Oha-yooo !(‐^▽^‐)
Merci pour vos review précédentes ! Ça m'a remonter le moral après avoir été obligée d'aller chez le médecin à cause de mon putain de doigt ( ;`ヘ´) J'ai mal depuis près de trois mois maintenant, le truc c'est que j'ai aucune idée de comment je me suis fais ça. J'ai pensé à ce que je me sois cognée après une crise de somnanbulisme, j'ai le sommeil agité... Comme j'ai les os fragiles et que je suis hyper-laxe, je me fais mal facilement. ε-('ヘ´○)┓ Demain matin j'ai donc une radio à passer pour voir parce qu'une entorse aussi longue c'est chaud. J'aurais une atèle à mettre aussi, je posterais une photo parce que je m'attend au truc ridicule au possible, avec une couleur moche et tout ! (≧▽≦)
Enfin bref, je vous souhaite une agréable lecture et un bon grignotage ! °˖✧◝(⁰▿⁰)◜✧˖°
(Correction faite!)
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !
Théo serra ses mains jointes sur son front, gardant les yeux fermés avec force. Assis au sol, dos contre la porte, il entendait les hurlements déchirants de son ami en souffrance. Il ne devrait pas entrer, il le savait. Mais il ne pouvait pas non plus l'abandonner. Il se leva lorsque la voix dans la pièce voisine se tut, et ouvrit lentement la porte en déglutissant d'appréhension. Dans le lit à quelques pas, seul meuble de la pièce, Balthazar était pieds et poings liés et se tortillait sans arrêt. Il transpirait abondamment et tremblait, sa respiration sifflante et forte trahissant ses douleurs et le manque amer.
Le paladin s'approcha à petit pas avant de s'arrêter à côté de son compagnon, le fixant avec peine, un air perdu peignant ses traits alors qu'il ne savait pas quoi faire d'autre pour l'aider. La cabane vétuste sur laquelle il était tombé pour s'isoler avec le mage n'avait rien pour peindre des sceaux d'emprisonnement. Il a donc dû ligoter son ami et le laisser se sevrer seul, ne venant que lorsqu'il était inconscient pour lui donner à boire et à manger.
Ça lui faisait mal de le voir dans cet état depuis le début de la semaine. L'érudit sentait la lumière en lui, l'étouffant par son attrait hypnotique. Être en sa présente le faisait plus souffrir qu'autre chose, alors il avait décidé de rester dehors pour ne pas lui rendre la tâche plus difficile. Seulement, il n'y avait pas que ça. Le diable ne laissait aucun répits à son hôte, le bombardant d'hallucinations horribles pour le plonger dans un cauchemar sans fin. Il lui faisait amèrement regretter de ne pas lui donner un peu d'essence éthérique.
Balthazar combattait seul, et Théo ne pouvait rien faire pour l'aider. Alors il le regardait se tordre de douleur, impuissant, et l'écoutait derrière la porte hurler à pleins poumons à longueur de journée. Chaque seconde lacérait un peu plus son cœur et transperçait ça poitrine en l'empêchant de respirer correctement. La seule chose qu'il pouvait faire était de réciter quelques psaumes de son ordre en espérant que son dieu lui vienne en aide.
Le malheureux ouvrit les yeux et les dirigea, embués de larmes, vers son ami droit comme un piquet en ne faisant que le regarder, ses tourments brillants dans ses iris. Il ouvrit ses mains pour les étirer un peu, se tortillant avant de fermer les poings, la gorge comprimée.
- Théo... S'il te plaît... Fais-moi quelque chose...
- Je peux pas, et tu le sais très bien... Si je te touche tu vas avaler de la lumière...
Il commença à tourner les talons mais son partenaire sursauta, paniquant brutalement.
- Non ! Non ! Ne pars pas !... S'il te plaît, fais un truc, n'importe quoi !...
- Je peux pas, Bob... J'ai ni peintures, ni craies... Et sans charbon on serait mort de froid...
