Disclaimer : l'univers, les personnages, lieux etc ne m'appartiennent pas mais sont à J. K. Rowling. Seuls certains personnages, qui ne font pas partit du canon sont à moi. Les personnages sont un peu OOC sur les bords, désolé à ceux que ça ne plaît pas. Oh et oubliez tout ce qui s'est passé pendant la sixième année, considérez qu'il ne s'est rien passé de spécial.

Rating : T

Publication : une fois toute les deux semaines, le vendredi ou le samedi, normalement.

Chapitre XX : Retour à Poudlard

- ... Ce sort est plutôt courant et généralement utilisé pour protéger une maison d'un hypothétique intrus en gardant répertorié l'identité des personnes autorisées. Enfin, Poudlard dans son ensemble, si on regroupe le parc et la forêt interdite est bien plus grand qu'une banale habitation, ce sort nécessite donc plusieurs lanceurs. Plus la surface est grande, plus le sort se doit d'être puissant.

Harry hocha la tête et jeta un œil à quelques aurors qui, un peu plus loin, continuaient leur travail tranquillement.

- Mais pourquoi ne pas tout simplement utiliser la magie élémentaire ? Ce serait plus simple, la forêt interdite prend déjà la majorité du terrain, elle pourrait se révéler très utile et retenir les Mangemort, les empêchant ainsi d'accéder au château.

- La magie élémentaire ? releva Sirius. Qui est-ce qui t'a parlé de ça ? Cela fait des centaines d'années que cette pratique s'est perdue au profit de l'utilisation de la baguette. Les maîtres élémentaires se sont tous éteints depuis bien longtemps maintenant.

- Faut croire qu'il y en a encore parce que quelqu'un a bien dû l'enseigner à Haziel.

- Haziel ?

- Oui, le frère de Draco Malfoy.

- Lucius Malfoy a eu deux enfants ?

- Tu ne le savais pas ?

A voir les sourcils froncés de Sirius et son air concentré, il n'était définitivement pas au courant de cette dernière information.

- Enfin, avant cette année, je pense que personne ne le savait non plus, ils n'ont pas grandi ensemble.

- Pourquoi ? Il l'a renié ?

- En quelque sorte, oui.

- Tu ne m'en as pas parlé, de ça. Et puis, comment sais-tu que Malfoy pratique la magie élémentaire ?

- Il m'a montré quelques tours. J'aurais bien voulu qu'il m'en montre d'autres mais... enfin, il n'est plus à Poudlard. Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé mais il ne s'est plus montré depuis l'attaque de Pré-au-Lard. Il ne me répond même pas !

- Il ne te répond pas ?

Harry se sentit soudainement très gêné. Comment avait-il pu oublier d'en parler à Sirius ? Il allait devoir le faire maintenant de toute façon. Il lui raconta alors le déroulement de l'année depuis le début, sans omettre le fait que le blond était également son âme-sœur. Heureusement que Sirius était assis, sinon, aucun doute qu'il serait tombé vu la tête ahuri qu'il faisait.

- Alors lui et toi ?... Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ?

Sirius n'arrivait pas à croire qu'Harry ait omis de lui parler d'une chose aussi importante. Pas que cela change quoi que ce soit, s'il disait que le jeune Malfoy était quelqu'un de bien, il le croyait volontiers, mais c'était tout de même blessant de savoir que son filleul le lui ait caché.

- J'ai simplement oublié.

- Tu ne peux pas avoir oublié quelque chose d'aussi gros, quand même.

- Je suis désolé, Sirius. Mais... je sais que tu n'aimes pas les Malfoy, ni les Black et... enfin, je ne savais pas comment tu le prendrais.

- Ecoute, Harry, je n'ai aucun jugement à émettre sur les gens que tu fréquentes, cela ne me regarde pas et je ne (me) permettrais jamais de te demander de ne plus fréquenter une personne sous prétexte que je n'aime pas son nom.

- Je sais, soupira le Gryffondor en remontant ses lunettes sur son nez du bout des doigts. J'aurais dû t'en parler.

- Bon, c'est pas bien grave, conclu Sirius en se relevant avant de s'épousseter. Et si on allait déjeuner, plutôt ?

Harry hocha la tête et attrapa la main que son parrain lui tendait. Il n'avait pas l'air de lui en vouloir et cela le soulageait vraiment.

~~ oOo ~~

Ses yeux étaient si sombres en cet instant. Presque la même tête que ceux d'Haziel.

