Disclaimer et Avertissement : CF Chapitre 1

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Merci à Mistycal, ma Bêta. Bon courage ma grande! Voir ses fics !

La majorité des réponses m'ayant laissé libre choix, j'ai finalement décidé de mettre à jour le mardi

...

Voldemort Et Salazar 2/2

Acte 5 : Où Les Secrets De Draco Sont Révélés

Ron

Voilà, les présentations officielles sont faites avec Draco Malfoy.

Je sais que Harry tient beaucoup à son amitié et, d'après les lettres que j'ai pu lire, je sais aussi que ce n'est pas un mauvais gars dans le fond, mais c'est plus fort que moi, je ne peux pas me détendre complètement.

Pas quand Harry va mal.

Pas quand ma famille est en danger.

Le silence qui s'est installé, est cependant moins troublé d'un côté comme de l'autre …

Je ne me sens pas non plus gêné de tenir Harry dans mes bras devant lui. Lui qui utilisait le mot « tapette » avec tant de dédain il y a moins d'une semaine, ne semble pas du tout embarrassé, ni choqué par notre proximité à Harry et moi…

Je me demande comment Harry est venu à lui en parler et comment il a pris la chose à ce moment là…

Il faudra que je leur pose la question plus tard…

Pour l'instant, il faut que ce soit Harry qui parle…

Je sens bien qu'il n'en a pas trop envie, que cela est tôt pour lui de le faire, qu'il est vraiment choqué par ce qu'il a entendu, mais il faut qu'il en parle maintenant…

Et c'est à moi de l'encourager à le faire, même si cela ne me plait guère…

Mais d'abord, nous devons nous installer plus confortablement, trouver l'endroit qui lui convient le mieux…

« Harry, veux-tu que nous restions ici ou préfères-tu aller ailleurs ? » m'enquiers-je en resserrant tendrement ma prise autour de lui.

« Ici, au soleil me semble le meilleur endroit… Mets-toi juste derrière moi, que je sois bien calé, tu veux bien ? » me demande-t-il, sous les yeux de Malfoy, qui semble comprendre que nous nous apprêtons à passer un moment difficile et qui devient nerveux.

Je me place bien et Harry vient s'appuyer contre ma poitrine, mes bras enroulés autour de sa taille.

Il pose ses mains sur les miennes et me jette un coup d'œil reconnaissant, avant de fermer un instant les yeux.

« Hermione » demande-t-il dans un souffle. « Explique la psychose à Draco, juste ce que tu nous en as dit »

Et Hermione explique, sous le regard de Malfoy qui a l'air abasourdi par ce qu'elle dit.

Quand elle se tait enfin, il regarde Harry, avec des yeux comme des soucoupes. On croirait voir les yeux de Trelawney, sauf qu'il n'a pas ses culs de bouteilles en guise de lunettes lui…

« Quand je te disais qu'elle sait presque tout sur tout… » lui sourit doucement Harry

« Oui, c'est impressionnant… » répond Malfoy, avant d'ajouter, en fronçant les sourcils: « Mais pourquoi ai-je besoin de savoir tout cela ? »

« Parce que Voldemort est psychotique… » explique Harry

« Oui, cela, je l'ai compris. Mais quel rapport avec le serpent, Nagini ? » précise Malfoy, le regard empli d'interrogation

Harry ne répond pas tout de suite. Il regarde au loin, réprimant un long frisson et sa main s'accroche à la mienne…

Merlin…

Qu'a-t-il entendu de si effrayant ?

« Parce que ce n'est pas Nagini qui parlait Draco… C'était Voldemort. Il a pris possession de Nagini et parlait à travers lui… Et je crois bien qu'il ne s'en rend même pas compte… Il se faisait la conversation tout seul, mais comme s'il parlait à quelqu'un d'autre. A une personne qui parle avec un autre ton, d'une autre façon que lui… Une personne qu'il appelle Salazar… C'est comme s'il y avait deux personnes en lui. Voldemort et Salazar, l'un dominant l'autre. Mais le dominant lâchant un peu de lest parfois au dominé… » explique enfin Harry d'une voix blanche…

Par les couilles d'un Troll à trois têtes !

Comment Voldemort peut-il être assez fou pour croire qu'il parle à un type mort depuis près de mille ans !

C'est complètement et irrémédiablement dingue cette histoire !