- Alors... Parles-moi, dis quelque chose... N'importe quoi... Fais-moi penser à autre chose..., le supplia le mage en fermant les yeux avec force, sentant encore l'emprise atroce de son diable sur sa conscience. Fais-moi penser à autre chose... Parles-moi, fais un truc mais par pitié ne me laisse pas tout seul... Me laisse pas... Me...
Les sanglots serrèrent sa gorge jusqu'à étrangler ses phrases, les larmes qui dévalèrent ses joues laissant une sensation acide sur sa peau déjà irritée par leurs comparses. Ne supportant pas la vue et bouleversé par les supplications, le guerrier quitta la pièce, n'écoutant pas les cris de son ami qui quémandait sa présence. Il se laissa glisser contre la porte une fois dehors, le contact gelé de la neige l'aidant à se calmer, Balthazar hurlant son prénom dans la petite chambre.
Il rouvrit les yeux en plaquant brusquement ses mains dans la neige, jetant un regard sur les murs en direction de son amant. La détermination illumina ses prunelles électriques. Il ne pouvait pas rester plus longtemps comme ça, attachant ce pauvre malade en tirant sur certaines sangles pour l'empêcher de se jeter sur lui quand il le laissait aller aux commodités. Bien sûr, lors de leur premier jour, il avait essayé de le distraire comme la dernière fois, mais sans symbole le mage était intenable. Il n'avait pas le choix. Il entra à nouveau dans la masure et ouvrit la porte de la chambre, fixant le sol pour ne pas voir l'homme se tortillant sur le lit tel un possédé.
- T'as envie de pisser ? Parce que je dois m'absenter longtemps.
- Non... Reste ici..., souffla l'érudit à bout de nerfs, faible et sanglotant. Me laisse pas... Me laisse pas seul...
Le soldat referma la pièce et quitta les lieux d'un pas vif, ignorant les hurlements. Balthazar s'évanouit de nouveau, sombrant pendant une durée indéterminée, se retrouvant dans une obscurité dense et angoissante. Puis sa vue brouillée sur le plafond fut la première chose qu'il revit. Il y avait plus de lumière, montrant que d'autres bougies avaient été allumées, et une odeur acre de sang et de terre lui agressait le nez. Il fit de son mieux pour organiser le peu de pensées qui l'habitait encore, épuisé après ces longs jours de combat. Le manque le tortura de nouveau, lui faisant serrer les poings, mais un calme apaisant régnait enfin à l'intérieur de son esprit.
Il soupira de soulagement, tournant la tête en cherchant quelqu'un du regard. Théo le regardait, assit par terre et adossé mur adjacent au lit. Celui-ci se leva et s'approcha de lui, le faisant se tendre de crainte que l'attrait de la magie ne le tire plus dans les limbes de la souffrance qu'il ne l'était déjà. À sa grande surprise, tout fut calme, il n'avait que le besoin de lumière qui hurlait en lui, même son diable était silencieux.
- Tu te sens mieux ? demanda le paladin.
Pour réponse, il ne put que hocher la tête, déglutissant difficilement à cause de sa gorge sèche. Le comprenant, Théo le détacha doucement avant d'attraper la gourde pour la lui tendre. Surpris d'autant de confiance, le mage le dévisagea, puis se fit fureur pour se relever sur un coude et se tourner un peu. Après une bonne minute, il parvint à ses fins et agrippa la gourde pour la boire presque entièrement. Lorsque ses lèvres quittèrent le goulot, il se sentit plus serein qu'il ne la jamais été au court de cette semaine, réussissant enfin à respirer et se reposer. Il avait conscience du sceau peint avec du sang animal et de la boue sur le mur à ses côtés, et remercia intérieurement son ami pour avoir trouver une solution.
Le guerrier lui ôta la gourde de ses mains tremblantes et la referma avant de la poser au sol. Il s'assit ensuite à ses côtés tandis qu'il s'était rallongé, et se pencha pour déposer un baiser sur ses lèvres. Le mage sursauta, mais le contact tant espéré le poussa à enrouler presque désespérément ses bras autour du cou de son amant pour répondre. Il ferma les yeux et le laissa monter sur le lit pour se glisser souplement entre ses jambes.
