Bonjour à tou(te)s !

Tout d'abord : des milliers de mercis ! J'ai reçu beaucoup de reviews qui était toutes très positives et ça me fait chaud au cœur que vous appréciiez autant cette fic' ! Plein de mercis à tous mes revieweurs adorés ! Merci également à ceux qui font des ajouts en fav'/alertes !

Merci, merci, merci !

Je pense que vous attendiez ce chapitre avec une certaine impatience afin de découvrir ce qu'avait pu prévoir Hermione alors j'espère que vous apprécierez. :)

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RàR anonyme :

Guest : Tu trouves que Drago est dur avec Scorpius ? C'est vrai… Après, c'est Drago… Il n'a jamais prétendu être le père de l'année. Par ailleurs, on voit que son attitude est vraiment exceptionnelle, dans ce chapitre. Habituellement, Drago n'est pas aussi sévère. Mais Scorpius a désobéi, il a pris son père par surprise et voilà… Drago et les surprises, ça ne va vraiment pas bien ensemble et notre petit Scorpius en a fait les frais.

Je suis ravie que tu aies autant apprécié la conversation Scormione ! :)

Je te remercie très chaleureusement pour ta nouvelle review puisque c'est toi ma/mon mystérieuse/eux « Guest » qui me laisse des reviews à chaque fois depuis quelques semaines donc mercii ! :)

J'espère que ce nouveau chapitre te plaira ! Bises et à bientôt !

Titis : Ta review est adorable ! Ça me fait tellement plaisir d'apprendre que tu apprécies autant cette fic' ! Ce qui était important pour moi, ici, c'était effectivement de faire évoluer leur relation de la façon la plus cohérente et crédible possible et cela passait, nécessairement, par quelque chose de très lent. Tu as donc parfaitement raison, pour le moment, on peut qualifier l'évolution de leur relation en utilisant les termes « lentement mais sûrement ». Espérons que cela continuera ainsi ).

Bref, je te remercie mille fois pour ta magnifique review ! J'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de tes espérances ! Bises et peut-être à bientôt ! :)

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Je vous souhaite donc une très bonne lecture et vous dit à tout à l'heure pour la note de fin de chapitre.

Seule l'histoire m'appartient, le reste appartient à JKR.


Chapitre 20 : Soirée de dépravation à Poudlard

Hermione patientait depuis ce qui lui semblait être des heures, lorsque Malefoy émergea enfin du foyer de sa cheminée.

Maintenant qu'elle avait, plus ou moins, fait la paix avec elle-même, elle avait une irrésistible envie de se changer les idées. La jeune femme n'avait pas peiné plus que cela à trouver un projet pour la soirée mais elle reconnaissait qu'il n'était pas banal. Aussi appréhendait-elle quelque peu la réaction de Malefoy. Enfin, encore faudrait-il qu'il envisage de rester avec elle ce soir...

Ce fut donc l'esprit rempli d'incertitudes que la Gryffondor s'était assise sur son canapé, un verre à la main, après avoir remis « L'Histoire de Poudlard » sur son étagère. Lorsque le blond se présenta, près d'une heure plus tard, Hermione avait déjà bu une bonne partie de la bouteille.

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La jeune femme nota immédiatement la surprise qui accrocha le regard du Serpentard. Apparemment, il ne s'attendait pas à la trouver là, calmement assise dans son canapé, en train de siroter un verre. Hermione se rembrunit en constatant le manque de confiance qu'il lui accordait et ce fut d'une voix sèche qu'elle l'interpella :

- Un verre, Malefoy ? proposa-t-elle.

Celui-ci arqua un sourcil mais se contenta d'acquiescer sans faire de commentaire. Ravie de trouver un prétexte pour se dégourdir les jambes, Hermione marcha jusqu'à la cuisine.

Lorsqu'elle revint vers le salon, elle remarqua que Malefoy s'était mis à l'aise. Il était présentement assis sur l'un des fauteuils qui entoureraient la table basse et avait quitté sa veste. La jeune femme déposa son verre devant lui avant de le remplir avec une bonne dose de Whisky Pur Feu.

- Je vois que tu t'es servie dans ma réserve, Granger, commenta le blond sur le ton de la conversation.

L'intéressée ne prit même pas la peine de répondre. Après tout, cette « réserve » se trouvait dans son appartement et Malefoy ne lui avait jamais formellement interdit d'y toucher. Elle pouvait donc en disposer comme bon lui semblait. D'ailleurs, s'il avait réellement voulu qu'elle ne se serve pas, il aurait certainement rendu son accès beaucoup plus difficile. Il n'avait fallu qu'une minute et deux sortilèges d'une simplicité enfantine, à la jeune femme, pour ouvrir le placard et s'emparer du précieux trésor qu'il contenait.

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Malefoy sirotait tranquillement son verre et Hermione sentit son appréhension augmenter légèrement. Elle avait attendu l'arrivée du blond pendant de longues heures mais, maintenant qu'il était en face d'elle, elle n'osait plus lui poser la question qui lui brûlait pourtant les lèvres. Elle ne voulait pas qu'il se mette à imaginer des choses à son propos. Notamment le fait qu'elle ait pu l'attendre toute la journée... ou encore qu'elle puisse avoir besoin de lui pour s'amuser.

Que Merlin lui vienne en aide, elle n'était qu'une pathétique et piètre Gryffondor !

Hermione préféra se resservir un énième verre. Peut-être lui apporterait-il le courage qui lui faisait si cruellement défaut, en cet instant.

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Le silence se prolongeait entre eux lorsque Merlin sembla entendre les prières d'Hermione.

- Que veux-tu que nous fassions ce soir, Granger ? lui demanda Malefoy sur un ton presque révérencieux, en reposant son verre sur la table.

