fédéraux. Et la jeune femme avait de la chance qu'il y ait des barreaux entre elles, sinon Baxie l'aurait étranglée depuis longtemps.

― « Nom de Dieu ! s'exclama Luann hors d'elle. Voilà ce qui arrive quand on essaie de faire d'une petite pute, une régulière ! Tu vas la fermer, Cherry, sinon, je te jure que je te tue dans ton sommeil !

― Ok, Luann, ok, calme-toi, essaya de tempérer Charlie. Merde, ils reviennent. »

Cela faisait déjà deux fois que les policiers de garde venaient jusqu'aux cellules alertés par les cris des trois femmes, et Charlie sentait bien qu'ils commençaient à perdre patience.

― « C'est pas bientôt fini ce bordel ? gronda l'officier. Vous commencez à me fatiguer toutes les trois ! Si vous m'obligez à revenir encore une fois, je vous jure que je demande à l'agent Stahl de vous transférer à la NCWF1 dès ce soir ! menaça-t-il, fatigué par les trois femmes qui se crêpaient le chignon de cellule à cellule depuis tout à l'heure.

― Désolée, officier. On est un peu sur les nerfs à tourner en rond ici, se repentit Baxie. Faut nous excuser. Peut-être que si…

― Quoi ? soupira l'officier Grey en levant les yeux au plafond.

― J'avais demandé à l'adjoint Hale de me laisser mon paquet, en espérant que l'un d'entre vous serait assez charitable pour nous allumer une cigarette de temps en temps, mais je crois que David a oublié… minauda la jeune femme, la bouche en cœur, tirant un sourire à l'officier.

― On ne peut pas fumer en cellule, lui rappela-t-il tout de même pour la forme.

― Oh s'il vous plaît ! le supplia-t-elle. Allez quoi, on est de la même petite ville vous et moi, c'est pas comme si on était des étrangers, l'un pour l'autre. S'il vous plaît, officier Grey. Vous ne vous souvenez pas de moi ? J'étais à l'école avec Meredith, votre sœur.

― Oh que si, j'me souviens bien de vous, Baxter, ricana le policier.

― Ouais, c'est ça : c'est moi qui ai vomi deux litres de tequila sur le magnifique tapis persan de votre mère, admit Charlie avec une moue contrite. Je n'ai toujours pas fini de rembourser mon père pour ce truc. Mais j'avais prévenue Meredith de ne pas me mettre au défi, se justifia-t-elle.

― Je n'ai pas de clopes, je ne fume pas. Les vôtres sont quelque part ? demanda Grey.

― Soit dans le bureau de Hale, soit dans mon sac à main. Un grand fourre-tout en cuir marron, répondit Baxie avec un grand sourire reconnaissant.

― Le shérif adjoint est encore là : je vais lui demander où elles sont.

― Merci officier Grey ! lui lança-t-elle avant qu'il ne franchisse la grille des cellules.

― En fait, il était très moche, ce tapis. Vous nous avez rendu un grand service, à mon père et moi, avoua-t-il en riant de bon cœur.

― Alors ça, c'était royal, Baxie ! la félicita Luann quand le son des pas de l'officier s'éloignèrent dans le couloir.

― C'est Gemma qui m'a tout appris ! Écoute Cherry… reprit la jeune femme à l'attention de la régulière de Kip.

― Oh non, c'est bon ! soupira Cherry avec un note d'effronterie dans la voix qui fit perdre ce qu'il restait de patience à Charlie.

― Parle-moi sur un autre ton ! tonna Baxie d'un ton autoritaire, ressemblant parfaitement à celui de Clay. Écoute : tu aimes Mi-couille, pas vrai ? demanda-t-elle en se radoucissant, sûre que la jeune régulière avait été déjà suffisamment malmenée pour aujourd'hui.

― Bien sûr ! affirma la fluette brune avec détermination.

― Tu tiens à lui, donc ? Jusqu'à quel point ?

― Eh bien, je … j'veux faire ma vie avec lui.

― C'est bien, ça. Le Prospect est un bon gars, il mérite une gentille fille pour s'occuper de lui, affirma Luann avec douceur, entrant dans le jeu de Charlie, percevant la finalité de cette discussion.

― Ouais, Luann a raison : Kip est un chouette type, renchérit Charlie. Si tu craches, c'est lui qui finira en taule. Et même s'il sort de là vivant, tu ne le reverras plus jamais, parce que tu seras une balance ! lança brutalement Bax, cherchant à créer un électrochoc chez la jeune femme.

― Et non seulement, le Club te le fera payer, ajouta Luann pour porter le coup de grâce. Mais à Kip aussi : il aurait dû mieux choisir sa régulière.

― Mais je… j'vais passer des années en taule, se lamenta Cherry.

― Et Kip sera là à ta sortie, Cherry, affirma Baxie.

― Non, mais écoutez-moi ces deux menteuses ! persifla Stahl en débarquant dans la pièce. Ne les croyez pas, Cherry : en vous sacrifiant pour SAMCRO, vous ne récolterez ni gloire, ni respect, lui affirma-t-elle en se plantant devant sa cellule. Vous pensez vraiment que le Prospect vous attendra sagement, pendant vingt-cinq longues années. Il y'a tellement de jolis petits culs qui traînent dans ce Club…

― Vous ne savez rien de Kip ou… protesta la jeune régulière.

― Ferme-là, Cherry ! ordonna sèchement Baxie.

― Oui. Écoutez donc la digne fille de Gemma vous donner des ordres, alors qu'elle-même sortira d'ici libre comme l'air, demain matin, renchérit l'agent de l'ATF d'un air mauvais en s'approchant de Charlie : elle ne digérait pas sa défaite avec la fille Morrow.

― Tu la fermes, Cherry ! répéta Bax en voyant que la jeune brune ouvrait de nouveau la bouche. Où est donc passé le : « entre femmes on se serre les coudes. Je veux vous aider, Baxie. », parodia-t-elle en vrillant son regard le plus haineux dans les yeux de Stahl. Tu vois Cherry, la menteuse manipulatrice, ce n'est pas moi : c'est le discours qu'elle a osé me servir tout à l'heure, alors que toutes les trois, on est enfermées ici parce que cette salope essaie de nous écraser. On vaut mille fois mieux qu'elle, ma belle : on reste soudées et loyales. Ne te fie pas à elle : t'es plus intelligente que ça, Cherry !

― Oh, et où est passée la « petite pute qui ouvre des bières et suce des queues, » Baxie ? susurra la blonde, pernicieuse, cherchant à semer la discorde entre ces femmes, si dociles qu'elles lui donnaient envie de vomir.

― Elle est là ! lança fièrement Cherry. C'est ce que je fais. Est-ce que ça vous pose un problème ? Jalouse peut-être ? ajouta-t-elle provocatrice, décidée à ne pas laisser cette salope la faire passer pour la plus faible de toutes.

