Aller, regalez-vous, voilà la suite !
Chapitre XXI
La deuxième semaine de mai, Hermione, dont Shrapnell occupait toujours l'esprit, se mit en tête de la suivre et de faire des recherches sur elle. Elle était persuadée que la jeune femme aux yeux jaunes et à la tresse africaine cachait quelque chose mais elle était bien loin de se douter de ce qu'était ce secret.
Un dimanche, alors que bon nombre d'élèves étaient à Pré-au-Lard, Hermione, qui avait lâché les garçons un peu plus tôt prétextant des devoirs à finir, remontait tranquillement au château en compagnie d'autres élèves.
En passant la haute grille du château, elle se figea et se tourna sur la gauche, vers le lac. Elle vit alors deux silhouettes, une noire et haute et une beige plus petite, marcher côte à côte en se dirigeant vers le château. C'était Rogue et Shrapnell.
« Encore ensembles, ces deux-là ? » se dit la brunette en fronçant les sourcils.
Soudain, une lumière se fit dans son esprit et elle décida de suivre discrètement ceux qu'elle venait à l'instant même de designer comme amants.
Hermione suivait Rogue et Shrapnell depuis maintenant une demi-heure et les deux adultes semblaient ne jamais avoir envie de s'arrêter. Ils marchaient, marchaient, le long des couloirs, des coursives, montant et descendant maints escaliers, sans pour autant cesser de discuter.
Accrochée au bras du grand homme aux longs cheveux noirs, Shrapnell avait tout l'air de la femme amoureuse mais Rogue, de son côté, faisait plutôt penser à quelqu'un qui a envie de fuir au plus vite.
Enroulée dans sa cape noire, brodée du blason de Gryffondor, Hermione se cacha derrière une statue quand Shrapnell s'éloigna de Rogue et alla s'appuyer à la rambarde du balcon devant elle. Elle respira longuement l'air frais entrant par la grande ouverture seulement protégée des intempéries par un long avant-toit, puis elle se tourna et s'adossa à la rambarde de pierre. Rogue fit deux pas vers elle et la jeune femme lui sourit en levant la tête vers lui.
L'homme faisait bien une tête de plus que la jeune femme, mais cela ne semblait aucunement les déranger.
Prenant la main de sa compagne, Rogue l'attira à lui et Shrapnell se blottit dans les plis du large manteau noir de velours en disant :
> Severus, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de me dire le fond de votre cœur ?
> Je ne sais pas, répondit l'homme en la repoussant et en allant s'appuyer contre la rambarde. Je pense que c'est en voyant Potter et Malefoy blessés par leur séparation brutale qui m'a décidé à vous avouer les sentiments que j'ai pour vous, Syzran. Je vous avoue que j'y ai réfléchit plus d'une fois avant de me lancer. J'avais, quelque part, peur de votre réaction.
> Il est vrai que j'aurais pu mal réagir, dit Shrapnell. Si je ne vous avais pas aimé en retour, ce qui n'est pas le cas.
Rogue eut un petit sourire qui ne réchauffa cependant pas ses yeux noirs mais la jeune femme sembla s'en accommoder car elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un léger baiser sur la joue hâve de son compagnon.
Depuis sa cachette, Hermione ne pouvait entendre ce qu'ils se disaient, mais, lorsque que Shrapnell embrassa Rogue, un haut-le-cœur lui souleva l'estomac et elle grimaça. Shrapnell devait vraiment avoir de drôle de goût pour s'être amourachée d'un tel homme.
Trouvant qu'elle en savait à présent suffisamment, Hermione recula discrètement, le dos au mur et fila ensuite ventre à terre jusqu'à la Tour de Gryffondor où elle se mit au devoir d'attendre Harry et Ron pour leur faire part de sa découverte.
Les deux garçons ne mirent pas longtemps à rentrer à la Tour de Gryffondor et Hermione dû faire des pieds et de mains pour que Harry reste un moment, mais celui-ci avait trop envie de rejoindre Malefoy pour rester à la Tour de Gryffondor. Cependant, quand le nom de Rogue vint sur le tapis, le brun ne put s'empêcher de tendre l'oreille et Hermione leur raconta ce qu'elle avait surprit entre Shrapnell et Rogue.
> Tu es certaine ? demanda Ron.
> Absolument, dit la brunette en croisant les bras. J'ai encore du mal à y croire mais il n'y a aucun doute. J'ai pas mal réfléchit depuis nos ASPICs blancs et je suis de plus ne plus convaincue que ça dure depuis plusieurs semaines entre eux.
