Chers tous, chères toutes ! Nous en avons enfin fini avec ce satané troll, et on espère que le résultat vous plaira ! Par ailleurs, si vous avez eu la curiosité de jeter un coup d'œil à notre profil, vous avez pu constater que nous avons enfin fait une liste complète des personnages de la promo de Fred, George, Erell et Susan ! Ça peut aider à s'y retrouver, et à découvrir un peu mieux certains personnages pas très développés ! Des photos de classes devraient apparaître bientôt sur le blog, Suserell blogspot.

PS : On n'est pas censées trop le dire, mais JK Rowling elle-même avait Erell et Susan en tête ! Nous vous mettons au défi de les retrouver dans le chapitre "Halloween" du tome 1, Harry Potter à l'école des sorciers !


EmilyWeasley2803 : chouette, un membre de la famille la plus cool de l'Histoire qui nous fait des compliments ! Un grand merci de la part d'Erell et Susan, et même des jumeaux ! :3

Guest : On espère que ce chapitre d'Halloween sera à la hauteur de tes attentes ! Et vive les Sherlockians ;)

lili : Bienvenue de retour ! On n'avait pas trop remarqué du point de vue de l'écriture, mais on va essayer d'alléger tout ça, promis ! Et Dubois est de retour dans ce chapitre, même s'il n'en prend pas la moitié ;) Merci d'être aussi assidue, ça nous fait toujours autant plaisir de lire tes commentaires ! ^.^


Susan

Le matin d'Halloween, une odeur de citrouille flottait dans les couloirs, certes délicieuse au début, mais je peux vous garantir que quand on vit à côté des cuisines, ça peut vite devenir irrespirable – même George m'a assuré qu'on la sentait depuis la Tour des Gryffondors ! Toujours est-il que, peut-être à cause des relents citrouilleux ou de l'ambiance en général, la journée s'est déroulée très, très lentement, car tout le monde était on ne peut plus émoustillé à la simple idée du repas d'Halloween. Même pendant le cours de Potions, Erell et moi n'avons pas arrêté de chuchoter hystériquement à l'idée de tous les petits plats spéciaux (« Tu te souviens des choux à la crème ? » « Oh mon dieu oui ceux avec les citrouilles dessinées en chocolat dessus ? » « Ouiiiiihihihihihiiii ! »). Et pourtant, à l'heure de l'ouverture des portes de la Grande Salle, je suis la seule à remonter vers les dortoirs... pour ranger mon matériel de peinture. Il faut dire que je viens de passer une bonne heure à travailler avec acharnement sur un croquis de Vouivre pour les Soins aux Créatures Magiques !

Après avoir rangé tout ça – c'est-à-dire avoir tout balancé sur mon lit –, je sors en grande hâte de la Salle Commune par sa porte-tonneau, et tombe subitement sur Erell.

- Erell ? Mais... qu'est-ce que tu fais là ? C'est les Poufsouffles par ici !

- Ah, bon, tiens, je savais pas, c'est dommage, je cherchais justement une Poufsouffle ! répond-elle en levant les yeux au ciel. Heureusement que t'es sortie au bon moment, sinon je t'aurais accusée de vouloir me faire rater le banquet !

- C'est pas comme si on ne pouvait pas se replier sur les cuisines, fais-je remarquer.

- Non mais c'est pas pareil ! C'est le banquet d'Halloween Susan ! Ça se rate pas ! J'ai failli essayer de forcer le passage dans votre Salle Commune !

- Heureusement que tu ne l'as pas fait, je grimace, tu te serais retrouvée couverte de vinaigre... crois-moi, la dernière personne à qui c'est arrivé, l'odeur a bien mis deux semaines à disparaître complètement, à force de trois douches par jour !

- Haha, j'arrive pas à savoir si ce système de défense est du pur sadisme ou du pur génie ! Enfin, en parlant de lavage... je sais pas ce que t'as fait avec tes mains, mais j'espère pour toi que ça part à l'eau !

Je regarde mes mains, intriguée, et comprends instantanément ce qu'elle veut dire. On dirait le brouillon d'un enfant de trois ans ! Elles sont toutes barbouillées de peinture.

- Arf, c'était pour les Soins aux... euh, ben vas-y sans moi, je te rejoins là-haut, je file me laver les mains, j'arrive tout de suite !

- OK, mais dépêche-toi sinon je te préviens, je mangerai tout, même sur votre table ! je l'entends me lancer en s'éloignant.

Je ris, et poursuis ma course jusqu'aux toilettes des filles. Je m'engouffre dans les toilettes, et ouvre le robinet en sifflotant. C'est que ça met du temps à partir, cette peinture ! Heureusement, personne n'est là pour admirer ma galère totale de frottage de mains désespéré, puisque tout le monde doit déjà être dans la Grande Salle maintenant. Enfin, presque tout le monde. Je coupe l'eau du robinet pendant que je remets du savon, et pourtant, un petit bruit étouffé continue. Intriguée, je tends l'oreille. Ça vient du fond des toilettes, genre de la dernière cabine...

- ...mi, v-v-va-t-t-t-en ! J-je veux être tou-t-toute seule ! Snif...

- Oh mais c'est que mademoiselle veut garder sa peine pour elle ? Bou-houh ! Même du deuxième étage, on t'entend, tu sais ?

Le ton de la deuxième voix a l'air étrangement joyeux, voir jouissif. Je connais cette voix...

- Mimi ? je m'exclame en me plantant devant le dernier cabinet.

Ce dernier est ouvert, et Mimi flotte dedans, à moitié coupée par la cloison de gauche. Une fille en pleurs est assise sur le couvercle des toilettes, et même si elle cache le bas de son visage dans ses mains, je la reconnais. C'est la fille aux cheveux touffus, en première année à Gryffondor, celle qui cherchait un crapaud dans le Poudlard Express. Elle paraît encore plus décoiffée que d'habitude, ce qui n'est pas peu dire...

- Ah ! Susan ! s'écrie-t-elle joyeusement de sa voix stridente. Si tu viens voir Miss Tête-de-Serpillière pleurer, c'est raté, mademoiselle veut rester toute seule !

- Qu'est-ce que tu fais là, alors ? Et tu ne hantes pas les toilettes du deuxième, d'habitude ?

- Je peux me déplacer dans les conduits de canalisation, tu sais, réplique-t-elle d'un ton mi-vexé mi-fier (Pas de crise hystérique ? Ma parole, elle est vraiment de bonne humeur ce soir!). J'étais en train de repenser à mon premier soir d'Halloween, et j'ai entendu des sanglots... j'ai cru que c'était dans mon souvenir, mais j'ai suivi le bruit, et en fait... cette Miss Je-sais-tout passe un Halloween encore pire !

