Bon, les habituels merci à tous ceux qui me lisent et qui me complimentent ! Et ensuite, juste pour vous dire qu'il ne reste que deux chapitres avant la fin de l'histoire ! Alors préparez-vous ! XD
Italie
Aéroport de Washington.
Nous avions déjà embarqué dans l'avion qui allait nous conduire à Volterra. Chacun de nous patientait comme il le pouvait. L'impatience nous avait gagnés depuis notre départ de Forks, et plus les kilomètres nous séparant de notre point d'arrivée diminuaient, plus il était difficile de la contenir. Le retard qu'avait pris notre vol n'arrangeait rien.
Me faufilant dans l'une des deux allées, je parvins à rejoindre mon siège, non trop sans mal. Les gens avaient la fâcheuse habitude de rester en plein milieu du passage alors qu'ils auraient été cent fois mieux, bien installés dans leur siège. A n'y rien comprendre.
---Oui, papa, elle n'est pas en danger. C'est juste une rechute, mais les médecins veulent la garder sous observation pendant quelques jours.
Je m'affalais dans mon siège, juste à côté de Bella.
---Non, son tuteur est en Europe en ce moment. Il est injoignable. Hmm, hmm. Oui, je préfère rester avec elle. Je ne veux pas la laisser toute seule. Où est-ce que je loge ?
Bella se retourna vers moi, paniquée. Visiblement, elle n'avait pas pensé à ce genre de question.
---Chez une de mes amies. Précise que ses parents sont là.
Levant les yeux au ciel, elle répéta ce que je lui avais murmuré avec succès.
---D'accord, papa. Je le lui dirais. Et ne t'inquiète pas, d'accord. Je vais parfaitement bien. Je te rappelle dans quelques jours. Je t'aime.
A peine eut-elle raccroché, que Bella se mis de nouveau à paniquer.
---Vous croyez qu'il va vraiment gober ça ?
---Bella, tu as été parfaite, l'encouragea Edward.
---Tu n'as pas précisé l'hôpital, ni même le nom de mon « amie ». Il n'a aucun moyen de vérifier si ce que tu as dit est vrai, continuai-je.
---Je n'aime pas lui mentir, c'est tout.
Edward glissa sa main dans la sienne pour la réconforter. Il était difficile d'être dans pareille situation. Je n'avais pas eu ce problème-là, lorsque j'étais devenue vampire. Les miens avaient tout de suite su ce qu'il s'était passé. Pas de mensonge, pas de tromperie. Bella ne connaîtrait pas cela.
---Qu'est-ce qu'a dit l'hôtesse ?
Edward eut la bonne idée de changer de sujet. Voyant que notre vol avait plus d'une demi-heure de retard, j'étais partie à la recherche d'explications.
---Rien de grave, apparemment. Un petit problème de logistique qui devrait se régler dans quelques minutes.
---Heureusement qu'on avait prévu large pour les horaires, intervint Alice.
La jeune femme se trouvait juste derrière nous en compagnie d'Embri et Jasper. Elle s'accouda à mon appui tête et continua :
---On devrait arriver de nuit en Italie, même avec deux heures de retard.
---Et arrivés là-bas ? demanda Embri.
---De Florence à Voltera et avec les véhicules que Carlisle a réservés, il ne nous faudra guère longtemps pour atteindre notre point d'arrivée.
Le jeune loup s'enfonça dans son siège. L'approche imminente de la confrontation était une source de stress difficile à gérer.
---Carlisle a une idée de la façon dont nous allons pouvoir entrer en contact avec eux ? s'inquiéta Bella.
A quelques sièges derrière nous, les autres loups de la meute tendirent l'oreille. Notre ouïe hyper développés avait ses avantages. Malgré notre dispersion dans l'avion, chacun de nous allait pouvoir participer à la conversation.
---Nous allons jouer sur le fait qu'Aro a délibérément mis en danger toute la race des vampires en s'exposant à deux reprises, commençai-je.
---Comment vas-tu apporter une telle preuve, s'inquiéta Paul.
Un son mate se fit entendre à l'autre bout de l'appareil. Sam venait de frapper son cadet.
---Paul arrête de parler sans réfléchir, le sermonna son aîné.
---Je crois que ma présence suffira à les convaincre, répondis-je sans faire attention aux réprimandes de Sam.
---De plus, Aro n'est pas revenu à leur QG à Volterra, ajouta Alice. Il semble se cacher de ses congénères pour l'instant.
---Déplacer autant de gardes pour aller prendre Bella, n'a certainement pas dû laisser indifférents les autres membres des Volturi.