Hermione n'en revient pas elle non plus et elle ouvre de grands yeux surpris…

Quant à Malfoy… Il en reste la bouche ouverte…

« Tu veux dire… Tu veux dire que lorsqu'il se déconnecte comme il l'a fait ce soir là, il croit parler à celui qu'il appelle Salazar au travers de son serpent ? Et que parfois il lâche un peu de lest à ce Salazar et lui laisse le contrôle de la situation ? » demande enfin Malfoy, en frissonnant…

Je frissonne moi aussi et pose ma joue sur celle de Harry, autant pour le réconforter que pour me réconforter moi-même…

Parce que je suis sûre que c'est le plus facile à digérer que Harry vient de nous dire… Et que je redoute le reste…

Oh ! Oui ! Je le redoute…

« Oui… » répond simplement Harry dans un souffle.

Je frissonne encore…

C'est terrible !

Je n'arrive pas à imaginer comment une telle chose peut se produire, mais elle me fiche une trouille de tous les diables de l'enfer…

Et à voir le regard d'Hermione et de la fouine, cela leur produit le même effet…

Je laisse passer quelques instants, durant lequel chacun de nous reste songeur. Puis, puisant dans mon courage et dans l'amour que j'éprouve pour Harry, je l'encourage doucement à continuer.

« Que disait-il Harry ? »

Harry déglutit et inspire profondément.

« Je… Je suis désolé Draco, mais je vais devoir leur dire, avant d'aller plus loin… Tu veux bien ? » demande-t-il, plantant son regard dans celui de Malfoy.

Je l'ai senti se crisper dans mes bras. Et il reste tendu, dans l'attente de la réponse de Malfoy qui a pâli.

Malfoy le regarde intensément et j'ai l'impression qu'ils ont une conversation muette, jusqu'au moment où il hoche la tête, en signe d'assentiment, avant de baisser les yeux sur une touffe d'herbe.

« Hermione » dit doucement Harry

Hermione comprend. Elle se rapproche doucement de Malfoy et lui prend la main. Il relève les yeux vers elle et la regarde, étonné, mais d'une pression sur la main et d'un sourire, elle lui fait comprendre qu'elle lui offre un soutien.

Un soutien qu'il accepte, en souriant tristement.

Visiblement, ce que Harry va dire lui coûte…

Putain !… Je n'aime pas ça !…

Je devine à peu près ce que Harry va dire et je n'aime pas du tout cela !…

Car c'est une chose que d'avoir des soupçons et une autre d'en avoir confirmation…

« Voldemort… Voldemort a fait des avances à Draco cet été. Il voulait qu'il devienne son amant, comme son père l'était, avant d'aller à Azkaban. Cela a commencé le soir où Pettigrow a été violé par Greyback. Draco a dû regarder toute la scène et subir ensuite les avances de Voldemort. C'est ce soir là, qu'il a commencé à voir les choses différemment. Autant parce que la scène à laquelle il a assisté lui a semblé horrible, qu'à cause du comportement de Voldemort… Par la suite, il a vécu d'autres scènes, d'autres évènements qui l'ont bouleversé et écœuré, fait réfléchir aussi. Il a entendu les discours de Voldemort d'une autre oreille également… Tout cela l'a amené à changer d'opinion ou plutôt, à ouvrir les yeux et se forger sa propre opinion… Il vous racontera cela lui-même s'il le veut, un autre jour… Mais par trois fois, Voldemort lui a fait des avances, des avances pressantes, accompagnées de leçons particulières et de démonstrations auxquelles se sont entre autres pliés avec complaisance des jumeaux… Lors de la troisième fois où il lui a fait ses avances, il a été très explicite. Il veut Draco… Mais il me veut moi aussi… Il nous veut tous les deux… »

Je suis horrifié et terrifié !…

Et je sens une colère noire s'emparer de moi.

Comment cet enfoiré ose-t-il lorgner sur Harry ? Comment ose-t-il penser à le baiser ?

Car il s'agirait bien de cela ! De baise et non d'amour !

Putain ! Comment ose-t-il penser à le toucher ?

A l'effleurer même seulement !

Quel ignoble salopard !

Mais merde alors ! Il pourrait être son arrière-grand-père !

Bordel !

Cette fois je suis si en colère que j'explose.

« Il faudra qu'il me passe sur le corps avant ce salopard ! Jamais il ne touchera un seul de tes cheveux Harry ! Je te le jure ! Jamais ! Je vais le trucider et le hacher menu ce sale porc ! Et je donnerai ses restes à bouffer à son serpent ! Tu m'entends Harry ? Qu'il y vienne et je vais lui faire passer un sale quart d'heure je te le garantis ! » m'écrie-je en resserrant mes bras autour de lui de manière possessive

Malfoy sursaute et me regarde bouche bée. Un peu effrayé aussi par mon éclat semble-t-il…

