Chapitre 21: La fin de l'A.D
« POTTER ! »
Je levai les yeux au plafond. Mon père profitait encore des cours d'Occlumencie pour se défouler sur Harry Potter. Il avait crié si fort que presque tous les élèves qui se trouvaient dans le couloir avaient sursauté.
Je m'approchai de la porte, frappai et entrai sans attendre de réponse.
« Meredith, ce n'est pas le moment. »
« Quel accueil ! Je voulais juste te dire de baisser d'une octave. Tout le monde t'a entendu hurler. »
« Et alors ? »
« Et alors, je croyais que ces cours d'Occlumencie devaient rester secrets ! »
« Justement, ne parle pas si fort, on risque de t'entendre. »
« Les sorts de silence, tu connais ? »
« Oui… Silencio ! »
Je sentis mes lèvres se sceller, j'étais incapable de parler, aucun son ne daignait sortir de ma gorge. Vexée, je croisai les bras sur la poitrine. Mes yeux devaient lancer des éclairs.
Mon père ricana et annula le sortilège.
« C'est malin… », marmonnai-je.
Il m'ignora et, s'adressant à Harry, ajouta :
« Le cours est terminé. Nous le reprendrons mercredi prochain. Pensez à faire vos exercices. »
Harry sortit et je lui emboitai le pas.
« Ça va ? »
Il grogna.
« Tu n'y arrives toujours pas ? »
Il secoua la tête.
« Ce n'est pourtant pas bien compliqué. Il suffit d'un peu de concentration et de… »
« Je sais, merci, ton père me l'a assez répété. »
« Tu fais tes exercices au moins ? »
Il me tourna le dos et commença à marcher.
« Harry ! »
« Fiche-moi la paix, Meredith. »
« O.K, c'est bon… je voulais juste te faire une proposition. »
« Quelle proposition ? »
« Tu pourrais prendre des cours avec moi… »
Il se figea.
« Tu veux doubler mes heures de cours ? Mais t'es tombée sur la tête ! »
« Pff… »
« Et tu penses avoir le niveau en plus ? Tu n'es pas un peu présomptueuse ? »
« Tu t'es bien improvisé prof, toi. »
« Ouais… à cause d'Hermione. »
« Peu importe, tu t'en sors plutôt bien. Je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas pareil pour moi. »
« Écoute, Meredith, tu es gentille mais l'Occlumencie commence sérieusement à me sortir par les yeux alors si tu… »
« Si tu ne veux pas de mon aide, dis-le-moi clairement. »
« Ce n'est pas… »
Il s'interrompit.
« Bon, je veux bien essayer de m'entrainer avec toi mais juste une fois, d'accord ? »
Je hochai la tête.
« On fait ça quand ? »
« Je ne sais pas, demain ? »
« Ça marche. »
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Le lendemain soir, je trainai Harry dans un cachot minuscule, inutilisé depuis bien longtemps, et plaçai un sortilège d'impassibilité sur la porte.
« Charmant. », commenta Harry en constatant l'état de notre refuge.
Il était glacial, poussiéreux et humide. Des toiles d'araignées pendaient du plafond et seule une petite torche nous permettait de voir où l'on mettait les pieds.
« Oui, bon, ça va ! Au moins, ici, on sera tranquille. »
Je sortis ma baguette. Il y jeta un coup d'œil suspicieux.
« Quoi ? Tu n'as pas confiance ? »
« Si, si. »
Je la levai lentement.
« Tu es prêt ? »
« Je crois. »
« Respire profondément, ferme les yeux, ne pense plus à rien… Legilimens ! »
Le décor se mit à flotter autour de nous puis disparut. Ma mémoire se mit à bouillonner des souvenirs de Harry :
Un gros garçon essayait de le faire tenir debout dans la cuvette des toilettes… Un chien le poursuivait, l'obligeant à se réfugier dans un arbre… Il parlait à un boa constrictor… Le Choixpeau magique lui conseillait d'aller à Serpentard… Un troll brandissait une énorme massue… Une femme rousse lui souriait derrière un miroir enchanté… Hermione avait le visage recouvert d'une épaisse toison noire… Des Détraqueurs s'avançaient dangereusement sur la rive du lac… Un dragon noir se cabrait devant lui… Ombrage lui faisait copier des lignes… Cho Chang l'embrassait sous la branche de gui, elle pleurait et elle…
Je sortis brusquement de sa tête, le cachot réapparut et j'aperçus Harry, agenouillé sur le sol en pierre.