---Edward a raison, enchaîna sa sœur. Il n'est pas effrayé pour l'instant, mais il ne sait comment retourner auprès des siens sans trop éveiller les soupçons. Surtout qu'il s'apprête à recommencer un terrible péché.
---Alors on a des chances de les convaincre ? se hasarda Jared.
---Oui. Nous avons de fortes chances, conclut Carlisle.
Florence.
A peine descendus du tarmac, nous nous dirigeâmes vers le parking. Comme promis, quatre voitures de sports nous y attendaient. Alors que Carlisle lançait les clés à ses enfants, les groupes qui s'étaient formés à notre départ de Forks se reconstituèrent et nous nous glissâmes derechef dans les habitacles de cuir. Il fallait se dépêcher. Aro pouvait à tout moment changer d'avis et décider de retourner auprès des siens, ce qui ferait échouer notre plan.
Telles des voitures de course sortant de leur écurie, les quatre véhicules quittèrent l'aéroport alors que la lune brillait encore dans le ciel sombre de la nuit. Déjà les aiguilles des compteurs étaient dans la partie droite du cadran. Nous filions sur les routes désertiques, nos pilotes se moquant bien des obstacles qu'ils rencontraient. Nous n'avions pas de temps à perdre. Baladée à l'arrière de la voiture qu'Edward conduisait avec agilité, je n'arrivais pas à me concentrer sur autre chose que les minutes qui s'écoulaient sans aucun ménagement. J'avais peur, il n'y avait aucun doute. Ce que nous allions faire était dangereux, beaucoup trop dangereux, et pourtant, j'avais hâte de découvrir le soi-disant conseil des Volturi. Je voulais voir jusqu'à quel sacrifice ils étaient prêts à faire respecter leur loi fondamentale. Allaient-ils nous livrer Aro ? Le tueraient-ils tout simplement ? Ou bien, feraient-ils fis de tout cela pour épargner l'un des leurs. Carlisle nous avait dit que les Volturi étaient sans pitié, mais le seraient-ils vraiment dans ce cas là ?
Alors que les doutes m'assaillaient, une bourgade, perchée sur une colline se présenta à nous. Elle était comme je me l'étais imaginée. D'antiques remparts et des tours couleur sienne surplombant l'à-pic. A n'en pas douter, Volterra était une ville magnifique, et c'était dans cela que résidait toute sa terreur…
A l'heure tardive où nous arrivâmes, il ne fut guère difficile de trouver un endroit où se garer. Comme un seul homme, nous sortîmes des véhicules et nous fûmes accueillis par l'air doux et parfumé de la ville. En temps normal, j'aurais adoré me balader dans une ville aussi magnifique, profiter de cette merveille architecture et des couleurs italiennes. Oui, j'aurais adoré cela.
---Alice, Edward, à vous l'honneur, leur annonça leur père.
La sœur et le frère prirent aussitôt les choses en main. Nous descendîmes vers le centre de la ville. La place sud se présenta bientôt à nous, et juste en face, le clocher nous narguait déjà. Nous prîmes à droite du monument, à l'endroit même où Edward avait failli dévoiler notre existence aux yeux du monde. La rue descendait un peu en s'incurvant, si bien que l'on ne vit qu'au dernier moment le mur de brique qui fermait l'impasse. Une grille bouchait un trou de la chaussée. Edward l'arracha de ses gonds et se faufila derechef dans la cavité aménagée. Un à un, nous suivîmes son exemple pour nous retrouver dans une sombre galerie.
Bella n'était pas tranquille. Le chemin que nous empruntions lui remémorait des souvenirs qu'elle aurait préféré oublier. Elle glissa sa main dans la mienne. J'aurais aimé lui dire que j'étais dans le même état d'esprit, mais les mots me manquaient. A vive allure, nous continuâmes notre avancée jusqu'à ce qu'une autre grille nous barre le chemin. Néanmoins, une petite porte également grillagée était ouverte. Alice se baissa pour la franchir, et nous débouchâmes dans une vaste salle plus lumineuse.
Aucun garde ne s'était encore présenté à nous. Nous n'étions cependant pas assez dupe pour croire que notre arrivée était passée inaperçue. Notre seul effet de surprise résidait dans la nature et l'identité des membres de notre groupe. Sûrement intrigués par notre audace, on nous avait laissé entrer dans le bastion des plus vieux vampires vivant sur cette terre. Comme pour nous narguer, la porte de l'ascenseur se trouvant juste devant nous, s'ouvrit à notre approche.
---Visiblement, nous sommes attendus, marmonnai-je.
