Il l'avait invité à s'asseoir dans le salon pendant qu'il préparait un café.

Mais au bout d'un instant, elle s'était relevée et se promenait dans la pièce. Il y avait de jolies choses, de beaux objets choisis avec goût. Elle s'arrêta devant un bahut. Il y avait quelques cadres photos. Elle en prit un et l'étudia attentivement

- C'était ma femme, dit-il en posant un plateau sur la table basse

- Elle était très belle !

- Merci

- Katherine lui ressemble beaucoup

- C'est vrai… Elle a même hérité de son fichu caractère ! Mon Dieu ! Si vous les aviez entendus… Elles étaient aussi bornées l'une que l'autre ! Il valait mieux se tenir à distance et ne pas se mêler de leur discussion quand elles étaient en désaccord !

Martha sourit

- Monsieur Beckett…

- Jim !

- Entendu… Jim. J'ai bien compris que vous m'aviez reconnu, mais je ne vous ai pas dit que j'étais…

- La mère de Richard ?... Je le sais… Vous savez, du temps de leur collaboration, Kathie m'a beaucoup parlé de vous et de votre famille. Comment vont-ils ?

- Alexis, bien… Quand à Richard… Vous l'avez vu, je crois ?

- En effet… On a parlé de Kathie… Il venait de découvrir qu'elle avait quitté et New York et la police

- Vous savez pourquoi ?

- Pourquoi elle est partie ?... Non… Mais vous savez à son âge, elle n'avait pas besoin de mon autorisation… Elle a fait comme elle avait toujours fait depuis le décès de ma femme… Elle a pris sa décision… D'un autre côté, je n'ai plus à trop m'inquiéter. Si vous saviez les peurs que j'avais chaque matin en sachant qu'elle prenait son service ! Mais vous avez dû ressentir la même chose lorsque Richard l'a suivi ?

- C'est vrai… Mais Katherine était là pour veiller sur lui !

- Il ne risquait avec rien avec elle… Elle aurait préféré prendre une balle plutôt qu'il ne soit blessé… Tout comme lui l'a fait, ce jour-là… Au cimetière… Je ne saurai jamais assez l'en remercié… Sans lui, j'aurai perdu ma fille.


Le froid l'engourdissait

Il ne savait pas depuis combien de temps il se trouvait sous ce jet

Son mal de tête s'était peu à peu estompé

Il avait froid. Il tremblait

Péniblement il se releva, en se tenant aux parois de la douche

Il coupa l'eau et sortit de la cabine

Il attrapa une serviette, se sécha, puis l'enroula autour de sa taille

Il se plaça devant le miroir.

Il passa une main sur sa barbe

Il avait vraiment une sale tête

Malgré ce que lui avait fait sa mère, il avait encore les traits tirés, les yeux rouges

Il soupira

Il se rendit dans sa chambre, attrapa un pantalon de jogging, enfila un t-shirt puis un sweat

Une fois être arrivé dans la cuisine, il se refit un café

Quand sa tasse fut remplie, il la regarda un petit moment puis but une gorgée en se tenant devant l'évier

Son estomac avait l'air de supporté le liquide

Il se rendit dans son bureau, en emportant sa tasse


- Je n'étais pas au courant

- Vous ne le saviez pas ?

Martha venait de lui parler de la dispute que Beckett et son fils avait eu

- Vous ne saviez pas que Richard n'allait plus au commissariat ?

- Comme Kathie avait démissionné, je me doutais bien qu'il ne pourrait plus y aller

- Et c'est tout ce que ça vous fait ?

- Comment ça ?

- Nous étions tous au courant. Nous n'avons rien dit à votre fille…

- Ca confirme juste ce que Kathie m'avait dit de lui. Que c'est un homme de confiance, de paroles

- Je ne vous comprends pas… Quand je l'ai dit au docteur Parisch…

- Elle a réagi en tant qu'amie, en tant que membre de la police… Moi je réagi en père… J'ai perdu ma femme. Alors vous comprendrez que je ne voulais pas perdre ma fille ! Mais lorsque Kathie se retrouvait sur une nouvelle piste, plus rien, ni personne ne pouvait la raisonner… Sauf votre fils… Alors, je suis allé le voir un soir… C'était quelques mois avant que… Et j'ai demandé à Richard de veiller sur elle, de l'empêcher de se faire tuer… Et c'est ce qu'il a fait… Même si ça a brisé leur amitié !

- Même si ça a brisé… Jim, c'était un peu plus que de l'amitié… Ne me dites pas que vous n'avez rien vu lorsque nous nous sommes tous retrouvés à l'hôpital après que…

- Je ne suis pas aveugle, Martha. Je l'ai su dès notre première rencontre. Tout comme je savais ce que ressentait Kathie pour lui

- Oh, vous me soulagez ! J'ai cru un instant que j'allais devoir…

- Je ne suis pas sénile, Martha. J'ai des yeux pour voir

- Donc vous comprenez le sens de ma visite ?