Elle glousse, et la fille redouble de sanglots. C'est vrai qu'elle avait l'air un peu irritante, dans le genre de Percy, mais la voir dans cet état fait vraiment mal au cœur, et Mimi n'arrange rien, au contraire, elle n'arrête pas de jacasser... Pour une fois qu'elle a trouvé quelqu'un qui pleure plus qu'elle !

- Hum, Mimi, au fait, Nick-quasi-sans-tête te cherchait je crois, ça avait l'air assez urgent... j'improvise.

- Sir Nicholas ? se renfrogne-t-elle d'un coup. Ça doit être pour sa petite fête d'anniversaire...

- Oui, oui, c'est tout à fait ça, maintenant que tu me le rappelles !

- Il y avait Peeves avec lui ? demande-t-elle soudain inquiète.

- Oh, euh,... non, non, pas du tout, euh, au contraire, Sir Nicholas a dit qu'il euh, que le... Baron Sanglant s'en occupait. Mais je crois qu'il voulait vraiment te voir, je rajoute un peu plus fermement cette fois.

Mimi pousse un soupir de soulagement, et s'en va à travers le mur tout en continuant de nous parler – enfin, de se plaindre de Peeves et de ce maudit anniversaire de mort. Une fois Mimi bel et bien partie, je me retourne vers la fille qui pleure toujours. Je ne sais pas où elle conserve une réserve lacrymale aussi importante, mais elle a l'air d'enfouir ça depuis longtemps...

- M-merci, parvient-elle à articuler. J-j-j-...

- Oh, de rien, il m'a fallu deux ans d'expérience avant d'apprendre comment se débarrasser d'un fantôme nuisible – si elle revient, d'ailleurs, dis-lui que je t'ai dit que Lucien Bole ou Peregrin Derrick a prévu de se rendre dans la salle de bain des Préfets, ça l'occupera pendant deux bonnes heures !

Elle a un faible sourire, malgré les sanglots qui la secouent.

- C'est bien toi qui recherchais le crapaud de ton ami ?

Elle hoche le tête.

- Je ne crois pas savoir comment tu t'appelles... Moi, c'est Susan. Susan Smith.

- Herm-m-mione G-g-granger.

- Enchantée ! Tu es amie avec Harry et Ron ? Vous êtes dans la même mai-

Les sanglots reprennent de plus belle.

- Oups, mauvaise question... désolée, je murmure. Je, euh, je peux faire quelque chose ?

Elle hoche la tête de droite à gauche, et je me frappe mentalement pour ne pas avoir pensé à prendre des mouchoirs. Comme je m'aperçois que son nez commence à couler, je lui tends un peu de papier toilette pour qu'elle se mouche, faute de mieux. Pourquoi on n'apprend pas un sortilège pour transformer du PQ en mouchoir ?

- J-je veux j-j-juste rester toute s-s-seule, s-s'il te p-plaît...

- Oui, oui, bien sûr... mais tu sais, il y a des gens à Poudlard qui font de meilleurs amis que les fantômes comme Mimi ! je lance pour plaisanter.

Et c'était visiblement une mauvaise idée, car elle se mouche de plus belle pendant que je m'administre des claques mentales.

- Je veux dire, euh, si tu veux parler, il y aura toujours des gens disponibles, en tout cas moi ça ne me dérange pas... évite juste mes amis les jumeaux Weasley, je les adore mais je ne suis pas sûre qu'ils soient du meilleur réconfort, je ne sais pas si c'est parce qu'ils sont roux mais ils manquent un peu de tact, haha !

Elle lève les yeux vers moi, et le message est clair : « merci, c'est gentil, mais le tact c'est pas trop ça de ton côté là non plus alors laisse-moi s'il te plaît merci ». Je ne me le fais pas signifier deux fois, d'autant plus qu'Erell doit s'impatienter, alors je lui envoie un petit sourire :

- Je te laisse tranquille, promis, mais n'oublie pas, si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux me demander à moi, ou à Erell Donnovan de Serdaigle !

Elle me remercie avec un léger sourire, et je m'éclipse. Perdue dans mes pensées, je retourne vers la Grande Salle, où Erell me fait de grands signes à côté de la table des Gryffondors, où Fred, George et Lee sont déjà en train d'essayer de faire goûter des petits-fours sans doute trafiqués à deux premières années. A deux ou trois places d'elle, j'aperçois Harry et Ronald. Parfait !

- Ben alors, t'es tombée dans le lavabo ou quoi ?

- J'ai failli ! En fait, il y avait cette fille de Gryffondor, tu sais, celle qui cherchait le crapaud dans le Poudlard Express ? Hermione, si je me souviens bien, j'ajoute en parlant un chouïa plus fort.

Je vois du coin de l'œil les deux amis échanger un regard gêné.

- Eh, che chais qu'il y a dchu pruit, mais tchu peux parler moins fort tchu chais, me dit Erell en me tendant des petits-fours que j'inspecte avant de grignoter. Donc, oui, je vois, qu'est-ce qu'elle a ?

- Elle était en train de pleurer sur une cuvette des toilettes, j'ai essayé de savoir ce qui se passait mais elle ne veut surtout pas être dérangée...

- Hm... eh bien, j'espère que ça ira mieux, dit-elle en fronçant légèrement les sourcils. En tous cas, elle ne sait pas ce qu'elle rate !

A ces mots, elle tend la main pour attraper un canapé de poisson en forme de Léviathan, mais une autre main beaucoup plus grande se referme sur son poignet à deux centimètres de l'objet convoité.

- Non seulement on doit te supporter en temps normal, mais en plus tu viens gâcher les jours de fête ? dit l'intrus.

- Oh, Dubois, grimace Erell en essayant de se dégager de la poigne du gardien. Je ne peux pas dire que tu m'as vraiment manqué...

- Et pourtant on dirait que tu fais exprès de te retrouver sur mon chemin, je vais finir par croire que ce ne sont plus des coïncidences ! Je parie que tu viens enquêter sur notre nouvelle recrue, parce que tu as peur de perdre ton poste d'Attrapeuse, avoue !

Erell arrête de se débattre, et le regarde d'un air mi-blasé mi-désespéré.

- Je suis sûre que Potter est très bon, mais il me semble superflu de te rappeler que je ne suis moi-même pas débutante, que j'ai déjà gagné des matchs amicaux et surtout, que je peux soudoyer presque un quart de ton équipe !

- Ne nous regarde pas comme ça Olivier, on n'y est pour rien, se défend Fred.