Leurs souffles devinrent plus court et leurs pensées s'embrouillèrent jusqu'à être intraduisibles. Ils se touchèrent passionnément alors que leurs corps mués d'une volonté propre se mouvaient de leurs propres chefs. Leurs bassins brûlèrent en une fraction de seconde et les firent entrer en ébullition face aux besoins primaires.
- Fais-moi penser à autre chose..., geignit Balthazar, épuisé psychologiquement, en s'accrochant d'une main à ses cheveux, les yeux fermés.
- Tu ne pourras plus penser du tout...
Déjà débarrassé de son armure, le paladin put laisser à son compagnon le loisir de lui retirer sa chemise, s'occupant de le dévêtir également tout en restant collé à lui. Les ondulations de leur corps firent glisser les vêtements et échauffa leurs esprits, les baisers intenses berçant leurs sens. Théo humidifia trois de ses doigts avant de commencer à préparer son partenaire, écoutant ses soupirs d'aises mêlés à ses sanglots.
- Ne me laisse pas... Ne me laisse pas... Anh...
- Je te laisserais pas...
Le demi-diable l'enlaça, gémissant à son oreille en s'apaisant de sa présence aux creux de ses bras. Il le sentait, il était capable de surmonter les épreuves maintenant. Les amants s'apprécièrent pleinement, s'unissant pour danser sur un rythme dont ils étaient les seuls à connaître, profitant de chaque seconde. Ils n'étaient conscient que de l'autre, de ses caresses, de son regard, de sa voix... Les lueurs des bougies les baignèrent dans des nuances orangées chaleureuses, leurs corps semblant s'évaporer tant la fièvre faisait grimper leurs températures.
Ils restèrent ensuite allongés l'un à côté de l'autre pour reprendre leurs souffles. Le soldat capturant son voisin dans son bras pour le coller à sa poitrine, entourant ses épaules. Le mage se laissa faire et écouta les battements de cœur, s'apaisant peu à peu. Le parfum musqué embaumant ses narines et engourdissant ses sens, le contact humide et chaud de cette peau moulant les muscles fermes, tout ça lui avait manqué. Cruellement manqué. Ses pensées réussirent enfin à se frayer un passage dans son esprit engourdit, et devinrent doucement plus nettes. Il rouvrit les yeux en ravalant difficilement sa salive, la trahison transperçant son cœur. Ses mains tremblaient encore et la sensation de manque le tirait sèchement, mais suffisamment moins pour qu'il puisse se contrôler et assurer une discussion. Sans son diable qui le harcelait, c'était beaucoup plus simple.
- C'était bon avec cette femme ? lança-t-il d'une petite voix presque inaudible.
- ... Quoi ? souffla son amant en baissant un peu la tête pour le voir, fronçant les sourcils avec une mine perdue.
- À l'auberge...
Théo comprit enfin de quoi il parlait et laissa sa tête retomber contre le matelas, poussant un long soupir. Il avait complètement oublié cette histoire à force de s'inquiéter pour la santé de l'érudit. Il aspira ses lèvres et organisa ses mots pour s'expliquer correctement, prenant son temps bien que l'autre commençait à sombrer dans la morosité.
- J'ai rien fait avec elle, en fait... C'était juste pour te rendre malade, avoua-t-il enfin en fixant le plafond et se sentant profondément idiot, conscient que son geste avait été stupide. Je l'ai payé pour qu'elle fasse genre et m'a mis un peu de son parfum avant de sortir.
Il attendit la réaction prochaine, s'attendant à une critique, une insulte, un petit rire peut-être ? Mais Balthazar resta immobile et silencieux, le poussant à vérifier s'il ne s'était pas endormi. Bien éveillé, il avait les yeux dans le vide et semblait plongé dans une intense réflexion. Ses nerfs sensibles ne purent empêcher les larmes d'envahir ses paupières, l'obligeant à les essuyer de ses doigts avant d'embrasser la poitrine contre laquelle il reposait. Sans un mot, il ferma les yeux et s'installa confortablement pour s'endormir, appréciant cette exclusivité dont il jouissait. Étonné mais fatigué, Théo ne mit pas longtemps à le suivre, sachant qu'avec le symbole et le temps déjà passé à le sevrer, il ne risquait rien. Il savait que c'était surtout le diable qui avait rendu les choses aussi dures.
