Wow, et encore un chapitre tard ! Désolée !
Bon alors, puisque vous avez survécu tant bien que mal au chapitre précédent, savourez celui-ci ;)
Je suis heureuse de savoir que pour certaines d'entre vous aussi, les journées sont dures (Caro30 et mamamoya, excellent !)
Bon, et puis pour la suite du récit avec le premier vampire et tout le tralala, patience, ça arrive ! xD
Un grand merci à ma Bêta, Demoisel ! et à tout le monde aussi, évidemment !
CHAPITRE PRECEDENT : Renée quitta bientôt ma chambre, et je m'installai à la fenêtre, sous la lune, me demandant où pouvait bien être Edward. Et surtout, ce qu'il faisait.
Alice arriva par surprise, seulement cette fois-ci je ne sursautais pas, et elle sourit, sans que cela ne se reflète dans ses yeux.
« Qu'y a-t-il ? »M'inquiétai-je d'emblée.
« C'est plus compliqué que prévu »
« Non »Suppliai-je, et je tombai dans ses bras, le cœur déchiré.
Bonne lecture
20-Il va revenir
J'avais pleuré longtemps dans ses bras, avant qu'Alice ne puisse placer un mot.
Comment était-ce possible ?
Pourquoi n'avais-je pas tout simplement droit d'aimer Edward, sans me préoccuper du reste ?
J'essuyai mes joues avant de lever les yeux vers Alice. Elle me regardait, ses yeux pleins d'inquiétude.
« Ca va aller ? »Demanda-t-elle doucement, alors que je replaçais une mèche de cheveux derrière mon oreille. J'hochai la tête, trop peu convaincue par ma voix. « Esme est partie les rejoindre, et Edward a demandé à ce que je reste avec toi »Commença-t-elle, et son regard se porta sur un point dans le vide. Je vis son envie d'être auprès de sa famille, et je me serai frappée la tête contre un mur pour me punir si elle n'avait pas tenu mon bras dans une poigne serrée.
« Il…Il l'a demandé ? »Murmurai-je, des sanglots toujours présents dans ma voix.
Elle sembla revenir à la réalité, et posa un regard attendri sur moi.
« Il s'inquiète énormément pour toi. Il a peur que tu fasses une rechute »Sourit-elle, et je baissai les yeux.
C'était bien ça que je sentais en moi.
Le fait de retomber plus bas que je l'avais déjà été depuis un an.
« Il m'a fait beaucoup de bien, je pense que je pourrai survivre en sachant qu'il va revenir »
Tout mon espoir était sensible dans ma voix, et dans mes yeux.
J'avais une chance de rester saine d'esprit si Edward revenait à moi.
« Je ne sais pas Bella. Je dois t'avouer que je suis aussi aveugle que toi sur ce coup-là, et tu peux me croire si je te dis que je deviens folle. J'ai beau me concentré, rien n'apparaît jamais de la même manière » On entendait bien la colère qui bouillonnait en elle. Je pris sa main dans la mienne, et nous sentîmes le réconfort et le soutien se répandre dans nos veines.
Nous restâmes silencieuses un moment, pendant lequel je regardais dehors, alors qu'Alice fixait le mur en face de nous.
« Pourquoi est-ce que tu ne vois pas si clairement que tu le voudrais ? »Demandai-je en reposant mes yeux sur elle. Elle grimaça avant de répondre
« Mon pouvoir est subjectif. Selon la décision qui est prise, je vois des choses différentes. Toi, par exemple, je t'ai vu arriver. Mais ça n'a pu se faire que lorsque tu t'étais entièrement décidée. Tu n'imagines pas les avenirs que je t'ai vu alors que tu hésitais entre venir ici, ou quitter le pays »
Je me mordis la lèvre. Alors elle savait, avant même de me rencontrer, que j'étais torturée. Suffisamment torturée pour ne pas savoir quoi faire de ce que j'étais.
« Alors ceux qu'ils sont partis combattre changent d'avis…Comme de chemises ? »Demandai-je, à nouveau.
Alice sourit à la comparaison, et hocha la tête.
« Ils font des victimes, mais jusqu'à ce qu'ils aient bu la dernière goutte de sang de l'humain, ils ne savent pas s'ils seront transformés ou pas » Je me redressai, et elle ajouta « Si Edward sait que je t'ai parlé du processus de transformation, il va me tuer »
« On ne dira rien »Promis-je, déjà curieuse.
