Tout d'abord un grand merci à toutes celles qui m'ont proposé des vacances dans leurs dernières reviews! Par contre je n'ai pas bien compris : quand vous parlez de me séquestrer dans une cave, vous voulez dire « magnifique plage déserte » ? Et la torture, c'est bien un synonyme de « massage » ? Non parceque sinon je vais devoir décliner vos « généreuses » propositions.

Rar :

- Aleese : et oui j'ai au moins le plaisir d'avoir quelques pouvoirs. Enfin au moins celui de vous pourrir les fins de chapitre ;-). Sinon je retiens ton idée, tu proposes de laisser Harry à s'amuser et j'ai pleins d'idées : pourquoi ne pas le remettre avec Cho ou mieux… avec Ginny ? pour le reste, je ne peux pas te répondre sans risquer de spoiler la suite. Merci pour ta review débridée

- Sama-66 : euh… même pas peur… enfin un peu quand même. Je suis contente que tu ais repris le tic de Tom de jeter la vaisselle (en fait c'est un truc que je rêve de faire quand je suis énervée mais que je n'ose pas). Merci pour ta review… enfin je crois

- Clairobscur : Merci pour ton adorable review et j'aime beaucoup ta « trouvaille » !

- K.S. : euh… laisse moi réfléchir… OUI J'adore cela ! J'adore vous faire penser que tout va bien se passer…et non ! mais admets que cela ne te déplais pas ?

- XoXonii : et non, pas du tout !, sur ce coup tu n'as pas trouvé la suite. Tu auras la réponse dans le chapitre. Molester, c'est un synonyme de frapper. Merci pour ta review.

- Dia : je savais bien que cela servirait à certaines personnes. Tu n'étais pas la seule concernée, loin de là ! merci pour ta review

- Ivy…. Je ne sais plus quoi te répondre. Je suis morte de rire à chaque fois… puis inquiète… puis morte de rire… un grand merci pour tes reviews très légèrement décalées.

- Maria : je vais prendre uniquement la deuxième option ! Je comprends ta problématique mais alors là je ne vais vraiment pas pouvoir t'aider ! j'ai essayé de me soigner mais non, les fins de chapitres vicieuses, c'est ma marque. Courage !

- shishi-sama : oh… je t'adore, merci pour ton adorable review ! Harry a un moment difficile à passer mais ça s'arrangera à un moment.

Merci beaucoup à Louvy. Merci pour ta fidélité et le temps que tu prends pour améliorer cette histoire.

Bonne lecture.


Narcissa entra doucement dans le petit salon et s'approcha de la forme affalée sur le canapé. Elle sourit doucement en pensant que jamais un de ses hommes ne se serait laissé ainsi aller. Lucius et Draco étaient bien trop à cheval sur les bonnes manières et les apparences. Parfois, elle s'inquiétait pour son fils, qui voulait tellement suivre les traces de son père. Mais elle savait bien qu'il n'en avait pas la carrure et que cette voie ne lui conviendrait pas. Il était intelligent et débrouillard, mais il n'avait pas cette agressivité, ni cette envie de compétition qui animait Lucius et le rendait redoutable.

Certainement les trois siècles d'expérience du patriarche et ce qu'il avait vécu y étaient-ils sûrement pour quelque chose. Lucius était né à une époque où il fallait se battre dur pour survivre, et où tuer était normal. Narcissa espérait que son enfant aurait une vie plus douce, et c'est pour cette raison qu'elle refusait catégoriquement de le voir un jour transformé en vampire. Lucius partageait son opinion, à sa plus grande joie et au grand dam de Draco qui essayait sans cesse de les convaincre.

Mais contrairement à ce qu'il affichait, le jeune homme n'était pas si sûr de lui, ayant toujours l'impression de ne pas être assez doué à l'école, assez fort, assez populaire. Une fois sa carapace baissée, c'était un jeune homme fidèle et plutôt affectueux qui se dévoilait. Il n'y avait qu'à voir comment il avait passé les derniers jours à réconforter le jeune Potter.

Narcissa se pencha sur le canapé et caressa délicatement les cheveux hirsutes. Le brun gigota avant d'ouvrir doucement les yeux. Lentement, il se redressa et bailla.

