Bonjour les gens !

Désolée pour le retard, je n'étais pas chez moi hier !

La deuxième partie commence pour de bon cette fois, bonne lecture !


-Friday !

Ma nouvelle I.A. me répondit immédiatement de sa voix féminine au ton légèrement blasé :

-Oui boss ?

-Où est mon mari ?

-Le Capitaine Stark-Rogers vient de partir à moto, boss. Je ne sais pas où il est allé, il a volontairement laissé son téléphone ici et m'a expressément demandé de ne pas chercher à le localiser.

Je me frottai les mains. Parfait !

Dans quelques jours –trois, très précisément–, c'était notre premier anniversaire de mariage, et je voulais organiser une soirée inoubliable pour mon mari –même après un an, ce mot me faisait toujours autant d'effet.

Et lui trouver un cadeau digne de ce nom et représentant le bonheur que je vivais depuis un an et demi à ses côtés.

Bien sûr, tout n'avait pas été rose, et nous avions vécu quelques engueulades mémorables –au sujet d'Ultron entre autres. En vérité, cette altercation ne concernait pas directement Ultron : mon mari m'avait reproché de tout prendre sur mes épaules, de vouloir tout régler seul, de ne rien me pardonner, et surtout de ne lui en avoir pas parlé.

Je lui avais donc promis de lui parler de tout –exception faite des cadeaux et autres surprises, bien évidemment. Et à son tour, il m'avait juré de tout me dire.

Cette réconciliation avait eu lieu chez Clint –jolie ferme, d'ailleurs, et jolie famille–, peu avant la bataille de Sokovie contre Ultron.

Que nous avions remportée de peu.

Et nous y avions gagné deux nouveaux alliés : Vision et Wanda, qui avait vu son frère mourir sous les balles d'Ultron. Ah oui, et j'avais perdu JARVIS –en quelque sorte– mais je l'avais remplacé par Friday. Et à vrai dire, j'adorais la manière qu'avait ma nouvelle I.A. de m'appeler « boss », même si l'accent britannique et le vocabulaire soutenu de mon majordome virtuel me manquaient un peu.

La Tour Avengers avait été passablement amochée –rien à voir avec l'épisode Loki, mais quand même– alors j'avais fait construire un immense Complexe en dehors de la ville, pour accueillir l'équipe des Avengers au complet, plus les anciens du SHIELD qui voulaient refonder l'organisation.

Sans y intégrer HYDRA cette fois, évidemment.

Le Complexe était proportionnel à mon égo, c'est-à-dire surdimensionné. Le bâtiment Avengers faisait sept étages de haut, et l'immeuble SHIELD vingt-trois. On y trouvait également un immense hangar accueillant, entre autres, trois jets, quatre hélicoptères et deux Quinjets, le tout situé au cœur d'un immense parc boisé.

Le rez-de-chaussée était un hangar pour les véhicules légers des Avengers, que j'avais couplé avec un garage automobile pour les réparations de touts types de nos moyens de déplacement.

Au premier étage, les salles d'entraînement des Avengers –le SHIELD avait son étage en sous-sol de son bâtiment– : une piscine, trois gymnases, un parcours du combattant, une grande salle de musculation –avec tout un tas d'appareils divers et variés–, deux salles de boxe chacune pourvue de deux rings, une salle de tir, des vestiaires, et un complexe de soins composé d'un sauna, d'un hammam, de bains romains et d'une grande salle de kinésithérapie.

Au deuxième étage, on trouvait les salles de réunion des Avengers –je détestais toujours autant aller à ces réunions, donc j'avais équipé ces pièces de fauteuils confortables, au moins j'étais bien installé.

Au troisième, un centre de soins pour les Avengers –idem que pour les salles d'entraînement, celui du SHIELD était en sous-sol dans l'autre bâtiment.

Au quatrième, le laboratoire de Bruce et la pièce spécialement renforcée pour contenir le Hulk –basée sur la capsule qui se trouvait sur le 64.

Au cinquième, mon atelier, où j'avais fait transférer tout mon matériel, y compris ce qui se trouvait dans le petit immeuble de l'Upper East Side –nous avions décidé d'un commun accord avec mon mari que nous habiterions exclusivement au Complexe.