« Notre morsure est un venin qui se répand dans les veines. Si le cœur bat toujours, la personne sera transformée au bout de trois jours, en général. Mais si on a soif, et par 'on', j'entends le vampire, bien sûr, on peut ne pas faire attention à la quantité de sang qu'on avale, et on se retrouve avec un cadavre sur les bras, au lieu d'un nouveau né »
« Alors le coup de faire boire du sang au futur vampire, c'est du vent ? »
Je m'installai en tailleur, prête à l'écouter avec encore plus d'attention. Alice sourit et s'assit sur ses talons.
« Totalement ! Ce n'est que du mythe, je suppose que ça rassure les gens. Temps qu'on n'a pas bu du sang de vampire, on est sauvé »
« Alors c'est pour ça que Rose n'aime pas vraiment cet am… »Je me repris à temps pour dire « Cette amitié entre Edward et moi. Parce que s'il me mordait, je pourrais être transformée…Ou tuée »
Alice pencha la tête sur le côté, et me regarda comme si elle m'étudiait. Je me mordis à nouveau la lèvre, mal à l'aise, triturant mes protège-poignets. Puis elle sourit, et hocha la tête.
Bon sang qu'avait-elle déduit de mes propos ? Et des battements accélérés de mon cœur ?
« En partie. Je crois que Rose est surtout jalouse de toi »
« De moi ? »
Je me pointai du doigt avec étonnement.
« Bella, tu es ce qu'elle aurait voulu être » Alice posa sa main sur mon bras, et je me rendis compte que ses contacts ne me faisaient plus peur. « Rose te racontera elle-même son histoire, si elle veut. Mais sache que l'humaine que tu es n'est pas du tout ce qui la repousse…Elle crève de jalousie en voyant tout ce que tu peux faire »
Je baissai la tête.
Tout ce que je pouvais faire, c'était me renfermer sur moi-même et ne respirer que grâce à un vampire.
« Et puis, le fait que nous soyons proches de toi l'ennuie. Elle a peur que tu sois transformée et que tu ne puisses pas profiter de ce que tu es au fond de toi, ni de ce que la vie offre aux humains »
« La mort. C'est tout ce qui nous est offerts »
« Tu sais bien que non. Il y a plein de choses que les humains peuvent faire, et nous non. Nous ne pouvons pas rêver d'avenir, d'abord. Tout pour nous, se substitue. Rien n'est plus important qu'autre chose. A part peut-être nos âmes-sœurs, si nous les trouvons »
« Mais ça veut dire, la fin »Fis-je avec entêtement.
Les humains n'avaient rien d'enviable. Ils mouraient tous un jour, alors que les vampires pouvaient traverser les siècles sans souffrir du temps qui passait.
« Et parfois, il est préférable de pouvoir mettre fin à quelque chose. Tu n'as pas idée de l'ennuie qui peut nous posséder parfois en voyant que l'avenir est le même pour nous. Traverser les siècles, seuls, sans but précis »
Son regard se voila, et je me penchai
« Si tu pouvais, tu redeviendrais humaine ? »
Elle me regarda une seconde, et reporta son regard plus loin.
« Je ne crois pas. Ce que je dis peut sembler paradoxal, mais j'aime être un vampire. C'est tellement…Grisant. Et puis j'ai une carte de crédit inépuisable, et une taille parfaite pour faire les magasins jusqu'à la fin de temps, rien ne vaut ça ! »
Je ris en même temps qu'elle, et posai mon regard sur mon réveil.
« Dis-moi qu'ils reviennent bientôt »Suppliai-je, sachant qu'elle ne pourrait pas.
Elle grimaça, et inspira doucement, comme pour se calmer.
« Dès que j'en sais plus, je te préviens »Affirma-t-elle, et j'acquiesçai. Je ne pouvais rien lui demander de plus. « Bonne nuit, Bella »
Je souris, et m'allongeai. Alice en fit autant, au bord du lit, comme la veille.
****
Mercredi après-midi, Renée et moi avions fait des courses pour les quelques jours à venir, et nous avions discuté de mon avenir à la fac. Il était évident que je ne pouvais pas rester à Forks, alors que Dartmouth était à l'opposé du pays. Charlie nous avait, quant à lui, laissées gérer cette question, s'attelant à son travail de shérif, pour prévenir toute nouvelle disparition.
