Chapitre 16 : Une réconciliation ?

Le chien rouge m'observe les yeux baissés, sur ma petite silhouette de femme à moitié couchée sur lui, totalement immobile attendant une sentence appropriée. Ces yeux bruns normalement détenus d'expression reflètent un certain agacement ainsi qu'une animosité sans limite à mon égard.

- Sakazuki, t'as perdu ta langue ?

- Je n'ai jamais eu confiance en toi depuis que tu es venu à Marineford pour la première fois, contrairement aux autres qui t'ont adopté comme tous les vice-amiraux, grogne Akainu en me fixant dans les yeux.

- Il est timide le coquin, ricane Roussette.

- Couché le chien ! hurle Kim !

Je m'en rappelle comme si c'était hier de cette rencontre inattendue.


Flash-Back

Incroyable ! Je suis en train de me diriger avec un soldat vers le quartier général qui n'est plus qu'à une centaine de mètres devant nous. Je garde un masque neutre malgré mon impatience de rencontrer mes personnages préférés ! J'adore tous les vices amiraux et encore plus les amiraux que je vénère ! Celui qui n'accompagne n'est que colonel mais il est déjà venu ici et connaît dans les moindres recoins la base.

Moi, j'ai déjà atteint le grade de contre-amirale ! Je n'y crois même pas ! En seulement quelques semaines à parcourir les mers et les îles, je me suis battue contre les pirates les plus fous et dangereux, mais aussi contre mes propres camarades masculins aux propos sexistes à mon égard. Mon collègue tourne brusquement à gauche non loin de la grande porte de la base sous mon regard étonné.

- Ne sommes-nous pas attendu à l'intérieur ?

- Négatif, contre-amirale Chesca ! On m'a ordonné de vous emmener directement au terrain d'entraînement où vous attend un nouvel adversaire à votre taille.

- Un autre contre-amiral ? Chouette, je vais pouvoir me défouler sur quelqu'un aussi fort que moi !

Nous marchons depuis une dizaine de minutes quand le terrain d'entraînement apparaît enfin devant nous. Une foule sans précédent entoure le box de combat où un homme à la carrure moyenne se tient fièrement en se vantant de sa prochaine victoire.

- On tient qu'il est relativement fort avec un sens de l'observation extrême ! Qui que ce soit, je vais vous l'écraser en 5 minutes !

Il ? On n'a pas informé ce prétentieux qu'il avait affaire à une femme ? Je m'avance avec le colonel jusqu'au bord de l'arène de sable fin.

- Tu penses me battre en cinq minutes ? Tu dois être diablement fort ! Hâte de me mesurer à toi dans ce cas !

Je parle d'une voix calme et mesurée, et le silence se fait aussitôt dans le public. Je remarque alors trois immenses sièges à mon opposé où sont confortablement assis trois géants : les amiraux ! Je donne ma cape ainsi que mes affaires personnelle au colonel.

- Tu retires ta cape ?

- Oui, celle-ci est toute neuve. L'ancienne était déchirée à force de combat et couverte de sang.

Je passe au-dessus de la barrière de bois et me place face à mon adversaire tandis que je vois du coin de l'œil, les amiraux qui s'interrogent.

- C'est elleeee ?

- Il semblerait, Borsalino, fait Kuzan en se massant les tempes.

- Elle ne semble pas aussi maligne qu'on le dit, s'interroge Akainu les yeux plissés. Elle est trop sûre d'elle.

- Une femme dans les rangs de la Marine ? Tu n'es bonne qu'à être derrière la cuisinière et à satisfaire les besoins primaires des hommes !

Ses propos m'enragent au plus haut point, mais je n'en montre aucune émotion à ce vulgaire individu.

- Si j'en suis ta logique d'homme primitif, je te dis qu'il faut éviter de mettre une femme derrière les fourneaux. Sais-tu pourquoi ?

- Pas encore …

- La femme a facilement accès aux couteaux et autres instruments de cuisine, si tu vois ce que je veux dire …

Le contre-amiral déglutit bruyamment tandis que des sifflements admirateurs m'accompagnent.

- Cette fille a une répartie d'enfer ! fait certains soldats.

- On peut commencer le combat ?

J'attrape avec rapidité mon sabre accroché à ma ceinture et décroche à mon adversaire une attaque qu'il évite avec justesse. Dommage !

- J'attaque en première si tu veux bien ! Je ne fais pas ça par pure galanterie, mais on m'a dit que l'attaquant a une plus forte probabilité de gagner quand il est le premier …

Il me scrute rapidement avant de se reprendre et de m'attaquer à l'aide d'un bazooka sorti de nulle part. Il a mangé le fruit de l'armement ? Je n'ai pas affaire à un petit soldat à l'orgueil élevé mais à un vrai professionnel des armes, cette fois ci. Je dois faire attention. Il tire sa première roquette vers moi que je découpe avec facilité et qui part s'écraser non loin du public.

- En tant que camarade, je te demanderais d'éviter de blesser le public si cela ne te dérange pas …

- Je n'obéirais pas à une femme ! hurle le contre-amiral fou de rage.

