Résumé : Voldemort n'est plus, Harry l'a vaincu. Mais à quel prix ? Hermione est plongée dans le coma, victime d'une magie dont il ignore tout. Cependant, contre toute attente, un jeune sorcier bien particulier semble pouvoir lui venir en aide. Harry va alors découvrir le dernier secret qui entoure sa famille... #résumépourri !
Statut : En cours d'écriture.
Pairing : Drago et Hermione. Bah ouais, ils sont trop mignons, tous les deux !
Raiting : M, parce que je préfère prévenir que guérir... S'il y a besoin de changer par la suite, on verra. Pour le moment, je laisse comme ça.
Genre : Romance, évidemment. Famille, c'est le nœud de l'histoire. Et aussi un peu de suspense, parce que je suis sadique et que vous aimez ça !
Disclaimer : L'univers et les personnages appartiennent à sa Majesté JKR Rowling. Seul l'histoire rocambolesque sort de mon esprit, et des personnages qui n'en font qu'à leur tête...
Note d'Auteur : Bonjour Bonsoir tout le monde ! Me revoici, déjà, avec un nouveau chapitre. Bon, soyons clair, je le poste aujourd'hui parce qu'il est prêt, et que j'ai vraiment envie de me rattraper pour mes trois semaines d'absence. Encore désolée !
Vous l'aviez attendu ! Ce chapitre, même si vous ne savez pas encore à quel point, vous l'avez vraiment vraiment attendu ! Et le voici ! Bon, je vous ai bien mit l'eau à la bouche, et vous allez peut-être me détester, mais c'est aussi pour ça que vous m'aimez !
Avant de vous lancer tout de suite dans la lecture de ce superbe chapitre, héhé, j'ai quelques infos à vous faire passer ! Déjà, vous l'avez probablement remarqué, j'ai retravaillé la mise en page de mes chapitres. J'ai réalisé que j'avais posté 20 chapitres sans un seul Disclaimer (OMG !), et puis comme ça, c'est pas mal, je trouve. Qu'en pensez-vous ?
En suite, j'ai créée ma page Facebook. Vous trouverez le lien sur mon profil fanfiction. Je vous invite donc à aller y faire un tour. Forcément, pour le moment, la page est vide, mais il ne tient qu'à vous et à votre participation, de la faire vivre un peu. J'ai pas mal d'idée pour rendre ça vraiment sympa. Enfin, voilà.
Maintenant, je réponds aux reviews anonymes (pour les autres, regardez dans vos messages privés).
Berenice : Je suis pas fan de Facebook lorsqu'on l'utilise dans un cadre familial ou amical. Je trouve que c'est anti-social. Par contre, dans une utilisation comme ici, pour pouvoir mieux échanger avec des gens qu'on ne connaît pas du tout, mais qui se rassemblent autour du même sujet, je trouve ça top. Concernant l'histoire, oui, c'est un choc pour tout le monde d'apprendre que Severus était au courant. Mais tu n'as pas tord, il n'y avait rien à faire. On va en apprendre plus avec ce chapitre. La relation d'Hermione et Drago est géniale, et je vais expliquer dans ce chapitre pourquoi Drago se comporte comme ça avec sa mère. Je suis contente que cette histoire te plaise, et j'espère que ça va continuer comme ça encore longtemps !
Claire : Bah voilà, la page est créée ! Pour les reviews anonymes, c'est pareil. Disons simplement que maintenant que je réponds par message privés à ceux qui ont un compte fanfiction, ils ont les réponses à leurs questions plus tôt que les anonymes, qui doivent attendre jusqu'au prochain chapitre. C'est juste ça. Au début, je voulais pas faire de différence, mais je me suis rendu compte que répondre à tout ces commentaires juste avant la publication du chapitre, comme en plus en général je publie le soir (sauf aujourd'hui), c'est plus long et niveau organisation, plus contraignant. Mais ça ne change pas grand chose, pour moi. Je suis contente que ma Narcissa te plaise. J'ai décidé de travailler un peu plus ce personnage qui, je trouve, n'a pas assez été exploité par JKR. C'était plutôt marrant, d'ailleurs, d'imaginer son passé et toutes ces relations bizarres qu'elle a eu. Et, oui, Drago est très protecteur. On va en apprendre plus sur ce chapitre, d'ailleurs. Et on apprendra aussi pourquoi il était en colère contre sa mère, ce qui, je l'espère, vous semblera à tous assez logique et cohérent.
Titnini : Et oui, c'est mon côté sadique. Mais bon, j'espère me faire pardonner de toutes ces frustrations avec la qualité (*hum hum*) de l'histoire. Aaaah, la chambre de Drago. Je l'ai imaginée longtemps, avant de réussir à l'écrire. Ce n'était pas très compliqué, il suffisait de décrire l'inverse parfaite de ma propre chambre d'adolescente (n'est-ce pas ma tite maman ? Ahahahaha !). Aaaaaaaaah la grande question. Pourquoi tant de distance avec sa mère ? Je suis fière d'avoir réussi à vous retourner le cerveau avec cet étrange comportement. Et toutes les réponses sont dans ce chapitre.
TB : Et bah voilà la suite ! Ahahahaha. Ton commentaire, et surtout ta réaction, m'a fait mourir de rire ! surtout le "on sait tous qu'il veut l'embrasser ailleurs que sur le front" ahahahahahahahaha ! Bah écoute, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes ! Merci pour ma Narcissa. Et, non, effectivement, Drago n'a jamais été un tombeur. En tout cas, pas à Poudlard, parce que IRL, il nous a toutes conquises ! Ahahaha !
Rine : Ce chapitre sera encore plus long que le précédent. J'espère qu'il te plaira autant. J'y ai mit beaucoup de cœur. Aha !
Allez, maintenant, je vous laisse à votre lecture, avec une Hermione méga badass ! Vous verrez ! On se retrouve à la fin !
Le Poids du Silence
Chapitre 21 : Pardon et Aveux
Dimanche 8 Mai 1999 - Milieu de soirée - Manoir Malefoy
Harry se leva d'un geste brutal, faisant basculer sa chaise. Le bruit du bois contre le carrelage résonna dans le silence provoqué par cette surprenante révélation. Silence qui fut ensuite coupé par la voix froide et accusatrice du jeune homme :
- Comment avez-vous pu nous cacher ça ?!
Hermione ferma les yeux et se pinça l'arête du nez. Elle réfléchissait à toute vitesse, bien malgré elle, pour tenter de comprendre les raisons ayant poussé son enseignant à garder un tel secret. Elle sursauta lorsqu'elle entendit Drago s'exprimer à son tour :
- Je crois qu'il est vraiment temps pour nous de rentrer, maintenant.
Elle releva la tête et fronça les sourcils en découvrant son visage. Bien qu'il tentait de garder une expression neutre, un léger filet de transpiration recouvrait son front et trahissait son état de stress. Se mettait-il dans de tels état uniquement à cause d'elle ? Croyait-il sincèrement qu'elle n'était qu'une petite fille fragile, incapable d'entendre la vérité ? Agacée, elle s'exclama :
- Non, on reste ! J'ai besoin d'entendre ce qui va suivre.
Elle lui lança un regard appuyé, espérant qu'il comprendrait ses motivations, et le jeune homme ouvrit la bouche, probablement dans le but de protester. Elle l'en empêcha d'un geste de la main, ce qui sembla le contrarier, avant de se tourner vers le Professeur Rogue :
- Et bien ? Expliquez-nous…
L'homme hocha tristement la tête avant de s'installer un peu plus confortablement dans son siège. Narcissa s'excusa et quitta discrètement la pièce, tandis qu'Harry restait debout, face à cet homme qu'il avait apprit à apprécier et qui se révélait, à ses yeux du moins, indigne de confiance. Quant à la jeune fille, elle sentait monter en elle un agacement démesuré. Elle hésitait entre taper sur le crâne de son frère pour lui rappeler d'arrêter de porter des jugements hâtifs, taper sur la tête de Drago pour lui faire comprendre qu'elle n'était pas une petite chose fragile qu'il fallait protéger du moindre choc, et taper sur le torse de son enseignant pour lui faire enfin avouer ce qu'il gardait pour lui depuis si longtemps.
Exaspérée, au bord de l'explosion, pour la première fois de sa courte vie, Hermione eut envie de boire pour décompresser. Aussi, elle accueillie l'arrivée de l'Elfe de Maison, accompagné d'un plateau sur lequel reposait une bouteille d'Hydromel et quelques verres, comme s'il était Merlin en personne. Elle sourit et, sans attendre qu'on le lui propose, se servit un verre qu'elle avala d'un seul trait sous les regard dubitatifs, perplexes et choqués des trois hommes présents. Sans leur prêter la moindre attention, elle se servit un autre verre, dont elle but une petite gorgée, avant de se tourner vers Severus Rogue, un sourcil haussé, manière de lui faire comprendre qu'elle attendait toujours ses explications.