C'est vrai que je dois avoir l'air d'un fou furieux…

Je me sens tellement en rage que je me fais presque peur à moi-même…

« Merci mon cœur. Mais je ne le laisserai pas passer sur ton corps moi non plus. Il est hors de question que quelqu'un d'autre que moi le fasse ! » me rétorque Harry et je comprends qu'il cherche à me détendre, alors que c'est moi qui étais supposé le soutenir…

« Hé ! Mais depuis quand me voles-tu mes répliques ? » lui dis-je, me détendant illico et lui souriant doucement

« Depuis que tu me voles les miennes… » me répond-il en se tordant le cou pour me regarder avec amusement… et effleurer mes lèvres des siennes

Face à nous, Hermione nous regarde avec tendresse, rosissant comme à chaque fois, que Harry et moi partageons un de ces moments de complicités devant elle.

Malfoy, lui, nous regarde bizarrement, pas méchamment, ni avec dégoût…

Non… Juste bizarrement…

Comme s'il voyait pour la première fois un couple se conduire comme nous le faisons, Harry et moi…

Puis il échange un regard avec Hermione, et celle-ci lui fait un clin d'œil et ils pouffent tous les deux, Malfoy rougissant un peu.

Cela détend légèrement l'atmosphère, mais nous sentons bien que Harry n'a pas fini.

Que ce qu'il a dit, ce n'est qu'un hors d'œuvre, si on peut parler comme cela, quand on sait que le menu n'est guère fait pour ouvrir l'appétit mais plutôt pour révulser l'estomac…

Encore une fois, je me dois de demander la suite…

Mais je me sens aussi obligé de dire quelque chose à Malfoy avant.

« Malfoy, je veux que tu saches que Harry ne m'a pas appris grand chose, pour l'instant. Vu ta façon de te comporter depuis le début de l'année, je me doutais qu'il y avait quelque chose de cet ordre… Je veux dire, quelque chose concernant le sexe, le harcèlement sexuel… J'en ai eu confirmation tout à l'heure, quand j'ai vu la façon dont Voldemort avait sa main sur ta joue… Et en fait, je ne devrais même pas être étonné qu'il en veuille autant de Harry… Rien ne devrait étonner de la part de ce pervers ignoble…
Enfin, pour en revenir à ce que je te disais, je n'ai rien appris de neuf… Et je ne serais pas étonné que notre Hermione n'ait rien appris de neuf non plus, même si nous n'avons jamais évoqué ce sujet ensemble… Qu'en dis-tu ma puce ? »

Hermione me sourit brièvement.

« J'en dis que tu as raison… Je n'ai pas osé vous en parler parce que cela me semblait… incroyable ! Mais l'idée m'a effectivement effleurée. Mais bon. Là n'est pas l'essentiel… L'essentiel, c'est que tu vas être à l'abri maintenant, Draco. Nous allons te protéger… Je veux dire que l'Ordre va te protéger… » répond-elle, en regardant Malfoy, avec un regard clair, franc et encourageant…

La fouine rougit brusquement.

« Merlin !… Vous croyez que tout Poudlard a deviné ? » demande-t-il, la voix rauque, visiblement gêné et horrifié par cette perspective.

« Non… Nous, nous savons parce que nous étions centrés sur toi. Nous avions une mission Draco. Alors, évidemment, nous t'observions beaucoup et nous nous posions des questions, nous formulions des hypothèses… Mais rassure-toi, nous n'avons vu personne te regarder bizarrement, ni se poser des questions sur toi… » le rassure Harry d'une voix douce.

« J'espère que tu as raison… » souffle Malfoy qui ne semble cependant pas convaincu

« Il a raison… Dans le cas contraire, les rumeurs se seraient vite propagées et nous en aurions été informés par les Miss Pipelettes en Chef de Poudlard » lui assure-je, plantant un regard sérieux dans ses yeux.

« Les Miss Pipelettes en Chef ? » demande-t-il, soulagé semble-t-il et curieux en même temps.

« Lavande et Parvati. Elles ont un réseau d'information redoutable quand il s'agit des rumeurs… » l'informe Hermione avec une moue un peu dégoûtée.

Il est vrai que les rumeurs, elle n'aime pas ça. Surtout depuis que Skeeter a répandu des tonnes de mensonges à son propos lors du Tournois des Trois Sorciers et sur Harry aussi l'an dernier...

Malfoy la regarde d'un air assez entendu.

« Oh ! » fait-il

Un nouveau silence s'installe.

Et cette fois, nous savons que le moment est venu pour Harry de nous dire la suite…

Mais, finalement, ce n'est pas moi qui l'encourage à parler. C'est Malfoy qui s'y colle, après avoir inspiré à fond.

