"- NON ! CE N'EST PAS VRAI ! JE NE VEUX PAS !"
- Je suis vraiment désolé, nous avons fait tout ce que nous pouvions... Dame Tsume, toutes mes condoléances." Dit le médecin en s'éloignant d'elle et sortant de la pièce tout en saluant de la tête l'assistance.
Le silence se fit. Seuls les pleurs des femmes présentes se faisaient entendre. Toutes pleuraient entourées par les bras de leur époux. Elles faisaient leur possible pour cacher leurs larmes grâce à leurs mains ou en enfouissant leur visage contre leur torse. Les hommes restaient silencieux mais tous purent voir la tristesse et la compassion dans leurs yeux. Ils se devaient de rester forts pour soutenir leur moitié alors qu'ils venaient de perdre un excellent ami. Les Inuzuka étaient maintenant amputés de leur meilleur chef, un homme de valeur et d'honneur. Seule Mikoto retenait difficilement ses larmes et était restée au bras de son mari, dignes tous les deux devant l'adversité comme ce leur fut enseigné par leur famille. Pourtant, elle n'avait qu'une envie, se faire consoler dans une étreinte douce et chaude de Fugaku, à l'instar de ses compagnes avec leur bien-aimée. En cet instant, elle les jalousait. Cependant, elle devait faire honneur à son nom ou tout du moins au nom de Fugaku.
Ce dernier baissa les yeux vers elle et vit qu'elle essayait tant bien que mal de retenir ses émotions. Son épouse se faisait violence pour les Uchiwa et ainsi remplir au mieux son devoir auprès de lui. Il sentit une bouffée de reconnaissance et de fierté d'avoir épousé une telle femme et de marcher dans la même direction. Il n'avait décidément rien à lui reprocher, bien au contraire. Cependant, la voir ainsi, lui fit mal car il voyait bien son besoin de se sentir aimer et réconforter. Il prit alors une initiative que personne au sein de sa famille ne l'aurait cru capable de réaliser. Mikoto sentit Fugaku bougé à côté d'elle. Pensant qu'il souhaitait se dégager d'une telle scène, libéra son bras de son emprise afin de lui laisser la place de se mouvoir. Elle ne s'attendait pas à ce qui allait suivre. Au lieu de la laisser aller, son époux lui entoura délicatement les épaules de son large bras et la força à se coller à lui, le visage contre son torse, la main dans ses cheveux pour l'obliger à rester dans cette position. Il lui murmura ensuite dans l'oreille.
"- Laissez-vous aller. Je ne vous jugerai pas. Laissez court à votre tristesse pour votre amie. Je suis là et je serai toujours là."
A la fois étonnée du comportement de Fugaku et reconnaissante qu'il est accepté et vu sa détresse, Mikoto éclata alors en sanglots en s'aggripant fortement à sa tunique comme si sa vie en dépendait et de peur que lui aussi l'abandonne. Elle avait du mal à reconnaître son mari mais elle prit la résolution de ne pas se poser trop de question et d'en profiter tant qu'il était encore temps de le faire. Elle était persuadée que cela n'était que temporaire et du à la mort de Senji. Quittant ses cheveux, la main de son époux glissa autour de sa taille et resserra sa prise la collant encore plus contre lui.
Alors que l'accablement pesait sur les épaules des différents couples, un spectacle des plus surprenants se déroulait sur le rebord de la fenêtre depuis leur entrée. A travers elle, un crapaud, un serpent blanc et une mangouste observaient la scène de cette femme éplorée sur le point de devenir veuve. Si un mortel avait été près des animaux, il aurait pu être témoin d'un phénomène des plus extraordinaires car soudain, des paroles à peine perceptibles se firent entendre ne provenant pas de la chambre mais de la fenêtre.
"- Bon qu'est-ce qu'il fait, Lee ? Râla une voix sortant du crapaud. Thanatos est sur le point de prendre l'âme de cet homme, s'il ne se dépêche pas pour les prévenir.
- Tu n'as pas fini de râler, cela fait à peine une seconde qu'il est parti, dit une seconde voix appartenant au serpent. Et pour le moment, il reste encore un maigre fil qui le maintient en vie. Fais-lui un peu confiance tout de même, baka.
- Arrête de m'appeler comme ça, Sas'ke, vociféra le dit baka. Et puis, c'est quand même urgent... Ce n'est qu'un filament aussi fin qu'un fil de soie qui lui permet encore de vivre. Il l'est tellement que cet idiot de guérisseur à la noix lui creuse déjà sa tombe. Si l'ainée des Parques continue à cisailler, plus rien ne pourra maintenir Thanatos à distance et ce crétin aura alors raison de le proclamer mort.
-...
- Mais regarde-le, il en salive presque, continua-t-il en observant le dieu de la Mort, positionné à côté du lit de Senji, prêt à accomplir son office.
- Vous allez vous taire, vous deux, leur ordonna une troisième voix sortant de la bouche de la mangouste, en colère. Vous me donnez la migraine.
- Mais qu'est-ce qu'on fout dans cette galère ? Râla cette fois le dit Sas'ke.
- On est venu aider Tenten, avec son... son protégé. Je te le rappelle, Sasuke, lui répondit agacé le crapaud en se redressant sur ses pattes arrières, alors que celle de devant s'appuyait sur ses hanches.
- C'est toi qui a voulu la suivre, mon cher Naruto, contre-attaqua ce dernier, en lui tirant sa langue fourchue. Pourquoi a-t-il fallu que tu m'attrapes l'aile pour m'embarquer avec toi ? On va se faire passer un sacré savon et ce n'est pas vraiment le jour.
- PFtt,... je sais qu'aujourd'hui, c'est un jour important mais je n'allais pas laisser Tenten toute seule tout de même, argumenta le crapaud en croisant ses pattes de devant.
- Dis plutôt que tu as laissé ta curiosité prendre le dessus, oui ! Cria presque le serpent l'accusant de sa queue, le pointant avec. Tu voulais surtout savoir pourquoi depuis notre retour de notre entrainement avec elle, Tenten avait la tête ailleurs et pourquoi elle a voulu descendre sur Terre en catimini.
- Même pas vrai, d'abord.
- Si c'est vrai..."
Aussi surprenant que cela pouvait paraître, la dispute se déroulait entre Naruto et Sasuke, les deux dieux ailés, fils de Kushina, métamorphosés en animal. Ils avaient bien progressé en trois ans. Après leur succès à la méditation, ils avaient développé leur contact avec les animaux. Ils observèrent leur façon de se mouvoir, de manger et toutes leurs pensées. Ils réussissaient à entendre leur coeur battre, à sentir leur souffle et la force de leurs muscles. Certains jours, les deux préadolescents réussissaient à influencer l'action de leur compagnon à quatre pattes ou à plumes. Les deux divinités étaient proches maintenant de ne faire plus qu'un avec la faune et la flore les entourant. D'ailleurs, c'est lors d'une méditation que Naruto et Sasuke apprirent quels étaient leur animal protecteur. Ainsi, Naruto avait découvert une affinité avec les crapauds et Sasuke avec les serpents. Apprenant cela, Jiraya envisagea donc de leur enseigner la métamorphose.
