Auteur : Lyly.u.
Base : Gundam Wing
Genre :Shônen-aï, POV, yaoi, drôle, romance, sérieux, action… beaucoup de choses, quoi ! -_-
Disclaimer : Les persos de Gundam Wing ne sont heureusement pour eux pas à moi, pas d'pot pour moi…
Pensées de Duo
Pensées d'Heero
Pensées de Quatre
La petite voix chiante inventée par mouâ
Bonne lecture !!
STOLE MY HEART
Chapitre 21 : Pourquoi, pourquoi, même quand les gens s'aiment, il y a, il y a, toujours des problèmes… ?[0]
Ils avaient passé la soirée, tous ensembles, dans une calme et chaude intimité. Pas beaucoup de paroles, mais beaucoup de regards, et beaucoup de gestes. Le langage des corps à l'utilité du cœur. Ç'avait été doux, lent, et bon.
Ils avaient mangé, puis joué au Cluedo. Wufei avait gagné, et Quatre perdu. Il posait trois fois les mêmes questions, car il était trop occupé à brider son Uchuu No Kokoro pour se concentrer réellement sur le jeu. Dans ces si tendres situations, son don s'étendait afin de recevoir toutes les ondes irradiantes de ses amis, mais ainsi il ne captait pas que ces sentiments, et ça il ne voulait pas. Quatre bridait donc son don, mais cela lui demandait une telle concentration – permanente, c'était surtout ça le plus dur – qu'il ne parvenait pas à toujours le bloquer, le brider. C'était donc très prenant, et il n'avait pas vraiment pu se concentrer sur le jeu. Mais malgré tout, il était heureux de cette soirée. Il ne tenait pas rigueur à Wufei d'avoir gagné, après tout, ce n'était qu'un jeu.
Les ondes de douceur et d'affection émanant de ses compagnons lui étaient une drogue délicieuse. Il savait qu'il pourrait facilement en devenir accro. C'était doux, chaud, un tourbillon de couleur – les émotions de chacun avaient comme une couleur et une texture particulière – qui l'enveloppait et le berçait, dont les courants se mêlaient, se défaisaient pour en recomposer d'autres, plus belles, qui se défaisaient à leur tour pour ne former plus qu'une essence, pure celle-ci, plus belle que toute et unique. C'était celle de leur amitié.
De cette amitié très particulière née de la confiance en les capacités de l'autre, puis de la connaissance des autres, de leurs spécialités, de leurs possibilités – qui avait amené plus de confiance, ensuite du savoir qu'il y avait de l'aide derrière pour aider, et enfin, d'une certaine dépendance de ce soutien, de cette aide.
L'amitié.
Une amitié spéciale ; ils étaient des terroristes, des hommes dans des corps de garçons, forts et dangereux, et malgré tout leur amour envers les autres, revendiquait une certaine indépendance. C'était ça qui faisait que leur amitié était si forte. Ils s'éloignaient, tiraient sur le lien, le gommaient un peu, mais ils revenaient toujours à un moment ou à un autre. Par amitié.
Car, oui, ils s'aimaient. Il regarda Duo et Heero, le natté assis sur les genoux du brun. L'assassin parlait gaiement alors que son compagnon, ses bras noués autour de sa taille, avait posé son menton sur son épaule et somnolait doucement. Jamais, avant Duo, Heero n'aurait laissé les autres le voir dans un tel état de vulnérabilité. Ce qui démontrait de la confiance, de l'affection qu'il leur portait.
Toujours cette amitié…
Le garçon était derrière Wufeï. Il avait trouvé Mlle Rose, dans la chambre, mais hésitait entre le chandelier et la corde. C'était le chandelier ; lui-même aurait prit la corde. Il avait perdu ; Wufeï avait un meilleur instinct que lui à ces choses-là, visiblement. Ce n'était pas grave.
Soudain, quelque chose fit tilt dans le cerveau d'Heero.
Il tourna sa tête aux yeux fermés vers Wufeï, il n'avait pas besoin de le voir pour le regarder.
« Wufeï-dono, comment va ton ventre ?
Le Chinois parut grandement surpris. D'un, par le titre honorifique, de deux, par la question. De trois, le brun avait légèrement incliné la tête, geste inévitablement associé à « -dono » lors d'une salutation honorifique complète.