Dommage pour lui, mais je maîtrise déjà les deux fluides : observation et armement. Je range mon sabre dans son rangement et me dirige vers lui, les mains rangées dans mes poches.

- Que fait-elle …?

- Elle va se faire tuer par le contre-amiral !

Les soldats qui nous m'entourent sont paniqués par mon brusque changement de comportement, très suspect aux yeux des amiraux.

- Cette gamine possède une aura déjà très développé, remarque Akainu.

- Tu te rends ! Tu n'es qu'une faible dans la Marine ! Adieu !

Il transforme son bras en fusil et le pointe sur ma tête.

[ PAN ]

La balle est partie et je la sens arriver vers moi. Je l'évite avant de prendre une voix monotone.

- Trop lent … !

- AIE !

Je me retourne brusquement pour voir un soldat, le haut de son uniforme blanc taché qu'une couleur rouge. Mes yeux s'écarquillent tandis que l'autre contre-amiral en lâche son arme en bégayant des excuses.

- Je ….

Je réfléchis à une vitesse folle. Continuer le combat, pour laisser mourir un jeune ? Ou abandonner le combat, quitte à perdre mon grade ? Le choix est vite fait … Je cours en direction de la foule et saute gracieusement derrière la barrière, laissant perplexe mon adversaire.

- Tu décides de quitter le combat ?

- Je préfère renoncer à mon grade plutôt que de laisser un innocent soldat mourir !

Je déchire une partie de mon pantalon et commence à l'appliquer sur la blessure grande ouverte au niveau du torse du soldat, à moitié inconscient. Je regarde les hommes qui regardent la scène avec étonnement et leur hurle dessus.

- VOUS ATTENDEZ QUOI POUR ALLER CHERCHER DU SECOURS BANDE DE LARVES !

Des soldats partent en courant vers le quartier général tandis qu'un murmure parcourt la foule.

- Elle a abandonné le combat pour sauver un des notre !

J'ignore le bruit m'entourant quand une voix très particulière vient me frotter gentiment les tympans.

- Paaardooooon ! Nous aimerions paaaaaaassser !

Les amiraux viennent pour me faire la morale ? Qu'ils aillent se faire foutre ! Je vois les docteurs qui arrivent avec leur matériel médical sous le bras. Je m'écarte pour les laisser le soldat à leur soin quand une voix me hurle encore dessus.

- VIENS TE BATTRE SI TU ES UN HOMME !

Je me fige momentanément tandis qu'un vaste blanc remplit le terrain.

Je retourne vers le contre-amiral et passe juste devant les amiraux, qui assistent à la scène, impassibles.

- Courageuuuse cette gamine ! fait le jaune.

Mon ennemi semble content de m'avoir tiqué en m'insultant ainsi … et pourtant il a eu une bien mauvaise idée !

- Premio, je ne suis pas un homme et deuxio …

Je lève les yeux devenu noir de colère, et autant dire que c'est mauvais signe.

- JE NE SUIS PAS FAIBLE !

Je lui tranche sans ménagement le torse avec son épée avec rapidité avant de réapparaître en équilibre sur un poteau de sentence où on attaque un soldat ivre.

- Ne jamais m'énerver, sera la première règle.

Fin Flash-Back


- Prête à sacrifier son poste pour un mousse. Pitoyable !

Je m'éloigne de ce grossier personnage en prenant bien soin de le fusiller du regard avec haine.

- Je vois que tu n'as pas changé ces derniers mois, Akainu-kun.

- Toujours à tutoyer tes ainées, grogne t-il en prenant un cigare.

Je l'attrape brutalement par le col et le place nez à nez avec moi, furieuse.

- Sakazuki, apprend une chose : tu n'es pas mon supérieur ici, juste mon otage ! Je possède entièrement le droit de t'abandonner en pleine mer dans une barque de bois si je le désire !

- Chesca, on ne va pas lui faire ça ! T'es méchante ! Couine Roussette. J'ai galère pour le maîtriser !

- J'avoue ! On le garde ! fait Kim avec une moue

- Je ne faisais que le mettre en garde, miss. Je ne comptais pas le faire, vous êtes bien naïve !

- TA GUEULE !

/SBAAAAAM/ X 2

Je me retrouve à manger le paquet au pied du chien rouge qui regarde avec satisfaction le tableau tout en allumant son cigare.

- Je suis protégé, on dirait, rigole Sakazuki.

Je verse une petite larme en regardant mon amiral préféré qui me tend allégrement ces grands bras où je me réfugie avec un grand bonheur.

- C'est bon d'être aimée !

Une masse atterrit derrière moi, et je vois avec étonnement les deux filles avec un regard qui trompe pas. Je fais tourner mes yeux au noir avant de les menacer.

- Dégagez de là …TOUT DE SUITE !

- Salle débile profonde, crie Kim

- Je crie au scandale moi ! s'exclame Roussette. INJUSTE !

Je soupire devant l'attitude de mes deux folles préférées. Que pourrait-il se passer dans les prochaines heures … j'ai peur de la suite !