« Désolée, balbutiai-je. Je n'aurais pas dû faire durer le sort aussi longtemps… je me suis laissée emportée et je… »
« Ne t'en fais pas. », dit-il en se relevant.
Il avait le teint livide.
« J'ai l'habitude. »
Je hochai la tête.
« Le gros garçon qui t'ennuyait… Qui était-ce ? »
« Mon cousin. »
« Ah, et la femme c'était… »
« Ma mère. »
« Elle était belle. »
Il sourit.
« Et tu es toujours avec Chang ou… ? »
« Non, je ne suis plus avec elle. »
Tant mieux… elle ne te méritait pas celle-là !
« Je pose trop de questions. »
Il rit.
« Ça prouve que tu t'intéresses à moi. »
Je sentis mes joues s'embraser.
« Pourquoi détournes-tu le regard ? »
« Je ne le détourne pas. »
« Tu es mignonne quand tu rougis. »
Merlin, au secours !
« On reprend ? »
« Si tu veux. »
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Harry avait dit que je ne lui donnerais qu'un seul cours… On en était déjà au quatrième. Il n'arrivait toujours pas à me bloquer mais il faisait des efforts. Il acceptait mes conseils et je sentais que mon calme froid l'aiderait à s'améliorer. J'attendais ses progrès avec impatience car je n'avais qu'une envie : qu'il cloue le bec de mon père.
Celui-ci commençait réellement à me porter sur les nerfs. À chaque cours de potions, il exigeait que je me mette devant son bureau, loin de Harry et des autres Gryffondor. J'avais essayé de contester mais il m'avait fait remarquer que, même si j'étais sa fille, je demeurais son élève et qu'il pouvait me renvoyer de l'école.
« Tu n'oserais pas. », lui dis-je à la fin d'un cours en rangeant furieusement mes affaires.
« Vraiment ? »
« Tu ne voudrais pas que j'arrête mes études. »
« Je pourrais te faire classe moi-même ou te renvoyer à Beauxbâtons. »
« Dans ce cas, je me plaindrais à maman ! »
Il ricana.
« Elle ne voudrait pas que j'étudie avec toi. »
« Qu'est-ce que tu en sais ? »
« Elle en a après toi. »
« Ça n'empêche pas qu'elle reconnait mes qualités de sorcier et d'enseignant. »
« Tes qualités d'enseignant ! », m'esclaffai-je.
Il haussa les sourcils.
« Tu traumatises la quasi-totalité de tes élèves, tu n'es pas pédagogue pour un sou et tu me parles de qualités d'enseignant? Laisse-moi rire. »
« Je suis tout à fait capable de te faire cours, Meredith. Et quand bien même ta mère s'y opposerait, il reste l'option Beauxbâtons. »
« Cette école est pleine à craquer de Nés-Moldus, bien plus que Pourdlard et la directrice est une demi-géante ! Penses-tu sincèrement qu'elle accepterait que je fréquente de tels individus ? Moi, je pense plutôt qu'elle préférerait Dumstrang. »
« Moi vivant tu ne mettras pas un orteil là-bas, je te le garantis. »
« Pourquoi ? Parce qu'on y enseigne la magie noire ? »
« Exactement. »
« Pfff… et tu crois pouvoir expliquer ça à maman sans mettre en danger ta couverture ? »
Il me lança un regard noir.
« À l'évidence, non. »
Je souris d'un air moqueur.
« Donc, en conclusion, on peut dire que tu es obligé de me garder ici. »
Un doigt sur les lèvres, je fis mine de réfléchir.
« Et si tu me gardes, je ne vois aucune raison de m'éloigner de Harry Potter. »
« Tu n'es pas à l'abri d'autres représailles. », grogna-t-il.
« Lesquelles ? Ce n'est pas comme si tu étais du genre à enlever des points à ta propre maison. »
« Et les retenues ? »
« Je refuserais de les faire. »
« Et tu finirais chez Dumbledore. »
« Et je lui expliquerais pourquoi tu m'as puni. »
« Pour désobéissance. »
« Tu parles… je lui dirais que tu refuses catégoriquement que je fréquente son élève préféré et tu perdras tout crédit, mon cher papa. »
Il soupira.
