Réponses aux reviews:

: Ah ah, la suite arrive généralement assez vite ;). Merci beaucoup ! Je comprends 1h de bus c'est long, alors autant avoir de la distraction :). Oh merci, tu es vraiment trop mignonne ! :)
Merci beaucoup pour cette review, ça me fait vraiment plaisir !
Oui, je voulais que ce moment soit un peu spécial, il fallait qu'il le lui dise mais au bon moment quoi. ^^
Ne t'inquiète pas, j'ai déjà fini de l'écrire donc ça devrait arriver assez rapidement les prochains chapitre ;).
Merci beaucoup encore, bisous !

miss-Salvatore : Merci beaucoup ! Oui je sais Lucius est assez surprenant, mais je ne le vois pas comme un personnage réellement monstrueux avec son fils et sa famille, donc voilà ^^.

Mathilde : Merci beaucoup !


Chapitre 20 :

«You better shut your mouth and hold your breath, and kiss me now, and catch your death »

My skin – Natalie Merchant

J'étais en train de croupir dans cette cellule. Je ne savais pas combien de temps cela faisait que j'attendais. Peut être bien trop longtemps. Je n'avais aucune idée de l'heure, ni du moment de la journée. Il n'y avait aucune lumière naturelle, aucune fenêtre, rien. Je ne dormais plus. Je ne mangeais plus. Je rongeais mes ongles jusqu'au sang. J'avais peur. J'angoissais. Je ne pouvais pas le nier. Il n'y avait personne qui venait me rendre visite. J'étais seule avec moi et ma propre voix qui résonnait dans ma tête. Me murmurant de douces paroles qui me priaient de choisir la facilité, de la rejoindre. De rejoindre tous ces gens morts, de rejoindre la paix. Je me raccrochais à quelque chose. Je ne savais pas ce que c'était mais cette chose me gardait en vie. Gardait mes yeux ouverts, mon cerveau en alerte. Je ne savais pas ce que c'était mais c'était là, quelque part, en moi. Je ne ressentais plus rien. Ni la colère, ni la douleur, ni l'espoir, ni l'amour. Rien. J'étais simplement vide. Je m'étonnais presque de la vitesse à laquelle le processus s'était entamé. Étais-je faible ? Ou le processus avait déjà été entamé avant ? N'avais-je pas déjà été isolée dans la tente ? C'était cela, j'étais isolée. J'étais seule face à moi-même, face à mon passé, mon présent et mon avenir -s'il y en avait un-. J'avais presque envie de voir un mangemort. Quelqu'un. N'importe qui. J'étais seule. Isolée. Je ne tenais plus. Il n'y avait pas un seul bruit. Pas une seule personne. Et je criai comme pour alerter les gens. Je criai pour qu'ils viennent. Je criai pour qu'il y ait du bruit. L'écho de ma voix me réconfortait comme s'il y avait quelqu'un d'autre avec moi. Je me recroquevillais sur moi-même. Je me levais. Je courais dans ma cellule. Je me recroquevillais sur moi-même. Je me levais. Je courais dans ma cellule. Je devenais folle. Ils étaient forts. Très forts ces mangemorts et Voldemort s'y connaissait en torture.

J'avais peu à peu l'impression que cette cellule était la seule réalité que je connaissais et que je connaîtrais à jamais. Alors que je savais que je n'y étais pas depuis très longtemps. Je le sentais. Mais je ne voyais que cela. Je mangeais quelques fois la bouillie qui apparaissait au coin de ma cellule. Pour ne pas tomber dans les pommes. Pour ne pas mourir. Je ne voulais pas leurs faire ce plaisir là mourir de faim. Mes souvenirs s'effaçaient peu à peu. J'oubliais tout. J'oubliais qui j'avais été, qui j'étais. J'oubliais les prénoms, les visages, les paroles, les voix. Je devenais une simple coquille vide. Je ne savais ce qui était le pire être torturée physiquement ou psychologiquement. Ils ne pouvaient pas me faire du mal physiquement. Mais j'aurais préféré avoir des Doloris que de rester là. Seule. Isolée. J'essayais quelques fois de réfléchir à un plan pour m'évader, mais rien ne venait. Aucune idée. Rien. J'étais déboussolée, fatiguée. Je n'avais plus la force de me battre. Je n'avais plus la force de rien. Je voulais, oui je voulais, que quelqu'un abrège toutes mes souffrances, que quelqu'un vienne et me plante un poignard droit dans le cœur, sans ménagement. Parfois, certains visages me revenaient. Certains avaient les cheveux roux, d'autres brun, d'autres blonds. Des visages qui me semblaient lointain. Comme imaginaire.