« Euuh… Bien, merci, se força-t-il à répondre alors que tout le monde le regardait. Mieux depuis… mon traitement, ajouta-t-il, un brin malicieux.
Heero eut un petit sourire, et Duo ne put se taire.
« On s'demande bien pourquoi ! lança-t-il, taquin.
- Oui, c'est exact, ajouta calmement Quatre, parfaitement au courant de ce qui s'était passé la veille.
Duo lui lança le paquet de crackers, et malgré que celui-ci fût presque vide, le blond se retrouva avec de la poudre graisseuse et salée partout sur sa chemise. Inutile de préciser que la farine jaunâtre se mariait extrêmement mal avec la rose pâle du vêtement…
« Râââââââh DUOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!
L'interpellé sauta des genoux d'Heero et se glissa derrière le canapé, riant.
« Alors Qua-chou, on veut jouer ?
- Non !! hurla Blondy-boy en se précipitant à la poursuite du tressé. Je veux te TUER !!!
- On ne dit pas ça quand on ne veut pas vraiment le faire, mon chou, répondit Duo d'une voix mutine en prenant le menton du blond entre deux de ses doigts.
Il mima un baiser avec ses lèvres et lui fit un clin d'œil.
« Moi par exemple, je peux dire que je veux tuer Heero.
En face du brun susnommé, Trowa sourit et croqua dans ses crackers – ramassés sur la chaise Quatre – et Wufeï chercha soudain un mouchoir pour arrêter son hémorragie nasale.
« Pourquoi souris-tu ? demanda innocemment Heero, ne comprenant pas pourquoi son aîné riait.
Quoiqu'aux vues des réactions du Chinois, il avait bien une idée du domaine en question, mais bon…
Barton lui fit signe de se pencher, se plia lui-même par-dessus la table et lui murmura l'explication à l'oreille. Le garçon rougit tout d'abord, ses joues se colorant délicatement de rose, puis il tourna la tête vers son compagnon – actuellement en plein combat avec son camarade blond – et un sourire doux et bienveillant étira doucement ses lèvres.
« Je pense que… dans quelques temps, ça ne me gênera plus…
- En es-tu sûr ? demanda légèrement Trowa en mâchonnant un autre cracker.
Il avait la tête tourné vers leurs deux amis, mais ses yeux épiaient calmement le petit brun assis un peu à sa droite.
« Pas entièrement, non, répondit doucement le Japonais.
Il mit ses coudes sur la table et posa son menton dans ses paumes. Son regard était malicieux, pétillant. D'un mouvement de chien fou, il tourna sa tête vers le brun plus grand. Wufeï, en face, les regardait avec attention et… il faut l'avouer, une certaine bienveillance.
« Mais ¤un sourire releva le coin droit de sa bouche, donnant à son visage un air de sale gamin¤ ce sera à lui de me convaincre…
Trowa lui sourit, et lui ébouriffa les cheveux. Wufeï sourit et ricana discrètement. Il aimait bien le nouveau Heero. Celui qui se montrait davantage. Lui-même avait, lui semblait-il, fait quelques progrès de ce coté-ci. Certes, il n'était pas encore Duo, mais ressemblait davantage à Trowa qu'à l'ancien Heero. La colère enfouie en lui s'était apaisée, lentement. Dorénavant, la seule chose qui pourrait le faire retomber dans cette violence gratuite et enflammée était
// W // … leur perte. Je ne supporterai pas de les perdre maintenant. //
Le garçon regarda ses deux amis se battre, puis le jeune homme qui paressait, à-demi allongé sur la table les bras croisés, et enfin le dernier, qui, croquant cracker sur cracker, et mine de rien, observait et enregistrait tout. Preuve en était le regard pétillant plongé dans le sien à cet instant.
// W // Je les aime. //
******
** ** **
C'est l'après-midi. Ils avaient tous profité de ces vacances forcées – l'état de Duo ne permettait toujours pas de reprendre les missions – pour faire la grasse-mat', et malgré qu'il soit plus de 14h passées, venaient tout juste de se lever – enfin, pour deux d'entre eux, car un certain flûtiste brun a du mal à se remettre du peu d'alcool ingéré, et un couple somnole tranquillement dans les bras de l'être chéri.