Je perdis la cadence alors que je pédalais pendant la balade à vélo que nous faisions, et vis que je m'écartai de ma route, une voiture en face de moi. Je repris de justesse mon cap et tentai de me concentrer sur mes pédales, et ma respiration.
« Ca va, Bella ? »Demanda Renée alors que nous posions pieds à terre à un feu.
« Hum hum »J'hochai la tête en évitant son regard.
Renée m'observa du coin de l'œil alors que je fixais droit devant moi.
Aux infos à la radio, ils avaient dit que de nouvelles personnes étaient portées disparues dans la région, et j'avais beau me répéter les mots apaisants d'Alice, j'angoissai. Je savais, au fond de moi, que c'était ridicule de m'inquiéter à ce point, mais je savais aussi que je ne pouvais pas contrôler mes réactions. J'avais tellement besoin d'Edward à mes côtés, que son absence était insupportable.
Le feu passa au vert, et je fis en sorte d'évacuer la tension qu'il y avait en moi, en me concentrant sur cette activité que Renée et moi avions pris l'habitude de pratiquer ensemble pendant nos vacances. C'était tout d'abord, un bon moyen pour explorer les environs, et aussi une activité qui nous laissait être ensemble, sans avoir à parler. Nous tournâmes à droite, en direction de la forêt, et je sentis en moi, l'envie impétueuse de continuer jusque chez les Cullen. J'accélérai et Renée me suivit.
« Tu connais l'endroit ? »Demanda-t-elle alors que le chemin se rétrécissait.
« Les Cullen habitent par là »Répondis-je en regardant avec attention ma route.
Nous continuâmes en silence, puis, je vis apparaître un mur de la maison.
« C'est superbe »Souffla Renée alors que nous descendions de nos vélos.
J'acquiesçai, et me doutai qu'Alice attendait de pouvoir nous ouvrir.
Je frappai à peine à la porte, qu'elle s'ouvrit, et Alice était aussi souriante que possible. Malgré tout, je reconnus l'angoisse dans son regard doré.
Renée laissa sa surprise devant la beauté d'Alice apparaître sur son visage, et je souris.
« Hey ! Ca ne dérange pas qu'on soit venues faire un coucou ? »Demandai-je en suivant Alice dans le salon.
« Absolument pas ! Bonjour, madame »
« Renée »Rectifia celle-ci en tournant sur elle-même pour apprécier l'espace. Puis elle nous regarda, et je triturai nerveusement mes protège-poignets. J'avais hâte de savoir si Alice avait des nouvelles d'Edward. Et surtout, j'avais envie de m'asseoir au piano.
'Tu ne sais pas en jouer !' Se moqua ma petite voix, et je m'empêchai de lever les yeux au ciel.
Je ne voulais que m'asseoir et laisser mes doigts courir sur les touches. Je voulais m'installer à l'endroit où j'avais vu Edward pour la dernière fois, dans un moment heureux.
« Je vous offre quelque chose à boire ? Vous êtes venues ici en vélo ? »
« En effet, oui. C'est vraiment escarpé jusqu'ici »
J'oubliai ma mère et Alice, et allai jusqu'au piano. Il était tel que je me le rappelais, et mon cœur se serra devant le banc vide. Edward y avait sa place.
Mon dieu, faites qu'il ne lui arrive rien.
Renée et Alice s'assirent au salon, et j'occultai leur conversation, pour me concentrer sur la berceuse qu'Edward avait écrite pour moi. Je soupirai, et sentis mon téléphone portable vibrer dans ma poche.
« Allô ? »Décrochai-je en ne regardant pas le nom de l'appelant, les doigts sur les touches du piano.
« Hey, Bella, c'est Angela »
« Salut, Ang', ça va ? »Avec étonnement, je sentis de l'enthousiasme dans ma voix, alors je détachai mon regard de l'instrument, et écoutai
« Ouais…Ma famille est partie, enfin ! »Nous rîmes devant le soulagement qu'elle manifestait et elle reprit « Avec les copains, on va à La Push demain, tu veux venir ? »
Je restai silencieuse.
Aller à La Push, ou rester chez moi à me morfondre ?
J'inspirai à fond, et sentis les regards de Renée et Alice sur mon dos. Je me tournai, et regardai Alice, espérant une réponse de sa part. Elle sourit, encourageante.