L'homme sourit à son attention et, sans la quitter des yeux, comme s'il ne parlait qu'à elle, il commença :
- Lorsque j'étais à son service, le Mage Noir nous envoyait régulièrement en mission, à la recherche d'objets divers et variés qui pourraient l'aider dans son ascension au pouvoir. Un jour, il a demandé à s'entretenir avec moi au sujet d'une magie complexe qui pourrait résoudre bien des soucis. L'ancrage. J'en avais déjà entendu parler, lorsque j'avais décidé d'approfondir mes connaissances en magie noire pour entrer à son service. C'est alors qu'il m'a expliqué le projet de Bellatrix Lestrange.
Il se tut un instant, mécontent. De son côté, Harry se mit à faire les cent pas, le visage fermé et les poings serrés, tandis que Drago et Hermione se contentaient d'attendre la suite :
- Bellatrix faisait des recherches pour modifier le sortilège de base, qui consistait à plonger un être vivant dans un coma artificiel tout en liant sa vie à un autre être vivant. A l'origine, cette magie avait été créée et utilisée à des fins médicinales. Le patient était plongé dans le coma et ancré à une créature inférieure, un animal de compagnie, le plus souvent. Puis, lorsque le patient était enfin soigné, les médicomages tuaient l'animal qui servait d'ancre et le patient revenait à la vie sans aucune séquelle.
La jeune fille grimaça, écœurée par tant de barbaries. L'enseignant poursuivit :
- Puis, le sortilège a finit par être employé à des fins plus… brutales. En 1861, une guerre a éclaté dans le monde moldu, aux Etats-Unis. La Guerre de Sécession. L'un des camp voulait abolir l'esclavage, et l'autre non. Parmi les sorciers vivant là à cette époque, deux groupes bien distincts se sont formés. Ceux qui voulait asservir les moldus, et ceux qui étaient contre. Et, en parallèle de la guerre moldue, une guerre sorcière a fait rage dans le pays. Et le sortilège d'ancrage a servit à punir ceux qui se liaient avec des moldus.
Hermione s'exclama :
- Vous voulez dire qu'ils ont employé ce sortilège sur des nés-moldus ?
Le Professeur Rogue pinça les lèvres et secoua tristement la tête :
- Non, Mademoiselle Potter. Ils ont utilisé le sortilège sur des sorciers qui entretenaient des relations très fortes avec des moldus. Des relations amoureuses, ou même simplement des relations amicales très puissantes. Pour utiliser le sortilège d'Ancrage, il faut que les deux êtres vivants concernés soient très proches psychologiquement. C'est pour cette raison que les médicomages employaient les animaux de compagnie de leurs patients, parce qu'il y avait déjà un lien psychologique. Le fait qu'un sorcier soit assez proche mentalement d'un moldu était une idée absolument répugnante, tout du moins pour ceux qui considéraient les non-sorciers comme des êtres inférieurs. Et pour les punir, ils profitaient de ce lien pour les unir dans l'Ancrage.
Harry s'était arrêté de déambuler dans la pièce et observait le paysage par la fenêtre. D'une voix sourde, il demanda :
- C'est pour cette raison que le sortilège d'ancrage a été déclaré dangereux ?
L'enseignant sourit tristement :
- Effectivement. Lorsque les familles des sorciers ancrés se sont rendus compte de ce qui se passait, et ont comprit comment faire revenir leur proche à la vie, ils ont tout fait pour les retrouver. Il y a eu une vague de meurtre chez les moldus. Une haine incommensurable est née. Les sorciers, même pacifiques, se sont mit à haïr les moldus, à avoir peur de créer des liens avec eux et d'être, à leur tour, plongés dans le coma. Lorsque la guerre s'est enfin arrêtée, les sorciers ont mit longtemps avant de reprendre confiance et de s'ouvrir à nouveau aux non-sorciers.
Le silence s'installa, pesant. Hermione se sentait nauséeuse. Cette scène du passé sorcier lui rappelait douloureusement l'épisode de la peste, des siècles plus tôt. Une maladie contagieuse créée par les sorciers qui se développait dans un corps sans magie, mais pouvait très bien être, une fois "à maturité" contractée par les sorciers. Des millions de moldus étaient décédés de cette affreuse maladie, pour seulement quelques milliers de sorciers. Des sorciers qui avaient, à l'époque, des contacts directs avec les moldus. La peur était née, et les moldus avaient été évités. Évités comme la peste, d'où l'expression.
Ce fut Drago qui mit fin au silence, d'une voix froide et nerveuse :
- Et, où est le rapport entre cette histoire sordide et ce qui nous concerne ?
Tout le monde se tourna vers lui, puis enfin vers le Professeur Rogue. Celui-ci inspira profondément avant de reprendre son récit :
- Bellatrix Lestrange voulait modifier le sortilège. Son but était de provoquer la mort de la personne ancrée lorsque son ancre viendrait à mourir. Elle pensait qu'ainsi, elle pourrait ancrer Harry à Lord Voldemort, et s'assurer que personne ne tente de tuer son Maître, sous peine de le faire mourir.
Les trois jeunes gens hochèrent la tête. Cette partie de l'histoire, ils l'avaient plus ou moins comprise lorsque Drago leur avait raconté le souvenir de l'échange entre Bellatrix et Voldemort qu'il avait surpris. Severus continua :
- Voldemort trouvait cette idée brillante et voulait que j'aide Bellatrix dans ses recherches. J'ai d'abord tenté de les en dissuader. A mes yeux, cette idée était grotesque. Plonger Harry dans un coma dont il ressortirait mort quoi qu'il advienne revenait à le tuer. Et même si cette idée aurait été douloureuse dans un premier temps, les membres de l'Ordre aurait finit par accepter le fait qu'Harry soit déjà mort, peu importe la suite des événements. Et ils auraient continuer de tenter de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Bien entendu, ils n'ont rien voulu entendre, alors j'ai accepté d'aider Bellatrix dans ses recherches. Tout du moins, officiellement. En réalité, je faisais mon possible pour la freiner, tout en cherchant des informations de mon côté. J'étais dans une position délicate, de par mon double rôle. Mais surtout, parce que j'étais en possession d'informations que personne d'autre ne connaissait, notamment le fait qu'Harry était un horcruxe. Et j'ignorais totalement si le sortilège, modifié ou non, atteindrait Harry ou la partie de Voldemort qui était en lui. Dans cette deuxième possibilité, nous aurions trouver un moyen d'anéantir le dernier horcruxe sans forcer Harry à aller au devant de la mort…
- Mais vous n'avez pas put trouver comment modifier le sortilège.
Hermione n'avait put s'en empêcher. Elle commençait doucement à comprendre ce qui s'était produit et pourquoi son enseignant avait gardé le secret si longtemps. L'homme hocha la tête, avant de poursuivre :
- En fait, je n'ai pas vraiment cherché. Les risques étaient bien trop grands. Je n'avais aucune certitude que l'horcruxe serait la seule victime du sortilège. Harry aurait parfaitement put succomber à son tour. Ou même seul, et dans ce cas, la partie de l'âme de Voldemort qui vivait en lui aurait très bien put prendre le contrôle de son corps, et nous nous serions retrouvés avec deux Voldemort. Je ne sais même pas si ç'aurait été possible ! J'ignorais totalement ce qui aurait put se produire, et je l'ignore encore. Alors j'ai préféré ne pas agir. Nous n'avions plus beaucoup de temps. J'avais eu connaissance, grâce au portrait de Phineas Nigellus Black que vous aviez emporté avec vous, que vous vous apprêtiez à cambrioler Gringotts. Vous étiez sur la dernière ligne droite, même si j'ignorais encore à quel point nous étions proches de la fin. Toujours est-il que je ne pouvais pas me permettre de tenter des expériences. Ou de me baser sur quelques suppositions fragiles, ou sur des espoirs très faibles. Et puis, si nous étions parvenus à modifier le sortilège, les Mangemorts en auraient probablement profiter pour s'en servir et tuer encore plus de monde. Un seul sortilège, deux victimes assurées. C'était un risque que je ne pouvais pas prendre.
Il se tourna vers Harry, le regard presque suppliant. Hermione écarquilla les yeux en réalisant qu'il cherchait, par ce geste, à s'excuser auprès du jeune homme. Et elle sursauta presque de surprise en voyant le regard tendre de son frère lorsqu'il s'avança vers Severus Rogue et posa simplement sa main sur son épaule :
- Je comprends, Severus. Vous avez eu raison.
L'homme le remercia d'un signe de tête, avant de reporter son attention sur la jeune fille :
- Et puis le jour de la Bataille est arrivé. Lorsque j'ai rejoint Voldemort et ses lieutenants dans la Cabane Hurlante, Bellatrix était là. Elle se ventait à qui voulait l'entendre qu'elle détruirait le Trio d'Or, ce soir là. Quoi qu'il advienne. Et j'ai eu un très mauvais pressentiment. Malheureusement, je n'ai pas eu le temps d'avertir qui que ce soit. A peine un quart d'heure plus tard, Naguini m'attaquait.