Hermione fut immédiatement soulagée mais tenta le plus possible de ne pas le montrer. Elle se contenta de déposer, à son tour, son verre sur la table avant de poser les yeux sur Malefoy.

- Je ne savais pas que nous devions faire quelque chose ce soir, rétorqua-t-elle.

- Je pensais simplement que tu aurais besoin de compagnie. Mais je peux repartir, si tu préfères, ajouta le blond en amorçant un mouvement pour se lever.

Hermione sentit instantanément son sang se glacer dans ses veines et tout son corps se tendit. Malefoy venait de la mettre au pied du mur et elle n'avait absolument aucune idée de comment se sortir de cette impasse. Elle ne pouvait décemment pas lui avouer qu'elle « avait besoin de sa compagnie ».

Elle se contenta donc de baisser les yeux et de garder le silence. Elle venait de tout gâcher !

Heureusement, la chance devait être de son côté ce soir puisque, au lieu de se lever, Malefoy s'installa seulement un peu plus confortablement dans son fauteuil.

- Bon, je repose ma question. Que veux-tu faire ce soir, Granger ? demanda de nouveau le blond, sur un ton légèrement moqueur cette fois-ci.

De toute évidence, son débat intérieur n'était pas passé aussi inaperçu qu'Hermione l'aurait souhaité et ses joues se colorèrent légèrement en rouge.

- Oh euh... je sais pas, éluda-t-elle en regardant partout sauf dans sa direction.

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Drago comprenait parfaitement le petit jeu Granger et, même si cela l'amusa au début, son comportement puéril l'agaça tout de même assez rapidement.

Constatant qu'elle semblait subitement s'intéresser de très près à une poussière de la table basse, il se leva. Son mouvement brusque eut au moins le mérite de lui faire tourner la tête et lorsqu'il s'approcha d'elle, il put clairement lire de l'incompréhension et de l'appréhension dans le regard de Granger.

Il ne fit aucun commentaire et s'assit à ses côtés. Elle tenta aussitôt de détourner de nouveau le regard alors il s'empressa de lui attraper le menton avant de noyer ses prunelles d'acier dans les siennes.

Son doux parfum emplit instantanément ses narines et il dut faire un effort monumental pour ne pas penser à tout ce que cela éveillait en lui. Sa résolution fut d'ailleurs mise à rude épreuve lorsque les joues de la jeune femme prirent une teinte légèrement rosée.

Il venait d'avoir la confirmation de ce qu'il avait supposé le matin même : il faisait de l'effet à Granger.

Ragaillardi par cette révélation, il lui souffla :

- Je sais parfaitement que tu ne veux pas que je parte, Granger. Alors dis-moi ce que tu as envie de faire.

Il la lâcha doucement et fut ravi de constater qu'elle ne tentait plus de se dérober. Au contraire, ses prunelles étaient plongées dans les siennes, sa bouche s'entrouvrit légèrement et Drago dut faire preuve de toute la retenue et l'imagination dont il était capable pour ne pas l'embrasser. Au lieu de cela, il tenta plutôt de visualiser une image très peu ragoûtante pour contrôler son désir.

Les lèvres de la jeune femme bougèrent et il fut si accaparé par ce délicieux mouvement qu'il ne prêta aucune attention à ses paroles. Son haleine chatouilla ses narines et il dut se reculer légèrement pour ne pas se jeter sur elle.

- Pa... pardon ? balbutia-t-il.

- Pff... je me doutais bien que ça ne te plairait pas, marmonna la jeune femme en se méprenant sur le sens de ses paroles.

- Non, Granger, je n'ai pas compris ce que tu m'as dit, rectifia Drago. Peux-tu répéter, s'il-te-plaît ?

- Oh euh... bredouilla-t-elle, visiblement stupéfaite.

- Granger, dis-moi, insista le Serpentard.

- Je... On pourrait aller à Poudlard...

- Poudlard ? répéta le Serpentard, sans comprendre.

- Laisse tomber.

- Pourquoi veux-tu aller à Poudlard ? insista plutôt le blond.

- Pour rien, oublie.

- Granger ! Dis-moi, répéta-t-il en vrillant son regard dans le sien pour qu'elle ne se détourne pas une nouvelle fois.

Elle piqua un fard mais répondit cependant d'une toute petite voix :

- Pour... pour une « soirée de dépravation » ?

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Drago ne put s'empêcher d'exploser de rire. Granger pouvait être si gamine parfois !

Il pouvait tout à fait comprendre qu'elle ait envie de se changer les idées et il n'allait certainement pas la chambrer là-dessus, mais qu'elle soit intimidée de lui avouer qu'elle avait besoin de passer une soirée à se soûler pour se détendre était tout bonnement risible.

Son hilarité ne plut que très moyennement à la jeune femme qui fronça immédiatement les sourcils avant de se lever prestement et de se diriger vers sa chambre. La susceptibilité de Granger lui fit lever les yeux au ciel mais Drago s'empressa tout de même de la suivre lorsqu'il entendit une porte claquer violemment.

Il s'arrêta à quelques pas du panneau de bois et souffla un bon coup avant de faire face à la Gryffondor. Bien entendu, elle ne l'autorisa pas à entrer et ponctua son refus par un chapelet d'insultes en tout genre.

Pas découragé pour une Noise, Drago continua de marteler la porte jusqu'à faire flancher sa détermination. Cela dura, en tout et pour tout, deux minutes et quarante-cinq secondes aux termes desquels une Granger furibonde se présenta devant lui en le menaçant de sa baguette.

- Arrête ça immédiatement, Malefoy ! le prévint-elle en se pinçant l'arête du nez.

- Ou sinon quoi ? demanda témérairement le blond, comme il avait si souvent vu faire Scorpius.

- Tu n'es qu'un gamin ! cracha-t-elle en lui lançant un regard dégoûté.

Drago n'allait certainement pas se faire marcher sur les pieds par Granger.

