Moi qui pensais vous faire plaisir en vous postant un chapitre par jour, on dirait que ce n'est pas le cas. Ou alors beaucoup d'entre vous sont partit en vacances... Bref, plus que 7 et après vacances pour bibi!
Félicitation pour celles et ceux qui ont réussit leurs examens!
Bonne Lecture...
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Chapitre 20 H
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Je transplane directement dans le salon et j'ai immédiatement une vue en très, très gros plan sur une chemise. J'ai immédiatement l'instinct de faire un pas en arrière et de voir que Malefoy semble surpris de me voir.
« Granger », dit-il.
« Tu as l'air surpris. Je pensais que tu m'avais dit de venir ».
Il hoche la tête, mais ne répond pas, et je me demande ce qui se passe dans sa tête. Assurément, il a quelque chose à me dire. Quelqu'un d'autre qui a besoin de mon aide pourrait arriver au square Grimmaurd à toute heure, et je dois me dépêcher de revenir.
« Eh bien ? » dis-je.
Il n'a toujours pas dit un mot, puis soudain il me regarde comme s'il avait l'air perdu. Je ne peux pas m'empêcher de sourire.
« Ce n'est pas vrai, j'y crois pas, je n'aurais jamais pensé que je verrais un jour le grand Drago Malefoy complètement sans voix ».
Pourtant, il ne répond pas. Pourquoi ne dit-il pas quelque chose ? Puis il se retourne et s'assoit sur le canapé. Je soupire et attends qu'il se mette à parler. A-t-il quelque chose pour moi ou pas ? Puis il sourit, et je sens que je l'ai encouragé à me dire quelque chose.
« Que veux-tu ? La bataille se passe en ce moment, et je ne veux pas perdre de temps ici si je n'ai pas à le faire ».
« Tu n'avais qu'à ne pas venir si ton temps est limité, je ne t'ai pas forcée », dit-il.
Je suis seulement venue parce qu'il m'a dit "maintenant" !
« Je promets que je ne prendrai pas trop de ton temps », dit-il tenant sa main en signe de capitulation.
« Que voulais-tu me dire ? », je demande.
« Je voulais juste m'excuser pour hier soir ».
Whoa, whoa, whoa. Qu'est-ce que je viens d'entendre ?
« Attends, tu... tu es en train de t'excuser ? » dis-je à haute voix.
« Oui, c'est ce que j'ai dit ».
« Mais... mais pourquoi ? », je demande perplexe.
Il rit légèrement. « Pourquoi quoi ? »
Oh, mon dieu. Pourquoi quoi, en effet. Pourquoi est-ce que tu me présentes des excuses à moi ? Pourquoi m'as-tu embrassée la première fois ? Pourquoi m'as-tu embrassée la seconde fois ? Pourquoi as-tu choisi de te tourner de notre côté ? Pourquoi n'as-tu pas quitté mes pensés depuis la première fois où nous nous sommes parlés depuis trois ans ? Oh... j'ai besoin de m'asseoir.
« Je peux m'asseoir ? », je lui demande.
« Bien sûr ».
Je marche autour de la table basse et m'assieds sur le canapé, en restant à une certaine distance de Malefoy.
Se contenter de la plus simple, la première question.
« Pourquoi t'être excusé ? », je demande. « Tu es un Malefoy ».
Un froncement de sourcils apparaît immédiatement sur son visage, et je m'aperçois que j'ai dit la dernière partie à haute voix. Je secoue la tête. « Désolée, ma langue a fourché, c'est sorti tout seul ».
« Je me suis excusé pour t'avoir embrassée », dit-il. Il sourit et continue : « J'étais curieux de voir comment tu réagirais ».
Oh de la curiosité, c'est ça ? Damné soit-il !
« De la même manière que tu m'as « testée » au square Grimmaurd ? », je lui demande.
« Ouais. Quelque chose comme ça ».
Pourquoi sa voix est-elle si nonchalante ? Pouah !
« Je suis un être humain, pas un petit rat de laboratoire. Tu ne peux pas juste... ».
« Je sais, je sais », il me coupe. « C'est pourquoi je suis en train de m'excuser en ce moment même ».
« Oh, et c'est censé me faire me sentir mieux ? », je dis avec colère. « Tu m'as tenue éveillée tout le reste de la nuit, bordel, j'ai essayé de comprendre ce que tu avais voulu me dire avec ce baiser ! ».
Il me regarde, et je m'aperçois que je n'aurais probablement pas dû dire la dernière partie à haute voix. Mes joues deviennent trop chaudes, et je détourne mes yeux. Je fixe mes yeux sur la table basse. Je le déteste lorsqu'il me fait me sentir toute chose.
« Que puis-je faire pour toi alors ? », il me demande d'une voix douce.