Puis, un jour j'entendis un bruit. Je savais que ce n'était pas moi qui l'avais créé celui-ci. J'entendis des pas, puis je vis un homme. Je ne le connaissais pas. Ou je ne m'en rappelais plus. Mais j'étais presque heureuse qu'il soit là. Je le voyais. Je pouvais le sentir, le toucher. Une réelle personne. Pas une œuvre de mon imagination. Non, c'était une personne réelle. Il ouvrit la cellule et me prit par le bras. Ce n'était pas un geste doux, mais je ressentais. Enfin. J'avais mal. Physiquement. Et c'était comme si c'était une preuve que j'étais encore en vie. Il me traîna dans des escaliers, mes jambes avaient comme perdu l'habitude de marcher. Il m'emmena dans le salon principal, je le reconnaissais, c'était là que j'avais été torturée par Bellatrix. Elle y était d'ailleurs. Il me jeta presque au centre et j'eus du mal à rester sur mes deux jambes. Je regardais autour de moi et ce fut comme si on me sortait de mon antre, de ma torpeur, parce qu'il était là. Il y avait Drago et il me regardait avec des yeux vides. Vides de toute expression, comme devaient être les miens. On était face à face. Il avait du sang. Partout. Il avait des bleus. Il semblait fatiguée, mutilé. J'eus un pincement au cœur en le voyant ainsi. Bellatrix s'approcha de moi.

- On va jouer à un jeu, tu veux, ma mignonne ? Demanda-t-elle avec sa petite voix aiguë. On en a eu l'idée hier soir. On trouvait ça plutôt marrant à essayer.

Je ne lui adressai même pas un regard. J'avais mes prunelles plantées dans celles de Drago. Je voulais lui crier de partir, de courir, de se sauver. Je vis du coin de l'oeil, dans un coin sombre de la pièce, retranchée, Narcissia Malefoy. Elle nous regardait. Elle avait de grosses cernes violettes, les cheveux emmêlés. Elle ne ressemblait plus à la Narcissia que j'avais vu autrefois. Bellatrix prit mon menton entre ses doigts fins et osseux et tourna ma tête vers son visage.

- C'est un jeu où tu dois faire exactement tout ce que l'on te dit. C'est plutôt simple comme règle. Donc si je te dis lance un doloris à Drago, que me réponds-tu ?

- Allez vous faire voir, répondis-je d'une voix rauque.

Elle ria. Elle planta ses prunelles noires dans les miennes et sortit sa baguette. Elle ne pouvait rien me faire, je le savais.

- Mauvaise réponse, Granger. Impero, chuchota-t-elle.

Je ressentis comme l'obligation de faire du mal à Drago. Comme si j'étais obligée. Elle me tendit une baguette que je reconnus comme la mienne que je pris automatiquement. J'avais l'impression que mon corps ne me répondait plus. Je la dirigeai vers Drago qui me suppliait du regard. Je ne voulais pas lui faire du mal. Je ne voulais pas. J'essayais de résister, de me contrôler. Mais rien ne fonctionnait. Je m'entendis alors murmurer le sort impardonnable. Je vis l'éclair rouge partir vers Drago. Je le vis tomber à terre et se tordre dans tous les sens. J'entendais ses cris. Tout cela produit par moi-même. Je ne pouvais arrêter le sort. Je n'arrivais pas à détourner ma baguette de lui. Je détournai mon regard et le dirigeai vers Bellatrix.

- Arrêtez ! Hurlais-je.

- Je ne fais rien, ricana-t-elle. Tu fais tout le travail toute seule, Granger.

Les larmes montèrent à mes yeux. Oui j'étais celle qui lançait le sort mais je ne pouvais l'arrêter. Je ne supportais plus ses cris, sa douleur. Je voulais que tout cela s'arrête. Que l'on me fasse arrêter. Il n'y avait que Bellatrix qui le pouvait. Je fis alors la seule chose qui me passa à l'esprit pour me faire arrêter. Bellatrix était si proche de moi, je savais que je le pouvais. Je vis son poignard dépasser de sa ceinture. Il le fallait. Je ne pouvais continuer à regarder Drago souffrir et attendre gentiment que Bellatrix m'ordonne d'arrêter ou que l'Impero ne fasse plus effet. Je pris alors le poignard de ma main libre et l'enfonçai dans ma jambe droite. La douleur fut si atroce, si aiguë que je tombais au sol et lâchai ma baguette. Le Doloris s'arrêta. Bellatrix semblait elle-même surprise.

- Pas mal, Granger. Mais ça doit faire mal non ? Ça doit être douloureux.

Je levai mes yeux enragés vers elle. Si j'avais pu la tuer d'un regard, elle serait morte sur le coup. Drago était allongé par terre et ne bougeait plus. Je m'approchai alors de lui, pour voir s'il allait bien. Je sentis une main s'accrocher à ma cheville et me tirer vers l'arrière. Je me tournai alors pour voir Greyback me tirer avec force. Bellatrix était entre Drago et moi. Elle avait son regard. Ce regard de folie, de démence.

- Je pense qu'une pause s'impose. Ramenez les dans leurs cellules, déclara Bellatrix d'un ton presque calme.

