OoOoOoO

Alors qu'elle allait épouser Terry le lendemain, Candy fut encore soumise à une épreuve. En revenant de chez le coiffeur cet après midi, elle sursauta en voyant Philip au pied de l'immeuble. Elle s'avança pourtant vers lui et lui demanda :

- Que fais-tu ici Philip ?

- J'ai décidé que tu ne pouvais pas me quitter ainsi, je veux que tu reviennes à Chicago et qu'on se marie comme c'était prévu.

- Philip ! C'est impossible voyons !

- Réfléchis bien Candy ! Tu n'es pas faite pour être la femme d'un acteur de théâtre ! Moi je peux t'offrir une vie plus sûre, avoir ta clinique pour enfants et une famille honnête !

- Je regrette Philip mais je n'épouse pas un mode de vie mais un homme et je l'épouserai quelque soit son métier et sa famille ! Je t'en prie, n'insiste pas !

- Alors, tu ne veux rien entendre ? Très bien, puisque c'est ainsi, c'est à lui que je vais aller demander des comptes !

- Philip ! C'est ridicule !

- Au point où j'en suis, je m'en fiche ! Je sais qu'il n'est pas chez William, j'ai déjà sonné trois fois, personne n'a répondu. Où est-il ?

- Ça ne te regarde pas. Va-t-en Philip ! Tu perds ton temps ! Laisse-moi maintenant !

- Non ! Je t'aime ! Je suis trop malheureux sans toi !

Elle pâlit en le voyant s'énerver et l'attraper par le bras.

- Lâche-moi Philip !

- Viens avec moi Candy ! Laisse-moi te convaincre que tu fais une erreur en épousant un type aussi glauque et poissard !

- Je ne te permet pas de le critiquer et juger ! Il est le plus droit des hommes ! Lâche-moi maintenant ! Tu me fais mal ! Philip !

OoOoOoO

Terry revenait de sa promenade quand il reconnut la voix de Candy. En voyant un homme la tenir par le bras, son sang ne fit qu'un tour, il courut et attrapa le type à la gorge.

- Lâche-la tout de suite!

Candy blêmit en voyant Terry face à Philip et essaya de le calmer.

- Terry ! Lâche-le, s'il te plait ! C'est Philip ! Il va partir maintenant.

Terry lâcha alors le col de l'homme et le regarda avec curiosité mais sans plus de fureur.

- Ah !

Philip lui, le fusilla du regard et lui jeta à la face :

- Oui, c'est moi qu'elle aurait dû épouser si vous n'étiez pas venu me la voler ! Je suis venu la chercher ! Si vous l'aimez vraiment aussi, acceptez alors de la laisser car vous serez incapable de la rendre heureuse, vous le savez bien !

- C'est elle qui décide de rester ou partir, pas vous ni moi. Que veux-tu faire Candy ?

- Tu le sais bien Terry, je reste avec toi. Je suis désolée Philip mais c'est lui que j'aime, pas toi.

Celui-ci blêmit et fusilla encore Terry du regard. Pourtant l'acteur ne montra pas de suffisance et lui dit d'une voix avenante :

- Je comprend ce que vous ressentez, je suis désolé d'avoir détruit votre rêve, je le regrette vraiment.

- Ben voyons ! Comme si vous pouviez savoir comme elle est faite pour moi ! Comme je donnerais tout pour elle et comme j'ai envie de vous casser la figure pour me l'avoir prise alors que vous ne la méritez pas !

Terry pâlit, cet homme aimait autant Candy que lui, il souffrait autant qu'il avait souffert, il le comprenait tant. Il vit sa fiancée blêmir aussi et devina qu'elle se sentait coupable de provoquer pareille passion. Il se dit qu'ils revivaient la même situation que trois ans plus tôt mais à rôles inversés. Il réfléchit alors très vite pour ne pas se tromper à nouveau de voie puis dit à Philip :

- Si vous voulez, allons parler de tout ça seul à seul ailleurs, ensuite si vous voulez encore me casser la figure, libre à vous.

Candy pâlit encore plus en le suppliant des yeux de ne pas se battre avec lui. Il tenta de la rassurer d'un regard doux mais Philip ne lui en laissa pas le temps, sa main vola et gifla fortement Terry.