- Désolé Narcissa, je devais être vraiment fatigué, s'excusa Harry.

- Il n'y a aucun souci, mon chéri. Je sais que tu n'as pas très bien dormi.

Harry rougit légèrement. Il s'en voulait d'inquiéter la mère de Draco. Et puis il savait que sa petite déprime devait leur paraitre ridicule… Se pâmer d'amour pour l'insensible roi des vampires, non mais quel crétin !

- Draco est vraiment trop bavard, ronchonna-t-il.

- Il s'inquiète pour toi.

- Il n'y a vraiment aucune raison. Ça me passera avec le temps.

Narcissa eut un petit moment d'hésitation.

- Tu as certainement raison, mon chéri… Il va falloir te préparer. Lucius t'attend d'ici dix minutes, termina la blonde en se retournant.

Elle n'avait pas eu le cœur à lui dire la vérité. Qu'il était peu probable qu'il oublie Lord Voldemort avant un très, très long moment. Car si ce que son mari lui avait dit était vrai, Harry et Riddle étaient en quelque sorte des âmes sœurs, et ils avaient déjà réalisé ensemble une partie du lien. Lucius lui avait raconté ce que lui et les autres avaient ressenti, ce moment de plénitude et d'espoir… Espoir que la malédiction soit enfin levée… Et espoir que leur maître avait aussitôt réduit à néant quand Harry avait trouvé refuge auprès d'eux, en larmes. Le jeune homme avait refusé de leur parler dans un premier temps, mais il ne fallait pas être devin pour supposer que les choses s'étaient mal déroulées avec le roi des vampires.

Narcissa avait blâmé Voldemort parce qu'il faisait le choix de rester maudit, lui mais aussi tous ses partisans, sans même se poser la question de ce qu'ils souhaitaient. Et également parce qu'il avait fait souffrir Harry. Le jeune homme avait peu parlé de ce qui s'était passé et ne semblait même pas en vouloir à Riddle. La blonde avait failli avoir de la peine pour cet homme qui se condamnait lui-même à une éternité solitaire. Mais il faisait trop de mal autour de lui par ses choix égoïstes pour qu'elle perde du temps avec lui.

Elle vit Harry redescendre avec son petit sac à dos. Le jeune homme s'avança vers elle et, après un instant d'hésitation, la serra dans ses bras. Narcissa sourit et l'entoura tout en lui faisant des petites caresses dans le dos.

- Tout va bien se passer, mon chéri. Tu vas retrouver ton parrain très bientôt et tu viendras me le présenter.

- Oui, bien sûr, murmura Harry. Merci pour tout, Narcissa.

La femme lui sourit, et le brun ressentit un petit pincement au cœur en pensant qu'il lui mentait. Ou en tout cas qu'il ne lui disait pas toute la vérité.

En effet, s'il avait cet élan de tendresse envers la blonde, c'était certes par reconnaissance, mais aussi et surtout parce qu'il savait qu'il ne la reverrait plus pendant longtemps. Il voulait ancrer le souvenir de sa tendresse et de ses étreintes dans son esprit.

Harry s'était conforté dans sa décision de partir avec son parrain, dès la fin de cette journée. Il faisait confiance à une partie de la tribu Malfoy, mais pas à Lucius qui restait bien trop fidèle à son maître… Son maître, il n'en avait plus rien à faire de lui maintenant et se fichait probablement de savoir où il irait. Mais Harry préférait tout de même rester discret et partir sans n'en informer personne. Il avait toutes ses affaires dans son petit sac ; il n'avait besoin de rien de plus et s'apprêtait à tourner une nouvelle page de sa vie.

Il monta dans la voiture avec un dernier signe pour la blonde. Draco était encore en cours et il avait eu droit à des adieux typiquement Malfoyen : froid en apparence, mais avec tellement de sous-entendus que cela l'avait fait éclater de rire. Il avait pris le blond dans ses bras avant de lui coller deux grosses bises sur les joues pour le rendre encore plus mal à l'aise. Il était certain qu'ils se reverraient un jour ; Draco était devenu un véritable ami pour lui.