A nouveau, la brune ne put s'empêcher de protester :
- Vous auriez put nous avertir avec vos souvenirs, comme vous l'avez fait pour l'horcruxe qui était en Harry !
L'enseignant soutint son regard d'un air désolé, avant de secouer tristement la tête :
- Malheureusement, l'attaque m'avait fortement affaibli. J'ai essayé de faire passer le plus d'informations possible au travers de mes souvenirs, et j'ai échoué. Sinon, Harry aurait été au courant de votre lien de parenté bien avant mon réveil.
La jeune fille fronça les sourcils. Il n'avait pas confirmer, ou infirmer, avoir tenter de les prévenir des intentions de Bellatrix au travers de ses souvenirs… Elle le lui fit remarquer, et il baissa la tête d'un air coupable :
- Vous êtes toujours aussi perspicace, Mademoiselle Potter. Effectivement, je n'ai pas tenté de vous avertir. Pour une seule raison. La même qui m'a empêché de révéler plus tôt ce que je savais de ce sortilège. Ronald Weasley.
Harry et Hermione échangèrent un regard inquiet, surpris. Drago grogna, mais la jeune fille ne lui prêta aucune attention, se concentrant sur les aveux de son enseignant :
- Que voulez-vous dire par là ? En quoi Ron vous a-t-il empêché de nous prévenir ? Qu'a-t-il à voir là-dedans ?
- Mais tout, Hermione. Tout. Je connaissais suffisamment Bellatrix pour me douter de ce qu'elle avait l'intention de faire. Il faut avouer que c'était très bien pensé. En vous plongeant dans ce coma, ancrée à la vie de Ron, elle était certaine de briser votre trio. Quoi qu'il advienne, vous ne seriez plus jamais réunis. Et il était plutôt évident qu'elle vous ancrerait à Monsieur Weasley, puisque, ce n'était un secret pour personne, vous vous aimiez à la folie depuis des années. Si elle avait choisie de vous ancrer à Harry, comme elle ne savait rien de votre lien de parenté, elle aurait prit le risque que vous finissiez par vous en remettre, grâce à l'amour de Monsieur Weasley. Elle a choisi de vous séparer de votre âme-soeur plutôt que de votre meilleur ami. Sur le long terme et d'un point de vue stratégique, c'était un choix judicieux. Horrible, certes, mais judicieux.
Harry le fusilla du regard, écœuré :
- Alors vous étiez au courant ! Depuis le début, vous saviez que Ron était celui qui maintenait Hermione dans son coma ! Vous nous avez laissé chercher ces informations pendant des mois alors que vous les déteniez ! Pourquoi ?! Pourquoi nous avoir observés tourner en rond comme des fauves en cage ?!
L'homme inspira profondément, comme s'il cherchait à rester calme. Et Hermione écarquilla les yeux en comprenant les raisons de ce silence :
- Parce que s'il l'avait dit plus tôt, Ronald aurait mit fin à sa vie pour me réveiller.
Les trois hommes se tournèrent vers elle d'un seul mouvement. La jeune fille put lire l'incompréhension dans les yeux de son frère et la compassion dans le regard de Drago. Rogue hocha tristement la tête :
- Exactement, Mademoiselle Potter. Monsieur Weasley était une tête de mule impulsive et irréfléchie. Et il vous aimait, plus que qui que ce soit d'autre au monde. Il n'aurait pas hésité un seul instant avant de se sacrifier pour vous.
Amer, Harry s'exclama :
- Mais vous auriez put empêcher ça ! Si vous nous aviez informé des intentions de Bellatrix, nous aurions put protéger Hermione ! Nous aurions put la mettre en sécurité et nous assurer qu'elle ne croisait pas le chemin de cette cinglée !
La jeune fille le dévisagea comme s'il avait perdu la raison, et le Professeur Rogue ricana doucement en la désignant d'un signe de tête :
- Parce que vous pensez sincèrement qu'elle vous aurait laissé l'enfermer loin de la Bataille ?
Le brun se tourna vers elle et son visage s'assombrit. Non, Hermione n'aurait jamais accepté d'être mise de côté, même pour sa sécurité. Il fronça les sourcils, mécontent, et la jeune fille leva les yeux au ciel. Cependant, Drago prit la parole à son tour :
- Ils auraient tout de même put s'organiser autrement. Tenter de trouver une parade, ou attaquer Bellatrix plus rapidement de façon à ce qu'elle n'ait pas le temps de toucher Hermione…
L'homme secoua la tête et grimaça :
- Je ne pense pas, non. Si en presque deux mois de recherches, je n'ai trouvé aucun contre-sort, ce n'était pas eux, en l'espace d'une heure, qui auraient put y faire quoi que ce soit. Même avec l'intelligence de Mademoiselle Potter. Et puis, c'était un trop gros risque.
Il se tourna de nouveau vers Hermione et Harry et poursuivit, la voix triste et résignée :
- Si je vous avez prévenus de ce qui allait se produire et que, malgré tout vos efforts, vous n'aviez put empêcher Bellatrix d'agir, Ronald se serait suicidé dans l'heure qui suivait. Et Hermione n'aurait jamais put se le pardonner.
Un silence de plomb tomba alors sur la pièce. La jeune fille ne remarqua ses larmes que lorsque Drago, qui s'était levé et avait contourné la table pour la rejoindre, les essuya d'un geste tendre du pouce. Alors, elle releva la tête et sourit à son enseignant. Un sourire honnête, authentique. Les trois hommes écarquillèrent les yeux, surpris. Mais Hermione les ignora, se contentant de fixer cet homme si compliqué, qui n'agissait qu'en pensant à toutes les conséquences possibles de ses actes, et qui, encore une fois, avait fait pour le mieux :
- Merci, Professeur Rogue. Je suis certaine qu'à votre place, j'aurai agit de la même façon.
Harry se tourna si vivement vers elle qu'elle cru un instant qu'il s'était brisé la nuque :
- Non mais tu as perdu la tête, Mia ?! Cet homme nous a menti ! Encore ! Il nous a caché la vérité pendant plus d'une année, si l'on compte les semaines précédent la Bataille. Il aurait put empêcher ça ! Il aurait put sauver Ron ! Il aurait put…
- Ça suffit !
Hermione s'était levée d'un bond et fusillait son frère du regard :
- Non mais est-ce que tu t'entends parler ? Est-ce que tu réfléchis deux secondes avant de laisser ta bouche débiter un flot continu de conneries inimaginables ?! Qu'aurions-nous fait, si nous avions été au courant ? Ron et toi aurez d'abord cherché à m'écarter, et nous nous serions probablement disputés. Puis tu serais parti dans la forêt, faire ce que tu avais à faire, et j'aurais trouvé un moyen de participer à la Bataille, coûte que coûte. Je me serai retrouvé face à Bellatrix, et Ron aussi, assurément. Elle aurait tout de suite compris que nous étions au courant et aurait agit dès son entrée dans la Grande Salle. Et le résultat aurait été le même. Et encore, peut-être que tout aurait été différent ! Peut-être qu'aveuglé par sa colère, Ron aurait agit de façon stupide et irréfléchie, et ç'aurait put causer notre perte !
A bout de souffle, elle se tut un instant, laissant le temps à son frère de prendre la pleine mesure de ses paroles. Puis elle reprit d'une voix moins dure :
- Rogue a raison. Si Ron avait été au courant de ce lien entre lui et moi, il n'aurait pas cherché plus longuement. Il aurait mit fin à ses jours pour que je puisse me réveiller. Et j'aurai passé ma vie à culpabiliser, à me sentir responsable de sa mort. Et même si j'ai tendance, aujourd'hui, à croire que je suis responsable de sa déchéance, et par conséquent, de sa maladie et de son suicide, je sais qu'il n'a pas mit fin à ses jours pour me sauver, mais simplement pour ne pas mourir de sa maladie. Pour ne pas finir sa vie dans un lit d'hôpital. Ron voulait mourir debout, et c'est ce qu'il a fait. Pour lui. Pas pour moi. Et même si je culpabilise un peu d'avoir été l'une des raisons qui l'ont poussé à devenir alcoolique…
Elle se tut, cherchant ses mots, et finit par reprendre d'une voix brisée par les larmes :
- Je n'ose même pas imaginer ce que j'aurais put ressentir si Ron s'était suicidé dans le seul but de me permettre de vivre ! Je n'aurais jamais supporté ça. Jamais. Je serai devenue complètement folle ! Peut-être même aurais-je choisie de le rejoindre ! Et Bellatrix aurait gagné, sur toute la ligne ! Alors non, Ron ne devait surtout pas être mis au courant de son rôle dans cette histoire. Et le Professeur Rogue a eu raison de se taire.