« Enfin… je suppose, Harry, que ce n'est pas seulement pour avoir mon accord pour parler de cela, que tu avais besoin de me voir, en pleine réunion de l'Ordre » déclare-t-il, resserrant sa prise sur la main d'Hermione, s'attendant de toute évidence au pire…

Moi aussi je m'attends au pire…

Vu la façon dont Harry a réagi tout à l'heure, cela doit être vraiment terrible ce qu'il a entendu.

Et ce qu'il raconte, me conforte dans ce que je pensais, cela va même bien au-delà…

Je crois, qu'il n'y a pas de mot pour qualifier cela.

C'est épouvantable !… C'est Horrible !… C'est monstrueux !… C'est démoniaque !

Oui, c'est cela… Voldemort est un monstre démoniaque !…

Et j'en ai la nausée, un goût de bile dans la bouche ! Je crois que tous les poils de mon corps sont dressés !

Nous savions Voldemort fou !

Mais pas à ce point !… Non, pas à ce point !

Et à voir la tête décomposée de Malfoy et celle horrifiée d'Hermione, je ne suis pas le seul à m'en rendre compte…

Oh ! Merlin !…

Mon Harry est poursuivi par un monstre !…

Un monstre plus terrible que le Magyar à Pointe !…

Un monstre plus horrible que tous les démons de l'enfer !…

Un monstre qui veut le baiser et boire son sang !…

Oh ! Non ! Merlin non ! Pas les images ! Non !

Dans ma tête, je vois la scène, qui se déroule dans le bureau sombre…

Je vois Voldemort, baisant Harry sur le sofa !…

Mon Harry hurlant de terreur et de douleur !…

Il baise Harry, maintenu prisonnier par le serpent qui enroule et déroule ses anneaux autour de son corps nu, en sifflant des obscénités !…

Il baise mon Harry avec violence et sauvagerie et se penche vers son cou tendre qu'il mord cruellement et il boit son sang !…

Il boit sa vie !…

Putains! C'est monstrueux !…

Pas mon Harry !… Il ne prendra pas mon Harry !…

Et je le serre très fort dans mes bras… Je ne veux plus le lâcher… Plus jamais…

Nous resterons ici, dans le Temps Ralenti, jusqu'à la fin des temps s'il le faut mais je ne veux plus le lâcher !…

Plus jamais !…

Non… Plus jamais !

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Acte 6 : Panique

Draco

C'est monstrueux ! …

C'est vraiment monstrueux !…

S'il n'y avait la main d'Hermione à laquelle me raccrocher, je crois que je perdrais totalement le contrôle de moi-même…

C'est pire, ô combien pire que je le croyais !

Voldemort est plus que fou et dangereux ! …

C'est un monstre ! … Le plus horrible des monstres ! …

Le plus tordu et cruel des monstres !

Je vais vomir…

Je me précipite à quatre pattes vers la rivière, juste à temps pour ne pas vomir sur Hermione que je bouscule sur le côté, pour qu'elle me laisse le passage et qu'elle ne soit pas souillée par mes déjections…

Je suffoque et je vomis, je vomis et je suffoque…

Je n'ai plus une seule pensée cohérente…

Juste des images qui se succèdent en flashs rapides.

Voldemort nu, caressant mon corps, attaché par les poignets aux poutres du plafond, mon corps qui rue et se débat avec la force du désespoir, sous mes hurlements et les cris de Harry…

Voldemort nu, engloutissant le sexe de Harry emprisonné dans une toile d'araignée géante, aspirant sa magie qui se déverse dans sa bouche, en un flot flamboyant mêlé d'or, malgré la lutte acharnée de mon ami pour lui résister…

Voldemort nu, pénétrant mon corps, volant ma virginité, son visage s'allongeant, se muant en une tête de serpent, ouvrant une gueule béante pour enfoncer ses crocs dans ma gorge et aspirer mon sang, mon énergie vitale, qui se déverse en un flot rouge bouillonnant…

C'est épouvantable !…

C'est trop horrible !…

Je vomis et vomis encore et encore et cela fait mal car il n'y a plus rien à vomir dans mon estomac.

Et les larmes roulent sur mes joues et je suffoque et je vomis de la bile puis plus rien du tout…

Oh ! Merlin !

Je ne veux plus jamais voir ce monstre !

Je ne veux plus avoir à y penser ! Je veux mourir !…

Je veux tout, je veux n'importe quoi pour ne pas avoir à vivre une telle horreur ! Pour échapper à la folie abominable et cruelle, de cet être démoniaque et sans cœur !…

C'est horrible !…

C'est trop horrible !…

Ma mère ! Ma mère est encore là-bas !…

Ma mère, ma si fragile et si douce maman, est toujours là-bas !