Au sixième, l'étage commun des Avengers, avec la cuisine, le salon et le bar, la salle de cinéma, et la salle de jeux, dans laquelle on trouvait un billard, de vieux jeux d'arcades et un babyfoot.

Et enfin au septième, les appartements des membres de l'équipe –Natasha, Clint, Thor quand il était là, Bruce, Wanda, Vision, Rhodey, Sam, Steve et moi. Dix suites de luxe –dont neuf étaient occupées–, totalement insonorisées, comprenant chacune une grande chambre, un bureau –deux bureaux dans les appartements que je partageais avec Steve–, une salle de bains –avec douche, baignoire, jacuzzi et hammam ou sauna privatif, en fonction des préférences de chacun–, un dressing et un petit salon, pour une surface habitable d'environ 150m² chacune.

C'était peu après notre emménagement dans le Complexe que Steve et moi avions eu notre plus grosse engueulade, qui s'était terminée par des pleurs, des hurlements et tout un tas d'objets fracassés –par mes soins– sur le sol –j'avais eu la politesse de ne pas lui balancer quoi que ce soit à la figure, même si, putain, j'en crevais d'envie.

Il m'avait dit que mes parents avaient été tués par HYDRA.

Je me rappelais chacun des mots qu'il avait employés, cherchant à me ménager.

Je me rappelais chacun des jurons que j'avais proférés, cherchant à ne pas me laisser submerger par la douleur.

Je me rappelais le regard désolé de mon mari, lorsqu'il m'avait dit que c'était probablement le Soldat de l'Hiver qui avait tué mes parents.

James « Bucky » Buchanan Barnes.

J'avais jeté et brisé tous les objets qui venaient à ma portée, hurlant contre Steve de toutes mes forces. Il m'avait caché ça pendant plus d'un an. Il m'avait reproché de ne pas être totalement honnête avec lui et m'avait dissimulé le fait que son meilleur ami avait assassiné mes parents.

Ma mère.

Je me foutais de mon père, c'était un alcoolique distant, froid et méprisant, un homme qui avait consacré sa vie à retrouver Captain America plutôt que de s'occuper de son propre fils.

Mais ma mère était une personne douce, compréhensive et je l'aimais.

J'étais parti de notre appartement en claquant la porte, avais enfilé Mark LIII et étais retourné à Malibu pour quelques jours. Je n'avais prévenu que Pepper, lui disant simplement que j'avais besoin d'air. Je savais qu'elle avait interrogé Steve, mais il avait gardé le silence sur les raisons de ma fuite. De la même manière, mon associée n'avait pas dévoilé l'endroit où je me trouvais.

Il m'avait fallu une semaine pour revenir –une attaque de Rumlow dans un magasin d'armes était une raison valable pour que je ramène mes fesses dans l'état de New York, j'aurais passé plus de temps en Californie sinon–, et huit jours supplémentaires pour adresser de nouveau la parole à mon mari. J'avais dormi dans l'appartement vacant pendant ce temps, essayant de croiser Steve le moins possible. Compréhensif –comme toujours–, mon mari m'avait laissé le temps qu'il me fallait, ne cherchant pas à forcer le contact.

Les autres nous avaient posé des questions –évidemment– auxquelles nous n'avions pas répondu –évidemment aussi. Cette affaire était strictement personnelle, et même Natasha n'avait pas réussi à récolter d'informations.

Bien entendu, j'avais fini par pardonner à Steve. Après tout, ce n'était pas sa faute si son meilleur ami était devenu un tueur à la solde d'HYDRA. Et il devait en souffrir également.

Je me secouai la tête pour me sortir cette dispute de l'esprit et me reconcentrer sur ce que je faisais. Je me trouvais dans mon atelier, au cinquième étage donc, occupé à bidouiller un gadget pour l'une de mes armures –j'avais réduit leur stock à sept, je n'avais pas l'utilité de vingt-trois–, en essayant de réfléchir à un cadeau marquant pour notre premier anniversaire de mariage.

Ce que Steve était probablement en train de faire à cet instant, d'ailleurs.

Et à vrai dire, ma tête était étonnamment vide.