Le silence s'installa de nouveau, chargé de tristesse et de remords. Lentement, Harry s'avança vers sa soeur et la prit dans ses bras tout en lui murmurant à l'oreille :
- Pardonne moi, Mia. Tu as raison.
La jeune fille se laissa doucement bercée par son frère, avant de s'écarter de lui pour se tourner de nouveau vers son enseignant :
- Il n'y avait vraiment aucun espoir de le sauver, n'est-ce pas ?
L'homme secoua la tête :
- Non, Mademoiselle Potter. Soyez certaine que s'il avait existé un contre-sort, un remède, n'importe quoi qui aurait put permettre à Monsieur Weasley de survivre tout en vous sortant de ce coma, j'aurais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour y parvenir. Mais, malgré toutes mes recherches, je n'ai rien trouvé qui puisse vous sauver tout les deux. Je suis désolé.
La jeune femme hocha la tête avant d'essuyer ses larmes d'un geste disgracieux du bras. Puis elle se tourna vers Harry et sourit tristement :
- Je crois que je vais rentrer, maintenant. J'aimerais aller me coucher.
Puis elle se tourna vers Drago :
- Tu me raccompagne ?
Le blond ne se le fit pas dire deux fois. Rapidement, il la rejoint et l'attrapa par la taille, comme pour la soutenir. Elle lui sourit tristement, puis se tourna vers ses hôtes :
- Merci, pour cette soirée. Je comprends mieux certaines choses, grâce à vous. Professeur, je suis heureuse que vous ayez survécu, sincèrement. Narcissa, merci pour votre accueil.
La blonde s'avança doucement vers elle et lui serra la main tout en l'observant d'un air bienveillant :
- Nous nous reverrons bientôt, Hermione. N'oubliez pas ma proposition.
La jeune fille acquiesça. Narcissa Malefoy souhaitait devenir son amie. Et même après les révélations de cette fin de soirée, Hermione ne pouvait pas oublier une proposition aussi hallucinante.
Enfin, la jeune fille étant trop épuisée pour transplanner, elle se laissa guider par le blond jusque dans la bibliothèque, où ils empruntèrent le réseau de cheminée pour rentrer au Square Grimaud.
XXX
Dimanche 8 Mai 1999 - Fin de soirée - Square Grimaud
De retour chez eux, Hermione et Drago s'en allèrent directement se coucher. Dans son lit, la jeune fille se repassait toute la soirée dans la tête, cherchant à s'assurer que tout ça n'était pas un rêve étrange qu'elle aurait put faire. Soudain, elle se souvint d'une promesse qu'elle s'était faite au court de la soirée et se releva subitement pour s'adresser au blond qui, allongé dans son lit de camp improvisé au pied de son lit, fixait le plafond sans parvenir à dormir. Il se tourna lentement vers elle et haussa un sourcil, perplexe, en découvrant son air furieux :
- Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Dis donc, toi ! Est-ce que tu peux m'expliquer cet air angoissé que tu as eu à mon égard toute la soirée ? Et cette façon bizarre de tenir ma chaise pour que je puisse m'asseoir, c'était quoi, au juste ? Il va falloir arrêter toutes ces petites attentions ! Je te l'ai déjà dit, Malefoy, je ne suis pas en sucre !
Le jeune homme la dévisagea quelques instants, choqué, avant d'éclater de rire. Hermione l'observa comme s'il était devenu fou, ou comme si elle allait lui arracher la tête, elle ne savait pas trop. Puis il se calma enfin, se redressa à son tour, de façon à se retrouver plus ou moins à son niveau, et lui sourit simplement :
- Désolé, Hermione. Je n'aurai pas dû rire. Mais tu devrais voir ta tête. On dirait une gorgone, c'est flippant.
La jeune fille fronça les sourcils, perplexe, avant de croiser son reflet dans le miroir de sa coiffeuse. Effectivement, ses cheveux bouclés formaient une auréole autour de sa tête qui s'apparentait fortement à la crinière du monstre mythologique. Et son air enragé lui donnait des allures de folle furieuse prête à commettre un génocide. Elle pinça les lèvres, tentant tant bien que mal de garder son sérieux. En vain. Le visage angélique de Drago, qui souriait innocemment comme un enfant pris en flagrant délit d'une bêtise dont il été plutôt fier, finit de faire monter en elle un éclat de rire incontrôlable. Rapidement, les deux jeunes gens partirent dans un fou rire libérateur.
Lorsqu'ils se furent calmer, le jeune homme se leva et vint s'installer près d'Hermione. Assis sur le lit, il se mit à jouer avec le coin du drap qui recouvrait la jeune fille, tout en observant ses doigts. Immédiatement, la brune retrouva son sérieux. Drago n'avait jamais ce genre de réaction embarrassée, sauf quand il s'apprêtait à lui confier quelque chose de personnel. Quelque chose de suffisamment important pour qu'il se sente en position de faiblesse. Doucement, elle posa sa main sur son avant-bras. Il releva la tête et elle lui sourit. Alors, il se mit à parler :
- Quelques semaines après la Bataille finale, Harry a prit ma défense lors de mon procès. Ce jour là, j'ai compris que je lui serais éternellement reconnaissant de m'avoir éviter la prison. Et quand je suis sorti du ministère en tant qu'homme libre, j'ai tout de suite voulu aller le remercier. Mais je n'avais aucune idée de l'endroit où le trouver. C'est alors que je me suis souvenu que ma mère m'avait dit l'avoir croisé, quelques jours plus tôt, à Ste Mangouste, alors qu'elle était partie voir Severus. Je me suis donc rendu à l'hôpital, dans l'espoir de le trouver.
Il se tut quelques instant, perdu dans ses pensées, avant de reprendre d'une voix triste :
- Lorsque je suis arrivé là-bas, j'ai d'abord été voir mon parrain. J'espérais qu'Harry serait avec lui, ma mère m'avait expliqué qu'il passait le voir régulièrement. Et Severus m'a confié que tu te trouvais dans une chambre pas très loin de la sienne. J'ai été incapable d'entrer. Je n'arrivais pas à m'y résoudre. Je ne sais pas pourquoi. J'avais… peur, je crois. Peur de ce que j'allais découvrir. Sur toi, sur moi. Je venais tout juste d'échapper à la prison, j'étais un homme libre. Libre de me reconstruire comme j'en avais envie, sans l'influence paternelle pour dicter mes choix. J'étais libre de faire mes propres erreurs, de penser par moi-même. Et surtout, j'étais libéré des idéaux grotesques de Lucius. Je n'étais plus forcé de te voir comme une erreur de la nature sous prétexte que c'était ce que mon père m'avait toujours enseigné. Et, je crois que j'avais peur de te voir autrement. Parce qu'au fond de moi, je n'y avais jamais vraiment cru.
Hermione retint son souffle, absorbée par ses nouvelles révélations. Elle ne comprenait pas vraiment où il voulait en venir, mais elle savait que cette conversation marquerait un tournant dans leur relation. Drago le sentait aussi, puisqu'il se livra sans aucune réserve :
- A Poudlard, je te détestais. Pour ton stupide courage, pour ton sang-froid inconscient et pour ta loyauté mal placée. Je te détestais d'être une Miss Je-Sais-Tout, incapable de se retenir de montrer tout l'étendu de son savoir, qui dépassait largement le mien, alors que j'avais toujours vécu dans ce monde que tu découvrais à peine et sur lequel tu en savais déjà tellement. Je te détestais, parce que tu remettais toutes mes croyances en cause. Tu me forçais à m'interroger sur l'éducation que j'avais reçue, et sur la vérité absolue que mon père m'avait inculquée, à savoir que les Sang de Bourbes n'étaient que des êtres inférieurs, des moins que rien, des faux sorciers dénués de toute intelligence. A l'époque, je n'étais pas prêt à ça.
A nouveau, il se tut quelques instant, cherchant ses paroles. Il s'agita légèrement, s'installant plus confortablement, et sourit en poursuivant :
- La première fois que j'ai ressenti un sentiment… positif à ton encontre, c'était en troisième année, lorsque tu m'as foutu ce coup de poing en pleine figure. Tu t'en souviens ?
Hermione hocha la tête, surprise. Évidemment, qu'elle s'en souvenait. Elle en était même encore fière, d'ailleurs. Mais elle ne comprenait pas vraiment en quoi se prendre un coup de poing de sa pire ennemie, une fille de surcroît, avait put provoquer en lui un sentiment positif. Le jeune homme hocha la tête, comme s'il comprenait ce à quoi elle pensait, et reprit son récit :
- Je t'ai admirée, ce jour là. Bon, peut-être pas tout de suite après. Je crois d'ailleurs que j'ai dû passer tout le reste de la journée à te maudire et te souhaiter les pires souffrances pour m'avoir brutaliser. Si Blaise était là, il te le confirmerait. Je crois même avoir parlé de poursuites judiciaires pour avoir défiguré ma gueule d'ange.