Cela avait débuté un an plus tôt.
"- Je viens d'apprendre que vous avez très bien progressé lors de la méditation et que vous avez réussi à identifier votre animal protecteur. Donc...
- Ouais, on est les plus forts...S'enthousiasma Naruto en le coupant avant de se tenir l'arrière de la tête après y avoir senti une douleur... Ouilles, mais arrêtes de me frapper, Sas'ke.
- Calme-toi, baka, dit le responsable de ce coup. Je crois qu'Ero-dieu n'a pas fini de nous annoncer ses projets.
- ... Vous allez arrêter de m'appeler comme ça, oui, fit décourager leur grand-père.
- Quand tu arrêteras d'aller espionner les femmes de l'Olympe ou de la Terre dans leur bain et à tromper à tout va Tsunade, vieux pervers, l'accusèrent les deux dieux ailés en le pointant du doigt.
-... Bon laissons cela... Je vais vous apprendre la métamorphose, les informa Jiraya.
- SUPER ! Sauta de joie Naruto alors que Sasuke, plus discret, sourit de contentement.
- Je savais que cela allait vous plaire... ria le dieu des Dieux. Au début, vous ne pourrez prendre que l'apparence de votre animal protecteur. Par la suite, vous pourrez prendre d'autres formes bestiales. Au final, vous serez capable de changer complètement votre aspect physique en vous transformant en simple mortel allant jusqu'à cacher votre aura divine.
- On va pourvoir aller se balader en dehors de l'Olympe sans risque de se faire harceler par les mortels. Trop génial, déclara Naruto, en soufflant de soulagement. J'en ai marre de me faire courser par des femmes me suppliant de frapper de mes flèches des hommes qui ne leur sont pas destinées.
- Ah oui, je m'en rappelle, se souvint Sasuke, un doigt sous le menton, les yeux vers le ciel. J'ai du leur faire naître en leur coeur une telle aversion qu'elles se sont mises à vomir en revoyant l'objet de leur obsession.
- Vous avez fini avec vos souvenirs car j'aimerai en avoir fini avant la fin de la journée..., s'exclama Jiraya, exaspéré, J'ai un rendez-vous, moi.
- Ah oui ! Fit Naruto, très intéressé par l'information.
Il avait compris que Jiraya n'allait pas prendre au sérieux leur entrainement, pressé comme il était d'aller courir les mortelles ou les nymphes. Heureusement, il savait comment l'obliger à ne pas le négliger. Sournois, il interrogea son frère avec un ton comploteur.
- Je me demande ce qu'en penserait Tsunade, qu'en penses-tu Sasuke ?
- C'est vrai, ce serait dommage pour le rendez-vous en question.
- Vous n'oseriez pas, hésita Jiraya, horrifié par leur chantage déguisé.
- Si ! Menaça en coeur les deux concernés.
- Bon, bon, je n'ai rien dit... Commençons."
C'est ainsi que le dieu des Dieux leur apprit comment il avait fait pour se transformer en taureau pour s'approcher d'Europe et l'enlever avant de s'en faire aimer ou encore en cygne lui permettant de séduire Léda, femme déjà mariée. Cette dernière lui donna deux enfants : Pollux et Hélène, la responsable de la guerre de Troie. L'histoire voudrait que Léda attendait déjà deux enfants issus de son époux : Castor et Clytemnestre. Du fait de la métamorphose de Jiraya en cet oiseau au plumage immaculé, les quatre enfants virent le jour enfermés dans deux oeufs divins tel des oisillons, l'un pour ceux issus du dieu des Dieux et l'autre pour la progéniture du malheureux mari.
Au fil de l'entrainement, les deux jeunes divinités prirent petit à petit l'apparence d'un crapaud pour Naruto et d'un serpent pour Sasuke. Au début, ils purent le faire qu'avec une partie de leur corps. Puis à force d'entraînement, ils purent le transformer en entier. Leur métamorphose ne durait alors que quelques minutes puis plusieurs heures pour finir par tenir toute une journée. C'est ainsi que nous les retrouvons sur la fenêtre d'une femme métamorphoser en un batracien et en un rampant à langue fourchue.
Alors que les deux se fusillaient du regard, leur combat fut interrompu par une voix en colère les faisant tellement sursauter qu'ils tombèrent du rebord de la fenêtre. Sasuke, dépourvu de bras du fait de sa métamorphose, ne put que s'enrouler autour d'une patte de Naruto, qui grâce à ses ventouses, avait réussi à se rattraper inextrémiste.
"- MAIS VOUS ALLEZ LA FERMER, OUI !? cria Tenten, toujours dans sa peau de mangouste. Mais, vous avez quel âge?! Vous allez finir par nous faire repérer. Combien de fois faut-il qu'on vous le dise ? Lors de vos transformations, il faut que vous évitiez le comportement d'un être humain mais au contraire d'adopter celui de l'animal dont vous avez pris l'apparence... Depuis tout à l'heure, vous faites tout sauf avoir une attitude animale.
-... Désolés, répondirent penaud les deux dieux ailés, en remontant péniblement sur la corniche.
- Et puis, je ne vous ai rien demandé, d'abord, termina-t-elle. Vous auriez du rester à l'Olympe.
- Mais... Commença à argumenter Naruto.
- Il n'y a pas de mais qui tienne, le coupa Tenten. Naruto, c'est toi qui a insisté pour que nous restions afin de faire quelque chose pour cet homme et cette femme... Moi, ma petite affaire est finie depuis un petit moment déjà.
- C'est qu'ils le méritent. Si tu avais pu entendre et voir leur coeur, je suis sure que tu aurais été la première à intervenir car tu es sensible à la souffrance et à l'amour pur malgré ton voeu de chasteté.
- Peut-être... Maintenant, tu patientes commanda la mangouste. Lee n'a jamais failli à aucune de ses missions. Je m'inquiéterais plutôt de la réalisation de ta demande. Je ne suis pas sure qu'il te l'accordera.
- Je suis sur du contraire, affirma avec assurance Naruto. Il me doit une grande faveur.
- Moi, je sais qu'une chose et c'est pourquoi, j'ai accepté de rester, intervint cette fois Sasuke, soucieux. C'est que si nous ne faisons rien, tu risques de faire une crise monumentale et peut-être même fatale cette nuit. Je ne me le serais jamais pardonné alors que nous aurions pu faire en sorte que rien ne t'arrive.
- Merci, Sasuke, remercia le dieu de l'Amour, touché par sa préoccupation.