― Vos cigarettes, cracha Stahl en jetant le paquet au sol, au milieu des cellules, là où aucune des trois prisonnières ne pouvait l'attraper.

― Quelle salope ! ragea Luann alors que la blonde repartait.

― Alors ça, c'était vraiment grand, Cherry ! s'extasia Baxie, devant l'intervention déterminée de la jeune régulière. Tu as raison ne te laisse pas… Cherry ? murmura-t-elle doucement en voyant que a brunette venait de se laisser glisser contre le mur, la tête dans les bras, son corps fluet secoué de sanglots.

― J'vais craquer, Bax. J'y arriverais pas… j'vais craquer, sanglota la jeune femme.

― Ok, ok, on se détend, soupira Charlie en se laissant tomber sur le sol elle aussi, dos au mur. On va se fumer une clope et après, on réfléchit.

― T'es la fille cachée d'Houdini ? ironisa Luann. Je ne vois pas comment tu vas les fumer tes foutues clopes, là où elles sont !

― Vous avez sacrément dû la mettre en rogne, vous, rigola l'officier Grey en ramassant le paquet de cigarettes. Allez, arrêtez de pleurer, ma jolie, dit-il doucement à Cherry en lui donnant un mouchoir en même temps qu'une cigarette, avant d'en offrir une à Luann, que celle-ci refusa. Je ne l'aime pas non plus cette Stahl, murmura-t-il à Baxie en allumant sa clope. Mais vous devriez faire attention : c'est une vicieuse. Si elle peut vous écraser…

― Merci, fît Bax en tirant une première bouffée apaisante sur sa cigarette. Elle l'a déjà fait, officier Grey. Mais je ne suis pas du genre à abandonner facilement ! fanfaronna-t-elle à demi.

― Grey ! Une bagarre dans un bar ! annonça l'un de ses collègues en passant la tête par l'ouverture.

― Soyez sages, mesdames ! leur conseilla Grey avant de refermer la porte menant aux cellules pour suivre son collègue.

― Il est cool ce flic… marmonna Cherry en reniflant.

― Je crois qu'il a un faible pour toi, Cherry, rigola Charlie, n'ayant pas pu rater la manière dont l'officier Grey regardait la fluette brune.

― N'importe quoi !

― Si, vraiment ma belle, il te dévore littéralement du regard, assura Luann, déjà en train de s'assoupir. »

Puis voyant Luann sombrer peu à peu dans le sommeil, les deux jeunes femmes se turent, laissant leur aînée profiter d'un peu de repos après sa journée éprouvante. Tandis que Cherry ressassait en boucle dans sa tête sa situation inextricable, songeant aux années de prison qui l'attendaient et essayant de se persuader de ne pas craquer, de trouver la force de tenir, pour le Club, pour Kip ; Charlie repensait à sa conversation avec Stahl. Tracy Porter voulait récupérer son fils. Cette foutue garce de junkie n'avait jamais donné signe de vie depuis qu'elle avait abandonné son unique enfant dans les bras de Lisa Madison, sa sœur aînée. Et maintenant, après près de quatre années sans se soucier du petit garçon, elle revenait en se prévalant de ses droits parentaux. Foutaises ! jura intérieurement Baxie. C'était déjà un revirement suspect en soi, mais que Tracy ait épousé Ramon Morera rendait la chose encore plus étrange.

Une chose était certaine : quoiqu'elle doive faire pour empêcher ça, Charlie ne laisserait pas Tracy reprendre Eliott. Au fond, quand bien même elle n'aurait pas juré à Chris de protéger son fils, elle était attachée à ce bambin. Elle s'efforçait de se tenir loin de lui, pour ne pas lui faire courir d'inutiles risques, mais elle aimait Eliott, et l'enfant le lui rendait bien. Depuis sa naissance, elle avait été présente auprès du garçonnet, autant que son père, et avait pris une place dans la vie d'Eliott qu'elle n'aurait jamais imaginé occuper un jour. Alors, quoi qu'il en coûte, elle se battrait pour garder Eliott au seul endroit où il serait vraiment heureux : dans le foyer de son oncle et de sa tante aimants, tandis qu'elle continuerait de veiller sur lui. Je te le promets, bébé, jura-t-elle en silence, comme si l'enfant pouvait entendre ses pensées.

Le cliquetis de la serrure résonna dans le silence, faisant lever un œil aux deux jeunes femmes, tandis que Luann émergeait difficilement.

― « Merde alors, chuchota Cherry en voyant entrer Jax dans la pièce.

― Jax ? Mais t'es malade ! s'indigna Charlie.

― Chut, souffla-t-il, un doigt sur la bouche, en s'approchant de la cellule de Luann.

― Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda Luann.

― On pense que les fédéraux font pression sur Otto, expliqua Jax, l'air grave.

― Il se passe quelque chose, ils me laissent le voir demain, corrobora la blonde.

― Il faut que tu lui passes un message, Luann. Ils essaient d'utiliser RICO contre le Club. Dis-lui de ne leur donner aucune info, c'est clair ? Rien du tout. Même si c'est vieux ou trois fois rien, insista le biker.

― Oh merde ! D'accord, promit la quinqua. Je lui dirais.

― Est-ce que ça va, frangine ? s'enquit le VP en prenant la main de sa sœur, entre les barreaux.

― C'est ok ! Je sors demain, lui assura-t-elle avant de lancer un coup d'œil expressif vers Cherry. »

Jax haussa les sourcils, suspicieux, puis s'approcha de la cage de la petite brune.

― Ils t'ont demandé quoi ? demanda le jeune homme blond à Cherry.

― Jax, il faut que tu m'emmènes, je t'en prie, pleurnicha la jeune femme en s'accrochant désespérément aux barreaux de sa cellule.

― Je ne peux pas.

― Cette salope veut me renvoyer dans le Nevada. Ils vont me coller en taule jusqu'à la fin de ma vie ! Je ne résisterai pas ! Ta mère a raison : j'vais balancer si je reste ici ! Je vais balancer !répéta Cherry presque hystérique, à bout de nerf et de volonté. »

Jax lança un regard à sa sœur et celle-ci hocha la tête, l'air grave.

― « Je t'en prie ! Je t'en prie ! Je t'en prie, fais-moi sortir ! le supplia encore la fluette brune.

― Ça va, ferme-là ! abdiqua Jax en lui ouvrant la cellule. Magne-toi ! On est d'accord ? reprit-il pour Luann, juste avant de quitter la pièce en entraînant Cherry.

― Eh ben ça… c'est la merde ! souffla Baxie après que les deux jeunes gens soient partis. Je crois que Cherry vient de s'évader… Allez, au dodo Luann, avant que mon copain Grey ne revienne, lança-t-elle joyeusement. Je crois qu'il ne va plus beaucoup m'aimer après ça. J'peux dire adieu à mes clopes pour le reste de la nuit, se désola la jeune femme en s'allongeant sur la paillasse, fixant le plafond miteux et décrépi. »

La nuit promettait d'être longue.

