La fête est terminée, le Professeur me toise avec insistance. Je devine dans son regard qu'il est déterminé à mettre fin à cette petite virée, et je perds rapidement patience en me revoyant enfermée dans cette putain de Fabrique. Pourtant, ça partait d'une bonne intention, mais toute cette animosité n'a fait que renforcer le malaise que j'éprouve une fois à l'intérieur. J'ai peur pour ma vie, et si je dois fuir pour rester en vie et m'en éloigner au plus vite, je prends mes jambes à mon cou.
Berlin est derrière moi, silencieux à scruter nos moindres gestes. Il analyse tout, le regard en coin et le rictus dessiné aux lèvres. Je sais que tout se passe entre l'intello à lunettes et moi, je le sens. C'est pesant. Il me fait signe et je le rejoins à part. Il a pris de la distance et se rapproche pour me murmurer, loin des oreilles indiscrètes d'Andrés :
- Tout ceci ne peut plus durer... Tu ne le connais pas aussi bien que moi, et rester avec lui, trop proche de lui pourrait être dangereux.
- Tu essaies de m'effrayer ?
- Non, c'est juste une alerte, un avertissement. Berlin est bien trop malin pour s'en sortir sans une égratignure, sans que son entourage soit touché. Tu ne le connais pas... Même si vous avez eu un passé en commun, tu ne le connais pas.
- Et tu le connaîtrais mieux que moi ?
- Crois moi, oui.
Je ricane moqueuse, ne voulant pas prendre ses remarques au sérieux. La trouille certainement, qui m'empêche de voir la réalité des choses :
- Nous étions proches avant.
- Proche comment ?
Il lève un sourcil gêné et plante un regard évasif dans le vide. Berlin lui, s'impatiente, joueur :
- Alors, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?
- Proche comment ?
Je reprends mon interrogatoire, prise d'une curiosité déplacée :
- Proche comme des amis ? Comme des cousins ? Comme des frères ? Proche comme des confidents ? Comme des amants ?
- Quoi ? Ne dis pas n'importe quoi ! C'est... complexe et nous n'avons pas beaucoup de temps. On ne va pas le gâcher dans des explications de ce genre. Je le connais, c'est tout. Tu n'es pas la seule à avoir fréquenté Andrés de Fonollosa. Nos relations ont simplement débuté dès l'enfance. Ce qui fait que je le connais depuis plus longtemps, donc mieux que toi...
Comme des frères. Je comprends vite à son attitude.
J'adore le voir perdre ses moyens et toucher sa corde sensible. Le Professeur est un excellent comédien, toutefois, il y a des rôles où ses talents sont moins impressionnants. Il trépigne sur place en essayant de se justifier. Puis, il finit par se calmer, prends une inspiration et sort discrètement de la poche de son blazer, une arme. Un pistolet minuscule, capable de rentrer dans un sac à main. Il me le tend, la mine froissée :
- Prends le, on ne sait jamais, cela pourrait te servir... pour ce soir. C'est un PSM, un semi-automatique développé par la Russie dans les années 70. Et souviens toi d'une chose, Berlin est prêt à tout pour sauver sa peau. S'il pense avant à toi avant de penser à lui, alors je me serais trompé de jugement depuis le début. Peut-être qu'on ne connaît jamais réellement les gens, jusqu'au moment fatidique où le masque tombe pour de bon. Sois prudente Rome. De mon côté, je vais m'arranger pour que vous reveniez en même temps que Tokyo. La police sera préoccupée par son évasion, elle ne fouinera pas de votre côté... Ne m'appelez pas, c'est moi qui vous contacterai.
On ne s'était pas promis la lune, on vivait notre vie en s'étant simplement juré de finir enterrés dans la même tombe, sous le même nom.
