Chapitre 20 : l'héritière de Serpentard
Les mois passèrent et le trio installés en France attendait avec impatience l'arrivée du bébé.
Ces huit derniers mois n'avaient pas été faciles. Harry avait eu des envies surprenantes obligeant Severus à courir les supermarchés moldus pour rassasier le monstre glouton comme il se plaisait à l'appeler.
Passé le sixième mois, Harry avait commencé à devenir plus morose, les deux autres avaient rapidement compris que Tom lui manquait et qu'il vivait très mal cette absence mais refusait de l'admettre. Le Lord Noir était devenu un sujet tabou dans leur havre de paix. Prononcer le nom de Tom causait des furieuses colères chez le petit brun ou même des phases de déprime.
La grossesse du gryffondor approchait de son terme et Harry peinait à se déplacer. Il passait ses journée dans le canapé ou dans la verrière qu'ils avaient magiquement construit quelques mois après leur arrivée.
Severus avait su par le cabot que Tom n'avait pas cessé de chercher son chaton en vain. N'étant pas homme à devenir dépressif ou à abandonner, il s'était renfermé et se concentrait sur son travail avec Lucius. Il avait envoyé plusieurs de ses hommes aux quatre coins du monde pour retrouver son chaton fuyant et avait, selon Lucius, des sauts d'humeur assez fatigants selon le blond. Lucius avait maudit Severus de refuser de lui donner leur localisation.
Il comprenait la démarche de son meilleur ami et attendait avec impatience que le morveux se décide à parler à son ancien amant ou que le Lord Noir lui mette la main dessus. Il ne savait pas que le gryffondor était enceint Sirius et Severus s'étaient bien gardés de lui dire.
Le mois de mai pointait le bout de son nez, et les températures augmentaient. Lucius reposa sa plume sur son bureau ministériel et soupira. Severus lui manquait et surtout son protégé lui manquait. En plus, Tom était là sans être là. Rongé par l'absence de son chaton.
Il sursauta quand la cheminée sécurisée de son bureau s'activa sur la tête du potioniste.
Il s'empressa de verrouiller la porte de son bureau et s'agenouilla devant l'âtre.
- Bienvenue à toi, mon ami fuyant. Railla le blond. Ravi de voir son meilleur ami même s'il tentait de le cacher dans le sarcasme.
- Ce n'est pas le moment de me jeter tes griefs au visage, Luce. J'ai besoin de toi tout de suite. Hermione est en stage en Corse depuis une semaine et je suis tout seul avec Harry.
- Et ? Tu n'arrive pas à gérer un chaton sauvage tout seul ? Ricana le blond.
- Ne fais pas l'idiot ce n'est pas le moment. Ramènes-toi j'ai besoin d'aide. S'impatienta Severus.
Le blond fronça les sourcils devant l'air inquiet de son ami et comprit qu'il y avait urgence.
- Débloque ta cheminette, donnes moi le mot de passe et le nom du lieu ou tu es que je puisse venir. Accepta le blond.
- Mas de l'orangeraie. Le mot de passe c'est 'havre de paix'. Grouilles-toi. Tonna la voix du potioniste avant que son visage ne disparaisse des flammes.
Lucius se releva et sortit de son bureau pour prévenir son assistante qu'il devait se rendre d'urgence à l'extérieur. Il précisa qu'il n'était joignable pour personne même pour le Lord. L'assistante tiqua mais accepta les consignes.
- S'il se passe quoi que ce soit d'urgent, appelez le Lord, il gérera à ma place comme d'habitude. Ajouta le blond.
- S'il me demande où vous êtes, Mr le Ministre ? Insista l'assistante. Les colères du seigneur des ténèbres étaient impressionnantes, elle préférait éviter d'en être la cible.
- Vous ne savez pas. S'il insiste dites-lui que je lui expliquerais tout… non ! Que je lui expliquerais ce que je peux dès mon retour. Utilisez bien mes mots. Ordonna l'aristocrate avant de courir dans son bureau puis de se jeter dans l'âtre.
- Mas de l'orangeraie. Havre de paix. Claqua la voix du blond avant qu'il ne disparaisse dans les flammes.
Il apparut quelques minutes plus tard dans un salon aux tons orangés et très cosy. Il comprit, vu le temps du voyage en cheminée, qu'il n'était plus en Angleterre. Le terme 'mas' lui avait fait comprendre rapidement que son meilleur ami était dans le sud de la France.