> Tu es vraiment certaine de ce que tu avance ? demanda Harry. Si c'est faux, c'est une grave accusation, tu sais ? Ils peuvent se faire renvoyer tous les deux.
> Je sais, dit Hermione. C'est pourquoi je voulais vous en parler. Enfin, surtout à toi, Harry. Tu connais bien Miss Shrapnell, tu pourrais lui parler…
> Ha non ! dit Harry. Sûrement pas. Ce n'est pas ma copine, cette femme. C'était un Mangemort, elle ne l'est plus maintenant, elle redevient donc une femme comme une autre et notre professeur. Elle va penser que je veux fourrer mon nez dans ses affaires et elle risque de ne pas apprécier.
> Mais Harry…
> Non, Hermione, dit le brun. Il en est hors de question. J'ai mon propre couple à gérer, je ne vais pas encore fourrer mon nez dans les affaires sentimentales de deux de mes professeurs, cela ne se fait pas. Libre à toi de les suivre, de les pister ou je ne sais quoi, mais moi, je ne trempe pas dans ta combine.
> Harry…
> Hermione…
> Bon ça va, d'accord, j'abandonne, dit la brunette en soupirant. A l'occasion, essaie d'en parler avec elle. Aller, à plus tard !
Et la jeune fille disparut dans son dortoir.
> Hermione !
Harry trépigna alors et Ron se mit à rire.
> Je déteste quand elle fait ça, dit le brun. Elle nous mène par le bout du nez, Ron, elle nous fait faire ce qu'elle veut.
> Et on ne peut rien lui refuser, dit Ron en souriant.
> Hélas…
Le Gryffondor soupira ensuite puis rejoignit Drago chez eux.
> Bonsoir mon amour, dit-il en l'embrassant furtivement tout en posant son sac sur la table. Ça va ?
> Très bien, et toi ?
Harry hocha la tête puis demanda :
> Tu es là depuis longtemps ?
> Depuis la fin des exams, dit le blond. Je suis crevé. Et dire que demain, on en a encore…
> Des exams ? Hélas…
Harry s'assit à côté de Drago qui passa son bras autour de ses épaules en disant :
> Cette nuit, tu t'es surpassé, mon amour. C'était génial…
Harry rougit légèrement puis le Serpentard l'embrassa sur la tempe en souriant. Il se leva ensuite et prépara du thé, histoire de se réchauffer un peu.
Quand l'heure du dîner vint, ils allèrent dans la Grande Salle avec tout le monde et Harry fut entonné de ne pas voir Shrapnell à la table des professeurs. Rogue était là, il discutait comme si de rien n'était avec Flitwick, mais la place entre McGonagall et Flitwick était vide. Il y avait des couverts en face mais personne sur la chaise.
> Tu as vu, Mione ? dit le Gryffondor. Shrapnell n'est pas là… Pourtant, tu l'a vue tout à l'heure, non ?
La brunette regarda en direction de la table des professeurs et soudain, elle plongea dans son assiette et Harry regarda de nouveau vers les professeurs. Il vit que Rogue pointait son regard froid vers eux et l'homme, remarquant que Harry le regardait, détourna la tête et reprit sa discussion avec Flitwick.
Après le dîner, Harry et Malefoy allèrent faire un tour dans le parc, histoire de prendre l'air et ils retournèrent au château sur les coups de neuf heures.
Alors que Harry poussait la lourde porte d'entrée pour rentrer, les grilles de l'entrée du domaine grincèrent et un carrosse s'annonça. Le Serpentard et le Gryffondor se retournèrent et ils virent un carrosse taxi s'arrêter devant le perron. Shrapnell en descendit, toute vêtue de noir des pieds à la tête, et lorsqu'elle vit les deux garçons debout près de la porte, elle fit mine de ne rien avoir fait.
> Que faites-vous dehors tous les deux à cette heure-ci ? Vous devriez être dans votre dortoir depuis longtemps… Aller, rentrez vite, vous allez tomber malade, il fait un froid de canard.
Elle passa alors entre Harry et Drago, et rentra. Le Gryffondor regarda son compagnon qui hocha la tête, puis soudain, Harry lui prit la main et l'entraîna dans le sillage de leur professeur de DCFM.
Ils la suivirent en silence jusqu'à ses appartements et, pensant qu'elle allait rentrer tranquillement se coucher, ils s'apprêtèrent à aller en faire autant quand des bruits de pas se firent entendre.