- Ne me remercie pas. Je pense aussi à moi. Si tu fais une crise, je risque de souffrir aussi et je n'en ressens pas vraiment le désir non plus, affirma ce dernier, en rougissant pendant une seconde.
Naruto sourit sans faire de commentaire car il savait très bien que Sasuke cachait sa gêne en affirmant souvent le contraire de ce qu'il pensait. Surtout, que cela faisait maintenant quelques mois, que l'Amour arrivait à couper le lien les unissant afin de lui éviter toute souffrance lors de ses crises, donc son argument ne tenait pas la route. Son frère avait toujours du mal à entendre des compliments ou qu'on le remercie de ses attentions. Il tourna de nouveau son regard vers l'intérieur de la pièce et reprit l'espionnage de ces mortels. Ces derniers continuaient à exprimer leur désarroi et leur détresse.
Les pleurs les plus déchirants furent ceux de Tsume qui n'arrêtait pas de s'accuser de la mort de Senji, le seul l'homme qui l'avait véritablement aimé malgré ce poignard qu'elle lui avait enfoncé dans le coeur et tout cela à cause de son orgueil, de sa fierté et de sa colère. Elle était toujours à genoux au bas du lit de son défunt époux, le front appuyé contre l'épaule de ce dernier, comme pour s'imprégner une dernière fois de son odeur, et sa main dans la sienne.
"- C'est ma faute... C'est ma faute... s'il n'avait plus... envie de vivre... Si seulement, je mettais... rendu compte... plus tôt... Si j'avais accepté... mes sentiments,... tu serais encore avec moi...
- Mon amie, ne dites pas cela, se précipita Hitomi.
Elle l'a prise dans ses bras, vibrant à l'unisson avec la douleur de cette femme qui avait déjà tellement souffert. Elle essaya de la consoler
- Vous n'êtes pas responsables de sa mort. Ce sont Kagome et le destin les seuls responsables de vos malheurs. Ce n'est pas votre faute.
- Si, je le suis... Je lui ai fait croire... pendant des années... que je le détestais... qu'il ne méritait pas mon pardon...alors... alors que mon coeur l'aimait... Je n'ai pas... su l'écouter... et maintenant... il est trop tard..."
Hitomi ne savait plus quoi dire. Elle ne put que frotter doucement le dos de son amie pour essayer de la réconforter mais surtout de lui faire sentir sa présence et son soutien. Leurs amis étaient dans le même état que la maîtresse de maison. Ils n'arrivaient pas à trouver les bons mots. Certains ne savaient pas de quoi Tsume s'accusait mais ils étaient eux-mêmes si accablés qu'ils restaient muets devant sa détresse. Les personnes au courant de l'histoire du couple Inuzuka ne pouvaient pas s'empêcher de penser qu'elle avait en partie raison de se penser coupable. C'est effectivement sa colère qui l'avait empêchée de vivre heureuse avec Hana et Senji. Hiashi et Fugaku étaient dans ce cas. Ce dernier leur avait avoué souhaiter parfois la mort pour arrêter d'avoir le coeur brisé à force de lire dans les yeux de sa femme ses propres fautes et des accusations. Le silence régna donc dans cette chambre funéraire.
Ce dernier fut rompu par une petite voix fluette.
"- Maman, que se passe-t-il ? Pourquoi pleurez-vous ?
Tous se tournèrent vers l'origine de ces questions. Ils virent une petite fille âgée de dix ans, aux cheveux aussi châtains que ceux de sa mère et aux yeux aussi noisette et espiègles que son père faire son entrée dans la chambre de Senji.
"- Hana, ma chérie... Mais que fais-tu ici ?
- Dame Tsume, c'est moi qui vous l'ai amenée, signala une des nourrices de la famille Hyuga. Elle vous réclamait ainsi que son père. Cependant, je constate que j'aurai du vous prévenir avant mais Hana voulait vous faire une surprise à tous les deux.
A cette explication, la mère de la jeune baissa les yeux et vit dans les mains de sa fille un plateau contenant un petit-déjeuner pour son père et elle confectionné avec tout son amour. Elle se leva et s'avança vers elle, les larmes continuant à couler. La nourrice posa un instant ses yeux sur le corps de Senji et comprit. Elle prit alors la vaisselle des mains de la petite fille qui commençait à trembler et repartit à la cuisine. Alors que sa mère s'abaissait à sa hauteur, Hana, ne réalisant pas encore la situation ou plutôt se refusant de la comprendre, reprit la parole mais de façon hésitante.
"- Maman, papa dort encore... Je suis venue trop tôt.
- Non, ma chérie... Il ne ... Ton papa. Ton papa est...ne...Je n'y arrive pas... C'est au-dessus de mes forces, l'enlaça Tsume, inquiétant sa fille de plus en plus.
Kurenaï s'agenouilla à côté d'elle et attira l'attention d'Hana sur elle. Elle posa sa main sur celle de la petite fille et ne quittant pas ses yeux des siens, lui déclara.
"- Hana, ma puce, ta maman t'a apprise hier que ton papa et Itachi avait eu un accident de chasse. T'en rappelles-tu ?
- ... Oui.
- Itachi va bien. Le médecin a réussi à le soigner, continua l'amie de sa mère.
La petite fille se tourna alors vers Mikoto qui confirma ces paroles en haussant la tête. Hana souria, soulagée d'entendre que son ami était vivant et allait mieux. Ce rappelant que Kurenaï ne l'avait pas encore informée de l'état de son père, elle se concentra de nouveau sur elle. Celle-ci constatant qu'elle avait de nouveau son attention, reprit ainsi.
- Malheureusement, pour ton papa... Il n'a pas eu cette chance... Le guérisseur n'a pas pu le sauver... Ses blessures étaient trop graves... Ton papa vient de rejoindre le royaume des Enfers et fait parti maintenant de la cour du dieu Saï... Je suis désolée, ma puce."
A cette annonce, les yeux d'Hana s'ouvrir en grand et d'un mouvement lent tourna la tête vers le lit de son père où son corps reposait. Voyant l'absence de souffle et les bandages ensanglantés, les larmes coulèrent sur ses joues initialement rosées qui avaient blanchies lors du monologue de Kurenaï. Elle se dégagea de l'étreinte de sa mère et se mit à crier.
"- C'est faux... Papa ne fait que dormir... Il va se réveiller... Il me fait juste une plaisanterie."
La petite fille regarda alors chaque adulte afin de se rassurer, de se persuader que ce n'était qu'une mauvaise blague. Malheureusement, elle ne put lire que de la tristesse et de la compassion dans leur regard. Les amies de sa mère avaient toutes des sillons sur les joues lui prouvant leurs pleurs. D'ailleurs, beaucoup d'entre elles en avaient encore au bord des yeux. Elle pâlit encore plus en hurlant de toutes ses forces.
"- VOUS N'ETES QUE DES MENTEURS !
Voulant leur prouver, Hana s'approcha alors du lit de Senji et se mit à le secouer doucement au niveau de son épaule pour le faire réagir.