- Moi, un gamin ? Laisse-moi rire, Granger ! N'est-ce pas toi qui, il y a peine cinq minutes, m'avouais qu'elle a besoin de passer un bon moment, de la même façon qu'un enfant de six ans annoncerait qu'il a fait une bêtise ?

Le Serpentard vit instantanément que son argument avait fait mouche puisque le teint de la jeune femme prit une couleur légèrement plus soutenue, que ses sourcils se froncèrent de contrariété et que sa bouche s'entrouvrit quelque peu.

- Oui eh bien... de toute façon, je ne vois même pas pourquoi tu parles de ça puisque, de toute évidence, mon idée ne te plaît pas, répondit-elle d'une voix beaucoup moins assurée.

- Je n'ai pas dit cela.

- Ah oui ? Alors comment dois-je interpréter ton hilarité ?

- Mon hilarité n'était pas due à ton idée, Granger mais plutôt à ton comportement, précisa Drago.

La jeune femme, en face de lui, sembla se décomposer. Sentant qu'ils s'engageaient irrémédiablement sur un terrain glissant, Drago tenta de désamorcer le conflit.

- Écoute, Granger, je comprends que tu puisses avoir besoin de faire le vide. Tu n'as pas à avoir honte de tes désirs. Et si ce dont tu as besoin est d'une « soirée de dépravation » à Poudlard, eh bien soit.

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Hermione ne s'était certainement pas attendue à ce que Malefoy soit à l'origine de l'enrayement de leur dispute et, surtout, qu'il manifeste autant de compréhension. Sa déclaration la laissa pantoise quelques secondes et elle n'osa plus que regarder le bout de ses chaussures.

- Mais je ne comprends toujours pas pourquoi tu veux te rendre à Poudlard... Ni même comment tu comptes t'y prendre ! reprit Malefoy sur le ton de la conversation.

- Oh eh bien... je ne sais pas trop... Quand je me suis replongée dans « L'Histoire de Poudlard », je me suis rendue compte que j'y avais vécu des milliers d'expériences. Mais certainement pas celle de m'y soûler jusqu'à en oublier mon prénom et d'y faire les quatre cents coups, tenta-t-elle d'expliquer.

Visiblement, son argumentation fut obscure pour Malefoy qui lui lança un regard éloquent, porteur de toute l'insanité d'esprit qu'elle pouvait lui inspirer.

Hermione avait bien conscience qu'elle pouvait sembler folle. Après tout, il n'y avait sûrement qu'elle sur Terre pour envisager de prendre du bon temps en retournant dans son ancien collège. Mais, après tout, l'expérience pouvait s'avérer divertissante et, surtout, terriblement excitante. Hermione Granger, Miss-je-sais-tout, élève brillante et chouchoute des professeurs comptait braver l'interdit et pénétrer incognito à Poudlard, avec Drago Malefoy, pour s'enivrer jusqu'à plus soif et en mettant, de ci de là, la pagaille. Et tout ceci, bien entendu, sans se faire repérer, ce qui ajoutait indéniablement un côté « périlleux » à la situation.

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Drago n'était absolument pas convaincu par l'explication de Granger et certainement pas plus par son projet. Décidément, cette fille ne savait résolument pas comment passer une bonne soirée et il n'y avait vraiment qu'elle pour élaborer ce genre de plan à deux noises. Non mais franchement, qui avait l'idée de pénétrer dans l'enceinte du château, de s'alcooliser et de faire deux ou trois entorses au règlement, dignes de cinquième année en manque de sensations fortes ?! Certainement pas une personne de trente-et-un ans normalement constituée...

Drago nota toutefois que ce projet semblait réellement lui tenir à cœur et ce fut avec un entrain plus que feint qu'il accepta, se promettant que dès que cette « soirée gamineries » serait passée, il apprendrait à Granger comment passer une vraie soirée d'adultes.

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- Et comment comptes-tu t'y prendre pour que nous pénétrions dans le château ? lui demanda-t-il de mauvaise grâce, alors qu'ils reprenaient place sur le canapé du salon et que Granger leur resservait un verre bien mérité.

- J'ai déjà pensé à tout, assura-t-elle en trempant ses lèvres dans sa boisson. Nous allons nous servir de notre statut de membre du Conseil d'administration.

Drago ne voyait pas vraiment en quoi cela pouvait les aider. Après tout, aucun rendez-vous n'avait été planifié. C'était donc très perplexe qu'il lui demanda des précisions :

- Et ?

- Et nous allons prier Merlin pour que ce soit Rusard qui vienne nous accueillir.

- Mais encore ?

- Et bien c'est là que tu entre en jeu, mon cher Malefoy...

Drago, qui peinait déjà à comprendre les raisons pour lesquels la jeune femme souhaitait se rendre à Poudlard, était maintenant complètement perdu. Granger commençait réellement à l'inquiéter. Elle vivait de toute évidence en plein délire.

- Granger, je pense que nous devrions rester ici, tempéra-t-il.

- Quoi ?! Mais non ! Attend, écoute, s'agaça l'intéressée. Nous nous présentons au portail. Rusard arrive et nous demande ce que nous faisons là. Nous prétextons un rendez-vous urgent avec McGonagall. Puisque nous sommes du Conseil d'administration, c'est plausible. Et si jamais il ne nous croit pas, eh bien je compte sur ta « persuasion » pour lui faire entendre raison...

Le Serpentard ne put s'empêcher d'écarquiller les yeux de stupeur. Premièrement, Granger semblait avoir longuement réfléchi à tout ceci, preuve qu'elle souhaitait réellement aller là-bas. Deuxièmement, elle espérait que lui-même parviendrait à intimider suffisamment le concierge pour ne pas qu'il vienne fourrer son nez dans leurs affaires. Troisièmement, Granger avait l'intention de mentir délibérément et d'user de son statut de membre du Conseil pour faire quelque chose d'interdit ce qui, quand on la connaissait, était totalement aberrant. Et, quatrièmement, son plan était le plus débile que Drago n'ait jamais entendu. Par Merlin, qui pouvait sérieusement espérer que tout ceci se passerait comme prévu ?!