Bien sûr, je connaissais mon mari par cœur, sa couleur préférée –bleu–, son groupe favori –les Beatles–, la nourriture qu'il aimait le plus –shawarmas et spécialités françaises–, etc. Mais je voulais quelque chose qui sorte de l'ordinaire.

J'avais pensé à un chien –un labrador plus précisément– mais le pauvre toutou risquait de s'ennuyer quand nous partions en mission, ce qui arrivait quand même souvent –cette enflure de Rumlow adorait foutre la merde un peu partout sur la planète, nous empêchant de nous reposer très longtemps.

Pas de chien, donc.

Je réfléchissais à toute allure, et j'aurais pu jurer que de la fumée me sortait par les oreilles.

Une nouvelle moto !

Pas une moto pour les missions –il en avait une demi-douzaine en stock, étant donnée sa manie de les balancer sur les véhicules ennemis, pour les stopper, ouais c'est ça, pour faire le super-héros surtout– mais une pour aller en ville, se balader, faire des choses sur la selle –je n'avais toujours pas réussi à le convaincre, d'ailleurs. Mais peut-être qu'avec un nouveau modèle…

-Friday !

-Oui boss ?

-Trouve-moi des motos qui pourraient plaire à Steve. Budget : illimité. Moteur : on s'en fiche, je le remplacerai par un ARK. Style : proche de sa moto des années quarante. Livraison : au complexe, demain ou après-demain au plus tard.

-Je lance la recherche.

-Tu me mets tout ça dans un dossier SSRNM01, je reviens.

-A vos ordres, boss.

Je quittai mon atelier pour me diriger vers l'ascenseur : j'avais envie d'un café, et c'était l'heure de ma pause matinale avec Bruce.

Je le retrouvai dans le salon de l'étage commun, en train de faire bouillir de l'eau pour sa tisane –il préférait ne pas avaler de caféine, parce que le Hulk, tout ça.

-Tony !

-Salut Bruce, ça va ? Ouh là, t'as pas beaucoup dormi toi, je me trompe ?

Il eut un petit rire :

-Et c'est toi qui me dis ça ?

Je levai les yeux au ciel. Il n'avait pas tort –je n'avais acquis un rythme de sommeil s'approchant de celui de mes congénères humains que parce que Steve me forçait à me coucher en même temps que lui, c'est-à-dire peu après minuit, et ce depuis notre mariage.

-Cependant, il se trouve que tu as raison, ajouta mon ami. J'ai travaillé jusqu'à quatre heures du matin avec Helen Cho pour fignoler les derniers détails du nouveau Berceau. Il devrait être opérationnel d'ici une petite dizaine de jours.

Je hochai la tête et me forçai à sourire.

Le premier Berceau avait été utilisé par Ultron pour créer un androïde, et si Vision était de notre côté, il s'en était fallu de peu.

J'avais aussi travaillé avec l'équipe du docteur Cho, m'axant sur la partie sécurité informatique, alimentation électrique, protection et désactivation, pour que n'importe lequel des Avengers puisse détruire le contenu du Berceau si besoin. Moi, parano ? Ouais, un peu.

Depuis que ma connerie légendaire avait failli détruire toute vie sur Terre.

Je m'avançai vers ma machine à café pour lancer la fabrication de mon élixir de vie –mon carburant, quoi– et pouvoir savourer avec bonheur ma deuxième tasse du matin, la première étant celle que je prenais avant notre petit déjeuner avec Steve –il m'avait converti au lait avec les pancakes.

J'aimais beaucoup nos pauses communes, avec Bruce. Nous étions de temps en temps rejoints par Clint ou Natasha qui rentraient de mission, ou par Steve qui finissait son entraînement personnel un peu avant l'heure, ou par Rhodey s'il était au Complexe, plus rarement par Sam –il n'aimait pas tellement faire de pause pendant la matinée, préférant un goûter à seize heures.

-Boss ?

-Oui Friday ?

-J'ai terminé ce que vous m'avez demandé et sélectionné trois modèles qui pourraient convenir. Ah, au fait, le Capitaine Stark-Rogers est de retour au Complexe.

-Merci. Ferme le dossier, mot de passe habituel –le mien, pas le commun– et enregistre-le sur mon serveur personnel.