J'hochai la tête, et répondis
« Pourquoi pas, ouais. Mais je ne sais pas y aller »
« Génial ! Ben veut bien qu'on passe te prendre »Assura-t-elle après une seconde.
« D'accord »
Nous raccrochâmes alors, et désespérai de pouvoir parler à Alice toute seule. Renée se leva alors, et je sus que je n'aurais pas de réponse immédiatement.
« Je suis désolée pour votre famille, j'espère vraiment que tout s'arrangera »Dit-elle.
« J'en suis certaine »Affirma Alice, en insistant sur le 'certaine'. Mon cœur bondit de joie dans ma poitrine, et Alice me sourit, complice. Je lui rendis son sourire, et vins l'enlacer avec soulagement.
« Merci »Soufflai-je, et elle resserra ses bras autour de moi, comme signe de soutien.
Renée et moi quittâmes alors notre hôte, et nous retournâmes vers chez nous. Je vis les yeux scrutateurs de ma mère, et me sentis mal à l'aise. Finalement, elle craqua avant moi, comme nous parvenions dans le quartier de la maison de Charlie.
« Tu vas me le dire ? »
« Te dire quoi ? »Fis-je, innocente.
« Le besoin que tu as eu d'aller chez les Cullen, pour ne faire que t'asseoir devant le piano »
J'entendis sa curiosité, et détournai le regard sur la route.
« Je…Il me manque »Avouai-je, dans un souffle.
« Tu l'aimes tant que ça ? »Demanda-t-elle, doucement alors que nous descendions de nos vélos pour arriver à la maison.
« J'ai besoin de lui »Fis-je consciente que ça n'était pas réellement une réponse.
Nous déposions nos vélos sur le côté de la maison quand on entendit une voiture arriver. Je me tournai d'un bloc, le cœur battant, le sourire au bord des lèvres.
« Hey, Jacob »Sourit Renée en le voyant descendre de voiture.
« Bonjour, Renée, Bella »Répondit-il, en faisant un signe de tête vers moi.
« On peut t'aider ? »Demanda Renée en ouvrant la porte de la maison.
« En fait…Je m'attaque à la rénovation d'une nouvelle voiture, et je voulais savoir si le pick-up était en bon état…Au cas où… »Fit-il en désignant mon véhicule, à quelques mètres de lui.
Je fis un pas vers mon pick-up, possessive.
« Et pourquoi tu penses que quelque chose ne va pas ? »Fis-je, amère.
Il sembla hésiter, et je savais que c'était à cause du peu de fois que nous nous étions vus, pendant lesquelles je n'avais pas été très agréable.
« Bella ! Tu pourrais être plus sympathique, c'est gentil à toi Jacob d'être venu voir. Tu parlais d'un problème avec la radio, non ? »Intervint Renée, et je crus que j'allais la tuer. Je grimaçai et balayai sa remarque de la main
« Mais non, mais non. Rien de grave »
« Tu sais, je peux vérifier »Proposa Jacob, et je le détaillai de la tête aux pieds.
Mon cœur bondit dans ma poitrine quand je vis qu'il en faisait autant avec moi.
De quel droit me reluquait-il ?
Il dut voir mon regard noir, car il changea de jambe d'appui, en même temps que je tirai sur mes protège-poignets.
« Tu veux entrer boire quelque chose ? »Sourit Renée, et je trouvais qu'elle était assez sympathique pour deux.
Je montai dans ma chambre et m'installai à mon ordinateur.
Je restai quelques minutes à fixer l'écran sans bouger, puis j'entendis une nouvelle alerte de mail. Je l'ouvris, et cessai de respirer.
C'était Natalia, à nouveau.
J'hésitai à poursuivre ma lecture, et m'y résolus.
Hey !
C'est ma dernière tentative pour renouer avec toi. Je crois que j'ai compris le message. Je suis vraiment triste, et surtout je m'en veux, parce que cette situation est ma faute… Bella, j'espère que tu as repris ta vie, et que tu regardes tout notre passé avec un regard attendri. J'ai décidé que je n'allais pas aller chez ma tante pour les vacances, ça risquerait de te faire du mal. Au contraire, je vais en Europe, ouais, mes parents m'ont offert un voyage là-bas, j'ai hâte ! Comme quand on était petite, tu te souviens ?
Zut, je m'étais promise de ne pas te rappeler le passé, au cas où tu sois encore blessée.
Je t'embrasse.
Tu me manques, toujours
Ta Nat.