Draco se passa une main dans les cheveux, son regard toujours plongé dans ses prunelles, à travers la glace. Il avait encore du mal à se rendre compte qu'il ressemblait tant à son frère d'un point de vu physique mais qu'ils soient intérieurement si différents. Il tenta un instant de s'imaginer la façon dont il aurait réagit face à ce que l'autre blond avait vécu, mais abandonna rapidement. Il ne parvenait pas vraiment à se représenter ce qu'Haziel lui avait raconté. Il avait encore un peu de mal a croire qu'il ait été si obnubilé par le fait que son frère ait cessé de venir le voir qu'il l'ait ensuite rejeté alors qu'il avait enfin décidé de s'ouvrir à lui. Il se détourna de son reflet et quitta la salle de bain, la mine soucieuse.

Haziel ne lui avait encore fait aucun signe et même Potter affirmait qu'il refusait de lui répondre. Qu'était-il censé faire, lui, de son côté ? Il se sentait bizarre et surtout coupable. Il avait repoussé son frère lorsqu'il avait besoin de lui et même si Potter prétendait le contraire, il savait bien, lui, qu'il était l'une des raisons de son départ. Parce que dans le cas contraire, il l'aurait au moins prévenu avant de s'en aller.

Il rejoignit ses amis dans la salle commune, étalant ses affaires devant lui. Il soupira en voyant une petite boite dans le fond de son sac. Le cadeau qu'il pensait offrir à Haziel pour Noël. Il l'avait acheté pendant la sortie à Pré-au-Lard, mais ne pensait pas, à présent, qu'il aurait une quelconque occasion de le lui offrir. Un parchemin glissa de son livre de sortilèges et il tira légèrement dessus pour en lire les écritures. Il s'agissait des sorts que son frère avait appris à Harry et dont ce dernier avait bien voulu lui faire part. Ses sourcils blonds se froncèrent alors qu'il repensait à ce qu'il s'était passé. Il ne s'en était pas vraiment rendu compte plus tôt mais depuis le départ d'Haziel, Harry et lui s'étaient beaucoup rapprochés. Il en venait même à l'appeler par son prénom... Un frisson d'horreur le parcouru alors qu'il se rendait compte qu'il l'appelait même par son prénom. Si ce n'était pas le summum même de la déchéance, ça !

En parlant du loup... Il vit Potter traverser le passage et se laisser tomber sur une chaise entre Theo et Blaise.

- Fatigué, Potter ?

Tous les regards se posèrent sur lui.

- Quoi ? demanda-t-il, agacé.

- Tu m'as appelé Potter, répondit le brun, surpris.

- Et alors ?

- Ça fait un moment que tu ne l'as plus fait, expliqua Blaise.

Draco se renfrogna en se rendant compte qu'il trouvait lui-même étrange de recommencer à l'appeler par son nom de famille.

- Et alors ?

- Rien.

Le Gryffondor reprit sa position, les bras croisés sur la table et le menton dessus.

- Comment ça s'est passé ? reprit le blond.

- C'était plus compliqué que ce que je pensais, expliqua-t-il. Je n'avais jamais lancé de sort groupé, avant. Et c'est franchement fatiguant.

~~ oOo ~~

La maison était plutôt jolie de l'extérieur et s'il l'avait juste vu en passant, jamais il n'aurait pensé qu'elle renfermait l'un des artefacts les plus puissants de l'histoire sorcière. Cela faisait deux jours que Lucas observait les allées et venues dans la maison dans l'attente du meilleur moment pour entrer. Il n'avait pas vraiment compris lorsque Haziel lui avait confié cette mission, il se savait facilement distrait, ce que n'était pas Bélial qui avait d'ailleurs été contre l'idée. Mais le blond avait besoin de son ami à Poudlard où il avait décidé de retourner. Le château de Voldemort n'était pas un champ de bataille possible.

En voyant l'homme quitter la demeure, Lucas se prépara à s'y rendre, attendant un moment que la voiture s'éloigne. Il traversa le jardin et se figea devant la porte d'entrée en sentant les protections se lever contre lui. Il ne lui fallut pas longtemps pour les abaisser, à défaut de les détruire.

Traversant l'entrée, il jeta un coup d'œil aux photos affichées sur le mur. Ils n'avaient qu'un seul enfant, un fils, il ne l'avait pas vu pendant sa phase d'observation. Peut-être était-il à Poudlard. Des cheveux roux clairs, des yeux verts, il était plutôt mignon.

- Il ressemble à sa mère, se murmura-t-il à lui-même.

