Coucou tous le monde !
Oui, je sais, je suis impardonnable, ca fait un mois que je n'ai rien publiée et je m'en excuse sincèrement. Seulement voilà, je n'ai pas beaucoup eu de temps pour moi et quand j'en avais, je n'étais pas satisfaite de ce que j'écrivais, donc j'espère que vous me pardonnerez et que vous apprécierez ce chapitre à présent terminé !
Je voulais encore une fois tous vous remerciez tous pour vos reviews, vraiment je suis touchée à chaque fois et c'est un réel bonheur pour les auteurs de recevoir des messages avec vos impressions. Egalement un énorme merci à GALSWINTHE pour sa correction éclair !
Voilà, maintenant place à la lecture, bisous et merci encore !
CHAPITRE 21 – Echappatoire
Point de vue Jasper
-Comment va-t-elle aujourd'hui ? me demande Edward inquiet.
-Comme tous les jours depuis ce fameux accident. Je commence à vraiment m'inquiéter Edward. Elle tombe dans la déprime.
-Tu en es certain, j'ai pourtant l'impression qu'elle va mieux, me dit-il pas très convaincu lui même.
-Elle s'efforce de ne pas y penser, elle essaye d'oublier sa culpabilité en feignant d'être complètement remise mais plus elle essaye de se convaincre que tout va mieux plus elle s'enfonce. J'ai vraiment peur Edward, ce trop plein d'émotion n'est pas bon pour un vampire nouveau-né et quand elle sera submergée par sa douleur, elle risque de faire beaucoup de dégâts, expliquai-je avec gravité.
-Que doit-on faire à ton avis ?
-Je n'en ai pas la moindre idée, avouai-je perplexe. J'ai vécu toute sorte de choses avec les nouveau-nés dont j'étais chargé à l'époque mais jamais je n'ai eu affaire à un jeune vampire qui regrette de s'être nourri d'un humain.
-Crois-tu pouvoir lui parler, me demande-t-il avec espoir.
-Je veux bien essayer mais je ne sais pas si ça changera quoi que ce soit, confessai-je.
-On peut toujours essayer, souffla-t-il la mine inquiet.
Il me gratifia d'une accolade et repartit en direction de la villa. Ses derniers jours n'étaient pas tout rose et c'est pour ça que j'évitais avec soin de rentrer chez moi. Je ne supporte plus les émotions négatives qui flottent autour de moi alors je sors, je profite du grand air, de la solitude pour retrouver un peu de paix. Mais malgré tous mes efforts je n'arrive pas à songer à autre chose. J'ai appris à apprécier Bella pour toutes ses qualités et son courage alors ce qui lui arrive me touche profondément, et encore plus vigoureusement avec mon don d'empathie.
Je n'aurais jamais pensé que les choses se dérouleraient ainsi et je ferais n'importe quoi pour que notre famille retrouve le même bonheur que nous avons touché du doigt il y a encore quelques jours à peine. Le moment où la joie, le bonheur et l'amour baignaient notre maison. À présent je fuis cet atmosphère chaotique où la culpabilité, la tristesse et la souffrance règnent.
Je suis allongé sur le sol, les yeux dirigés vers le ciel nuageux de West Rutland, immobile. Mes pensées vagabondent vers un temps bien lointain, avant ma rencontre avec Alice. À cette époque je me nourrissais de sang humain et je me sentais fort et indestructible, ce que j'étais effectivement mais mes convictions n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. Maintenant j'ai appris que les humains ne sont pas de vulgaire dîners mais bel et bien des personnes avec une conscience et un cœur. Je n'avais jamais ressenti aucune culpabilité en tuant des humains, étais-je pour autant un monstre ? Oui, j'en étais un. Devrais-je raconter mon histoire à Bella. Est-ce que de savoir que ce n'est pas la seule à avoir succombé à la tentation apaiserait sa douleur ? Et de penser que moi ce n'est pas un humain que j'ai tué mais des centaines. Se sentira-t-elle moins mal après ça ? Je l'espère de tout cœur et si c'est comme ça que les choses doivent rentrer dans l'ordre je me replongerais avec plaisir dans ses souvenirs horribles, rien que pour que ma famille retrouve un semblant de vie normale.