J'essuyai les larmes qui roulaient sur mes joues, et inspirai à fond.
L'Europe.
Depuis toutes petites, on rêvait d'y partir en vacances.
Sans trop savoir ce que je faisais, ni pourquoi je le faisais, je cliquai sur 'Répondre' et laissai mes doigts appuyer sur les touches.
Quand j'eus fini, je relus rapidement les quelques mots, sentant une nouvelle énergie grandir en moi.
Hey !
Je ne sais pas pourquoi je te réponds, alors que je sens mon estomac se nouer aux souvenirs de tout ce que nous avons vécu, mais je le fais.
Je suis désolée que tu n'ailles pas voir ta tante, mais après tout, l'Europe, c'est cent fois mieux. Tu vas voir toutes ces choses, et je t'envie.
Je n'arrive pas à croire que je t'ai écrit ça !
Félicitations pour la fin du lycée.
Enfin !
Au revoir,
Bells.
J'inspirai à fond, et lançai l'envoie du mail avant de faire marche arrière.
Avais-je réellement répondu à mon ancienne meilleure amie ?
Je secouai la tête pour sortir de la transe où j'étais, et me levai pour descendre préparer le diner quand mon portable vibra à nouveau.
Un nouveau message.
J'ouvris, et lus
Bella. Je fais le plus vite possible. Tu me manques. Fais de beaux rêves. Edward
Mon cœur bondit dans ma poitrine, et je sentis un sourire se dessiner sur mes lèvres. Je répondis
Edward. Tu me manques. Fais attention à toi. Je t'en prie. Bella.
Lentement, j'atteignis le rez-de-chaussée, et je remarquai que Jacob était parti. Je retrouvai alors Renée dans la cuisine, en train de préparer une salade composée.
« Tu aurais pu rester avec nous »Fit-elle remarquer en coupant les tomates.
« Je n'arrive pas »Avouai-je en sortant de quoi faire la vinaigrette.
Renée se lava les mains et me tendit le saladier.
« Tu sais qu'il n'y a pas qu'Edward au monde ? Chérie, ça serait vraiment bien que tu vois d'autres personnes »
« C'est ce que je fais demain. Je vais à…La Push »Dis-je, en réalisant que je croiserai surement Jacob.
'Respire, Bella. Tu pourras faire comme s'il n'existe pas'
Je soupirai alors que Renée souriait, visiblement ravie de cette nouvelle.
****
Ben conduisait lentement.
J'étais sur le siège arrière de sa voiture, et je retenais des soupirs d'agacement. Même si je ne pouvais pas conduire rapidement avec mon pick-up, j'aimais la vitesse, l'adrénaline qui montait en moi devant la vitesse.
« …Et donc elle est partie, furax »Disait Angela, et je réalisai que je n'avais pas écouté. Enfin, pas entièrement.
« Ah oui ? »Fis-je, et elle se retourna, consciente que je n'avais pas écouté. Je grimaçai. « Jessica est partie énervée de la fête après la remise des diplômes, c'est ça ? »
« Oui. Mais pourquoi ? »Insista-t-elle, alors que Ben soupirait, regrettant surement d'avoir accepté de me prendre au passage pour aller à La Push.
« Euh… »Fut la seule réponse que je lui donnais, et elle secoua la tête.
« Bella, je sais que tu n'aimes pas les potins, mais ça risque d'être vital cette après-midi. Jess et Mike ont rompu, et ça risque d'être tendu entre eux »
« Elle a rompu parce que quoi d'abord ? »Demandai-je en me penchant vers elle pour être sur de m'intéresser à ce qu'elle allait dire.
« Va savoir ! Tout ce qu'on sait, c'est qu'ils se sont disputés après une danse. Des rumeurs courent que c'est parce que Mike était tête en l'air »
« Il était pas tête en l'air ! »Intervint Ben, et Angela et moi lui lançâmes un regard noir.
De quel droit nous interrompait-il ?
Il rentra la tête dans les épaules, et fixa son attention sur la route.
« Donc Jess a pété un plomb, et elle est repartie seule de la soirée »Finit Angela, et j'acquiesçai.
« Ok. Donc ne pas s'interroger si on les voit à des kilomètres l'un de l'autre »Fis-je, comme si je me faisais une note personnelle.
« Tu as tout compris. Tiens, Tyler et son cousin sont déjà là »Fit-elle remarquer en désignant la voiture de Tyler.