- Pas vraiment !

- Quoi ?... Mais je suis là pour Katherine et Richard !

- Qu'est-ce que vous leur voulez ?

- Qu'est-ce que… Jim… Vous venez de dire que vous saviez qu'ils s'aimaient… Si je suis venue vous voir, c'est pour que vous m'aidiez à trouver une solution pour les réunir… Ou au moins faire en sorte qu'ils se rencontrent…

- Oh, oh !... Non, non, non !

- Vous ne voulez pas…

- Martha, bien sûr que j'aurai aimé les voir ensemble… Mais le temps m'a appris qu'il ne faut surtout pas forcer Kathie à faire telle ou telle chose. Et encore moins en ce qui concerne ses relations avec les hommes.

- Il y a bien une solution !

- Et de toute façon, maintenant qu'elle vit en France… Et votre fils va se marier !

- Oh, c'est vrai ! Vous n'êtes pas au courant… Il a rompu… Il n'y aura pas de mariage

- A cause de Kathie ?

- A cause des sentiments de Richard pour Katherine… Elle n'y ait pour rien… Elle n'a rien fait. Elle l'a même repoussé quand il est allé le voir

- Il est retourné la voir ?

- I peu près deux mois… Mais comme il était fiancé…

- C'est tout ma Kathie, ça !


La pluie s'était arrêtée

Le vent s'était levé

Elle était trempée, mais son mal de tête s'était estompé

Elle grelottait et ses jambes étaient engourdies

Elle les déplia lentement, et tout en se tenant au rocher se releva lentement

Quand elle fut debout, les chiens se levèrent aussi et s'ébrouèrent à côté d'elle

- Vous ne trouvez pas que je suis assez mouillée !

Ils la regardèrent puis filèrent vers le sentier

Une fois à leur hauteur, elle leur ouvrit le portail et ils rentrèrent dans la maison

Après avoir retiré sa veste, elle se rendit dans la cuisine et leur remplit leurs écuelles

Elle jeta un œil sur son horloge. Il était 22H

Elle vérifia la fermeture des portes, brancha son système d'alarme, éteignit toutes les lampes et monta dans sa salle de bain

Elle se positionna devant le miroir et se regarda

Elle avait toujours une sale tête. Ses traits étaient tirés, elle avait des cernes sous les yeux…

Elle se déshabilla, entra dans sa douche et se glissa sous le jet d'eau chaude


Un taxi l'attendait

Elle avait apprécié leur conversation. Elle le trouvait sympathique. Après avoir parlé de leurs enfants, ils avaient appris à se connaître. Elle lui avait fait un résumé de sa carrière. Lui, il lui avait parlé de son travail d'avocat, de ses hobbies….

Il l'avait raccompagné jusqu'au portail

Elle se retourna

- Jim… Je dois vous avertir…

- De quoi ?

- On a assisté à un défilé hier soir… Et il y a eu un incident… Richard s'est disputé avec son ex-fiancé… Il y avait des journalistes !

- Ne vous inquiétez pas. Il y a bien longtemps que je ne lis plus leurs torchons !

- En fait, le vrai problème… C'est que Katherine était là, elle aussi

- A New York ?... Elle ne m'a rien dit !

- Apparemment, elle n'a fait qu'un aller-retour !

- Ce devait être important !

- Mélinda, l'ex-fiancée de Richard, avait engagé un détective privé

- Pour enquêter sur Kathie ?

- C'est ça

- Oh, la pauvre ! Elle n'aurait jamais dû !

- Je crois qu'elle l'a compris… Mais vous connaissez les journalistes… Je ne sais pas encore ce qu'ils ont écrit, mais je ne voudrai pas que…

- Je connais ma fille. Ne vous en faites pas…


Elle ne savait pas combien de temps elle était restait sous la douche, mais l'eau l'avait réchauffé et détendue ses muscles

Elle stoppa l'eau, sortit de la cabine et attrapa une serviette

Après s'être enroulée dedans, elle entra dans sa chambre et passa un nouveau caleçon et un large et long t-shirt

Puis, elle se glissa sous les draps


Après la journée qu'ils avaient passée, Gates leur avait dit de rentrer chez eux

Elle avait continué à recevoir des appels. Des journalistes qui n'arrêtaient pas de la harceler sur les évènements de la veille

- Franchement, Lanie, tu dois faire quelque chose, dit le latino en ouvrant la porte de leur appartement

- Quoi ? Moi, je dois faire quelque chose ? Et pourquoi moi ?