Point de vue Edward
Je viens de rentrer à la maison après ma petite discussion avec Jasper et j'avoue que j'espère n'importe quel miracle pour retrouver ma Bella joueuse que je n'ai pas eu le temps de bien apprendre à connaître. Nous goûtions à peine au bonheur que déjà la souffrance nous rattrape. La maison est tellement calme, personne n'ose combler ce silence de mort qui règne. Chacun fait ce qu'il a à faire sans un bruit. Mais dans ce silence horrifiant, je l'entends. Elle fredonne une chanson inconnue, et si je ne me trompe pas elle chante en français, sa langue natale. Je comprends à peu près ce qu'elle dit pour avoir étudier cette langue. Sa chanson est triste, comme sa voix sans une once de bonheur mais emplie d'une mélancolie profonde. Je me laisse tomber sur le sol froid et colle ma tête contre le mur pour écouter sa voix divine et enchanteresse.
Le pardon commence où s'arrête la rancune
Elle prend tout son sens, quand il se mêle à l'amertume
Il nécessite du courage, déchire mais pourtant soulage
Anéanti les outrages, illumine les visage
Pardonnez-moi,
Mes faiblesses, mes faux pas,
Mais des erreurs qui n'en fait pas ?
Mes silences, mes absences,
Ma violence, mon arrogance.
Pardonnez-moi mes faux pas
Mais des erreurs qui n'en fait pas ?
Mes silences, mes absences,
Ma violence, mon arrogance.
Bien sûr que nous te pardonnons ma Bella. Et d'ailleurs tu n'as rien à te faire pardonner mon amour, c'est plutôt à moi de t'offrir mon pardon. Je t'ai abandonnée dans un moment si important de ta vie alors que j'avais promis de toujours assurer tes arrières. Ta voix tremble mon amour, je t'en pris ne pleure pas à nouveau, je ne supporte plus ta souffrance et je ferais n'importe quoi pour que tu puisses à nouveau vivre heureuse.
Quant à la rancune elle ronge
Trouble même les songes
Elle réclame une sentence
Suggère la vengeance
La rancune flirte avec l'injustice
Elle tente d'assassiner les quelques liens qui lui résistent
Prisonnière du passé elle vient hanter les présents
Pardonnez-moi,
Mes faiblesses, mes faux pas,
Mais des erreurs qui n'en fait pas ?
Mes silences, mes absences,
Ma violence, mon arrogance.
Pardonnez-moi mes faux pas
Mais des erreurs qui n'en fait pas ?
Mes silences, mes absences,
Ma violence, mon arrogance.
Pourquoi nos cœurs sont endurcis ?
Comme si on avait mis l'amour en sursis
Comme si l'on ignorait que le temps chasse
Souvent nous dépasse
Mais qu'est-ce qu'il nous reste ?
Quand ceux qui nous ont blessés
Ceux qu'on croit détester sans jamais cesser d'aimer
Un jour disparaissent
Nos regrets, nos remords, nos douleurs et nos larmes
Ne pourront jamais les ranimer…
Je ne me rends compte que je suis debout que lorsque j'ai atteins les dernières marches pour la rejoindre. Bella ne chante plus et j'entends seulement des sanglots s'échapper de ses lèvres. J'ouvre lentement la porte de notre chambre et je la trouve assise par terre les genoux entre les mains, elle se balance d'avant en arrière, les yeux rivés sur de vieilles photos éparpillées par terre. Elle ne m'entend pas, trop prisonnière de son chagrin pour faire abstraction du reste. Je m'assois derrière elle et la prends dans mes bras. Elle ne proteste pas et elle pleure, encore et encore. Les minutes passent, les heures défilent et elle ne bouge toujours pas, sa respiration s'est calmée et j'ai l'impression qu'elle s'est endormie mais non, ses yeux sont ouvert mais ils sont vide d'expression, comme à l'époque où nous nous sommes rencontrés. J'ai envie de la bousculer pour qu'elle réagisse, pour qu'elle reprenne sa vie en main mais je sais que ça ne servirait à rien. Au bout d'un moment elle se dégage enfin de mon étreinte et me regarde de ses yeux tristes et rougis par les larmes.