Elle est son otage, son appât pour m'attirer dans son piège, dans la toile qu'il a tissé cet été !

Et moi qui aie bêtement cru que je l'avais dupé !

Moi qui aie bêtement cru que je pourrais lui échapper !

Je ne suis qu'un jouet dans ses mains, je ne suis qu'une marionnette dont il tire les ficelles !

Qu'il utilise à sa guise pour me piéger et piéger Harry !

Oh ! Maman ! Maman !

S'il vous plait ! Quelqu'un ! Aidez-moi ! Aidez-moi à la sauver !

Des bras m'entourent… Des bras doux et chauds… Une main tiède et légère me caresse le front, me rafraîchit le visage…

Une voix gentille et amicale me parle…

Depuis combien de temps ?

Il faut que je lui dise !

Il faut que je lui dise d'aller la chercher…

De l'arracher à ce monstre !

« Maman… Maman… Il faut aller la chercher… Elle ne peut pas rester là-bas avec ce monstre… Il faut aller la chercher… Maman !… Maman ! » gémis-je, perdant pied un peu plus à chaque seconde qui passe…

« Chuuuuuuut ! Calme-toi Draco… Nous allons t'aider… Harry est là, Ron est là, je suis là… Chuuuuuuut ! Calme-toi Draco… Viens ici… Viens par ici… Chuuuuuuut ! »

Un cœur bas contre mon oreille…

Un cœur plein de vie. Un cœur amical.

Un cœur vivant et chaud.

« Maman… Maman… »

La voix me parle et me console.

Les bras me caressent et me cajolent.

Je ferme les yeux et je me laisse bercer…

« Maman… Maman… »

Les larmes coulent chaudes et douloureuses…

« Maman… Maman… »

Je ne puis plus rien penser d'autre…

« Maman… Maman… »

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Severus

« Nally ? Que se passe-t-il, Nally ? »

Nally vient de s'effondrer, en pleurs. L'inquiétude et l'angoisse étreignent ma poitrine…

Je me précipite vers elle et je la prends dans mes bras, sous les yeux étonnés et soucieux des autres…

Ils n'ont jamais vu Nally comme cela…

Moi, je ne l'ai vu qu'une seule fois et quelque chose de terrible s'était produit…

Regulus… Regulus est mort… Juste quelques heures avant son départ…

Non ! Ce n'est pas le moment de penser à cela !

« Nally… Qu'y a-t-il ? » m'enquiers-je, si inquiet que ma voix n'est qu'un souffle timide et rauque…

« Ils ont mal… Les garçons ont mal… Ron, Draco…Leur cœur est déchiré Sev… Et Hermione… A tout aussi mal… » murmure-t-elle, pleurant dans mon cou.

« Je vais aller les voir… » lui dis-je, tout aussi bas.

« Non ! Ils ont besoin de temps encore… Ils doivent… Ils doivent s'en sortir, gérer cela seuls… » murmure-t-elle toujours, s'accrochant à moi pour me retenir

« Les autres se posent des questions Nally » lui fais-je doucement remarquer.

« La sympathie… Dis leur que je suis entrée en sympathie… Que je me suis laissée submerger… Je vais bientôt aller mieux… Je vais rester un peu seule ici… Explique-leur, et empêche-les d'aller voir les garçons et Hermione… » demande-t-elle, essoufflée par les efforts qu'elle produit pour se maîtriser.

Je répugne à la laisser.

Mais je sais que ma propre angoisse l'atteint quand je suis si près d'elle et qu'il vaut mieux que j'aille rassurer les autres comme je peux, pour alléger le degré des émotions négatives qu'elle se prend de plein fouet, dans la mesure où sa garde est totalement affaiblie.

« Merci Sev » murmure-t-elle, lorsque je lui embrasse le front, avant de me lever et de la laisser.

Les autres me regardent, le visage interrogatif, inquiet et parfois même carrément anxieux.

« Que se passe-t-il Severus ? » me demande Molly, de l'urgence dans la voix

Je leur explique, insistant sur la nécessité de la laisser et de laisser les gamins seuls. Insistant aussi pour qu'ils gèrent leurs émotions afin de l'aider à se reprendre.

Les jumeaux Weasley comprennent aussitôt et s'attachent à plaisanter et entraîner les autres jeunes du groupe avec eux. Arthur, lui, emmène Molly vers la grotte, lui assurant qu'après toutes ces émotions, nous aurons grand besoin de manger quelque chose et de boire un bon thé.