- Voilà déjà un acompte alors !

Candy cria et se jeta dans les bras de Terry pour le protéger.

- Ne le touche pas ! Tu es ridicule Philip ! Si tu crois que je vais te suivre, tu rêves ! Tu peux dire et faire tout ce que tu veux, c'est lui que j'épouse demain et même si j'ai de la peine pour ta souffrance, je ne peux rien pour toi, je ne sacrifierai plus mon amour à quoi que ce soit, il faut te faire une raison, ce ne sera jamais toi !

- Alors tu fêteras aussi demain mon enterrement en plus de ton mariage !

- Pas de chantage Philip ! Ce n'est pas aimer que menacer !

Terry sentit en lui une impression de déjà vu et en voyant Candy blanche comme l'albâtre, réfléchit à toute allure et la rassura.

- Candy ! Calme-toi ma chérie ! Laisse-moi m'occuper de lui, il a juste besoin d'épancher sa peine, je suis le mieux placé pour l'aider, fais-moi confiance, on ne va pas revivre ça !

Elle le regarda avec tant d'angoisse. Ses yeux le suppliaient, sa voix tremblait.

- Oh ! Non ! Pas encore ! Pourquoi le destin nous en veut autant mon amour ?

Philip pâlit en entendant et voyant Candy si désespérée, il eut alors honte de lui.

- Je suis désolé Candy ! Je ne voulais pas te menacer, je suis juste… complètement paumé sans toi !

- Mais je ne peux pas me couper en deux ! Je ne peux rien Philip !

- Je voulais seulement que tu m'aides à reprendre pieds !

- Oui mais comment ?

- Je l'ignore. Mai peut-être que ton… fiancé le sait. C'est d'accord, allons parler ailleurs ! Sans se battre !

- Je n'ai pas envie de vous frapper Philip ! Juste essayer de vous aider ! J'ai vécu ce que vous vivez et un ami m'a aidé moi aussi.

Puis en se tournant vers Candy.

- Rentre ma chérie et ne t'inquiète pas, ça va aller !

- D'accord Terry. Je te demande pardon Philip, j'aimerais vraiment que tu ailles mieux très vite, pas pour ma culpabilité, parce que tu es un homme bien et que je t'aime toujours beaucoup d'amitié.

OoOoOoO

Terry avait entraîné Philip à Central Park et il lui parla d'abord de son expérience avec la douleur due à l'absence d'être cher. Comme l'alcool ne l'a pas aidé. Comme la colère, la frustration, la jalousie l'ont fait souffrir. Comme la volonté de haïr ou se venger n'ont servi à rien. Comme l'envie de disparaître a été présente. Philip ne dit rien pendant tout ce temps mais reconnut ensuite qu'il se sentait maintenant dans cette dernière catégorie après avoir survolé vite toutes les autres.

- Oui, j'ai d'abord été très vexé et je croyais pouvoir l'oublier vite vu sa trahison. Mais les jours passés ont été uniquement envahis de toutes les pensées possibles sur elle et… vous. J'ai voulu alors me venger en renouant avec une ancienne amie que j'avais quitté pour elle et en me disant que de toute façon, elle allait vite être déçue car vous serez incapable de la rendre heureuse. J'ai suivi la presse et quand j'ai lu vos aveux à la police, j'étais très content, je pensais alors qu'elle allait me revenir, je la consolerai et tout redeviendra comme avant. Je ne savais pas que ces nouvelles étaient déjà périmées, le décalage entre New York et Chicago est grand pour certaines presses. Et puis de toutes façons elle m'avait affirmé votre innocence, la perfidie de votre femme et elle avait surtout osé me dire les yeux dans les yeux qu'elle vous aimait plus que tout ! J'avoue qu'encore maintenant, le dire fait très mal bien que je l'ai accepté et c'est sans espoir qu'elle m'aime un jour comme vous que je suis encore prêt à l'épouser. Même sans qu'elle m'aime je la voudrais mais… je sais quand même que c'est perdu d'avance pareil mariage, elle ne serait jamais heureuse, ni moi. Vous en savez aussi quelque chose ?

