Je m'excuse du retard! J'ai plein de bonnes excuses, mais vous ne voulez pas les entendre j'imagine, alors je vais me contenter de passer à la suite.

Ce chapitre est... particulier (j'ai l'impression de dire ça de tout mes chapitres, mais passons). Comme dirait Milligramme (que je cite sans son accord, par ailleurs... si tu viens à passer, désolé, mais j'aime trop ta formulation!), il s'agit donc de «guimauve rose à la violette sucrée made in pink pony land», autrement dit, oui, vous avez compris, de l'OOC. Je me suis fait dire d'arrêter de m'excuser, alors je ne m'excuserai pas, et je ne me justifierai pas non plus. Je tiens juste à vous en avertir, ça dégouline de guimauve, ce chapitre.

Bonne lecture!


POV: Shizuo

Dans la vie, il arrive que l'on fasse le mauvais choix en pleine connaissance de cause.

16h59. S'il ne se pointe pas à 17h00 pile, je jure que je rentre chez moi. En fait, je n'aurais jamais dû venir ici. Hélas, au moment même où je retrouve mon bon sens et décide de rebrousser chemin, j'entends mon prénom crié parmi la foule :

- Shizuoooo!

Je repère la silhouette de l'asticot qui court vers moi. Il s'arrête à quelques pas pour reprendre son souffle. Quand c'est chose faite, il s'exclame, avec un sourire qui me donne froid dans le dos – de par sa sincérité :

- Je t'ai fait attendre?

Ma parole, on se croirait dans un manga! Je lui réponds, avec une hésitation :

- Non, pas trop...

En fait, cela fait cinq minutes que j'attends! Mais comment est-ce que je réagis, moi, d'abord? Et lui qui me sourit en me répondant :

- Tant mieux!

Puis il me prend la main – la main! – et me mène jusqu'au guichet, où il insiste pour payer. Je ne dis rien et me laisse trainer par lui jusqu'à l'intérieur. Ce sont surtout des arcades, des jeux de foire et une maison hantée, il n'y a aucun manège. Étonnant, pour un parc d'attractions. Enfin, ce n'est pas comme si c'était la première surprise de la journée non plus.

Je jette un coup d'œil à celui qui m'a invité. Ses yeux brillent de joie et d'émerveillement. Je suis sidéré. Cela dit, je me remets facilement de mes émotions, l'habitude en étant pour beaucoup, et lui lance :

- L'asticot, tu veux faire quoi en premier?

- Shizuo, on s'était promis de plus s'appeler comme ça. Tu t'en souviens plus? Moi j'avais juré de plus dire Shizu-chan, et toi tu avais promis de m'appeler simplement par mon prénom.

- Quand est-ce que j'ai fait ça, que je m'écris?

- Shizuo, quelle tête en l'air tu fais des fois! C'est quand on a commencé à sortir ensemble, évidemment!

Celle-là, c'est la meilleure! Hier encore il me disait qu'il me détestait, et tout d'un coup on sort ensemble? Où il est parti chercher pareille ânerie? Pourtant, face à son sourire gêné, je ne sais pas quoi répondre. Au fond, je l'aime bien comme ça... peut-être même que...

Mais qu'est-ce que je raconte! Shizuo, ressaisis-toi! Je me donne une claque virtuelle et ne réponds rien. Je vais l'ignorer, surement que ça va lui passer.

- Shizuo, je veux aller là, qu'il me fait en me prenant par le bras.

Je le suis jusqu'à un stand de tir au pistolet à l'eau. Je le laisse jouer pendant que je l'observe. Il est vraiment différent qu'à l'habitude. Ce n'est pas simplement ses paroles, ou ses expressions. Il dégage un sentiment complètement différent. En temps normal, il a une aura un peu dangereuse, et malsaine aussi. Maintenant, on dirait un lycéen tout ce qu'il y a de plus normal. Même légèrement naïf, je dirais. Et innocent.

Il se retourne vers moi pour me faire un sourire, et je me sens tout drôle. C'est comme du stress, le côté négatif en moins. Je ne sais pas ce que c'est, mais je me sens bien en tout cas.

Il gagne finalement un petit toutou en forme de dragon. Il le prend dans ses bras et le serre, avant de me le montrer, tout en lançant, de manière un peu enfantine :

- Il est beau, mon dragon, non?

- Euh, oui, très.

En vérité, je le trouve particulièrement laid, mais il a l'air tellement fier de lui que je n'ose pas le lui dire. Il le garde à la main tout en faufilant son autre dans la mienne. Il me guide ensuite à travers les arcades, sur le thème de Pacman entre autres. Nous jouons à certains, lui surtout. Il est bon joueur, comme je m'en doutais, alors que je suis le plus mauvais d'entre tous. Je ne joue qu'une partie, et abandonne, pour ne pas me fâcher.