Maugrey, lui, s'éloigne avec Shacklebolt

Je reste avec Remus et Albus

« Elle se fatigue trop » fait remarquer Remus

« Je ne cesse de lui dire… Mais tu la connais Lupin… » réponds-je, bien d'accord avec lui, comme je le suis bien plus souvent que je ne le laisse penser.

« Il faudrait l'aider. Alléger sa part de travail… » propose Albus, les yeux s'illuminant d'une lueur un peu malicieuse sous son inquiétude.

« Je suis bien d'accord Albus… Déjà, si elle avait moins de cours à donner, si elle n'avait pas les devoirs à corriger, ni de tour de garde la nuit, ni de petit déjeuner à surveiller le matin cela lui ferait gagner du temps et des heures de sommeil … » énumère-je, tendant une perche que, j'espère, quelqu'un, Lupin par exemple, prendra.

Mais le bougre me décrypte plutôt bien lui aussi, car il me regarde, moqueur, et me demande à qui je pense pour faire cela à sa place…

Ce doit être un nouveau truc de Gryffondor ça, apprendre à décrypter les Serpentards !

Mais je ne me laisserai pas faire…

« Je ne sais pas, une idée Lupin ? » lui réponds-je, imperturbable et haussant un sourcil interrogatif

« J'en ai bien une, mais je ne crois pas que le Conseil d'Administration acceptera… La pression des parents d'élève, tu comprends ? » me rétorque-t-il aussi sec.

Flûte !

Ce n'est pas le moment d'entrer en polémique, avec Nally qui va mal tout à côté…

Je vais devoir capituler, bien que cela me déplaise grandement.

Mais pour elle, je le fais… finalement avec plaisir…

« Lupin, le Conseil d'Administration ne risque plus d'être soumis à la corruption ni de subir l'influence de Lucius Malfoy, puisqu'il est maintenant dans une cellule à Azkaban… Je suis sûr qu'Albus saura se montrer convaincant, qu'il trouvera les arguments pour te faire accepter à Poudlard comme assistant. Surtout si Harry Potter et tous ses amis l'appuient en présentant une pétition par exemple » assure-je donc, d'un ton le plus neutre possible.

« Oh ! Et toi Severus, signeras-tu la pétition ? » demande-t-il encore, l'air profondément sérieux et l'œil pétillant à peine de malice.

Décidément, les Gryffondors ne sont plus ce qu'ils étaient !

S'ils sont tous capables d'être pince-sans-rire maintenant, les Serpentards ne sont vraiment pas sortis de l'auberge !

Mais je suis trop inquiet pour Nally, je suis trop désireux qu'il accepte sans plus tarder, de mettre fin à ce petit jeu ridicule dans lequel Lupin veut se faire prier et s'amuser comme un gamin à mes dépens.

Alors je vais lui donner la réplique dans cette comédie puérile.

« A deux mains, Lupin… Je la signerai à deux mains… Et même en rouge et or, si tu le souhaites » lui réponds-je, sifflant dangereusement entre mes dents, bien qu'au fond de moi, j'avoue être un peu amusé par cet échange

Cette fois, Lupin éclate de rire et il s'approche de moi, posant une main sur mon épaule, pour me faire pencher l'oreille vers lui et m'y glisser discrètement :

« Tu es vraiment capable de faire n'importe quoi pour elle, n'est-ce pas Severus ? Même à faire la paix avec moi ! Tu l'aimes vraiment n'est-ce pas ! »

Et il s'éloigne à grands pas, hilare, après m'avoir tapé un grand coup sur l'épaule, comme si nous étions des amis intimes…

Comme il le faisait avec Potter Senior et Sirius Black, quand nous étions adolescents et qu'ils riaient tous d'une bonne blague…

Et moi, je reste planté là, les yeux ronds, muet de stupeur, sous l'œil amusé d'Albus…

Je me suis fais avoir par Lupin !

Remus Lupin testait mes sentiments pour Nally et je me suis fais avoir ! Comme un débutant !

Décidément ! Je crois, finalement, que je suis bien devenu un Gryffondor…

Un stupide Gryffondor qui porte son cœur en bandoulière…

Moi, Severus Snape !

C'est un comble !

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Harry

« Ron ! Ron ! Mon cœur, relâche-moi un peu s'il te plait… Ron !… S'il te plait… Cela va aller… Si tu continues comme ça je vais étouffer Ron… Ron !… Ce n'est pas le moment de paniquer… Nous avons besoin de toi Ron !… Ron !… J'ai besoin de toi Ron ! » mécrie-je pour faire revenir mon petit ami dans la réalité.

