Coucou !
Me revoilà après une loooongue absence. Et au cas ou vous vous poseriez la question (on peut rêver^^), mes vacances se sont super bien passées !
J'ai passé une belle semaine avec le soleil et enfin, j'ai réussi à prendre des couleurs !
Alors un petit conseil, si vous aussi avez eu l'idée un jour de visiter les châteaux de la Loire, faites comme moi, allez-y, c'est absolument fantastique !
Et il y en a qui méritent franchement d'être vu.
Mais maintenant, place à ce chapitre qui marque un tournant dans la vie de Rodney.
Bonne lecture !
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Chapitre 21
John et Rodney se réveillèrent trois heures plus tard, étonnés de s'être endormis aussi rapidement et aussi longtemps. Bien reposé, John réchauffa le café et ils petit-déjeunèrent l'un en face de l'autre sans rien dire. Ils apprécièrent grandement ce moment de complicité silencieuse où ils ne firent que se donner le pain ou le beurre ou la confiture sans avoir prononcé un seul mot, comme s'ils avaient été connectés.
-Ça te fait pas bizarre à toi ? Dit soudainement Rodney.
-Quoi donc ?
-Regarde-nous ! On est là, assis, on prend un petit déjeuner comme si de rien n'était, on n'a même pas besoin de se parler pour savoir ce que l'autre veux... ça fait peur...
-Tu as peur de quoi au juste ? S'inquiéta John.
-Que ça ne dure pas... Murmura le scientifique avant de prendre une gorgée de café, histoire de se donner une contenance.
-Ça durera jusqu'à ce que l'un de nous décide du contraire, ce que je n'espère pas...
McKay ne répondit rien et se contenta de le regarder en souriant.
-Bon ! T'as prévu quelque chose aujourd'hui ?
-Non, pas vraiment... en fait, faudrait que j'aille vider l'appartement... Soupira le scientifique.
-Tu veux que je t'aide ? Lui proposa John doucement.
Le moment qu'il craignait tant était arrivé. Il savait que Rodney était la personne la plus proche de Keller et qu'il devrait s'occuper de tout ça. Finalement, qu'ils soient ensemble, même si c'était tout neuf, l'arrangeait bien parce qu'il pourrait le soutenir dans cette épreuve. De toute façon, même si ça n'avait pas été le cas, il l'aurait soutenu quand même...
-Qu'est-ce que je vais faire de ses vêtements ? Et les meubles ? S'exclama brusquement Rodney.
-Il y a sûrement des associations qui seraient ravis de les récupérer. Quant aux meubles, on en aura peut-être besoin pour la maison, enfin si ça te dérange pas...
-Me déranger ? Mais c'est ta mais...
John soupira, un peu énervé.
-McKay ! Le coupa-t-il, il me semble t'avoir dit que cette maison sera pour nous deux alors tu as ton mot à dire. Et... Continua-t-il en levant le doigt pour faire taire le scientifique qui venait d'ouvrir la bouche, tu as donc le droit et même le devoir de t'investir dans tout ce qui la concernera. L'ameublement comme la déco et tout le reste !
-Mais... Commença Rodney.
-Il n'y a pas de mais, c'est comme ça et c'est tout ! Tu veux encore du café ?
-Euh... oui... merci...
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Abasourdit par ce qu'il venait d'entendre, Rodney tendit sa tasse et inspira la bonne odeur qui s'en dégageait. Il y avait deux choses qu'il aimait vraiment, c'était les barres chocolatées et le café.
En regardant John, il se dit qu'il pouvait maintenant en rajouter une troisième et c'était justement l'homme qui était en face de lui et qui souriait. Mais arriverait-il un jour à lui avouer ?
Son cœur se mit à battre plus vite et il frotta ses mains qui étaient devenues moites.
-Ça va ?
Et en voyant l'air inquiet de son amant, il se dit qu'il avait de la chance. Après toutes ses années à se demander si un jour, il tomberait sur une personne qui l'accepterait tel qu'il était, c'est-à-dire avec ses qualités et ses qualités (et non, Rodney n'a pas de défaut^^), il avait enfin trouvé la perle rare. Et il sourit.
En fait non, c'est la perle rare qui était venue à lui...
-Oui, ça va. Ça va même très bien...