OoOoOoOoO

― « Je n'ai rien vu, je dormais profondément ? parodia Wyatt en tapotant nerveusement sur le volant de sa berline de location. Franchement, Charlie, je ne comprends pas comment ils ont pu accepter ça ! grogna-t-il en faisant allusion au pitoyable mensonge de son associée quand l'officier l'avait interrogée au sujet de l'évasion de Cherry.

― Ils n'ont pas la moindre preuve, justifia Baxie. Ouais, c'est pas faux, reconnût-elle finalement, étonnée qu'ils ne l'aient pas questionnée plus longtemps. C'est assez inquiétant : ils doivent avoir quelque chose de bien plus solide que Cherry et sa fuite… supposa-t-elle.

― C'est le Club qui l'a fait sortir ? Non, oublie ça, je ne veux pas savoir ! se récria l'avocat. Bon, pour Eliott…

― Du nouveau ?

― C'est mal barré, soupira-t-il en arrêtant sa voiture devant le motel de Charlie. Je peux retarder la décision de justice de quelques semaines, mais toutes les chances sont du côté de sa mère, expliqua-t-il en descendant de voiture. Nom de Dieu, Charlie ! Tu habites vraiment ici ? s'ahurit Wyatt en contemplant le motel. C'est …

― Miteux ? proposa Charlie. Ouais, tu l'as dit !

― Charlie, est-ce que tu as des problèmes de fric ? s'inquiéta l'avocat. Parce que si c'est le cas, le cabinet peut te rendre …

― Non, Wyatt ! C'est ok ! se récria la jeune femme. Je sais de quoi ça a l'air, mais c'est pour des raisons pratiques. Je pourrais sans doute m'offrir dix fois mieux, mais… C'est tranquille, à la sortie de la ville et fréquenté par le genre de personnes qui ne posent pas de question. Et ça, ça me va, s'expliqua-t-elle. Et avantage non négligeable : c'est suffisamment loin de chez ma belle-mère pour qu'elle ne vienne pas m'y chercher tous les jours. Juste tous les trois jours quoi…

― Tu ne t'entends pas bien avec elle ?

― J'adore Gemma. C'est comme une mère pour moi : elle m'a élevée et supportée pendant les années les plus ingrates de ma vie, objecta Bax. Je lui dois en grande partie qui je suis : les mauvais comme les bons côtés. C'est juste qu'elle est un peu envahissante.

― Pourquoi tu n'as jamais parlé de ta famille avant ? osa enfin demander son associé, tandis que Charlie ouvrait la porte de sa chambre.

― Parce que j'avais choisi de laisser cette vie là loin derrière moi, Wyatt.

― Et à Chris, tu lui en avais parlé ? insista Wyatt d'un air entendu en suivant son amie dans la chambre.

― Très peu. Juste dans les moments de déprime. Mais lui non plus ne parlait pas de ses parents. L'un comme l'autre, nous voulions vivre au présent.

― Ensemble ?

― Je te fais confiance pour t'être déjà fait ta propre idée à ce sujet, ricana Charlie amusée.

― Ouais. T'en diras pas plus, grommela l'avocat. Mais je veux juste savoir quelque chose. Pas à propos de Chris, se reprit-il en voyant le regard las que lui adressa Baxie. Ces types que j'ai rencontré hier ta famille. Tu sais, c'est mon boulot de cerner les gens, de voir ce qui les lie et je n'arrive pas à comprendre, Charlie. Ce que j'ai vu hier la manière dont chacun d'eux te considère l'amour qu'ils ont pour toi, je ne comprends pas pourquoi tu as tourné le dos à tout ça, il y'a sept ans. »

Charlie persista dans son mutisme, s'appliquant à garder les yeux rivés sur le sol, pendant qu'elle rangeait le désordre qu'elle avait laissé le matin précédent en quittant la chambre avec Juice et Opie.

― « Moi je suis un brillant avocat, qui fréquente les cercles sociaux et professionnels les plus prestigieux, continua Wyatt, refusant d'abandonner avant d'obtenir un élément de réponse à cette question qui l'avait taraudé toute la nuit. J'ai une vie propre et bien rangée, une femme et des enfants géniaux, et une famille de classe moyenne qui adore les barbecues estivaux : la famille américaine modèle… Mais ça, j'avais encore jamais vu. Ce sont des hors la loi, des criminels, des brutes épaisses pour certains et sans doute des ploucs sans éducation, mais cette vision de la famille qu'ils ont ce qui les lie les uns aux autres… C'est exceptionnel, Charlie. C'est l'idéal de toute famille de trouver cette fusion parfaite.

― Tu ne sais pas tout ce que ça implique, Wyatt, marmonna Bax.

― Sans doute. Mais je sais que si tu as été élevée là-dedans, Charlie, la femme avec laquelle je travaille depuis deux ans ne peut pas être leur Baxie, rétorqua son ami. Je ne comprends pas…

― Pour faire court, SAMCRO était devenu mauvais pour moi, finit par lâcher Charlie, consciente que Wyatt était encore plus obstiné qu'elle quand il s'agissait d'obtenir des réponses. Y avait plus rien de bon dans ce Club. J'avais mal, je les tenais responsables de tout ce qui merdait dans ma vie : je suis partie en abandonnant tout ça, débita-t-elle platement. Puis je suis revenue et j'ai réalisé que…

― Tu ne reviendras pas à Boston, affirma Wyatt en réussissant enfin à capturer le regard de sa collègue.

― Je n'en sais rien. Y a rien de moins fiable que l'avenir avec SAMCRO. Je ne sais pas ce que je ferais dans une semaine, un mois ou un an, je sais juste que pour l'instant, je reste, approuva Charlie. Bon, fini l'interrogatoire, Maître ? Je peux aller me doucher ? demanda-t-elle plus enjouée, mise mal à l'aise par toutes ces questions personnelles.

― Oui, vas-y : tu pues ! Je peux prendre ton ordinateur ?

― Ouais !

― Ton hacker ne t'a jamais dit qu'un mot de passe, ça devait se changer de temps à autre ? En plus, c'est le même que celui sur ton ordi de bureau ! cria Wyatt à l'attention de la jeune femme qui venait d'entrer dans la salle de bain. »

Pendant que sa jeune collègue se douchait, Wyatt consultait ses mails : Mme Myers, la responsable du bureau des assistantes sociales chargé de l'enquête de moralité sur l'affaire Eliott Porter, était une de ses amies et avait promis de lui envoyer les avancées de leur enquête, du moins la manière dont penchait la balance au fil de leur recherche – pour Sofia Myers, pas question de trahir le secret professionnel. Les nouvelles n'étaient pas bonnes : l'enquête préliminaire montrait Tracy Porter-Morera sous un très bon jour. Alors que Charlie avait tout de la parfaite tutrice indigne, laissait entendre Sofia dans son mail. Le fait qu'Eliott vive toujours chez les Madison sans raison justifiée, et surtout sans qu'aucune disposition légale ne soit prise dans ce sens, ne jouait pas en sa faveur. Tracy elle, était repentie, avait un mari, une grande maison, beaucoup d'argent et se préparait déjà activement à la vie de mère au foyer.