- Et puis on ne lui dirait jamais rien...

- ...d'important...

Dubois s'apprête à rétorquer quelque chose, l'air furax, quand soudain, un bruit de choc sourd mais violent se fait entendre du côté de la grande porte.

- Qu'est-ce que...

C'est à l'odeur d'ail s'échappant de son turban que nous reconnaissons Quirell qui passe à côté de nous comme une flèche pour se précipiter sur Dumbledore, et s'écrouler littéralement (ou presque) dans l'assiette de ce dernier. Le silence se répand dans la salle, et le temps semble suspendu, tendu en quelques longues secondes assez silencieuses pour que tout le monde entende Quirell balbutier entre deux goulées d'air :

- Un troll... dans les cachots... je voulais vous prévenir...

Puis il s'effondre comme une poupée de chiffon au pied de la table de professeurs. Au moment précis où sa tête touche le sol (j'espère que les turbans amortissent bien les chutes), le temps retourne à une vitesse normale, voire accélérée. Tout le monde se met à paniquer, certains crient, d'autres restent comme moi à imiter les poissons. Erell me regarde d'un air paniqué, incapable non plus de dire autre chose que « C'est impossible... », et même les jumeaux ont l'air secoués par cette annonce, car ils se sont levés brusquement tous les deux en même temps. Percy a l'air d'être devenu complètement vert, et je ferais sans doute une remarque sur le contraste que ça fait avec ses cheveux si je n'étais pas aussi sonnée par l'annonce de Quirell.

Un troll ? Dans les cachots ? Mais... pour paraphraser Erell, c'est impossible ? Comment aurait-il fait ? Pourvu que personne n'y soit ! Quirell a inversé Halloween et le 1er avril ? J'ai raté l'anniversaire de George et Fred ? Je tourne mon regard perdu vers George qui a l'air aussi hors du coup que moi, et même si on échange un faible sourire rapide genre « pas de souci tout va bien c'est sans doute sous contrôle je ne panique pas du tout ne t'inquiète pas panique pas », il reprend une expression préoccupée et s'apprête à me dire quelque chose...

… quand soudain un essaim de chauve-souris décoratives fond sur le bras d'Erell que Dubois tient toujours, et qu'il lâche brusquement sous le coup de la surprise. L'attaque aérienne semble nous secouer un coup, et Fred lâche soudain :

- Je savais que Rogue ne supporterait pas de rester seul pour une nuit d'Halloween, il a dû oublier de fermer les menottes de sa trollesse !

- Fred... c'est sale, c'est très très sale...

Dumbledore se lève soudain dans le tumulte ambiant, et ramène un semblant de silence en faisant jaillir une gerbe d'étincelles de sa baguette.

- Messieurs les Préfets, veuillez ramener immédiatement vos condisciples dans les dortoirs de vos maisons respectives !

- Monsieur le Directeur, si je puis me permettre, si le troll se trouve dans les cachots, il vaudrait mieux regrouper les Poufsouffles et Serpentards en attendant que la menace soit écartée, intervient McGonagall.

- En effet, merci Minerva... Que tous les élèves se regroupent au premier étage, les premières années dans une salle, les deuxièmes années dans une autre, et ainsi de suite ! Les Préfets devront alors vérifier qu'aucun élève ne manque en allant de salle en salle.

Il se tourne ensuite vers les Professeurs, sans doute pour leur donner des consignes. Pendant ce temps, à côté de nous, Percy, qui a retrouvé des couleurs normales voire un peu trop rouges, s'active, tout excité par son nouveau rôle de Préfet.

- Suivez-moi ! Les premières années, vous restez bien groupés ! Vous n'aurez rien à craindre du troll si vous m'obéissez ! Restez derrière moi. Attention, écartez-vous, laissez passer les premières années ! Allons, écartez-vous, je suis Préfet, figurez-vous !

Après avoir adressé une moue d'excuse à mes amis, je me précipite vers la table de Poufsouffle, où les Préfets ont ordonné à tout le monde de rester en place afin de nous compter, d'éviter la bousculade de la sortie de la Grande Salle et de nous rassurer. Je n'arrive pas à me mettre à côté de Jude et Djem', mais je les aperçois, ce qui me rassure un peu : aucune chance qu'elles soient en bas ! Je vois les Serpentards sortir en premier, forçant un peu le passage aux Serdaigles, ce qui les mélange légèrement, et Percy qui s'insurge devant leur empressement.

- Tu crois que le troll peut rentrer dans les dortoirs ? panique une première année à ma droite.

- Non je ne crois pas Hannah, ils sont trop bien protégés pour ça ! la rassure une deuxième.

- Susan a raison, intervient un troisième un peu pompeusement. Et s'il y rentrait, je l'en délogerais, moi, foi de McMillan !

Après avoir légèrement beugué (« Comment ça j'ai raison ? J'ai rien dit ! » et « Oh mon dieu oui les dortoirs »), j'échange un sourire amusé avec l'autre dénommée Susan qui regarde dubitativement Hannah baver d'admiration devant McMillan. C'est vrai que je n'ai pas vraiment pris la peine de me préoccuper des nouveaux premières années ! Sentant qu'ils doivent paniquer beaucoup plus que moi – faut croire qu'on s'habitue un peu aux imprévus à Poudlard, mine de rien –, ça me fait moi-même moins paniquer, et j'accepte même de rester à l'arrière du troupeau jaune et noir lorsqu'une Préfète débordée vient me le demander. A l'arrière du peloton, donc, je m'assure qu'aucun ne traîne – ce qui est plutôt une tâche facile puisque tout le monde est pressé d'arriver au premier étage. Arrivée dans l'escalier où toutes les maisons bouchonnent les unes derrière les autres, je cherche les jumeaux et Erell des yeux.

Cette dernière est beaucoup plus loin devant, et est visiblement en train de revendiquer auprès des Serpentards, qui n'arrêtent pas de les repousser dans les escaliers, le droit des Serdaigles d'arriver au premier étage. Comme elle a réussi à faire passer quelques Serdaigles, je me doute qu'elle a obtenu gain de cause. Elle se penche légèrement au-dessus de la rambarde, et observe la masse d'élèves qui se trouve encore derrière, en dégradé bleu-rouge-jaune. Je lui fais un grand signe de la main (le genre pouce dans les airs, histoire de lui dire « chapeau »), qu'elle aperçoit, mais auquel elle répond par des gestes très étranges et pressés.