-Merci d'être là pour moi Edward, me dit-elle d'une voix tremblante. Il faut que j'aille prendre l'air, à tout à l'heure, ajoute-t-elle en se levant.
Elle saute par la fenêtre et s'en va sans un bruit. J'ai envie de la suivre mais Alice me l'a déconseillé fortement, elle a besoin d'être seule en ce moment et en cas de problème on le saura. Je soupire. Mes yeux se posent vers les photos abandonnées au sol et j'en attrape une qui attire mon regard. C'est Bella lorsqu'elle était humaine, avant son accident à en croire la date inscrite au dos. Elle est avec une femme, sa mère sûrement. Elle lui ressemble énormément. Sur la photo elle sourit et ses yeux pétilles de malice. J'en attrape une autre, cette fois c'est une photo de ses deux parents et elle. Ils avaient l'air tellement heureux. Je les attrape toutes et les regarde une à une attentivement. Bella avec ses amis, au lycée, sur des patins à glace, lorsqu'elle était enfant. Je ne peux empêcher la tristesse de m'envahir quand je vois tout ce qu'elle a perdu dans cet accident. Elle avait une vie bien remplie et heureuse.
Je finis par ranger les photos dans son carton et je tombe sur des dvd. Sélections championnats de France, spectacles sur glace Bella Swan est inscrit dessus. J'en prends un et l'insère dans mon lecteur, intrigué de voir ses talents de patineuse. Le film se met en route et je m'installe sur le fauteuil, attentif.
Les premières images sont celle d'une patinoire, assez grande pour ce que je vois, les tribunes sont pleines à craquer de monde, des voix s'entremêlent dans un vacarme assourdissant. La caméra se déplace, et nous voyons la même femme que sur la photo, la mère de Bella. Elle sourit devant l'objectif et adresse un petit message à Bella qui s'apprête à entrer sur la glace.
Ma chérie, qu'importe le résultat des sélections sache que ton père et moi sommes très fiers de toi ma puce, bon courage et bonne chance, dit-elle en envoyant un baiser à la caméra. L'image se reporte sur la patinoire, les lumières se tamisent pour laisser un projecteur unique sur la personne qui vient d'entrer sur la glace. C'est Bella. Elle est magnifique dans son costume blanc et or. Elle sourit et se met en position. La musique démarre et Bella commence son programme. Elle s'élance sur la glace avec légèreté et fait quelques tours de patinoire pour prendre un peu de vitesse, le père de Bella lance des encouragements tout en filmant sa fille.
Je suis hypnotisé par sa présence et sa grâce. Son visage est celui d'un ange, calme et paisible, baigné par la douce musique qui nous transporte. Elle enchaînes les figures et le public l'acclame avec sincérité. Je ne peux détourner mon regard de l'écran tellement je suis ébloui devant la beauté qu'elle dégage, elle était si heureuse et si pleine de vie. Elle sort de la patinoire en saluant le public et ses parents courent jusqu'à elle, Charlie ne prend même pas le temps d'arrêter la caméra, il l'enlace en la félicitant, les notes sont retransmises sur un écran géant et tout le monde sautent de joie. Des larmes de bonheur s'écoulent sur ses joues.
J'arrête le lecteur et m'allonge à même le sol, fixant le plafond d'un œil vide. Que dois-je faire pour retrouver l'étincelle de bonheur dans son regard. Comment puis-je l'aider à surmonter cette épreuve. Mes pensées sont confuses et je suis perdu et impuissant. Je suis tellement ailleurs que je n'entends pas la porte qui s'ouvre. Une main se pose sur mon torse et surpris j'attrape vivement celle-ci. Je relève les yeux et relâche un peu la tension quand je vois le visage bienveillant de ma mère.
-Pardon pour cette réaction, je ne t'avais pas entendu, soufflai-je triste.
-J'ai vu ca, dit-elle simplement. Elle s'installa à mes côtés et soupira doucement. Où est Bella ?