Harry était excité d'arriver à destination pour voir son parrain, mais aussi très tendu de devoir se retrouver dans le manoir de Riddle. Il espérait ne pas croiser le maître des lieux — il n'avait aucune envie de le revoir avant des dizaines d'années… voir des siècles. Il trifouilla son collier qu'il avait au fond de la poche. Depuis ses dernières mésaventures, il ne s'en séparait plus. Mais là, il ne courrait aucun danger et n'avait pas besoin de se cacher. Et puis il tiendrait ses promesses jusqu'au bout.

Arrivé à destination, Harry pénétra dans le hall qui lui rappelait tellement de souvenirs. C'était la partie de la demeure qui avait le moins changé, et il avait l'impression de se retrouver tout enfant en train de l'explorer, avant de se l'approprier pour qu'elle devienne son refuge. Et c'est encore ici que sa vie allait prendre un nouveau tournant, qu'il tirerait un trait sur Little Whinging et son premier amour.

- Bonjour Harry.

Le brun se tendit automatiquement à l'attente de cette voix rauque et sexy. Il se tourna vers le vampire qui lui offrit un grand sourire séducteur. Ce… ce connard reprenait ses petits jeux comme si de rien n'était ! Harry ressentit une petite bouffée de chaleur devant celui pour qui son cœur battait toujours. Mais il se morigéna ; il ne devait rien espérer de lui. L'espoir, cela faisait trop mal. Mais il ne se comporterait pas comme un amant éploré. Certes, le vampire n'avait pas été trop délicat, mais il ne pouvait rien lui reprocher d'autre. Il avait toujours été honnête, dès le début : uniquement du sexe, pas de sentiments.

- Bonjour Tom. J'espère que vous allez bien.

- Toujours quand je te vois, mon cher.

Le vampire s'avança vers lui et leva une main pour lui caresser la joue. Le brun recula aussitôt pour être hors de sa portée. Ressentir à nouveau des caresses auxquelles il n'aurait plus jamais le droit, c'était au-dessus de ses forces. Le lord le regarda d'un œil désapprobateur… voir déçu ?

- Tu veux boire quelque chose en attendant ton cher parrain.

- Non, je vous remercie, je ne veux pas vous faire perdre de temps. Vous avez certainement beaucoup de choses à faire.

- Oh mais tu sais bien que j'ai toujours du temps pour toi, Harry.

Harry avait envie de lui hurler d'arrêter ses sous-entendus. Il avait eu ce qu'il voulait, qu'il le laisse en paix maintenant ! Et ce regard carmin tellement envoûtant, dans lequel il s'était tellement perdu pendant qu'il lui faisait l'am… non, qu'ils baisaient ! Il eut aussitôt un flash des deux corps enlacés dans le bureau du lord. Le brun étouffait, il avait besoin d'air !

- Je vais faire un tour dans le jardin.

- Je t'accompagne.

- Non !… S'il-vous-plait… Laissez-moi, supplia Harry dans un murmure en le fixant.

Tom eut un petit mouvement de recul devant l'ordre, mais il le laissa sortir… ou plutôt s'enfuir.

Le maître des vampires soupira. Il avait essayé, mais il avait été certain dès le départ qu'une simple drague de base ne suffirait pas à le réconcilier avec le petit brun. Il n'avait fait que penser à lui depuis leur week-end. Il en avait finalement conclu qu'il avait encore un désir inassouvi pour lui, et il ne voyait pas pourquoi il n'aurait pas le droit de se faire plaisir. Aussi avait-il décidé de le reconquérir. Ceci-dit, il connaissait suffisamment son caractère de cochon pour savoir que cela ne serait pas évident. D'un autre côté, le lord savait que le jeune homme avait apprécié leur petit « tête-à-tête », donc il ne serait certainement pas contre remettre le couvert.

Cependant, quand il l'avait vu arriver avec cet air tellement fatigué et triste, il avait juste eu envie de le serrer dans ses bras et de l'enlever pour l'enfermer dans sa pièce secrète, le mettre en sécurité et le cajoler. Il se secoua — ces idées ne lui correspondaient pas ! Harry l'avait vraiment envoûté avec son innocence et son esprit. Car malgré sa jeunesse, le brun avait une connaissance et une passion que le lord partageait largement avec lui. Il appréciait leurs repas hebdomadaires, et il n'arrivait pas à admettre qu'ils n'auraient plus lieu.