-Tout de suite, boss.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, laissant entrer dans le salon un Steve souriant, qui se dirigea droit sur moi pour m'embrasser –relativement chastement, Bruce était dans la pièce, et nous avions fini par apprendre à nous tenir à peu près correctement lorsqu'il y avait des gens autour de nous.

-Etant donné que notre anniversaire de mariage est dans trois jours, j'ai prévu une soirée en amoureux, donc libère-toi le seize au soir mon cœur.

Je m'autorisai un sourire coquin, avant de lui répondre tendrement :

-Ma soirée du seize est réservée pour toi depuis le dix-sept septembre de l'année dernière, tu sais. Tu m'emmènes où ?

-Tu verras, répondit mon mari avec un sourire mutin. Bon, ajouta-t-il, il faut que j'y aille, je ne me suis pas encore entraîné ce matin, et Sam m'attend. A tout à l'heure mon cœur, acheva-t-il avant de déposer un autre baiser sur mes lèvres.

-A plus tard, répondis-je en le regardant s'engouffrer dans l'ascenseur.

Je finis mon café en discutant avec mon Science Bro et redescendis dans mon atelier. Il fallait que je jette un œil aux motos que mon I.A. avait sélectionnées, et que j'en choisisse une pour mon mari.


Je rajustai ma cravate –bleu électrique– et vérifiai qu'il n'y avait pas de plis sur mon costume noir, avant de me lancer un regard appréciateur dans le miroir. Oui, j'étais vraiment canon.

Je me retournai vers Steve, qui me sourit, magnifique dans son costume anthracite assorti d'une cravate turquoise.

-Tu es prêt mon cœur ?

-Je suis tout à toi, répondis-je d'un ton coquin.

Il leva les yeux au ciel dans un sourire et s'approcha de moi pour déposer un baiser sur mes lèvres, avant de prendre ma main pour m'entraîner hors de notre chambre, vers l'ascenseur, pour descendre au garage.

Happy nous attendait à côté de l'une de mes voitures :

-Joyeux premier anniversaire de mariage, Steve, Tony.

Nous remerciâmes notre ami, rayonnants, et montâmes dans la voiture, qui démarra au quart de tour. Je n'avais toujours aucune idée de l'endroit où mon mari m'emmenait, mais Happy devait avoir été tenu au courant puisqu'il conduisait sans aucune hésitation.

A ma grande surprise, mon chauffeur nous déposa devant l'une des entrées de Central Park. Steve me prit la main, un sourire mutin sur le visage, et je le suivis, les sourcils froncés.

Qu'est ce qu'il me mijotait encore ?

Nous marchâmes jusqu'à une pelouse, bordée de trois côtés par des arbres et de l'autre par l'un des plans d'eau du parc.

Une table se trouvait au centre du petit espace, recouverte d'une nappe blanche, et deux couverts ainsi que deux chandelles étaient disposés dessus. C'était romantique au possible –j'étais allergique à ce genre de chose, avant Steve, mais il n'en abusait pas, alors je pouvais bien faire un effort. Il me supportait quand je passais mes journées dans mon atelier à insulter mes robots, je pouvais tolérer une soirée romantiquement clichée de temps en temps.

Nous nous assîmes, et un serveur que je n'avais pas remarqué tout de suite nous servit des coupes de champagne.

Steve leva la sienne et plongea son regard dans le mien, les yeux remplis de tout l'amour du monde :

-Joyeux anniversaire, mon cœur.

-Joyeux anniversaire, Steve, répondis-je en entrechoquant nos verres, adressant un sourire des plus tendres à mon mari.

Le serveur nous apporta nos entrées : tartare de saumon sur son lit d'épinards, spaghettis de courgette et glace au citron vert. Délicieux !

Le plat était tout aussi savoureux : rosette d'agneau à la truffe, écrasée de pommes de terre persillées, farandole de petits légumes.

Lorsque le serveur débarrassa nos assiettes, Steve se pencha vers moi et prit mes mains, avant de plonger ses yeux océan dans les miens. Il prit une grande inspiration et murmura, tout doucement, comme s'il avait peur de ma réaction :

-Tony, j'aimerais te demander quelque chose.

Je me tendis légèrement, avant de pencher légèrement la tête vers lui :

-Oui ?