Ces mots me reviennent et me font un électrochoc. Les mots du Professeur impactent lourdement sur ma conscience et je sens le poids de la vérité écraser mes épaules. Furtivement, je jette un regard derrière moi et vois ce grand con scruter avec attention, l'œil toujours aussi imbu de sa personne et prompt à la première occasion, à s'évaporer d'un claquement de doigt si le destin l'y oblige. Puis, vient le tour de l'intello à lunettes, notre mentor à tous, qui le salue d'un signe de tête et nous quitte, inquiet. Jusqu'où cette merde va aller, hein ?! On pensait se la couler douce une fois dehors, mais rien n'est terminé. Rien n'est jamais terminé avec lui.
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Andrés ne fait que regarder sa montre depuis plusieurs minutes. Il est bientôt minuit, et le taxi qui est censé nous amener au Paradiso n'est toujours pas arrivé. Il reste silencieux mais son empressement se ressent jusqu'aux semelles de ses chaussures, qu'il tapote frénétiquement au sol. Nous attendons dans l'entrée de l'immeuble, vêtus de luxe de la tête aux pieds, prêts à partir et faire la fête. Enfin, faire la fête, entendons nous bien que moi, je ne suis là que pour le suivre. A la base, je voulais juste qu'on se la joue discrets pour qu'on nous oublie et qu'on puisse par la suite, vivre normalement. Mais ce n'était pas du goût de Berlin apparemment. Non. Il lui en faut toujours plus et pousser les limites au maximum. Le temps se fait long, je garde précieusement mon sac à main contre moi, dans lequel j'ai rangé l'arme à feu. Sans en informer mon amant. Bonnie peut très bien se défendre seule sans Clyde. Il n'a pas besoin d'être au courant. Une voiture s'approche, les phares nous éblouissent. Le taxi est là. Andrés lance un gloussement d'impatience en se déridant enfin. Il passe devant, tandis que le chauffeur attend au volant, sans nous questionner davantage.
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C'est étrange la sensation qui nous submerge lorsque l'on sait pertinemment qu'il va se passer quelque chose. Je ne sais pas quoi, mais je sais que je vais être surprise. Le Professer m'avait prévenu, et l'arme planquée sur moi en témoigne. Au final, je ne serai jamais à l'abri avec ce grand con en chaussures de crocro. Mais au final, n'est-ce pas la vie dont j'ai toujours voulu ? Une vie intrépide où les lendemains sont incertains. Avant peut-être, la naïveté change les mentalités. Que j'ai pu être bête ! Andrés bascule son attention sur moi et remarque mon regard pensif, vers l'extérieur par la fenêtre. Sa main glisse sur ma cuisse :
- A quoi penses-tu, Alma ?
- A ce soir.
- Tu as un pré sentiment ?
Je ne lui réponds pas et me contente de hausser les épaules. La réponse, il l'a connaît déjà de toute façon. Cette cavale, je ne la sens pas. Pas du tout. Moi, je voulais juste me barrer avec lui, rester planquer entre quatre murs quelques jours, s'envoyer en l'air et guetter les flics par la fenêtre. Compter nos billets encore et encore et prévoir notre future destination. Je n'avais que ça en tête, et non une soirée où tout le gratin de la jet set de la ville serait présent. Berlin, je le voulais pour moi. C'est ce qui était convenu, juste nous deux. Comme avant. Il enchaîne en changeant de sujet :
- Tu as été courageuse ce soir devant Pedro. Tu ne t'es pas laissée impressionner.
- Et toi, tu as cédé à la panique.
- Tu trouves ?
- Tu as perdu de ta splendeur, on dirait !
- Je n'allais pas le descendre de sang froid...
- Ne te justifies pas, admets que tu as perdu, c'est tout. Mais tu sais Andrés, ce genre de chose arrive à tout le monde.
- J'étais le plus grand casseur du pays, ne crois pas que tu as tout vu ! Des coups de maître, j'en aurais des tonnes à te raconter.
Je l'ignore en imaginant à quoi ressemblera la soirée de ce soir. Je n'ai jamais assisté à ces soirées, beaucoup trop VIP... Ou du moins, je n'ai pas eu le temps, ni l'occasion auparavant. Vexé par mon silence, il ricane en tapotant sa paume, puis reprends son mutisme avant de murmurer entre ses dents :
- Tu vas voir si j'ai perdu de ma splendeur.