- Tu es sa meilleure amie !

- Parce que tu crois que ça va changer quelque chose !

- Mais tu as dit qu'elle allait le savoir !

- Evidemment qu'elle va le savoir… Je lui ai envoyé un message. Même deux ! Un, sur son portable, et un dans sa boite mail !

- Envoie-lui en un autre !

- Pour lui dire quoi ? Ne vas pas sur internet !... Si tu reçois un message comme ça, qu'est-ce que tu fais ?

- Je vais voir aussitôt !

- Comme tout le monde !... Mais quelle idiote ! Quelle idiote, je suis !... J'aurai dû y penser quand Martha m'a dit que les journalistes avaient entendu la dispute entre cette fille et Castle !

- Tu ne pouvais pas le savoir, le deviner, dit-il en la prenant dans ses bras

- Ils sont toujours à l'affût ! Rappelle-toi, quand Castle s'était remis avec son ex-femme… Ça a été la même chose !... Tout ce que je voulais… C'était qu'elle sache qu'ils n'étaient plus ensembles… S'il retournait la voir… Elle aurait enfin pu… Ça va la détruire !

- Kate est forte !... Elle se ressaisira… Tu la connais

- Oui, je la connais… Mais quand il s'agit de Castle…


En rentrant à l'appartement, elle s'était arrêtée à un kiosque et avait acheté quelques revues. Ils faisaient la une : Castle, et à chacun de ses côtés, se trouvaient Mélinda et Beckett

Elle les posa sur le comptoir et se rendit dans le bureau

Il se trouvait dans son fauteuil, la tête en arrière, appuyée contre le dossier

Il se redressa quand il l'entendit arriver

Elle le dévisagea puis son regard se porta sur la table de travail

Il comprit

- Pas de whisky aujourd'hui, mère ! ... Seulement du café… Du café sans somnifère

- Tu as deviné ?

- Vu l'état dans lequel je me suis réveillé !

- Tu devais te reposer

- Je ne te reproche rien, mère… Et si la situation avait été inversée, j'aurai sûrement fait la même chose

- Je m'en doute. Mais moi, je n'ai jamais connu ce que tu vis… Et pourtant, j'ai aimé mes ex-maris… Parfois je t'envie. J'aurai aimé, ne serait-ce qu'une fois, éprouver ce que tu ressens…

- Je ne te le souhaite pas, mère ! Vraiment pas !

- Je sais… Et si on préparait le diner ?

- Je n'ai pas faim

- Tu dois manger… Même un peu

- Entendu… Je te rejoins

Elle monta se changer dans sa chambre puis redescendit dans la cuisine

Il était devant le comptoir

Elle avait oublié les magazines

Il tournait les pages frénétiquement

- N'y fait pas attention… Tu sais qu'ils écrivent n'importe quoi

- Mais tu te rends compte ! Ils disent que c'est Beckett qui a provoqué notre rupture !

- Ce qui n'est pas le cas, puisque tu as rompu il y a plus d'un mois !

- Mais ce n'est écrit nulle part !... Ils disent que la muse est venue faire un scandale pour récupérer son écrivain… Il y a même des photos... Avec Esposito et Ryan…

Il attrapa une autre revue, puis une autre…

- Il faut que Paula fasse un démenti… Qu'elle dise que c'est moi qui ai rompu… Que Beckett n'y ait pour rien…

- Avec les photos, je ne crois pas… Et si tu y réfléchis… Si tu as rompu…

- Je sais… Mais Beckett ne s'est pas interposé dans notre couple !

- Mais qu'est-ce que tu veux que Paula dise ? Que Mélinda a engagé un détective pour enquêter sur Beckett ? D'après toi, que vont en déduire les lecteurs ?

- C'est pas vrai ! Quoi qu'on dise… Je n'aurai pas dû m'emporter…

- Je pense qu'il était temps que tu fasses quelque chose. Même si ça apparait dans les journaux… Tu comptais participer encore à combien de ces manifestations avant d'annoncer votre rupture ?... Au moins, maintenant, c'est fait et tu n'es plus obligé de la suivre !... Et dans quelques temps, tu verras que les choses vont se tasser. Les gens vont oublier…

- J'en connue une qui, lorsqu'elle va découvrir ça, ne sera pas prête de l'oublier !

Il attrapa les journaux et les jeta à travers le salon

- C'est pas vrai !... Il fallait juste que j'attende… Qu'elle se calme… Et ensuite… Mais maintenant, avec ses torchons…

- Eh, calme-toi, dit Martha en s'approchant de lui et en le prenant dans ses bras

- Elle va se croire responsable… Je n'ai plus aucune chance… Mère, je l'ai perdu