Se cachant dans un renfoncement du mur, ils virent Rogue passer devant eux et se diriger aussitôt sur Shrapnell.
> Severus, dit la jeune femme dont on sentait le sourire dans la voix.
> Alors ? demanda Rogue sans autre préambule. Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? C'était bien long…
> Je suis désolée de vous avoir fait attendre si longtemps, dit Shrapnell. Mais les Mages sont très durs à voir… Surtout pour les gens de ma race…
> De sa race ? dit Harry à voix basse à Drago.
Celui-ci posa un doigt sur la bouche de son amant et ils tendirent l'oreille vers les deux professeurs.
> Mais vous avez réussit à avoir une audience avec l'un d'eux ? demanda Rogue.
> Oui, dit Shrapnell.
> Alors ?
Silence de la part de Shrapnell. Un soupir de Rogue se fit alors entendre puis des pas et il dit :
> Syzran… Qu'allons-nous faire ? Je n'ai aucune envie d'être renvoyé…
> Ni moi, dit la jeune femme. Mais nous ne craignons rien, Severus, dit Shrapnell. J'en suis à deux mois, il me reste encore plus de quatre mois avant que cela se voie…
Drago regarda Harry et ils froncèrent tous deux les sourcils. Shrapnell reprit :
> Ma race est pratique pour cela, dit-elle avec un sourire. Chez nous autres Dramains, les grossesses ne se voient pas avant le sixième mois et comme nous portons nos enfants pendant plus d'un an…
> Peut-être, dit Rogue. Mais je ne suis pas rassuré pour autant.
> Moi non plus, dit Shrapnell. Mais venez, allons à l'intérieur, il pourrait y avoir des oreilles qui traînent dans les couloirs.
La porte des appartements de Shrapnell se fit alors entendre puis le verrou se referma et Harry soupira en sortant de sa cachette après avoir vérifié qu'il n'y avait personne dans le couloir. Drago le rejoignit.
> Ca alors, dit-il. Qui aurait cru ?
> Pas moi en tous cas, dit Harry. Shrapnell et Rogue ensemble, c'est…
> Inconcevable.
> Hein ?
> Shrapnell n'est pas humaine, dit Drago. Elle vient de le dire à l'instant. C'est une Dramains…
> Une Dramains ? C'est quoi cette race au fait ?
> Tu devrais lire plus souvent, Harry, dit le blond en lui prenant le bras. Les Dramains sont des humains qui ont été croisés avec des Dragons, il y a de cela des milliers d'années. « Dra » pour Dragon et « mains » pour Humains. Les scientifiques sorciers de l'époque ont eut un jour l'idée d'introduire un embryon humain dans un oeuf de Dragon. La Dragonne a couvé cet oeuf modifié et l'être qui est né de cette fusion était un petit humain peu différent des autres mis à part son crâne en pointe, ses pupilles fendues comme celles des chats et de multiples plaques d'écailles sur tout le corps.
> Des écailles ? Comme les Dragons ?
> Oui, dit Drago. J'ai compris que Shrapnel n'était pas humaine en voyant ses yeux à la rentrée. Et le fait qu'elle porte toujours cette tresse m'a interpellé. J'ai fait des recherches et voilà où j'en suis arrivé. Elle vient de confirmer mes doutes. Les Dramains femelles ont les yeux jaunes, les mâles ont les yeux violets. Ils ont tous cette irrégularité sur le crâne, irrégularité écailleuse. C'est un reste de la crête qu'avaient les embryons de Dragon dont se sont servis les scientifiques de l'époque.
> Tu veux dire que Shrapnell est à moitié Dragon ?
Drago hocha la tête et Harry resta silencieux.
Ils parvinrent à leur appartement et s'y enfermèrent. Ils ne reparlèrent plus des origines de leur professeur de DCFM mais ils s'étalèrent des heures durant sur sa relation avec Rogue. Quand ils allèrent se coucher, des millions de questions sans réponse trottaient dans leurs têtes.
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Le mois de mai s'écoula si lentement que les élèves crurent devenir dingues. En plus, le temps semblait d'humeur joueuse et étalait ses nuages aussi bien que son soleil le plus irrégulièrement possible, si bien qu'un matin il faisait un froid de canard et que deux heures plus tard, on se serait cru au mois d'août.
> Arrête de bougonner dans ton coin, chéri, tu m'agace. Qu'est-ce que tu cherche au juste depuis une demi-heure ?