Ils plongèrent donc dans un repos réparateur peu visité ces derniers temps, un intense sentiment de sécurité les enveloppant tel un cocon duveteux. Le temps fut le dernier de leur soucis, alors ils ne prirent pas la peine de vérifier l'heure ou même le jour à leur réveil. Ils restèrent simplement enlacés, s'apportant quelques caresses le temps de retrouver leurs esprits.
Théo sentit une paire de lèvres se poser sur les siennes, alors il répondit à l'affection en laissant son amant grimper sur son bassin. Le demi-diable se mouva sensuellement, la friction de leur peau les rappelant à leur simple condition de mortel face au désir impérieux. Dès qu'ils furent prêts, Balthazar ne perdit pas de temps et se redressa pour s'unir à son partenaire, soupirant d'aise en levant la tête. Il bougea lentement, ses geignements se mêlant aux râles sous lui, embrouillant ses sens. Ses hanches accélérèrent le rythme, les bruits humides aiguisant leur excitation et la luxure les entourant étroitement.
Le mage rouvrit les yeux et observa son compagnon, se crispant en lui faisant perdre le rythme. Les prunelles électriques croisèrent les siennes avec intrigue. Ce fut assez pour que les souvenirs des semaines passées ne lui reviennent et que ses sentiments sautent à sa gorge pour l'étouffer et le pendre de son amour. Il se sentait faible et ridicule, prêt à exploser. Le voyant en difficulté, Théo se releva pour le prendre dans ses bras et inverser leur position, pensant à de simples crampes. Il l'allongea délicatement et attrapa une cuisse en prenant appui sur le matelas afin d'onduler souplement des hanches. Son amant plaqua ses paumes sur ses yeux en sentant ses larmes monter, sa voix exprimant tout le plaisir qu'il éprouvait avec un soupçon de cette tristesse qui l'habitait. Le paladin se tendit, pas loin de sa fin, avant que son amant ne prenne soudainement la parole.
- Je suis désolé ! Je- Ah ! Je t'aime, je suis désolé !
Secoué par l'annonce qui s'abattit derrière son crâne telle une massue, il se figea brusquement pour dévisager le mage. Ce dernier se cachait encore avec les bras, tremblant, frissonnant, et combattant ses sanglots autant que ses sentiments. Le guerrier resta abasourdi pendant de longues secondes avant de le quitter dans un sursaut, emportant ses vêtements pour rejoindre la pièce d'à côté. Balthazar se sentit à nouveau terriblement seul et pesta contre sa propre faiblesse et sa fâcheuse tendance à tout foutre en l'air.
Il resta isolé assez longtemps pour reprendre le pas sur ses émotions et trouver la force de se rhabiller. Son corps l'élançait et était terriblement courbaturé, le bloquant dans certain mouvement. Ce n'était pas uniquement dû aux ébats, mais surtout à son sevrage qui s'achevait et le fait qu'il n'avait pas bougé depuis longtemps. Il attendit ensuite, assis en tailleur sur le lit et le dos bien droit contre le mur en bois, la tête s'y reposant également. Les yeux fermés et la respiration lente, il se permit une petite méditation afin d'être en pleine capacité de ses moyens. Encore hier, il s'époumonait pour fuir les atrocités que lui faisait voir son diable et luttait contre le manque. Il avait besoin de repos, seul ou non.
La porte grinça doucement et des pas raisonnèrent légèrement, trahissant l'entrée de quelqu'un. Il rouvrit les yeux et vit Théo rester sur le palier, laissant une large distance comblé par le malaise. Le soldat évita son regard, semblant perdu et ne sachant pas par où commencer. Un lourd silence pesa sur leurs épaules avant qu'une première phrase ne le brise.
- Depuis quand ?
Le mage déglutit. Il n'était pas bien sûr de pouvoir lui répondre. Ses sentiments à son égards ont toujours été flous et sauter la barrière entre l'amour et l'amitié était devenu son sport quotidien.