« Tu es insupportable. »
« Je sais… c'est génétique. »
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« Meredith ! »
« Qu'est-ce qu'il y a encore ? »
Je levai les yeux vers Theodore Nott.
« Ah, c'est toi, désolée. »
« Ombrage veut te voir. »
« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas. Elle réclame tous les membres de sa brigade dans son bureau. »
Soupirant, j'abandonnai la carte du ciel que j'étais en train de remplir pour le professeur Sinistra et quittai la salle commune. Ce n'était vraiment pas le moment ! L'A.D devait se réunir dans un quart d'heure.
« Puis-je savoir pourquoi tu n'es pas dans ta salle commune ? »
Mon père venait de sortir de son bureau.
« L'heure du couvre feu n'a pas encore sonné. »
« Ce n'est qu'une question de secondes. Alors ? »
« Ombrage convoque la brigade inquisitoriale. »
Il eut une exclamation méprisante.
« Ouais, comme tu dis. »
« Tâche de ne pas revenir trop tard. »
« T'inquiète. »
Marmonnant un flot de jurons continu et pestant contre tout le monde, je montai dans les étages. J'approchais du bureau d'Ombrage quand je sentis quelque chose de chaud sur ma cuisse. Je fouillai dans ma poche et pris le Gallion enchanté.
« Monsieur s'impatiente. », grognai-je.
Le bureau du professeur était ouvert. J'entrai sans frapper. Les autres étaient déjà là, entourant une Ombrage jubilante. Mauvais présage…
« Fermez la porte derrière vous, Meredith. »
J'obéis.
« J'ai une grande nouvelle à vous annoncer. », dit-elle en souriant de toute ses petites dents pointues.
Elle marqua une pause, comme pour faire durer le suspense, et nous regarda un à un.
« J'ai le moyen de coincer Potter. »
J'avisai Drago. Ses yeux brillaient d'une lueur féroce qui ne m'inspirait rien de bon.
« Je sais qu'il se cache dans la Salle sur Demande. Il y organise une réunion en ce moment même avec des élèves qu'il a enrôlés dans une association illégale ayant pour objet d'enseigner des sortilèges et des maléfices que le ministère juge inappropriés pour des jeunes gens d'âge scolaire. »
J'avais la nausée. Comment avait-elle pu savoir tout cela ? Non, c'était impossible. Je devais rêver, je faisais un cauchemar et j'allais bientôt me réveiller… Oui, il fallait que je me réveille.
« Y-a-t-il un problème, Meredith ? Vous êtes toute pâle. »
« J'ai dû manger quelque chose qui n'est pas passé… je peux aller me rafraichir, s'il vous plait ? Je crois que je vais être malade. »
« Oui, oui, bien sûr, répondit précipitamment Ombrage. Revenez dès que vous vous sentez mieux. En vous attendant, nous allons établir une stratégie simple et fiable qui nous permettra d'arrêter les petits délinquants de cette école. »
Je courus vers les toilettes les plus proches. J'allais les atteindre quand quelque chose se prit dans mes jambes. Je m'étalai de tout mon long sur le sol.
« Par le caleçon de Merlin, grommelai-je en me redressant. Qu'est-ce qui… ? »
Je m'interrompis en attendant un gémissement. Me retournant, je découvris un elfe de maison en position assise. Il se massa le bras, se releva et commença à ramasser la quinzaine de chapeaux qui jonchait le sol et qui devait se trouver initialement sur sa tête.
« Qu'est-ce que tu fais là, toi ? »
L'elfe me regarda et je fus frappée par la taille de ses yeux. Verts, globuleux, ils étaient semblables à deux balles de tennis.
« Dobby allait nettoyer les toilettes. »
« Regarde où tu mets les pieds la prochaine fois. »
« Dobby n'a pas fait exprès de transplaner sur votre chemin. »
Je ne répondis pas et pénétrai dans les toilettes des filles. J'ouvris le robinet et rinçai mon visage blême. Il fallait que je trouve quelque chose, n'importe quoi, pour sortir Harry de ce pétrin.
« Hé, l'elfe ! »
Je me précipitai dans le couloir. L'elfe était toujours là, occupé à rajuster ses nombreux chapeaux.