Pourquoi s'était-il laissé influencer ? Après tout, c'était lui le maître ici ! Et s'il avait envie de continuer à voir ce gamin, rien ne pourrait l'en empêcher. S'il entendait encore une stupide remarque sur ces inepties de compagnon — ou pire, d'« âme sœur » ! —, il n'aurait qu'à tuer l'inconscient qui se serait lancé sur ce sujet.

Avoir pris cette décision soulagea étonnamment Riddle, et il se permit alors de commencer à échafauder son plan de reconquête, tout en observant la silhouette qui se promenait dans le jardin. Il était en train d'étudier sérieusement l'option « enfermement » quand une voiture s'arrêta dans l'allée devant le manoir.

Il n'eut pas le temps de s'avancer que la porte s'ouvrit en grand.

- Ce n'est pas que je n'apprécie pas ta proposition, mais tu pourrais au moins m'inviter à diner avant !

- Fermez-la !

- Tu sais que j'adore ta voix si sexy.

- Vous savez ce que moi, j'adorerais ? Pouvoir vous pendre par les pieds pendant que vous vous videriez lentement de votre sang.

L'homme se colla pratiquement contre Severus et aboya presque :

- Ouah ! Tu sais vraiment parler aux hommes, toi. Oh oui, attache-moi et fais-moi tout ce que tu veux !

Severus Rogue, cet homme impassible et toujours maître de ses émotions, semblait prêt à exploser. Leur vacarme avait attiré plusieurs vampires dans le hall, et tout le monde assistait à ce spectacle en se demandant ce qui avait bien pu se passer. Qui donc pouvait réussir à mettre l'austère bras droit du maître dans cet état ?

- Vous êtes complètement malade. Et je pense qu'il aurait été préférable pour tout le monde que vous ne sortiez jamais de votre cage !

- Oh oui, je suis fou de toi, malade d'amour, mon beau ténébreux ! Et…

- Sirius ?

Cette petite voix joyeuse calma aussitôt l'ancien prisonnier, qui se tourna vers l'entrée et afficha un grand sourire en apercevant enfin son filleul — un sourire qu'il n'avait plus affiché depuis près de dix-huit ans. Il eut à peine le temps de faire un pas qu'une tornade brune était déjà dans ses bras.

C'était la première fois qu'il pouvait le prendre dans ses bras depuis très longtemps, et cela lui procurait un bonheur indicible. Il caressa doucement son dos, comme pour le réconforter, et il ressentit une bouffée de chaleur en le sentant se blottir un peu plus contre lui. Il ressentait cet amour qu'il lui diffusait d'autant plus fort qu'il en était privé depuis longtemps. Il finit par relâcher son filleul à contrecœur, incité en cela par le regard noir qu'il sentait sur lui… Et par noir, n'importe qui de moins optimiste aurait plutôt dit meurtrier.

- Je suis tellement heureux que tu sois là, Sirius, ne put s'empêcher de dire Harry sans lâcher la main de son parrain.

- Ce charmant jeune homme m'a accompagné jusqu'à toi avec plaisir, répondit l'ancien prisonnier en désignant Severus.

Il se rapprocha de son filleul pour lui préciser en aparté.

- Tu as raison. Il est absolument charmant et idéal à persécuter. Il démarre au quart de tour.

- Je suis tellement heureux de te revoir.

- Moi aussi, mini-Cornedrue.

C'est à cet instant que, sans que Harry ni son parrain ne comprennent pourquoi, les choses se corsèrent. Tout à coup, Lord Voldemort tira le petit brun en arrière et se posta devant Sirius avec une attitude clairement agressive, c'est-à-dire crocs sortis. Ses hommes se postèrent à ses côtés dans une attitude similaire.

- Qui êtes-vous ? grogna le vampire.

- Sirius Black… De la noble famille Black, répondit l'ancien prisonnier sans se démonter.