Et puis dans sa boîte de réception, Wyatt trouva un second message de la même expéditrice, seulement, envoyé d'une autre adresse mail que celle de son travail. Sofia y expliquait son sentiment personnel et donnait quelques conseils à l'attention de Charlie : elle non plus ne souhaitait pas que le petit finisse avec sa mère abandonnique, alors qu'il était heureux et épanoui dans le foyer stable de son oncle et sa tante, sa tutrice subvenant à ses besoins financiers et matériels. Sofia disait que ses enquêteurs ne pouvaient pas faire part de leurs soupçons quant aux liens de Mr Morera avec des criminels avérés, puisqu'il n'existait pas la moindre preuve, mais qu'elle s'arrangerait pour le glisser dans l'oreille d'un ou deux contacts du cabinet du juge.

Elle expliquait que la famille de Charlie pourrait ne pas être un frein, si la jeune femme tâchait de ne pas se fourrer dans les ennuis avec eux jusqu'à la comparution. Sofia affirmait qu'elle viendrait elle-même faire la visite et l'entretien de Charlie, et que si la jeune femme lui paraissait responsable, il n'y avait pas de raison qu'elle ne fasse pas un rapport tout à fait positif, même si elle devait omettre certains détails concernant les activités de sa famille. S'ensuivait toute une liste de conseils et d'exigences que Charlie devrait remplir quand elle recevrait la visite des services sociaux. Enfin, Sofia assurait que leurs bureaux étant surchargés de travail et le cabinet du juge engorgé d'affaires à traiter – la situation de l'enfant n'étant pas prioritaire en l'absence totale de danger pour le petit – l'affaire ne serait pas traitée avant des mois.

Wyatt referma l'ordinateur satisfait et soulagé : il y avait encore de l'espoir. Et même si certains conseils de Sofia – un tout particulièrement – déplairaient à Charlie, il ferait tout pour que la jeune femme s'acquitte d'un maximum d'entre eux. Quand il releva la tête, il sursauta en apercevant un homme appuyé contre le chambranle de la porte, l'observant d'un regard inquisiteur. Wyatt sentit les battements de son cœur s'accélérer, et ses mains devenir moites. Ce grand type tatoué avait un regard de tueur. Ressemblait à un tueur. Était un tueur, songea l'avocat, presque sûr que sa dernière heure était venue.

― « Vous êtes qui ? lui demanda l'homme d'une voix grave et inquiétante.

― Hap ? Qu'est-ce que tu fiches ici ? fît Charlie en sortant de la salle de bain, enfin propre, vêtue de frais et en train de sécher ses cheveux humides.

― Fallait que je te parle avant de partir, répondit Happy sans quitter Wyatt du regard.

― Tu vas où ?

― Transport. Et on… commença Happy, avant de s'interrompre en désignant Wyatt du menton, à l'attention de Bax.

― Ah, oui, je ne vous ai pas présentés : Wyatt, voici Happy. Des Sons de Tacoma. Happy, Wyatt Butler, mon avocat, précisa la jeune femme en voyant l'air suspicieux d'Happy.

― Oh, il y'a aussi un Club des Sons of Anarchy dans l'État de Washington alors ? lança Wyatt, cherchant à se montrer poli.

― Ouais, grogna le biker sans accorder un regard à l'avocat. Je t'attends dehors, Bax, ajouta-t-il avant de sortir et de s'asseoir sur sa moto.

― Laisse tomber les politesses avec lui, Wyatt. Pas son genre, ricana Charlie en se poudrant le visage. C'est un bon gars, mais il est un peu sectaire sur les bords. Pas la peine de tousser, Hap ! Je sais parfaitement que tu m'entends ! cria-t-elle à l'attention du biker de Tacoma dehors, qui avait rappelé sa présence et manifesté son désaccord par un toussotement sonore. Tu dois être un peu trop propre sur toi, à son goût, ajouta-t-elle à nouveau à l'attention de Wyatt, en parachevant son maquillage d'une légère touche de mascara. Voire un peu gay, étant donné qu'il est évident que toi, tu as vu un coiffeur depuis moins de deux ans ? lança-t-elle d'une voix plus forte pour être sûre d'être entendue du biker, avant de refermer sa trousse et de franchir la porte à son tour. Oh c'est bon, Happy, ne te vexe pas ! rigola Charlie en rejoignant le biker qui bougonnait, assis sur sa moto. Qu'est-ce qu'il y'a ?

― Gemma a parlé, lâcha Happy sans émotion. »

Ce disant, il fixait la brunette dans les yeux, d'un regard lourd de sous-entendus et d'une gravité qui surprit la jeune femme. Charlie était sûre qu'Happy n'était pas du genre à se laisser intimider par les cris de la First Old Lady – bien qu'il ait dit la craindre – et surtout, qu'il ne se sentait en aucun cas coupable d'avoir mal agi, de quelque façon que ce fut. Bax sentait qu'il y'avait plus que ça derrière le masque sérieux du biker : il était inquiet, soucieux ; et cela ne lui ressemblait guère.

― « T'es sérieux ? Mais ça n'a pas de sens ! Pourquoi ? demanda Charlie ahurie que sa belle-mère ait fini par lâcher le morceau, sans crier gare.

― J'ai peut-être oublié de te raconter ce que tu as déclenché la fois dernière, répondit Happy en grimaçant.

― Ce que j'ai déclenché ?

― C'était pas très malin de me laisser seul avec ta mère hystérique dans la cuisine, lui reprocha-t-il avec un sourire amusé qui contredisait son regard noir. Elle en a profité pour me dire clairement ce qu'elle pensait de tout ça. C'était pas beau à entendre !

― Merde, désolée, Hap', s'excusa-t-elle. C'était à ce point là ?

― J'en ai pris pour mon grade, ouais. Mais c'est pas ça le problème : elle m'a demandé ce que je comptais faire si l'occasion se représentait.

― Qu'est-ce que tu lui as répondu ? demanda craintivement Bax, priant pour que le biker n'ait pas dit ce qu'il ne fallait surtout pas qu'il dise.

― À ton avis ? »

Raté ! songea Charlie en dénouant le majeur et l'index qu'elle avait croisés. Oh, Charlie n'avait plus aucun doute sur la réponse que le biker avait fait à la matriarche : Happy n'était pas le genre de gars à laisser passer des occasions, juste pour faire bien. Et c'est ce que le grand tatoué avait répondu à Gemma : tant que Bax et lui y trouveraient leur compte, comme deux adultes responsables – tout dépendait du contexte – il n'avait pas l'intention de changer son attitude. Bien sûr qu'Happy aurait pu céder face à la matriarche ; lui dire ce qu'elle voulait entendre ; et obéir à ses ordres. Il avait envisagé de le faire, puis avait renoncé : il ne faisait rien de répréhensible. Et surtout, il ne recevait d'ordre d'aucune femme – autre que sa mère – pour gérer sa vie, quand bien même était-elle la légitime de Clay. C'était une question de fierté.