On me tira vers des escaliers, encore et toujours des escaliers. On me jeta dans ma cellule. Je me laissai choir sur le sol. Je n'avais plus la force de me lever. Plus la force de me battre. De respirer. De réfléchir. Je voulais qu'on me sorte de cet enfer. J'avais mal. Mal partout. Ma jambe me lançait sévèrement. Je voyais le sang tâcher mon pantalon noir. Je l'effleurais du bout des doigts et les vis rouge. Je soupirai. Les cris de Drago résonnaient encore dans ma tête. C'était comme si je ressentais sa douleur. Ma bouillie hebdomadaire se matérialisa dans un coin de ma cellule. Je n'en voulais pas. Certainement pas. Je soupirai. La seule solution plausible était de me laisser mourir. J'avais tout perdu. Quelque chose d'autre s'était brisé en moi.

J'entendis des pas qui venaient vers ma cellule. Encore une visite ? Peut être que c'était trop pour la journée. Je vis alors mon visiteur. Narcissia Malefoy. J'eus un sourire presque diabolique. Que voulait-elle ? Je vis à sa suite Lucius et Drago. Je compris alors que ce n'était pas une visite anodine. Elle ouvrit la grille et me tendit sa main. Sous le regard encourageant de Drago je la pris.

- Miss Granger, je pense que votre visite au manoir doit s'écourter. Mais nous devons faire vite, me dit-elle d'un ton solennelle. Partez. J'ai fais faire un portoloin.

Elle fit passer un de mes bras sur ses épaules pour me soutenir quelque peu.

- Vous ne pouvez pas rester plus longtemps, ils vous tueront ou feront en sorte que vous soyez tous les deux morts.

Elle sortit alors une photo de sa poche. C'était une photo de Drago étant enfant. J'haussai un sourcil d'étonnement.

- C'est le portoloin, m'informa Lucius Malefoy. Il devrait s'enclencher dans peu de temps. Dans quelques secondes.

J'acquiesçai et m'appuyai contre le mur laissant libre court aux mouvements de Narcissia Malefoy. Elle prit alors dans ses bras son fils. Lucius s'approcha de moi.

- Ne croyez pas que je vous porte une quelconque affection. Je fais tout cela pour mon fils. Il refusait de partir sans vous. Me dit-il d'un ton grave.

Je le savais. Je n'étais pas dupe. Il haïssait les sangs impurs comme le mien, mais il aimait plus son fils qu'il ne me détestait. Narcissia nous fit signe de prendre la photo. Drago jeta un dernier regard à sa mère avant que l'on soit embarqué par le portoloin. Je plongeais mes yeux dans ceux de Drago. Et je compris que j'avais toujours pensé qu'on ne pouvait pas être réellement détruit. Jusqu'au jour où on comprend qu'on est humain. Qu'on est faible. Qu'on peut être détruit. Réellement. On pense toujours qu'il y a une part de nous qui est indestructible. Qui restera toujours là, dont on pourra puiser nos forces, notre volonté. Puis, on se rend compte, par un dernier coup, qu'on peut la détruire, qu'elle est vulnérable, tout comme nous. Quand cette dernière partie de nous est détruite, que nous reste-t-il ? Que pouvons nous faire ? C'est à ce moment là qu'on est tellement détruit qu'on ne ressent plus rien, ni la peine, ni la douleur, ni la joie. Rien. On se sent alors comme une carapace vide. Les émotions nous traversent, elles ne restent pas, elle ne s'attardent pas. Elles sont imperceptibles. On ferait tout pour les retrouver, pour sentir à nouveau. On a besoin de quelque chose ou de quelqu'un qui nous fasse ressentir. Moi, j'avais trouvé quelqu'un. La seule personne que j'avais haïs assez, que j'avais détesté assez, et à qui, paradoxalement, je tenais assez, qui pouvait donc me faire tout ressentir de la haine à l'amour, de l'amour au désir, et du désir à la folie. Drago Malefoy.

« I'm the slow dying flower in the frost killing hour. Sweet turning sour and untouchable »


Bonjour, Bonsoir !
Comment avez vous trouvé ce chapitre ?
Alors, je sais c'est assez rapide. Ils ne restent pas très longtemps au final chez les Malefoy, enfin un chapitre quoi. Mais je ne voulais pas que leur "passage" là-bas s'éternise disons. D'ailleurs c'est bientôt la fin de la fiction, donc je réserve encore quelques surprises et je mets déjà en place la fin petit à petit avec ce chapitre et ceux qui vont venir. Voilà. Le prochain chapitre sera un peu plus "calme" disons. Et ceux qui suivent ben ce sera le prélude de la fin de la fiction. Bref, voilà voilà.
Avez vous des remarques ou des questions ?
Que pensez-vous qu'il va se passer dans la suite ?
Avez vous une idée de comment va se terminer la fiction ?
Bisous !