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Bon, ce coup-ci, John espérait vraiment que Rodney avait compris. La maison qu'il avait acheté était pour eux deux !
-Bien, maintenant que tout est dit, on s'habille et on va faire le tri, d'accord ?
En fait, Sheppard voulait se débarrasser de cette corvée le plus vite possible, comme ça, ils pourraient enfin repartir sur de bonnes bases et commencer une histoire à deux et non une histoire à deux plus un fantôme.
Une fois prêt, ils grimpèrent dans sa vieille voiture et filèrent vers Colorado Springs. Rodney lui indiqua la route à suivre et ils ne mirent pas longtemps avant de s'arrêter au pied du petit immeuble.
-Voilà...
-On y est... Murmura le scientifique.
Il ne pouvait se résoudre à ouvrir la portière et fixa la porte d'entrée pendant de longues minutes sans bouger.
John le laissa tranquille, se doutant que ça n'allait pas être simple. Quand il avait appris la mort de son père, il avait sans doute paru très détaché mais ça faisait presque dix ans qu'ils ne s'étaient pas vu. Il n'avait jamais apprécié que l'homme veuille absolument lui dicter ce qu'il devait faire dans la vie et il s'était engagé pour y échapper. Il ne l'avait jamais regretté. Et quand il regardait celui qui était assis à ses côtés, il le regrettait encore moins...
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Le cœur battant la chamade, Rodney regardait la porte d'entrée sans pouvoir se résoudre à sortir de la voiture. Pourtant, il devait le faire, il devait ranger l'appartement pour enfin commencer une nouvelle vie.
Mais il avait peur. Il était sans aucun doute le plus cartésien de tous les hommes de la planète mais il avait peur de se retrouver face à Jennifer.
Oh il savait que ce n'était pas possible !
Mais tout dans cet appartement lui ferait obligatoirement penser à elle et ça le dérangeait.
-Si tu veux, on peut revenir un autre jour... Entendit-il.
La voix de John le sortit enfin de sa transe et il se tourna pour le regarder.
-Si je ne le fais pas aujourd'hui, je ne le ferais jamais...
-Alors on y va.
Il entendit John sortit de la voiture, puis il vit sa portière s'ouvrir, l'obligeant à se lever du siège.
-Donne-moi les clefs...
Il mit la main dans sa poche machinalement et lui tendit la petite clef plate.
-C'est au deuxième, la porte à gauche... Lui dit-il avant qu'il le demande.
Le militaire poussa la porte du bâtiment et s'approcha de l'ascenseur. Mais il vit avec stupéfaction Rodney monter l'escalier...
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Cette attitude ne l'étonna qu'à moitié. John savait qu'en agissant comme ça, Rodney reculait le moment de se trouver face à ses souvenirs. Il le suivit, le laissant monter à son rythme, jusque au moment où ils furent arrivés. John ouvrit la porte et entra de quelques pas dans l'entrée avant de se rendre compte qu'il était seul. Rodney était resté sur le pas de la porte, comme bloqué.
Il s'avança vers lui, lui prit la main et referma la porte derrière eux, l'empêchant de partir en courant, ce qu'il soupçonnait fort que le scientifique avait eu l'intention de faire.
-Bon, on va commencer par la cuisine. Tu vides les placards et on met tout dans des cartons.
-Quels cartons ?
-... ceux que j'ai oublié à la maison... mais quel crétin ! S'auto-flagella John en se tapant le front avec le plat de sa main.
-C'est déjà bien de le reconnaitre... Sourit Rodney.
-Bon, j'y vais, je suis de retour dans environ quarante cinq minutes. Commence donc par jeter tout ce dont tu ne veux pas, ça sera déjà ça.
-D'accord. A tout à l'heure...
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John repartit aussi vite qu'il était venu, se traitant de tous les noms possibles. Il savait qu'ils allaient devoir vider l'appartement de Rodney et rendre les clefs parce que Rodney lui avait bien dit qu'il ne désirait pas y retourner. Et il avait donc prévu des cartons de déménagement, pensant avec justesse que son scientifique ne l'aurait pas fait.
Mais aujourd'hui, il était en dessous de tout et le voilà qui reprenait la route en le laissant seul dans un endroit qui allait certainement le rendre nostalgique. Du coup, il roula un peu plus vite que la vitesse autorisée en priant pour ne pas trouver de flics sur son chemin.