Drago leva le nez de son livre et regarda Harry, son compagnon officiel, son fiancé même, depuis quatre mois tout juste.
> Je suis désolé, Dray, mais avec ce temps pourri, on ne sait pas comment s'habiller… répondit le brun en sortant une chemise de la penderie. Ça ?
> Si tu veux et tu mets un sweater par-dessus comme ça, si tu as trop chaud dans la journée tu pourras poser ton pull, dit le blond en retournant à son livre.
Il était neuf heures en ce lundi matin, le premier du mois de juin. Les cours allaient bientôt commencer et Harry était encore en caleçon à se chercher des vêtements alors que Drago lui, était habillé et prêt à partir. Il tuait simplement le temps en lisant quelques pages, histoire de ne pas planter son petit-ami au milieu de ses vêtements.
L'horloge au-dessus de la cheminée sonna soudain et Drago ferma son livre. Il prit son sac et sa cape et se dirigea vers la chambre. A son grand bonheur, son compagnon avait enfin trouvé de quoi s'habiller et il était en train de fermer son pantalon tout en enfilant ses chaussures.
Souriant, Drago posa son sac et sa cape sur le lit, prit la chemise rouge du brun et l'aida à la passer. Il la lui ferma ensuite et Harry en profita pour lui voler un baiser en guise de merci.
Pendant les deux heures de Défense qu'ils eurent ensuite ensemble, ils ne cessèrent de regarder, malgré eux, le professeur Shrapnell qui dictait son cours comme si de rien n'était. Seulement, il n'en était rien. Elle avait bien remarqué depuis trois semaines, les coups d'œils des deux garçons et elle en avait même fait part à Rogue qui n'avait vu là rien d'anormal, simplement deux garçons curieux.
> Severus, je suis certaine qu'ils se doutent de quelque chose… dit-elle à l'interclasse de dix heures ce jour-là en entrant dans la Salle des Professeurs.
> Mais de quoi ? demanda Rogue en soupirant.
Il posa sa plume puis demanda :
> De quoi veux-tu qu'ils se doutent ? Ton ventre est à peine visible et tes robes cachent toute forme de ton corps…
> Tu crois ? demanda la jeune femme sur un ton un peu boudeur. Je pense qu'on devrait le leur dire, au moins à eux deux…
> Et pourquoi pas à toute l'école, pendant que tu y es ? Nous risquons notre boulot, Syzran. Si nous faisons virer, qui va s'occuper de cet enfant ? Je ne pourrais pas retrouver du travail parce que j'ai un blanc de plusieurs années dans mon CV et toi non plus du fait de tes origines. Il n'y a qu'ici que nous ne sommes que des êtres normaux sans passé. Dumbledore…
> Dumbledore devrait savoir que je suis enceinte, dit alors Syzran. Nous sommes ses employés et ses amis, ce serait la moindre des choses…
Rogue regarda sa compagne, pinça les lèvres puis haussa les épaules.
> Tu fais ce que tu veux, dit-il en reprenant sa plume.
> Oh arrête, je t'en prie, dit alors Shrapnell. Je déteste quand tu fais ça…
> Ça quoi ?
> Quand tu hausse les épaules et que tu me dis de choisir. Aide-moi un peu…
La porte s'ouvrit au même moment et MCGonagall apparut, suivie par Sinistra et Bibine, toutes trois occupées à parler chiffon avec enthousiasme.
Shrapnell se tut instantanément et alla s'asseoir près de la cheminée. Son regard jaune se perdit dans les flammes et elle se mura dans un silence qui fit soupirer Rogue.
A midi, Harry déjeuna avec les Gryffondors, Rogue ayant convié Drago à déjeuner avec lui dans son bureau…. Le Gryffondor ne tarda pas à demander à son compagnon la raison de ce déjeuner en tête-à-tête lorsqu'ils se retrouverent chez eux avant les cours de l'après-midi.
> Il voulait me parler de mon père, dit le blond en posant son sac sur la tabledu salon. Il a reçu une lettre de lui qui disait qu'il se rendait en Amérique avec ma mère pour quelques jours et que Rogue devenait mon tuteur légal au cas où.
> Au cas où ? répéta Harry en haussant les sourcils. C'est si dangereux que cela d'aller en Amérique ?
> Non mais bon, c'est mon père, dit Malefoy avec un sourire. Je suis son fils unique et je vais me marier avec un homme, il ne veut pas me perdre si jamais il lui arrive quelque chose.