- Les Gryffondors ? Moi ? Mais je suis pas à Gryf... Regarder les Gryffondors avec des jumelles ? Hein ? Elle a les cheveux en pétard ? Ou moi ? J'comprends pas... Couper le front des Gryffondors ? Moi ? Non mais on va finir par avancer, pas besoin de les massacrer... Redescendre ? Mais je suis déjà en bas ! Elle veut qu'on aille dans les cachots ?! Quoiiii ?

Devant mon incompréhension, elle se frappe le front du plat de la main, et je pense que si j'étais à côté d'elle j'entendrais un gémissement désespéré. Puis elle me refait des gestes encore plus pressants en me montrant le groupe des Poufsouffles, cette fois-ci. Et je comprends ce qu'elle essaie de me dire.

Je vois deux silhouettes se faufiler assez discrètement à travers mes camarades en contresens de tout le monde, et je reconnais Ronald – non, définitivement je vais l'appeler Ron, Ronald c'est vraiment pas terrible – et Harry. Je barre le passage à ce dernier, ce qui le fait sursauter. Qu'est-ce qu'ils fabriquent ?

- Hermione, murmure-t-il comme s'il avait lu mes pensées.

- Oh par Merlin, je l'avais oubliée ! Elle est dans les toilettes des filles dans le couloir juste l-...

En me remerciant d'un coup de tête, les deux garçons s'enfuient dans la direction que je leur indique. Un peu surprise, je retourne rassurer quelques premières années (le McMillan, ''Ernie'' si j'ai bien compris, est tombé dans les escaliers, manquant de se faire piétiner par un septième année maladroit), et tant bien que mal, nous sommes triés les uns les autres dans des salles en fonction de nos années. Aussitôt que j'entre dans la salle, Erell me tire dans un coin. Elle a l'air préoccupé, même un peu effrayé, voire un chouïa en colère.

- Qu'est-ce qui leur a pris, à Potter et Weasley ? Tu les as laissés passer ?

- Ils se sont souvenus de leur amie, tu sais, celle qui s'est enfermée dans les toilettes... Tu crois que j'aurais dû les accompagner ?

- Hm, non, non, mais j'espère qu'ils auront bientôt rejoint leur salle... Un troll, ça a beau puer, être très très moche et très très très stupide, j'aimerais pas avoir à en confronter un...

Elle est parcourue d'un frisson, et d'un coup une vague de panique fait son apparition dans ma cage thoracique. Et s'ils croisaient le troll ? Et s'il leur arrivait... ce serait de ma faute ! Non, non, ce n'est pas possible... Ils ne sont même pas au niveau des cachots, il n'y a pas de risque... Mais quand même... J'aurais dû aller la chercher moi-même ! Je suis une imbécile finie... J'aurais eu plus de chance qu'eux, ils n'étaient qu'en première année... Enfin, ne sont qu'en première année, ils sont pas morts ! Aaaah, je ne peux rien faire ! Erell a le visage fermé et fixe quelque chose dans le vide, soucieuse, et même le fait que je lui prenne la main pour nous rassurer ne la fait pas réagir des masses.

Des Préfets entrent alors pour nous compter, et chargent un élève de chaque maison de maintenir le calme dans la salle. La responsabilité de l'ordre échoue à Hugh O'Neil, Margaret McDougal, Cedric Diggory et...

- Pourquoi toujours moi ? gémit Erell.

- Parce qu'on sait qu'à la moindre incartade, on risque de sévères boutons purulents, répond Fred d'un ton docte.

- Ça assoit un peu ton autorité, comme dirait Percy, enchaîne George.

- Comme si une brindille comme ça pouvait avoir de l'autorité, intervient un ton moqueur. Même le troll préférerait envoyer une pichenette à une mouche !

- On parie, Rathbones ? grince Erell en serrant sa baguette. Je te refais goûter une défaite type labyrinthe ? A moins que tu n'en aies pas besoin, si je me souviens bien tu te manges très bien les parois tout seul...

Cedric, qui s'est rapproché après avoir calmé Bonnie qui commençait une crise d'angoisse, croise mon regard qui lui signifie clairement que sans intervention, ça tournera au vinaigre.

- Eh, du calme, c'est pas le moment de s'entre-tuer ! Erell, ne fais pas attention à ce qu'il raconte, ça n'en vaut pas la peine. Et Rathbones, si tu veux t'amuser à chercher des poux aux gens, il y a un troll du côté de ta Salle Commune, je t'en prie, ajoute-t-il d'un ton dur en fixant Jason dans les yeux d'un air que je ne lui ai encore jamais vu.

- Ha, mademoiselle a son chevalier servant, renifle Jason avec dédain tandis que les deux concernés rougissent légèrement. Je ne savais pas que les mariages arrangés étaient de mise au Ministère...

- En tout cas, tu devrais peut-être en réclamer un à ton papa et ta maman, parce que je doute que tu trouves quelqu'un qui accepterait de passer ne serait-ce qu'une minute avec toi, crache Rose qui s'est positionnée aux côtés d'Erell.

- Hmpf, tu serais surprise, répond vivement Jason piqué au vif.

- En fait, je me suis trompé, lance soudain Fred très sérieusement coupant la tension pendant une fraction de seconde. C'était pas la trollesse de Rogue, mais celle de Rathbones ! T'aurais pu mieux contrôler ta trollesse chérie, Jaz'jaz !

Celui-ci s'empare aussitôt de sa baguette, réveillant littéralement son ami Brutus Button, qui se campe aussitôt à ses côtés en faisant craquer ses doigts et son cou.

- Oh, c'était pas la peine de te déranger, Abrutus, on voudrait pas avoir à t'amocher non plus, lâche George d'un ton faussement désolé.

Button grogne pour toute réponse, et j'assène une discrète tape sur l'épaule de George, qui semble du coup un peu gêné mais aussi vexé.

- Quoi, ils nous cherchent ! chuchote-t-il.

- C'est pas une raison pour entrer dans leur jeu !

- Ben alors, la Poufsouffle a peur pour son petit copain ? me raille Button (je ne savais même pas qu'il pouvait formuler une phrase celui-là)

- Ce... c'est pas mon... ''petit copain'' ! Et si j'ai peur, c'est juste de pas pouvoir réussir à contrôler mon pied d'arriver dans tes... tu sais où !

- Houuu, tu entends ça, Brutus ? Ça m'en donne des frissons, ricane Carrie Printon.

- Ça suffit, intervient sèchement Margaret McDougal. Regardez-vous, on dirait que vous vous chamaillez comme des Gnomes. Pas étonnant qu'avec des attitudes pareilles on se retrouve avec des trolls dans les cachots, ce qui est, je vous rappelle, le cas actuellement. Et je doute que Madame Pomfresh soit heureuse de soigner des blessures débiles et inutiles alors qu'elle devra probablement s'occuper de nos professeurs quand ils auront trouvé le troll.