-Cela fait un an que nous nous sommes mariés. Tu me combles un peu plus chaque jour, et je n'aurais jamais cru que je pourrais être aussi heureux en me réveillant au vingt-et-unième siècle. Je ne sais pas trop comment te dire ça, mais… j'aimerais que notre famille s'agrandisse.

Je me figeai, et ma respiration se bloqua :

-Tu veux…

-Je voudrais qu'on adopte un enfant, fit-il en hochant la tête, confirmant ce que j'avais deviné.

Toujours incapable de respirer, je cherchai quoi lui répondre, faisant défiler sur mon visage tout un tas d'expressions, incapable de choisir une réponse appropriée. J'avais été pris par surprise, et je détestais ça.

Un sourire doux apparut sur les lèvres de mon mari :

-Je ne te demande pas une réponse dans la minute. J'aimerais juste que tu y réfléchisses, d'accord ?

Je me rappelai comment faire entrer de l'air dans mes poumons, et lui répondis d'une voix tremblante :

-Je serai un père horrible. J'ai eu le pire père au monde, je serai sans doute le pire père au monde. Steve, je…

Mon amant m'interrompit :

-Tu te trompes. Tu n'es pas ton père, Tony. Tu es tendre, aimant, attentionné, passionné, tu te soucies des autres et tu n'hésites pas à te consacrer corps et âme aux causes que tu estimes justes. Tu es vraiment loin d'être ton père.

Il serra mes mains un peu plus fort, avant d'ajouter :

-Je sais que tu feras un très bon papa, je n'ai aucun doute là-dessus, crois-moi. J'ai parfaitement confiance en toi.

Je fis non de la tête, assailli de doutes. Je ne pouvais pas, je ne pouvais pas, je ne pouvais pas !

-Prends ton temps pour y réfléchir, continua mon mari. Je te connais, je connais tes craintes, je sais que tu as besoin de temps.

-Steve, je n'ai pas besoin de temps. J'aimerais, je te jure que j'aimerais te dire oui. Mais je ne veux pas être aussi mauvais que mon père, que l'enfant que tu veux me déteste aussi… Je suis désolé, mais… Je ne pense pas en être capable, achevai-je en baissant la tête devant le regard triste de mon mari.

Qui passa une main sous mon menton pour relever mon visage vers lui :

-Je comprends. Tu n'as pas à t'excuser, Tony.

La tristesse dans ses yeux me brisa le cœur, et j'allais ouvrir la bouche pour parler –sans doute pour dire quelque chose de stupide, ou alors pour m'excuser encore– mais le serveur me coupa court :

-Dessert, messieurs ?

Steve se redressa, et lui adressa un sourire :

-Avec plaisir.

Je hochai la tête à mon tour, évitant de croiser le regard de mon amant. Je voulais tellement lui donner ce qu'il voulait, il méritait tellement une famille ! Mais j'avais peur, je crevais d'angoisse à l'idée que notre enfant hypothétique me déteste comme je détestais mon père.

Longtemps, j'avais été le « fils d'Howard », et j'avais souffert de la comparaison. A ses yeux, je n'étais jamais assez bon, assez brillant, assez lui en fait. Le seul modèle de paternité que j'avais eue était la froideur et la distance de mon père, et je ne voulais pas risquer d'imposer ça à un gamin.

Malgré le calme et la confiance de Steve, j'étais terrifié.

Je savais qu'il comprenait, mais je m'en voulais quand même atrocement.

Le serveur posa devant chacun de nous une assiette creuse, avec au centre une énorme boule de chocolat noir. Puis il versa du chocolat fondu dessus, et la sphère commença à fondre, dévoilant trois boules de glace : vanille, chocolat noir, chocolat au lait. C'était très joli, tout ce chocolat.

Nous mangeâmes notre dessert dans une ambiance qui n'avait plus rien de léger, même si Steve tentait de faire la conversation, tout en évitant soigneusement le sujet de l'adoption.

A la fin du dessert, il me tendit un paquet cadeau, décoré d'un ruban rouge et or. Je souris, et déchirai l'emballage. Il s'agissait d'un album photos de nous deux, chacune commentée de la main de mon mari. Je ris devant certaines, m'émus devant d'autres, et souris tendrement devant quelques unes.

