Maudit poste et poste maudit
Note de l'auteur : Bonjour à tous ! Ceci est le dernier drabble avant la chute de Voldemort, donc rassurez-vous, la fin est proche ! ^^
Bonne lecture !
1980-1981 : La fan de Godric
S'il ne s'était pas pincé discrètement à diverses reprises, Dumbledore aurait sincèrement eu du mal à croire à ce qu'il avait pourtant juste en face des yeux. Durant sa longue carrière professorale, il avait eu affaire de nombreuses fois à des excentriques, ne serait-ce qu'avec la professeur d'Astronomie qu'il avait récemment embauchée et qui avait des yeux jaunes relativement inhabituels, mais il avait rarement vu une personne arborer à ce point une particularité.
Erika Peverell était tatouée. Partout. Elle portait une robe blanche sans manches qui laissait apparaître des bras couverts de dessins aux styles variés. Certains même se mouvaient, et Dumbledore se demanda si la jeune femme avait eu recours à un tatoueur anglais ou si elle avait dû aller dans un autre pays. Il connaissait plutôt bien la communauté magique de Grande-Bretagne, qui n'était après tout pas si grande que ça, et il ne voyait guère de sorcier qui aurait pratiqué cet art fortement inspiré de la mode moldue.
En tout cas, tous ces tatouages contribuaient à donner à mademoiselle Peverell un style assez particulier. Sa robe était clairement de facture sorcière, mais les bottines cloutées qu'elle arborait ne l'étaient clairement pas. Ses cheveux noir de jais étaient coupés en un carré plongeant court, et présentaient quelques reflets bleutés qui mettaient en valeur ses yeux gris à l'air vif. S'il n'avait pas reçu auparavant son curriculum, qui énonçait clairement qu'elle venait d'avoir trente ans, le directeur l'aurait sans hésiter prise pour une élève.
Une fois sa surprise surmontée, Dumbledore demanda à la jeune femme si elle avait un quelconque lien de parenté avec la famille Peverell, car il s'était demandé en voyant ce nom s'il s'agissait ou non d'une simple coïncidence. Celle-ci lui répondit que c'était le nom de son grand-père paternel, un Moldu, et qu'elle doutait qu'il ait eu un quelconque rapport avec les Peverell enterrés à Godric's Hollow. Allant de surprise en étonnement, le directeur lui avait demandé comment elle en était venue à savoir que les frères étaient enterrés là.
Mal lui en prit car Erika s'était alors lancée dans une diatribe enflammée sur son pèlerinage dans tous les lieux qui avaient connu la présence de Godric Gryffondor. Elle avait été jusqu'à bomber le torse pour montrer le lion rugissant qu'elle avait sur la poitrine, et dont on ne voyait que la tête dans son décolleté mais dont on pouvait aisément deviner jusqu'où allait le reste. Dumbledore avait bien tenté de l'arrêter à plusieurs reprises, mais lancée comme elle l'était, ç'avait été peine perdue. Elle lui avait raconté par le menu la vie du fondateur, notamment des détails sur son enfance dont il avait été totalement ignorant il devait bien l'avouer, et elle avait même été jusqu'à dénuder sa jambe droite, à la grande gêne du vieil homme, pour lui montrer l'épée ornée de rubis qu'elle y avait fait tatouer. Après une heure qui lui sembla extrêmement longue, le directeur profita d'une brève pause qu'elle faisait pour sortir de son sac les photographies de ses pèlerinages pour lui dire que malheureusement il avait un autre rendez-vous et qu'il la reverrait avec plaisir à la rentrée.
Et il se dit qu'il avait bien fait de ranger récemment l'épée de Godric Gryffondor dans un coffre plutôt que de la laisser exposée dans la verrière à côté de son bureau. Elle aurait refusé de partir sinon. Et sur son perchoir, Fumseck semblait rire tout bas de sa mésaventure.
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Quelques semaines après la rentrée toutefois, Dumbledore devait bien avouer qu'il ne regrettait pas d'avoir engagé la jeune femme. Elle était d'un très grand dynamisme, et savait motiver les élèves en leur insufflant un courage que les plus âgés avaient quelque peu perdu face aux horreurs que connaissait la communauté magique. Un nouveau souffle sembla traverser le château qui avait sombré dans un deuil de plus en plus noir depuis quelques années. De manière finalement assez peu surprenante, pour une fois, Erika s'était tout de suite bien entendue avec Minerva McGonagall qui partageait sa passion pour le fondateur de la maison qu'elle dirigeait.
