Chap32
« Dr House, vous êtes toujours parmi nous? Voulez vous que l'on fasse venir un médecin?
House massait compulsivement son bras droit, tentant d'enrayer la douleur et les battements affolés de son cœur.
C'était une attaque de panique pas un malaise.
Il devait se reprendre au risque de passer pour une mauviette aux yeux des poulets.
« juste un verre d'eau, s'il vous plait répondit il enfin d'une voix rauque.
Et tournez vous, j'ai besoin de prendre ma Vicodine et j'aimerai autant que vous ne me poursuiviez pas après ça -ajouta-t-il avec un faible sourire.
« vous semblez choqué…pourriez vous être le père cet enfant ?
« en aucune mesure!! À moins que la gestation féminine humaine s'apparente soudain à celle des éléphantes…et même dans ce cas, ce serait impossible .Notre dernière fois remonte à plus de deux ans et demi…
« alors Dr House , ami, collègue, amant?
« si seulement je le savais murmura House pour lui-même.
Pouvez vous me libérer maintenant?
« un officier va vous accompagner. Je serai dans le bureau d'accueil au rez de chaussée, passez me voir ensuite SVP.
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Lisa Cuddy gisait sur son lit dans un état comateux. Son bras gauche était en écharpe et sa jambe gauche en traction.
L'impact avait du être violent, la voiture avait sans doute fait un tête à queue.
Bien que très pâle, le visage de Cuddy ne portait aucune trace : ni bleus ni coupures…sauf sur le sommet du crâne, toujours à gauche. Lisa garderait sans doute à vie une fine cicatrice mais les cheveux repousseraient.
House l'observait , troublé par les révélations du policier.
Il était encore trop tôt pour identifier de manière certaine la toxine qui avait altéré le comportement de Cuddy , mais ce qui était arrivé en était la conséquence directe.
Quand Lisa était venue le rejoindre lors de sa dernière nuit à l'hôpital; il avait remarqué combien elle était stressée, fatiguée, proche de l'explosion.
Il s'était dit qu'il faudrait vite la soulager et la prendre en charge avant qu'elle ne craque.
Et puis soudain, elle était devenue distante, agressive et elle l'avait repoussé.
Il avait cru alors que la doyenne reprenait à nouveau le dessus mais à présent il se demandait si elle ne s'était pas dopée aux amphétamines. Peut être était ce tout simplement cela qui la liait au snobinard.
Les gosses de riche attardés de cette trempe étaient des dealers de première main, c'était de notoriété publique mais tout le monde fermait les yeux.
L'esprit de House essayait d'aller plus loin; il touchait du doigt la résolution de l'énigme…il avait vu des choses …mais son esprit était engourdi et n'acceptait pas de passer à l'étape suivante.
Il dressa donc un tableau mental des différentes drogues et de leurs conséquences.
Il élimina la « spéciale K », il fallait la sniffer et les expériences aux confins de la mort n'étaient pas le genre de Cuddy.
Les poppers étaient plus crédibles si l'on incluait Édouard dans l'origine et la prise de toxique. Sniffées, elles provoquent des sensations de chaleur interne et exacerbent la sensualité.
Les risques à long terme: rougeurs, violents maux de tête, vertiges, malaises.
House revit le visage de Cuddy lorsqu'il était passé chez elle.
La crudité de sa sensualité l'avait émoustillé et choqué tout à la fois.
Mais il ne pouvait imaginer Lisa prenant le risque de compromettre sa carrière pour le plaisir de s'envoyer en l'air- même avec le fils du plus riche donateur du P/P…
« idiot -cherche- fais lui confiance- tu la connais depuis plus de vingt ans- ce qu'elle n'a pas fait étudiante pourquoi maintenant?
Soudain House se souvint avoir aperçu sur la table basse dans le bureau de Cuddy deux gobelets en plastique.
Ses bonnes relations avec le « Docteur » Buffer », concierge de son état , allaient peut être l'aider à avancer.
Il donna deux coups de fil: le premier à Buffer et l'autre à Wilson.
Il expliqua rapidement la situation à un Wilson paniqué et le pria de procéder lui-même aux analyses du contenu des gobelets si l'on parvenait à mettre la main dessus.
Les résultats des analyses sanguines de Lisa apporteraient sans doute plus rapidement la réponse mais trouver des résidus de la drogue au p/P permettrait d'identifier le criminel.
C'est alors que la dernière hypothèse se présenta de manière foudroyante à House.
Il en avait repoussé l'éventualité jusque là mais elle était d'évidence.
C'était la plus cruelle, la plus choquante, la plus traumatisante pour Lisa. La violence de sa propre réaction , sa fureur , lui firent comprendre qu'il était prêt à commettre un meurtre.