Il leva les yeux au ciel tout en riant de sa réaction de l'époque. Hermione ne réagit pas, trop perturbée par la teinte plus sombre de ses prunelles, et par la sonorité grave de sa voix tandis qu'il se confiait à elle :
- Mais lorsque je me suis retrouvé seul dans mon lit ce soir là, j'avais un sourire niais sur le visage. Je me repassais la scène en boucle dans ma tête, pour graver tout les détails dans ma mémoire. Les étincelles de rage dans ton regard, et la façon dont tes lèvres tremblait sous la colère. Et cette force, dans ton coup de poing. Putain, t'avais treize ans et tu cognais comme un batteur de Quidditch !
La jeune fille ne releva même pas la vulgarité du blond, trop surprise par son air admiratif. Quant à Drago, il lui caressa la main, toujours posée sur son avant-bras, d'un air rêveur tout en reprenant :
- Je t'ai trouvé belle, ce jour là. Et je t'ai admirée, parce que tu avais cogné. Parce que, pour une fois, tu avais perdu ton sang-froid légendaire. Et j'étais franchement fier d'avoir réussi à te faire sortir de tes gonds. A partir de ce jour là, je n'ai eu de cesse que de te provoquer pour te voir à nouveau perdre le contrôle. Je sais, j'étais con, désolé.
Il ricana, et la jeune fille ne put se retenir de sourire. Oui, il avait été con. Mais elle ne put prononcer le moindre mot, trop absorbée par ces aveux.
- Les années sont passées. En quatrième année, j'ai pris plaisir à te voir te faire humilier par Rita Skeeter dans la Gazette du Sorcier, et j'ai pris encore plus de plaisir à y participer en l'aidant à obtenir des informations sur toi et Harry. Puis je me suis amusé à vous mettre des bâtons dans les roues en cinquième année, grâce à la Brigade Inquisitoriale. Bien sûr, à l'époque, je n'avais aucune idée de ce que je faisais. Enfin, plutôt de ce que vous faisiez. Si j'avais sut…
Il se tut, pensif, avant de secouer la tête énergiquement et de lui sourire tristement :
- Et puis, il y a eu l'attaque du Ministère. La déchéance de Lucius, et la punition qui a résulté de son échec. Voldemort s'est installé au Manoir, et j'ai été marqué. Puis il m'a confié cette mission, et tout a basculé.
Le visage du blond s'assombrit considérablement. Hermione tenta de dégager la main qu'elle avait toujours sur l'avant bras du jeune homme, l'autre lui servant d'appui, mais il resserra sa prise autour de ses doigts, comme pour s'accrocher à elle. Comme s'il avait peur qu'elle s'enfuie. La jeune fille voulut le rassurer, elle ne voulait que lui caresser la joue, après tout. Mais sa voix se perdit dans sa gorge et Drago en profita pour reprendre d'une voix sourde :
- Cette année là, je n'avais pas vraiment le coeur à te taquiner. Je suis devenu... irascible. Même Blaise et Pansy m'évitaient autant qu'ils le pouvaient. C'est à ce moment là que j'ai commencé à changer.
Il se tut, perdu dans ses pensées. A nouveau, la brune chercha à se rapprocher de lui pour le rassurer, mais il la maintint d'une main ferme :
- Non, attends. Laisse moi finir avant de partir, s'il te plaît…
- Je n'ai pas l'intention de partir, Drago !
Le jeune homme la dévisagea, bouche bée. Hermione se retint de justesse de lever les yeux au ciel, exaspérée qu'il s'imagine forcément qu'elle lui tournerait le dos. A la place, elle lui sourit. D'un sourire sincère et rassurant, et il lâcha enfin sa main. Alors, lentement, comme pour ne pas l'effrayer, elle leva ses doigts qu'elle déposa délicatement sur sa joue dans une caresse rassurante. Ce contact sembla l'apaiser. Il ferma les yeux, probablement pour savourer cette sensation, et son visage se détendit considérablement. Puis, trop rapidement pour qu'Hermione ne puisse réellement réaliser ce qu'il faisait, il l'attrapa par la taille et l'allongea sur le lit. Dans le même mouvement, il la serra contre lui, la tête de la jeune fille contre son torse, et celle du jeune homme dans la crinière de la brune. Hermione n'était pas idiote, et se doutait bien qu'il avait adopté cette nouvelle position dans le seul but qu'elle ne puisse pas voir son visage. Cependant, elle ne protesta pas, se contentant de lui caresser doucement le torse dans un geste apaisant et rassurant. Alors, il se remit à parler :
- Lorsque je suis entré en septième année, je crois que j'étais… blasé. J'en avais tellement vu, chez moi, pendant l'été, que plus rien ne pouvait m'étonner. J'étais écœuré par tout ce qui se passait dans l'école, et j'en voulais énormément à Severus de ne pas agir. Bien sûr, encore une fois, j'ignorais à quel point je me fourvoyais. Enfin. Après Noël, Voldemort a commencé à me confier de plus en plus de missions, qui me demandaient souvent de louper les cours. J'ai accepté, à chaque fois. Tout, plutôt que de continuer à voir des gamins de douze ans se prendre des Doloris au petit déjeuner.
Instinctivement, Hermione resserra l'emprise de ses doigts sur la chemise du jeune homme, et à son tour, il la serra un peu plus contre lui.
- C'est comme ça que je me suis retrouvé au Manoir, ce jour là.
La jeune fille n'eut pas besoin de voir son visage, ou de lui demander plus de précisions, pour comprendre qu'il parlait de ce jour de mars, lorsque Harry, Ron et elle s'étaient fait attrapés par les rafleurs. Automatiquement, elle caressa son bras, à l'endroit même où les mots "Sang de Bourbe" étaient gravés dans sa chair.
- Lorsqu'ils m'ont demandé de vous reconnaître, j'ai vu là ma seule chance de faire quelque chose de bien, pour une fois. De me racheter. De mettre fin à toute cette folie. Je… je crois que j'en avais juste assez, de tout ça. De mon père qui passait sa vie dans le fond de sa bouteille de whisky pur feu, de ma mère qui n'était même plus maîtresse de sa maison, des hurlements qui provenaient continuellement de la cave du Manoir, et de tout ces morts dont mes locataires de l'époque ne faisaient que se vanter.
Il se tut un instant, et poussa un long soupir. Puis il ricana doucement :
- Enfin. Saint Potter a survécu et nous a tous sauvés ! Puis il m'a évité la prison, et je me suis retrouvé devant cette chambre d'hôpital. A l'époque, j'ignorais encore votre lien de parenté. Tout ce que je savais de toi, je l'avais apprit durant nos années d'école. Et, comme je te l'ai expliqué, j'avais déjà cessé de te haïr. Mais, je n'étais clairement pas préparé à ce que j'allais ressentir en entrant dans ta chambre. Et c'est pour ça que je suis resté comme un con dans le couloir presque toute la journée.
La jeune fille fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui pouvait bien l'effrayer à l'idée d'entrer dans la chambre qu'elle occupait lors de son coma. Qu'avait-il peur d'y trouver ? Une Hermione éveillée et prête à l'incendier ? Il savait parfaitement qu'elle était inconsciente et ne risquait pas de lui faire le moindre mal, alors quoi ?
- Lorsque j'ai finalement trouvé le courage d'entrer dans la pièce, il s'est passé exactement ce que je prévoyais. Je suis resté là, à te regarder, sans pouvoir esquisser le moindre geste. Tu semblais si minuscule, en comparaison de cet immense lit dans lequel tu dormais. Si… fragile. Si vulnérable. Toi qui avais toujours fait preuve d'un courage exemplaire, d'une force de vie que j'avais appris à admirer. Ce jour là, en te voyant dans cet état, je me suis promis de tout faire pour te sortir de ce coma, pour te voir à nouveau pleine de vie, de mordant. Pour pouvoir te taquiner encore et te faire sortir de tes gonds. Pour te voir rire avec Potter et me rendre la vie infernale.
Hermione sourit, la tête blottie contre le torse du blond. Il inspira profondément dans ses cheveux, comme pour se rassasier de son odeur, avant de poursuivre :
- Les mois sont passés et j'ai cru devenir fou. Je venais te voir presque tous les jours. Avec Harry, le plus souvent, lors de nos pauses déjeuner. Mais parfois,, je venais seul. Je m'asseyais sur ton lit, et je te prenais la main. Et je te racontais ma vie. Je te demandais conseils, comme si tu pouvais me répondre. En parallèle, lorsque nous passions des soirées tous ensemble, Harry, Ginny et Georges me racontaient votre vie. Vos souvenirs d'école. Et je me surprenais à attendre ton retour avec encore plus d'impatience. Lorsqu'on me demandait pourquoi, je disais simplement que c'était pour eux, pour ton frère et pour les Weasley, que je commençais réellement à apprécier. Pour qu'ils puissent retrouver cette amie si précieuse dont ils me parlaient. Parfois même, je les taquinais en leur disant que comme ça, ils me foutraient enfin la paix et arrêteraient de me casser les oreilles avec toutes ces histoires. En réalité, ce n'était pas que pour eux. C'était aussi pour moi. Mais ce n'était plus simplement pour récupérer celle que j'avais connu, mais surtout pour apprendre à connaître celle dont j'ignorais tout.