- Ça, c'était un discours positif, ironise Fred à voix basse.

Effectivement, Margaret a lancé un froid glacial dans la salle, mais tout le monde est bien obligé de reconnaître qu'elle a raison. Tout le monde s'est regroupé en petits groupes, et le silence est entrecoupé de quelques chuchotements. Je suis allée m'assurer que Djemilah et Judith allaient bien, avant de les laisser discuter et de rejoindre mes trois fauteurs de troubles favoris.

- Mais comment a-t-il pu entrer, demande Erell pour la cinquante-sixième fois, les sourcils froncés.

- Erell, il faut te mettre à la page, j'ai déjà répondu, c'est Jaz'jaz qui...

- J'avoue que ça m'intrigue aussi, dis-je en coupant Fred sans ménagement. Vous m'aviez dit que Poudlard était l'endroit le plus sécurisé du monde magique, et un stupide troll a réussi à passer les barrières magiques ?

- Il a peut-être pris le Poudlard Express par erreur, tente George.

- Ça ne l'amènerait quand même pas à Poudlard-même, fait remarquer Erell.

- C'est peut-être un troll au QI augmenté ? Il n'y a pas des genre de médecins, enfin... de magiciens fous qui font des expériences sur des créatures ? Comme dans les comics, vous savez, ces bandes dessinées que je vous ai passées ? Ou... oh mon dieu, dis-je avec horreur, est-ce que vous pensez qu'un élève s'est transformé en troll à cause d'une mauvaise manipulation ? Si les professeurs le t-

- Quelqu'un l'a forcément fait entrer, m'interrompt Erell qui n'a pas vraiment écouté mes élucubrations. Il n'y a pas d'autre moyen de l'avoir fait entrer dans le château.

- Mais qui ? demande George.

- Je vous l'ai dit, c'est soit Rogue soit Jaz'-

- C'est ce que j'aimerais bien savoir, dit Erell en donnant une tape à Fred qui pousse un cri indigné. Et je me demande aussi...

- Quoi donc ? demande George qui a l'air d'être parti pour poser des questions bisyllabiques.

- … si ce n'est pas lié au couloir interdit.

- … Lequel ?

- Le couloir interdit, George, tu sais, deuxième étage ? Aile droite ?

Quelque chose fait tilt dans mon cerveau. Je l'avais complètement oublié ! Apparemment, je ne suis pas la seule.

- Quoi ? Comment ? Un couloir interdit, et on ne l'a pas encore exploré ?

- Fred... ça t'arrive de faire fonctionner ce qui est censé te servir de cerveau autrement que pour essayer de viser quelque chose avec une Bombabouse, parfois ?

- Eh, ce n'est pas parce que j'ai oublié l'existence de ce couloir et que je ne vois pas le lien entre son exploration et le troll que je ne sais pas utiliser mon cerveau !

- … Oh, je lâche alors qu'un deuxième tilt se fait dans le mien de cerveau (je suis sûre que tout le monde l'a entendu). Tu penses qu'ils gardaient le troll au deuxième étage et qu'il s'est échappé ?

- Heureusement que Poufsouffle est là pour soutenir le rythme de pensée de Serdaigle, parce qu'avec Gryffondor on n'irait pas loin ! s'exclame Erell. Je ne sais pas s'ils gardaient ce troll là, mais je veux dire que c'est une possibilité.

- Tu crois qu'ils garderaient des créatures comme ça dans le château ? Pourquoi ils feraient ça ?

- J'en sais rien George, j'essaie de trouver une explication...

- En tout cas, c'est sûrement pas pour les Soins aux créatures magiques ou la DCFM... Je veux dire, vous l'imaginez, genre Qu-qu-qu-quirell nous faire un démonstration avec un t-t-t-troll ? plaisante Fred.

- Quelqu'un a pensé à le relever de sa chute, d'ailleurs ? je demande presque pour moi-même, un peu préoccupée.

- Dis, Susan, me demande brusquement Erell, tu te souviens de ce dont Potter avait parlé ? Tu sais, le vol à Gringotts ?

- Oui ? Euh, tu crois que la... chose est dans le château ?

- Et pourquoi pas ? Le troll est peut-être là pour la protéger ?

- Ou alors pour la voler, ajoute Fred sur un ton moqueur. Vous imaginez un troll défendre ou attaquer quelque chose sciemment vous ?

- Peut-être pas lui... murmure Erell. Ah, j'en ai marre d'être enfermée dans cette salle ! Je voudrais bien aller voir ce qui se passe dehors...

- J'espère que Ron, Harry et Hermione vont bien, je murmure à mon tour.

- Ron ?! s'exclament les jumeaux à l'unisson, et cette fois inquiets sérieusement. Pourquoi il n'irait pas bien ?

- Je l'ai, euh, vu redescendre l'escalier avec Harry, ils sont allés chercher leur amie qui était restée dans les toilettes...

- Et tu ne les as pas arrêtés ? me demande Fred un peu agressivement.

La révélation de leur côté protecteur envers leur petit frère a beau m'attendrir, je m'apprête à répondre sur le même ton à Fred, mais c'est sans compter sur Erell qui semble avoir une révélation et sourit béatement pour la première fois depuis l'annonce du troll.

- Mais qu'on est stupides ! On aurait dû y penser avant !

- D'habitude on te laisse ce genre de choses, mais vas-y, on aurait dû penser à quoi ? demande George.

- Les garçons, est-ce que vous avez la carte du Maraudeur ?

- Erell, tu es un génie ! s'enthousiasme Fred en lui claquant un bisou sur le front qu'elle s'empresse d'essuyer en mimant le dégoût. Ça a beau faire une éternité qu'on ne l'a pas utilisée, je l'ai toujours dans mon sac !

Ni une ni deux, nous formons un rempart autour de la carte que Fred déplie, pour que personne d'autre ne puisse voir ce que nous faisons.

- Ah, on est là, dit Erell en désignant des petits points noirs à nos noms. Les premières années devraient être dans la salle...

- … ils n'y sont pas, conclus-je en me mordant la lèvre inférieure.

- Où sont les toilettes des filles ? demande Fred d'une voix rauque en tirant la carte vers lui.

- Ils y sont encore ! s'exclame George, les pointant du doigt. Ronald Weasley, Harry Potter et Hermione Granger... Pourquoi ils sont aussi éloignés d'elle ?... Woh, Harry bouge un peu trop vite, là, non ?

Alors que je me dévisse le cou pour essayer d'apercevoir de quoi ils parlent, Erell tire ma manche et me désigne un autre point de la carte plus proche de nous.