- Papa, réveillez-vous... Je vous ai apporté votre petit-déjeuner... Il y a des fruits, vos préférés... Réveillez-vous...
- ..."
Hana continua à le secouer un peu plus fort mais s'arrêta au bout d'un moment constatant l'absence de mouvement de son père, ses yeux restant définitivement clos. Les sanglots des femmes mais surtout de Tsume redoublèrent au spectacle de cette petite fille qui voulait absolument se raccrocher à un dernier espoir. Celle-ci fit volte face et regarda sa mère.
"- Vous m'aviez dit que papa était fort, qu'il allait s'en sortir... C'est votre faute si j'ai mal... Vous m'avez mentie... VOUS N'ETES QU'UNE MENTEUSE !... JE VOUS DETESTE !"
Après ces terribles mots, Hana sortit en trombe bousculant tous les bras qui voulaient la retenir pour l'étreindre. Tsume était anéantie par les paroles de sa fille. Elle s'effondra ne désirant maintenant que la mort la prenne en même temps que Senji. Tous purent voir ses yeux s'assombrir et perdre leur éclat. Ils paraissaient sans vie. Mikoto lui saisit les épaules pour la sortir de la léthargie en l'appelant tendrement.
"- Oh Tsume, ne désespérez pas. Hana ne pensait surement pas ce qu'elle a dit. Elle est triste et en colère d'avoir perdu son père. Elle a mal tout comme nous mais à son âge, elle a besoin de trouver un coupable.
- Merci d'essayer de me consoler mais elle n'a pas l'habitude de mâcher ses mots... Hana a hérité de mon caractère dans ce domaine. Elle possède également l'intelligence de son défunt père. Elle a vite compris que Senji cachait au fond de lui une terrible souffrance. Ma fille n'en connait pas la raison mais elle sait que je suis impliquée... Maintenant, mon propre enfant me déteste et elle a raison de le faire... Tout est ma faute", déprima la jeune veuve.
Tsume se laissa alors tomber dans les bras de son amie et se remit à pleurer toutes les larmes de son corps. Sa peur de l'abandon et son orgueil venaient de tout lui faire perdre : un mari aimant et sa fille, le seul être qui la liait encore à lui.
Spectateur de ce moment, le dieu de l'Amour serra son point contre sa poitrine au niveau de son coeur et se pencha un peu en avant. Il ressentait leur douleur. Sasuke le regarda intensément, faisant son possible pour lui transmettre un peu de sa force. Son frère avait raison sur un point, pensa Naruto. Si sa requête était rejetée, alors, il était certain de subir une crise durant son sommeil au vu la souffrance d'autant de monde mais surtout des coeurs brisés de cet homme, de sa compagne et de leur fille. D'un coup, Naruto fut sortie de ses réflexions par l'arrivée soudaine d'une tortue. L'arrivée inexpliquée à côté des trois animaux les fit sursauter de surprise. Sasuke siffla de colère alors que Tenten lui sauta sur la carapace en vociférant.
"- Lee, mais ça ne va pas de nous surprendre ainsi. Si j'avais été mortelle, je suis sure que je serai morte d'une crise cardiaque.
- Désolé, j'étais pressé de vous faire mon rapport, s'excusa tout penaud le messager des Dieux.
- Alors ? Demanda Naruto.
- Mission accomplie.
- Mais encore ? A-t-il accepté ma requête ? Insista le dieu de l'Amour.
- Notre cher...
- Attends, je crois qu'il se passe quelque chose, remarqua Sasuke obligeant ses compagnons à faire silence et à observer l'intérieur à travers la vitre. Je crois que Thanatos va lui prendre son âme. Il est trop tard."
Dans la pièce, invisible à tous les regards des mortels, le dieu de la mort venait de s'approcher du corps de Senji. Il tendit le bras au dessus de lui, sa main au niveau du visage. Un halo y apparu. Une lumière commença alors à s'échapper des yeux et de la bouche de l'homme agonisant formant une sphère au milieu de sa paume. Son âme était entrain de lui être retirée. Le rituel allait aboutir à sa fin, quand...
Étrangère à tout ceci, Tsume était au sommet du désespoir. Elle était retournée vers le corps de son mari. S'abandonnant toute entière à sa douleur et à sa détresse, elle s'agenouilla et posa le côté de sa tête sur le torse de Senji, une main s'entremêlant à la sienne alors que l'autre serrait sa tunique à s'en faire blanchir les phalanges. Devant ce spectacle, l'assistance se recueillait en silence. Puis, réalisant son besoin de rester seule et ainsi respecter ses derniers instants avec son défunt époux, tous les couples sortirent rejoindre l'antichambre. Tsume ne fit aucun mouvement vers eux mais leur était reconnaissante et laissa libre court à ses pleurs.
Elle resta ainsi un court moment avant de fermer les yeux et sentit le sommeil l'envahir peu à peu, épuisée par son accablement. Lorsque d'un coup, elle sentit comme un léger tressaillement sous ses doigts. Elle rouvrit subitement les yeux. Serait-ce le fruit de son imagination ? Oui, surement, pensait-elle. Elle les referma alors, décider à s'abandonner à Morphée, avant de nouveau les ouvrir. Non, ce n'était pas possible. Sous son oreille, elle percevait un timide battement de coeur qui se faisait de plus en plus fort, de plus en plus précis. Elle avait l'impression que la main de Senji se fermait doucement contre la sienne comme pour la saisir. Tsume l'appela doucement tellement elle osait à peine y croire.
"- Sen... Senji !
-...
Un autre mouvement de ses doigts lui répondit. Elle avait même l'impression que le coeur avait battu, un court instant, un peu plus fort. Elle renouvela l'expérience.
- Senji !
- Tsu... Tsu... Tsume..."
Celle-ci n'en croyait pas ses oreilles, son mari venait de lui répondre. Ce n'était qu'un murmure mais elle l'avait entendu. Elle releva rapidement la tête afin de voir son visage et recommença à le nommer.
- Senji, est-ce toi ?
- Tsu... Tsume...
Cette fois-ci, il n'existait plus de doute possible. Senji venait de l'appeler. Elle se pencha un peu plus vers son visage et vit un miracle s'accomplir. Devant elle, les yeux noisette qu'elle aimait tant voir sur elle, s'entrouvraient faiblement à la lumière du jour. Tsume l'entendit à nouveau plus distinctement.
"- Tsume...mon... amour...
- SENJI !"
A ce cri, tous les couples rentrèrent de nouveau dans la chambre pour y découvrir une Tsume, des larmes de joie sur ses joues, une main entrelacée à celle de son époux et l'autre sur sa joue alors que Senji la regardait tendrement, ses yeux à moitié ouvert, un léger sourire aux lèvres.
"- J'ai accepté ta requête, Naruto."