- Franchement Philip, je ne peux le jurer. Ça dépend de votre façon de vous comporter en mari, si vous savez vous contenter de ce qu'elle cous offre, sans frustrations, jalousies, ou autres sentiments négatifs, peut-être que ça peut quand même donner un mariage heureux même sans passion. Mais c'est très difficile.

- C'est impossible de toutes façons, elle a été claire et même si c'est moi qui en suis la victime, j'ai conscience que je suis aussi votre bourreau en venant gâcher votre bonheur la veille de votre mariage. J'ai vu son regard épouvanté, la peur de vivre encore ce cauchemar qui vous a séparé il y a trois ans. Je ne veux pas de ça, je l'aime et ne veux pas faire de sa vie un enfer, une frustration, je ne suis pas comme votre ex-femme !

- Je le sais bien Philip, sinon, je ne serai pas là. J'ai compris que vous l'aimez autant que moi et c'est ce qui m'empêche de ressentir des sentiments négatifs pour vous. Aimer Candy ainsi est pour moi une grande qualité, beaucoup d'hommes s'y sont intéressés et s'y intéresseront mais peu savent aimer simplement pour la préférer heureuse avant leur propre bonheur. Quand je suis venu la voir à Chicago, elle m'a dit être sûre de vous aimer alors, j'ai accepté qu'elle soit heureuse avec vous. Je l'accepterais encore aujourd'hui si nos rôles étaient inversés, croyez-moi, ma propre douleur ne serait rien dans la balance. Vous m'avez dit que je serai incapable de la rendre heureuse mais je vous jure que je compte bien le réussir car c'est mon but ultime. Je ne dis pas que ce sera facile, je me connais, ma nature est en effet compliquée mais pour elle, je veux m'appliquer et c'est parce qu'elle me pense capable de la rendre heureuse que je veux le faire. Je ne veux plus la décevoir, elle est aussi la seule au monde à savoir où est l'équilibre en moi, à m'apaiser, à m'améliorer. Et si j'ai la prétention de penser pouvoir la rendre heureuse c'est parce qu'elle le croit car je ne crois qu'elle, je ne vois qu'elle, je n'entend qu'elle, je n'aime qu'elle pour toujours depuis mes seize ans où je l'ai rencontrée sur un bateau. Ce ne sont pas des paroles en l'air Philip, je prétend l'aimer ainsi et pour toujours et je vous le dis pour vous en convaincre. Je sais bien que ça n'enlèvera pas votre douleur, votre manque d'elle de l'entendre mais puisque vous l'aimez comme moi, ça permettra au moins de vous sentir avec le temps en paix et sans remords. Pour ce qui est de votre douleur, je ne peux rien de plus sauf vous dire que si vous avez envie de garder contact avec elle, de vous contenter de son amitié qu'elle vous a clairement affirmée, ce n'est pas moi qui me mettrais entre vous, bien au contraire.

Philip regarda alors intensément Terry, étonné. Puis il réfléchit en contemplant l'étang et dit :

- Vous semblez en effet l'aimer au delà de tout. Je viens de prendre conscience que je comptais l'épouser sans avoir tout imaginé car hier encore je n'aurais pas accepté ce que vous acceptez. Donc vous l'aimez mieux que moi et ça me rend moins amer d'en avoir la preuve c'est vrai. Mais pour l'amitié qu'elle m'offre, je ne sais pas encore mais je partirai avec cet espoir en moi et c'est déjà beaucoup mieux que rien. Peut-être qu'au fond, je l'aimerai assez pour m'en contenter, on verra. Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas me tuer, je vais rentrer et me plonger dans mon travail en attendant d'autres horizons. Vous lui direz de ne pas s'inquiéter pour moi, je vais reprendre ma route et j'espère vraiment qu'elle sera heureuse toujours.

OoOoOoO

Candy se morfondait en regardant l'heure défiler. Quand Albert rentra, elle lui confia tout, il la rassura et attendit que Terry revienne. Il revint une heure après et donna une lettre à Candy. Elle la lut avec angoisse puis soupira et versa quelques larmes pour soulager ses nerfs.

OoOoOoO

A suivre...