Hello !
Comment allez-vous ? Moi je vais bien, les vacances approchent !
Désolé pour l'attente, chers lecteurs, vous êtes bien géniaux d'attendre après moi comme ça !
Bref, voilà un nouveau chapitre, j'espère que vous l'aimerez…
Dites-moi ce que vous en pensez, comme toujours, ça me fait un bien fou et ça m'inspire !
Je vous adore & bonne lecture =)
PS. J'ai posté un petit OS sur Fred & George, si ça vous intéresse.
Je vous laisse à Anna, Remus et La Main ! (L)
Je ne sais pas pourquoi je n'allai pas voir Remus immédiatement le jour suivant. Pourquoi je n'étais pas parti à sa recherche quand j'ai vu qu'il n'était pas dans la Grande Salle au déjeuner. Et au cours de Sortilèges.
Je voulais le voir. Je voulais le serrer dans mes bras. Je voulais caresser ses cheveux. Je voulais le voir sourire, l'embrasser. Et pourtant… je ne faisais rien pour que ça arrive. J'avais évité Sirius, James et Peter du regard quand je les avait croisé, comme si je ne les avais pas vu, et je n'étais pas aller manger le soir venu. Dean et Jane m'avaient tenu compagnie en silence. Je n'osais pas leur dire. Ce n'était pas mon droit.
J'avais croisé Rogue, il m'avait lancé un regard entendu. Je ne savais pas trop s'il voyait que j'étais au courant. Je ne voulais pas voir ce sourire de satisfaction si c'était le cas. Si son but avait été de nous détruire, il avait presque réussi. De plus, pourquoi était-il au courant ? Pourquoi lui et pas moi ?
Je savais que ça ne tenait qu'à moi. Du moins, je l'espérais. J'espérais que lorsque je prendrais mon courage à deux mains et que j'irais le voir, tout redeviendrait comme avant. Mais ce moment n'arriva pas.
Je m'étendis sous les couvertes le soir-même avec la bonne impression que c'était l'un des pires jours de ma vie. Et ça se répéta le lendemain. Et le surlendemain. Jusqu'à la fin de la semaine.
Je m'étendis sous les couvertes le vendredi soir, les yeux fatigués et brûlants. J'en avais ras-le-bol. Je comprenais pourquoi je n'avais pas été envoyée à Gryffondor. Le courage me manquait. Je n'en avais pas. Tout ce que j'avais, c'était mon cerveau, qui ne cessait de penser, penser et penser.
Ras-le-bol.
J'aurais voulu qu'une petite voix intérieure, comme dans les films moldus, me crie : « Allez, Anna, vas-y ! », mais c'était le vide. Le néant. Un immense et impénétrable trou noir. Il m'aurait fallu quelque chose, quelque chose pour me réveiller…
Mes rideaux furent tirés brusquement et je sursautai en manquant de hurler.
- Ça suffit !
J'observai Dean et Jane avait des yeux ronds. Tout d'abord, comment Dean avait réussi à monter dans les dortoirs ? Et pourquoi étaient-ils là ?
- Quoi ? demandais-je.
- Arrête de jouer les déprimés, on en a ras-le-bol.
J'ai toujours partagé une certaine connexion avec Dean.
- C'est Remus, j'en suis sûre, dit Jane.
- Et alors ?
- Et alors ? Tu t'es vu la tête, Frankenstein ?
- Merci, Dean.
- Ça fait grand plaisir, ma belle. Et là, TU vas me faire le plaisir de nous expliquer ce qui se passe.
- Je peux pas, désolé.
C'était vrai, et je n'allais pas me battre là-dessus. S'il y avait une chose que je n'allais pas faire, c'était de leur dire. J'en mourrais d'envie, mais ça serait trahir Remus. Remus…
- Tu sais bien que c'est une tête de mule.
- Espèce d'entêtée.
Ils se mirent à m'insulter sur ma tête de cochon. Et alors, qu'est-ce qu'il avait de mal à cela ? Je les fit taire d'un geste de la main (je suis une vraie reine!).
- Écoutez, je ne peux rien vous dire. Simplement… nous sommes en… en…
- Froid ?
- Querelle ?
- Rupture ?
- Divorce ?
- Négociations pour la garde du bébé ?
- JE NE SUIS PAS ENCEINTE !
Je soupirai mais ne pu m'empêcher de ricaner un peu.
- Anna, écoute. Je ne sais pas trop ce qui se passe entre toi et ton prince charmant, mais je te connais. On sait tout les deux pourquoi tu n'as pas été envoyée à Gryffondor.