- Sev ? Appela l'aristocrate en traversant le salon pour se retrouver dans une cuisine/salle à manger spacieuse. Vraiment très joli, pensa le blond en souriant.
Sans réponse de son ami, il continua d'avancer et ouvrit une porte de bois ouvragée près de la salle à manger.
Quand il ouvrit la porte, il entendit des cris de douleurs et reconnu immédiatement la voix de son protégé. Il pressa le pas et se guida au son des voix de Harry et de Severus.
Il poussa la porte entre ouverte devant lui et se figea en voyant le tableau.
Severus était sur ses genoux passant une main dans les cheveux en bataille et dégoulinants de sueur du gryffondor. Le corps de son ami cachait le reste du corps du gryffondor. Mais il se doutait bien, vu les cris de douleur, qu'il y avait un problème.
- Severus ? S'inquiéta Lucius en s'approchant.
- Ah tu es là. Je ne peux pas laisser Harry, sa magie déborde dès que je m'éloigne. Sors par la baie vitrée du salon, sur la droite il y a un petit portillon. Suis le chemin jusqu'au bout tu vas tomber sur une dépendance. C'est mon labo de potions. Prends des potions anti-douleur, de régénération sanguine, lubrifiantes et antiseptiques. Il est en plein travail. Expliqua Severus sans se rappeler que le blond n'était pas au courant pour la grossesse du jeune homme.
- En plein travail ? Se figea l'aristocrate en écarquillant les yeux.
- Oui il va accoucher. Plus tard les questions Lucius, bouges ! S'impatienta Severus.
Le ton dur et inquiet de son meilleur ami, le fit sursauter et revenir à lui. Il prit la direction indiquée par son ami et revint quelques minutes plus tard avec les potions demandées.
- Qu'est-ce que je peux faire d'autre ? Demanda Lucius en oubliant la surprise et les questions.
- Montes à l'étage, au fond il y a une salle de bain. Prends des serviettes propres dans l'étagère et une bassine d'eau chaude. Lance un sort antiseptique sur les serviettes. Ordonna Severus en améliorant la position de son protégé. Aller ! Harry courage ! Souffle et respire comme Hermione te l'a appris. Tu dois tenir encore un peu. Dès que Lucius arrive, je t'endors et on commence.
Harry acquiesça difficilement et souffla comme le lui avait appris sa sœur de cœur.
Lucius arriva en glissade dans la pièce et s'installa à côté de Severus en approchant la bassine et les serviettes.
- Il est prêt. On va pouvoir commencer. Métamorphose un des poufs en lit d'hôpital, s'il te plaît.
Lucius acquiesça et fit rapidement ce que lui demandait son meilleur ami.
Les deux hommes soulevèrent le plus jeune et le posèrent avec précaution sur le lit d'hôpital.
Lucius se rapprocha de son protégé et lui passa une main douce dans les cheveux. Harry lui sourit avant de s'endormir.
- Sev ? S'inquiéta Lucius en croyant que Harry s'était évanoui.
- Ne t'inquiètes pas je viens de lui injecter une potion de sommeil profond directement dans l'estomac. Il se réveillera dès que je lui donnerais l'antidote. Je dois ouvrir.
Lucius épongea le front du gryffondor pendant que Severus traça une fine ouverture sur le ventre du plus jeune, avec sa baguette. Il agrandit l'ouverture d'un coup de baguette et attrapa délicatement le nouveau né qui s'y trouvait. Il coupa le cordon et massa la gorge du bébé pour la dégager. Une fois qu'il eut entendu les cris du bébé, il vérifia d'un coup de baguette son état de santé et rassuré, il tendit le bébé avec douceur au blond.
- Je dois m'occuper de Harry. La petite est en bonne santé. Fais lui prendre un bain et couvre la avec les vêtements que tu trouveras dans l'armoire au fond de la pièce. Les vêtements de naissance sont sur l'étage du haut.
- Est-ce que Harry va bien, Severus. S'inquiéta Lucius.
- Je vais faire ce qu'il faut pour. Occupes-toi de la petite. Ordonna Severus avant de se concentrer sur Harry.
Lucius acquiesça dans le vide et traversa le studio pour s'occuper de la petite qui gigotait dans ses bras.
Severus retira le placenta du ventre du gryffondor et referma magiquement la plaie. Il injecta toute une batterie de potions directement dans l'estomac de Harry et commença à le laver pour éviter tout choc septique et faire baisser le début de fièvre.