Ainsi, l'Arabe et le Chinois se retrouvent à mélanger thé ou café avec aspirines et/ou paracétamol pur, ce qui donne – même au thé à la menthe – l'aspect d'un capuccino, mais certainement pas le goût.
Le blond grimace alors qu'il boit la première gorgée de la mixture. Depuis ce matin il ne parvient pas à bloquer son Uchuu no Kokoro, qui lui transmet donc, en plus de sa propre migraine et de sa répulsion face au goût – absolument infect, soit dit en passant – du mélange, celles de Wufeï, assis juste à sa droite, ainsi que les jurons et autres menaces de mort dirigées contre la gueule de bois.
« Au lieu d'incendier tout et rien – et surtout mon cerveau – tu ferais bien de te calmer sur les bières ! adjure-t-il, un brin moqueur et cinglant, au sabreur. Tu lèves sacrément bien haut le coude !
- A voir l'allure de ton thé, je me dis que je ne suis pas le seul ! rétorque aussitôt l'incriminé avant de prendre une grande inspiration – ainsi que tout son courage de terroriste tueur assassin rebelle défenseur des Colonies et de l'Espace tout entier, de se boucher le nez, et finalement d'avaler cul sec toute sa tasse de café.
Quatre, très intéressé, observe son ami osciller un moment entre le vert et le jaune, puis se stabiliser aux alentours d'une couleur à peu près normale. Il ressent néanmoins – et ce très nettement – le dégoût qu'inspire la mixture nébuleuse, ainsi que la réaction de rejet qu'elle inspire, cette-fois-ci, à son estomac.
Et Quatre se dit, là, maintenant, à CET instant, qu'il ne videra plus jamais trois packs de bières à lui tout seul. Ça n'en vaut vraiment pas le coup !
******
Il émergea doucement, tout doucement. La chaleur l'entourant rendait cette émergence certes bien plus difficile, mais la sensation de quelque chose de trop érigé contre l'avant-bras relâché de son ami l'y aida quand même fortement.
Il se leva tout doucement, s'extrayant délicatement, le plus souplement qu'il lui était possible, de l'étreinte pieuvresque tentaculaire de son bel endormi. Il resta tout de même un instant à l'observer, entortillé dans les draps mais néanmoins à quelques centimètres de lui qu'il était, avant de partir se réfugier silencieusement dans la salle de bains. Là, il sauta presque de ses boxers et se précipita sous la douche.
Il ouvrit l'arrivée d'eau froide au maximum et sera fortement les dents lorsque l'eau glacée frappa violemment son corps encore endormi. Il serra les poings et ferma les yeux, grinçant des dents. C'était tellement désagréable de faire ça… Paradoxalement, tellement violent, alors que les sensations lors des ces moments n'étaient – étrangement – que chaleur, douceur et confort… Il répugnait à avoir à faire ça presque tous les matins ; cependant l'aide manuelle était hors de question.
Grelotant et le corps engourdi, il sortit du bac de douche et s'enveloppa dans une grande serviette. Il se frictionna énergiquement le corps. Ses tremblements le gênèrent un peu, mais il y parvint quand même. Il avait froid, et ainsi il resta emmitouflé dans sa serviette pendant quelques instants, rentrant la tête dans les épaules tel un pingouin géant. Il vida son esprit et pensa à un grand soleil chaud. Cela le réchauffa un peu. Alors le soleil se transforma en une petite bouche, qui se posa sur la sienne, et une sensation de chaleur se répandit dans son corps. Le simple fait de seulement imaginer l'amour de son ange tueur lui faisait du bien. Une main s'emmêla à ses cheveux. Il ferma les yeux, son corps doucement repoussant la sensation de froid de l'eau pour la remplacer par celle, bien plus agréable, de cette chaleur ronronnant au creux de son ventre.
Il rouvrit soudain les yeux, fixant son propre reflet dans le miroir accroché au-dessus du lavabo. Ses joues se trouvaient rosies par le froid brutal, mais sa bouche était calme – empreinte d'une sérénité un brin joyeuse – et ses yeux, décidés.
Il fallait qu'il le dît à son compagnon.