- Rogue et Quirell ? Qu'est-ce que...

- Ils descendent du deuxième étage, chuchote-t-elle.

- Mais... Ils ne devaient pas être dans les cachots ?

- Il y a définitivement quelque chose de louche... je dirais même qu'il y a Botruc sous racine !

- Regardez, Quirell et Rogue viennent de tomber sur McGonagall !

- Je me demande si ça veut dire qu'ils ont trouvé le troll...

- Hm... En tout cas, ils ont l'air d'avoir trouvé votre frère et ses amis, dit Erell. Ils courent dans leur direction...

- Je ne sais pas si je dois être soulagé ou craindre encore plus pour leur peau, grimace Fred.

L'ouverture brusque de la porte nous fait replier la carte à la va-vite. Percy se tient dans l'embrasure, un oiseau en papier à la main.

- Le Professeur Flitwick nous a demandé de vous transmettre ceci, tonne-t-il de toute sa superbe de Préfet.

Il donne un coup de baguette sur l'oiseau qui se déplie gracieusement, laissant place à une lettre.

« La menace du troll est écartée, et n'est plus à craindre. Tous les élèves peuvent rejoindre leur Salle Commune dans le calme et encadrés des Préfets, où ils pourront achever le festin d'Halloween avec leurs maisons respectives. Bonne fin d'appétit ! ». Bien, termine Percy en redonnant au papier sa forme d'oiseau, que les Gryffondors me suivent, et que les autres attendent l'arrivée de leurs Préfets !

Fred et George s'exécutent en ronchonnant, et c'est avec un brouhaha surexcité que chaque maison rejoint sa Salle Commune.

.

- Méchant troll ! J'vais lui péter la gueule, le forcer à se laver et lui coller un œil au beurre noir et ensuite, je le forcerai à manger des géraniums pour l'haleine et puis je l'habillerai avec le tailleur rose d'Ombrage et enfin, je le tuerai pour abréger ses souffrances !

- Ne t'emballe pas Erell, je crois que les professeurs s'en sont occupés maintenant, depuis le temps, lui dis-je en souriant au vu de sa réaction théâtralement réussie à l'énième récit de Ron sur leur victoire face à la montagne de grumeaux morveuse. D'ailleurs, c'est qui Ombrage ?

- Oh, crois-moi, tu ne voudrais pas la rencontrer ! Je ne l'ai vue qu'une fois en accompagnant mon père au Ministère, j'ai pas envie de la recroiser un jour ! Plutôt me retrouver enfermée dans des toilettes avec un troll !

- Erell, épargne-nous tes fantasmes s'il-te-plaît, geint Fred en se retournant vers nous, j'essaie de manger mon petit déjeuner...

- Et je ne compte pas avoir d'images aussi... brrr pendant le match, frissonne George.

- Roh, mais vous avez vraiment des idées dégueues, ronchonne Erell. Continuez comme ça et je vais encourager Serpentard ! Quoique non, beurk... plutôt me retrouver enfermée avec Dubois dans un placard à balais !

- Erell !

Essayant de maîtriser mon hilarité, j'entends Hermione essayer de persuader Harry de manger un peu plus loin.

- Harry, il faut que tu prennes des forces. Les Attrapeurs sont toujours la cible principale de l'équipe adverse.

- Merci Seamus, répond l'intéressé comme s'il était sur le point de vomir.

- Hey, Harry, dis-je en m'approchant, ils ont raison, mange un peu, sinon tu risques un malaise, et crois-moi, c'est pas plaisant !

- Mange pas trop ceci dit, rapplique Erell, sinon tu vas être tout ballonné, et comme dirait mon cher Capitaine, « y a déjà assez de balles sur le terrain ». Et le stress, pareil, juste assez pour être en alerte pour repérer le Vif d'Or !

- Et pour le coup de viser les Attrapeurs, je peux te dire qu'avec les Serpentards tout le monde reçoit sa part de Cognards, je grimace. Et vous avez les meilleurs Batteurs de l'école, alors ils te défendront bien, ne t'inquiète pas pour ça !

- Ils le feront sans aucun doute, sinon on leur pète la gueule, on les martèle de Bombabouses, on leur colle un œil au beurre noir et ensuite -

- Je crois qu'il a compris l'idée, Erell.

- Ah ! Oh. J'étais pas encore à l'étape géranium !

Au moins, Harry a un peu souri et mangé grâce à nous, je me dis en grimpant m'installer dans les gradins à côté d'Erell. On a chacune une pancarte, la sienne marquée Fred, la mienne marquée George – je me demande s'il y a quelque chose entre elle et Fred, elle a insisté pour que je prenne la pancarte « George ». Je me demandais si on n'aurait pas dû en faire une pour Harry, mais visiblement ses amis s'en sont chargés, et ont déployé une grande bannière flashy « Potter président », ce qui me fait douter pendant deux secondes qu'on est encore au Royaume-Uni. Le pauvre, les Serpentards comme premiers adversaires... c'est pas comme si c'était le grand amour entre les deux maisons !... Alors que les joueurs s'approchent de Madame Bibine au milieu du terrain, Ron et Hermione apparaissent sur les marches, et je leur fais signe de nous rejoindre. Hermione s'assoit à côté de moi avec un grand sourire, quoiqu'un peu timide.

- J'espère que Harry va s'en sortir, dit-elle, un peu stressée. Enfin, euh, je veux dire, qu'il va gagner son premier match !

- Je suis sûre qu'il va y arriver, affirme Erell, s'il a pu entrer dans l'équipe en première année, c'est qu'il est vraiment doué. Et Dubois a l'air tellement heureux ces derniers temps que je suis sûre que Potter est à la hauteur !

- Dubois ? Comment tu peux savoir que Dubois a l'air si heureux que ça ? je demande un peu déconcertée. On parle bien de la même personne ?

- Pfff, répond Erell en détournant légèrement son regard de l'équipe des Gryffondors, il hm, suffit de le croiser pour l'entendre vanter sa joie !

- J'ai hâte d'entendre le commentaire de Lee, la sauve Ron sans le savoir (il n'a rien entendu de notre petite discussion). Fred et George m'ont assuré que c'est le meilleur commentateur qu'ils connaissent !

- Haha, c'est à peine exagéré ! Il est vraiment génial !

- Oui, enfin, quand c'est pas ton match qu'il commente, je grimace.

- Tu ne t'es toujours remise de ce qu'il a dit quand toi et Tyler vous êtes rentrés dedans par accident l'an dernier ? C'était pourtant hyper marr-

- Merci pour le réconfort, Erell... Oh, ça commence !