Naruto et ses compagnons se tournèrent vers la voix qui l'avait interpellé. Devant eux, nichés sur un arbre situé en face de la fenêtre où ils observaient les événements, un corbeau aux plumes de jais et une hirondelle les regardaient avant de s'envoler pour atterrir sur la corniche non loin de la leur. Le dieu de l'Amour répondit aux nouveaux arrivants.
"- C'est ce que nous avons pu voir. Merci. Nous sommes désormais quittes.
- Non, je ne crois pas..., le contredit le corbeau. Je ne pourrai jamais vraiment te rembourser ce que je te dois, Naruto.
- Mais...
- Je suis le seul à en juger, laisse-moi ce privilège... Je sais que tu n'en abuseras pas, ne le laissa pas finir l'oiseau de mauvaise augure. Si tu m'as demandé cette faveur, c'est que tu avais de très bonnes raisons. Je te demanderai qu'une chose, c'est de me les exposer car je vais devoir calmer la colère du dieu de la Mort.
- Bien, comme tu le souhaites, céda Naruto. Sinon, en ce qui concerne ma requête, et bien...
- Je crois que ce n'est ni le lieu, ni le moment pour ça, je crois, fit remarquer Tenten. On nous attend à l'Olympe. Il nous faut repartir. De plus, les explications vont être longues. Nous risquons de dévoiler notre présence aux mortels en restant plus longtemps.
- Tu as raison, ma chère Tenten. Ils n'ont pas forcément l'habitude de voir un regroupement de tant d'animaux d'espèce différente en un seul endroit, intervint l'hirondelle. Mais je compte bien être mise au courant de ce qui se passe et pourquoi nous avons empêché Thanatos d'accomplir sa tâche."
Tous consentirent donc à retourner sur le mont Olympe. Un grand événement les attendait et leur présence y était requise, surtout celle des deux divinités ailées. Cependant, Naruto jeta un dernier regard à l'intérieur de la chambre. Il observa, en souriant doucement, plusieurs couples immobiles, la bouche grande ouverte, les yeux leur sortant de leur orbite et le souffle coupé. Toutes les personnes regardaient deux personnes heureuses de se retrouver. Elles n'en revenaient pas du spectacle qui se livrait devant elles. Celui qu'ils avaient pensé perdre était entrain de sourire doucement à son épouse et à lui serrer la main. Ayant peur de briser cette illusion, personne n'osait ouvrir la bouche jusqu'à ce que Fugaku rompit le silence.
"- Senji, mon ami, comment ait-ce possible ? Nous vous avons cru mort.
Constatant enfin la présence de ses amis, le miraculé tourna son regard vers eux et tenta de répondre à l'Uchiwa. Sa voie était faible et témoignait de la douleur qu'il ressentait de ses blessures.
- Fugaku... Je l'ai... pensé... aussi... Je..."
Il dut interrompre sa tentative lorsqu'une vive douleur le prit au niveau de son bras et de son dos. Il se crispa, fronça des sourcils et plissa fortement les yeux. Une plainte sortit de sa bouche malgré son essai de l'étouffer en serrant les dents. Voyant cela, Tsume se pencha vers lui doucement. Elle prit ensuite un linge humide pour le passer sur son front et déclara :
"- Reste tranquille, mon gringalet. Tu viens de me revenir des royaumes des Morts. Garde tes forces pour guérir complètement... Je t'en prie, fais attention à toi.
- Tsume..." Murmura Senji, surpris par le retour du tutoiement et de son sobriquet dans la bouche de celle qui le méprisait depuis un peu plus de dix ans maintenant.
Il n'arrivait pas à y croire, Tsume se montrait attentionné avec lui. Depuis leur mariage, jamais elle ne s'était abaissée à le veiller et à le soigner durant ses maladies. Ses yeux baignés de larmes brillaient d'une douce chaleur et d'une intensité qu'il n'avait jamais vu au fond de ses prunelles. Etait-ce de l'amour ? Il l'espérait sans vraiment y mettre tous ses espoirs car cela faisait tellement longtemps qu'il attendait de voir un tel regard posé sur lui. De plus, jamais elle n'avait pleurée pour lui. Là, devant lui, sa femme lui présentait un visage ravagé par une nuit d'angoisse et de crainte mais aussi de tristesse la plus extrême. Tenait-elle à lui ? Sa nouvelle attitude le déstabilisait complètement mais trop douloureux pour y réfléchir, il se laissa faire. Il en rêvait depuis si longtemps. Cependant, il avait peur que ce ne soit qu'un merveilleux songe malgré les circonstances tragiques. Il décida tout de même d'en profiter sans trop chercher à comprendre. Il appréciait tellement la main de son épouse sur son front et dans la sienne, pourquoi l'interromprait-il. Hiashi coupa court à ses réflexions en affirmant :
"- Nous sommes tous soulagés par ce miracle. Je vais aller tout de suite faire quérir le médecin pour qu'il vous examine.
- Je vous remercie, Hiashi." Répondit Tsume, en fixant de son regard reconnaissant le chef Hyuga un court instant, des larmes de joie toujours présentes dans les yeux avant de le retourner vers son époux tout en caressant doucement son front.
Ce dernier se laissa porter par cette vision et par la chaleur de cette main. Il se sentait si bien qu'il ferma de nouveau les yeux. Voyant cela, Tsume prit peur un court instant que le réveil de Senji ne soit qu'un rêve et qu'il venait de nouveau passer à trépas. Heureusement, son souffle bien que faible était régulier et la soulagea. Le maître de la demeure sortit donc de la chambre et interpella un membre de la famille pour lui confier la mission de ramener un guérisseur avant de retourner auprès de son épouse Hitomi. Les amies de Tsume se rapprochèrent d'elle et lui fit part de leur joie et de leur soulagement. En leur fort intérieur, toutes lui souhaitaient de reconquérir son mari et enfin, après autant de souffrance mutuelle, pouvoir vivre heureuse avec Senji et Hana. En pensant à elle, les mères de famille s'interrogèrent sur ce qu'était devenu la petite Inuzuka. Une chose était sure. Elle allait être la plus heureuse des fillettes de revoir son père en vie.
Alors que tout ceci se passait, dans l'alcôve adjacente la chambre de Neji, une petite fille de trois ans, aux cheveux noirs aux reflets violacés leva ses yeux vers sa nourrice. Elle constata qu'elle s'était assoupie assisse sur sa chaise. Elle se leva sur ses petites jambes et alla jusqu'au lit de son cousin. Il dormait aussi. Elle tourna alors son regard vers la porte qui était entrouverte et pousser par une force inconnue décida de la franchir. La frêle enfant se dirigea vers les jardins où elle vit son amie Hana, à genoux dans l'herbe près de la fontaine et au sommet du désespoir. Ses pleurs perturbaient la tranquillité de la surface de l'eau en tombant de ses joues. Elle s'approcha d'elle et mit sa petite main sur son épaule. Son aînée releva son visage et lui montra alors ses larmes.