Je regarde vers lui, incapable de cacher ma surprise. Il semble complètement sincère, pas une once de moquerie sur ses traits. Ses yeux sont particulièrement beaux en ce moment, et soudain, je ne veux pas détourner le regard. Pourquoi ne peut-il pas tout le temps me regarder comme ça ? Il faut que je me sorte ça de la tête, s'il m'avait toujours regardé comme ça, alors j'aurais toujours été désespérément distraite par lui.
Je prends une grande respiration, pour retrouver mon calme.
« Qui êtes-vous, et qu'avez-vous fait de Drago Malefoy ? ».
Il rit tout seul, et je soupire.
« Je suis sérieuse ».
« Cela va prendre énormément de temps pour gagner cette guerre. Je n'ai pas l'intention de mourir de sitôt, et tant que nous restons tous les deux en vie, je transmettrai des informations tout au long de cette putain de guerre à l'Ordre », explique-t-il. « Je suppose... aussi longtemps que nous allons travailler ensemble, nous pourrions aussi bien essayer de s'entendre ».
OK, c'est logique. « Et le baiser c'était... ? », je lui demande.
« C'était juste... une bêtise de ma part, j'ai été stupide ».
Il est tellement... si anormal aujourd'hui ! Le Malefoy que j'ai connu à l'école n'aurait jamais admis qu'il avait fait quelque chose de stupide, et pourtant il a bel et bien utilisé ce mot lui-même sans broncher. Que se passe-t-il dans ce monde ?
« Je m'excuse… » dit-il, « écoute... ».
Wow. Il fait une offre de paix. Je ne sais même pas comment je dois réagir. Je... je suis supposée accepter, non ? Cela commence à paraître trop beau pour être vrai, et je commence à me demander s'il est sur le point de dire que c'est pour plaisanter et qu'il ne ferait jamais d'excuses à une Sang-de-Bourbe comme moi.
« Regarde-moi et écoute-moi Granger, je suis désolé. Que veux-tu de plus de ma part ? ».
Qu'est-ce que je veux de plus ? Il s'est excusé, et le baiser... tout ça m'a fait perdre un peu de sommeil et m'a fait perdre la raison dans la foulée, je pense qu'il ne m'a pas vraiment blessée, n'est-ce pas ? Tant que cela ne se reproduit pas, plus jamais, cela devrait bien se passer.
Je secoue la tête, essayant de mettre au clair mes pensées. « Tu as raison Malefoy. Ce sera beaucoup plus facile si nous sommes plus civils l'un avec l'autre ».
Il hoche la tête, révélant un sourire soulagé sur son visage. Encore une fois, je commence à souhaiter que ces sourires deviennent familiers ainsi que ces remarques sarcastiques. Nous allons maintenant être civils l'un envers l'autre. Je dois m'habituer à ça... son beau et quasi-irrésistible sourire. Il suffit de regarder sa bouche pour que mes lèvres se souviennent de la façon dont il m'a embrassée. J'essaie hâtivement de réprimer mes pensées et je me rappelle que les membres de l'Ordre se battent encore alors que nous parlons encore.
« Est-ce tout ce que tu voulais me dire ? », je demande.
« Exactement », dit-il.
« Je devrais y aller, alors. Les membres de l'Ordre peuvent être revenus du champ de bataille blessés, je dois les aider », je réponds et je me lève.
« Toujours aussi altruiste », commente-t-il. « N'as-tu jamais rien fait pour toi ? »
J'ai toujours cru que les humains étaient des créatures intrinsèquement égoïstes à un certain niveau, et je ne suis pas différente. « Nous faisons tous des choses pour nous-mêmes, tu ne crois pas ? », je réponds.
Je lève ma baguette pour transplaner, mais sa voix m'arrête.
« Granger, attends ».
Je me tourne pour lui faire face et vois une expression étrange sur son visage, une que je ne reconnais pas.
« Fais attention à toi », dit-il.
Mon cœur loupe un battement. L'expression que je vois sur son visage c'est de la crainte. Préoccupant. Est-ce que Malefoy… non, c'est tout simplement impossible !
Je dois sortir d'ici.
« Merci, Malefoy », lui dis-je rapidement, avant de transplaner pour de bon cette fois-ci.
J'apparais à la porte du square Grimmaurd, je prends quelques respirations profondes pour me calmer. J'ai vu des choses que d'habitude je ne vois pas chez lui. J'ai été trop surprise par son changement de comportement, et j'ai imaginé ce regard qui me prend de court sur son visage. Il n'est pas possible qu'il veuille prendre soin de moi, de mon bien-être.
Mais il m'a dit de prendre soin de moi. Et le ton de sa voix... c'était... plus tendre que sa voix n'avait jamais été avant, quand il me parlait.
Je secoue la tête. Je vais avoir le temps de penser à cela plus tard. Je frappe à la porte, et elle s'ouvre presque instantanément. Dean Thomas pointe sa baguette sur moi.
« Quel est ton deuxième prénom ? ».