Le chauffeur arrive devant le Paradiso et le nombre de portiers qui surveille l'entrée n'est pas un hasard. Berlin se presse de descendre, ajuste sa veste de costume et m'ouvre la porte. Tiens, première surprise de la soirée, un égocentrique manipulateur narcissique et machiste à ses heures perdues, qui me flatterait presque par sa courtoisie. Je crois rêver.
Il me propose son bras, que j'accepte après un regard insistant, puis nous montons les marches pour arriver devant les videurs. Ce ne sont pas des grands gaillards qui se la racontent avec leurs lunettes noires, à gonfler des pectoraux à l'approche des invités comme dans les boîtes de nuit. Non, ceux là sont classes et représentent leur établissement. Surprise de plus, Berlin n'a pas besoin d'ouvrir la bouche pour se présenter, qu'ils nous ouvrent le portail. Et en plus, nous voilà accueillis à bras ouverts :
- J'avais pour habitude de fréquenter... de côtoyer ce lieu avant. J'y ai passé beaucoup de temps, donc on peut dire que j'y suis connu comme le loup blanc, ha !
- Ce n'est peut-être pas une bonne chose au vue des circonstances...
- Ne t'inquiète pas Rome, profite de cette soirée et relâche cette pression qui te bouffe. Tu crois vraiment que les plus grands dictateurs de ce monde ne s'accordaient pas un peu de bon temps entre quelques conquêtes et quelques magouilles politiques ? Allez... Ce soir, on trinque à nous !
- Et les hommes de Pedro ?
- Les hommes de Pedro ? Qu'ils viennent, je saurai les recevoir.
- Tu n'es pas armé.
- Pas besoin d'arme quand on a l'intelligence de contourner les personnes nocives...
- Les personnes nocives ?! C'est toi qui l'a contacté en premier, je te rappelle ! Et tu n'avais pas prévu ce retournement de situation. Tu crois pouvoir contourner les merdes qui te tomberont dessus à chaque fois ?
Il sourit en attrapant une coupe de champagne que le serveur tendait sur un plateau. Je fais de même en attendant ma réponse. Il se racle la gorge en observant le hall principal. Il est rempli de tables sur lesquelles sont disposés des mets dînatoires. Chauds et froids, mais aussi des boissons et alcools qui n'attendent qu'à être consommés. Les invités sont tout aussi bien habillés et j'ai l'impression d'être à un défilé de grand couturier. Les hommes sont en costumes trois pièces et les femmes sont en robes talons aiguilles. On se croirait presque dans une pub de parfum avec ces extravagances à gogo. Berlin s'attarde sur un groupe composé d'hommes et de femmes, qui s'approchent de l'escalier qui mène à l'étage. A l'extérieur, une cour privée est ouverte aux invités et est déjà noire de monde. Je me sentirais presque minuscule dans toute cette masse. J'attrape le bras de mon amant pour le faire revenir à la raison. Il a dévisagé un peu trop longuement le groupe à mon goût. Et s'il les connaissait ? Et s'il venait à se présenter à eux ? On est censé être en cavale, pas se montrer en tendant la perche aux flics pour qu'ils nous trouvent !
- Andrés ! Tu es avec moi là ?
- Toujours !
Il se moque de moi et me quitte en allant à l'étage pour les suivre. Je n'en crois pas mes yeux, il me laisse plantée comme une cruche sans explication. C'est sa soirée ou la mienne, hein ? Colérique, je me dépêche de monter aussi les escaliers pour le trouver dans un petit salon reculé en compagnie du groupe. Ils discutent le sourire aux lèvres. Je m'approche pour commencer la conversation, quand on me prend à part. Une soixantenaire me reluque, les yeux pétillants d'admiration :
- Ma chère, mais regardez-vous ! Votre robe est splendide, où l'avez-vous obtenu ?
- C'est un cadeau.
- Un cadeau ?
Elle me lance un clin d'œil et me propose un toast de foie gras, avant d'ajouter malicieuse :
- L'homme qui vous l'a offert a bon goût, gardez le, c'est un excellent parti !