-C'est merveilleux, Steve, vraiment, j'adore. Mais où as-tu trouvé toutes ces photos ?

-J'ai demandé à Friday, répondit mon mari dans un rire. Elle a extrait des bandes de vidéosurveillance les images qui pourraient m'intéresser –des photos de nous, principalement–, et j'ai fait une sélection.

Décidément, il était adorable.

A mon tour, je lui tendis son cadeau : un écrin de velours, semblable à celui qui contenait nos alliances.

Il darda un regard interrogatif vers moi, avant de l'ouvrir et de saisir la clé entre ses doigts, puis il me demanda d'un ton dubitatif :

-C'est la clé de notre appartement ?

J'éclatai de rire devant son air déconfit :

-Non, c'est la clé de ton cadeau. Il t'attend au Complexe, je ne pouvais pas le transporter ici.

L'amusement se peignit sur ses traits, et je lui demandai :

-On y va ?

Il acquiesça, un sourire ravi accroché aux lèvres, et sortit son téléphone une seconde pour prévenir Happy, puis nous nous dirigeâmes vers la sortie du parc, après avoir remercié le serveur pour le repas.

La nuit était tombée, et la température était encore agréable, aussi cette balade de retour fut très plaisante. J'avais passé un bras autour de la taille de mon mari, et de son côté, il me tenait par les épaules, me serrant très tendrement contre lui.

Arrivés au Complexe, je l'entraînai vers le garage, où j'avais fait installer une espèce de rideau devant sa moto. La petite clé qu'il avait lui permit d'ouvrir le cadenas qui retenait les deux rideaux ensemble –ben quoi, je n'allais pas lui donner directement la clé de la moto, il aurait deviné tout de suite–, et il s'empressa de les écarter, pour découvrir son cadeau.

-Tony, elle est magnifique !

Je souris. Je l'avais choisie vintage, semblable à celle qu'il conduisait lors de la Seconde Guerre Mondiale –j'avais retrouvé les images sur les enregistrements d'époque. Sauf que celle-ci était d'un rouge un peu passé, pas marron comme celle qu'il avait avant –hé oui, Iron Man un jour, Iron Man toujours, j'adorais le rouge et puis comme son costume était bleu…

-Elle a un moteur ARK, donc n'essaye pas de la bidouiller comme les autres, je m'en suis déjà chargé, indiquai-je d'un ton moqueur à mon mari. Tu risquerais de faire plus de mal que de bien…

Il se retourna et me prit dans ses bras en m'embrassant à pleine bouche, me serrant contre lui avec force. Je réussis à m'écarter assez pour murmurer, tout contre ses lèvres :

-Friday a entièrement verrouillé le garage, je pense que c'est l'occasion parfaite pour la baptiser…

Steve me regarda d'un air interrogatif :

-Pourquoi Friday aurait-elle verrouillé le garage ? Si on veut la baptiser comme tu dis, il va falloir qu'on la sorte…

Un sourire mutin se dessina sur mes lèvres, et mes mains se glissèrent sous sa veste pour caresser son corps à travers de sa chemise, alors que je donnais quelques précisions à mon amant :

-Je pensais la baptiser comme nous avons baptisé chacune de mes voitures ici présentes. Toi, moi, et la selle de cette moto…

Il rougit furieusement, se mordit la lèvre, et je crus qu'il allait encore une fois repousser ma proposition, mais il finit par abdiquer en resserrant sa prise autour de moi et en me poussant contre la moto.

Victoire !

Je m'appliquai à ravager sa bouche de ma langue alors qu'il déboutonnait ma chemise avec empressement, malaxant de manière très sensuelle la chair qu'il mettait à nu. La soirée était loin d'être terminée…


J'espère que cela vous aura plu !

La suite arrivera probablement vendredi après-midi, je ne pourrai pas la poster le matin.

Réponse aux reviews :

julie91 : merciiiii ! :D
Oui, je suis sûre que Tony aurait trouvé tout un tas de moyens de réchauffer Steve haha, peut-être une prochaine fois ! ;)
J'espère que le début de la seconde partie t'aura plu ! :)

Yue Stark-Rogers : Mercii !
Haha, de la fondue, comme promis ;) Ca va se calmer un peu à partir de maintenant !