"- Hinata, c'est toi.
- Pourquoi Hana pleure ? Demanda de sa douce voix l'interpellée qui essaya de sécher ce flot d'eau salée du bout de ses doigts.
- ... Mon papa est... Il est mort, sanglota Hana, en baissant de nouveau la tête pour cacher sa tristesse à une enfant de trois ans.
- Mort ? Qu'est-ce mort ? S'interrogea la petite.
- Ça veut dire... qu'il ne pourra plus jouer avec moi... qu'il ne partagera plus son goûter avec moi... que je ne le verrai plus jamais... qu'il ne me chantera plus avec moi... qu'il n'ait plus vivant.
- Oh ! Alors Hana est triste, comprit Hinata.
- Oui, très triste, confirma son aînée.
- Tu ne dois pas être triste. Ton papa vit ici, déclara Hinata en lui souriant doucement et en posant sa main sur la poitrine de son amie. Comme mon poppy vit ici... Et puis, tu as ta maman."
Hana se souvint alors d'un petit chien que la petite Hyuga avait perdu, bousculé par un char dans les rues de Rome. Elle suivit le mouvement des mains de l'enfant et sentit la pression qu'elle exerçait à l'emplacement de son coeur. Elle avait posé une main sur sa propre poitrine alors que l'autre trônait à l'emplacement du sien. Du haut de ses trois ans, Hinata faisait preuve d'une grande sagesse. Elle lui montrait que son père sera toujours présent tant qu'elle cultivera l'amour qu'elle avait pour lui et qu'elle se souviendrait de tous les moments joyeux passés ensemble. Il était mort mais toujours vivant au fond de son coeur. Hana serra alors son amie contre elle et pleura de tristesse mais aussi de reconnaissance.
Elle pensa alors à sa mère et aux paroles prononcées. Elle regretta aussitôt. Elle avait été cruelle avec elle alors qu'elle souffrait aussi. Elle savait du haut de ses dix ans que malgré les apparences, ses parents s'aimaient. Cependant, un secret les unissant les empêchait de vivre une vie de famille sereine et rempli d'un amour partagé. Hana n'avait pas hérité de l'intelligence de son père pour rien. Heureusement, le sang chaud que sa mère brûlait en elle l'empêchant de développer la crédulité de celui-ci mais une confiance en soi à toute épreuve.
"- Vient Hinata, je dois aller m'excusez auprès de maman."
C'est ainsi que les deux filles se dirigèrent vers la pièce où leurs parents respectifs se trouvaient. Arrivée devant la porte, Hana expira un bon coup pour se donner du courage et entra doucement dans la chambre, la main d'Hinata dans la sienne. A ce bruit, les adultes se tournèrent vers l'origine du grincement et virent l'entrée des deux fillettes. Apercevant ses parents, la petite Hyuga la lâcha et se rapprocha de Hiashi et Hitomi. Ceux-ci étaient plus que surpris de la voir ici. Sa mère l'interpella en la prenant dans ses bras.
"- Hinata, qu'est ce que tu fais ici ? Tu t'es encore sauvée sans prévenir.
- Elle est venue vers moi alors que je m'étais isolée pour pleurer. Hinata m'a consolée et m'a comprendre une chose : mon père restera toujours vivant dans mon coeur." Expliqua sa camarade.
A ses paroles, le couple Hyuga en fut plus qu'étonné mais également fier de leur petite fille qui s'était blottie contre le cou de sa mère, le pouce dans la bouche. Hana souffla encore une fois pour se motiver à rejoindre Tsume qu'elle savait derrière ses amis et qui semblait ne pas prêter attention à ce qui l'entourait. Sa tristesse devait vraiment l'accabler pour que sa maman ne l'ait pas entendue pousser la porte. Elle fit alors un pas vers elle puis un autre. Plus la petite Inuzuka avançait plus quelque chose l'intriguait. L'assistance lui souriait tout en s'écartant de devant elle pour la laisser passer. Pourquoi ce sourire ? Son père venait pourtant de mourir, pensait-elle. Alors qu'Hana regardait le couple Sarutobi pour tenter de lire sur leur visage une réponse à sa question, elle entendit dans un murmure la voix de celui qu'elle pensait avoir perdu pour toujours.
"- Hana,... C'est toi ?
- Pa... Papa...", Bégaya la jeune Inuzuka.
La petite fille s'empressa de sortir de l'attroupement formé par les amis de ses parents. Son coeur battait la chamade, son souffle était court. Elle avait l'impression de perdre pied et pourtant elle avançait rapidement. Sa course s'arrêta nette quand elle eut la vision de son père, les yeux légèrement ouverts, la regardant amoureusement. Malgré sa somnolence, Senji avait entendu le grincement de la porte mais surtout la voix de son enfant. Il avait alors ouvert les yeux et attendit sa venue. Hana pouvait y lire de la joie mais aussi une grande fatigue. Elle se tourna alors vers sa mère pour qu'elle puisse lui confirmer que ce n'était pas un rêve éveillé. Celle-ci intriguée par le nouveau mouvement de son mari a enfin pris conscience de la présence de sa fille et sortit de sa bulle. Tsume tenait toujours la main de son époux alors qu'elle tendait l'autre l'invitant à les rejoindre. Elle l'interpella.
"- Hana, tu es revenue... Je suis tellement heureuse... Les Dieux nous ont rendues ton cher père."
La fillette commença alors à pleurer de joie et de soulagement avant de se précipiter aux côtés de sa mère en la lui saisissant. Elle aurait bien voulu se jeter sur son père pour le serrer fort mais elle savait que ses blessures risquaient de le faire souffrir à ce contact brutal bien qu'affectueux. Elle se retint donc mais serra à son tour la main de Senji le plus fort possible. C'est sur ce spectacle d'amour familial que le médecin arriva. Lui aussi, ne put réprimer son étonnement. Sortant de son effarement, Il pria alors l'assistance, Tsume et Hana de lui laisser accéder à son patient pour qu'il puisse l'ausculter. Les couples ainsi que les deux femmes les plus importantes au coeur de Senji s'apprêtèrent donc à rejoindre l'antichambre pour laisser ce dernier à ses soins.
Ce que personne ne vit, est le dieu de l'Amour, toujours camouflé en crapaud, pouffer, se retenant tant bien que mal à réprimer un fou rire. La tête du guérisseur à la "résurrection" de son patient était vraiment trop drôle qu'il ne l'aurait pas raté pour tout l'or du monde. C'était hilarant pour lui qu'un mortel oublie que le destin des Hommes n'était pas entre leurs mains, mais entre celles des Dieux. Il réussit tout de même à se calmer en prenant conscience d'une nouvelle sensation lui étreindre le coeur. Ce n'était pas la même que depuis son arrivée sur la terre des Mortels et en cette demeure. Naruto avait été accablée par la souffrance et la peur de la perte de chaque résident. Il s'était senti oppresser et fiévreux devant autant de douleur.
