Salut tout le monde !

Vous remarquerez que je ne suis pas en retard cette semaine (et ce n'est PAS DU TOUT à cause de vos menaces... pas du tout)

Quoi qu'il en soit je vous souhaite une bonne lecture :)

Chapitre 21 : Fidélité

Sasha profita de l'intense réflexion de Fujitora pour faire ce qu'elle avait jusque là jugé trop stupide : Elle se fit la malle avec une grande discrétion et rejoignit sans mal l'orée de la forêt de plantes géantes. Trouver Law et le tirer de ce guêpier au plus vite : voilà quelle était sa mission principale. La requête de Tsuuru ne comptait plus maintenant qu'elle savait son ami d'enfance dans les ennuis.

Miles et Maria étant les plus hauts gradés de l'unité du Rush ils se tenaient devant un petit bataillon de Marines prêts à en démordre. Personne, mais alors personne n'avait le droit de ne serait-ce qu' effleurer un cheveux de leur lieutenant. Pas alors qu'elle s'était toujours donnée un mal de chien à retenir leurs noms, ceux de leurs femmes et enfants et qu'elle avait toujours fait passer leur survie au premier plan quitte à se faire taper sur les doigts par la hiérarchie.

Un an à peine qu'ils naviguaient sous les ordres du lieutenant Pirès mais ils étaient prêts à braver l'impossible pour lui venir en aide. Ils avaient une dette envers cette espèce d'asociale.

Pendant que les troupes du Rush se regroupaient pour rejoindre Green Bit, Sasha entendait les cris des Marines plus vraiment alliés lui hurler de se ramener au plus vite. Elle s'engagea plus profondément dans la forêt pour échapper aux coups de feu dissuasifs. Cette bande de boulets n'était même pas capable d'atteindre leur cible. Fière d'elle la jeune femme entreprit de rejoindre un coin plus reculé de la plage.

Il ne lui restait plus qu'à attendre l'apparition de Law, l'attraper par la peau des fesses et le tirer de la merde dans laquelle il s'était fourré. Un pirate imbécile comme Law devait se repérer de loin.

A l'affut du moindre bruit, du moindre signe du pirate, Sasha avançait en bordure de forêt en prenant soin de rester hors de vue de quiconque. Ses nombreuses tentatives pour échapper à Tsuuru et Smoker semblaient porter leurs fruits. Elle allait se mettre dans une panade sans nom pour les beaux yeux de Law, peut être devait-elle faire ses adieux à Maria.

Non. Elle emmènerai Maria avec elle quitte à risquer sa peau, c'était ce qui était prévu. Mais risquer la vie de Law ?
Comme en échos à ses réflexions elle repensa à sa première rencontre avec Maria.

Sasha était couchée sur son lit, lançant encore et encore une balle pour s'occuper, ça faisait trois mois qu'elle était à la base de la Marine et c'était déjà la cinquième fois qu'on la bouclait dans sa chambre pour insubordination. Punition humiliante puisqu'on la réduisait au rang d'enfant devant toutes les autres recrues. Mais Sasha ne s'en formalisait pas, il était bon de se tourner les pouces quand les autres ciraient littéralement les pompes des officiers.
Par sa fenêtre entre ouverte elle entendit un gradé hurler sur les nouveaux arrivants. Elle reconnaissait la voix de Kajo, ce vieil homme qui n'avait plus ni dents ni cheveux mais qui était incroyablement doué pour mater les nouveaux. Ça avait été lui le créateur de la punition de Sasha.

- Toi, ton nom !

- M... Maria Korpol, m... m... monsieur !

- C'est pas foutue de parler correctement et ça veut devenir Marine ?! Pourquoi t'es pas restée chez toi au lieu de polluer notre institution ?!

Sasha était allé jusqu'à sa fenêtre. Immédiatement elle fut frappée par la beauté de Maria, son visage fin et élégant, ses longs cheveux qui flottaient derrière elle de façon irréelle.

- Réponds, Korpol ! Si t'es pas foutue de répondre rentres chez...

- C'est parce que tu pues trop de la gueule, elle étouffe !

Des centaines de visages, dont celui de Maria s'étaient levés vers elle. Immédiatement Sasha eut envie de se gifler, cette fois c'était au trou qu'elle allait se retrouver.

Pendant quatre jours elle était restée seule dans une des cellules miteuses de la base. Entourée de criminels qui lui faisaient des avances salaces auxquelles elle ne prêtait pas attention. Trois jours pendant lesquelles la seule compagnie qu'elle eut fut une visite de Tsuuru venue la lessiver pour lui remettre les idées en place avant l'intégration de Sasha sous ses ordres.