« Tu connais la Salle sur Demande ? »
« Bien sûr, Miss. »
« Pourrais-tu t'y rendre rapidement ? »
Il hocha la tête.
« Vas-y et dis à Harry Potter qu'Ombrage arrive. Il comprendra. »
« Harry Potter ! répéta l'elfe en claquant des mains. Miss Snape est une amie de Harry Potter ? »
« Oui et… attends une seconde, comment connais-tu mon nom ? »
« La ressemblance avec votre père est tellement frappante que… »
« O.K, c'est bon… file, maintenant ! »
L'elfe se volatilisa et je retournai dans le bureau d'Ombrage. Il était vide.
« Oh, Merlin… »
Je me précipitai vers les escaliers et gravis les marches qui montaient dans les étages. Je retrouvai Ombrage et les autres au sixième.
« Ouf ! », m'exclamai-je.
Le crapaud rose fit volte-face et sourit en me reconnaissant.
« Ah, vous êtes là… Parfait ! »
Elle était sur le point d'ajouter quelque chose quand des pas retentirent bruyamment au dessus-nous. Dobby avait eu le temps de prévenir les membres de l'A.D et ils s'enfuyaient probablement à toutes jambes.
Ombrage réagit au quart de tour :
« ARRÊTER-LES ! », hurla-t-elle en dégainant sa baguette, telle une épée.
Drago se rua si vite au septième étage qu'on aurait cru qu'il volait. Les autres se répartirent en deux groupes : ceux qui le rejoignaient et ceux qui attendaient qu'un ou plusieurs malheureux descendent les escaliers et se retrouvent face à eux. Je me joignis au premier groupe.
« Non, pas par là ! », criai-je à deux Poufsouffle qui se hâtaient sans le savoir vers les Serpentard embusqués.
Ernie MacMillan fit brusquement demi-tour et évita de justesse un sort lancé par Vincent Crabbe.
« Meredith, qu'est-ce que tu fais ? s'écria Millicent. Attrape-les ! »
Je brandis ma baguette dans le dos de Luna Lovegood.
« Impedimenta ! »
Au moment de prononcer la formule magique, j'avais fait pivoter ma baguette vers Millicent et celle-ci alla s'écraser contre le mur.
« Oup ! Désolée, Milli. »
« AAARGH ! »
Me retournant vivement, j'aperçus Harry faire une chute spectaculaire, glissant à plat ventre sur une distance de deux mètres avant de s'arrêter. Quelqu'un riait. C'était Drago.
« Maléfice du Croche-Pied, Potter ! lança-t-il. Hé, professeur… PROFESSEUR ! J'en ai un ! »
Horrifiée, je vis Ombrage surgir au bout du couloir. Elle était essoufflée mais elle arborait un sourire ravi.
« C'est lui ! », dit-elle avec jubilation en voyant Harry par terre
« Excellent, Drago, excellent ! Oh, et c'est vraiment très bien, cinquante points pour Serpentard ! Je m'en occupe, maintenant… Debout, Potter ! »
Harry se releva en leur jetant à tous les deux un regard noir. Je n'avais jamais vu Ombrage aussi heureuse. Elle lui saisit le bras et se tourna vers Drago avec un large sourire.
« Voyez si vous pouvez encore en attraper, Drago, dit-elle. Demandez aux autres d'aller faire un tour à la bibliothèque, qu'ils repèrent ceux qui sont essoufflés, vérifiez aussi les toilettes, Miss Parkinson s'occupera de celles des filles. Allez-y. »
Elle regarda Drago partir et ajouta :
« Meredith, vous irez examiner la volière. »
« Très bien. », répondis-je avec amertume.
Je tournai les talons. En tournant à l'angle du couloir, je l'entendis s'adresser à Harry :
« Quant à vous, Potter, vous allez venir avec moi dans le bureau du directeur. »
Je sentais dans sa voix une excitation indécente, la même jouissance impitoyable que je l'avais vu éprouver le jour où elle avait renvoyé le professeur Trelawney.
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Dans la volière, je trouvai les Weasley, Granger, Chang et Macmillan. Ils tressaillirent en m'apercevant.