« Harry ! » s'écrie Ron en sursautant comme s'il se réveillait brusquement. « Harry ! Que se passe-t-il ? Qu'est-ce que tu as ? Tout va bien ? Pourquoi m'as-tu crié dessus ? »

« Euh… Tu m'étouffais Ron… Tu me serrais à m'étouffer… » lui réponds-je doucement, me tournant dans son étreinte qu'il a relâchée, pour le regarder dans les yeux.

« Oh ! Merlin Harry ! Excuse-moi bébé… Je ne voulais pas te faire de mal… Je… Je crois que j'ai un peu paniqué là… » bégaye-t-il, pâle et tremblant, alors qu'il reprend contact avec la réalité de l'instant.

Et je comprends la raison de l'intensité de sa réaction…

Il s'est fait un film, j'en suis certain. Il a du voir, dans sa tête, des scènes horribles dans lesquelles Voldemort mettait son rituel à exécution…

« Toi, tu as encore fais marcher ton imagination hein !… S'il te plait mon cœur… C'est trop répugnant, ne le fais plus… Du moins, pas quand il s'agit d'imaginer des scènes horribles où il est question de Voldemort et moi… Et d'autant plus, s'il y a du sexe dedans et que Voldemort me baise… Par contre, si tu veux imaginer des scènes de sexe avec toi et moi comme acteurs principaux, tu peux y aller autant que tu veux ! Et même me les raconter pour que nous en profitions tous les deux … Ok ? » lui dis-je, espérant bien le faire sourire un peu…

Avec succès…

Car il finit par rire doucement, même si le cœur n'y est pas complètement, secouant légèrement la tête de droite à gauche…

« Putain Harry !… Il n'y a pas de quoi rire… » me dit-il, m'attirant contre lui, pour me piquer la bouche de petits baisers, puis me serrant de nouveau fort, inspirant profondément et relâchant son souffle sur un murmure

« Je t'aime… et je ne laisserai jamais ce monstre s'approcher de toi » me promet-il, l'air grave.

« Moi aussi, je t'aime Ron… » lui dis-je aussi dans un souffle, avant de prendre son visage dans la coupe de mes mains, pour l'embrasser avec tendresse.

Puis, c'est moi qui le serre, très fort, et il garde un instant les yeux fermés, retrouvant progressivement son calme.

Peu après, je peux le relâcher et il cherche Hermione des yeux, étonné sans doute qu'elle ne se soit pas jointe à nous, comme nous le faisons toujours quand que nous sommes tous les trois et que l'un de nous ne va pas bien.

« Oh ! Merde ! Malfoy !… Harry, Malfoy n'a pas l'air bien du tout… » me dit-il soudain, se séparant de moi et m'entraînant à quatre pattes à sa suite, pour aller vers Hermione qui berce Draco dans ses bras.

C'est vrai que Draco ne va pas bien.

Je l'ai vu pâlir à mesure de mon récit et suffoquer à la fin…

Mais Hermione s'est bien occupée de lui depuis tout à l'heure, pendant que moi-même je m'occupais de faire revenir Ron dans le monde réel. Elle a arrêté ses vomissements, en lui lançant un petit sort de soins qui calme les spasmes et maintenant, elle le berce et lui caresse le dos…

Comme je le faisais, après ses cauchemars ou quand il pleurait à l'évocation de ses souvenirs…

Mais il s'accroche toujours à elle, les yeux fermés, murmurant sans cesse : « Maman, maman… » et pleurant à grosses larmes.

C'est horrible… J'ai l'impression d'un énorme retour en arrière, quand il délirait sous l'effet de la fièvre et des cauchemars…

Alors je me joins à Hermione et je l'entoure de mes bras moi aussi, pour lui communiquer la chaleur de mon amitié.

Et je chantonne, je chantonne n'importe quoi, comme je l'ai fait déjà une nuit…

Ron nous regarde un moment, déglutissant difficilement, en proie à un dilemme, visiblement partagé entre sa réserve envers Draco et l'inquiétude de le voir dans cet état…

Et la tristesse aussi…

Oui, je sens que cela le chagrine et le peine…

Parce qu'il a un cœur généreux mon Ron ! Comme tous les siens ! Et qu'il n'aime pas voir les autres souffrir…

Il me regarde soudain, le visage toujours très pâle, les yeux voilés de peine et je le vois déglutir une fois encore, avant de se tourner de nouveau vers Draco.

Et cette fois, il se décide.

Sa main se lève lentement pour venir caresser les cheveux blonds de mon ami, puis il se penche, appuyant lui-même sa tête contre l'épaule d'Hermione et, de sa voix grave et mélodieuse, il se met à chanter une berceuse…

Alors je me tais, et je l'écoute chanter…

Je ne sais pas combien de temps nous restons comme cela, Ron enchaînant les chansons, probablement entendues, chantées des milliers de fois par sa mère, quand il était enfant.