- Et donc, tout ton plan foireux repose uniquement sur le fait que je persuade Rusard de ne pas venir fouiner ?! demanda-t-il, moqueur.

- Mon plan n'est pas foireux ! Et oui, en substance, c'est à peu près ça.

- Non mais, Granger, tu es tombée sur la tête ou quoi ?! Persuader Rusard de ne pas venir mettre son gros nez partout est certainement aussi simple que de t'éloigner de tes précieux bouquins. Ça ne marchera jamais.

Il la vit froncer les sourcils et se décida à enfoncer le clou.

- Et puis, imagine qu'il veuille nous conduire lui-même devant McGonagall !

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Il se rassit un peu plus confortablement dans son fauteuil, persuadé que la Gryffondor prendrait conscience de la stupidité de son plan et se résignerait à trouver autre chose à faire. Sauf qu'apparemment, ce jour était celui où Granger voulait jouer la téméraire puisqu'elle lui lança un regard plein de défi avant de lui faire un léger sourire.

- Oh je comprends, Malefoy. Tu as muri maintenant, intimider les gens ne fait plus partie de tes passe-temps... Tant pis, lança-t-elle, l'air de rien.

Drago n'était absolument pas dupe mais Granger commençait à bien le connaître maintenant et elle savait absolument là où appuyer pour faire pencher la balance en sa faveur.

- Ne te méprends pas, je n'aurai aucun mal à persuader ce déchet de Rusard de faire ce que je veux, déclara-t-il.

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Hermione sut que la partie était gagnée.

- Je ne pense pas, non... mais ce n'est pas grave, Malefoy. On trouvera quelque chose d'autre à faire.

Elle le vit froncer les sourcils, signe que sa fierté était mise à mal, et quelque second plus tard, il reprit la parole.

- Prend ta veste, Granger, nous allons à Poudlard pour la soirée.

Hermione dut détourner légèrement la tête pour ne pas qu'il la surprenne en train de pouffer silencieusement de rire. Malefoy était si prévisible ! Une petite attaque sur ses capacités et il était prêt à tout pour prouver qu'il était le meilleur. Mais la jeune femme n'allait certainement pas s'en plaindre.

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Malefoy insista pour qu'ils se changent avant de partir – pour faire illusion selon lui – et ce fut donc mal à l'aise dans une robe de soirée qu'elle jugeait beaucoup trop courte qu'elle attrapa son bras pour les faire transplaner. Une fois arrivés devant les grilles, ils se regardèrent quelques instants et le blond sortit sa baguette. Un splendide loup argenté s'en échappa et galopa vers le château.

Hermione resta interdite quelques secondes devant cette révélation mais reprit toutefois rapidement contenance. Après tout, ce n'était, finalement, pas si étonnant que cela.

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Ils patientèrent en silence plusieurs minutes et Hermione en vint à envisager la possibilité que personne ne soit présent au château. Cependant, ils finirent par entendre un léger crissement qui se rapprochait d'eux et Malefoy tourna vivement la tête vers elle.

- Surtout, laisse-moi parler, ordonna-t-il.

Hermione se contenta d'un léger mouvement de tête, venant d'être prise d'un affreux doute. Et si jamais McGonagall était absente et que leur mensonge était découvert ?! Malefoy avait raison, ce plan était foireux et elle avait été irraisonnable sur ce coup-là.

Elle allait lui faire part de ses pensées lorsque, au détour d'un virage, elle vit apparaître Rusard. Il était maintenant trop tard pour faire machine arrière et tout ce qu'elle pouvait faire, c'était espérer que Merlin leur vienne en aide.

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- C'est pour quoi ? grogna sèchement le vieux concierge lorsqu'il arriva à leur hauteur, sans néanmoins ouvrir le portail.

- Nous avons rendez-vous avec la Directrice, l'informa Malefoy d'une voix assurée.

Derrière les grilles, Hermione vit Rusard plisser les yeux de suspicion avant de les détailler longuement chacun à leur tour.

- Motif du rendez-vous ?

- Cela ne vous regarde pas. Nous venons en tant que membres du Conseil d'administration du collège. McGonagall a été prévenue de notre arrivée. Maintenant, laissez-nous entrer, le somma Malefoy.

Hermione sentit son pouls s'accélérer légèrement.

- La Directrice ne m'a pas prévenu, rétorqua le concierge, pas impressionné le moins du monde.

La jeune femme manqua de s'étouffer. Si jamais Rusard décidait d'aller chercher McGonagall pour corroborer leurs dires, ils étaient cuits.

- C'est une urgence. Mais peut-être préférez-vous la faire attendre et risquer de la froisser ainsi que le Conseil en sapant l'autorité de ses membres. Après tout, vous êtes là uniquement parce que nous l'autorisons... le menaça le Serpentard d'une voix forte, calculée et sans appel.

De toute évidence, Malefoy n'avait pas perdu la main en ce qui concernait l'intimidation. Et la prestance qu'il dégageait en cet instant ne manqua pas d'ébranler la jeune femme.

- N'oubliez pas qui je suis, Rusard...

Cette nouvelle menace eut le don d'augmenter instinctivement la chaleur corporelle d'Hermione et elle ne parvint même pas à détacher son regard de lui pour remarquer que le concierge avait perdu le peu de couleur que sa marche lui avait donné.

- Bien sûr, Mr Malefoy, veuillez m'excuser, capitula-t-il avant de s'avancer vers les grilles pour les ouvrir.