- Qu'est-ce que ça importe de toute façon ?
- On avait pas signé pour ça.
- Je sais.
- T'es sérieux ! Tu ne pouvais pas t'en empêcher ?!
- Tu crois vraiment que j'ai choisi ! Je me sens déjà assez stupide comme ça... Si j'avais pu, j'aurais épousé une femme et non épris d'un inquisiteur acariâtre, borné et.., commença-t-il a objurguer, sa voix perdant en colère et se teintant d'inquiétude et de peine. Si téméraire que ses abnégations lui font oublier que des gens tiennent à lui...
- Arrête, Bob. Tout de suite.
- Je peux pas...
Le demi-diable le fixa droit dans les yeux, se sachant en tort mais ne pouvant que ressentir son cœur friser l'arrêt tant il battait fort pour lui. Théo prit sa tête entre ses mains, fermant les yeux avec force en se tournant un peu, visiblement en proie à ses propres dilemmes. Il rouvrit les yeux et alla vers lui pour le déshabiller sans douceur d'un geste mécanique.
- Attend, qu'est-ce que tu fais ! balbutia son amant en cherchant à l'arrêter.
- On verra ça plus tard. Maintenant écarte les pattes, j'ai la gaule !
Perdu, il se laissa repousser contre le lit et fixa le plafond alors que son pantalon était retiré. Ça voulait dire quoi ça ? Ils étaient impossibles, même eux ne comprenaient plus rien à par le chaos qu'ils étaient doués à créer dans leur relation.
Une semaine plus tard, Grunlek, Shin et Eden se retrouvèrent au lieu de rendez-vous donné lorsque tous s'étaient séparés. Ils avaient eu besoin de repos et de se retrouver seuls avec leurs pensées pour mettre de l'ordre dans l'affaire Thelthazar qui était de plus en plus compliquée. Les deux amis prirent de leurs nouvelles, heureux d'être à nouveau réuni. Plusieurs heures passèrent tranquillement ainsi, avant que la louve ne se redresse avec intérêt, attirant leur attention sur ce qu'elle regardait. Ils virent le reste de leur groupe arriver en bout de chemin.
L'ambiance retomba de suite et le sérieux essuya les blagues précédentes. Les amants mirent pieds à terre et laissèrent leurs chevaux paître, inspirant un bon coup en étant prêt à répondre à toutes les questions. Leurs amis étaient encore surpris et les dévisageaient, ils pouvaient le comprendre. Ils firent un feu rapide pour s'installer au chaud et à l'abri près de la sylve dégarnie de feuille, l'hiver entrant dans sa maturité.
- C'était quoi cette histoire de replonger ? demanda Shin en croisant les bras, les regardants tour à tour.
- Quand..., commença Balthazar en levant les yeux de la neige pour les regarder, ayant reprit son courage. On a échangé de corps avec Théo, ça n'a pas été sans conséquence...
- Vous ne nous avez jamais vraiment parlé de ce moment.
- C'est pas pour rien... Mon diable a comme planté une paille dans son âme et a aspiré de la lumière. Quand on a réussi à re-permuter, j'ai de suite senti un début de dépendance...
Il échangea un regard embarrassé avec le paladin avant que tous deux ne s'évitent, restant assis côte à côte bien qu'à une distance raisonnable. Leurs amis furent étonnés par l'annonce, ayant remarqué que le mage avait été comme malade lorsqu'ils avaient quitté le désert. Ils n'avaient cependant pas pensé à quelque chose d'aussi grave.
- J'ai cherché à la combattre, et de ne pas y penser mais... Je n'y arrivais pas et j'ai fini par demander à Théo de me donner une dose... On aurait pas dû faire ça et j'aurais pu m'isoler pour la laisser passer mais je ne voulais pas avoir à m'expliquer, c'était humiliant...
- Alors plutôt que de nous dire que tu avais un vrai problème qui était bien loin d'être de ta faute, t'as préféré utiliser Théo comme une boisson, argua l'archer avec amertume. Je te croyais plus réfléchit, Bob.
- Je n'avais pas toute ma tête et même si je savais que c'était mal je ne pouvais pas m'en empêcher !