******
Lorsque, de nouveau, un corps chaud vint se lover sensuellement contre lui sous la chaleur de la couette, un sourire bienheureux s'épanouit sur les lèvres du dormeur. Être abandonné de sa moitié n'était guère plaisant…
******
** ** **
Ils se sont réveillés, sustenté – s'est goinfré serait plus approprié dans le cas d'un certain natté. Après ce bon petit-déjeuner, ils remontent vers leurs chambres, désireux de paresser tout doucement – et pour un certain tressé, il était impossible de paresser sans son homme.
A peine ont-ils pénétrés dans la pièce que l'Américain épingle fougueusement son ange contre le mur pour l'embrasser passionnément. Il dévore, caresse, explore, boit la bouche du jeune terroriste brun. Celui-ci, peut-être sans même s'en rendre compte, noue ses mains derrière la tête du garçon pour approfondir l'échange. Il a l'impression que Duo veut se fondre dans son corps, fusionner totalement. La chaleur dans la bouche et les caresses sur son corps l'auraient fait ronronner s'il n'avait pas été plus occupé à répondre aux baisers. Une impression de fébrilité lui vient, faisant bouger ses mains dans les cheveux du natté, sur sa nuque, entourer sa taille de son bras, soupirer, haleter, s'appuyer contre le mur non plutôt contre le châtain…
En fait il se perd tout simplement, et ne le comprend pas.
Ne le voit pas.
Juste, il le vit.
******
Satisfait de la réaction vigoureuse d'Heero, l'assassin fait tout doucement glisser ses mains vers une zone déjà effleurée et pas désagréable…
Heero eut un hoquet de surprise qui brise le baiser lorsqu'il sentit les larges mains épouser la forme de ses fesses brièvement. Là, étant donné qu'il est en boxers, il ne peut pas prétendre n'avoir rien ressentit. Il a ressentit beaucoup de choses, en fait… De la surprise d'abord, puis du NON !!! Fort et en bloc, et puis, derrière… de l'acceptation. Pas d'un accord résigné, mais de l'acceptation… positive. Le contact, pas entièrement franc du fait du vêtement, a été doux, oui, mais principalement… chaud. Comme quand Duo l'embrasse.
Il n'en est pas moins qu'il est surpris du geste de l'autre garçon, et fixe celui-ci avec un air de poisson rouge stupide au possible.
Le natté sent son homme se tendre dans le contact, puis se détendre aussitôt. Cependant une réaction vive – rejet ? Surprise ? – sépare leurs bouches, et Heero se retrouve, ébahi et rosissant, à le fixer.
Okay, peut-être n'aurait-il pas dû aller jusque là… Il n'y avait pas le jean, là, pour « protéger » Heero du contact…
« Excuse-moi Heero, murmure-t-il en embrassant le nez de son homme. Je ne recommencerai pl…
- Attends… ! le coupe rapidement le garçon.
Duo s'interrompt. Il y a quelque chose dans la voix de Heero… Quelque chose qui ressemble à… de la précipitation ?
// Pourquoi ? //
Le brun baisse un peu la tête, songeur. Câlin, Duo retire sa main gauche de là où elle est posée et caresse doucement les cheveux rebelles de son ange, sans dire un mot. Heero analyse visiblement le précédent contact. De son examen dépendra le droit ou l'interdiction pour Duo de répéter ledit précédent contact.
Finalement, lorsque Heero relève la tête, son visage est décidé.
« Embrasse-moi.
Duo hausse un sourcil brièvement, surpris de la demande si franche, puis il sourit largement et s'acquitte de sa tâche avec bonheur. Les mains d'Heero s'enlacent aux siennes, tendant leurs bras le long de leurs corps. Il aime bien. C'est… original, mais pas désagréable. Puis les mains d'Heero se délient et se posent sur l'extérieur des poignets de Duo, et les paumes du même Duo sont délicatement déposées sur la zone tentatrice. Le natté se fige un millième de seconde, le temps de comprendre la portée du geste du brun.
Il sent, comme si de rien n'était, les bras du premier pilote s'enlacer derrière son cou, le rapprochant étroitement. Rien d'anormal, d'inhabituel à cela. Sauf en ce qui concerne la chair chaude sous ses doigts, uniquement protégée par le fin tissu noir. Rien que de savoir ça, son cerveau entre en ébullition – et pas que son cerveau.