> Mais il ne lui arrivera rien, assura Harry. Ton père se fait toujours un sang d'encre même quand c'est inutile.
> Je suis d'accord, dit le Serpentard. Mais il a toujours sa marque et s'il se fait arrêter, il est bon pour Azkaban…
Harry fit une grimace puis il dit :
> Je le ferais libérer s'il est prit. J'imagine qu'à l'heure qu'il est, le fait que j'ai été l'amant du Lord a fait le tour de l'Angleterre et le fait que j'ai été passé un temps ce Lord aussi.
Malefoy fit une grimace à son tour et Harry s'excusa pour avoir parlé de Voldemort, puis il dit :
> Et c'est tout ce dont Rogue voulait te parler ?
> Bah ? Oui… Pourquoi ?
> Il ne t'a rien au sujet de Shrapnell ?
Malefoy abaissa les coins de sa bouche en secouant la tête puis il entoura le Gryffondor de ses bras en disant :
> Et puis, même s'il m'en avait parlé, ce n'est pas notre affaire, mon chéri. Cela ne regarde que lui et le professeur Shrapnell, tu ne crois pas ? Nous sommes des élèves, leurs élèves, et nous avons notre propre couple à gérer. Rogue est assez grand pour se débrouiller tout seul, non ?
Harry sourit puis il embrassa son compagnon qui s'assit dans le sofa et l'attira à lui. Harry s'installa à cheval sur le blond et l'embrassa mais se dégagea rapidement en disant :
> Pas le temps, mon cœur… Ce soir.
Malefoy croisa les bras en grognant et Harry alla dans la chambre chercher ses affaires pour les cours de l'après-midi.
> Fais pas la tête, dit le Gryffondor en revenant avec une pile de livres dans les bras. Je dois aller en soutient de Divination dans cinq minutes, on n'a pas le temps…
> Bon, d'accord, dit le Serpentard en décroisant les bras. Mais ce soir, t'a intérêt à te surpasser, ok ?
Harry sourit puis il embrassa son compagnon avant de filer ventre à terre jusqu'à la Tour de Divination pour passer une heure dans les senteurs lourdes et les lumières sombres de la salle de classe de Trelawney.
En montant à l'échelle qui permettait d'accéder à la salle de classe, il se demanda pourquoi il avait accepté ce cours de soutient alors qu'il était nul en Divination et que les BUSEs blancs allaient être passés le lendemain, mais il y alla quand même bon gré mal gré et fut accueillit par Trelawney, enroulée dans ses sempiternelles châles et colliers en tous genres. Ses grosses lunettes la faisaient ressembler à un scarabée et sa coiffure à la hippie lui donnait un air négligé, mais Harry avait l'habitude.
Ce faux cour se passa très bien, Trelawney n'essaya pas de prédire l'avenir à Harry, celui-ci lui ayant défendu de le faire, et elle entreprit de lui apprendre à comprendre et à décrypter les volutes de fumée dans les Boules de Cristal. Harry parvint, au prix d'un gros effort mental, à discerner une seule chose qui ne l'aida en rien, mais il compris les principes de base.
A une heure, quand la cloche sonna, il eut tout juste le temps de descendre de la tour et de rejoindre sa classe dans la Serre N°3.
> Désolé, souffla Harry en fermant la porte de la serrer juste derrière lui alors que Chourave venait de la fermer après être passée.
> Vous avez de la chance, Potter, une minute de plus et vous perdiez dix points, grogna Chourave.
Harry lui sourit puis il se glissa entre Ron et Hermione et la classe commença.
Elle se termina deux heures plus tard et Ron sortit de la serre en grommelant, un mouchoir plaqué sur sa joue.
> Elle aurait pu t'atteindre ailleurs, dit Seamus en cavalant à côté de Ron qui semblait furieux.
Harry regarda son bras où il pressait également un mouchoir, et Hermione dit :
> Tu devrais aller à l'Infirmerie…
> Non, non, dit Harry. Ça va se soigner tout seul. Regarde…
Il retira le pansement tâché de sang, et Hermione pu voir l'éraflure verdâtre devenir rouge puis se refermer. Harry sourit en passant son index sur la fine cicatrice rose, puis il dit :
> Ça a des avantages d'avoir été l'amant de Lord Voldemort…
> Tu as gardé son pouvoir de régénération ? demanda Hermione.
> Non, dit Harry. C'est… comment dire… un cadeau pour ma… docilité.
> Oh !