Fatiguée et endolorie mais propre la jeune Marine avait eu pour but de regagner sa chambre. C'était sans compter sur Maria, dos à un mur qui demandait poliment d'une voix d'oisillon à d'autres recrues de la laisser tranquille. Défendre les faibles n'était pas tellement l'occupation favorite de Sasha, elle ne l'avait fait que pour Law. Les yeux remplis de larmes de Maria la firent réagir.

- Barrez vous les mous du glands, marmonna t-elle.

Quelques cris et baffes plus tard Sasha frottait ses mains contre la chemise de son uniforme d'un air las.

- Allez, magnes toi, avait-elle ordonné à Maria en se dirigeant vers le réfectoire.

- Je... Je ne sais pas comment te remercier.

- T'as qu'à faire mes corvées demain.

C'était à se demander comment elles avaient finies par devenir amies.

Sans doute parce que Maria lui rappelait la jeune fille qu'elle aurait pu être si la vie en avait décidé autrement. Elle avait toujours jalousé son amie pour ça, sa féminité, sa douceur, l'affection qu'elle inspirait aux autres.

Elle tenait à Maria, plus qu'elle ne tenait à la plupart des gens, peut être même plus qu'à sa propre vie.

- Tu frappes vraiment comme une brêle !

- Tais toi ! Un jour je serais plus fort que toi !

- C'est ça, et mon cul c'est du poulet !

Law s'était alors jeté contre elle, les poings serrés, ils étaient tombés, avaient éclaté de rire.

- J'ai gagné, souffla le jeune adolescent.

- Crève charogne ! Hurlait Sasha en se débattant alors qu'il la plaquait au sol dans la neige.

- On fait moi la fière hein ?

Elle battait des jambes, sa jupe se souleva, Law s'éloigna et lui tourna le dos, plus mal à l'aise qu'elle si c'était possible.

- On ne peut plus jouer à ça hein ?

Sans avoir envie de répondre Sasha se serra contre son dos. Dans la neige, réalisant qu'ils n'étaient plus des enfants et se posant chacun des questions sur leur avenir sur ces terres glacées et polluées. Law toussa, serrant sa tête sur sa poitrine Sasha attendit que sa toux se calme. Ce soir elle repartirait en ville voler des médicaments.

- Sasha ?

- Hm ?

- C'est tes seins que je sens ?

Mais elle tenait encore plus à Law. Law qui l'avait abandonnée sans un mot mais avec qui elle avait connu ses plus grandes joies.

Elle prit son escargophone dans la poche de son manteau d'officier. Elle ne disposait que de peu de temps.

- Sasha ! S'exclama Maria en répondant. T'es où ? Qu'est ce que tu fou encore ?

- Désolée de t'inquiéter. J'ai des choses à faire... Je... Je sais que je t'avais promit mais... Enfin tu vois... c'est compliqué.

Sasha n'avait jamais une grande oratrice et les adieux étaient quelque chose de nouveau pour elle, elle n'en avait jamais fait et la seule personne qui aurait du lui dire au revoir ne l'avait jamais fait.

- Nous arrivons sur Green Bit dans peu de temps, la coupa son amie.

Nous ?

- Maria non... Souffla Sasha sans quitter la plage des yeux.

- Hé merdeuse !

Sasha reconnu sans mal Miles, parce que sa voix virile et rauque était reconnaissable entre mille mais surtout parce qu'il était le seul à l'avoir jamais appelée « merdeuse » dans la Marine.

- Miles, rends moi service. Emmène Maria loin d'ici et protège la.

- C'est vrai ce qu'elle à dit ? Que t'allait risquer ta peau pour un pirate ?

- Oui, je suis une traître à la Marine. Pas la peine de venir pour m'arrêter, je vous botterai le cul.

- T'as rien compris hein ? On se pointe pas pour t'arrêter, merdeuse. On vient te soutenir.

- Pas question. Vous restez sur Dressrosa. Issho est sur Green Bit et ça va pas tarder à chauffer ici. C'est mon dernier ordre Miles.

- T'as pas l'air d'avoir compris, rit Miles. On s'en fou de tes ordres, on est des fugitifs maintenant.

Et sans attendre il raccrocha, laissant Sasha au bord de la crise de nerfs. Risquer sa vie pour Law : OK. Risquer la vie de ses hommes dont femmes et enfants attendaient le retour : pas question.

Mais la chance sembla lui sourire en même temps qu'apparaissait son ami d'enfance vêtu d'une étrange façon. Pourquoi se baladait-il torse nu avec une fausse moustache ? Il était con ou quoi ?!

... Pourquoi je sens planer sur moi l'ombre de la mort ?

A bientôt

Elicassidy