- Et toi, tu t'es laissé faire ? Alors que tu gardes farouchement ta psyché ?
Le soldat détourna le regard, mal à l'aise, faisant soupirer le demi-élémentaire qui se tourna vers l'érudit pour avoir la suite de l'histoire. Ce fut Grunlek qui reprit la parole avant lui, le perçant à jour.
- Depuis combien de temps ça dure, vous deux ? C'est à cause de ça ?
Shin le dévisagea avec interrogation avant de voir les deux en face de lui se murer dans un silence sombre et emplit de gêne. Il écarquilla alors les yeux, comprenant soudainement de quoi parlait le nain. Tout sembla subitement clair sur les comportements étranges, les tensions, les suçons mystérieux, les piques et les disparitions en pleine nuit.
- Les choses ont, disons... Un peu glissées et... C'est arrivé tout seul ! grogna Balthazar en se massant les yeux.
- C'est visiblement pas la première fois que vous partez ensemble comme ça. C'est ça que vous avez fait à nos dernières vacances ? Tu n'étais pas du tout dans un bordel et toi, loin de Lumia, pas vrai ?
Les amants baissèrent les yeux en déglutissant, un silence coupable alourdissant l'ambiance. Shin serra les poings, se sentant terriblement trahi.
- J'arrive pas à le croire..., siffla-t-il envers le mage. Tu m'as menti...
- On ne voulait pas que ça s'ébruite. Eh puis, on devait même pas continuer ! J'aurais voulu te le dire, mais... J'ai pas pu...
- Putain, mais vous n'aviez pas à nous le cacher ! On vous voit assez vous tourner autour depuis dès années pour pas se choquer de savoir que vous coucher ensemble ! Ce qui me répugne c'est que tu m'es inventé un bobard gros comme une maison et que tu l'as tenu même en voyant que j'avais de la peine pour toi ! Tu avais promis, Bob ! Promis de ne jamais nous mentir à nous comme tu le fais avec les autres gens du Cratère ! T'avais promis, putain !
L'archer se leva d'un bon, furieux, et couru dans la forêt, ignorant l'appel de Grunlek qui avait cherché à le retenir de partir. Le nain soupira en se massant les yeux, voyant bien que ses compères n'étaient pas dans leur assiette et que cette histoire les tourmentait.
- Pourquoi l'avoir caché ? Pour le frisson de l'interdit ? On a jamais eu besoin d'avoir de secret entre nous.
- On voulait pas que vous fourriez votre pif dans nos affaires, râla Théo en dénichant une pierre, après une longue recherche dans la poudreuse, pour la jeter plus loin. On voulait pas avoir des questions à la con.
- Tu ne voulais pas, le rectifia l'érudit en lui jetant un regard mauvais. Et encore une fois je me suis plié à tes exigences ! Voilà où ça nous mène !
- Si je t'avais pas fourré mes doigts dans la gorge dès le départ, tu te serais sevré tout seul et non frotté contre ma cuisse comme une chienne !
- La ferme ! chuchota-t-il avec force en lui faisant les gros yeux et cachant son visage de Grunlek bouche bée. Il a pas besoin d'avoir les détails !
Le guerrier grommela encore un peu avant de se taire, repartant à sa recherche de cailloux sous la neige. L'ingénieur les dévisagèrent tour à tour, ne sachant pas comment réagir, accrochant finalement le regard de Balthazar qui décida de faire son annonce.
- De toute façon, il n'y a plus de questions à se poser ou avoir, ou même de mensonges à faire perdurer. On est pas ensemble et on ne le sera jamais : on arrête notre amitié à avantage.
C'était ainsi, ils avaient joué, intensément, mais à présent ils reprenaient le court de leur vie. Leur relation sera toujours ambiguë, ils y étaient habitués, et rien de plus qu'une amitié n'en ressortira.
.
.
.
.
.
FIN N°1
.
.
Bien, comme vous le voyez ici, j'ai hésité à finir mon histoire ici, mais j'aime trop les fins heureuses et le Thelthazar pour ne pas faire une fin n°2~ Donc, à la prochaine~ ;D