Une fois dans la cabine, nous n'attendîmes qu'un court instant pour déboucher sur ce qui semblait être la réception d'un bureau chic. Les murs étaient lambrissés, les sols couverts d'une épaisse moquette vert foncé. Il n'y avait pas de fenêtres, mais de grands tableaux brillamment éclairés représentant des paysages toscans. Des canapés en cuir ainsi que des tables laquées avaient été disposés de manière à créer des espaces intimes et confortables. Un haut comptoir en acajou occupait le centre de la pièce. La personne qui devait se trouver derrière avait visiblement était congédiée. Nous filâmes en direction d'une double porte située au fond de la salle. Nous atterrîmes dans un autre vaste hall richement décoré. S'ils voulaient nous rendre dingue, c'était réussi. Ces lieux étaient un véritable labyrinthe. Mais avant que je pousse un soupir d'exaspération, un battant de bois brut s'ouvrit, laissant apparaître une salle en pierre. Il y faisait sombre et froid. Cette antichambre était modeste et donnait sur une pièce caverneuse beaucoup plus claire, ronde comme la tour d'un château. Il n'y avait aucun éclairage artificiel, seuls les rayons de la lune qui filtraient à travers les meurtrières donnaient un tant soit peu de lumière à la pièce. Juste devant nous, se tenaient cinq sièges en bois, pareils à des trônes. Ceux des trois fondateurs et de leurs deux consoeurs. Nous nous dispersèrent en arc de cercle, faisant face aux quatre dirigeants des Volturi.
---Vous manquerez-t-il quelqu'un ? ironisai-je.
Les deux femmes me toisèrent avec défi. Marcus et Caïus, eux, comprirent aussitôt que leur intérêt était de nous laisser nous expliquer. La présence de Carlisle juste derrière moi eut aussi son pesant d'or.
---Comment pouvez-vous nous expliquer que des vampires soient affublés de pareils chiens de garde ?
Le ton de Caïus n'était pas moqueur, loin de là. Il ne comprenait pas la situation actuelle et cela le rendait tout simplement méfiant et sur ses gardes. S'ils nous avaient fait entrer dans leur demeure s'était par simple curiosité, mais ils sentaient maintenant que leur curiosité allait leur jouer un très vilain tour.
---Comment pouvez-vous nous expliquer que votre frère se soit absenté si longtemps avec autant d'hommes avec lui ?
Je n'aurais pas dû m'amuser de la sorte avec eux. C'était dangereux. Et je n'étais pas la seule à jouer ma vie aujourd'hui.
---Vous êtes une effrontée, siffla Caïus.
---Oh, croyez-moi, je suis bien plus que cela.
Sam se forçait à ne pas rire. Il aimait ma façon d'agir avec les vampires qui nous toisaient, tout comme le reste des garçons. Cependant, je devais garder en tête notre objectif commun.
---Aurais-je droit à une réponse ? me hasardai-je.
Marcus me jaugeait depuis le début de notre entrée. Il semblait hypnotisé par ma simple existence. Il lui était pourtant impossible de savoir qui j'étais réellement. Il avait le don de détecter les relations entre les êtres. Mais que pouvait-il voir, aujourd'hui, face à nous tous ?
---Bella nous a rejoint, tonna Edward. Pourquoi Aro ait-il venu nous déranger ? Nous avons tenu notre promesse !
Imposer le doute. C'était le point de départ de notre plan. Quand vous commenciez à faire douter le haut commandement, que croyez-vous qu'il se passait ?
---Nous n'avons pas à justifier des actes de notre frère, éclata l'une des deux femmes.
---Tais-toi ! lui ordonna Marcus.
Il me fixa de nouveau, incapable de détacher son regard.
---Répondez à la question de Caïus. S'il vous plait.
Le doute est un poison, et j'en étais la parfaite instigatrice.
---Croyez-vous en l'amour ?
---Oui. Beaucoup d'entre vous, ici, en sont la preuve vivante.
---Croyez-vous que ce sentiment puisse vous faire voir au-delà de certaines frontières ?
Caïus s'irritait de mon petit jeu, mais Marcus en voyait l'intérêt. Il continua à se prêter à mon interrogatoire.
---Edward était prêt à se sacrifier pour une humaine.
---Vous y croyez, alors ?
---Oui.
---Alors vous avez la réponse à la question de Caïus.
Ce dernier serra ses poings, dévoilant une ossature squelettique et décharnée par le temps.
---Pourquoi Aro a-t-il quitté Volterra ? réitérai-je.
---Je ne le sais pas. Nous avions prévu de donner plus de temps à Edward et Bella.
---Ne vous renseigne-t-il pas sur ses agissements ?
---Nous avons confiance. Il n'agirait jamais contre notre bien à tous.
---Vraiment ?