Au bout d'une heure de soin, Severus reposa sa baguette, rassuré. Harry allait bien mieux. Il le lévita pour changer les draps, le réinstalla et le couvrit. Il roula le lit dans le coin de la pièce, juste devant la baie vitrée et l'ouvrit pour que le petit brun profite de l'air gorgée de soleil et des rayons qui entraient dans la pièce par la baie vitrée.
Après avoir pris une douche rapide dans la salle de bain de Harry, Severus enfila un bermuda propre et un t-shirt. Il récupéra dans le hall d'entrée du mas et retrouva son meilleur ami dans la chambre de bébé aménagé au rez de chaussée au fond du studio par Harry et Hermione.
Il sourit en entrant dans la pièce. Lucius était assis sur le rocking-chair près du berceau avec la petit allongée sur son torse et babillait avec le nouveau né.
- On ne me croirait pas si je disait que le grand Lord Malfoy babille avec les bébés ? Railla Severus.
Lucius pouffa mais lui lança un regard noir.
- Tu as des choses à m'expliquer, Severus Snape. A commencer par cette question : Qui est le père ?
- Tom. Répondit simplement Severus.
- Tu es conscient qu'il dépéri depuis que Harry est parti avec vous ? Il ne le montre pas mais je le connais. Le départ de son chaton le détruit à petit feu, Sev.
- Dans ce cas c'est un crétin.
- Oui c'est le cas. Il l'aime comme un fou mais n'a pas su le garder. Et crois-moi il s'en mord les doigts depuis votre départ. Avoua Lucius.
- Je ne vais pas avoir pitié de Tom dans la mesure où j'ai du enduré pendant neuf mois un gryffondor mal luné, déprimé, dévasté par l'absence du père de son enfant, et je ne te parle pas de ses envies culinaires atroces. Répondit Severus.
- Je comprends. Et je valide. Mais Tom a le droit de savoir qu'il vient d'être père. Je ne peux pas lui cacher un truc pareil et toi non plus. C'est notre ami.
- Sauf que ni toi ni moi ne dira quoi que ce soit à Tom sans l'aval de Harry. J'ai fait une promesse, Lucius.
Le blond soupira et plongea son regard gris dans celui vert émeraude de la petite.
- Elle est magnifique. Aussi belle et gracile que Harry. Elle a ses yeux et son nez. Mais la bouche et les cheveux sont à Tom. Elle est absolument magnifique. Dit Lucius béat devant la petite.
- Oui un mix parfait entre Tom et Harry. Confirma Severus.
- A-t-elle déjà un nom cette petite ?
- Lyra Eileen Lily Riddle-Potter. Nomma Severus avec un sourire fier.
- Lyra pour la constellation comme le veux la tradition sorcière. Eileen pour la mère de celui qui la mise au monde je suppose ? Et Lily pour celle de Harry. Oui c'est un beau trio de nom. Ca ressemble bien à Harry. Et je suis content qu'il est apposé le nom de Tom au sien. Sourit à son tour le blond.
- Et tu es le parrain. Hermione est la marraine. Ajouta le maître des potions.
Lucius releva brusquement la tête vers on meilleur ami, un sourire béat sur le visage.
- Bon choix. Comment va Harry ? S'inquiéta Lucius.
- Bien. Il se repose. J'ai soigné ce que j'ai pu, sa magie fera le reste. Tu reste ?
- Oui. Je partirais quand Harry sera réveillé. Confirma Lucius en couchant la belle endormie dans son berceau. Il jeta un sort de surveillance relié à lui sur la petite et referma la porte de la chambre.
Severus sourit en le voyant faire et l'entraîna sur la petite terrasse donnant sur la salle à manger.
Une fois installés et une citronnade glacée devant eux, les deux hommes se jaugèrent un instant.
- Où es Hermione ? Attaqua Lucius.
- En Corse. Dans une petite communauté sorcière. Elle rentre demain. Elle ne voulait pas partir vu que Harry approchait du terme mais il a réussi à la convaincre. Elle étudie toujours les vieilles magies.
- Et toi ?
- J'ai recommencé à faire de la recherche en potion. Je me suis associé à un hôpital sorcier du sud de la France. Je travaille ici et je m'y rend dès que j'ai des nouvelles choses à leur montrer. Expliqua Severus.
- Et Harry ? Continua Lucius.