Heero doucement se laisse aller entièrement sur le mur, se cambrant légèrement pour ne pas écraser les mains de son tenshi. Il doit reconnaître et admettre que le contact des mains du garçon sur son fessier n'est pas désagréable. C'est chaud, et d'une certaine manière, ça le réconforte. Ça le réconforte, car Duo ne tente rien. Pas de percée sous le tissu, pas de changement dans le baiser – bon, à part cette petite pause, mais c'était selon lui compréhensible. Sa nouvelle position amène le corps du natté à rencontrer le sien plus étroitement, leurs bassins se collant, et il sent soudain un certain éréthisme au travers du caleçon de son compagnon.
Un instant la panique l'emporte, ses mains se crispant sur les cheveux de Duo, ses yeux s'ouvrant brusquement sur des pupilles un peu étrécies, son corps se tendant et son cœur s'affolant.
// NON !!! //
Puis il se dit que…
// C'est Duo… //
Il s'efforce de se détendre, essayant de profiter du baiser délicat comme d'habitude.
******
N'étant pas sans noter la brusque tension habitant le corps du garçon – sans doute à cause de leur position, qui enferme trop Heero alors qu'il l'embrasse de nouveau – Duo fait remonter sa langue le long du muscle trapèze de son compagnon – qui gémit // Peur ou plaisir ? // – laissant une petite marque rougie entre l'os de la mâchoire et ledit trapèze, puis chuchote tendrement à l'oreille du Nippon :
« Ne t'inquiète pas Heero. Je ne ferai rien de plus. Ce n'est vraiment pas mon intention. Je sais que… que je te perdrai si je le faisais, confessa-t-il, un peu gêné de dire ça, et surtout dans un moment pareil. Et je ne veux pas te perdre… My sweet…
Le natté gentiment frotte son nez contre l'oreille du Nippon, yeux fermés.
« Je sais, soupire ce dernier, abandonné. Mais… je ne veux pas que ça te fasse mal…
- … de quoi ? questionne fort peu élégamment l'Américain.
- Ton… érection…
- Mon… ?!
Surpris, Duo baisse les yeux et constate, en effet, qu'il n'est pas totalement endormi. Le Japonais voit alors son compagnon prendre une ardente couleur rouge au niveau des pommettes tandis qu'il se sépare vivement de lui, et le regarder, gêné, hésitant entre se cacher et aller s'enterrer dans la salle de bains.
« Je… je suis désolé, Hee-chan… je n'avais… pas remarqué, se force-t-il néanmoins à articuler.
- Pas remarqué ? répète doucement le brun, interrogatif.
- Ben, euuh, non… confirme le natté, gêné au quatrième dessus.
Heero paraît analyser la réponse, se taisant pendant un instant ; Duo se rendant enfin compte – physiologiquement, que OUI, il est actif.
« Comment peut-on ne pas se rendre compte de ça ? murmure le brun, interrogateur.
Duo rougit encore plus, honteux et penaud. …
« Et bien, j'étais bien trop occupé à t'embrasser, avoue-t-il finalement en fermant les yeux.
Heero cligne des yeux. Duo…? Sa propre réaction de panique était plus que stupide !
« Oh…
C'est à lui de rougir, maintenant.
« Je… Ah…
Il ne sait pas quoi dire d'autre, et ça le gêne. Duo a un bref sourire, amusé de les voir tous les deux si embarrassés.
« Je suis désolé de ma réaction, s'excusa encore Heero. C'est la première fois que tu… euuh…
Heero devient cramoisie au niveau des joues, et il détourne le regard.
« Est excité ? suggéra malicieusement Duo – il n'était pas idiot non plus.
- Oui, voilà… Et… je l'ai … pas très bien interprété…
- Je comprends, assura doucement l'assassin. La position n'était pas à ton avantage non plus… J'aurais du m'en rendre compte. Ou le prendre en compte. Après tout, ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, ajoute le tressé, songeur.
Heero relève la tête.
// Quoi ?
Ben quoi, tu crois que le fait te désirer si fort ne lui octroie pas des rêves dont il se réveille encore plus excité que maintenant ?!
Ben… j'y ai jamais pensé…
Même après ce que tu as fait il y a deux jours ?!? //
Heero rougit davantage encore, se remémorant ses actes passés.
// Ben… nan… ?