Et il devait avoir une bonne étoile étant donné que son vœu fut exaucé !
Il fit donc l'aller et retour en un temps record et une fois devant l'immeuble, il sortit vite fait les cartons qu'il cala sous un bras avant de grimper les marches quatre par quatre.
-Je suis là ! S'exclama-t-il en ouvrant la porte.
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Rodney avait commencé à vider les placards et avait rempli plusieurs sacs poubelles. Le réfrigérateur avait été vidé et nettoyé et maintenant, il n'y avait plus qu'à emballer tout ce qui se trouvait sur la table et le plan de travail.
Il regarda sa montre et constata qu'il avait été plutôt rapide et que John ne serait pas de retour avant une bonne demi-heure.
Qu'allait-il faire pendant tout ce temps ?
Il tourna sur lui-même et regarda le salon, faisant mentalement l'inventaire de ce qu'il allait garder et ce qui allait être donné. Puis son regard se posa sur la porte de la chambre. Leur chambre...
Inspirant un bon coup, il s'avança doucement, baissa la poignée et ferma les yeux avant de faire un pas à l'intérieur de la pièce.
Il compta jusqu'à trois et les rouvrit. Ses yeux tombèrent sur le lit défait et il se mit à respirer un peu trop vite. Il se rappelait parfaitement pourquoi il était dans cet état là. C'était le soir de...
Une grosse boule enfla dans sa gorge et il sentit ses yeux le piquer un peu. Il n'allait pas se mettre à pleurer tout de même ?
-Rodney ? Ça va ? Entendit-il dans son dos.
-Je... j'en sais rien...
Deux bras l'entourèrent et il se retrouva bientôt cajolé contre le torse de John.
-Ça va aller... on va le faire tous les deux, d'accord ?
Rodney renifla et se dégagea doucement avant de se retourner et inspirer un bon coup.
-Je vais trier mes affaires et ce qu'il restera, on pourra les donner...
-Tu sais ce que tu veux garder comme meuble ?
-Elle avait tout choisi sauf le meuble télé. Je veux rien garder et le lit, on le brûle...
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John ne dit rien et retourna dans la cuisine, se disant que le couple que son ami avait formé avec Keller n'avait pas été si bien assortit finalement. Ils avaient habités ensemble mais apparemment, Rodney n'avait pas eu son mot à dire en ce qui concernait l'aménagement. Ce qui expliquait pourquoi il avait du mal à accepter le fait que lui, il insiste pour qu'au contraire, il s'investisse.
Le scientifique avait bien travaillé pendant qu'il s'était absenté et le rangement ne dura pas longtemps. Il le rejoignit bien vite et en entrant dans la chambre, il le vit avec un carton dans les bras.
-J'ai fini...
John pencha la tête et regarda derrière lui. Etonné, il n'en vit pas d'autres par terre.
-Euh... c'est tout ?
-Oui...
Le militaire était loin de ressembler à un mannequin de mode mais lui, il avait une armoire qui contenait sans peine plus de vêtement que le carton. Pourtant, il y avait des portes coulissantes qui prenaient tout un pan de mur dans la chambre.
Le docteur Keller avait-elle été une dingue de fringues ?
Parce que sinon, il ne voyait pas l'utilité d'avoir autant de rangement...
-Bon, je m'occupe du reste alors ?
Rodney se contenta de hocher la tête et sortit, le laissant seul.
Et John poussa un des battants.
-Ah oui, quand même... Murmura-t-il.
Effectivement, la doctoresse s'était lâchée question vêtements...
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Il était tard quand ils finirent de ranger puis nettoyer. Il ne restait plus que le meuble et la télé dans le salon, John avait appelé une association qui avait été plus que ravie de tout récupérer, même le lit. Il avait fini par persuader Rodney qu'il ferait sans aucun doute le bonheur de personnes qui étaient dans le besoin et Rodney avait capitulé.
-Y'aura peut-être quelqu'un qui sera heureux de dormir dedans finalement... Avait-il murmuré au grand désarroi de John.
Et il se fit la promesse que dans le sien et avec lui, son scientifique le serait...
Les quelques cartons d'ustensiles de cuisine était dans le coffre de la voiture et ils firent un dernier tour avant de quitter l'appartement. John le ferma et ensemble, ils retournèrent à Fort Carson.