Lorsque Malefoy tourna la tête vers elle, Hermione ne put s'empêcher de rougir. Il venait de la prendre en flagrant délit de reluquage et elle savait qu'il ne lui faudrait pas longtemps, une fois Rusard loin derrière eux, pour y aller de son petit commentaire personnel.

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Cela ne manqua pas puisque, quelques minutes plus tard, alors qu'ils approchaient du château, Malefoy se tourna vers elle, un sourire en coin et une expression d'intense satisfaction collée sur le visage.

- Alors Granger, on s'est bien rincé l'œil ?

Cette dernière piqua un fard et se contenta de marcher légèrement plus vite. Malefoy l'avait peut-être prise sur le fait mais elle n'allait certainement pas lui faire le plaisir d'avouer qu'elle avait eu un moment de faiblesse.

Car, après tout, ce n'était ni plus ni moins que cela. Un moment d'égarement certainement dû aux quelques verres qu'elle avait déjà ingurgités.

Une petite voix lui murmura que, le matin même, alors qu'elle était parfaitement sobre, un sentiment semblable l'avait déjà envahie lorsque le blond l'avait raccompagnée chez elle. De même que quelques minutes auparavant, quand il s'était de nouveau rapproché d'elle, dans son appartement... Mais la Gryffondor relégua sa conscience dans un coin de sa tête et se focalisa plutôt sur le château qui venait d'apparaître au détour d'un virage.

- Je sais qu'il n'est pas supposé y avoir trop de monde mais si une seule personne nous voit, le plan tombe à l'eau, alors je pense qu'on aurait besoin d'un petit sortilège de Désillusion le temps de pénétrer dans le château, fit-elle remarquer.

- Ravi de constater que tu retrouves un brin de bon sens, Granger, railla Malefoy en sortant de nouveau sa baguette avant de la pointer sur elle.

- Te rates pas, Malefoy, grogna Hermione.

Ce dernier se contenta d'un « pff » avant de prononcer la formule. La sensation caractéristique qui accompagnait le sortilège se fit ressentir et Hermione baissa le regard. Elle dut avouer que le blond avait fait du très bon boulot. Son corps était pratiquement indétectable.

La réussite du Serpentard eut pour conséquence de faire ressortir son côté « première de la classe » et compétitif et elle se concentra le plus possible pour réaliser un sort parfait.

Un petit sourire prit place sur ses lèvres lorsqu'elle constata que Malefoy avait tout bonnement disparu devant elle et elle se gonfla de fierté.

- Pas mal, Granger, reconnu Malefoy en inspectant lui-même le résultat.

- Ça a l'air de t'étonner, Malefoy ?

Elle l'entendit lâcher un petit rire.

- Il faut qu'on arrête de se fréquenter, Granger, je déteins vraiment sur toi...

- Si ça te fait plaisir de le croire.

A côté d'elle, Malefoy pouffa de nouveau et Hermione leva les yeux au ciel.

- Bon, si tu as fini de ricaner, on pourrait peut-être se mettre en route. Ces sortilèges ne vont pas durer très longtemps, fit-elle remarquer.

- Quelle rabat-joie. Où veux-tu aller ?

- J'avais pensé aux cuisines. Après tout, nous n'avons rien pris à boire et puis, je ne sais pas toi mais je commence à avoir faim.

- Ok, mais es-tu certaine que nous ne risquions pas de nous faire repérer ?

- Mais quel couard ! je n'en reviens pas...

- Tes commentaires à deux noises, la prochaine fois, tu te les gardes, Granger ! grinça le Serpentard.

Hermione ne répondit pas mais un petit rire s'échappa de ses lèvres.

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Plus ils approchaient de la grande porte d'entrée du château, plus Hermione était tendue bien que l'idée qu'ils puissent se faire remarquer était également grisante. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas ressenti le frisson de l'adrénaline et elle dut avouer que cela lui avait manqué. Immanquablement, elle fit le parallèle avec les nombreuses aventures qu'elle avait vécues, plus jeune, avec Harry et Ron et qui mettaient sans cesse leur vie en jeu et l'excitation se mua soudain en tristesse.

Agacée par son penchant certain pour le mélodrame, la Gryffondor s'admonesta mentalement avant de se focaliser une nouvelle fois sur le présent.

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Hermione n'avait osé le dire à Malefoy mais elle-même doutait de son propre plan. Tout se déroulait bien trop facilement depuis le début et elle s'était attendue à tout sauf à ce qu'ils parviennent sans heurts jusqu'au couloir où était accroché le tableau menant aux cuisines. Et lorsqu'elle annula le sort de Désillusion qu'elle avait lancé, elle remarqua que le Serpentard était tout aussi surpris de leur chance. Lorsqu'ils étaient passés près de la Grande Salle, ils avaient vu que la porte était fermée, signe que personne n'avait dû s'y rendre pour dîner. Ils avaient tout de même été prudent et avaient consciencieusement attendu d'être arrivé à bon port avant d'abandonner leur couverture.

Hermione se chargea de chatouiller la poire du cadre et ils pénétrèrent tous les deux dans l'immense pièce.

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Chacun d'eux se souvenait parfaitement qu'ils s'y étaient déjà retrouvés en pareilles circonstances peu de temps auparavant, lorsqu'il y avait eu le dîner organisé par la Directrice et le Conseil mais tout leur semblait différent à présent. A commencer par leur relation qui s'était immensément améliorée. D'ailleurs, c'était justement grâce à cette soirée à Poudlard qu'ils avaient commencé à « se rapprocher » et c'était certainement pour cela que chacun se sentit légèrement mal à l'aise lorsque leur regard se croisa, une demi-seconde avant de pénétrer dans les cuisines.

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Hermione avait également beaucoup changé en ces quelques semaines. Elle était désormais sur la voie du deuil, reprenait de plus en plus confiance en elle et en la vie et, surtout, avait officiellement arrêté de tenir Malefoy pour responsable.