Il jetait toutefois des coups d'œil rapides autour de lui et vers Harry, pour évaluer les options qui s'ouvraient à lui pour tenter de récupérer son filleul. Il tomba sur le regard rougeoyant de son vis-à-vis. Quand on lui avait appris qu'il allait être libéré, Sirius s'était posé des dizaines de questions, dont la plus importante était : à qui devait-il ce bonheur ? Il savait qu'il aurait rapidement sa réponse ; et effectivement, elle lui était apparue dès sa sortie de prison… du moins partiellement.

Flash back…

Il était sorti de la sinistre prison d'Azkaban avec un mélange de joie et d'appréhension. Il avait passé près de vingt ans derrière ces barreaux, et il allait devoir réapprendre à vivre autrement. Sirius avait récupéré ses maigres possessions et avait échangé une poignée de main chaleureuse avec Tonks, la seule qui se soit montrée amicale et qui lui avait permis d'avoir de rares moments de douceur dans cet enfer. Ils échangèrent un long regard avant que celle-ci se retourne pour reprendre son poste. Il était peu probable qu'ils se revoient un jour ; elle symbolisait trop ce que Sirius souhaitait oublier à tout jamais.

C'est alors qu'un homme s'était approché de lui. Sirius garda son flegme bien qu'il ressentit aussitôt la menace. Il avait fréquenté le monde des chasseurs et des créatures assez longtemps pour savoir reconnaitre l'une d'elles, même après des années.

- Monsieur Black, veuillez me suivre s'il-vous-plait, invita le vampire en désignant la voiture garée un peu plus loin.

Les mots étaient polis mais le ton clairement froid et hautain. L'ancien prisonnier le toisa avec un petit sourire.

- Ma mère m'a appris à ne pas monter en voiture avec les inconnus.

- Je suis Severus Rogue, et je dois vous conduire auprès de Monsieur Potter.

Le ton restait courtois, mais le vampire était clairement agacé d'être là et de perdre son temps. Sirius n'avait pas tressailli à l'entente du prénom de son filleul — il avait été une des premières hypothèses à sa libération. Mais maintenant, tout un tas d'autres questions se superposaient. Il se demandait particulièrement : qu'est-ce que Harry avait dû négocier pour le faire libérer, et que venait faire ce vampire dans cette histoire ?

- Je ne voudrais pas être désagréable, mais si nous pouvions nous mettre en route rapidement…

Sirius sourit intérieurement en réalisant que ce Rogue était certainement le vampire dont Harry lui avait parlé. Alors il allait s'amuser un peu, pour essayer de se détendre en attendant la prochaine confrontation.

- Allons-y, beau brun.

L'ancien prisonnier offrit un sourire d'autant plus resplendissant qu'il vit le petit air pincé de son accompagnateur à l'entente du surnom. Harry avait raison, ils allaient très bien s'entendre. Harry… Dans quel pétrin s'était-il fourré ? se demanda à nouveau Sirius quand la voiture s'arrêta devant l'imposante bâtisse. Il se concentra encore plus, s'attendant à ce que les problèmes arrivent très rapidement…

Et il n'avait pas été déçu, même s'il se demandait ce qui pouvait avoir causé ce brusque accès de colère de celui qu'il savait maintenant être le roi des vampires en personne.

- Vous n'êtes pas un Black. En principe, les Black font partie de ma communauté, reprit froidement Lord Voldemort.

Sirius n'était pas étonné par la remarque. Un bon nombre des membres de sa famille avaient fait allégeance au vampire. Soit en se faisant transformer, soit en se mariant avec l'un d'eux, comme sa cousine Narcissa. La famille de Sirius avait donc vu d'un très mauvais œil que celui-ci préfère rejoindre les chasseurs et se batte contre eux.

- Il faut croire qu'il reste quelques spécimens sains.

- Je n'apprécie pas vos plaisanteries ! grogna presque le lord en attrapant violemment l'homme par le cou.

Harry ne lui avait jamais vu une expression aussi menaçante, et il commençait à craindre pour la vie de son parrain. Il ne comprenait pas ce qui mettait Tom dans cet état. Lucius et Severus étaient également très proches d'eux et semblaient savoir de quoi il retournait.

- Je répète ma question : qui êtes-vous, et que savez-vous ce « Cornedrue » ? Qui est-il ?