A nouveau, il inspira longuement. Le silence se poursuivit, et Hermione crut un instant qu'il s'était endormi. Elle releva doucement la tête vers lui, et ne fut qu'à peine surprise de le voir éveillé. Il l'observait d'un regard tendre et, encore une fois, la jeune fille lui caressa la joue. Alors, d'une voix grave et profonde, il reprit :
- Mais, depuis que tu es réveillé, tout est différent de ce que j'avais imaginé. Dès le premier soir, j'ai compris que tu cacherais tout ce que tu ressentais vraiment. Que tu garderais pour toi tes peines et tes angoisses. Parce que tu ne voudrais pas inquiéter Harry. J'ai compris que tu te refermerais sur toi même, et que tu n'accepterais jamais son aide, ni celle des Weasley. Parce qu'ils te connaissent trop bien, parce qu'ils t'aiment depuis toujours et que te voir ainsi leur ferait beaucoup de mal. Et que tu refuses de les faire souffrir. Sur ce point, tu es bien comme ton frère.
Il lui sourit, exaspéré, avant de poursuivre :
- Mais moi, je ne faisais pas parti de ces gens. Tu ne risquais pas de me faire souffrir en partageant ta peine avec moi. Sans vouloir paraître prétentieux, je crois que j'étais exactement ce dont tu avais besoin. Quelqu'un prêt à t'écouter, sans être trop impliqué émotionnellement. Mais, ce que je n'avais pas prévu, c'était ma réaction face à tout ça.
Hermione l'interrogea du regard, lui demandant silencieusement de s'expliquer. Drago déglutit difficilement avant de poursuivre, le regard plongé dans celui de la brune :
- Je m'inquiète pour toi, Hermione. Je m'inquiète de la puissance de tes cauchemars, bien qu'il semblerait qu'ils aient cessés. Je m'inquiète de te voir totalement désemparée face à tout ces changements dans la vie de ton frère et, par conséquent, dans la tienne. Je sais que tu es une femme forte et courageuse, et que tu sauras surmonter tout ça. Mais je ne peux pas m'en empêcher. Tu es tellement généreuse que tu serais bien capable de faire semblant de tout accepter dans le seul but de faire plaisir à ton frère. Et tu es tellement indépendante que tu pourrais parfaitement refuser toute l'aide qu'on pourrait te proposer afin de mieux vivre cette situation, simplement par fierté. Et moi, je veux juste que tu sois bien.
Brusquement, il se redressa et fit basculer Hermione de façon à se retrouver penché au dessus d'elle. Lentement, il fit courir ses doigts dans les boucles de la brune, et reprit d'une voix douce :
- J'ignore totalement pourquoi, mais c'est comme ça. Je veux que tu sois heureuse. Même si pour ça tu dois envoyer chier ma mère et ses invitations à prendre le thé, ou bien décevoir les attentes du monde entier en devenant bibliothécaire au lieu de te lancer dans une carrière politique. Je serai même prêt à déménager, si tu avais du mal à accepter cette cohabitation. Et, honnêtement, ça me fait flipper. Réaliser que je serai prêt à n'importe quoi pour être certain que tu te sentes bien… Ça me fout la trouille.
La jeune fille ne remarqua qu'elle retenait son souffle que lorsqu'elle sentit un vertige la prendre. Elle expira, puis inspira fortement, le coeur battant à toute allure. Sans lui laisser le temps de reprendre ses esprits, il ajouta :
- J'en fais des cauchemars, la nuit. Je rêve de toi, dans ce lit d'hôpital. Je te vois vieillir sans te réveiller, et je reste assis à ton chevet, impuissant. J'entends les voix d'Harry, Ginny et George me reprocher de n'avoir rien fait pour te sauver, pour te protéger de toute cette folie passée et présente. De ne pas t'avoir faciliter les choses à ton réveil. Ça me rend malade. L'idée de te voir à nouveau si vulnérable, ça me rend dingue.
Hermione se sentit frissonner. Jamais personne ne s'était confié à elle aussi ouvertement. Et jamais elle n'aurait put imaginer que Drago Malefoy puisse ressentir tout ça pour elle. Lorsqu'elle le sentit se pencher légèrement vers elle, elle retint son souffle. Dans cette position de proximité, la jeune fille se sentait à la fois vivante et apeurée. À nouveau, elle ressentit cette douloureuse envie, cette attente à la fois grisante et effrayante. Hermione ne pouvait détacher son regard des yeux gris du jeune homme, leur visages à quelques centimètres l'un de l'autre. Elle déglutit difficilement et s'humecta les lèvres, la gorge douloureusement sèche.
C'est à cet instant que Drago l'embrassa.
XXX
Dimanche 8 Mai 1999 - Fin de soirée - Manoir Malefoy
- Harry ?
Le jeune homme se tourna vers son ancien enseignant, le visage reflétant encore sa colère. Severus soupira tout en se frottant l'arête du nez d'un air fatigué :
- Je sais que tu m'en veux, mais j'ai agit comme je pensais devoir le faire. Tu sais aussi bien que moi comment aurait réagit ton ami s'il avait été mis au courant. Et tu sais parfaitement que ta soeur ne s'en serait jamais remise.
Le brun soupira et s'installa de nouveau à table. Il se frotta le visage de ses deux mains, avant de se tourner vers l'enseignant :
- Je sais. Vous avez fait ce qu'il fallait. Je me suis emporté, mais vous me connaissez, j'ai parlé sans réfléchir. J'ai juste été surpris d'apprendre que vous étiez au courant. Et puis, j'ai perdu celui que je considérais comme mon frère, et ce sans même avoir la possibilité de le sauver. C'est un sentiment assez frustrant pour me mettre dans tout mes états.
Le Professeur Rogue acquiesça d'un signe de tête, avant de lui serrer chaleureusement l'épaule dans un geste de soutien. Le jeune homme lui sourit, puis Narcissa, qui venait d'entrer dans la pièce, intervint d'une voix nerveuse :
- C'était une soirée riche en émotion, n'est-ce pas ?
Les deux hommes sourirent, complices. Puis Harry fronça les sourcils et interrogea la blonde :
- Au fait, qu'est-ce que vous vous êtes dit, avec Hermione, dans la bibliothèque tout à l'heure ? Vous y êtes restées un moment. J'ai cru que je n'allais jamais pouvoir retenir Drago de venir vous interrompre. J'espère au moins que ça en valait la peine…
La femme sourit d'un air mystérieux tout en hochant la tête. Puis, devant l'air insistant du jeune homme, finit par expliquer :
- Je lui ai juste raconter mon histoire. En version accélérée, évidemment. Hermione se demandait comment elle devait me considérer. J'ai trouvé judicieux de lui raconter une partie de ma vie pour pouvoir l'éclairer un peu. Lui faire comprendre que je ne suis pas son ennemie. Ni sa rivale.
Severus fronça les sourcils :
- Sa rivale ?
Narcissa rougit légèrement, tellement légèrement, en fait, que le brun n'était même pas certain que ce fut le cas, avant d'ajouter :
- Auprès d'Harry. Et, je crois, auprès de Drago, aussi.
Le silence s'installa, tandis que les deux hommes l'observaient d'un air perplexe. Elle s'installa à table avec eux, appela son Elfe de Maison pour lui réclamer du thé, et finit par leur prêter une attention amusée. Elle leva les yeux au ciel, exaspérée :
- Ah, les hommes. Vous ne comprenez jamais rien à rien
- Alors explique nous, mon ange. Parce qu'en toute franchise, je ne vois absolument pas pourquoi Mademoiselle Potter te verrait comme une rivale.
Cette fois, la blonde rougit pour de bon, comme chaque fois que son conjoint lui faisait preuve de tendresse en public. Harry détourna les yeux, embarrassé, et ne reporta son attention sur le couple que lorsque Narcissa reprit d'une voix un peu trop aiguë pour être naturelle :
- Lorsqu'elle m'a expliqué qu'elle ne savait pas comment me considérer, elle m'a dit hésiter entre "ennemie" et "la mère de Drago". Je sais bien qu'elle entendait par là le fait que j'ai fait parti du camp adverse pendant des années, et qu'aujourd'hui, elle vit plus ou moins en collocation avec mon fils. Mais je pense que ses propos cachaient autre chose. En revanche, j'ignore si elle même en avait conscience.