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Dire que les elfes furent surpris de les voir arriver était un pâle euphémisme. Ils en furent totalement perturbés et Granger dut les rassurer d'une voix calme en leur expliquant que : non, leur venue n'était pas prévue ; que oui, McGonagall était au courant ; que non, il ne fallait pas qu'ils se punissent pour ne pas leur avoir prévu un comité d'accueil ; et que, enfin, oui, ils apprécieraient de manger quelque chose. Drago arrêta d'écouter quand il entendit, ce qui lui semblait être, le dixième elfe se confondre en excuses. Et il n'entendit également, que d'une oreille très distraite, qu'ils allaient se mettre en quatre pour leur préparer un dîner digne de ce nom.

- Mais ce n'est pas la peine ! Nous nous contenterons bien de ce qu'il y a ici ! affirma Granger en leur désignant un coin rempli de casseroles et d'où se dégageait une délicieuse odeur.

- Parle pour toi, grommela Drago.

- On n'est pas ici pour faire la fine bouche, Malefoy ! le réprimanda-t-elle en se retournant vers lui.

Drago tiqua.

- Ah oui, d'ailleurs, Granger, comment comptes-tu t'y prendre pour convaincre ces charmants elfes de nous donner à boire ? demanda-t-il le plus innocemment du monde, d'une voix assez basse pour que personne d'autre qu'elle ne l'entende

Il avait pensé la déstabiliser mais le petit sourire supérieur que lui lança la jeune femme lui fit craindre le pire. Elle se dirigea d'un pas impérial vers une petite elfe de maison à la peau fripée comme du vieux parchemin, occupée à préparer le repas pour les sorciers présents au château ainsi que pour Granger et lui et se pencha doucement vers elle.

- Winky, excuse-moi de te déranger une nouvelle fois mais j'ai une faveur à te demander, demanda la Gryffondor d'une voix enjouée.

- Oui, bien sûr Miss, tout ce que vous voudrez ! couina la minuscule créature d'une voix suraiguë, en vrillant au passage les tympans de Drago.

- Eh bien voilà, je sais que cette requête ne doit pas être très commune mais... j'aurais besoin d'alcool.

- De l'alcool, Miss ? répéta la dénommée Winky tandis que ses yeux globuleux s'agrandissaient de surprise

- Oui. Je ne sais pas, du Whisky Pur Feu, par exemple ou bien autre chose...

- Ne bougez surtout pas, Miss. Winky à tout ce qu'il vous faut ! affirma l'elfe avant de se volatiliser sous les yeux des deux sorciers.

Elle ne mit pas plus de cinq secondes avant de réapparaître, les bras chargés de bouteilles en tout genre, un immense sourire aux lèvres.

- Voilà tout ce que Winky a pu trouver, Miss.

- Mais c'est... génial Winky ! Merci beaucoup ! s'exclama Granger en réceptionnant toutes les bouteilles.

- Oh ce n'est rien, Miss. Les elfes ont interdiction de donner de l'alcool aux élèves de l'école, alors elles ne manqueront à personne.

- D'où vous viennent-elles ? l'interrogea la Gryffondor, intéressée.

- Des élèves eux-mêmes, Miss. Il arrive très régulièrement que les élèves tentent de revenir avec de l'alcool à Poudlard, notamment au retour de leurs visites de Pré-au-Lard et tout ce qui est confisqué est ensuite enfermé à double tour.

Drago poussa un grognement significatif. Voilà donc où étaient passées tant de ses bouteilles... Il vit la Gryffondor lever les yeux au ciel avant de se retourner à nouveau vers l'elfe afin de la remercier encore et encore.

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Ceci fait, ils allèrent s'asseoir à l'une des tables en attendant leur dîner et Hermione ne put s'empêcher de lui lancer un coup d'œil hautin.

- Autre chose, Malefoy ? lui demanda-t-elle.

Son petit ton supérieur agaça prodigieusement le blond qui souffla bruyamment.

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Hermione, pour sa part, était très fière d'elle. Tout son « plan » se déroulait à la perfection et récupérer de l'alcool avait été un jeu d'enfant. Elle s'avait que la S.A.L.E et le temps qu'elle avait consacré à amadouer Winky lui serviraient un jour...

Ils attendirent en silence que les elfes aient terminé de préparer leur repas et, lorsque ces derniers déposèrent finalement devant eux bien plus de plats qu'ils ne pourraient jamais en avaler, ils prirent conscience qu'ils allaient dîner en tête à tête.

Instinctivement, chacun se remémora leur dernier dîner, autrement dit celui qu'ils avaient partagé dans le restaurant en France et, une nouvelle fois, un léger malaise s'installa. Ce repas avait été chaotique et ils espéraient sincèrement que celui-ci se déroulerait d'une meilleure manière.

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Finalement, tout se passa très bien et le malaise se dissipa vite, notamment grâce à l'excellent repas qui leur avait été servi mais également et surtout, grâce à l'alcool qui coulait à flot. Les elfes avaient déserté la cuisine, certainement pour leur laisser plus d'intimité et l'immense pièce résonna bientôt des rires des deux anciens ennemis.

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Hermione se sentait plus détendue que jamais et rigoler lui donnait l'impression qu'un raz-de-marée d'euphorie déferlait sur elle. Elle se sentait si bien qu'elle aurait voulu que cet instant ne s'arrête jamais. Malefoy devait partager son sentiment car, lui non plus, ne mettait pas de terme à leur conversation, bien que leur dessert fût depuis longtemps avalé.

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Les bouteilles d'alcool se vidaient rapidement et l'enivrement des deux anciens élèves augmentait en conséquence. Les éclats de rires se faisaient de plus en plus nombreux et semblaient durer inlassablement. Finalement, au terme d'un fou rire particulièrement tenace, le Serpentard proposa à la jeune femme de sortir de là.