Cependant, depuis que les deux enfants étaient rentrées dans la pièce, il existait autre chose derrière cette sensation douloureuse, une chaleur qui n'arrivait pas identifier, Ça lui semblait pourtant familier, lui faisant même penser à minima au bien-être qu'il le submergeait tel un cocon lors de ses songes sur son inconnue. C'était tellement proche. Cela venait-il d'eux ? Peut-être, mais de quel bambin ? Le dieu aux ailes blanches n'arrivait pas à y identifier la source. Il avait bien vu que le premier enfant était une fille d'à peu près dix ans mais le plus petit lui apparaissait flou ou caché par la taille des adultes l'entourant. Il ne savait pas si c'était un garçonnet ou une fillette. Trop de sentiments à la fois positifs et négatifs le parasitaient. Il existait trop d'auras au même endroit. L'Amour essaya de nouveau se concentrer en regardant plus attentivement cette pièce à travers une vitre quelque peu opaque. Alors qu'il allait enfin pouvoir distinguer quelque chose de plus précis, il fut interpellé par Sasuke.
"- Naruto, qu'est-ce que tu fais ? On t'attend. Il faut nous en aller. Nous en avons fini ici.
- Oui, oui, deux secondes... J'arrive", fit non motiver le dieu de l'Amour.
Alors que les autres Dieux l'attendaient, ce dernier essaya de traîner encore quelques secondes. Il sentait que la source de cette chaleur apaisante s'approchait de la fenêtre. Malheureusement, perdant patience, son frère, toujours en serpent, le mordit de ses crochets à la cuisse pour le faire réagir. Naruto hurla le détournant de la vitre.
"- AHHRg ! Mais ça ne va pas dans ta tête où quoi ?! Ça fait mal !
- Tu n'as qu'à bouger et nous suivre, baka, vociféra en colère Sasuke.
- Ça va, ça va, pas besoin d'être brutal comme ça... Je te suis", souffla Naruto en se frottant son membre blessé.
C'est donc à contre coeur, qu'il sauta en bas de la corniche sans un regard en arrière pour rejoindre ses compagnons. Tous trouvèrent un lieu calme et secret et reprenant leur forme originelle, repartirent vers l'Olympe. Alors qu'il s'élevait dans le ciel, Naruto jeta un dernier regard vers la fenêtre et parvint à y distinguer une petite forme humaine. Du fait de son élévation, il ne put distinguer qu'une ombre aux cheveux noirs aux reflets bleus-violacés. Il souffla d'exaspération. La fameuse silhouette était hissée sur la pointe des pieds pour regarder à travers la fenêtre en s'appuyant sur son bord. Alors qu'elle observait l'extérieur, elle fut appelée par un homme, la soulevant de terre.
"- Hinata, ma princesse, tu t'es encore faufilée sans rien dire. Il nous faut sortir pour laisser Senji se faire soigner. Viens."
En effet, alors que Hana avait une merveilleuse surprise et après l'entrée du guérisseur, la petite Hyuga avait réussi à se libérer de l'emprise de sa mère. Elle avait été intriguée par des mouvements sur le rebord extérieur de la fenêtre. Elle s'était donc dirigée à la vitesse de ses petites jambes vers cette dernière mais à son arrivée, rien n'apparut à sa vue à part un crapaud sautillant au loin vers un serpent, une mangouste et une tortue alors qu'un corbeau et une hirondelle le regardait du haut de leur branche. Tout ce petit monde disparaissaient à sa vue en passant derrière le mur arrière de la maison. Naruto aurait aimé voir cette personne inconnue et savoir si la sensation de douceur qu'il avait ressenti provenait de cette dernière ou non. Sasuke avait tout gâché avec son impatience. Résigné, Naruto disparut à la suite de ses amis à regret.
Hiashi, portant Hinata, sortit alors rejoindre ses amis suivit par Tsume et Hana. Au moment de franchir le seuil, la Inuzuka tenait sa fille par les épaules le plus proche possible d'elle et ne lâchait pas son mari du regard de peur de le voir disparaître jusqu'à ce que la porte lui soit fermée au nez. Là encore, elle n'arrivait pas à détourner son regard de cette planche de bois qui la séparait de Senji. Elle dut pourtant prêter une attention à Hana quand elle l'entendit murmurer des excuses en reniflant.
"- Maman. J'ai eu tord... J'ai laissé la colère et la tristesse me guider alors que vous souffrez autant que moi, si ce n'est plus... Hier, vous avez voulu me préserver de l'angoisse et je viens de le comprendre... Je vous demande pardon pour mes paroles.
- Bien sur que je te pardonne. Sache que je comprends ta colère de tantôt... Je t'aime. Tu es tout ce qui m'est le plus précieux au monde... Viens ! Termina Tsume s'abaissant à sa hauteur tout en la serrant encore plus contre son coeur.
- Ainsi que papa, osa murmurer à son oreille Hana, toute espiègle.
- ... Oui, ainsi que ton père... Consentit-elle à lui souffler doucement faisant en sorte qu'elle soit la seule à être témoin de cette confession.
- Il faudra lui avouer, alors, l'invita sa fille sur le même ton de la confidence.
Toute gêner par la requête de Hana, Tsume ne dit rien mais hocha la tête lui signifiant son acceptation.
- C'est promis ? Voulut s'assurer la petite Inuzuka.
- ... C'est promis, sourit sa mère devant sa bouille de supplication et ses espoirs ainsi exprimés. Cependant, laisse-moi juger du moment pour cela. D'accord ?
- D'accord", confirma-t-elle, heureuse de cette promesse.
Alors qu'ils étaient en attente, la seule chose qu'ils pouvaient entendre était Asuma qui voulait absolument que Kurenaï aille se reposer comme promis. Malheureusement, elle estimait que rien n'était encore réglé et qu'elle voulait attendre les dernières nouvelles. Son époux désespérait de la voir prendre du repos à un moment donné car la matinée avançait à grand pas. Le cri de Tsume les avait tous réveiller très tôt mais maintenant le soleil commençait vraiment à s'élever dans le ciel. La moitié du matin s'était pratiquement écoulée. Voyant également l'heure, Hitomi ordonna à des esclaves de préparer la collation matinale. Hiashi, quand à lui, pria deux membres de sa famille d'aller visiter Itachi et Neji pour voir si tout allait bien et s'ils étaient réveillés.
C'est là-dessus, que le guérisseur rouvrit la chambre les laissant de nouveau rentrer. Tsume et Hana se précipitèrent auprès de Senji. Ce dernier les regarda et ouvra sa main invitant son épouse à la saisir. Comprenant son intention, celle-ci entrelaça ses doigts aux siens. Tous deux se sourirent. Le blessé était étonné qu'elle est acceptée son invitation silencieuse mais comme précédemment préféra en profiter. Le médecin prit la parole.