- Il continue ses études de Médicomagie par correspondance. Et il s'est découvert une passion pour les créatures magiques. On en a quelques unes dans le parc derrière la maison. Avec vingt hectares de terrain on avait de quoi faire. Sourit Severus.
- Je vois. Une grossesse ? Comment tu as pu me cacher ça à défaut de le dire à Tom ? S'indigna le lord blond.
- Harry ne voulait pas te mettre dans une mauvaise position par rapport à Tom. On a découvert sa grossesse deux jours après notre départ d'Angleterre, quand on venait d'arriver au Mexique. On a profité que s'était seulement le début de la grossesse pour utiliser le réseau de cheminette une dernière fois et s'installer ici. On a acheté le mas et les terrains autour via Gringott.
- C'est pour ça que Tom ne vous a pas trouvé. Il n'a jamais arrêté de chercher, Severus. Lâcha l'aristocrate.
- Si ce que tu dis est vrai, sème des indices pour Tom sans lui dire directement où nous sommes. Mais assures-toi avant qu'il soit sûr de ses sentiments, je ne veux pas que Harry souffre plus que ce n'est déjà le cas. Dit sombrement Severus.
- Je suis sûr. Il est fou de lui. Je dirige le pays, tu sais. Il m'a abandonné ses pouvoirs. Il travail encore avec moi mais je dirige le ministère. Et il a fait ça pour partir à la recherche de Harry. Expliqua Lucius.
- C'est...surprenant, je dois dire. S'étonna Severus en comprenant la portée des sentiments de son ami pour son chaton.
- Oui mais il est sincère. Je le vois jour après jour. Dit tristement le blond.
- Je dois prévenir Hermione que la petite est arrivée et que Harry va bien. Elle devait rentrer demain, mais elle voudra sûrement rentré immédiatement. Dit Severus en se dirigeant vers le salon pour utiliser la cheminette.
- Oh et Severus ? Appela le blond avant que son ami n'entre. Les bermudas, les t-shirt et les tongs c'est une initiative d'Hermione ? Rigola-t-il.
- Non, langue de vipère ! Je m'adapte au climat. Grogna Severus sous l'éclat de rire de son meilleur ami.
Harry se réveilla, ébloui par le soleil qui semblait pénétrer par la baie vitrée. Il lui fallut quelques minutes pour se rappeler ce qu'il s'était passé. Il écarquilla les yeux et se leva doucement, une légère douleur lui tiraillant le ventre.
Il traversa la pièce et se rendit dans la chambre de sa fille. Une unique larme coula sur sa joue quand il vit sa petite merveille emmaillotée dans une grenouillère vert anis. Il la souleva avec douceur pour ne pas la réveiller et la cala contre sa poitrine. Lyra se réveilla quand même et gazouilla dans le cou de son père.
- Tu es magnifique ma princesse. Dit béatement Harry en quittant la pièce, sa fille lovée dans ses bras.
Il parcourut le petit hall du mas doucement, son ventre le faisant un peu souffrir, et sortit sur la petite terrasse de la salle à manger où il tomba sur Lucius et Severus, devant un verre de citronnade.
- Tu n'aurais pas du te lever, Harry ! Souffla Severus.
- Je vais bien. Ca me tire juste un peu au niveau du ventre. Expliqua Harry en s'installant sur les genoux de Lucius qui lui tendait les bras. Il cala son dos contre le torse du blond et remonta la petite qui s'empressa de serrer dans ses petits doigts, une longue mèche de cheveux blond presque blanc.
- Pourquoi tu es là ? S'inquiéta Harry.
- Severus m'a appelé en urgence pour lui donner un coup de main. J'aurais apprécié que tu m'en parle mon grand. Dit sèchement Lucius.
- Désolé. La situation était compliquée. Tu m'as manqué. Se rattrapa Harry avec une moue boudeuse.
Lucius leva les yeux au ciel en le voyant faire mais déposa quand même un baiser sur la tempe de son protégé. Ce foutu morveux était devenu aussi important que son fils dans son cœur.
- Est-ce que tu comptes en parler à … Commença Lucius.
- Stop ! Lucius ! Le coupa Severus. Le sujet de Tom était un sujet sensible ici.
- C'est bon, Sev. Je comprend la demande de Luce. Je ne veux pas priver ma fille de son deuxième père mais je ne veux pas enchaîner Tom à moi contre sa volonté. Je… Je ne sais pas comment faire, Luce. Avoua tristement Harry.