Pendant un instant, il se demanda à quoi ressemblait sa mère à lui. Secouant la tête, il s'efforça à se détourner des photos et reprendre sa tâche, parcourant la demeure de long en large. Au bout de deux heures de recherches infructueuses, il se laissa tomber sur le canapé du salon en soupirant. Rien. Il n'avait absolument rien trouvé. Ressortant le livre prêté par Haziel, il regarda de nouveau la page. Le point rouge luminescent représentait bel et bien cette maison, la Perle devait donc forcément y être !

S'affalant contre le dossier, il détailla le salon. Il était plutôt banale si on connaissait les maisons moldus : un canapé d'angle, une table basse juste devant, un meuble télé contre le mur d'en face, une table avec des chaises sur la droite à côté d'un meuble plein de livres. Oui, vraiment rien de particulier. Ses yeux se plissèrent tandis qu'il détaillait les livres exposés. Se relevant, il s'en approcha, passant ses doigts sur les tranches. Ce devait être là, il n'y avait pas d'autre moyen. Sa main s'arrêta sur l'un d'eux et y imposa une légère pression. Il recula alors que l'étagère s'abaissait lentement, laissant voir un pan de mur blanc avec un clavier digital.

- Un code ? fit-il étonné.

Quel sorcier pouvait bien utiliser un code pour protéger quelque chose d'aussi précieux. Posant sa main sur le bois du meuble, il tenta de jeter un sort mais fut violemment rejeté, sa main parcourue de picotements désagréables. Grimaçant, Lucas frotta sa main contre le tissu rêche de son jeans. Alors comme ça il ne pouvait pas utiliser la magie, hein ? Eh bien il trouverait un autre moyen. Il fixa un moment le clavier avant de faire un tour sur lui-même, tentant de trouver un indice dans la pièce. Au bout d'un moment, il repéra d'autres photos sur le meuble télé et s'en approcha. Il les observa toutes une par une avant de les retourner. Sur le dos chacune d'elles avait été écrit quelques mots. Son attention s'arrêta sur l'image du couple, un enfant dans les bras. Ses sourcils se froncèrent et il retourna là où il était.

- 01/01/1981

Il y eut un léger bruit de craquement et le pan de mur se scinda en deux, laissant apparaître un petit socle où était posée la Perle.

- Eh ben, c'était plus facile que ce que je pensais.

A peine eut-il posé les doigts sur l'artefact que deux bruits de transplanage se firent entendre derrière lui. Attrapant l'objet, il se retourna pour faire face aux propriétaires de la demeure.

- Euh, salut...

Ses yeux allèrent du regard dur du couple aux deux baguettes pointées sur son cœur. Ce ne serait peut-être pas aussi simple qu'il l'avait pensé.

~~ oOo ~~

Mercredi 25 décembre

- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?

- Absolument.

- Il a l'air...

- Oui, je sais. Mais ce n'est pas moi qui fais les prophéties.

- Quitte à choisir un gamin, franchement, j'en aurais pris un autre.

Haziel soupira et jeta un regard agacé à Bélial. Il n'était pas si bavard habituellement, que lui arrivait-il encore ? Il aurait pris Lucas qu'il n'aurait vu aucune différence.

- Et si tu te taisais deux minutes ?

Le blond ignora le regard meurtrier posé sur lui et tenta encore une fois de traverser les défenses de Poudlard. En vain. Lui qui avait pensé que l'Ordre faisait un travail d'amateur, il devait bien se rendre à l'évidence, ce n'était pas complètement vrai. Il aurait préféré ne pas faire savoir sa présence à Harry de suite mais il n'avait visiblement pas le choix.

Harry ?

De là où il était, le blond vit le Gryffondor se figer et relever la tête.

Haziel ? C'est toi ?

Qui d'autre ?

Les sourcils du brun se froncèrent.

Ça fait deux semaines que je n'ai pas de nouvelles de toi. As-tu simplement conscience du fait que je me suis vraiment inquiété ? Non mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête ?! Tu sais, la communication est gratuite, pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit où tu étais ? Ou simplement que tu étais vivant ? C'était vraiment irresponsable et...

Harry, s'il te plaît. Je suis désolé, d'accord. Maintenant, est-ce que tu peux désactiver rapidement les défenses de Poudlard pour que je puisse entrer ?

Il vit le regard d'Harry parcourir les limites du domaine avant de s'arrêter sur lui et son ami. Le brun jeta un coup d'œil autour de lui et une fois sûr d'être seul, s'approcha de leur position. Il lui fallut dix bonnes minutes pour abaisser les défenses qu'il replaça une fois les deux garçons passés.

- Tu as de la chance que Sirius m'ait montré comment faire. Alors, où étais-tu pendant tout ce temps ?