-Je suis fatigué. J'vais prendre une douche et je vais me coucher... Annonça Rodney en entrant dans la petite maison.
-Tu n'as pas faim ? S'étonna John.
-Non...
Le militaire n'insista pas et se dit qu'il lui préparerait un copieux petit déjeuner pour le lendemain matin. Il entendit l'eau de la douche couler et en attendant d'aller prendre la sienne, il se fit un encas qu'il mangea sans grand appétit, l'esprit trop tourné vers un scientifique pas au mieux de sa forme...
-J'ai fini, tu peux y aller si tu veux... Entendit-il peu de temps après.
John leva la tête et vit Rodney dans l'encadrement de la porte, juste avant qu'il ne se retourne. C'était définitif, il n'aimait pas, mais alors pas du tout le voir dans cet état. Alors il avala la dernière bouchée et le rejoignit dans la chambre où il prit des vêtements propres avant de filer dans la salle de bain.
Il se lava soigneusement, le déménagement l'ayant fait transpirer et il apprécia grandement que l'eau chaude qui coulait sur son dos détende ses muscles un peu douloureux. Puis il fut temps pour lui de sortir alors il se sécha et enfila le boxer et le tee-shirt qu'il avait préparé. Il aurait bien aimé aller se coucher nu, mais après une journée pareille, il ne voulait pas risquer d'avoir une réaction physique qui ne serait pas la bienvenue un jour comme celui là. Il entra donc dans la chambre qui était plongée dans la pénombre et s'approcha du lit sans faire de bruit.
-Je dors pas...
-Je t'ai réveillé ? S'inquiéta John.
-Non...
Le militaire souleva la couette et se coucha sur le dos, n'osant pas bouger. Mais Rodney n'avait apparemment pas l'intention de rester seul dans son coin car très vite, il sentit le matelas se creuser et une main se posa légèrement sur son bras.
-Ça te dérange pas si je m'approche ?
-Non... bien sûr que non...
Bien au contraire ! Pensa John en souriant.
Un bras se posa en travers de son abdomen et une jambe passa entre les siennes puis Rodney se colla à lui en poussant un soupir de contentement. Il avait la tête presque dans son cou et les cheveux encore un peu humide lui chatouillait la joue mais John respira avec bonheur la bonne odeur de shampooing.
-Bonne nuit...
-Bonne nuit Rodney...
La journée avait bien commencé et s'il y avait eu un passage à vide dans l'après-midi à cause du déménagement, il espérait que la nuit se passerait bien aussi.
C'est ce que ce dit John en se positionnant confortablement et il pencha un peu la tête en fermant les yeux.
Ils allaient être sages, mais ça serait agréable. L'homme qu'il aimait allait passer la nuit dans ses bras, alors que pouvait-il demander de plus ?
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John écouta la respiration lente et reposante de Rodney pendant assez longtemps avant de se décider à fermer les yeux lui aussi. Son amant devait être épuisé émotionnellement pour s'endormir aussi rapidement, ce qu'il comprenait tout à fait mais ce n'était pas son cas. Il avait dû supporter des choses bien pires lors de ses missions et il avait dû apprendre à en faire abstraction pour se reposer et pouvoir affronter toute sorte de danger.
Ça ne faisait pas de lui un surhomme, mais il est vrai qu'il était un peu plus résistant de ce côté-là. Le fait que Rodney ait été touché à ce point montrait à quel point il pouvait être sensible, même si ce n'était pas ce que l'on pouvait penser de lui.
Mais de toute façon, il l'aimait tel qu'il était, avec son caractère emporté et tout ce qu'il y avait autour. C'était comme ça. Il n'avait rien demandé, il n'avait pas choisi. Son cœur avait décidé tout seul de s'emballer pour le scientifique et après tant d'années à se morfondre pour un amour qu'il croyait impossible, il allait enfin vivre la vie qu'il désirait. Il avait souhaité que Keller disparaisse de la surface de la Terre et s'il s'en était voulu, maintenant, paradoxalement il ne regrettait pourtant rien.
Il aimait Rodney et il l'aimerait toute sa vie.
Il s'en fit la promesse...
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A suivre...
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A la semaine prochaine et bonne journée à tous et à toutes !
Et merci de me lire...