Ben se gara non loin, et nous descendîmes pour rejoindre les autres, déjà sur la plage.
On avança et je repérai immédiatement Mike avec d'autres élèves de notre ancienne classe. A plusieurs mètres de là, emmitouflées dans des pulls, les filles dont Jessica lançaient des regards noirs aux garçons.
« Salut »Fit Angela, alors que Ben retrouvait les autres.
« Bella, tu es venue »Remarqua Laurène, acide, et je souris, provocatrice.
Décidément, malgré la fin des cours, elle n'avait pas pris un gramme de cervelle.
« Dites, il fait plutôt froid »
« C'est pour ça qu'on a les pulls…Mais tu ne dois pas être habituée, à Phoenix, ça doit être super ensoleillé à cette période de l'année »Répondit Jessica, et je serrai les poings.
Génial. Si en plus elles étaient aussi glaciales que le pôle Nord, j'allais vraiment regretter d'être venue !
Je m'assis, et leurs conversations reprirent sur les garçons qui étaient à plusieurs mètres de là, en train d'improviser des équipes d'escalades des rochers qui nous entouraient.
« Vous connaissez les rumeurs qui circulent sur les Quileute ? »
La voix de Laurène me ramena à ce qu'elles disaient.
« Un truc sur la magie noire ? »Demanda une fille dont je n'arrivais jamais à me souvenir le prénom.
« Encore mieux ! Certains d'entre eux auraient une sorte de pouvoirs. Ils pourraient faire renaître des gens »
« C'est quoi l'intérêt ? »
« Pff ! Qu'est-ce que j'en sais ? C'est ce qui se dit sur eux »
J'abandonnai l'idée de les écouter.
Comment pouvait-on raconter et croire ce genre de choses ?
'Le mec dont tu es amoureuse est un vampire' Souffla la petite voix en moi, et je me levai brusquement.
Toutes les têtes se tournèrent vers moi, et je posai une main sur mon genou
« Des fourmis »
Je m'éloignai, sans attirer leur attention plus longtemps, et allai vers la mer.
L'eau était calme, et sale, et le vent faisait rentrer le sable dans mes oreilles, et mes yeux. Je luttai pour attacher mes cheveux quand j'entendis
« Salut Bella »
Sa voix était vraiment étrange dans le vent, mais je savais de qui il s'agissait. Je rebaissai les mains le long de mon corps, et me tournai vers lui.
« Salut Jacob »
« Tu n'es pas avec les autres ? »Il désigna mes anciens camarades, et j'haussai les épaules.
« C'est pas très intéressant de leurs côtés »
« Ouais, il parait que de mettre des filles dans une même pièce ça peut donner tout un ensemble de ragots »Sourit-il, ironique.
« Ou des crêpages de chignons, au choix »Renchéris-je, en croisant mes bras autour de moi.
« Personnellement, je suis partant pour jouer l'arbitre dans le crêpage »
Je ris doucement à sa plaisanterie, et le vis se figer.
« Quoi ? »
« C'est la première fois que tu me parles, et surtout sans me lancer des regards assassins »
Je me mordis la lèvre, et tirai sur mes protège-poignets, mal à l'aise. « Pardon, si je ne suis pas très délicat. Il paraît qu'on s'habitue »
Je souris faiblement et commençai à marcher, ayant besoin de faire quelque chose.
Jacob me suivit, à quelques pas sur mon côté.
« Alors le lycée, c'est fini pour toi ? »
« Oui »Répondis-je simplement.
Comment pouvais-je être aussi prompte à lui parler alors qu'à peine quelques semaines plus tôt je l'aurais rembarré ?
'Edward'
Quoi Edward ? M'agaçai-je toute seule alors que Jacob me parlait.
'Il t'a aidée. Tu avais besoin de lui pour retrouver goût à la vie'
« Je ne me sers pas d'Edward ! »M'agaçai-je à voix haute, et je vis le regard interdit de Jacob.
« Pardon ? »
« Euh…Non rien. Tu disais ? »Je souris, tentant de paraître repentante.
« Je te disais que j'étais désolé de la manière dont nos dernières rencontres s'étaient déroulées »
« Oh ! Moi aussi, j'ai pas été très sympa »
Et je réalisai que je ne mentais pas. A présent, ça me dérangeait d'avoir agi ainsi avec Jacob. Après tout, c'était le fils du meilleur ami de mon père, je pouvais faire un effort.