-Partie chasser. Elle avait aussi besoin de prendre l'air, à croire que ma présence l'insupporte, expliquai-je vexé et un peu énervé.
-Non, ce n'est pas ça Edward. Elle t'aime.
-Justement, si elle m'aime pourquoi ne veut-elle pas de ma présence à ses côtés dans un moment comme celui-ci ? demandai-je perdu. Je pourrais la soutenir. Au lieu de ça elle me fuie et je ne sais pas quoi faire pour l'aider, avouai-je avec difficulté.
-Tout ce que tu pourrais dire ne changerait rien pour elle. Ce qui se passe dans sa tête ne peux être résolue que par elle. Tant qu'elle ne se pardonnera pas, les choses resterons comme elle sont aujourd'hui, m'expliqua ma mère avec douceur. Il faut être patient. C'est dur pour elle et tout ce que nous pouvons faire c'est lui montrer que nous l'aimons et qu'elle est indispensable à nos vies. Prouve-lui que tu ne lui en veux pas et les choses s'arrangeront Edward, j'en suis persuadée, ajouta-t-elle en souriant.
J'enlaçai ma mère et lui embrassai le haut du crane avec reconnaissance.
-Merci maman, déclarai-je en souriant faiblement.
Point de vue Bella
Encore une fois je fuis devant la patience et la douceur d'Edward. Je me sens tellement pitoyable et indigne de son amour. Je ne mérite pas leur dévouement à vouloir me sortir de ce problème alors que je laisse une atmosphère pesante et amère autour de moi. Je voulais tellement offrir le bonheur à Edward, être la meilleure compagne dont il puisse rêver. Qu'il soit fier de moi autant que je le suis de lui. Mais j'ai seulement réussi à mettre la pagaille dans sa vie. Je sais pertinemment que chacun essaye de faire leurs possible pour me rendre la vie plus simple en se faisant tout petit mais ce n'est pas ainsi que ça changera. Je ne veux pas qu'ils arrêtent de vivre à cause de moi. J'aimerais retrouver leur entrain pour une partie de chasse, de la musique en fond sonore, des discussions passionnés dans le salon. À présent c'est un calme d'enterrement qui règne où chacun ignore l'autre pour ne pas briser ce silence qu'ils croient nécessaire pour m'aider dans mon combat. J'en viens presque à regretter ma vie d'avant. Avant ma rencontre avec Edward.
Ne pensez pas que je ne l'aime plus ni quoi que ce soit, au contraire mon amour pour lui grandit chaque jours un peu plus mais je ne supporte plus de le voir malheureux. Chaque regard qu'il pose sur moi me brûle car il a cette lueur d'inquiétude et de peine que je ne veux absolument pas voir dans ses yeux. Je me dégoûte à un point inimaginable. Je ne mérite pas cette famille, ni aucune autre d'ailleurs.
La nuit est tombée depuis quelques temps déjà et je ne me suis pas résignée à rentrer chez moi alors je cours autant que je le peux, évitant avec soin tout endroit susceptible de rencontrer un humain. Je ne sais même pas où je suis ni ce que je cherche mais sentir la brise dans mes cheveux, écouter les milles et un bruit de cette foret m'apaise, cette atmosphère n'est pas lourde d'amertume et j'arrive plus ou moins à faire le vide dans mon esprit. Je n'ai pas envie de rentrer chez moi.
Je me remets à courir, je traverse une interminable foret et je finis par m'arrêter quand une grande étendue d'eau ce dresse devant moi. Je me surprends toujours à essayer de ressentir la fatigue qu'aurait dû me causer cette course mais aucun signe de faiblesse ne vient me perturber. J'enlève finalement mes ballerines d'un bon coup de talon vif et m'assois sur un rocher puis trempe les orteils dans l'eau. Je scanne les environs du regard et admire la beauté de ce lieu seulement éclairée par la lune. Ce silence est merveilleux et paisible.