Le sifflet de Madame Bibine a retenti dans les quatre coins du stade (enfin, coins, façon de parler bien sûr).

- Angelina Johnson, de l'équipe de Gryffondor, s'empare immédiatement du Souafle, dit le commentateur. Cette fille est décidément une excellente Poursuiveuse, et en plus, elle est plutôt jolie...

- JORDAN !

- Excusez-moi, professeur.

- Vous voyez ? Le meilleur, rit Erell. Vous allez avoir droit à la crise de nerfs progressive de McGonagall, et il faut dire qu'il a commencé en beauté cette fois !

- Angelina passe à Alicia Spinnet, qui jouait l'année dernière comme suppléante.

- Alicia est dans l'équipe ? je demande, un peu perturbée.

- Bah, elle a dû s'entraîner, elle ferait tout pour se rapprocher de son cher George...

- Nouvelle passe à Johnson et... non, c'est Marcus Flint, le Capitaine des Serpentard qui reprend le Souafle et qui vole comme un aigle vers les buts adverses, il va mar... non, le tir est arrêté par Olivier Dubois, le Gardien de Gryffondor.

- YES !

- Aïe, Erell, si tu veux brandir ton poing évite juste de me l'envoyer dans le nez !

- Gryffondor reprend le Souafle avec Katie Bell qui fait un joli plongeon pour éviter Flint et – AÏE – voilà qui a dû faire mal, un Cognard en pleine tête - le Souafle aux Serpentard - Adrian Pucey se précipite vers les buts, mais il est arrêté par un deuxième Cognard envoyé par Fred ou George Weasley, impossible d'être plus précis.

- C'était Geoooorge, soupirons Erell et moi à l'unisson provoquant un état de surprise intense chez Ron.

- En tout cas, c'est un joli coup du Batteur de Gryffondor et Johnson reprend le Souafle sans aucun adversaire devant elle. Elle vole vraiment, c'est le cas de le dire, elle évite un Cognard, les buts sont devant elle, vas-y, Angelina - Bletchey, le gardien de but, plonge et GRYFFONDOR MARQUE !

Nous hurlons tous les quatre avec les supporters de Gryffondor et je pense que la joie générale n'est rien par rapport à la jubilation de Dubois et des jumeaux, car ça fait un sacré bail qu'un match a aussi bien commencé pour leur maison, surtout face à Serpentard...

- Poussez-vous un peu, là.

- Hagrid ! reprennent nos quatre voix en cœur avec encore plus d'allégresse.

- Je regardais depuis ma cabane, dit Hagrid en tapotant une grosse paire de jumelles accrochées autour de son cou. Mais c'est pas la même chose que d'être dans le stade. On n'a pas encore vu le Vif d'or ?

- Non, répond Ron. Harry n'a pas eu grand-chose à faire pour le moment.

- Il devrait, il devrait ! s'écrie Erell en s'accrochant soudain à mon bras d'un main et agitant l'autre hystériquement vers un point. Ah zut, je l'ai reperdu... Il doit être pas loin de la mêlée...

- OH MON D- ! s'exclame Hermione en portant les deux mains à sa bouche d'effroi alors qu'un Cognard vient de rater Harry à littéralement un cheveu. Ce... sport est quand même extrêmement dangereux !...

- Bienvenue au Quidditch, lui répond Ron avec une moue désolée.

- Serpentard reprend le Souafle. Le Poursuiveur Pucey évite deux Cognards, les deux frères Weasley et Bell, la Poursuiveuse, et fonce vers—attendez un peu est-ce que c'était le Vif d'Or ?

- C'est lui, c'est lui, C'EST LUI ! hurle Erell en s'agrippant encore plus fort à mon bras. VAS-Y HARRY !

- Nom d'une bouse de dragon, Higgs le rattra- non il va y arriver il va- !

- FAUTE ! hurlons-nous comme tous les pro-Gryffondors, même Hagrid et Hermione.

- Sale troll de Flint, tu nous as fait perdre le Vif d'Or ! Je vais t'en faire bouffer des géraniums moi !

- Renvoyez-le ! hurle un garçon devant Erell en brandissant la bannière rageusement. Carton rouge !

- On n'est pas au football, l'interrompt Ron. On ne peut pas renvoyer les joueurs, au Quidditch—et d'abord, qu'est-ce que c'est qu'un carton rouge ?

- C'est un carton rouge que l'arbitre brandit pour exclure définitivement un joueur du terrain, je lui glisse.

- Dean a raison, on devrait changer les règles, Flint aurait pu faire tomber Harry de son balai, affirme Hagrid.

- Impossible, il n'y aurait plus d'équipe de Serpentard dans ce cas, raille Erell qui a enfin daigné lâcher mon bras pour brandir sa pancarte aussi vindicativement que Dean.

- Donc, après cette scandaleuse tricherie...

- Jordan !

- Je voulais dire après cette faute révoltante...

- Jordan, je vous préviens...

- Oh, McGo', admets que c'était injuste ! s'écrie Erell désespérément.

- D'accord, d'accord. Flint a failli tuer l'attrapeur de Gryffondor, ce qui aurait pu arriver à n'importe qui et donc Gryffondor bénéficie d'un penalty repris par Spinnet et c'est Gryffondor qui garde le Souafle.

- Woh, Harry l'a évité de peu, celui-là !

- De quoi ? Évité qu- mais ! SPINNET NON NE FAIS PAS ÇA FAIS UNE PASSE TU NE PEUX PAS TENTER UNE PERCÉE TOUTE SEULE ! je crie en me frappant le front du plat de la main. Eeeet évidemment...

- Serpentard prend le Souafle avec Flint qui passe à Spinnet qui passe à Bell – frappée au visage par un Cognard, j'espère qu'elle a le nez cassé – non, non, je plaisantais, professeur... Oh non ! SERPENTARD MARQUE !

- Raaaaah, mais Johnson était dé-mar-quée et hors de portée des Batteurs ! dis-je en m'effondrant sur mon siège. Quelle gourde alors, cette Spinnet !

Mais Hagrid, qui a sorti ses jumelles, semble autrement préoccupé que par le désastre en cours.

- Je ne sais pas ce que fabrique Harry, grommelle-t-il. Je me demande s'il n'a pas perdu le contrôle de son balai... Ça m'étonnerait, pourtant...

- Il avait l'air de bien le maîtriser, ce n'est pas normal, j'interviens.

- Et il est tout neuf, les Nimbus 2000 sont fiables, ajoute Erell. Impossible que le problème vienne d'Harry ou du balai.