---Marcus ! tonna Caïus. Cesse de jouer avec elle !
---C'est tout sauf un jeu, Caïus, reprit Marcus toujours aussi calme. Une femme qui a perdu l'un des deux hommes qu'elle aimait, ne doit pas être prise à la légère. Surtout si son second amour est loin d'elle.
Je fus désarçonnée par sa douceur. Il ne semblait pas vraiment comprendre la raison de notre venue, mais il désirait, au plus profond de lui, découvrir certaines choses. Et nous étions les réponses à ses questions.
---Qui êtes-vous ? murmura-t-il.
Sa voix était une plainte sourde. Je n'arrivais pas à m'enlever de la tête qu'il était un monstre sanguinaire, pourtant il me faisait de la peine. Comment pouvais-je ressentir deux sentiments si contradictoires en même temps ?
---Qui croyez-vous que je sois ?
Il ne cessait encore de me fixer. J'avais l'impression d'être totalement nue devant lui. C'était désagréable.
---Il y a tellement de liens autour de vous. Certains sont très forts. Edward, Bella, Alice, Jasper, Emmett, Rosalie. Vous êtes très proches de ses enfants. Vous considérez même Carlisle et Esmée comme des figures parentales. Ses jeunes hommes aussi. Ils s'entremêlent avec des ombres du passé. Vous aimez tant de personnes. Pourtant la plus chère d'entre elle, n'est plus à vos côtés. En sachant tout ceci, je peux vous connaître mais je ne sais toujours pas quelle est votre véritable nature. Pourquoi aimez-vous toutes ses personnes alors qu'elles sont ennemies ?
---Votre frère le sait.
La mâchoire de Marcus se crispa. Il avait peur de continuer cet interrogatoire, pourtant il voulait savoir.
---Quand vous êtes vous rencontrés pour la première fois ?
Il savait. Marcus savait ce qu'Aro avait fait, mais c'était beaucoup trop dur à accepter. Il lui fallait des preuves.
---1861.
Ce fut au tour de Caïus de se crisper. Marcus appuya son coude sur l'accoudoir de son siège, et glissa sa tête entre sa main. Voyait-il où je le menais ? Voyait-il que ses questions allaient l'emmener dans une situation inextricable ?
---Il m'avait juré que vous étiez tous morts. Qu'il n'avait pas fait d'esclandre.
---Marcus, de quoi parles-tu ?
---Vous êtes une des louves qu'il m'a dit avoir tué.
---Marcus !
Caïus ne pouvait plus se contenir. Il hurlait, laissant ses émotions prendre le dessus.
---Tu deviens fou ! C'est une vampire ! Ce n'est en aucun cas une bâtarde de loup.
Les mots raisonnèrent dans mon esprit comme le pire des poisons. Je ne pouvais plus contenir les sentiments qui se bousculaient en moi. En un éclair, je fus à quelques centimètres de Caïus, la gueule grande ouverte, montrant mes crocs de louve à celui qui bafouait les miens. Ses yeux s'écarquillèrent de stupeur.
---Arrêtez ! Jane, je t'interdis d'user de tes pouvoirs sur elle !
Sous la colère, Marcus s'était levé. D'un seul geste, il fit reculer tous ceux qui s'étaient avancés pour défendre Caïus. Je grognais, ivre du courroux que j'avais laissé s'accumuler en moi.
---Mon frère a compris la leçon. Vous pouvez retourner vers les vôtres. Je voudrais continuer cette conversation. Réellement, Cassandra.
A l'énonciation de mon nom, je repris contenance. Perdant ma forme de louve, je fus de nouveau la jolie vampire qui exaspérait tant Caïus. Avec précaution, j'obtempérais, me retrouvant à une distance convenable des anciens.
Marcus soupira.
---Il était parti avec Démétri et d'autres vampires à sa solde aux Etats-Unis pour vérifier une légende qui nous avait été rapporté. Il n'est revenu que trois semaines après la date convenue.
---Comment as-tu pu me mettre à l'écart de ça ?
---Tu étais toi aussi parti Caïus ! éclata Marcus face au ton venimeux de son frère. Vous n'en avez toujours fait qu'à votre tête. Quand il est revenu, il était dans un état d'excitation incontrôlable. Il ne cessait de parler des loups qu'il avait vus, étudiés puis tués. Il en était fier, trop fier. J'aurais dû me douter de quelque chose. Mais il me répétait sans cesse qu'il avait juste éradiqué une menace qui pesait depuis trop longtemps sur notre race. Que cela servirait de leçon aux prochaines générations de loups-garous. Il n'a jamais parlé de vous. Jamais. J'ai découvert par moi-même qu'il était lié à une personne dont je n'arrivais pas à découvrir l'identité. Ce lien terne et vicieux dont il ne pouvait se défaire. Il savait que vous étiez toujours en vie.