Pour la première fois depuis l'incident, je me sens bien. Aucune pensée noire ne vient me troubler. Je profite simplement de l'instant présent. Je contemple la lune qui se reflète sur le lac pendant des heures et finis par m'allonger. Je fixe d'un œil distrait les milliers d'étoiles dans cette étendue bleutée qu'est le ciel. J'aurais aimé qu'Edward soit avec moi, allongé l'un contre l'autre dans un calme reposant où nous profiterions simplement du moment présent. Ça aurait pu se passer comme ça si je n'avais pas dérapé. Si je n'avais pas abattu froidement cet homme et fait du mal à ma famille.
Et voilà encore une fois mes erreurs me rattrapent. Les derniers instants de ce pauvre homme me revienne à l'esprit et je n'arrive plus à faire face. C'est de plus en plus dur pour moi. J'essaye de vivre comme avant, d'imaginer être en paix avec moi-même mais plus rien ne marche. Je suis obsédée par cet homme. Il me hante et je n'arrive plus à chasser ce moment de ma tête. Je soupire. Je n'y arriverais jamais.
Les heures défilent encore et les premières lueurs du jour sont apparues depuis longtemps déjà. Je me sens égoïste car je sais pertinemment que ma famille s'inquiète de mon non-retour à la maison. Peut-être devrais-je rentrer à présent ? Non c'est impossible, il me faut traverser une route particulièrement fréquentée en journée et je ne voudrais pas renouveler une catastrophe. Tant pis, j'attendrais que la nuit soit tombée pour rentrer. J'avoue que ça me soulage un peu.
Je peux profiter un maximum de cet endroit paradisiaque pour essayer de faire le vide dans mon esprit. Je me focalise sur tout ce qui m'entoure et pour quelques instants j'y arrive. J'ai enfin eu un moment de répit. De courte durée certes mais ça fait tellement de bien. Il faut que je fasse des efforts pour ma famille. Il faut que je me batte comme je l'ai toujours fait malgré tous les malheurs qui ont frappés ma vie depuis quelques années déjà.
J'attends patiemment appuyée contre un arbre, à l'ombre de tout regard. Le soleil tape fort et des bateaux sont sortis sur cet immense lac. Je ne voudrais pas briller au loin et attirer l'attention sur moi. La nuit tombe enfin et je m'apprête à repartir. Mes ballerines de nouveau à mes pieds, je peux reprendre la route.
L'esprit vide, je cours à une vitesse fulgurante, mes pensées comme balayées par le vent qui fouette mon visage. Je me défoule autant que je le peux, évitant avec facilité chaque obstacle sur ma route. La frénésie de la course me rend un peu joyeuse et malgré l'obscurité de la foret, je ne suis aucunement affaiblie, bien au contraire, l'obscurité à quelques chose de rassurant pour moi. Peut-être parce que j'ai vécu longtemps dans le noir complet. Quoi qu'il en soit je suis bien. Les minutes défilent et les kilomètres parcourus s'accumulent rapidement, si bien que la route dont je parlais tout à l'heure se rapproche et je ralentis l'allure les oreilles aux aguets. Je m'arrête et j'attends le moindre signe qui pourrait me faire rebrousser chemin. Je suis tendue, j'ai peur. Peur de moi-même, peur que le monstre en moi se réveille à nouveau si j'approche de trop près un humain. Je grimpe à la cime d'un arbre pour avoir une vue d'ensemble sur la route, s'il n'y a personne je pourrais la traverser.
Malheureusement le malheur s'acharne sur moi car une voiture passe, et une seconde plus tard une autre passe dans l'autre sens. Je coupe ma respiration, simple précaution. J'ai envie de partir mais quelques chose m'en empêche et je n'arrive pas à savoir pourquoi. J'observe la première voiture, à l'allure tranquille et prudente. La seconde est plus rapide et aussi un peu moins concentrée. J'ai l'impression que mon cœur mort se remet à battre la chamade. Quelques chose dans cette scène me ramène à un souvenir désagréable. Peut-être les coïncidences d'une nuit noire, d'une route à priori sans danger mais que mon esprit refuse de quitter tant que les voitures ne se sont pas croisées sans accrocs. Ce mauvais pressentiment grandit à mesure qu'elles se rapprochent.