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Hermione acquiesça sans même y penser et ils se retrouvèrent bientôt à déambuler dans le couloir. Elle s'était bien promise de jeter un sort sur leur vaisselle pour que la corvée ne revienne pas aux elfes qui les avaient gentiment accueillis, mais son esprit était si éparpillé à cause de l'alcool que cela lui sortit totalement de la tête.

Une fois dans le couloir, ils entreprirent de remonter jusqu'au rez-de-chaussée, tenant chacun d'une bouteille d'alcool à la main.

- Et si on allait dans la Grande Salle ? proposa Hermione en lâchant un petit rire incontrôlable.

Le blond, qui marchait devant elle s'arrêta pour se retourner.

- Dans la Grande Salle ? Pour quoi faire ? C'est nul !

- Oh arrrrête de faire ton rabat joie, Malefoy !

- Je ne fais pas mon « rabat joie », rétorqua le blond en imitant le ton faussement agacé de la jeune femme, tu as juste des idées très très très étranges en matière d'amusement.

- Oui eh bien moi et mes idées très très très étranges ont t'em... commença-t-elle avant que le blond ne lui mette une main sur la bouche pour la faire taire.

Ce contact froid la fit sursauter mais elle ne tenta pas de se dégager. Des milliers de petits picotements se baladaient agréablement sur sa bouche et elle cligna frénétiquement des yeux.

- Ok, je crois que j'ai saisi, Granger. On va aller dans la Grande Salle, pas besoin d'être impolie.

La jeune femme grogna contre la main du Serpentard et celui-ci se mit à rire.

- Dès demain je t'apprends comment t'amuser, Granger.

- Je sais m'amuser, s'agaça la jeune femme, une fois qu'il l'eut relâchée.

- Non ! rigola le blond.

La jeune femme lui donna un léger coup sur l'épaule et prit la direction de la Grande Salle. Elle entendit Malefoy ricaner derrière elle encore quelques secondes avant de la suivre.

Ils firent – relativement – attention à ne croiser personne mais, là encore, le château leur sembla désert. Une fois qu'ils eurent pénétré dans l'immense pièce, Hermione referma les lourdes portes et sortit sa baguette.

- Aide-moi, Malefoy, au lieu de te moquer, le sermonna-t-elle.

- Nan, Granger, je suis trop bourré pour me servir correctement de ma baguette.

- Menteur ! Tu ne me feras pas croire que le « Grand Drago Malefoy » est incapable de lancer un pauvre Collaporta, même ivre, le défia-t-elle.

Elle le vit froncer les sourcils et sut, une nouvelle fois, qu'elle avait gagné la bataille. En effet, quelques secondes plus tard, et après un essai infructueux, le blond parvint enfin à lancer un sort qu'elle jugea correct.

Elle même s'occupa de jeter un Assurdiato pour que leurs éclats de voix n'interpellent pas le concierge. Il ne manquerait plus que Rusard les trouve dans cet état...

- Tu sais que ça ne retiendra personne bien longtemps si on est repéré ? lui fit remarquer le Serpentard en désignant la porte d'un coup de menton.

- Je sais, mais ça nous donnera peut-être assez de temps pour déguerpir, répondit la jeune femme en rangeant sa baguette dans son sac à main.

- Très Gryffondor comme comportement, commenta-t-il d'une voix ironique.

- Tu déteins beaucoup trop sur moi, Malefoy, répondit Hermione en lui faisant un clin d'œil.

La jeune femme vit le blond lever un sourcil interrogateur et préféra détourner le regard.

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Elle constata avec joie que les quatre longues tables avaient été installées en prévision de la rentrée scolaire ainsi que l'estrade et celle des professeurs. Un sentiment de nostalgie l'envahit, intensifié par son état d'ébriété et la jeune femme se raidit instinctivement. Elle n'était pas venue ici pour refaire surgir ses démons.

Aussi s'admonesta-t-elle mentalement avant de saisir sa baguette pour faire apparaître la chaine Hifi qu'elle possédait. Elle était dos à Malefoy et ne vit donc pas sa réaction lorsqu'une musique entraînante commença à raisonner, répercutée en échos par les épais murs de pierre. Hermione, toujours légèrement chamboulée, approcha vivement la bouteille qu'elle tenait à la main de sa bouche et avala une longue gorgée d'alcool. La brûlure que lui provoqua de Whisky lui fit rapidement reprendre ses esprits et elle sentit son corps réagir instinctivement à la musique.

Elle abandonna donc, momentanément, sa bouteille sur une table et commença à se déhancher. Elle en avait presque oublié Malefoy et, lorsqu'il entra finalement dans son champ de vision, alors qu'elle tournait sur elle-même, elle ne put retenir un hoquet de surprise.

Debout sur la table des Serpentard, Malefoy dansait, sa veste abandonnée dans un coin, les manches de sa chemise blanche, dont les trois premiers boutons étaient ouverts, remontées sur ses avants bras, une bouteille à la main et les cheveux ébouriffés. Cette vision estomaqua la Gryffondor qui s'arrêta brusquement de danser pour le regarder.

Il était vraiment très attirant...

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Comme s'il avait perçu ses pensées, Malefoy tourna vivement la tête vers elle et la vrilla du regard. Bien qu'ils fussent à une bonne vingtaine de mètres l'un de l'autre, les yeux d'acier du Serpentard la transpercèrent sur place et la laissèrent pantoise.

Elle n'eut aucune réaction alors qu'il descendait, d'un bon gracieux, de la table et s'approchait d'elle. Elle ne le quitta pas plus du regard alors qu'il prenait une nouvelle gorgée d'alcool avant de déposer sa bouteille sur une table, en continuant d'avancer vers elle.

