Série : Les inachevés

Disclaimer : Au sein de cette histoire, je manipule les personnages et l'univers d'Harry Potter qui appartiennent à qui de droit. Il sera également fait mention de plusieurs contes qui sont des histoires originales qui m'appartiennent donc.

Bêta : Toujours personne ! Comme vous allez sans doute le voir à mes fautes … Je cherche, je cherche !

Rated : M (notamment en raison de violence morale)

Note : J'en suis à près de 55.000 mots sur cette histoire :D Il y a quelques temps, j'ai hésité à me poser un véritable défi : écrire une fanfiction assez intéressante et longue pour obtenir 100 reviews. Et bien grâce à vous cette histoire est bien partie pour les atteindre ! Merciiiiiiiiiiiiiii :D

Chapitre 20 : Une histoire de décors

Le lendemain de l'arrivée du Trio d'Or et de Ginny, Draco se sentait épuisé. Il n'avait pas assez dormi. Kreattur l'avait réveillé pour qu'il aille prendre le petit déjeuné. Ça ne s'était pas très bien passé, les regards échangés en disaient long. Draco n'était pas à sa place ici, mais où aurait-il pu aller exactement ? Il était totalement coincé. Il passa une partie de la matinée à s'occuper du cocon pour les soins quotidiens, puis quelqu'un toqua à sa porte, faisant battre son cœur un peu plus fort. Il marmonna une invitation et Sirius ouvrit la porte.

- On va y aller. Remus nous rejoindra sur place. Prépares-toi.

- D'accord, merci.

Sirius hocha de la tête vaguement et sortit. Draco ouvrit la petite commode et en sortit ses affaires pour se changer. Il se demanda si Sirius s'énerverait de le voir trop bien habillé mais chacune de ses affaires étaient sans doute dans un style bien trop habillé. Il n'enfila pas l'écharpe aux couleurs de Gryffondor. Il saisit l'une de celles qu'il avait emmenées avec lui, une écharpe grise, très douce.

Il donna une dernière caresse au cocon et descendit. Tout le monde était là, prêt à passer par la cheminette et il devait admettre qu'il faisait vaguement tache dans cette petite assemblée. Il n'était pas à sa place. Il resserra un peu plus le manteau sur lui et passa quand son tour vient. Les autres semblaient vouloir l'ignorer, alors il en fit de même. Il resta ainsi en retrait.

D'après ce qu'il en avait compris, il devait faire des repérages pour choisir des décorations durant une partie de la matinée, puis ils mangeraient avec Remus et iraient effectuer leurs achats. Cela impliquait que tout le monde allait se séparer et il avait comme dans l'idée qu'on ne le laisserait pas vadrouiller à sa guise. Harry et Ginny partirent en amoureux explorer une partie du marché. Ron et Hermione qui avait dû se rapprocher à un moment où un autre en firent de même et Sirius finit par se tourner vers son mari et lui cracha :

- Tu me suis et tu ne parles à personne. C'est clair ?

- Oui, je comprends.

Après tout, Sirius ne pouvait pas être certain de qui ils allaient croiser. Le marché était public. Alors Draco resta silencieux, sans oser espérer croiser un ami ou un membre de sa famille. Il avança simplement dans les ruelles en observant les étals des étoiles pleins les yeux. C'était magnifique. C'était toujours magnifique.

Draco passa un moment devant les décorations d'un artisan sorcier. Il fabriquait et peignait des petites figurines qui s'animaient sous la magie. Certaines étaient seules et bougeaient en formant des cercles, des huit ou des trajets un peu plus complexes. D'autres étaient réunies sur de jolies plaques de bois pour des scènes plus fournies. Sirius s'approcha dans son dos et regarda l'une des scénettes.

- On dirait le décor du conte d'automne.

Il s'agissait de l'un des contes que Draco avait écrit pour l'enfant. Sirius l'avait illustré comme tous les autres. Il parlait de la manière dont viens l'automne après une période faste et de tous les petits trésors qui pouvaient encore être récoltés en attente de l'hiver. C'était l'un de ces nombreux contes qui reprenaient le bestiaire sorcier et il s'attardait notamment sur les licornes.

Sur cette plaque de bois tournaient plusieurs minuscules licornes autour d'un petit arbre. L'une d'elle cabrait un tour sur deux. Une autre semblait brouter par moment. La scène en elle-même était très délicate.

- Allez viens, terminons au moins de faire le tour du marché avant que Remus n'arrive.