Hermione rougit alors puis elle détourna le regard et Harry, gêné, dit :
> Désolé, je n'avais pas d'autre mot… Allons voir Ron.
Et il s'éloigna. Hermione le suivit, et ils passèrent rapidement à l'Infirmerie prendre un mot pour le professeur Shrapnell comme quoi Ron se faisait soigner suite à une blessure due à une Tentacula Vénéneuse qui s'était infectée.
> Très bien, dit Shrapnell en posant le mot signé de la main de Pomfresh sur son bureau. Allez vous asseoir et commençons. Aujourd'hui, nous allons parler des Sortilèges Impardonnables, même s'il n'y a plus lieu d'apprendre à se défendre contre eux, vous devez savoir comment, à défaut de les éviter, au moins comprendre comment ils fonctionnent.
En disant cela, son regard de chat se posa sur Harry et il détourna les yeux pour ne pas rougir. Il n'aimait pas quand cette femme le regardait, surtout maintenant qu'il savait ce qu'elle était.
Assit à sa droite, Malefoy posa une main sur la sienne et Harry le regarda. Il lui sourit puis reporta son attention sur le cours même s'il savait déjà ce qu'il y avait à savoir sur ce type de sortilèges.
A la fin des deux heures, les élèves eurent droit à une petite recréation express avant le cours de Sortilèges où les Gryffondors étaient encoreavec les Serpentards. Ils révisèrent quelques sortilèges de base en discutant de tout et de rien, et, alors qu'il faisait léviter un vase, Harry chuchota à Malefoy :
> Chéri, cette histoire avec Shrapnell me dérange…
> Oh écoute… soupira Malefoy en faisant voler des coussins afin de réviser le Waddiwasi
> Je sais, dit Harry. Mais j'ai envie d'aller lui parler…
> T'es pas fou, non ?
> Mais ?
> Si tu parle à Shrapnell, Rogue va te tomber dessus et te demander comme tu sais ce que tu sais et j'ai pas envie d'avoir des ennuis en étant si près de la fin de l'année.
Harry pinça les lèvres puis il posa son vase et s'assit. Malefoy haussa un sourcil, envoya un dernier coussin contre le mur au fond de la classe, puis il s'assit près de Harry et posa une main sur son dos disant :
> Ecoute, tu ne va pas me faire la tête pour ça, si ?
> Dray, dit Harry. Cette femme n'est pas humaine…
> Et alors ? dit le Serpentard. Qu'est-ce que ça peut faire ? Tu n'es pas son père… Elle est grande, elle doit avoir dans les trente-cinq piges, elle fait ce qu'elle veut. En plus, si je me rappelle bien, tu l'as libérée de son serment de Mangemorte… Tu n'a donc plus le droit de t'immiscer dans sa vie comme dans celle de Rogue.
Harry crispa les mâchoires puis il soupira et finit par céder.
> Très bien, t'a gagné, je laisse tomber.
> A la bonne heure, dit Malefoy en se redressant. Aller, reprenons nos révisions.
> Hé ! dit Harry.
> Mhm ?
> Un petit bisou pour me remonter le moral ?
Malefoy laissa tomber ses épaules en levant les yeux au ciel. Harry sourit puis le blond l'embrassa avant de reprendre là où il en était.
A la fin des cours, Harry et Hermione allèrent voir Ron à l'Infirmerie et il put retourner à Gryffondor avec eux, nanti d'un beau pansement sur la joue.
> Elle a enlevé le poison ? demanda Hermione en approchant son index du pansement.
Elle l'effleura et Ron gémit.
> Touche pas, s'il te plait, ça me fait un mal de chien, elle m'a littéralement charcuté… Oui, elle a enlevé le poison, mais elle l'a fait à la méthode Moldue, je sais pas pourquoi…
Hermione hocha la tête puis ils allèrent tous les trois à Gryffondor et Harry les quitta devant le tableau de la Grosse Dame pour s'en retourner chez lui.
A son étonnement, il trouva l'appartement tout éteint et pas de trace de Malefoy, ni dans la salle de bains, ni dans la chambre. Harry estima qu'il devait être retenu quelque part avec ses amis, et il se mit à ses devoirs avant le dîner, ayant prévu autre chose pour après…
Malefoy ne se montra pas avant le dîner et Harry finit par se résigner à aller dîner dans la Grande Salle. Hermione ne manqua pas de le questionner.
> Je ne sais pas, dit Harry en se servant du ragoût fumant. Il n'est pas rentré depuis le cours de Sortilèges.