― « T'aurais pas dû être honnête, mec, soupira Bax en imaginant que la quinqua devait être furieuse en ce moment. Sur ce coup là, valait probablement mieux de mentir. Mais pourquoi en parler maintenant ? reprit-elle, toujours perplexe. Et à qui ?

― Chibs. »

Happy avait à peine soufflé sa réponse, regardant Charlie droit dans les yeux, pour voir passer dans les prunelles noisette de sa jeune maitresse, une lueur de rage. Puis, la respiration de la jeune femme sembla se bloquer et tout son visage s'étira en un masque grimaçant, comme si elle souffrait d'une quelconque douleur. L'espace de quelques secondes, le biker se demanda si elle n'était pas en train de faire une crise cardiaque. Il s'était presque résolu à entreprendre un massage cardiaque, quand un sifflement s'échappa des dents serrées de Bax.

― « Espèce de sale garce ! siffla la chasseuse en détachant chaque syllabe. Mais pourquoi elle a fait ça ? tonna-t-elle après un silence.

― Parce qu'elle ne veut pas que je me mette entre Juice et toi, répondit le biker de Tacoma, un léger sourire sur les lèvres, fixant la cigarette qu'il allumait.

― Pardon ? demanda Charlie, en écarquillant les yeux, sûre d'avoir mal compris. Oh Nom de Dieu ! Si elle s'est mis ça en tête…

― Crois-moi, elle se l'est mis, affirma Happy dans un ricanement acerbe, en se rappelant la conviction presque fanatique de l'Old Lady. Il faut que tu gères ce truc avec Chibs : j'veux pas que ça foute la merde. Prendre du bon temps ne vaut pas le coup de me mettre l'Écossais à dos, lâcha-t-il enfin. »

Baxie esquissa un sourire presque attendri. Happy n'avait pas peur de Gemma. Happy n'avait pas peur que ça se sache. Happy avait peur que Chibs ait une mauvaise opinion de lui. Rarement Charlie avait vu une expression aussi sérieuse sur le visage du grand tatoué. Happy avait raison : s'envoyer en l'air ne valait pas le risque de voir Chibs en faire le reproche à Happy.

Ce n'était un secret pour personne, ça ne l'avait jamais été : Chibs était très protecteur avec Baxie. Trop même. Comme tous ses frères qui passaient à l'époque par Charming, Happy avait lui aussi reçu ce conseil : « ne t'approche pas de Baxie. » Et aucun biker ne s'y serait risqué à l'époque. D'abord, elle était la fille du Près, et aucun Sons n'était plus respecté et craint que Clay. Même si ses avertissements avaient toujours l'apparence d'une boutade, beaucoup respectaient à la lettre le « touche pas à ma fille » que Clay assénait en riant. Et pour les plus téméraires, qui auraient pris Clay à la rigolade, le regard noir que Chibs adressait à tout homme qui regardait sa gamine de manière trop insistante, suffisait à remettre tout le monde dans les clous. Tout le monde, sauf lui.

Happy se demandait encore pourquoi il avait franchi la limite ce soir là. Peut-être parce que son acharnement à vouloir le séduire était amusant, voire attendrissant. Trois soirs d'affilé, il l'avait gentiment envoyée paître : trop jeune, pas assez blonde, pas assez ronde, et surtout trop inexpérimentée. Mais la gamine s'était accrochée et s'était montrée très imaginative pour lui faire comprendre ce qu'elle voulait.

Était-ce l'alcool ou le joint ? L'envie de nouveauté ? Il ne savait pas vraiment, mais il avait cédé. Il avait attendu quelques secondes avant de la suivre dans le couloir, au plus fort de la fête, alors que personne ne se rendrait compte de leur absence. Quand il l'avait retrouvée dans la chambre, elle avait eu l'air bien moins assurée, et Happy avait failli faire demi-tour, s'étonnant lui-même de se montrer presque gentleman. Mais Baxie avait tenu bon et l'avait retenu. La suite n'était plus qu'un vague souvenir sans importance : il ne s'attendait pas à des prouesses de la part d'une gamine de dix-sept ans. Elle avait largement progressé en sept ans, songea-t-il.

La seule question qui lui restait de cette nuit là, était : « pourquoi moi ? » Quand il était revenu dans le bar et que d'un coup d'œil rapide, il avait évalué le potentiel des bikers présents, il n'avait pas compris pourquoi la fille avait jeté son dévolu sur lui. Ce n'était pas une crow-eater qui cherchait à être distinguée par n'importe quel biker, ou qui était fascinée par ce monde qu'elle découvrait : Baxie avait grandi dans ce Club ; avait vu passer sans doute plus de Sons que lui ; et n'était certainement pas impressionnée par eux. Dans ce bar, il avait compté au moins quinze types plus jeunes que lui, et dont au moins neuf d'entre eux – selon le compte de deux crow-eaters qu'il avait questionnées – étaient vraiment sexy. Voilà la question qui l'intriguait : pourquoi lui, et pourquoi tant d'acharnement, quand elle aurait pu avoir n'importe lequel d'entre eux en manœuvrant bien ?

― « Un, pour faire chier mon père. Deux, c'était un challenge, fît Charlie, au grand étonnement du biker. T'étais bien en train de te demander pourquoi j'avais mis le cap sur toi, non ?

― T'es genre télépathe, ou quoi ? s'ahurit Happy.

― Y'a un peu de ça ! L'étendue de mes talents te surprendrait, mon grand !scanda-t-elle, aguicheuse.

― Ouais, ben à l'époque, c'était plutôt l'absence totale de talents en la matière qui m'a surpris, répliqua-t-il.

― Connard !

― T'es vexée ? se moque Happy.

― Nan. T'es juste pas conscient de la chance que t'as : y'en a qui se ferait tuer volontiers pour ça ! crâna Bax.

― Je crois que tu te la racontes un peu ! Un challenge, tu disais ?

― C'est une longue histoire : une autre fois, éluda-t-elle. Bon, je m'occupe de Chibs, tu peux partir serein, promit-elle tout en songeant à la laborieuse explication qu'elle devrait avoir avec Chibs. Mais je crois que toi et moi, va falloir qu'on garde nos distances à l'avenir, ou Cerbère et Méduse pourraient mordre.

― Ouais. Mais t'es sûre que tu vas pouvoir te contrôler ? la provoqua le biker.

― C'est à moi que tu demandes ça ? Non mais sans rire ! s'offusqua-t-elle.

― Je vais demander mon transfert chez les Nomads, l'informa l'homme pour appuyer ses propos

― Vraiment ? Je croyais que tu te plaisais à Tacoma, s'étonna Charlie.