J'ai le souffle coupé. « Dean, ton bras ! ».
Son bras gauche est suspendu mollement à ses côtés, sans doute désossé.
« Réponds à la question », il aboie, son visage extrêmement pâle pour sa couleur de peau normale.
« Jane ».
« Où… ».
« Mes parents pensent qu'ils sont Wendell et Monica Wilkins, et ils sont en Australie ».
Je marche dans la pièce lorsque j'ai fini de répondre à la question et referme la porte.
« Laisse-moi regarder ton bras », dis-je.
La porte de la cuisine s'ouvre rapidement, et Fred apparaît.
« Dean, je croyais t'avoir dit de rester à ta place ! » s'énerve-t-il.
Les rideaux devant le portrait de Mrs Black s'ouvrent, et les cris familiers remplissent la salle. Je suis distraite par l'état complètement désossé du bras de Dean.
« Je pense que nous avons quelques fioles de Poussoss dans la cuisine, viens » lui dis-je en lui montrant le chemin.
J'entends la voix furieuse de Fred derrière moi.
« Putain de merde ! Si vous ne vous taisez pas, je vous crame ! », hurle-t-il à Mrs Black.
Je marche dans la cuisine et je vois qu'il y a plus de trois civières occupées, et qu'Angelina est toujours à sa place originale. Je dis à Dean de s'asseoir sur une civière, la plus proche inoccupée et fait appel à une bouteille de Poussoss rangée dans l'armoire de potions.
« Ça a un goût affreux, n'est-ce pas ? », me demande Dean. « Harry m'en a déjà parlé ».
« Je n'y ai jamais goûté moi-même », je lui réponds.
Je verse une certaine quantité de la potion dans une tasse et la lui donne. Il renifle et fait la grimace. Je regarde autour de moi et vois Colin Crivey couché à gauche d'Angelina et Charlie à sa droite. De l'autre côté de Charlie il y a un homme d'âge moyen dont je ne connais pas l'identité. Tous les quatre sont couchés sur des brancards et sont inconscients.
« Pouah ! » Dean s'exclame, posant la tasse vide. « C'est dégoûtant ! ».
« Désolée », je dis distraitement lorsque Fred rentre dans la pièce. Je marche vers lui et lui demande : « Qui est cet homme ? ».
« Moldu », dit Fred. « Il a été pris dans des tirs croisés. Dean l'a ramené ».
« Avec un bras ? », je demande en soulevant un sourcil.
« Il était mourant », répond Dean. « Oh putain, mon bras me fait mal ».
Je marmonne un sort d'engourdissement pour atténuer la douleur. « Désolée, mais c'est tout ce que je peux faire ».
« C'est bon Hermione », dit-il en grimaçant. « Merci ».
« Qu'est-ce que Malefoy voulais te dire ? » demande Fred.
Je résiste à l'envie de mordre ma lèvre nerveusement. Je suis sauvée lorsque nous entendons quelqu'un d'autre frapper à la porte d'entrée.
« Oublie ça, je reviens tout de suite », dit Fred.
Je me lève et vais vers l'entrée. « C'est bon, j'y vais », dis-je, en sortant de la salle.
Je me dépêche d'arriver dans le couloir et ouvre rapidement la porte d'entrée. Ma baguette est pointée sur Blaise et un corps à peine conscient qui est affalé contre lui.
« Où... », je commence à demander.
« Je ne rentre pas tout de suite », dit-il. « Je la ramène et je repars ».
Je regarde de plus près et constate que la jeune fille est Hannah Abbott. Sa peau est teintée d'une ombre verte. Blaise transferts le poids de la jeune fille sur moi, et je crie pour que Fred vienne m'aider. Mme Black se réveille à nouveau, mais je l'ignore. Blaise commence à transplaner, mais je l'appelle pour l'arrêter.
« Non, attends ! ».
Fred arrive et prend Hannah de mes bras, et je sors sur le seuil.
« Tu saignes », lui dis-je, en utilisant un sort non formulé pour nettoyer le sang coulant d'une entaille beaucoup trop près de son artère carotide.
« Je vais bien », répond-il, essayant de me pousser vers l'intérieur. Il tangue un peu sur ses pieds.
« Non, tu ne vas pas bien », je maintiens.
Mais ensuite, il me pousse durement, et dès que je perds mon emprise sur son bras, il disparaît.
« Merde ! ».
Je retourne dans la maison en claquant la porte derrière moi. Puis je me dépêche dans la cuisine, en continuant d'ignorer les cris de Mme Black. Il serait vain d'essayer de la faire taire à nouveau. Quand j'entre dans la cuisine, Fred a placé Hannah sur une civière et la regarde, abasourdi. Des morceaux de peau ont commencé à germer de son visage, sur les bras et la poitrine. Comme si des parties de son corps prenaient vie.
Il lève les yeux vers moi. « Comment... ? ».
Je soupire. Ça va être une très longue nuit.