- Est-ce que tu penses que tu pourrais organiser une réunion avec les membres de l'Ordre ? répondit Haziel, ne prêtant aucune attention à ses paroles.

- Quoi ? Mais...

- C'est important, Harry.

- Je ne ferais rien tant que je n'aurais pas les réponses que je veux.

- Mais enfin...

- Où étais-tu ?

Haziel se pinça l'arête du nez d'agacement, son regard se durcissait tandis que les yeux verts de son vis-à-vis se posait sur son compagnon. Il ne fallut que peu de temps à Harry pour le reconnaître.

- Tu dois être Bélial, c'est ça ? Content de te rencontrer.

Il lui tendit la main... pour finalement la laisser retomber le long de son corps sous le regard indifférent de Bélial qui ne lui prêtait aucune attention, préférant observer ce qui l'entourait.

- Harry, c'est important.

- Tu m'as laissé tomber sans aucune explication et Draco a passé la semaine à s'en vouloir pour ton départ. Alors j'estime que c'est également (pas obligatoire) assez important.

Il entendit vaguement Bélial grogner quelque chose dans sa barbe d'où ressortait les mots "sale gosse".

- J'étais chez Voldemort, enfin, dans son voisinage plus précisément et si je suis revenu c'est parce que je sais maintenant quand est-ce qu'il compte attaquer.

- Attaquer ? répéta Harry, surpris.

- Que pensais-tu ? Qu'il allait se contenter de détruire le monde tranquillement du haut de son trône ? répliqua Bélial avec mépris.

Haziel lui jeta un regard d'avertissement avant de reporter son attention sur Harry.

- Alors ? Peux-tu convoquer une réunion de l'Ordre oui ou non ?

- Il faudrait que j'en parle à Dumbledore, moi je ne peux rien mais lui si.

- Bien.

Il y eut un silence gênant avant qu'Harry ne demande :

- Tu vas rester ?

- Pas longtemps, répondit-il après une hésitation.

- Et... tu penses aller voir Draco ?

- Ai-je le choix ?

- Pas vraiment.

- Alors j'irais. Plus tard.

Harry hocha la tête et fit volte face, se dirigeant vers le château, suivit des deux hommes, une capuche abaissée sur le front.

~~ oOo ~~

Il n'avait pas tout de suite trouvé Dumbledore qui n'était pas dans son bureau et avait dû attendre son retour du ministère. Entre temps, il avait retrouvé Daniel qui traînait dans la bibliothèque. Il fallut ensuite attendre le lendemain après-midi pour regrouper l'Ordre du Phénix au complet après avoir passé un long moment à expliquer au directeur à quel point c'était important et sérieux. Il ne semblait pas vraiment près à croire deux personnes venues de nul part qui refusaient de révéler leur identité.

La réunion eue lieu dans l'une des salles de classe du cinquième étage. Harry avait rarement eu l'occasion de participer aux réunions de l'Ordre et il devait bien avouer être assez impressionné par le nombre plutôt conséquent de personnes qui emplissaient la pièce et dont il ne connaissait même pas la moitié, tout ce qu'il savait était que trois d'entre eux, au même titre que Snape, étaient espions. Il y avait les professeurs, des aurors et des anciens élèves de Poudlard comme les jumeaux Weasley. Dans un des coins de la salle, au côté du maître des potions, il y avait même Narcissa Malfoy, toujours aussi belle et discrète dans sa robe sombre. Haziel et Bélial assis de chaque côté de lui avaient refusés de retirer leur capuche pour des raisons assez évidente. Harry avait bien conscience que personne ne les écouterait s'ils apprenaient qu'Haziel était le fils de Lucius Malfoy, même s'il avait passé le début d'année à Poudlard.

- Bien, commença Dumbledore une fois le silence installé, si nous sommes là, c'est parce qu'il semblerait qu'il y ait de nouvelles informations sur les desseins de Voldemort. J'ai reçu hier la visite du jeune Potter et de deux personnes prétendant que le Lord pensait attaquer dans les jours à venir.

Il y eut quelques murmures dans la salle mais le directeur les interrompit d'un regard avant de reprendre.

- Je pense qu'il est préférable avant de dire quoi que ce soit de les écouter s'exprimer.

C'est d'une voix modifiée et calme qu'Haziel prit la parole.

- Il n'y a rien de plus à dire que ce que vous savez déjà. Voldemort attaquera en début de semaine prochaine, point.

Des exclamations fusèrent de toutes parts mais Haziel, croisant les bras sur sa poitrine, les ignora. Il avait dit ce qu'il avait à dire et de son avis, il n'y avait rien à rajouter. Soit le directeur prenait les mesures nécessaires, soit il s'entêtait et tout le monde mourrait.