Jacob me regarda de travers, et s'écria
« Qui que tu sois, sors de ce corps ! »
Je ris en secouant la tête, et nous marchâmes dans un silence agréable pour revenir auprès des autres.
Que m'arrivait-il ?
D'abord je le fuyais, voire l'ignorais. Ensuite je riais de ses blagues idiotes.
'Edward' Souffla à nouveau la petite voix en moi, et je compris.
Edward m'avait beaucoup aidée en m'incitant à me confier à lui, autant qu'à lui faire confiance. Alors maintenant, je renouais avec le monde. Et mon premier pas avait été de m'avouer mon amour pour Edward. Le second de répondre au mail de Natalia, et le troisième, ou un second bis, était de parler avec Jacob Black.
« C'est moi, ou on n'a pas de nouvelles des Cullen depuis le bal ? »Demanda Tyler en ouvrant une canette de soda qu'il sortait de sa glacière.
« Et ça t'ennuie ? Personnellement, j'en suis ravi »Assura Mike, et Eric acquiesça en riant.
« Tu ne les as pas invités? »M'interrogea Laurène, et dans sa question j'entendis l'étonnement. C'était vrai que j'avais passé tout mon temps avec les Cullen depuis quelques semaines, ça pouvait les étonner.
« Ils sont partis en voyage »Dis-je, en tirant sur mes protège-poignets.
« De toute façon, les Cullen ne viennent pas ici »Assura un des Quileute, et je relevai la tête avec étonnement en entendant le ton ferme et menaçant de sa voix.
J'haussai un sourcil et vis le hochement de tête unanime des amis de Jacob.
Que voulaient-ils dire par là ?
Les conversations enchaînèrent sur les projets de vacances, et je me tournai vers Jacob, prête lui poser des questions.
Il me lança un regard inquiet, alors je souris doucement, montrant un air innocent sur mon visage.
« Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? »Demandai-je en désignant le Quileute qui avait parlé.
Jacob le regarda avant de tourner la tête vers moi.
« Suis-moi »
Il se leva, et me tendit la main.
Ok.
Je n'étais pas prête à ça !
J'avalai difficilement, consciente du regard étonné de Jacob, et me levai par mes propres moyens. Sa main retomba sur ses côtés, et je fis quelques pas à l'écart, décidant ainsi de l'endroit où nous irions.
J'étais curieuse mais pas dingue. Je ne le connaissais pas, et je n'étais pas prête à me lier avec lui. On parlait, comme je parlais avec les autres. Point barre.
'Point barre' Répéta ma petite voix, comme pour asséner ça.
« Alors ? »Demandai-je, en croisant les bras sur ma poitrine, sentant mon estomac se contracter.
« Tu sors avec l'un des Cullen, n'est-ce pas ? »Attaqua-t-il, et il me prit de court. Je me mis sur la défensive, et relevai le menton. « Ca va, calme-toi ! Je ne te fais rien ! »
« Pourquoi tu me dis ça alors ? »Répondis-je, acide.
Il regarda à nouveau vers ses amis, puis me fixa.
« Les Cullen n'ont pas le droit de venir ici. C'est notre territoire »
« Votre quoi ? »M'étonnai-je en ouvrant de grands yeux.
Jacob soupira, et marcha encore sur quelques mètres. Je le suivis à bonne distance.
« Les Quileute sont sensés descendre des loups »Commença-t-il, et je me figeai.
Aurais-je droit à un cours sur la mythologie ?
« Ah oui ? »Fis-je, pour la forme.
Jacob hocha la tête et emprisonna mon regard dans le sien. Je frissonnai.
Non, décidément, je n'appréciais pas ce qu'il était.
Je me forçai à rester à portée de voix, je devais savoir ce que les Cullen avaient à voir avec les Quileute.
« Et nous combattons les 'Sangs froids' »
Qu'est-ce que c'était que ça ?
« Les Sangs froids ? »
« Je te dis ça parce que tu es au courant pour eux, j'en suis sûr, c'est obligé étant donné ta relation avec l'un d'eux »Il grimaça à cette simple idée, et je serrai les poings.
De quel droit jugeait-il les Cullen ?
Eux qui étaient partis combattre d'autres vampires pour éviter qu'ils viennent jusqu'ici !
« Et tu entends quoi par là ? »Lançai-je.