Je ne peux m'empêcher de retenir un rire nerveux suite à ses paroles. Si elle savait réellement d'où provient cette robe et dans quelles conditions j'ai pu l'avoir. Le temps de me retourner et de reprendre là où j'en étais, voilà que Berlin a disparu. Ha ! Le groupe avec qui il discutait s'est dispersé et j'en vois certains aller fumer dans la cour, le cigare à la main. Une musique d'ambiance est installée, certains convives commencent à danser. Je me sens seule, vraiment. Vous savez, cette solitude lorsque vous êtes en soirée et que tous vos amis sont ailleurs, à droite à gauche et que vous ne connaissez personne d'autre. Berlin est ailleurs. Je ne sais où, mais il n'est pas à mes côtés. Je croise les bras sous la tension et sens le canon rigide de l'arme dans mon sac. Je scrute autour de moi pour me rendre compte que je ne suis pas ainsi. Je ne fais pas partie de cette classe sociale. Le seul morceau qui pourrait m'y rattacher est Andrés, rien de plus. Sur le moment, la Fabrique me manque et j'entends les rires rauques d'Helsinki après ses blagues loufoques. Nairobi renchérirait, Denver poufferait comme à son habitude, tandis que Moscou lui ferait la moral. Tokyo et Rio partiraient faire leur affaire et je serais au centre de mes semblables. Des gens simples. Tout a dérapé, tout a merdé. Je soupire en me relevant du canapé sur lequel je m'étais assise quelques minutes, suffisamment longtemps pour me rendre compte de l'atmosphère.
Allez Alma, va le chercher et convainc le de rentrer. Cette soirée, ce n'est pas vous. Cette soirée, ce n'est pas vous deux !
Je reprends du poil de la bête et attrape une autre coupe de champagne en passant. Je déambule entre les hôtes, pour apercevoir au loin un homme aux cheveux grisonnants me sourire avec impertinence. Oups. Non, pas ça. Je n'ai pas besoin d'emmerdes supplémentaires pour ce soir. J'essaie de détourner le regard, mais son attention est toujours rivée sur moi. Je le fixe quelques secondes. Après tout, à qui ai-je à faire ? Le type a une tête d'acteur de cinéma, bien trop beau et propre sur lui pour être clean de A à Z. Puis, bizarrement, la distance entre nous se restreint, et le voilà qui se ramène avec un verre à la main. Vous l'aurez deviné, en bon gentleman qui se respecte et qui a des idées en tête, me voilà avec un verre en plus. Le temps de terminer le mien, j'accepte le sien. Berlin m'avait dit de profiter de la soirée, non ? Il me dévisage, l'air charmeur. J'ai envie de rire, à me penser dans un bouquin où tout est calculé à l'avance. Si seulement je savais... :
- C'est une belle soirée, vous ne trouvez pas ?
- Si, si, une soirée inoubliable !
Je bois le verre d'une traite dans l'espoir de prétexter aller en chercher un second et m'esquiver. Je n'ai jamais vécu de moment aussi gênant, où je suis tellement à côté de la plaque que même le type devrait s'en rendre compte et se barrer, mal à l'aise. Seulement, vous voyez, les fréquentations de cette nuit privée sont si imbues d'elles-mêmes à contempler leurs propres reflets dans le miroir, ou à passer des heures à cracher les uns sur les autres, à l'affût des potins ou des éventuels pistons qui pourraient les aider dans leurs carrières... Ils ne se rendent même plus compte de la réalité des choses qui les entoure :
- Hé bien, vous aviez soif !
- Et ce n'est pas fini... Je vais en chercher un autre !