― Ma mère. Elle ne va pas bien. Elle est en maison de retraite à Bakersfield, je veux pouvoir passer un peu plus de temps avec elle, s'expliqua Happy avec sérieux.

― Oh, je suis désolée, mec. Si je peux faire quelque chose…

― Ben justement… commença Happy en lui adressant un regard en coin.

― T'abuses Happy ! s'exclama Baxie en réalisant que son annonce n'avait rien d'anodine.

― Quoi, t'as proposé, non ? se défendit le biker, et Charlie soupira en lui faisant signe de continuer. J'ai déménagé toutes ses affaires dans un garde-meuble, en banlieue de Bakersfield, mais ces connards de la maison de retraite ne veulent même pas faire un détour pour aller lui chercher ses bouquins. J'vais être parti plusieurs jours et …

― Ok… accepta la jeune femme. Donne-moi les clés, l'adresse et les titres de ses bouquins : je ferais un détour. Enfoiré, t'avais tout prévu ! grogna-t-elle quand Happy sortit de sa poche une enveloppe déjà prête, contenant tout le nécessaire pour que sa jeune maitresse remplisse sa mission : il avait su d'avance qu'elle ne pourrait pas lui refuser ce service.

― Merci Bax, dit-il en se levant pour l'enlacer et l'embrasser..

― Allez, dégage connard, avant que je ne donne une nouvelle raison à Chibs de t'arracher les tripes, le repoussa Bax en sentant naître au creux de ses reins une chaleur familière qu'elle peinait à contrôler.

― Quand je disais que tu ne pourrais pas te contrôler, rigola-t-il en enfourchant sa Dyna.

― Bonne route, Happy ! répliqua-t-elle sèchement tandis qu'il démarrait. Et préviens ta mère ! Si elle est aussi timbrée que toi, je ne tiens pas à ce qu'elle me tire dessus en me voyant arriver ! cria-t-elle pour couvrir le bruit de pétarade de la Dyna.

― T'es une perle, Bax ! répondit-il sur le même ton en s'éloignant.

― C'est ça, ouais ! Je suis surtout une bonne poire ! grommela Bax en le regardant partir.

― Alors ça, je te le dis tout de suite, ça ne jouera absolument pas en ta faveur pour la garde d'Eliott ! intervint Wyatt, adossé à la porte, n'ayant rien manqué de la conversation des deux amants.

― Quoi ? Ça ne fait pas boy-scout d'amener des bouquins à Mamy, en maison de retraite ? plaisanta Charlie avec un air faussement innocent.

― Si. T'envoyer son biker de fils, tatoué et flippant, en revanche, pas sûr que ça fasse boy-scout, rétorqua l'avocat. Toi et lui, vous…

― Rien, le coupa-t-elle avec conviction. En tout cas, plus maintenant : Chibs va l'émasculer ! Bon, tu parlais de ce qui jouerait ou non en ma faveur : autre chose ? reprit-elle.

― Alors, énumérons ! répliqua Wyatt en se frottant les mains. Elle est clean. Toi aussi. Enfin, j'espère… ajouta-t-il en coulant un regard en biais vers sa collègue.

― Je le suis !

― Elle n'a pas de boulot. Le tien est un problème, affirma l'avocat en grimaçant. Elle se prépare à être une parfaite « Maman à la maison ». Tu es constamment sur la route : tes affaires sont encore dans tes cartons dans ton appart. Oh à ce propos… Rodolphe – je ne sais plus combien – a été officiellement adopté par Eliott : j'en avais plein le cul d'aller changer son bocal, et Alice ne supporte pas les poissons, l'informa-t-il.

― Tu te rends compte à quel point c'est étrange d'avoir une femme qui a la trouille des poissons rouges ? se moqua Charlie, avant de baisser la tête pour cacher son sourire narquois quand Wyatt lui adressa un regard noir.

― Continuons. Tracy a de très bons moyens. De ce côté là ?

― Je n'ai pas à me plaindre, j'peux voir venir un moment, répondit Bax. Et Eliott dispose d'un bon capital légué par Chris, mais ça tu le sais… Jésus-Christ ! s'exclama-t-elle tandis que son esprit faisait la connexion entre la soudaine réapparition de Tracy et l'héritage de Chris. Tu crois que c'est le fric de Chris qu'elle veut ?

― Non, ça n'aurait pas de sens, objecta l'avocat, sûr de lui. Elle a une grande maison, prête à accueillir plein de joyeux bambins, continua-t-il. Tu as un trois pièces dans l'état d'aménagement précédemment cité, et tu vis actuellement dans ce … truc…chose…taudis. Franchement, Charlie : tu ne peux pas continuer de vivre ici ! s'écria Wyatt avec un air dégoûté, tandis qu'il faisait courir son regard sur la chambre du motel.

― Tu ne comprends rien : je veux revenir à un mode de vie épuré et non-matérialiste, répliqua ironiquement Charlie. Bon, ok ! abdiqua-t-elle sous le regard blasé de Wyatt. Continue.

― Et, elle a un mari, soit un noyau familial occidental classique, reprit son associé. Toi, le simple mot couple te file de l'urticaire, et tu te tapes des bikers tatoués un peu flippants, lui envoya-t-il. Plus tout un tas de petits détails, mais qu'on pourra régler le moment venu, une fois que se sera occupé de ça.

― C'est la merde, donc, conclut Bax en grimaçant. Résumons : j'ai le fric et la sobriété. Il me manque juste…

― Un boulot, une maison et un mari, acheva Wyatt à sa place. Ouais, la majorité des jeunes femmes de ton âge appellent ça : faire leur vie, critiqua-t-il ouvertement. Et c'est un but qu'elles poursuivent pendant des années : toi, tu as tout juste quelques mois.

― Pour le job, tu sais que je ne pourrais plus continuer de bosser pour le cabinet. Je vais garder mes parts dans le cabinet pour ne pas retirer le capital et me faire une rente, mais il va falloir que je trouve autre chose ici.

― On est d'accord : priorité numéro une ! acquiesça Wyatt. On pourra faire les agences immobilières du coin aujourd'hui même : on doit bien pouvoir te trouver un petit truc sympa dans les environs qui fera… continua-t-il, plongé dans ses plans.

― J'ai une maison ! s'exclama soudain Charlie avec une expression tout aussi incrédule que celle de son ami.

― Pardon ?

― J'ai déjà une maison ! s'écria-t-elle à nouveau, avant d'attraper son sac à main et une clé dans le tiroir de la table de chevet. Suis-moi ! ordonna-t-elle toute excitée en le tirant par le bras, hors de la chambre.

― Quand tu dis, j'ai une maison… dit Wyatt, ahuri en s'installant au volant de sa berline de location.

― En fait, je n'y ai pas remis les pieds depuis des années, expliqua Bax en s'installant sur le siège passager, indiquant une direction du doigt. Je n'ai jamais pu m'en débarrasser, et je dois avouer qu'avant de retrouver le bail dans les affaires de mon père, je n'y pensais même plus.