Dans ses cours de Défense, le professeur Peverell s'enflammait parfois pour un rien, et montait sur une table pour raconter à grand renfort de mouvements de bras un des faits d'armes de son héros. Si la plupart des élèves s'en amusaient beaucoup, certains autres qui avaient encore en mémoire la mort du professeur Trinkett, trouvaient que crier ce genre d'admiration sur tous les toits par les temps qui couraient n'était pas très prudent. Mais Erika savait se défendre, et prenait la mouche à chaque fois qu'elle entendait le mot Mangemort. Il n'était pas rare à table, quand elle lisait les nouvelles de la Gazette, qu'elle s'exclame à qui voulait l'entendre que Godric n'aurait jamais laissé faire ça. Et que ce maudit descendant de Salazar n'avait qu'à bien se tenir.
Dumbledore poussait souvent de grands soupirs en entendant ça, mais se gardait bien de la contrarier. Dans un élan de générosité il avait même permis à la jeune femme de venir voir l'épée de Gryffondor dans son bureau, pendant les vacances de Noël qu'elle avait passées au château. Elle était restée comme interdite devant l'objet, qu'elle avait toujours pensé caché au fin fond d'un coffre de Gringotts et totalement inaccessible. Lentement, presque religieusement, elle l'avait délicatement prise dans ses mains et avait passé près de trois heures à l'observer sous toutes les coutures. Elle l'avait dessinée, et avait étudié avec attention toutes ses inscriptions. Lassé, le directeur avait fini par sortir pour marcher un peu, et celle-ci ne s'en était même pas rendue compte.
Par la suite, elle était revenue plusieurs fois pour la voir, après tout c'était le seul objet connu dont on savait qu'il avait vraiment appartenu au fondateur, mais beaucoup moins longtemps à chaque fois. Elle ne savait pas comment remercier Dumbledore, qui n'arrivait pas à lui faire comprendre que ce n'était pas grand-chose. À la fin de l'année, elle finit pas lui offrir la plus belle esquisse qu'elle ait faite, que le directeur rangea précieusement dans le tiroir central de son bureau, avec la cape que James Potter lui avait confiée quelques jours auparavant, au cas où.
Après les examens et la remise de la coupe, qui avait été pour la première fois depuis près de dix ans à la maison Gryffondor, Erika Peverell rentra chez elle, à Godric's Hollow. Au cours de l'été, alors qu'elle était allée se recueillir dans les ruines de ce qui semblait avoir été la maison natale du fondateur, elle tomba dans une embuscade tendue par trois Mangemorts irrités des échos qu'ils avaient eus d'elle par leurs enfants au cours de l'année. Elle se défendit avec force, mais fut touchée dans le dos par un sort de Magie Noire qui la laissa pour morte sur le sol. Alertés par des sorciers qui habitaient dans le village, des Aurors arrivèrent en trombe et mirent en fuite les Mages Noirs.
La jeune femme fut transportée en urgence à Sainte-Mangouste, mais les Médicomages ne purent pas faire grand chose. Elle ne semblait pas présenter de blessures physiques mais quand elle sortit de son coma quatre jours plus tard, on se rendit rapidement compte que le sort qui l'avait touchée visait vraisemblablement l'esprit. C'était devenu très clair quand elle avait demandé en se réveillant si on avait des nouvelles de la pauvre Helga qui avait attrapé un méchant rhume en s'occupant de ses plantes. Après un moment de flottement, on finit par comprendre : la malheureuse se prenait pour Godric Gryffondor. Dumbledore avait eu peine à le croire quand on le lui avait dit, mais il était allé la voir à l'hôpital et avait dû se rendre à l'évidence quand celle-ci, loin de le reconnaître, avait cru que c'était encore une farce de Rowena qui visiblement adorait se grimer en Merlin.
Le directeur revint la voir quelques fois au cours des années suivantes, mais son cas ne s'arrangea jamais. Il avait entendu dire qu'elle était devenue très amie avec Gilderoy Lockart quand il était à son tour entré dans le service de psychiatrie, celui-ci semblant lui vouer un culte assez étonnant, mais Dumbledore n'avait jamais été le vérifier personnellement.
Et voilà ! Une fin moins tragique que celle du professeur précédent mais tout de même pas terrible... J'espère qu'Erika vous aura plu ! ^^
Je tiens d'ailleurs à préciser que si elle mentionne Voldemort comme étant "le descendant de Salazar", ce n'est pas parce qu'elle sait que Tom Riddle est le fils de Merope Gaunt, mais tout simplement parce qu'il parle fourchelangue et qu'il déteste les moldus, comme le fondateur. C'est juste une insulte. ;-)
À demain !