// Mon Dieu, c'est vraiment un cas désespéré… ! //
Ben ça te fera un sujet de plus le soir au coin du feu… ! C'est inévitable qu'il ait des érections et des rêves érotiques te mettant en scène s'il te désire aussi fort que ce qui apparaît…
Et dire que je n'y ai jamais pensé… //
// Et après on OSE que les pilotes de Gundams vont sauver les Colonies de Romefeller… ! //
La pensée que Duo avait peut-être lui-même des problèmes de ce côté-là ne l'avait même jamais effleuré.
// Comme c'est étrange… //
« Tu… Ça t'arrive souvent… ? demande Heero finalement, tout bas.
Duo s'interrompt dans ses pensées ; il fixe son regard doux sur son camarade.
// Il a l'air un peu perdu… Sûr que ça ne doit pas être facile pour lui de parler de ça, surtout avec moi… Même après… ce qu'il m'a donné hier… Mais d'un autre côté, je lui dois la vérité. D'une, parce que je n'en peux plus, et de deux, parce que ça le tourmentera encore plus s'il ne l'apprend que plus tard.//
Souriant, Duo s'approche de son sucre sur pattes d'1m60 et le prend tendrement dans ses bras.
« Assez, oui, avoue-t-il simplement.
- Combien… Je veux dire… Souvent comment ?
- Souvent… comme à peu près tous les jours… en moyenne.
- Mais… ! Je ne l'ai jamais remarqué, murmura Heero.
- Je te le cachais, tiens ! répliqua Duo en souriant. Je n'ai pas envie de t'effrayer, avoue-t-il en suite avant d'embrasser Heero sur le front.
Un ange en tenue SM passe, suivit par tout le reste du troupeau – des anges affublés de petites queues rouges en plastiques terminées par un triangle, de fausses ailes de démons et des petits tridents, toujours en plastique rouge, et qui ne devaient pas servir qu'à être, comme à l'instant, brandis.
« Embrasse-moi, demande enfin Heero.
// Encore ?
Et alors, tu vas t'en plaindre ?!
Non^^ //
// Jme disais bien, aussi… //
Le natté s'exécute bien sagement, embrassant tendrement son homme. Celui-ci, comme précautionneusement, se presse contre Duo. Le baiser se fait court cette fois, Duo emprisonnant Heero à lui en briser les côtes.
Lorsqu'ils cessent l'échange, Heero ferme les yeux et laisse son front tomber son l'épaule de son compagnon. Duo tendrement lui caresse le dos.
« Tu es dur, finit enfin par remarquer, d'une voix remarquablement atone, le Nippon.
Le geste du natté se suspend, et il affiche un air de surprise totale. Il jette brièvement un regard halluciné aux cheveux de son ange – comment peut-il lui dire ça ?! – puis :
« Et bien, oui… c'est l'effet que tu as sur moi, ajoute-t-il ensuite en riant.
// Voilà. C'est dit. //
« … Je suis désolé.
- Cesse de t'excuser pour tout ! Ce n'est pas ta faute si je suis amoureux de toi !
// De même que ce n'est pas de ta faute si tu es si beau… //
« Mais… je ne veux pas que…
Heero s'interrompt et fronce les sourcils. Il n'arrive pas à s'exprimer clairement, et c'est extrêmement frustrant. Il n'aime pas tourner autour du pot, mais il n'arrive pas à aborder le sujet franchement, bien qu'il en ait plus qu'envie.
// Calme-toi, détends-toi, et ça ira mieux. //
// Ma conscience SM s'est reconvertit dans les massages Feng-Shui… ……… On en apprend tous les jours… !! //
« Ça doit te faire mal à force, non ? se décide-t-il abruptement. Je veux dire… psychologiquement, je sais déjà que c'est dur… je te demande… au niveau physique…
- Est-ce que j'ai mal ? Pas vraiment…
// I run, I hide but I never lie, hein ?
Je n'ai pas menti.
Hmpf ! Tu connais le mensonge par omission ?
De plus… tu préfères que je lui dise que j'ai envie de me toucher tous les soirs pour pouvoir dormir à peu près calmement ? Que des fois ça fait vraiment mal ? Que des fois – ces mêmes instants – je me dis que je serais capable de le violer à mon tour et que j'ai limite peur de mes propres pulsions ?! Tu préfères que je lui dise ça, peut-être ?!? //
« Tu es sûr ? insiste Heero, persistant malgré tout.