― Baxter, tu veux bien m'expliquer comment tu as pu oublier que tu possédais une maison ?

― C'était la maison de ma mère, répondit la jeune femme, une ombre passant fugacement sur son visage. Elle me l'a léguée avec le reste, mais quand j'ai eu l'âge légal pour prendre possession de tous mes biens, disons que je n'étais pas vraiment bien disposée pour revenir à Charming, grinça-t-elle. Quand le notaire m'a contactée à l'époque, j'ai refusé de la vendre : je ne pouvais pas. Et puis, j'ai simplement fini par oublier. Je n'en reviens pas que ça ne m'ait même pas effleuré l'esprit en revenant ici, se désola-t-elle.

― J'ai comme l'impression que tu étais pas mal occupée, ces derniers temps.

― Oui, c'est sans doute ça, admit-elle en faisant signe à son ami de s'engager dans la rue à droite. Au fait, Wyatt, je te suis vraiment reconnaissante de tout ce que tu fais pour Eliott, pour moi, mais t'es pas obligé de rester, tu sais. Je comprendrais tout à fait que tu aie envie de rentrer pour voir ta femme et tes gosses, dit-t-elle alors que Wyatt tournait un visage réprobateur vers elle. Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

― Alice et les enfants sont à Aspen pour la semaine, annonça-t-il en pinçant les lèvres.

― Oh, c'est bien. J'étais censée le savoir, c'est ça ? ajouta-t-elle en entendant le soupir exaspéré de son collègue.

― Elle a emmené Eliott, lui rappela Wyatt. »

Depuis deux ans que Chris et Charlie travaillaient avec lui, Eliott passait beaucoup de temps en compagnie de sa femme, Alice, et de leurs deux enfants, Zach et Zoey. La petite dernière des Butler était de l'âge d'Eliott, et les deux gamins s'entendaient particulièrement bien. Régulièrement donc, Alice et Wyatt emmenaient le petit garçon en week-end ; dans les parcs d'attraction ou en vacances, laissant ainsi à Lisa et Jude l'occasion de souffler un peu et de se retrouver en amoureux. Ces vacances à Aspen avaient été organisées peu après le décès de Chris, dans l'espoir de changer les idées du petit garçon et, ayant dû signer une décharge pour l'occasion, Charlie aurait dû s'en souvenir.

― « Ah oui, merde ! Ça m'était complètement sorti de la tête. Comment ils vont ? demanda-t-elle piteusement en guise d'excuses.

― Tu devrais l'appeler, Charlie, lui conseilla Wyatt, réprobateur. Il sera heureux de te raconter la neige et ça évitera à Alice de lui expliquer à nouveau qu'il ne peut pas t'en envoyer par la poste !

― Pourquoi faut-il toujours que les adultes détruisent les rêves des gosses ? Qu'elle le laisse m'envoyer de la neige, si ça lui fait plaisir ! rétorqua-t-elle avec humour, espérant vainement échapper aux multiples reproches que son ami ne manquait pas de lui adresser, dès qu'il s'agissait de l'enfant.

― Bien, accepta Wyatt, les lèvres pincées. Mais appelle-le quand même. Et euh… Lisa n'ose pas t'appeler pour t'en parler mais… ajouta-t-il avec méfiance.

― Y'a un problème ? Il a encore fait des conneries à l'école ?

― Non. Elle voudrait que tu le prennes pour Noël, lâcha-t-il d'une traite.

― C'est quoi ces conneries ? Eliott fête toujours Noël chez Lisa et Jude ! objecta la jeune femme.

― Nom de Dieu, Charlie ! tempêta l'avocat, agacé par l'attitude d'évitement systématique de son amie. Quand est-ce que tu arrêteras d'avoir peur de cet enfant ? Son premier Noël sans son père ! lui rappela-t-il, cherchant à la faire culpabiliser. Et Lisa n'est pas sotte : tu trouveras un moyen de te défiler s'ils t'invitent. Je suis désolé si ça te fiche la trouille, mais tu vas devoir te faire une raison : sans Chris, ce gosse a besoin de toi. Tu n'as même pas été le voir depuis qu'on a enterré Chris, l'accusa-t-il durement.

― Je n'y arrive pas, Wyatt. Je ne sais pas quoi lui dire, souffla Charlie, honteuse, sans oser le regarder. »

Elle lui indiqua une direction, lui faisant quitter la route principale, pour s'engager sur une route secondaire, bordée par les bois, en sortie de la ville. Baxie savait que son attitude envers Eliott était détestable, mais elle ne parvenait pas à se confronter à cette dure réalité. Elle avait suffisamment à faire avec son propre chagrin, sans avoir à se confronter à celui du petit orphelin. C'était égoïste, mais tellement moins douloureux.

― « Ben, d'ici Noël, tu vas devoir trouver : Lisa et Jude ont déjà leurs billets. Ils vont dans une clinique Suisse qui teste des traitements expérimentaux contre la stérilité. Ils seront absents deux semaines, l'informa Wyatt, sans concession.

― Deux semaines ? s'exclama Bax, paniquée. Oh merde, Wyatt ! Ce n'est même pas la durée de vie de mes Rodolphes ! Alors comment je vais faire avec un gamin, qui lui ne sera pas enfermé dans un bocal ! se lamenta-t-elle. À moins que…

― Non, c'est illégal ! s'écria son ami, les yeux écarquillés d'horreur que sa collègue puisse envisager d'enfermer Eliott. Ce sera très bon pour ton dossier, ajouta-t-il, tandis qu'il s'engageait dans le petit chemin entre les arbres, que Charlie lui indiquait. Et puis ta belle-mère a élevé des enfants non ? Elle pourra sans doute t'aider.

― Je voudrais qu'Eliott reste loin du Club, soupira-t-elle.

― Oui, mais ça, c'est impossible. C'est là ? s'étonna l'avocat en voyant la végétation s'éclaircir et une clôture apparaître à quelques mètres.

― Oui. Avance encore un peu et gare toi, lui indiqua-t-elle. Et à mon avis, ça va être le second problème au sujet de Noël : on ne pourra pas loger là.

― Pourquoi pas ?

― Parce que cette maison n'a pas été occupée depuis quinze ans !

― Holy shit ! jura Wyatt en se garant.

― Ouais, bienvenue chez moi ! scanda Charlie en descendant de la berline.

Devant les deux amis, au milieu de bois clairsemés – attenante à la propriété des Oswald et à la réserve des Indiens Wahewa – se dressait l'ancienne maison de Ryanne. Malgré la peinture blanche décrépie, les vitres brisées et les volets à moitiés décrochés, l'édifice de bois semblait inchangé, comme un lieu suspendu dans le temps.