- Vous croyez que le balai a pris un coup quand Flint a bloqué Harry ? s'inquiète un ami de Dean.

- Impossible, répond Hagrid d'une voix tremblante. Il n'y a que la magie noire qui puisse dérégler un balai. Aucun élève n'arriverait à faire ça à un Nimbus 2000.

Au moment où j'allais demander à Hagrid de nous prêter ses jumelles, Hermione les arrache de ses mains, mais au lieu de les diriger vers Harry, elle les pointe sur la foule des spectateurs. Ils ne pensent tout de même pas que quelqu'un... ? Elle échange quelques mots avec Ron en montrant quelque chose ou quelqu'un du doigt dans la direction des tribunes des professeurs, puis disparaît en un clin d'œil du siège à côté de moi, tandis que Ron continue de fixer ce qu'elle lui a montré, à travers les jumelles. Bien que curieuse quant à leur découverte, je retourne instinctivement mon regard vers Harry, que Fred et George essaient désespérément d'aider.

- Qu'est-ce qu'ils ont trouvé ? me demande Erell tout en suivant le jeu des yeux. Aaaaargh, un cinquième ! Dubois, réveille-toi, par le slip de Merlin !

- Je ne sais pas, ils ont montré les professeurs du doigt...

Nous nous arrachons toutes les deux à nos contemplations respectives, et c'est Erell qui remarque au bout de quelques minutes de plissage d'yeux intensif ce qui cloche.

- On dirait que Rogue et Quirell murmurent quelque chose, mais ils n'ont pas leur baguette... Un sort de protection tu crois ?

- On peut lancer des sorts sans baguette ?

- Oui, oui, une baguette n'est qu'un canalisateur d'énergie magique... Oh, ils ont tous les deux arrêté !

Un coup d'œil vers Harry et un soupir de soulagement général nous confirment que ce dernier maîtrise de nouveau son Nimbus.

- Ce devait être un contre-sort très puissant, ils ont été tous les deux propulsés en arrière, me chuchote Erell. Imagine, à deux en plus ! Qui a pu ensorceler le balai aussi-

- Ça y est ! Elle a réussi ! s'exclame Ron.

- Elle a réussi ?

- Il parle d'Hermione ?

- Sans doute... Mais réussi quoi ?

- Elle a peut-être trouvé qui faisait le sortil-... ou alors...

- Non, tu ne penses pas qu'ils pensent que...

- … Rogue et Quirell ont essayé de tuer Harry ? Ce serait ridicule... Oh ! D'ailleurs, Harry ! Regarde-le, je crois qu'il va... PAR MERLIN !

- Qu'est-ce que... NOM D'UN CROTTIN D'ETHONAN !

- IL L'A EU ! IL A EU LE VIF D'OR ! SUSAN IL L'A EUUUU !

- CENT-SOIXANTE-DIX A SOIXANTE ! Il faut que je lui fasse un câlin. Il le faut !

- Moi d'abord !

- S'il arrive encore à respirer, je fais remarquer après un temps de réflexion. Je pense que ni Dubois ni les jumeaux ne voudront le lâcher.

- On n'a qu'à arriver avant eux ! s'exclame-t-elle en dévalant les gradins.

Ni une, ni deux, je me lance à sa poursuite, et le fait qu'on ait lancé un mouvement de foule contrecarre un peu nos projets au moment où on arrive au milieu du terrain, Harry a déjà disparu dans la masse.

- Erell ! Susan ! ON L'A FAIT, ON A GAGNÉ ! nous hurle Fred dans les oreilles en nous serrant contre lui, chacune sous un bras.

- C'était incroyable !

- C'était génial ! Vous avez assuré presqu'autant que les Crécerelles de Kenmare ! Et si Dubois n'avait pas laissé passer autant de buts, j'aurais même pu dire qu'il était pas loin de jouer comme Darren O'Hare !

Le concerné, quelques pas plus loin, relève la tête en entendant son nom et fronce les sourcils avant de prendre une cinquième année dans ses bras. Mais Erell ne fait pas attention, et continue sur sa lancée.

- Harry est vraiment doué ! Quand il sera moins stressé ce sera un adversaire redoutable ! Aaaah, j'ai trop hâte de jouer moi aussi !

- A qui le dis-tu ! j'enchaîne. Enfin, ceci dit... je n'espère pas que mon balai fasse autant de soubresauts !

- Oui, c'était trop bizarre ! On n'arrivait même pas à l'attraper ! Avec George on s'est dit qu'en attrapant le Vif d'Or il a dû perdre les pédales, d'où le rodéo aérien...

- IL NE L'A PAS ATTRAPÉ, IL A FAILLI L'AVALER ! nous interrompt une voix clairement mécontente un peu plus loin.

- Ah, on dirait bien que Flint a du mal à avaler sa défaite, fait remarquer Erell.

- Avec un peu de chance sa rage va l'étouffer, dit Fred avec beaucoup d'espoir.

Je cherche Flint du regard, mais trouve à la place George, qui alterne discussion animée et câlins hilares avec Angelina et Alicia. Cette dernière a un large sourire qui me donne sérieusement envie de la baffer.

- Eh, Georgie, bas les pattes d'Angelina ! siffle Fred en se tournant dans la même direction que moi. GEORGIIIIE !

Ce dernier remarque aussitôt la danse de l'orang-outan que son frère a entamée pour capter son attention, et après une dernière rigolade avec les deux Poursuiveuses, nous rejoint.

- Freddie, j'ai l'honneur de t'annoncer que ce soir, c'est la fête dans la Salle Commune ! Il va falloir qu'on aille se réapprovisionner en cuisines !

Erell et moi échangeons un regard, un peu blessées.

- On allait vous proposer d'y aller...

- Enfin, si vous ne voulez pas de nous, tant pis pour vous ! ajoute Erell en mimant le dédain.

- Ah non alors ! On ne peut pas fêter ça sans nos supportrices favorites ! lance Fred en nous claquant chacune un bisou sur la joue, ce qui nous refait rire directement.

- Direction les cuisines, alors ! s'écrie Erell toute heureuse.

Bras-dessus, bras-dessous, nous laissons derrière nous les Serpentards et Gryffondors pinailler sur le résultat du match.

- Par contre, dit Fred, la prochaine fois, je veux une bannière vingt fois plus grande avec mon prénom en paillettes rouges et des cœurs partout !


Bientôt, on passe d'automne en hiver ! Prêt-e-s à bombarder Voldemort de boules de neige ?

Et si vous avez, comme lili, envie de revoir un personnage ou en voir un plus exploité, n'hésitez pas, on ne promet rien mais ça peut nous donner des idées ! Cœur sur vous :)