La pression sur le cou de l'ancien prisonnier se raffermit mais celui-ci tint bon. Après tout, il avait souffert assez longtemps pour ne pas abandonner alors qu'il était si près de la liberté. Et en plus, la question n'avait rien de confidentiel ; il ne livrait aucun secret d'État en répondant à cette question. Cornedrue n'était de toute façon plus de ce monde…

- Juste un ami… James… Potter, répondit difficilement Sirius à cause de la pression qu'exerçait toujours le vampire sur sa trachée.

Aussitôt, tous les regards se tournèrent vers Harry.

- Je suppose que c'est un membre de ta famille ? demanda Voldemort, menaçant.

- Mon père, répondit le brun, son regard passant rapidement du lord à son parrain.

Il réfléchissait à toute vitesse. Pourquoi Tom s'énervait-il ainsi ? Et comment connaissait-il le surnom de son père ? Harry savait que sa mère avait échangé une correspondance avec lui, et que son père s'y était également joint. Elle avait parlé au vampire du virus qu'elle avait participé à créer sous les ordres de Dumbledore, et de sa recherche d'un antidote pour les aider quand elle avait cessé de croire en les idéaux insensés de son mentor.

Une lumière se fit dans l'esprit de Harry. Ses parents n'avaient pas révélé leur véritable identité à Lord Voldemort ; ils avaient probablement utilisé leurs pseudonymes. Ainsi Tom n'avait jamais fait le rapprochement entre lui et ses parents… Harry avait pourtant pensé que l'intérêt du vampire pour sa personne était au moins en partie dû à cela. Mais comme le vampire ne lui avait jamais posé aucune question à ce sujet, il s'était dit qu'il devait déjà connaitre tout ce qu'il y avait à savoir, ou alors qu'il s'amusait encore avec lui. De toute façon, sa mère n'avait jamais trouvé la solution, alors cela n'avait pas beaucoup d'importance.

- Pourquoi ne l'as-tu pas dit ? reprit la voix froide de Tom.

- Qu'est-ce que vous vouliez que je vous dise ? Je ne savais même pas que vous le connaissiez !

Le jeune homme marquait un point et le vampire se calma légèrement. Mais quelque chose clochait.

- Et Lily ? demanda Severus en fixant intensément Sirius — l'imperturbable vampire semblait avoir eu une révélation.

- …

- Mais quel triple idiot ! s'écria Severus. Lily, ou plutôt Liliane Potter, c'est bien cela ?

Lord Voldemort se tourna à nouveau vers son protégé et le fixa. Cela faisait des mois que ses hommes et lui cherchaient ce couple étrange qui se faisait appeler Lily ou Cornedrue dans leurs correspondances, et depuis des semaines la solution était entre ses mains ! Ceux qui avaient potentiellement le secret de l'antidote au virus qui décimait ses troupes étaient enfin à sa portée… pour aussitôt s'éloigner à jamais puisqu'ils étaient morts. Sa seule solution résidait ainsi en Harry, ce jeune homme qui avait surgi dans sa vie et qui s'y était trop bien intégré. Mais le brun était à peine né à l'époque et ne pourrait donc leur servir à rien !

Tom Riddle se figea un instant. Pourquoi Harry était-il si calme et ne posait pas plus de questions ?

- Tu ne sembles pas surpris que je les recherche.

- Vous entreteniez une correspondance avec ma mère qui cherchait une solution pour vous aider avec ce virus. Donc non, je ne suis pas surpris.

Harry est définitivement trop futé pour son propre bien, pensa le lord.

- Comment sais-tu cela ?

- J'ai trouvé ses carnets, ainsi que ceux de mon père. Ils y relatent tous les éléments importants de leur vie, répondit le brun avec un air nostalgique. Repenser à tout ce qu'il avait découvert lui faisait monter les larmes aux yeux.

Sirius s'avança vers lui pour le prendre dans ses bras, mais le regard menaçant du lord ainsi que le léger grognement qu'il lança lui firent stopper tout mouvement. Harry leva les yeux au ciel.

- Et arrêtez de menacer mon parrain, grommela-t-il en s'avançant vers l'ancien prisonnier et en se positionnant juste devant lui.