« Ah, c'est toi, dit Granger, encore essoufflée par sa course folle. Tu m'as fait une peur bleue. »
« Je n'en avais pas l'intention. »
« Quelqu'un nous a trahi, déclara Ron Weasley. C'est toi ? »
Je lui lançai un regard peu amène.
« Non, fit sa sœur. Elle ne nous aurait pas prévenu par l'intermédiaire de Dobby sinon. »
« Et elle ne m'aurait pas aidé à m'enfuir. », ajouta le Poufsouffle.
« Et elle n'aurait pas jeté un sortilège d'entrave à Millicent Bulstrode. », renchérit Chang.
« Tu m'as vue ? »
« Oui. »
« Hum… bon, on est mal. Ombrage a choppé Harry. »
Granger plaqua une main sur sa bouche.
« Mais c'est pas vrai ! s'exclama Ron. Je ne la supporte plus, cette vieille gargouille malfaisante ! »
« T'es pas le seul, marmonna un des jumeaux. Vous voulez qu'on aille le chercher, Fred et moi ? »
« Ouais, renchérit l'autre en frottant ses mains l'une contre l'autre. On a des comptes à régler avec elle. »
« Arrêtez de faire les idiots, répliquai-je sèchement. Vous ne pouvez rien contre elle, elle a le ministère à ses côtés. »
« Où a-t-elle emmené Harry ? », s'enquit Chang.
« Chez Dumbledore. J'espère qu'il va lui sauver la mise… »
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Nous attendîmes un quart d'heure avant de quitter la volière. McMillan et Chang regagnèrent leurs dortoirs et je suivis les Gryffondor jusqu'à leur tour.
« Mimbulus Mimbletonia », dit Granger au portrait d'une grosse dame.
Le portrait laissa apparaître un passage et les Weasley s'engouffrèrent à l'intérieur.
« Tu veux entrer ? », demanda Granger.
« Non. Je vais attendre Harry ici. »
« Comme tu veux. Bonne nuit. »
« Bonne nuit, Granger. »
« Franchement, dit-elle en se glissant dans le trou du portrait, appelons-nous par nos prénoms… ça devient ridicule. »
Et le portrait de la grosse dame se referma. Je m'assis sur le sol. J'avais mal au ventre et le cœur qui battait à cent à l'heure. Merlin, que je détestais l'angoisse. Je fermai les yeux, m'exhortant au calme, respirant lentement.
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Lorsque je rouvris les yeux, il faisait noir.
« Lumos. », murmurai-je.
Un faisceau de lumière surgit au bout de ma baguette. Je le dirigeai vers ma montre. Il était minuit.
« Meredith ? »
Je relevai la tête. Deux points lumineux avançaient vers moi.
« Harry ! »
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
« Je t'attendais. »
« Vous devriez être couchée depuis longtemps, Miss Snape. »
C'était la voix du professeur McGonagall.
« Que s'est-il passé ? demandai-je. Est-ce que Harry est… ? »
« Mr Potter reste avec nous, répondit le professeur. Ce n'est malheureusement pas le cas de notre directeur. »
« Quoi ? Dumbledore s'en va ? »
« Le professeur Dumbledore a couvert votre camarade au détriment de son poste. »
« Je… euh… et c'est vous qui allez le remplacer ? »
Elle secoua la tête de gauche à droite.
« C'est le professeur Ombrage. »
J'avalai ma salive de travers. Le professeur McGonagall m'intima l'ordre de rejoindre mon dortoir. J'allais m'exécuter quand Harry me retint par la manche de ma robe de sorcière.
« Merci de nous avoir prévenu, Meredith. C'était un beau geste de ta part. »
« Je t'en prie. Sais-tu qui nous a dénoncés ? »
« Marietta. »
« Edgecombe ? »
« Oui. »
« Est-ce que la liste des noms des gens participant à l'A.D a été récupérée ? »
« Non. Hermione l'avait trop bien cachée. »
« Fort heureusement. »
« Tu n'as rien à craindre… à part l'A.D et le professeur McGonagall, personne ne sait que tu as joué un double-jeu. »
« Merci, Merlin. »
Il serra maladroitement ma main dans la sienne.
« Bonne nuit, Meredith. »
« Bonne nuit, Harry. »
Je retirai lentement ma main de son étreinte et filai me coucher. Quand Morphée vint me chercher, j'avais encore le sourire aux lèvres.