> Et il n'est pas à la table des Serpentards, dit Ron, assit en face de Harry. Il n'y a que Blaise et Pansy qui n'ont pas l'air de s'étonner qu'il ne soit pas là.
> Ils pensent peut-être qu'on dîne ensemble chez nous, dit Harry.
> Et tu ne t'inquiète pas plus que ça ? demanda Ginny assise à sa droite.
Harry la regarda en haussant un sourcil puis la rouquine ajouta :
> Il lui est peut-être arrivé quelque chose…
> Quoi donc ? demanda Harry. Il sait se défendre et je ne vois pas qui pourrait lui en vouloir dans le château…
> Hé bien… dit Ginny.
Elle déplia les doigts de sa main gauche et dit en les repliant un par un :
> Des centaines de filles jalouses… – elle plia son index – autant de mecs – elle plia son majeur – …
> Ça va, dit alors Harry en posant sa serviette de table à côté de son assiette. Je vais le chercher.
Ginny sourit puis Harry se leva et quitta la table des Gryffondors dans l'indifférence générale, tout du moins le croyait-il car, à la Table des Professeurs, Dumbledore le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il ne fut plus visible.
> Où va donc notre petitLord ? demanda-t-il sur un ton légèrement ironique à McGonagall.
> Qui ?
> Harry, dit Dumbledore en levant les yeux au ciel.
McGonagall regarda à la table des Gryffondors et vit que la place du brun était vide mais que son assiette était pleine. Elle tourna ensuite la tête à gauche et longea la table des Serpentards.
> Monsieur Malefoy n'est pas là, fit-elle remarquer. Et son assiette et vide…
Dumbledore fronça les sourcils puis il agita sa baguette vers Rogue qui leva les yeux vers lui ayant sentit comme un vent froid le traverser. Il regarda un instant Dumbledore puis hocha la tête et quitta la table discrètement.
Shrapnell, assise à l'autre bout de la table, entre Bibine et Vector, regarda son compagnon s'en aller en se glissent par une porte dérobée cachée par la masse imposante de Hagrid. Elle jeta un coup d'œil à Dumbledore, la barbe rejetée sur l'épaule, continuait de manger son poisson pané comme si de rien n'était.
Harry se rendit directement chez eux mais n'y trouva personne. Il fit les salles de classe des cours qu'ils avaient eut en commun l'après-midi, demanda au Moine Gras s'il ne l'avait pas vu, mais Malefoy n'était visible nulle part.
Soudain, des pas se firent entendre dans le dos du Gryffondor qui se retourna vivement.
> Dra… Professeur Rogue… acheva-t-il, visiblement déçu.
> Quel accueil, railla Rogue en croisant les bras. Que faites-vous dans les couloirs alors que tout le monde dîne ?
> Je cherche mon mari, dit Harry sans se démonter, en croisant les bras.
> Votre mari, voyez-vous ça…
> Au lieu d'être aussi antipathique, aidez-moi plutôt à le chercher car j'ignore où il est passé. Je ne l'ai pas vu depuis la fin des cours.
Rogue pinça les lèvres quand Harry s'éloigna puis il finit par le suivre et demanda :
> Vous êtes allé voir à Serpentard ?
> Comment le puis-je ? demanda Harry. Je n'ai pas le mot de passe pour entrer.
> Moi si, dit Rogue.
> Alors allez-y, je vais voir en haut de la Tour d'Astronomie, il aime bien aller là-bas quand quelque chose ne va pas…
Rogue hocha la tête puis Harry s'éloigna en direction de la Tour d'Astronomie. Rogue, lui prit, la direction des donjons de Serpentard et il pénétra dans la Salle Commune aux tons de vert et argent en appelant Malefoy :
> Drago, vous êtes là ?
Pas de réponse. Il descendit dans les dortoirs des garçons, entra dans ceux des septièmes années et s'arrêta sur le seuil.
> Drago ?
La forme sur le lit du blond remua et se tourna vers le visiteur.
> Professeur Rogue, dit la voix faiblie de Malefoy. Laissez-moi tranquille…
Rogue fronça les sourcils. Il s'approcha du lit et Drago fut soudain prit d'une quinte de toux à s'en arracher les bronches.
> Drago, qu'avez-vous ? demanda Rogue en contournant le lit pour faire face à son élève préféré. Qu'est-ce que cette toux si déplaisante ?