"- Dame Tsume, seigneur Senji, je ne saurai pas comment cela est possible mais vos constantes sont tout à fait normales. Votre fièvre a totalement disparu. Votre fatigue est due à votre perte de sang mais cela ne semble plus vous mettre en danger, vu que les hémorragies semblent s'être arrêtées d'elles-mêmes.
- Mon mari est donc hors de danger, s'enthousiasma la Inuzuka, soulagée par ses bonnes nouvelles. Il va vivre, n'est-ce-pas ?"
Son ton continua à surprendre Senji. L'attitude de son épouse ravivait vraiment les espoirs de son coeur meurtri qui avaient petit à petit disparus au cours de ces dernières années. Son désespoir avait été tellement important qu'il avait été prêt à accueillir la mort les bras ouverts. Sortant de ses pensées, le chef Inuzuka entendit le guérisseur lui répondre.
"- Et bien, je ne voudrai pas trop m'avancer. Certes, l'amélioration surprenante peut présager une guérison. Cependant, les plaies sont toujours suintantes et peuvent se remettre à saigner abondamment. De plus, nous ne sommes pas encore à l'abri de l'infection au vu leur profondeur au niveau du bras et du dos.
- Mon dieu, il n'existe donc aucun espoir, désespéra Tsume, serrant sans s'en rendre compte la main de son mari, lui témoignant de ses fortes émotions.
- Le répit que nous avons maintenant va me permettre d'appliquer les meilleurs soins appropriés afin de l'éviter au maximum. J'ai donc bonne espoir d'en venir à bout. Il faut au seigneur Senji beaucoup de repos, des onguents et des cataplasmes propres changés régulièrement et également de la nourriture saine comme fruits, légumes et un peu de viande.
- Très bien, nous suivrons vos instructions, termina l'épouse du blessé. Je vous remercie."
Le médecin leur informa qu'il reviendrait dans la journée pour visiter tous les blessés et partit de la demeure guidé par un Hyuga. Après avoir obtenu l'accord de Hiashi, Hitomi se dirigea vers le couple et leur annonça.
"- Mes amis, au vu de votre état, Senji, il faut mieux que vous restiez nos invités jusqu'à ce que vous puissiez être transportable. Il serait imprudent de précipiter votre retour. Je vais vous faire parvenir de quoi vous restaurer.
- Je vous remercie, vraiment. Ce serait plus prudent en effet, s'exprima Tsume.
- Bien sur, je vais faire aménager la chambre adjacente à celle-ci. Ainsi, vous serez au plus près de votre époux. Hana pourra dormir soit avec vous, soit avec Hinata. Je sais que nos filles s'entendent bien et je crois que notre princesse sera heureuse de partager sa chambre avec elle.
- Je ne sais quoi vous dire, à part que nous acceptons votre invitation. Nous sommes vos débiteurs maintenant.
- Il n'en ait rien. Vous êtes nos amis, il est normal que nous nous soutenions, continua Hitomi. Il va de soit que cette proposition vous concerne également Fugaku et Mikoto.
- J'accepte naturellement, remercia Mikoto, qui voulait rester auprès de son fils jusqu'à ce que le médecin l'autorise à être transporté.
- Pour ma part, je vais devoir décliner, déclara Fugaku.
Cela étonna grandement Mikoto. Elle pensait que son époux aurait envie de rester près de son fils. Voyant cela, l'Uchiwa se justifia en lui prenant la main.
- Sachez que si j'écoutais que mon coeur, je resterai sans hésiter mais il me faut retourner au sein de notre famille pour les informer de la situation et régler les complications que cela a surement du engendrer. Je reviendrai bientôt et le plus régulièrement possible. Obito peut me seconder et régenter à ma place mais pour cela, il faut que je le tienne au courant de mes décisions."
Après ces paroles, Mikoto comprit la position de son mari. Il craignait que les certains anciens Uchiwa, assoiffés de pouvoir comme Madara, ne complotent contre lui pour prendre les rênes. C'était un homme dangereux et ambitieux, ne pensant qu'à ses propres intérêts. Jusqu'à aujourd'hui, les Uchiwa de leur génération et la précédente, ainsi que les autres anciens, avaient été plus nombreux. Ils soutenaient leur chef mais la rumeur de la perte du seul héritier direct pourrait faire basculer les alliances du mauvais côté. Obito était un homme de confiance et il valait mieux que Fugaku le désigne comme régent en son absence devant le conseil avant qu'un autre soit désigné.
Mikoto l'embrassa chastement les lèvres lui montrant qu'elle comprenait. Hiashi l'incita à partir qu'après avoir pris une collation et des nouvelles de son fils. Il accepta sous l'insistance des autres couples. C'est ainsi que désirant laisser Senji se reposer, tous partirent vers la salle des banquets pour prendre leur petit-déjeuner quelque peu tardif. Hana, heureuse de retrouver en vie son père, préféra les laisser seule et accompagna Hinata, lui tenant la main. Après le départ de ses amis et l'arrivée de plateaux remplis de victuailles, Tsume s'installa près du lit de son mari pour l'aider à manger un potage. Après avoir mangé, Senji rompit le silence qui régnait depuis un moment.
"- Vous devriez rentrer... à la demeure Inuzuka... pour rassurer la famille et le conseil... Tout comme les Uchiwa... nous avons des brebis galeuses... en notre sein.
- Non, je refuse de te laisser. J'enverrai des missives pour les informer de la situation, refusa Tsume en lui souriant tendrement. Heureusement, notre système nous protège d'une prise de pouvoir intempestive puisque j'ai autant d'autorité que toi dans nos affaires internes, bien plus que le conseil. C'est moi qui possède le sang de notre aïeul et ils ne peuvent le contester. Ils m'obéiront et puis, j'ai confiance. Tu sauras les remettre à leur place dès que tu seras rétabli. Tu as défié un ours, cela doit les faire réfléchir."
Senji sourit devant l'optimisme de son épouse mais il doutait qu'il puisse relever un duel pour défendre leur place et leur honneur tel un loup alpha dans sa meute. Il savait que les blessures que lui avait infligées l'animal avaient diminué ses forces mais il fera tout pour conserver sa confiance en lui. Le blessé sentit la fatigue le submerger et fermant les yeux, se laissa emporter dans le pays des songes. Le voyant endormi, Tsume perdit quelque peu son sourire. Senji l'avait vouvoyée montrant qu'il n'avait pas de souvenirs de sa confession. Son coeur se serra de peine. Elle l'avait tellement blessé par son ignorance et son aveuglément qu'il n'envisageait plus un amour réciproque. Senji pensait surement qu'elle avait encore des ressentiments envers lui et faisait tout ça que par devoir. Elle se promit alors de lui montrer et de lui avouer ses nouveaux sentiments pour lui.