Le jeune homme pinça les lèvres, mais finit par insister :
- Peut-être, mais ça n'explique pas pourquoi tu imagine qu'elle pourrait te considérer comme une rivale.
A nouveau, la blonde sourit, énigmatique :
- As-tu vraiment observé le comportement de ta soeur et de mon fils, Harry ?
Il secoua les épaules, et elle sourit plus largement :
- Ils se tournent autour comme des aimants. S'il se déplace, elle change de position en fonction de ses mouvements. Et dès qu'elle bouge ne serait-ce que le petit doigt, il la regarde automatiquement. Ce soir, quand elle affichait un regard lointain, triste ou pensif, ne serait-ce que quelques secondes, il s'occupait de lui changer les idées, ou s'inquiétait de savoir si tout allait bien. Au cour du repas, il s'est assuré au moins dix fois qu'elle ne manquait de rien.
Les deux hommes échangèrent un regard, perplexes, et la blonde soupira d'agacement :
- Bon sang, vous ne comprenez vraiment rien ? Ils se plaisent ! Ils s'attirent ! Je ne dirais pas qu'ils s'aiment, c'est probablement encore trop tôt pour ça, mais il y a quelque chose entre eux de beaucoup plus fort qu'un simple début d'amitié.
Elle laissa le silence s'installer, le temps que les deux hommes comprennent enfin où elle voulait en venir. Mais elle fut surprise de les voir éclater de rire soudainement. Severus s'exclama alors :
- Ma chérie, ne le prend pas mal, mais tu as complètement perdu l'esprit ! Ces deux là se détestent depuis leur première semaine d'école, il y a huit ans. Je les imagine très mal se rapprocher comme tu te l'imagine. Tu es certaine de ne pas avoir reçu un sortilège de confusion ?
Narcissa ne releva pas l'ironie, et garda son sourire :
- Tu veux parier ? Tu verras, et toi aussi, Harry. Ces deux là ne vivront pas une relation platonique très longtemps.
Le jeune homme ne répondit pas, soudainement sérieux. Il réfléchissait aux événements ayant eu lieu depuis le réveil de sa soeur. La façon particulière avec laquelle Drago avait prit la défense de la jeune fille lors de l'attaque des journalistes, au ministère, et celle protectrice avec laquelle il l'avait portée jusque dans le bureau du ministre lorsqu'elle s'était sentie vaciller. Puis les terreurs nocturnes d'Hermione, et son besoin d'avoir le jeune homme auprès d'elle pour dormir paisiblement, jusqu'à l'apparition du blond au Terrier lorsqu'elle s'était réveillée seule et apeurée dans la chambre de Ginny. Et la veille, lorsqu'ils étaient partis dîner tous ensemble pour fêter la promotion de Pansy, cette façon qu'il avait de la regarder, durant le repas, puis dans le bar. Leur danse, plus que sensuelle. Et enfin, cette soirée. Narcissa avait entièrement raison. Drago avait été particulièrement attentif aux besoins et aux réactions d'Hermione. Déjà, il avait réussi à la convaincre de se joindre à eux pour le dîner, ce qui n'était franchement pas une mince affaire. Puis, lorsque la jeune fille s'était perdue dans ses pensées, Harry l'avait remarqué à la façon étrange qu'elle avait eu de caresser son bras, à l'endroit où se trouvait sa cicatrice, le blond s'était empressé de lui changer les idées en lui faisant visiter le Manoir. Quand sa mère avait décidé de s'entretenir seule à seule avec la brune, Drago avait tourné en rond comme un fauve en cage, et le brun avait dût l'empêcher à plusieurs reprises de débouler dans la bibliothèque pour s'assurer qu'Hermione allait bien, comme s'il avait peur qu'elle ne supporte pas le choc que cette conversation aurait put provoquer en elle. Lorsque le repas s'était enfin achevé, et que la jeune fille s'était de nouveau perdue dans ses pensées, il avait voulu rentrer. Et pour finir, durant tout le temps qu'avait durer les explications de Severus, le jeune homme n'avait pas quitté la brune des yeux, s'assurant qu'elle tenait le coup. Il avait été le premier à réagir lorsqu'elle s'était mise à pleurer. Et c'était vers lui qu'elle s'était finalement tourner lorsqu'elle avait eu envie de rentrer.
Leur complicité ne cessait d'augmenter, depuis qu'Hermione s'était réveillée de son coma. Harry ne pouvait pas le nier. Pourtant, un mauvais pressentiment lui enserra le coeur. Sa soeur venait tout juste de perdre l'homme qu'elle considérait comme celui de sa vie. Sa culpabilité, bien qu'injustifiée, lui provoquait d'horribles cauchemars. Elle était encore bien trop fragile psychologiquement pour supporter le poids d'une nouvelle relation amoureuse. Surtout avec celui que Ron avait toujours considéré comme son pire ennemi.
Ils allaient au devant d'une catastrophe, c'était certain.
- Harry ? Est-ce que tout va bien ?
Le jeune homme releva doucement la tête, livide, et observa Narcissa d'un air inquiet :
- On a un énorme problème.
XXX
Dimanche 8 Mai 1999 - Fin de soirée - Square Grimaud
Hermione mit un certain temps à réaliser ce qui était entrain de se passer. Et un petit instant supplémentaire pour décider de se laisser aller.
Elle enroula ses bras autour de la nuque du blond, et l'attira un peu plus contre elle. Les lèvres de Drago se pressèrent un peu plus fort contre les siennes, douces et chaudes. Le baiser, tendre et délicat, n'était en rien comparable à ce qu'elle avait connu avec Viktor ou Ron.
Ron.
La jeune fille se figea. Elle sentit son coeur se resserrer douloureusement. Drago dût sentir sa panique, puisqu'il s'écarta doucement d'elle et grimaça en voyant son air paniqué :
- Désolé. Je… Je n'aurais pas dût.
Il voulu se détacher d'elle, mais instinctivement, elle le retint :
- Non. Je… Attends. Laisse moi deux secondes, s'il te plaît.
Il se figea à son tour, mais la brune ne lui prêta pas attention. Elle se concentra sur sa respiration, sur son coeur qui battait à un rythme endiablé. Lorsqu'elle fut certaine de se contrôler, elle soupira :
- Je suis désolée. Je crois que je ne suis pas encore prête pour ça.
A nouveau, le jeune homme grimaça :
- Ne t'excuses pas, Hermione. C'est de ma faute, je n'ai pas réfléchit. Tu… tu veux que je m'en aille ?
La jeune fille écarquilla les yeux, paniquée :
- Non ! Surtout pas. Reste, s'il te plaît. On peut peut-être faire comme si de rien n'était ?
Elle le supplia du regard, et dans un soupir, de soulagement ou de résignation, le blond hocha la tête avant de lui sourire et de se réinstaller confortablement dans le lit. Automatiquement, Hermione vint se blottir contre lui, la tête posée contre son torse. Le silence s'installa, pesant. Drago finit par ricaner :
- Si on m'avait raconté ça, il y a un an…
La jeune fille ne put s'empêcher de ricaner avec lui, avant de retrouver son sérieux et de lui demander :
- Dis moi, Drago. Pourquoi est-ce que tu semblais aussi énervé contre ta mère, ce soir ?
Elle le sentit se figer, légèrement, avant qu'il ne se détende et soupire :
- Tu as remarqué ?
- Évidemment. Tu étais vraiment distant. Presque froid, même.
Il soupira à nouveau, et finit par expliquer :
- J'ai un peu de mal à accepter son comportement...
La jeune fille se redressa, indignée :
- Comment ça ?! C'est ta mère, pas une vulgaire copine, et encore moins ta petite soeur ou ta fille. Tu n'as pas à choisir de quelle façon elle doit se comporter avec…
- Stop, Hermione ! Tu t'emballes. Laisse moi m'expliquer, au moins.
Elle fronça les sourcils, frustrée et vexée de s'être faite réprimander. Il sourit, ou était-ce une grimace ? et reprit :
- Depuis la fin de la guerre, et surtout depuis qu'elle s'est, en quelques sortes, libérée de l'influence de Lucius, ma mère est différente. Plus… ouverte, plus chaleureuse. J'ai un peu de mal à m'y faire. J'ai passé dix-sept ans de ma vie avec une femme distante et froide. Attentionnée, certes, mais pas vraiment attentive. Et cette femme, celle qui m'appelle "mon chéri" et est aux petits soins avec moi, je ne la connais pas vraiment.
La brune se détendit légèrement, en partie rassurée. Cependant, son coeur s'était pincé à l'évocation de l'enfance du blond. Elle qui avait grandit avec des parents attentifs, généreux, attentionnés…
Ses parents.