- Viens ici tout de suite Harry, ordonna le lord.

- Non ! Je n'ai rien fait de mal ! Si tu… vous aviez des questions, il fallait me les poser. Vous n'avez pas à vous en prendre à moi parce que vous aviez l'esprit ailleurs.

Harry vit Severus s'avancer.

- Et avant que vous me posiez la question, non, ma mère n'avait pas trouvé l'antidote, sinon je vous l'aurais déjà dit.

- …

- Et oui, je vous donnerai ses carnets, coupa-t-il à nouveau le professeur de chimie qui avait ouvert la bouche. Cela m'était sorti de la tête à cause de… enfin… du léger contretemps. Mais je vous les ferai parvenir dans les prochains jours.

- Il est hors de question que je te laisse partir. Si tu vas chercher ces documents, Severus et Lucius iront avec toi, indiqua Tom.

- Mais pourquoi ?! s'indigna le brun. Tu n'as pas le droit de m'empêcher d'aller où je veux !

- Et bien je le prends, s'agaça le lord en se saisissant de son bras pour le tirer à nouveau près de lui.

Il se tourna vers Lucius et Severus tout en maintenant sa prise.

- Enfermez donc ce traitre à son sang et interrogez-le. Je veux savoir tout ce qu'il sait.

Sirius sortit une lame de sa poche. Elle était petite, dérisoire, mais elle lui avait sauvé la vie plus d'une fois et il n'allait pas se laisser enfermer à nouveau. Plusieurs vampires s'avancèrent, clairement agressifs ; certains avaient aussi sorti une arme.

Voldemort se détournait d'eux et se dirigeait vers les escaliers lorsqu'il reçut un coup de genou à un endroit très sensible. Il laissa échapper un cri de surprise et lâcha sa prise. Harry en profita pour se ruer sur son parrain et se jeter dans ses bras.

- Je vais faire diversion. Sauve-toi. Je te jure que je ne courre aucun risque ici. Fais-moi confiance, je te rejoindrai vite, lui murmura le brun le plus bas possible — heureusement pour lui, les vociférations du maître des vampires lui assuraient un peu de discrétion.

Le brun se saisit de la main de son parrain et y glissa son collier. Au regard brillant de celui-ci, Harry sut qu'il savait à quoi servait l'artefact. Tant mieux, il n'aurait pas à perdre du temps en explications. Pendant que Sirius était focalisé sur l'objet, le brun lui subtilisa son arme avec une rapidité impressionnante.

- Harry ! cria Sirius en essayant de la lui reprendre. Mais le brun s'était déjà éloigné de lui pour revenir vers Voldemort.

Ce dernier se détendit en pensant que le jeune homme devenait enfin raisonnable et se décidait à lui obéir. Il ne se posa aucune question quand il le vit le dépasser pour aller vers le fond du hall, et c'est là qu'il commit l'erreur de le lâcher du regard pour se fixer sur Black. Un cri de Lucius lui fit comprendre trop tard qu'il y avait un problème, l'entêtante fragrance se dispersant déjà dans l'air.

Il se tourna vers sa source et ne fut pas surpris de voir que cela venait encore de son infernal petit serpent. Harry tenait son bras en l'air et le remuait, faisant perler une rivière de sang et répandant encore plus son odeur. Au bout de l'autre main pendait un couteau ensanglanté. Tom comprit aussitôt ce qu'il essayait de faire : distraire tous les vampires présents en les attirant à lui. Et tout cela pour laisser le champ libre à son parrain.

Mais le maître des vampires avait beau le savoir, il était aussi certain qu'il ne pouvait pas perdre son temps à s'occuper de Black. Tous ses congénères ici présents avaient, certes, des années d'expérience et de contrôle, mais l'appel du sang de Harry était si envoûtant… Ils n'allaient jamais pouvoir y résister. Il vit Sirius et Harry échanger un regard avant que le premier ne tourne les talons. À cet instant, tous les vampires se ruèrent sur le brun qui commençait déjà à blanchir et à tanguer, certainement affaibli par la perte de sang.

- Ne l'approchez pas ! ordonna d'une voix puissante Voldemort en se jetant vers le jeune homme.