Et Draco s'apaise, les yeux toujours fermés, mais la respiration bien plus légère et son murmure cesse…

Je crois même, qu'il a fini par s'endormir, quand il ouvre enfin lentement les yeux sur moi.

« Merci » murmure-t-il.

« C'est normal », lui dis-je doucement

« Je… Je suis désolé… » souffle-t-il encore, gêné et se détachant d'Hermione

« Il n'y a pas de quoi… Je n'étais pas mieux tout à l'heure, après avoir entendu tout cela… Si Ron et Hermione n'avaient pas été là, je me serais mis à hurler et je serais peut-être devenu fou de terreur et d'horreur, à m'en jeter même dans la rivière… » lui réponds-je, pour qu'il se sente moins seul et moins gêné d'avoir paniqué devant mes amis

« Oui, mais… » commence-t-il

Mais il ne peut finir car Ron l'interrompt

« T'inquiète la fouine, j'ai paniqué moi aussi… J'ai failli étouffer Harry tellement je le serrais contre moi sans même m'en rendre compte… En fait, je crois qu'il n'y a qu'Hermione qui n'ait pas succombé à la panique après avoir entendu ces monstruosités. Je ne sais pas comment elle a fait d'ailleurs. Ça doit être un truc de fille… » déclare-t-il, en tapant sur l'épaule de Draco pour indiquer qu'il n'y a vraiment pas de quoi s'inquiéter… et dans une tentative d'humour qui tombe à plat.

Car Hermione n'est pas aussi bien que nous le supposions.

« Tu te… tu te… trompes Ron… Je crois… Je crois… je crois que…que c'est maintenant que… que j'ai le … le contre… contre-coup…Je… J'ai besoin … besoin…d'un câlin les… les garçons… » bégaye-t-elle, d'une voix blanche, claquant des dents, le visage défait et prise de tremblements.

Ron et moi, l'entourons aussitôt, sans même attendre la fin de sa phrase hachée et, comme Draco hésite, je lui fais une place et l'attire vers nous, pour que nous câlinions Hermione tous les trois…

Et quand ses tremblements se calment, que ses larmes se tarissent, Ron, pour achever de la détendre, lui sort une de ses vannes impossibles :

« Un blond, un brun, un roux… Ma puce… Je crois que beaucoup de filles rêveraient être à ta place en ce moment et avoir la chance d'avoir un tel panel de superbes mâles accrochés à elles. Avoue que tu as fait exprès de paniquer pour pouvoir leur raconter que tu as mis les trois plus beaux mecs de Poudlard à tes pieds ! » déclare-t-il, goguenard malgré son visage encore pâle de sa récente panique.

« Oh ! Toi ! Tu es impossible Ronald Weasley ! Plaisanter dans des moments pareils ! » lui rétorque-t-elle, riant à demi et tapant d'un petit coup de poing, sur la large poitrine de mon petit ami.

« Oh ! Moi, ce n'est rien ! Tu aurais dû entendre ce que Harry m'a dit tout à l'heure… Il devient pire que moi ! Mais, inutile d'insister, je ne répèterai rien. Je ne voudrais pas choquer tes chastes oreilles… » ajoute Ron, en me faisant un clin d'œil

« Ho ! Harry ! Ne me dis pas que tu as encore dit une cochonnerie ! » s'offusque Hermione en me mettant son fameux doigt menaçant sous le nez, l'air sévère et plus pincé que celui du professeur McGonagall quand elle est furieuse…

« Oh ! Mais bien sûr, que oui ! » s'exclame Ron « Mais que veux-tu ! Il ne peut absolument pas résister à mon corps de rêve ! »

« Hé ! N'inverse pas les rôles mon cœur ! » m'exclame-je, prenant l'air scandalisé et lui saisissant la tête pour lui ébouriffer les cheveux

Et finalement, nous éclatons de rire tous les trois, sous les yeux éberlués de Draco, qui se demande si c'est du lard ou du cochon.

« Vous les Gryffondors !… Vous… Vous êtes vraiment géniaux ! » finit-il par dire, en pouffant…

« Oui… Et il est temps que les Serpentards l'admettent… » lui dis-je, lui donnant une bourrade amicale

Et nous éclatons de rire encore une fois…

Pour achever de disperser les tensions…

Pour retrouver un peu d'énergie avant d'aller de nouveau affronter la réalité…

Et de raconter aux autres les horreurs que j'ai entendues aux travers des sifflements de Nagini

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On dirait bien que cela avance tout cela! Qu'est-ce que vous en pensez?

…Votre avis m'intéresse vivement…