- Wow, Jane…
- Bien quoi, c'est vrai ! Ce que je veux dire, c'est qu'on est là pour te donner un coup de pied au derrière. T'as une idée derrière la tête, il y a quelque chose que tu dois faire et que tu veux faire mais que tu n'oses pas faire…
- Espèce de liseuse de pensées.
- Tu es du genre à te torturer pendant des années avant de te lancer.
- Laisse-moi t'annoncer que la torture est finie.
- Lèves-toi et vas-y, Anna.
- Il est tard.
- Et alors, tu crois que Remus est du genre à se coucher tôt ?
Je levai les yeux au ciel. Ils n'avaient pas tort. Et avant que j'ai pu protester, ils me jetèrent en bas de mon lit et me tirèrent jusqu'à en dehors de la Salle Commune. Seule. Dans le couloir froid et vide. En pyjama.
Bon. Deux options. Soit je me roule en position fœtus dans un coin sombre, soit je vais chez les Gryffondors et vais voir Remus.
Option 1 : très tentante. Mon premier réflexe. Mon passe-temps habituel depuis la dernière semaine.
Option 2 : peu tentante. Mais nécessaire. Et importante. Pour moi. Pour lui. Surtout pour moi. Je ne voulais pas le quitter. Je m'ennuyais de lui. De ses cheveux, de ses yeux, de son corps de rêve et de la Main, emblème divine…
Je me bombai le torse, refusai de penser pendant les prochaines minutes et me mit en chemin pour le portrait de la Grosse Dame.
Sirius m'avait tout raconté pour y parvenir. Sans doute avait-il pensé que j'aurais voulu faire des petites escapades nocturnes pour aller manger du chocolat avec eux la nuit (je tiens à préciser que ce n'est jamais arrivé, sauf cette fois ou Remus voulait me montrer leur dortoir…)
J'arrivai devant le portrait, piteuse. Avec un peu de chance, le mot de passe que Sirius m'avait donné au début de la semaine fonctionnerait encore. Je murmurai « ficelles de géraniums » et miraculeusement, la Grosse Dame me laissa passer, somnolente.
La Salle Commune était déserte. Il n'y avait que trois ou quatre élèves, certains devant des parchemins vides et d'autres en train de jouer aux échecs. Ils ne m'accordèrent étonnamment aucune attention, et je traversai la pièce vers les dortoirs des garçons. À peine fus-je rendu que quelqu'un m'appelait. Je me retournai, surprise, pour voir Lily.
- Anna ? Comment t'es arrivée ici ?
- Sirius, répondis-je simplement.
- Oh, je vois. Et qu'est-ce que tu fais là ?
- Heu, je… Je… En fait, je…
- Tu viens voir Remus ?
Tout ce que je trouvai à faire, ce fut de baisser la tête.
- Il était temps ! Je commençais à me demander quand tu allais venir. Ça le tuerais, sinon.
- N'exagérons rien…
- Anna, mets-toi à sa place.
Je remuai faiblement dans mes bas (puisque je n'avais pas de souliers). Ce fut plus fort que moi, des larmes me montèrent aux yeux.
- Oh, allons…
Lily s'approcha et m'attira dans ses bras.
- Je sais que c'est dur à avaler. Mais tu es là. Et c'est tout ce qui compte, d'accord ? Arrête de t'en faire.
- Je me sens tellement mal, Lily, si tu savais…
- Oh, je sais, ne t'inquiètes pas…
Je la quittai.
- Tu es au courant depuis longtemps ?
- Depuis l'an dernier. Il a eu besoin de moi. Tout comme ces derniers jours. Sirius, James et Peter ne savait plus quoi lui dire. J'ai pris la relève.
- Je ne voulais pas le faire souffrir. C'est juste que… je ne savais pas quoi lui dire. J'ai eu peur.
- N'importe qui de sensé aurait eu peur, Anna. Mais regardes-toi, tu es là, en pyjama, presque au bout milieu de la nuit, parce que tu te soucies de lui et que tu l'aimes. C'est ça l'essentiel.
Je souriai.
- Tu devrais t'associer avec Jane et fonder une clinique de psychologie.
- Sans doute. Allez, je te conduis à lui.
Pour une raison inconnue, j'eus un frisson. L'anxiété me tiraillait le ventre. Je tirais violemment sur mon pyjama qui menaça de découdre. Puis, Lily me quitta devant une porte, avec un dernier sourire.
Je serais restée là dix ans si j'aurais pu. Mais la porte s'ouvrit et le visage de James apparut.
- Une revenante !