La révélation me tétanisa. Nous étions censés apporter des preuves de la culpabilité d'Aro et au lieu de cela, c'était Marcus lui-même qui creusait la tombe de son frère.
---Ce n'était qu'une intuition, mais il le savait. Il l'a toujours su au fond de lui, mais quelque chose a dû l'inciter à repartir. Peut-être la nostalgie. Qui peut bien savoir ? Aro est si imprévisible. De plus, Bella était une excuse parfaite pour cette escapade. Je savais que les Cullen s'opposeraient à lui, c'est pour cela qu'il a pu partir avec tant d'hommes. Mais quelque chose m'échappe, cependant… Où est celui que vous aimez ? Celui qui vous a poussé à venir nous défier ?
Ma mâchoire se crispa, mes poings se resserrèrent. Autour de moi, mes amis réagirent aux questions de Marcus pour la première fois.
---Je vois. C'est donc l'amour que vous portez à ce jeune loup qui a poussé Carlisle et ses enfants à partir en guerre contre nous avec des loups. Tu as toujours été un grand utopiste, Carlisle.
Le patriarche des Cullen releva la remarque de son ancien mentor par un sourire.
---Je veille seulement sur les miens, Marcus.
---Quitte à t'égarer en fraternisant avec l'ennemi.
---Croyez-vous vraiment que ces jeunes gens soient mes ennemis ? Ils aiment Cassandra comme leur propre sœur et je la considère comme ma fille. On ne fait pas souffrir son enfant, Marcus. On ne fait que l'aimer, et chérir Cassandra signifie aimer la louve comme la vampire. L'un ne va pas sans l'autre.
---Tu dis aimer ses garçons pour ce qu'ils sont, donc ?
---Cela vous semble si dénué de sens ? Vous avez, vous-même, avoué que vous compreniez cet amour.
---Oui… Vous êtes donc venu pour le récupérer. Pour éviter qu'Aro ne refasse cette expérience sur lui.
Un rire guttural sortit de la gorge de Marcus.
---Il est devenu fou. Comment a-t-il pu imaginer pareil desseins ?
---Il ne s'arrêtera pas là ! le coupai-je.
Caïus scruta pour la première fois la meute au grand complet. Tout devenait clair.
---Il lui suffira d'attendre que ces amérindiens se reproduisent encore et encore. Il formera une armée de ces créatures. Il est en train de détruire tout ce que nous avons créé.
Les mots de Caïus étaient à peine audibles. Il venait de voir l'ampleur de la folie de son frère.
---Que voulez-vous ? siffla l'une des deux femmes.
---Vous le savez très bien, intervint Carlisle. Vous l'avez vous-même dit, il détruit ce en quoi vous vous êtes tant battu. En agissant de la sorte, il bafoue la règle que vous avez instaurée.
---Vous voulez sa mort ? continua la femelle vampire. C'est l'un des plus ancien d'entre nous ! Vous croyez que nous allons permettre un tel acte ?
---Il vous détruira tous, la coupa Edward. Vous avez tué pour moins que cela.
Marcus restait silencieux. Je ne pouvais qu'imaginer ce qu'il se déroulait dans son esprit à ce moment-là. Il était partagé entre son amour pour Aro et son idéal. Cependant, l'un allait détruire l'autre. Il se devait de prendre une décision. La folie d'Aro ne disparaîtrait pas, elle continuerait à se répandre dans l'esprit malade du vieux vampire. Et qu'adviendrait-il alors ?
---Il se trouve dans une bourgade à quelques kilomètres de Volterra.
---Marcus ! supplia Jane.
---Oh, non, j'ai bien trop supporté ses facéties. Ces enfants ont raison. Il est comme la gangrène. Il va pourrir toute notre communauté, mettre à feu et à sang ce monde dont nous avons besoin.
---Mais…
---Marcus a raison, Jane, reprit Caïus.
Les deux vampires levèrent leur regard sur nous.
---Nous ne vous aiderons pas à le détruire, continua Caïus. Si vous mourrez, Aro continuera à vivre. Mais si vous le tuez, alors aucun mal ne vous sera fait. Ni aux Cullen, ni aux loups. Cela vous convient-il ?
---Pouvons-nous avoir confiance ? les défia Sam.
---Vous êtes toujours en vie, malgré les nombreuses insultes et provocations que nous avons subi ce soir. Ne jouez pas plus longtemps avec nous. Vous devrez vous contenter de cela.