Son regard avait quelque chose d'envoutant et Hermione sentit ses joues s'empourprer légèrement lorsqu'il parvint à sa hauteur.

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Elle prit réellement conscience de ce qui se tramait devant ses yeux lorsque Malefoy saisit sa main pour la placer dans la sienne et qu'il l'attira un peu en avant. Un frisson la parcourut entièrement et elle baissa instinctivement le regard, sans pour autant se soustraire de son emprise. Encouragé, le Serpentard commença à se mouvoir légèrement et Hermione manqua d'air.

Elle avait en ligne de mire le torse du jeune homme et une irrésistible envie de toucher la peau négligemment dévoilée par les boutons qu'il avait ouvert, l'envahit. Résistant du mieux qu'elle le put, elle releva les yeux et sa bouche s'entrebâilla légèrement. Le blond semblait la dévorer du regard et Hermione se sentit rougir de plus belle. De sa main libre, elle tenta de tirer sur sa robe, qu'elle trouvait décidément beaucoup trop courte et qui ne cessait de remonter sur ses cuisses et le petit sourire en coin qu'eut Malefoy en la voyant faire lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac.

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Elle avait l'impression d'être un pantin entre ses mains et elle n'opposa absolument aucune résistance lorsqu'il la fit pivoter d'un demi-tour avant de se placer juste derrière elle. Elle pouvait sentir son torse au niveau de ses omoplates alors que sa main droite était toujours prisonnière de celle du blond. Son esprit lui hurlait de se dégager mais son corps semblait particulièrement apprécier ce contact et cette proximité avec Malefoy. La preuve en était qu'elle s'était remise à danser légèrement, entraînée par les mouvements du Serpentard qui se tenait toujours dans son dos.

Elle crut faire une crise cardiaque lorsque son souffle chatouilla négligemment sa joue et son oreille droite au moment où il lui murmura :

- Détends-toi, Granger.

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Elle se raidit instinctivement et un nouveau frisson la traversa de part en part. Elle entendit Malefoy rire très légèrement et ne se rendit véritablement compte qu'il s'éloignait d'elle que lorsque les légers picotements, qui parcourraient tout son corps à son contact, cessèrent. Elle pivota sur elle-même et le vit retourner à son emplacement initial, soit sur la table des Serpentard.

Soufflée, la jeune femme demeura spectatrice pendant encore quelques secondes puis se décida à rejoindre, elle, la table des Gryffondor. Elle commença à bouger légèrement puis, entraînée par la musique se mit à danser de plus en plus frénétiquement. En face d'elle, elle voyait le blond qui faisait de même, allant et venant sur toute la longueur de la table de bois.

La Gryffondor tira une nouvelle fois sa baguette de son sac et lança un Accio. Sa bouteille d'alcool lui arriva directement entre les mains et elle en but une gorgée. Emportée par la musique, elle ferma les yeux et profita de ce moment de pur laisser-aller.

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Aucun d'eux n'avait conscience du temps qui passait. Les morceaux s'enchaînaient et ils ne s'arrêtaient de se trémousser que pour reprendre une gorgée d'alcool. Bientôt, ce qui devait arriver arriva et Hermione se retrouva avec une bouteille vide à la main. Elle la fit disparaître et ses yeux se portèrent d'eux même à l'autre bout de la pièce. Elle constata que Malefoy avait encore quelques gouttes dans la sienne et un petit sourire malicieux étira ses lèvres alors qu'elle lançait un nouvel Accio.

Le blond ne manqua pas de remarquer que sa main était à présent vide et, après avoir jeté un coup d'œil rapide autour de lui, croisa immanquablement le regard de la jeune femme. Il avait froncé les sourcils et arborait une expression qui signifiait très clairement qu'il ne valait mieux pas pour elle qu'elle termine sa bouteille à sa place.

Hermione savait que cela était supposé « l'impressionner » mais elle n'allait certainement pas se laisser faire par Malefoy. Aussi, leva-t-elle les sourcils de défi avant d'approcher la bouteille de sa bouche. Voyant qu'il ne faisait rien pour l'empêcher, elle en avala le contenu, cul-sec.

Il restait tout de même une bonne quantité de liquide et elle sentit la tête lui tourner lorsqu'elle rouvrit les yeux. Elle ne manqua toutefois pas d'adresser, à son tour, un petit sourire en coin à Malefoy qui se tenait toujours debout sur la table des Serpentard.

Enfin… il n'y resta pas très longtemps puisque la Gryffondor le vit en descendre d'un mouvement rapide avant de se diriger vers sa propre table. Son cœur se serra légèrement et elle se mit à reculer instinctivement.

Finalement, elle était un peu impressionnée et son sentiment s'accentua lorsqu'elle avisa les yeux d'acier du blond et le sourire carnassier qui étirait maintenant ses traits tandis qu'il s'avançait vers elle.


Ah... je suis certaine que vous ne vous attendiez pas à ça ! Hermione a vraiment des idées étranges parfois ! Heureusement que Drago a su se servir de son nom de famille avec Rusard. Enfin... merci tout de même à Hermione et à la S.A.L.E parce que, sinon, ils n'auraient certainement pas été aussi bien reçu ni n'aurait pu récupérer de l'alcool et là... la soirée aurait vraiment tourné au fiasco le plus total !

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Comment trouvez-vous l'idée d'Hermione ? Le comportement de Drago qui semble prêt à accéder à la moindre de ses requêtes ?

Qu'avez-vous pensé de la soirée ?

Et, surtout, que pensez-vous qu'il puisse et/ou va se passer par la suite ?

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Toi qui lis cette fiction depuis le début et qui n'a toujours pas reviewé après 20 chapitre (+ un prologue), c'est le moment de sortir de l'ombre ! :)

J'attends donc, comme toujours, vos retours avec beaucoup d'impatience et je vous dis à dimanche pour le chapitre 21…

Chalusse