- Comment peux-tu en être si certain ? Intervint l'un des trois espions. Je suis moi-même dans les troupes du Lord et je n'ai pas entendu pareille chose.

- Parce que tu penses qu'il le crierait sur tous les toits ? répliqua Snape.

- Peut-être pas, mais s'il avait voulu attaquer, il aurait fait en sorte que ses troupes soit prêtes.

- Ou que ce soit une surprise pour tout le monde et que personne ne puisse le devancer.

- Alors comment ce gamin peut-il le savoir, dans ce cas ?

Les regards se détournèrent de l'homme et Snape pour se reposer sur les deux hommes encapuchonnés.

- Parce que nous avons passé ces deux dernières semaines à le suivre dans chacun de ses déplacements, nous savons donc avec certitude ce qu'il pense faire. Maintenant, si vous refuser de vous déboucher les oreilles, c'est votre problème, pas le nôtre. Mais vous mettez en jeu la vie de tous les élèves qui sont restés à Poudlard. Et si je ne m'abuse, bien plus d'élèves sont restés ces vacances que pendant les précédentes.

- Et que préconises-tu ? demanda Dumbledore, faisant cesser les récriminations de l'autre homme.

- C'est votre école, pas la mienne.

- C'est Noël, on ne peut se permettre de créer un vent de panique dans l'école, protesta quelqu'un d'autre.

- Personne ne parle de prévenir les élèves.

- Et comment sont-ils censés se défendre alors ? Même avec les nouvelles protections que nous avons mise en place, rien ne nous assure que les Mangemort n'entreront pas.

- Mais qu'est-ce qui nous assure que nous pouvons lui faire confiance ?

- Et qui sont-ils, d'abord ?

- Pourquoi ne retirent-ils pas leur capuche ?

- Pourquoi doit-on les écouter nous raconter des bêtises ?

Plusieurs personnes se mirent alors à parler sans plus s'écouter, faisant monter un brouhaha agaçant dans la salle de classe.

- On ne s'entend plus, intervint McGonnagall qui n'avait pas dit un mot jusque-là. On aurait dit des enfants. Comportons-nous en adultes et discutons posément, voulez-vous ?

Dumbledore reprit la réunion en main et donna à chacun un temps de parole pour s'exprimer. De là où elle se trouvait, Narcissa Malfoy ne quittait pas des yeux le jeune homme qui, le visage caché, avait, plus tôt, pris la parole. Elle ne pouvait voir ses traits et n'avait pas reconnu sa voix. Mais son aura... c'était lui, ce ne pouvait être que lui. Le visage indéchiffrable mais ses yeux brillants de joie, elle suivait chacun de ses mouvements. Elle n'avait croisé son regard qu'une seule et unique fois, la seule partie visible de son visage recouvert d'un masque sous la capuche. Cela faisait cinq mois qu'elle ne l'avait pas vu et il lui avait vraiment manqué.

En discutant avec Draco qu'elle avait eu l'occasion de revoir, elle avait appris qu'ils s'étaient tous deux disputés avant qu'il ne quitte l'école de sorcèlerie et espérait secrètement qu'ils règlent leurs problèmes. Lorsque Severus était venu la chercher au manoir Malfoy il y a quelques semaines, elle avait été heureuse d'apprendre qu'elle serait ensuite menée à Poudlard après un moment dans le Q.G de l'Ordre.

Elle soupira en se rendant compte qu'Haziel évitait son regard depuis son entrée dans la pièce.

Il fallut deux bonnes heures encore avant que le directeur ne vienne finalement à un arrangement. Il pensait que prévenir les élèves ne servirait à rien et qu'il fallait attendre le lendemain pour prendre des mesures, ce qui ne manqua pas d'agacer Haziel qui ne voyait pas l'intérêt d'attendre. Il quitta la pièce, suivit de Bélial et se dirigea vers les grandes portes mais croisa Draco au passage qui se rendait visiblement vers la bibliothèque. Ils se figèrent.

- Haziel ? demanda le Serpentard, incertain.

Haziel pensa contourner son frère mais une poigne ferme attrapa son bras.

- Cette histoire te perturbe et cela a besoin de sortir, alors parle lui.

Le blond se mordit la lèvre inférieure en reconnaissant ses propres mots dans la bouche de son ami. Il vit alors Bélial s'éloigner et le laisser seul dans le couloir avec Draco. Il avait raison, il n'aurait pas les idées claires tant qu'il ne se serait pas débarrassé de ce qui le perturbait. Il devait discuter avec Draco.