Je le quitte maladroitement, alors qu'il tente de comprendre la situation, un sourcil levé. Hop, lui c'est réglé, maintenant, reprenons les choses sérieuses. Je sors à l'extérieur pour prendre l'air et manque de renverser une danseuse éméchée. Je contourne l'immense table, toujours prête à être dévalisée par les plus gourmands de la soirée, puis arrive à l'angle de l'immense bâtisse. La cour se prolonge sur un parc illuminé d'éclairages solaires. Je ne vais tout de même pas aller avec ma robe et mes talons, me perdre dans ce putain de jardin digne de Versailles ! Oh mais détrompez-vous, je n'en ai pas besoin. Un bruit de craquement attire mon attention et je me tourne sur le côté pour voir de mes propres yeux. Mes propres putains d'yeux ébahis, Andrés en compagnie d'une des filles du fameux groupe avec lequel il discutait. Je reste sans voix, la gorge soudainement sèche et les sanglots qui montent. Cette fille, cette satanée fille, cette... Je m'arrête là parce que les mots qui me viennent sont loin d'être corrects. Quoi qu'il en soit, je suis la potiche de la soirée et Monsieur Élégance se pavane avec une nana dont les boucles d'oreilles brillent plus que des diamants. Et ils discutent, un peu trop proches, une main baladeuse par-ci, un regard séducteur par là. Je vous jure, que je suis tombée des nues au moment où il a enlacé sa taille avant de glisser une liasse de billets entre ses lèvres. Notre liasse de billets, entendons nous bien. Je n'arrive pas à articuler le moindre son tant je suis choquée. Je ne sais pas à quoi joue Berlin, ni qui est cette fille, ni ce qu'il fait avec !
Je reste stoïque , en arrière dans l'ombre avant de voir apparaître deux grands bonhommes à la carrure imposante. Les mines raides et les mâchoires serrées, ils accostent Andrés qui ne semble subitement plus très à l'aise :
- On nous a dit que tu avais des comptes à régler avec Pedro.
- On a déjà réglé nos comptes et si je souhaite m'entretenir avec lui, je sais où le trouver.
- Justement, il nous a dit de venir te trouver toi, ce soir. Paraît que votre marché a changé et ça, ça ne lui plaît pas du tout.
Il embrasse la nana, pour rester polie, sur le coin des lèvres et elle trottine vers les invités. Elle a sûrement senti l'embrouille en voyant ces mecs arriver. Instinctivement, ma main se porte dans mon sac et je saisis le fameux PSM avec force. Je me cramponne à ce que je peux, à ce qui peut me protéger, et si Andrés a besoin d'aide, je saurais quoi faire :
- Pedro n'aime pas quand on le prend pour le con qu'il n'est pas.
- Oh ça, je le sais, ça fait un moment que je le connais...
- Alors tu devrais savoir qu'il ne va pas te lâcher.
- Je le sais aussi.
Il baisse la tête et se mord l'intérieur de la bouche avec culpabilité :
- Je connais parfaitement Pedro et sa manière de fonctionner. Le seul problème est que je ne vais jamais pouvoir payer ma dette. Vous savez dans ce monde, il y a ceux qui ont de la chance et ceux qui n'en ont pas. Ceux qui naissent avec une cuillère en argent dans la bouche et ceux qui crèvent de faim. Moi, je fais parti des deux catégories. J'ai eu une vie magnifique, pleine de rebondissements. J'ai eu de l'argent, beaucoup d'argent. Des femmes, des mariages, des villas, des voyages. Tout ce dont un homme peut rêver. Cependant, chaque homme devrait se souvenir qu'il n'est qu'un homme fait de chair et de sang. Nous ne sommes pas invincibles. Chaque homme a une faille, et la mienne est apparue brusquement. Mortellement.
- Qu'est-ce que tu racontes, tu essaies de nous embrouiller avec tes conneries ?
- Pour faire simple, je vais mourir et je ne pourrais jamais rembourser Pedro. Sur ce, je dois vous laisser messieurs, mon verre est vide.
Il leur démontre d'un mouvement de tête peiné et se jette vers le buffet pour attraper la première bouteille à sa hauteur. Une fois servi, il se précipite dans la foule dans l'espoir de les semer. les deux gaillards le suivent à la trace et je suis là, plantée comme une idiote à les regarder. A votre avis, qu'est-ce qu'il me reste à faire, bien sûr que je les suis... Je ne vais pas laisser ce grand con qui me détruit et me répare par ses belles paroles, se faire tuer au détour d'une soirée arrosée !