Pour toute réponse, Malefoy se remit à tousser et Rogue tira sa baguette magique et il la pointe sur le torse du blond qui soupira.
> Ceci devrait vous permettre de me répondre, dit l'homme sombre en rangeant sa baguette.
Malefoy se tourna alors sur le dos et Rogue reposa sa question.
> Je ne sais pas, professeur, dit Malefoy. Ça m'a prit comme ça, un peu après les cours alors que je venais voir Blaise et Pansy ici… Je n'ai pas arrêté de tousser depuis…
Il montra alors le mouchoir qu'il tenait dans une main et Rogue fronça les sourcils en y voyant des traces de sang.
> Vous crachez du sang ?
Malefoy hocha la tête. Rogue lui prit alors le bras et l'obligea à se lever en disant :
> Venez, allons chez vous, vous y serez mieux que dans ce donjon humide…
Malefoy se leva maladroitement et trébucha. Il s'accrocha à Rogue qui le serra dans ses bras en disant :
> Par Merlin, qu'avez-vous donc, vous semblez complètement apathique… Monsieur Potter vous cherche partout de plus…
> Harry, dit Malefoy. Je l'ai complètement oublié… Professeur, quelle heure est-il ?
> Vingt heures trente, Drago, dit Rogue. Aller, venez, vous pouvez marcher ?
Malefoy assura ses jambes puis hocha la tête et, accroché à Rogue, il remonta dans la Salle Commune puis en sortit. Harry arrivait à ce moment là dans le couloir.
> Dray ! s'exclama-t-il en voyant son fiancé accroché à Rogue comme si sa vie en dépendait.
Il se précipita sur lui, passa un bras sur sa nuque et interrogea Rogue du regard. Celui-ci répondit :
> Il a été prit d'une quinte de toux très rauque, à ce que j'ai pu entendre, qui lui fait cracher du sang. J'ignore ce que c'est. Vous devriez l'accompagner à l'Infirmerie, je vais chercher Pomfresh et prévenir Dumbledore.
Harry hocha la tête et soutint le blond jusqu'à l'Infirmerie. Là, il le déposa sur un lit et rabattit les couvertures sur lui.
> Mais qu'est-ce que tu me fais, mon amour ? demanda-t-il en lui caressant le front.
Malefoy le regarda puis lui sourit faiblement et fronça les sourcils. Il plaqua aussitôt ses mains contre sa bouche et se mit à tousser. Harry eut mal pour lui.
Dix minutes plus tard, Pomfresh était de retour dans son « QG » et elle chassa Harry dans le couloir malgré ses protestations.
La lourde porte de l'Infirmerie se referma sur une quinte de toux de Malefoy et Harry s'effondra, dos au mur en face de la porte, soudain envahit par l'inquiétude.
La maladie de Malefoy s'avéra de pas être grave ni contagieuse, heureusement, car cela permit à Harry de passer toutes ses soirées avec son fiancé, à défaut des journées et des nuits.
Le blond passa une semaine à l'Infirmerie et cru devenir dingue. Couché toute la journée, et malgré le fait d'être servit comme un prince par Harry et Pomfresh qui accouraient à ses moindres désirs, il devint rapidement insupportable, si bien que Pomfresh le renvoya chez lui le dimanche soir de la troisième semaine, même s'il n'était encore guérit.
> Je suis désolé, Dray, mais même malade, tu dois faire tes devoirs, dit Harry en déposant des livres sur les genoux du blond qui était affalé dans un des confortables fauteuils qui meublaient leur salon. C'est notre dernière année ici, il est hors de question que l'un de nous deux la rate, ok ? Les exams, c'est la semaine prochaine alors on s'y met, ok ?
> Ok, ok… marmonna Malefoy, emmitouflé dans une couverture aux couleurs de Serpentard. Mais pas longtemps, j'ai mal à la tête.
> La bonne excuse, dit Harry. Je viens de t'apporter tes médicaments alors hein, pas de cinéma, c'est bon pour les enfants, d'ac ?
Malefoy pinça les lèvres. Décidément, Harry n'avait vraiment pas la mémoire trouée. Il se souvenait de tout ce qui se passait autour de lui et s'en devenait presque agaçant.
> Aller, au boulot, dit alors le Gryffondor en prenant un livre dans son sac.
Il l'ouvrit et alla s'asseoir entre Drago et l'accoudoir du fauteuil où le blond était installé. Ils étaient un peu à l'étroit mais ce n'était pas grave. Ils se mirent ensuite à travailler en silence.