Mais il voyait bien que son ordre ne les atteignait pas. Même Lucius semblait sous l'emprise de Harry.

Tom, bien que rapide, était conscient qu'il n'arriverait jamais à temps, et cela le rendait fou de rage de savoir que l'un de ses hommes allait le toucher. Alors qu'il fulminait, il vit Severus se matérialiser devant Harry et repousser les premiers vampires. Le maître des vampires fut alors là, et les attaquants se calmèrent, hésitant à s'en prendre à leur propre maître.

Tom eut un soupir de soulagement lorsque le brun fut dans ses bras, à l'abri. Le jeune homme leva les yeux vers lui et lui offrit un sourire tendre avant de s'évanouir. Tom échangea un bref regard avec Severus pour lui signifier sa reconnaissance. Il était étonné de sa résistance, alors que tous les autres semblaient avoir perdu la raison.

- Je vais rattraper Black, proposa aussitôt Rogue.

Voldemort se contenta de hocher la tête. Il se fichait de ce parasite. Après tout, il ne lui apprendrait certainement pas grand-chose de plus. La clé était Harry, et son petit serpent était en sécurité dans ses bras. Le vampire resserra sa prise et gravit les escaliers à une vitesse surnaturelle. Il pénétra dans sa chambre mais ne s'arrêta pas, se dirigeant directement vers le mécanisme qui permettait d'avoir accès à la chambre secrète pour l'actionner.

Agilement, il monta l'étroit escalier, qui avait été totalement refait à neuf et ne présentait plus de risques majeurs, tout en restant malgré tout assez escarpé. Il arriva enfin à destination et déposa délicatement son fardeau sur l'immense lit.

Tom se détendit alors. Il s'assit sur le matelas et repoussa une mèche du visage du jeune homme. Il était trop blanc mais semblait plutôt apaisé, comme en confiance. Sans s'en rendre compte, le vampire était en train de caresser doucement — voir, d'aucun aurait pu dire, tendrement — la joue de Harry. Puis son regard se posa sur la blessure qu'il s'était obligé à éviter au prix d'un terrible effort mental. Le sang s'écoulait encore fortement : Harry avait visé juste en se tailladant profondément le poignet. Tom aurait voulu le soigner plus tôt, mais il avait eu peur de perdre le contrôle. Et là, au milieu de ses hommes assoiffés, la situation aurait pu virer au drame pour son protégé.

Il leva le poignet à hauteur de sa bouche et huma cette délicieuse odeur avant de plonger dessus. Léchant d'abord la plaie pour la refermer, il ne put s'empêcher d'aspirer le délicieux nectar. Et ce fut une explosion.

Le sang de Harry était tout simplement exceptionnel, et il avait cru ne jamais pouvoir y regoûter un jour. Il devait reconnaitre que cela l'avait obsédé ces derniers jours. Maintenant qu'il y avait encore une fois accès, il ne s'imaginait pas devoir en être de nouveau privé. Il y avait cette odeur d'épice, mais c'étaient surtout les sentiments qu'il véhiculait qui créaient ce sentiment de bien-être et de bonheur. Tom avait l'impression d'être à chaud et à nouveau vivant. Et, quoiqu'il puisse prétendre auprès de ses hommes, il regrettait cette sensation. Et là, Harry la lui procurait et…

- Tom, arrête…

Le vampire reprit conscience de la situation au moment où le léger murmure l'atteignit. Il avait été si léger qu'il se demanda un instant s'il avait été réel ou s'il l'avait seulement imaginé. Il lécha la plaie pour la cicatriser et se recula pour vérifier l'état de Harry. Il avait été tellement plongé dans son propre plaisir qu'il avait failli vider le brun de tout son sang. Il oubliait que le corps humain était fragile et qu'il ne pouvait pas boire tout son soûl sans le mettre en danger. Tom se recula pour éviter de se laisser à nouveau tenter ; il était hors de question de mettre la vie de son protégé en danger.

Le jeune homme était encore plus blanc qu'auparavant, mais il respirait calmement et ne semblait pas en danger. Il demandera à Severus de revenir le voir. Enfin, dès que celui-ci serait de retour.