Avec émotion, Charlie monta les vieilles marches de bois, usées et patinées par la pluie et le vent, qui laissèrent échapper une plainte déchirante. Sous le porche qui s'étendait sur toute la longueur de la maison, trônait encore une vieille table ronde en pin, couverte de feuilles mortes. Le banc du même bois était renversé près d'une fenêtre brisée, et le cœur de Charlie se serra. Elle imaginait que sans nul doute, la vieille maison, trop longtemps abandonnée par ses habitants, avait été maintes fois visitée : tantôt par des pilleurs et des vandales, tantôt par les gamins des environs se défiant les uns les autres d'entrer dans la vieille baraque grinçante et obscure, perdue au milieu des bois, les soirs d'Halloween. Tout en effleurant la poignée de la porte d'entrée, son estomac se noua : supporterait-elle de voir la maison de son enfance – et du même coup tous ses souvenirs les plus heureux – saccagée et vandalisée ? Presque profanée…

― « Nead na Crow ? déchiffra Wyatt sur la plaque gravée sur le fronton de la maison près de la porte.

― De l'irlandais. Nid de corneilles, traduisit Charlie en forçant un peu la clé dans la serrure rouillée. La corneille est le symbole des Old Ladies des Sons of Anarchy, expliqua-t-elle en s'acharnant sur la porte. »

Wyatt voyant son amie peiner, l'écarta doucement, et à peine avait-il donné un coup d'épaule, que le montant de bois cédait, laissant l'air humide et nauséabond s'échapper de la maison et leur sauter au visage. C'était un subtil mélange de vieille moiteur, de poussière et de moisissure, si fort que Wyatt recula de quelques pas, peu enclin à franchir le seuil. Baxie, elle, nullement incommodée par l'odeur s'engagea doucement dans le hall d'entrée, marchant avec légèreté, respirant à peine, comme si elle pénétrait le cœur d'un sanctuaire avec dévotion. L'avocat comprit que sa jeune collègue venait de se barricader dans une bulle de nostalgie, et il songea qu'il n'allait pas la suivre, ne pas violer l'intimité de ses souvenirs, la laissant redécouvrir seule la demeure de son enfance.

Après avoir laissé errer son regard sur les murs au papier fleuri défraîchi de l'entrée, Charlie se tourna vers lui avec un sourire mélancolique, en lui tendant la main.

― « Je ne peux pas le faire seule, chuchota-t-elle doucement. »

Wyatt saisit la petite main de sa collègue pour la suivre dans l'obscurité fraîche de la maison. Malgré le manque de visibilité, pas une fois la jeune femme ne se heurta à un obstacle ou ne trébucha, guidant avec assurance son compagnon. Ses pieds avaient de nouveau six ans et la menaient sans hésitation sur le parquet grinçant du salon, comme avant. Ils gardèrent un silence pieux, que Charlie ne brisait qu'occasionnellement pour lui murmurer le nom des pièces qu'ils traversaient, ou que perturbait le grincement des fenêtres et des volets qu'elle ouvrait en allant – pour laisser un air pur envahir à nouveau l'habitat.

Dans chaque pièce qu'ils traversaient, les meubles et les miroirs étaient protégés par des draps blancs, couverts d'une poussière grise. Charlie s'était attendue à trouver la maison de son enfance, pillée et vandalisée, mais il n'en était rien. Tour semblait intact, hormis les traces laissées par les séquelles du temps passé.

Wyatt, lui, avait été conquis à peine entré dans le salon. De petite proportion, il semblait chaleureux, encore habité d'une âme, de rires, de joies. Malgré l'humidité qui décollait de grandes bandes d'un papier peint vieillot, et les planches du parquet rongé et pourri en certains endroits, il sentait encore la vie dans cette maison. La salle à manger, plus vaste, aux murs peints d'un jaune autrefois lumineux, était occupée par une grande table rectangulaire de bois brut, autour de laquelle trônait plus d'une dizaine de chaises dépareillées.

Charlie lui fit faire le tour du propriétaire : de la grande cuisine – centre névralgique de la maison, plus grande que toutes les autres pièces – aux trois chambres de l'étage, et à leurs petites salles de bain attenantes. Même si lui rendre son éclat d'antan demanderait plusieurs semaines de travaux, la maison était coquette, et Wyatt imaginait déjà Eliott courant à travers ce salon, tout à fait à sa place.

Rapidement, Charlie lui désigna aussi un grand espace à l'arrière de la maison, seulement clos par un mur broussailleux dont il ne put déterminer la composition, et sur lequel la nature avait repris ses droits, le faisant ressembler à une véritable jungle, plutôt qu'à ce qui devait alors être un jardin.

― « Une fois retapée, elle fera l'affaire, affirma Wyatt en tapant vigoureusement sur ses vêtements pour les débarrasser de leur poussière. Non en fait, je suis sûr qu'elle fera sensation : cette maison a une âme.

― Ouais, une âme d'Irlandaise, confirma Charlie en s'asseyant sur le perron.

― Eh bien, nous avons la maison. Il ne reste plus qu'à te trouver un mari ! s'écria joyeusement l'avocat en prenant place à côté de son amie.

― J'ai comme l'impression qu'il ne faut surtout pas que je te présente à ma belle-mère, grinça Bax.

― Le mariage, ce n'est pas en vogue chez vous ?

― Oh si, soupira amèrement Baxie. Et Gemma va adorer ça… »


1Northern California Women's Facility (NCWF) : la prison pour femmes de Stockton – Californie du Nord (source Californian Correctional and Rehabilitation Facilities – publié par The Californian Department of Corrections and Rehabilitation.)


A suivre, Chapitre 9: Capybara (part1)


Voilà la suite de notre merveilleux conte :

Le Troisième, Tig , avait les plus beaux yeux de la terre, tout bleu comme l'océan. Mais le pauvre malgré ses prunelles aux couleurs d'un ciel d'été, ne parvenait pas à trouver chaussure à son pied: la Belle au bois dormant, Blanche-neige et même cette perverse de Petite Sirène, l'avaient rejeté parce qu'il était - soi-disant - un peu pervers. Mais la petite auteure savait qu'il méritait le bonheur, une belle et gentille femme à aimer.Aussi, elle attendait impatiemment des reviews d'amour de femmes qui aimeraient Tig passionnément.

Le Quatrième, Bobby, était un formidable cuisinier et faisait des muffins incroyables, qui rendaient toujours la petite auteure très joyeuse et détendue, sans qu'elle sache vraiment pourquoi.Bobby rêvait secrètement de pouvoir partager avec un lecteur, au détour d'une review, le mystère de ses muffins aux herbes.

Le Cinquième, Jax, ...

Eh bien pour connaitre la fin de l'histoire de nos sept nains à vélo (je fais comme Google trad's: je traduis le "bike" des fics anglophones par "vélo"... Très viril!) il te faudra attendre le prochain chapitre. Pour le moment, mange gentiment tes brocolis (ne les donne pas au chien: je t'ai vu) brosse-toi soigneusement les dents, et file te coucher ! Bonne nuit petit lecteur !