Draco se raidit un peu, Sirius avait déjà l'air las et fatigué d'être avec lui alors que la journée commençait à peine. Draco était d'autant plus mal à l'aise qu'il comptait demander une faveur à Sirius. Il ne risquait pas de l'obtenir si cela partait comme ça.

Il voulait pouvoir choisir certains cadeaux. Il supposait que la tradition voulait que tout le monde s'offre des cadeaux et il ne voulait pas que certains prennent l'absence de présent venant de lui pour une insulte. S'il pouvait avoir un petit budget alors il pourrait faire quelque chose contre ça. En attendant, il ne faisait que regarder les décorations en se demandant à quoi ressemblerait la maison décorée.

Quand Sirius s'arrêta un peu plus longtemps devant un étal de guirlandes variées, Draco saisit sa chance et osa demander. Il devait le faire avant l'arrivée de Remus et idéalement, tant qu'il serait seul avec son mari. Il ne serait pas très poli de réclamer de l'argent ainsi mais ce serait toujours mieux de le faire loin d'éventuel témoins.

- J'aimerai pouvoir faire des cadeaux aux invités qui viendront le soir de Noël. Est-il envisageable de me confier un budget pour cela ?

- Tu veux de l'argent ?

- Oui.

- Pour faire des cadeaux ?

Draco acquiesça encore de moins en moins à l'aise. Sirius soupira et finit par accepter, bon gré mal gré. Il était surtout curieux en vérité de voir sur quoi les choix de Draco allaient se porter. Allait-il acheter une obscure kabbale ensorcelée à Hermione ? Sirius devrait sans doute tester les cadeaux pour éviter qu'il n'introduise des horreurs dans la maison sous ce couvert-là.

Ils finirent de faire le tour et Sirius invita Draco à acheter les cadeaux immédiatement. Draco choisissait, Sirius payait. C'était un étrange moment. Pas désagréable. S'ils pouvaient être aussi calmes ensemble en permanence, Draco en serait heureux. Et peut-être que Sirius aussi …

Draco se demanda néanmoins si son karma n'avait pas tourné lorsqu'il vit au loin certains des amis de ses parents. S'ils venaient lui parler, Sirius se mettrait sans doute en colère. Ils ne pourraient sans doute pas recommencer les achats tranquillement. Son cœur se mit à battre la chamade et il regarda autour de lui, un peu inquiet. Il entraîna Sirius dans une petite boutique, un peu à l'écart pour les éviter. Il avait envie d'aller les voir, de cogner les épaules tout à fait accidentellement bien sûr et de leur souffler quelques mots à l'oreille, pour ses parents. Mais s'il faisait ça, il allait y perdre beaucoup. Il n'était pas prêt à perdre le peu qu'il avait.

Sirius toussota pour attirer son attention. Draco le regarda sans comprendre alors il expliqua, sur un ton mi-moqueur, mi-enjoleur que Draco ne lui connaissait pas.

- Je suis plutôt du genre farceur, alors pourquoi pas, mais j'espère que ce n'est pas pour moi tout de même.

Draco ne comprit pas puis il suivit le regard de Sirius et découvrir devant lui un rayon des plus osés. Des jeux coquins, des menottes et là, en pleins milieux, le Kama-Sutra sorcier et les milles manières d'utiliser une baguette. Il rougit violemment puis fit « non » de la tête. Il n'avait pas offrir ça à qui que ce soit. Sirius ria un peu. C'était étrange de l'entendre rire. Il n'avait vraiment pas l'habitude, surtout en sa compagnie. En faites, ce n'était jamais arrivé jusque là.

Le jeune homme regarda autour de lui, à la recherche d'autres choses et s'approcha, un peu captivé, par un sortilège aux milles couleurs qui se répandaient là. A la façon de kaléidoscope moldus des formes de lumières et de couleurs se dessinaient.

- C'est plutôt sympa, mais je préférais le rayon précédent.

Draco était mal à l'aise face à ce Sirius taquin qu'il découvrait pour la première fois et les fards qu'il s'offrait involontairement avaient l'air de beaucoup amusé le plus âgé. Sirius finit néanmoins par avoir pitié de lui. Il lui fit un dernier clin d'œil et s'éloigna un peu de lui pour lui permettre de souffler. C'était plus d'humour et de délicatesse que Sirius n'en avait jamais fait preuve. Ils achetèrent quelques cadeaux supplémentaires. Draco ne voulait oublier personnes visiblement et Sirius nota, presque contre lui-même, qu'il faisait preuve d'une parité des plus totales. Les cadeaux avaient des intérêts de même valeurs pour chacun. Ils étaient intéressants et montrer qu'il connaissait mieux tous ces gens qu'il ne voulait bien l'admettre.