Il m'aggripa l'épaule et me fit entrer. J'arquai un sourcil : c'était le fouillis total. Du moins, sur deux lits. Deux étaient dans un état de catastrophe, un autre correct et l'autre propre. Facile de dire à qui était lequel. James reprit sa place sur le sol aux cotés de Sirius et Peter. Ils observaient un immense bout de parchemin que je reconnus comme la carte qu'ils avait fait.
- On t'as vu arriver, Aurore, me dit Sirius en guise de salut.
- On a ajouté quelque chose de génial à la carte, il faut absolument qu'on te montre.
- C'est pour empêcher que n'importe qui la lise. C'est dément.
- Vous êtes des génies ! s'exclama Peter.
- Génial, les gars, sincèrement. Mais vous me montrerez plus tard, d'accord ?
Le silence fut et malgré moi, je rougis.
- Vous savez pourquoi je suis là.
James eut un petit sourire en coin mais se leva, imité par Sirius, puis par Peter.
- Joli pyjama, me dit Sirius avec un clin d'œil alors qu'il passait à côté de moi pour sortir.
Bientôt, le silence revint. J'étais seule. Avec Remus. Je me résolus enfin à jeter un regard vers lui. Il était assis sur son lit, une boîte de Dragées surprise pas ouverte devant lui, les cheveux en bataille, les yeux creux et cernés, en t-shirt et pantalon de pyjama.
- Salut, dis-je.
Quoi ? Ne me jetez pas ce regard-là, c'est tout ce que j'ai trouvé à dire ! J'aurais certainement pu gagner le trophée de la fille la plus anxieuse du monde, en plus de faire 3 syncopes (en même temps).
Il m'adressa un petit sourire, peu sincère, comme s'il était obligé. Je fis un pas vers lui, il ne réagit pas. Je sentais mes yeux brûler. J'allais pleurer. Par la barbe de Merlin !
- Remus, je…
- Ça va, Anna, j'ai compris.
L'entendre dire mon nom était comme entendre chanter un ange. Bon d'accord, comparaison pourrie, mais vous comprenez le sens, non ?
- Tu ne veux plus de moi et je te comprends.
J'aurais voulu m'écrouler sur le sol.
- Tu n'as rien compris du tout.
- Ah non ? demanda-t'il, me défiant presque.
- Non, rien du tout ! dis-je en élevant un peu la voix.
- Alors dis-moi ce que j'aurais du comprendre, dit-il en se levant et s'approchant. Qu'est-ce que tu voulais que je comprenne alors que tu es disparue ? Que tu n'es plus venue me voir, que tu es partie ?
- Je ne savais…
- À vrai dire, je devrais te remercier, Anna. Oui, je savais que j'étais un monstre, mais le comprendre de toi, ce fut le plus terrible coup de poignard.
- Remus, arrête !
Il s'arrêta à quelques centimètres de moi. Les larmes coulaient à flots sur mes joues. J'en avais assez.
- La seule raison pour laquelle je suis partie, c'est parce que je ne savais pas quoi dire ! Qu'attendais-tu de moi, au juste ? Que je te saute dans les bras ? C'est très lourd, et je sais que tu le sais ! Je ne suis pas une Gryffondor, je ne suis pas courageuse ! Je ne suis pas une Poufsouffle, je ne suis pas l'amie la plus fidèle et loyale qu'on peut avoir ! Et je suis encore moins une Serpentard, parce que je ne suis pas maligne ! Tu sais comment je suis, tu me connais ! J'étais perdue ! Et pourtant, cinq minutes après t'avoir quitté je le regrettais !
Je m'approchai encore plus de lui. Il s'était tut. Il m'écoutait, sourcils froncés.
- Tu es celui que j'aime, Remus, et rien au monde ne va changer cela ! Tu devrais le savoir, pourtant. La créature, la bête, peu importe ce que tu deviens une fois par moi, ce n'est pas toi ! Je ne suis pas idiote, j'ai écouté les cours de DCFM et je sais que tu n'es plus toi-même. C'est peut-être ce que tu as au fond de toi, mais ce n'est pas ce que tu es.
Je vis quelque chose briller dans ses yeux. Des larmes ?
- Ça m'a pris des jours pour venir ici, il a fallut qu'on me jette en dehors de mon dortoir pour que je me prenne en main et que je vienne ici, sans la moindre idée de ce que j'allais dire. Je suis maladroite, je ne sais pas comment agir, mais j'avais quelque chose à te dire sans vraiment savoir ce que c'était ! Et bien voilà, c'était cela. Je me fous que tu sois un loup-garou ou un papillon, Remus. Je t'aime, et je veux rester avec toi.