La seconde voiture zigzague dangereusement et apparemment la première ne remarque encore rien. J'ai envie de crier pour prévenir d'un potentiel danger mais je n'ai pas le droit de descendre de mon perchoir car dans cette situation le seul danger ce sera moi. La respiration toujours coupée, je ne peux qu'être spectatrice de ce que je vois à présent. Elle se rapproche encore plus, cette fois la première voiture à remarqué les zigzags louche et fait des appels de phare, à priori l'autre ne remarque rien. Mais qu'est-ce qu'il fiche bon sang ? Des coups de klaxons percent mes tympans à mesure que le conducteur de la première voiture se rapproche. Il ou elle ne sait pas quoi faire, essaye de se déporter mais malgré la largeur de la route il est impossible pour ses deux voitures de ne pas se percuter.
Un flash back me détourne de ce qui se passe, à présent c'est moi que je vois dans cette voiture, j'entends ma mère qui commence à paniquer, mon père hurle à l'autre de dégager mais le camion ne réagit pas, les avertisseurs sonores font échos dans mon esprit et le choc arrive. Un énorme boum me sort de ma torpeur, les deux voitures se sont percutées violemment et la première fait un tonneau avant de rouler une seconde fois vers la glissière de sécurité qui risque de céder face à la violence du choc, un autre tonneau, j'entends des cris de terreur et sans même réfléchir je saute de mon arbre. Une seconde plus tard je suis à la voiture et attrape l'avant d'une main et le bas de caisse de l'autre de toute mes forces pour éviter qu'elle ne tombe sur cette pente raide qui surplombe le bas-côté. Je suis entraînée malgré moi, j'ai du mal à redresser la voiture qui dérape toujours dangereusement. Je resserre ma prise et essaye de rester tant bien que mal sur mes pieds. La voiture s'arrête enfin. Je me fige, les cris d'un bébé me transperce les oreilles, oh mon Dieu non. La voiture est retournée et dans un sale état. Je m'allonge au sol pour distinguer le nombre de personnes. Une femme au volant apparemment inconsciente et un bébé dans son siège auto. Une seconde d'inattention me fait respirer une grande goulée d'air. L'odeur du sang me traverse les narines et je me fige. Non Bella pas encore, pensai-je. J'essaye d'oublier l'odeur mais il n'y a rien à faire elle m'obsède. Je lutte, n'y pense pas. Le bébé pleure toujours. Il faut que je sois forte. J'arrache la portière d'un coup et elle s'envole à plusieurs mètres. J'ai peur. Je n'ose pas avancer, je ne peux pas faire de mal à un bébé. Des larmes coulent le long de mes joues. Il faut que je réagisse. Mes mains tremblent et je me glisse dans la voiture, coupant à nouveau ma respiration. Des bouts de verre arrache mes vêtements quand je tente de me glisser dans l'habitacle mais ma peau ne fut en rien blessée. Je tends les mains difficilement et détache avec beaucoup de précaution le bébé. Une fois dans mes bras, j'arrache un morceau de ma chemise pour protéger sa tête des bouts de pare brise qui jonchent l'habitacle. Je rampe pour sortir et finalement parviens à me dégager en quelques secondes. Je me lève et observe le bébé avec attention, il pleure toujours mais n'a pas l'air blessé, simplement désorienté par ce qui vient de lui arriver. J'enlève le reste de ma chemise et l'enroule autour du bébé avant de le poser sur l'herbe, il faut que je sauve sa mère maintenant si ce n'est pas trop tard. J'arrache la portière conductrice et examine la mère du bébé. Elle est partiellement écrasée par le toit qui s'est plié durant le choc. Je détache sa ceinture et la maintiens de mes mains pour qu'elle bouge le moins possible. Son souffle est irrégulier et difficile. Du sang s'écoule d'une plaie sur la tête et sa jambe à l'air cassée. J'essaye de ne pas penser à ce que j'ai devant moi, je garde la bouche fermée et je fais attention pour ne pas respirer. Je la dégage de la voiture et la hisse loin de la carcasse.