Il n'est pas sans savoir que le natté est prêt à cacher des choses – pas mentir, lui cacher certains détails – pour… le protéger. Pour lui laisser le temps de réfléchir. Et même si c'est adorable, il veut avoir toutes les pièces en mains pour faire ses choix.
« Tsssk tssk, ne t'inquiète pas, susurre tendrement l'assassin en mordillant doucement le lobe de son oreille.
- Hum…
Le Japonais tourne la tête pour faire face au visage bienveillant de son Tenshi, et lui sourit gentiment.
« Je t'aime, souffle Duo.
Le nippon lui sourit de nouveau, et se pend à son cou pour l'embrasser.
Cette fois-ci, les mains de Duo restent bien sagement à leur place.
******
// Il est dans la salle de bains. Ça va me laisser un peu de temps… Il faut vraiment que je lui dise. De toute façon, je sais pas comment faire. Je suis… un peu perdu. Je vais lui faire confiance, pour une fois, et advienne que pourra… On verra bien les conséquences après…
// ENFIIIIIIN !!! Il a vu la lumière !! //
J'espère simplement… qu'il ne vNon ! Ce n'est pas son genre. Je le sais. Je ne dois pas penser ça. S'il était comme eux, il m'aurait forcé depuis longtemps. Trowa a raison ; il ne se serait pas engagé avec moi s'il n'était prêt à s'investir sérieusement. Je dois avoir foi en lui. Lui me fait confiance !
// Oh oui, oui, OUI, VAS-YBIBICHE !!![1][2] //
Lorsqu'il ressortira, je lui dirai. Ça ne peut vraiment plus attendre… //
// Il grandit vite, mon tit bébé…[3] //
A ce moment précis, Duo sortit de la salle d'eau.
******
** ** **
Dans la chambre d'à côté, terrassé par la gueule de bois, Trowa, qui venait à peine d'émerger laborieusement, retomba étalé comme une méduse échouée dans les profondeurs abyssales de son pieu, en coma semi-profond.
Dans le salon, terrassé par le mélange détonnant des aspirines dans le thé à la menthe et par son Uchuu no Kokoro, Quatre s'enquilla direct une bouteille de 2L d'eau minérale glacée.
Dans la cuisine, terrassé par la même gueule de bois que l'acrobate flûtiste, le Chinois lorgnait d'un œil résigné, suspicieux et plein d'espoirs[4] le verre où il touillait vigoureusement et à grand renfort de gestes secs, trois œufs crus[5]
******
** ** **
Tzuzuku…
******
** ** **
[0] : Ce que vous lisez est sensé être une partie du refrain de « La Vie à 2 » de Manu Tchao. No comment, l'bon Dieu vous l'rendra^^
[1] : J'lui ai vraiment fait une conscience tarée… ! N'empêche j'adore ;D J'imagine trop bien une espèce de petit diable ou de petit perso dans la tête d'Hee-chan ou sur son épaule qui braille « Allez, VAS-Y BIBICHE !!! » de toutes ses forces…
[2] : Ça pourrait être très différemment interprété mdr
[3] : Ajoutez à cette phrase la voix de Muchu quand il prend Mulan pour une conne, à la fois moqueur et très bienveillant… et vous aurez le ton de la conscience frappadingue de not' informaticien préféré^^^
[4] : Il a pas un peu beaucoup d'yeux, pour parvenir à faire tout ça en même temps ?!?
[5] : … auxquels vous ajouterez successivement 100g de sucre, 300g de farine, 25g de beurre, deux tablettes ½ de chocolat noir 101% de cacao ( kes'ça doit être infect !!! ) et une gousse de vanille^^
******
** ** **
Ça se corse, ça se précise… Eh oui, rien n'est facile dans la vie mdr
J'espère que vous avez aimé ce chapitre ! Malgré tous mes efforts, je trouve la convers D/H ratée. J'ai essayé de rattraper un peu le coup avec les aventures de nos trois autres gugus – j'suis contente de moi sur ce coup-là par contre =) J'imagine trop bien la scène avec Wufeï, Tro et Quatre…
Alors, une chtit review… ?
Kisuuuu minna !!!
.
L
y
l
y
.
u
.