Hermione évitait de penser à Jeanne et Richard Granger. Depuis qu'elle s'était réveillée de son coma, elle essayait de se convaincre qu'elle avait prit la bonne décision en effaçant son souvenir de leur mémoire. Sans ça, ils auraient passé une année complète à s'inquiéter de la savoir en cavale, puis une autre année à pleurer à son chevet. Grâce à son initiative, ils étaient libres de refaire leur vie. Ils étaient encore jeunes. Peut-être même adopteraient-ils un autre enfant dans le besoin.
Pourtant, elle se sentait ingrate d'agir ainsi. Comme si repousser tout cet amour qu'ils lui avaient donné était une insulte. Une insulte envers son propre frère, qui avait grandit avec leur tante Pétunia et leur oncle Vernon, des idiots de premières qui l'avaient détesté et maltraité durant toute son enfance. Une insulte envers Drago, aussi, qui n'avait pas non plus reçu beaucoup d'amour ou de tendresse lorsqu'il était plus jeune.
La jeune fille fut sortie de ses pensées par la main douce et rassurante du blond contre sa joue. Elle lui sourit tristement, tandis qu'il fronçait les sourcils, inquiet :
- A quoi penses-tu ?
- A mes parents. Mes parents adoptifs.
Elle secoua la tête énergiquement, comme pour les chasser de son esprit. Elle n'était pas en état d'y réfléchir ce soir là. Pas alors que son esprit bouillonnait de questions qu'elle rêvait de poser au jeune homme. Il sembla comprendre son refus d'approfondir le sujet, et sourit presque lorsqu'elle reporta leur attention sur le sujet précédent :
- Alors c'est juste ça ? Tu as du mal à faire avec les changements de comportement de ta mère ?
Il réfléchit quelques instants, pesant le pour et le contre, et finit par avouer :
- Ça, et sa relation avec Severus.
Elle s'étonna :
- Tu n'approuves pas ?
Drago grimaça :
- Ce n'est pas ça. Je n'ai pas à lui donner mon approbation. C'est juste que… Je l'ai toujours connue avec mon père. Et ils entretenaient une relation froide et distante, en bons aristocrates qu'ils étaient. Ils ne se montraient jamais leurs sentiments, même dans l'intimité. En tout cas, je n'en ai aucun souvenir. Aucun surnom, aucun baiser volé, aucun geste. Rien. Juste un respect mutuel, et du soutien lors des différentes épreuves qu'ils ont traversées.
Il se tut un instant, pensif, et ajouta :
- Avec Severus, c'est différent. Tu n'as peut-être pas remarqué, parce qu'ils se sont tenus convenablement, ce soir. Et peut-être aussi parce que tu as eu l'habitude avec tes parents adoptifs. Mais, ils sont sans cesse entrain de se donner des petits surnoms. Severus est très protecteur avec ma mère, et très tendre aussi. Et elle… elle rougit ! Je n'ai jamais vu ma mère rougir, pas même de colère, avant sa relation avec lui.
Hermione tenta d'imaginer une telle scène, et se sentit soudain très mal à l'aise. Drago remarqua sa réaction, et ricana :
- Tu vois ! Rien que de l'imaginer, tu frissonnes. Alors imagine, moi, qui doit vivre en les voyant agir ainsi à longueur de journée.
La jeune fille hocha la tête. Effectivement, pour quelqu'un n'ayant pas l'habitude de telles démonstrations, cette situation devait être délicate. Pourtant, quelque chose clochait, dans son récit. Quelque chose qui avait un rapport direct avec lui, et surtout avec elle. Automatiquement, la jeune fille rougit, et le blond l'interrogea à nouveau :
- A quoi penses-tu ?
La brune secoua la tête, refusant ainsi de lui confier ses réflexions. Il insista :
- Hermione, dis moi, s'il te plaît. Sinon, je vais m'imaginer le pire, et je t'assure que j'ai une imagination débordante, pour ça.
Elle ricana, et se blottit de nouveau contre son torse, comme pour s'assurer qu'il ne pourrait pas voir son visage tandis qu'elle expliquait :
- Je comprends que ce soit étrange, pour toi, de voir ta mère et le Professeur Rogue agir ainsi. Mais…
Elle rougit de plus belle en sentant sa voix s'enrouer d'embarras. A nouveau, Drago la fit basculer sur le dos de façon à se retrouver au dessus d'elle et détailla son visage d'un air inquiet :
- Mais ?
A nouveau, leur proximité lui fit tourner la tête, et elle dut s'y reprendre à deux fois avant de parvenir à avouer enfin :
- J'ai du mal à comprendre que tu puisse être gêné de voir d'autres personnes agir avec douceur, alors que toi même tu fais preuve d'une tendresse dont je ne t'aurais pas soupçonné être capable. Surtout pas avec moi.
Le jeune homme sourit et, comme pour illustrer ses propos, glissa ses doigts dans ses boucles brunes avant de prononcer d'une voix grave :
- Ce n'est pas parce que je n'ai jamais eu d'exemple, que je ne sais pas comment agir avec tendresse, Hermione. Je dirais même que c'est justement parce que je n'en ai jamais reçue, que j'en ai autant besoin. Et puis…
Il fit glisser sa ma main jusque sur sa joue, qu'il caressa doucement du pouce, et ajouta :
- Tu n'es pas le genre de femme que l'on traite avec indifférence, Hermione.
La jeune fille resta sans voix quelques instants. Elle retint son souffle lorsqu'il se pencha très lentement au dessus d'elle, comme pour lui demander son accord. Elle se figea, dans l'attente de ce qui allait suivre, inévitablement. Alors il sourit, et déposa un rapide baiser sur ses lèvres, avant de se réinstaller sur le lit.
Hermione mit quelques secondes supplémentaires à reprendre contenance, et réadopta sa position habituelle, la tête calée sur son torse, une main entre eux et l'autre posée à plat sur le ventre du jeune homme.
- Merci, Drago. Je veux dire, pour ce soir. J'ai passé une excellente soirée. Bizarre, certes, mais ça m'a vraiment fait du bien.
Elle le sentit ricaner, aux soubresauts que fit son torse, puis il répondit :
- Oui, je suis plutôt fier d'avoir réussi à te faire sortir de tes bouquins deux soirs de suite.
Elle lui claqua gentiment le ventre avant de rire à son tour.
- Bonne nuit, Malefoy.
- Bonne nuit, Granger.
Le sourire aux lèvres, la jeune fille se cala plus confortablement contre le torse du jeune homme, et s'endormit.
Taaaaadaaaaam ! Alors, alors, alors ?! Vous y avez cru, hein ?! Vous avez vraiment cru que je n'allais pas revenir sur nos deux tourtereaux ! Avouez ! Honnêtement, j'ai failli m'arrêter là. Mais après je me suis dit "naaan, je peux pas leur faire ça ! ce serait vraiment le summum de la frustration" et j'ai continué sur ma lancée. Mais comme je suis quand même sadique, j'ai décidé de vous faire languir un peu quand même en ajoutant le passage entre Harry, Narcissa et Rogue. Ouais, je suis assez fière de moi ! (Et je souris toute seule comme une idiote devant mon pc en écrivant ça !)
Bon, plus sérieusement. Qu'en avez-vous pensé ? Mon Drago vous a-t-il convaincu ? Et ma Hermione ? J'vous avais pas dit au début qu'elle serait badass ? J'adore trop ! Et leur rapprochement ? Je sais que beaucoup d'entre vous attendait ce baiser avec une graaaaaaaaande impatience. Il ne devait pas arriver maintenant. Mais alors, pas du tout ! Mais Hermione et Drago n'en ont fait qu'à leur tête, et le contrôle m'a échappé (pour votre grand plaisir, avouez !). En fait, je crois qu'il fallait vraiment que j'ajoute un peu de piment à leur relation. Surtout que sinon, le premier baiser aurait eu lieu dans genre dix chapitres, et vous m'auriez détestée. Je crois que comme ça, c'est bien. En plus, ça me donne quelques idées pour la suite.
Du coup, je vous vois venir. Non, ils ne sortent pas encore ensemble. Drago a juste perdu le contrôle. Par contre, je vous promets que vous allez bien rire dans le prochain chapitre. Aaaaaaaaah, bah ouais, fallait bien que je vous mette l'eau à la bouche pour la suite !
Bref. J'espère que ce chapitre aura répondu à toutes vos attentes. Je suis désolée s'il y a des fautes d'orthographes, ma nouvelle Bêta a quelques problèmes d'internet et n'a pas put corriger ce chapitre. Et j'étais vraiment trop impatiente de le publier pour l'attendre.
Bon. Le prochain chapitre s'appellera "Rat de Bibliothèque" et j'ai hâte de savoir ce que ce titre vous inspire. Et pour vous motiver à aller sur ma page Facebook, j'y publierai dans la semaine un petit extrait. Ahahaha !
Allez sur ce, bonne journée, bonne soirée.
Dabisous !
YumiKate