Une fois terminé, je me rends compte de mon état. J'ai du sang sur les mains, ainsi que sur les vêtements, je voudrais m'en aller maintenant avant de réellement finir par faire une bêtise mais je ne peux pas les abandonner maintenant et après tous les efforts et le contrôle que j'ai réussi à garder relativement bien. Je n'ai pas de portable sur moi et rapidement je me glisse dans l'habitacle de la voiture accidentée à la recherche d'un téléphone, pourvu qu'elle en ait un. Je fouille dans les moindres recoins, attrape son sac à main, le sac à langer du bébé, rien. Je commence à paniquer. Une idée me traverse l'esprit et je ressors rapidement de la voiture pour retrouver l'autre véhicule encastrée dans un arbre. J'ouvre la portière et tout de suite des effluves d'alcool et de cigarettes emplissent mes narines. Aucune odeur de sang, il n'est pas blessé grâce aux airbags qui ont amortit le choc. Une colère noire s'empare de moi, l'homme est ivre mort, à cause de son inconscience il a heurté une voiture et blessé une femme et son bébé. Heureusement que le temps presse sinon j'aurais pu faire une bêtise. Je contourne la voiture et cherche à nouveau. Je fouille un peu partout dans l'habitacle et sur l'homme. Heureusement, il en a un dans la poche de sa veste. Je ressors rapidement et appelle le 911. J'indique le lieu de l'accident et le nombre de blessés, la standardiste m'informe que l'ambulance arrivera dans environs dix minutes et je raccroche, un peu soulagée. Je retourne vers la femme et son bébé et je coupe ma respiration une fois proche d'eux. La mère est à présent à demi inconsciente mais elle respire, Dieu merci. Elle gémit beaucoup et finit par ouvrir ses yeux, inquiète. Je la rassure rapidement en disant que tout allait bien et elle retombe dans l'inconscience. Le bébé pleure encore à l'endroit où je l'ai laissé et je l'attrape délicatement pour le réconforter. Il continue de pleurer quelques secondes et finit par se calmer dans mes bras. C'est un petit garçon à en juger par la couleur de son pyjama tout bleu.
Je souris, attendris par ce magnifique bébé qui m'observe avec attention. Je lui chuchote des paroles réconfortante et il s'endort, bercé avec soins dans mes bras de pierres. Je lui embrasse le front et oublie quelques instants la situation dans laquelle je me trouve. Je me soucis seulement du moment présent, du bébé que je tiens dans mes bras, de la douceur dont j'arrive à faire preuve malgré mon statut de vampire. Je suis tellement fière de moi à cet instant que j'en aurais pleurer. L'attente fut longue et angoissante car malgré que l'enfant aille bien il y avait tout de même une personne en danger et une autre ivre morte. Quand enfin j'entendis l'ambulance arriver, je posai délicatement le bébé près de sa mère et me cachai rapidement derrière les arbres pour ne pas qu'on me voit. Deux ambulances et un véhicule de police arrivent et plusieurs infirmiers coururent vers les deux voitures. Ils cherchèrent les blessés et furent étonnés de voir les portières arrachées et les personnes allongées un peu plus loin. Une des infirmières attrapa le bébé et fit un rapide examen avant de l'emmener dans le camion. Un homme d'une vingtaine d'années accompagné d'une femme un peu plus âgée arriva à sa suite muni d'un brancard, il immobilisa la jeune femme sur celui-ci et l'emmenèrent rapidement dans l'ambulance. Le premier camion repartit à vive allure en sens inverse. Je fus soulagée que la mère et son bébé soient entre de bonnes mains à présent et je ne m'attardai pas plus longtemps, en rien inquiète pour l'homme ivre qui avait causé l'accident.
Je soufflai un bon coup avant de reprendre ma route. J'étais impatiente de rentrer à présent et tellement fière de pouvoir raconter mon exploit. J'espérai de tout cœur que la femme allait s'en sortir et je demanderai à Carlisle de prendre des nouvelles pour moi, étant médecin il n'aura aucun problème à dénicher ses infos. C'est à présent heureuse et le cœur plus léger que je me dépêchai de rentrer.
Verdict ? Avez-vous appréciez ce chapitre ou au contraire l'avez-vous trouvez un peu moins bien ? J'attends vos reviews avec impatience.
Merci et à la prochaine !
MissJenny34.