- Harry… Soupira Lucius en se pinçant l'arête du nez. Il ne put finir sa phrase qu'une Hermione folle de joie débarqua dans le jardin en courant.
- Ma filleule ! Ma petite filleule adorée est née ?
Les trois hommes pouffèrent et Harry se leva pour donner le bébé à son amie.
- Lucius ? Peux-tu rester ici avec Hermione le temps que Severus et moi revenions ? Demanda le jeune Potter.
Severus fronça les sourcils.
- Et où allons-nous ?
- Je dois parler à Tom. Je ne peux pas transplaner dans mon état. Répondit Harry.
- Pourquoi ne pas plutôt faire venir Tom, Harry ? Demanda Lucius.
- Je… Non. Je veux juste lui dire que… commença Harry quand un pop sonore l'interrompit.
Il écarquilla les yeux en voyant Tom, l'air furieux devant lui.
- Je vois. Dit froidement le Lord. Je perd mon temps à te chercher et tu coule des jours heureux avec mon meilleur ami et sa compagne ? Et toi Lucius ? Une excuse bidon à me donner pour me laisser chercher Harry depuis des mois alors que tu savais où il était ? S'énerva le Lord Noir.
- Tom, je n'ai su… Commença le blond avant d'être coupé.
- Tais-toi ! S'énerva Tom en laissant sa magie exploser autour de lui.
- Tom ! Calmes-toi, ta magie explose. Hurla Harry.
Mais Tom, furieux, n'arrivait pas à calmer sa magie.
Voyant qu'il peinait à calmer son ex-amant, Harry tenta le tout pour le tout.
- Tom ! Si tu ne te calme pas ta magie va blesser ta fille.
Le choc se dessina sur le visage du Lord Noir. Quand il assimila l'information, il souffla plusieurs fois pour se calmer et rappela sa magie. Il chancela sous la violence du retour de celle-ci dans son organisme.
Harry récupéra sa fille dans les bras de sa meilleure amie et se posta devant Tom, toujours sous le choc.
Il tendit la petite Lyra dans les bras de Tom qui s'empressa de se reprendre un peu pour ne pas faire tomber sa fille.
Il se sentit fondre de l'intérieur quand le regard vert émeraude de sa fille se planta dans le sien. Il releva plusieurs fois la tête vers Harry, un sourire béat s'étirant lentement sur son beau visage.
- Ma...Ma fille ? Bafouilla Tom, blanc comme un linge.
- Ta fille, Tom. Lyra Eileen Lily Riddle-Potter. Dit Harry avec douceur pour ne pas braquer Tom. Son cœur battait à cent à l'heure. Par Merlin, ce que Tom pouvait lui manquer. Il était fou de cet homme, pensa tristement Harry.
Toujours sous le choc, Tom tomba à genoux devant Harry, tenant sa fille dans ses bras. Il cala la petite dans un bras, contre sa poitrine et attrapa la taille de son chaton de sa main libre pour le rapprocher de lui et poser son front sur le ventre du gryffondor.
Harry serra les dents. Son cœur explosait au contact de Tom.
Au bout de quelques minutes, Tom se reprit et se releva, le visage impassible. Il demanda à Lucius d'approcher d'un signe de tête et lui remit Lyra dans les bras.
- Tu comptais me le dire ? Où je suis au courant seulement parce que j'ai détruit la cheminée du bureau de Lucius en l'analysant ce qui m'a permis de le pister ? Demanda froidement le Lord Noir.
Harry grimaça. Les autres prirent la fuite vers l'intérieur de la maison avec la petite dans les bras de l'aristocrate.
- Je...je venais juste de demander à Severus de me transplaner en Angleterre pour venir t'annoncer la naissance de Lyra. Je suis désolé j'aurais du te le dire quand j'ai appris ma grossesse. S'excusa piteusement Harry, le regard sur ses tongs.
- Non, Harry ! Tu aurais du rester à la maison et ne pas prendre la fuite tout ça parce que ton foutu cerveau de gryffondor, s'était mis bille en tête. S'énerva Tom.
- Je suis désolé. Mais je ne voulais pas t'obliger à rester dans une relation qui ne te satisfaisait plus. Je comprends tu sais… Commença Harry.
- Non ! C'est bien ça le problème, Harry, tu ne comprends pas. Souffla Tom de dépit.
Harry releva brusquement un regard plein d'espoir vers Tom.