« On les surveille, tu sais. Et surtout toi. Même si tu prends ce risque par toi-même, on ne peut pas les laisser faire ce qu'ils veulent »
« Jacob, je ne vois pas de quoi tu parles ! »
Je me détournai, et priai pour que l'après-midi finisse vite.
****
J'étais dans ma chambre depuis peu, ce jeudi soir, enfin rentrée de La Push où j'avais passé mon temps à éviter Jacob et ses amis, quand je lançai une recherche sur ce qui m'intéressait en ce moment.
Les Quileute.
Leurs légendes étaient intéressantes, mais j'appris surtout la légende qui parlait des loups. Et restai estomaquée devant mes découvertes.
Les Quileute étaient assimilés à des loups-garous !
Je me reculai contre le dossier de mon fauteuil, et tentai de reprendre une respiration normale.
Et ces loups-garous combattaient les 'Sangs froids'.
La sonnerie de mon téléphone portable me sortit de mes pensées, et je pris l'appel lentement.
« Allô ? »
« Tu ne dors pas ? »
Mon cœur bondit, et je me redressai.
« Edward. Oh mon dieu ! Tu… »
« Tu vas surement aller au lit, mais je voulais t'entendre avant »
Mon cœur fondit à cette révélation.
« Je dormirai mieux en ayant entendu ta voix »Avouai-je en éteignant mon ordinateur, et me dirigeant vers mon lit.
« Je suis vraiment désolé de ne pas avoir appelé plus tôt. Ca a été assez difficile »
« Oui. Alice m'a dit…Enfin, j'ai eu peur, Edward. Et encore maintenant. S'il te plait, dis-moi que vous revenez »Suppliai-je en m'adossant au mur.
« Je ne sais pas pour quand, Bella. Euh…Alice m'a dit qu'elle ne t'avait pas vu cette après-midi »
« On n'avait pas dit qu'on se voyait…Elle aurait du m'appeler je l'aurais… »
« Non. Elle n'a pas vu ton avenir. Tu avais disparu de son radar »
« C'est possible ? »
« Il faut croire. TU n'imagines pas les angoisses que j'ai eues. J'étais prêt à venir pour te chercher moi-même »
Je me mordis la lèvre.
« De toute façon, les Cullen ne viennent pas ici »
« Tu n'aurais pas pu me trouver »Dis-je, et je lui expliquai ma journée.
« Les Quileute…Des loups-garous ? Alors ça ! Carlisle avait pourtant dit que le gêne avait disparu »
« Carlisle ? Tu savais ? »M'étonnai-je, blessée de ne pas avoir été mise au courant.
« Oui. Enfin, on pensait vraiment qu'ils s'étaient éteints »
« Il faut croire que non »
« Et ce Jacob Black, c'est un ami à toi ? »Demanda-t-il, avec ce qui me sembla une pointe de jalousie.
Je souris malgré moi, et répondis
« Absolument pas…En fait, je n'ai parlé avec lui que parce que c'est le fils de Billy, le meilleur ami de Charlie. Mais il ne me dit rien qui vaille » Et j'entendis un soupir de soulagement à l'autre bout du fil. « Edward…Tu peux me chantonner ma berceuse ? »Demandai-je d'une petite voix, et je l'entendis rire doucement d'où il était. Je fermai les yeux, et mon imagination me porta à ses côtés. Dans ses bras.
« Tu es prête ? »Demanda-t-il en reprenant son sérieux, et j'acquiesçai.
Je m'installai confortablement sous ma couette, et écoutai ma berceuse, sentant mon corps se détendre.
Edward allait revenir.
J'en étais sur.
NOTE : haha ! et Encore un chapitre sans Edward, mais je vous avoue qu'il me manque aussi. Il a intérêt à vite rappliquer, c'est moi qui vous le dis (ok, je vais prendre mes médoc anti-folie-sadicité-chronique, et je reviens). Pardon pour ce délire !
Gaby, assez long ce chapitre ?
anonyme : ok, ok, j'avoue que je m'inspire (et c'est pourtant pas volontaire) au film. Mais avec les images sous les yeux, c'est plus simple d'écrire. Et pour 'speak', non, jamais vu…Alors il ne s'agit que de hasard !
Allez, tenez-le coup, la suite est pour dimanche !
PS : l'OS 2 de 'Parce que tu m'as quittée', sera en ligne dès samedi soir. Ouais, je me fais de la pub, et j'assume xD
Bisous