Ils finirent par aller au point de rendez-vous, passant entre les plus grosses décorations et les sapins. Sirius observa amusé les nains qui faisaient des sauts de kangourous dans tous les sens sous un quelconque enchantement.

C'était plutôt amusant et les enfants s'émerveillaient de tous les côtés. Ils montèrent doucement à travers les rues décorées. Là-haut, tout en haut de la ruelle, ils virent les dernières décorations. Immenses et superbes. A leurs pieds, plusieurs personnes attendaient signe que c'était un point de rendez-vous pour de nombreux groupes. Harry et Ginny n'était pas encore là visiblement. Hermione et Ron eux attendaient déjà, en compagnie de Remus.

Remus fit un sourire doux à Draco en le saluant puis il serra la main de Sirius, chaleureusement.

- Mangeons rapidement et puis, nous irons faire les achats. Harry et Ginny sont allés nous réservés des places. Il parait qu'il y a un monde fou et que c'est un véritable labyrinthe !

- C'est vrai qu'ils en ont mis dans tous les sens, s'exclama Sirius en riant.

Ensemble, ils avancèrent vers le restaurant. Draco détestait ces moments en groupe. Contrairement aux moments qu'il passait uniquement avec Sirius, là, il se sentait totalement seul. Il ne savait pas où se mettre pour ne pas déranger. L'air de rien, Ron le poussa une première fois, comme pour le provoquer. Il sentit son regard, presque méchant sur lui et il frémit. Que pouvait vouloir Ron au juste ? Il ne pouvait pas disparaitre. Il n'en avait pas le droit.

Il était un peu perdu dans ses pensées, en train d'essayer de rassembler ses esprits, lorsqu'une main lacera son bras, l'arrêtant violemment. Draco poussa un couinement discret sous la secousse et regarda rapidement qui le tenait ainsi. Au bout de cette main, il y avait Crabbe, le père d'un de ses amis de Poudlard.

- Que fais-tu là ?

- Lâchez-moi.

- Draco, as-tu un message pour tes parents.

- Je vais bien. S'il-vous-plait, lâchez-moi.

Mais c'était trop tard. Sirius s'était retourné et le regardait entrain de murmurer avec un mangemort notoire. C'était un cauchemar. Remus se retourna en sentant son ami faire demi-tour et son regard se posa sur lui à son tour. Draco se demanda un instant s'il aurait le temps d'arriver avec Sirius, pour s'interposer entre eux et l'instant suivant la main de Sirius tenait l'avant-bras de Crabbe. D'une voix glaciale il lui ordonna de lâcher son mari et Crabbe finit par obéir.

- Ses parents s'inquiètent, Monsieur Black., cracha alors l'homme.

- Je n'en ai rien à foutre. Ne l'approchez pas. C'est tout.

La main de Sirius se posa sur la nuque de Draco et le poussa vers l'avant, vers Remus. Le garçon avança sans en éprouver la moindre difficulté. Un peu honteux tout de même que Ron le voit ainsi. Ron et son insupportable sourire moqueur. Le jeune Serpentard sentit ses conduits lacrymaux le bruler un peu mais il avança, se collant presque au loup-garou pour rechercher sa protection. Immédiatement Remus le pris dans l'un de ses bras et lui murmura que ce n'était rien du tout. Tout allait bien. Le plus vieux les fit avancer un peu, peut-être pour s'éloigner de Crabbe ou peut-être pour l'éloigner de Sirius … Les deux étaient dangereux pour le garçon en cet instant.

Finalement, Sirius revient, le dos un peu vouté comme s'il revenait d'un dur labeur, mais surtout il avait ce regard, ce regard fou qui lui promettait mille morts. Dans le bras de Remus, Draco trembla. Remus continua de le tenir, défiant presque Sirius d'y redire quelques choses. Il alla même plus loin, puisqu'il annonça d'une voix forte et autoritaire :

- Harry et Ginny nous attendent. Allons-y.

Sirius hocha de la tête mais murmura, ombrageux au possible, qu'ils en reparleraient. Draco ferma les yeux un moment. L'homme taquin, marrant et farceur qu'il avait entrevu avait disparu en cet instant et il n'était pas certain de le retrouver un jour.