Nous entrons ensuite dans la maison hantée. Il s'agrippe à moi tout en hurlant de terreur à chaque monstre qui apparait. Pour ma part, je me contente de rire de lui en montrant à quel point les costumes sont mal faits, mais il continue de trembler quand même. Je ne peux m'empêcher de songer à quel point il est mignon comme ça.

C'est donc moi qui le traine jusqu'à l'extérieur. Il a le teint un peu blême, mais il se force quand même à me sourire. Je lui rends son sourire, ce qui le remet définitivement d'aplomb. Je propose, d'un ton plus sûr de moi :

- Tu veux une glace?

- Oui! Attends, je vais les commander!

Il détale sur ces mots, me laissant seul devant un banc. Je m'y assois un peu par dépit. Moi qui voulais justement aller les lui chercher, il m'a pris de court. Au bout d'un moment, il revient avec une glace au chocolat pour moi – ma préférée – et une à la vanille pour lui. J'entame la mienne après un merci murmuré, et lui se contente de me regarder. Je lui renvoie un regard interrogatif, alors il m'avoue :

- Ah, c'est juste que je me disais que c'était bien d'être ici, avec toi, comme ça... depuis qu'on est plus ennemis, la vie est tellement plus belle!

Je ne réponds rien, alors qu'il commence enfin sa glace. Je ne sais pas quoi dire. En un sens, j'ai envie d'entrer dans son jeu. Nous sommes bien, il a raison. Pourquoi ne pas en profiter? Où serait le mal?

- Shizuo, qu'il me lance.

Je me tourne vers lui et surprends son visage tout proche du mien. Par réflexe, je ferme les yeux. Au bout d'un moment, je sens un petit coup de langue sur le rebord de mes lèvres. Je rouvre les yeux alors qu'il s'éloigne et qu'il me lance, en rougissant légèrement :

- Tu avais un peu de glace, alors...

Je sens mon visage s'empourprer également. Ce qu'il me sort comme répliques aujourd'hui! C'est beaucoup trop embarrassant!

- Shizuo, je t'aime!

- Moi aussi, Izaya.

Attends... une seconde. Qu'est-ce qui se passe au juste? Est-ce que nous venons juste de... nous dire que nous... nous... Je me relève d'un seul coup, ce qui fait tomber la glace par terre et, en rougissant de la tête au pied, j'en suis certain, je lance :

- Qu-qu'est-ce que tu... je... tu...

- Ah, Shizuo, tu es tellement mignon quand tu es gêné~

Il a repris un air taquin, mais sans aucune trace de méchanceté. Il se relève en lançant:

- Aah, une glace de gaspillée... tu veux partager la mienne?

Il me tend sa glace avec un air suppliant, et, après avoir dégluti, j'en approche ma bouche, mais juste au moment où mes lèvres rencontrent la friandise, il la subtilise et approche son propre visage. Je n'ai pas le temps d'arrêter mon élan et échoue directement sur ses lèvres.

Au bout de seulement quelques secondes, il se retire, fait quelques pas vers l'arrière et me lance, avec un sourire :

- Ah ha, je t'ai volé un baiser, Shizuo!

- A-attends, que je lance, espèce de...

Sur ces mots, je m'élance vers lui alors qu'il détale. Sa glace se retrouve à la poubelle – quel dommage! – pendant qu'il s'enfuit de moi, en riant. La scène est familière, et pourtant, elle semble si différente. La sensation en tant que telle est totalement à l'opposé. C'est... magique.

Je le rejoins enfin dans un coin un peu plus sombre, où il m'attendait. Je l'emprisonne entre moi et le mur, en posant mes mains des deux côtés de sa tête. Son sourire se défait et il ferme les yeux, se laissant ainsi à ma merci. J'en profite donc pour me pencher sur lui et l'embrasser. Ses mains empoignent mon dos pour approfondir un peu plus le baiser. Finalement, ma langue rencontre la sienne et ne la lâche plus.

Au bout d'un moment, je m'éloigne à contrecœur et plonge mon regard dans ses yeux vermeils. D'un seul coup, je comprends tout : je l'aime. J'aime Izaya. C'est tellement clair et limpide que je ne me soucie pas des conséquences de cette affirmation. Je l'aime, c'est tout ce qui compte. Et il m'aime aussi.

Je tais la petite voix dans ma tête qui me dit que tout cela n'a aucun sens. Je suis heureux, pourquoi m'en priver? J'en ai marre de réfléchir, de tourner en rond, de souffrir. S'il se joue de moi... je verrai en temps et lieu.