- Je te demande pardon ?
- Oui tu peux. Mais tu vas devoir te faire pardonner pour avoir fui, pour m'avoir abandonner sans un mot, juste un vulgaire bout de parchemin. J'ai passé des mois à te chercher, à m'inquiéter. Et par Salazar, qui t'as mis en tête que je n'étais pas satisfait pas notre couple espèce de crétin. S'indigna le Lord, fou de rage.
- Tu étais tout le temps au Ministère, tu ne me touchais presque plus et je ne voulais pas être un poids, je ne voulais pas gâcher ton rêve. S'énerva Harry à son tour.
Tom leva un sourcil, surpris puis passa une main nerveuse dans ses cheveux.
- Très bien. Écoutes bien ce que je vais te dire, parce que tu ne l'entendra pas tous les jours, je ne suis pas un vulgaire Pouffsoufle. Je suis conscient que j'ai merdé comme le dit si bien Lucius. J'aurais du être plus présent pour toi, j'ai eu beaucoup de travail avec Lucius au Ministère et je pensais que tu l'avais compris. J'ai tellement l'habitude de voir Narcissa gérer la carrière de son mari avec brio et patience que je n'ai pas pensé que tu ne verrais pas les choses de la même manière. Je me suis trompé. Chaton, je ne suis pas doué pour ce genre de chose, tu le sais bien. En dehors de toi, aucun amant ou maîtresse n'a assez compté pour moi pour que je prenne certaines choses en considération. Sans toi à mes côté, tout ça n'a pas de sens. Je...Je t'aime, chaton. Finit par bafouiller Tom.
Harry sursauta aux derniers mots.
- Tu… Quoi ? Demanda-t-il, surpris.
Tom leva les yeux au ciel et attrapa son chaton par les hanches pour le plaquer contre son torse musclé.
- Je t'aime. Répéta-t-il, amusé.
- Tu me l'avais jamais redis. S'étonna Harry.
- J'aurais peut-être du, ça nous aurait évité tout ça. Grogna Tom.
- Donc tu veux encore de moi ? Précisa Harry, les larmes aux yeux.
- Oui, chaton désobéissant. De toi tout entier. Et je te préviens que tu as interdiction de quitter le château tant que je ne serais pas sûr que tu ne me quittera pas de nouveau dès que j'aurais le dos tourné.
- Tom, Je… Je veux rester ici. Avec toi. S'empressa d'ajouter Harry. Tu pourrais transplaner ici tous les soirs après le travail mais je veux rester ici.
Tom tiqua puis réfléchit un instant.
- Il est vrai que l'endroit à un charme certain.
- Je t'aime Tom. Mais je ne veux pas retourner en Angleterre là où je suis hyper médiatisé. Et nous sommes plus en sécurité ici. Là-bas il y aura toujours du monde pour aller contre tes projets même si tout semble s'arranger. Je… Je sais que je suis égoïste mais…
- Stop, amour ! Il n'y a rien d'égoïste à vouloir protéger sa famille, je l'ai compris. Et de toute façon, j'ai fait tout ce que j'avais à faire. J'ai laissé les rennes à Lucius depuis ton départ. Expliqua Tom, fier de lui.
- Quoi ? Tu a tout abandonné ? S'étonna le jeune homme.
- Non. J'ai fait un choix. Le meilleur pour moi. J'ai vu ce que c'était de vivre sans toi mais d'avoir le pouvoir et de mettre en place la société dont j'ai toujours rêvé. Je préfère t'avoir toi et laisser les autres poursuivre mon rêve. Après tout j'ai réussi. Lucius saura faire le reste. Et je suis fatigué de me battre. Si tu veux encore de moi, je serais ravi de m'installer ici avec toi et Lyra, Severus et Hermione. Tenta Tom avec appréhension.
- Est-ce que tu es nerveux ? Rigola Harry. Tu as peur que je refuse ?
- Te moquerais-tu de moi morveux ? S'offusqua le Lord.
- Je t'aime Tom. Et je ne veux plus être séparé de toi. Et puis ma fille a besoin de son second père. Dit Harry en déposant un doux baiser sur les lèvres du Lord.
Tom sourit et se pencha pour approfondir le baiser.
C'est comme ça que les autres les trouvèrent en revenant sur la petite terrasse.
- Bon et bien je suppose qu'il va falloir agrandir ? Rigola Hermione en se lovant dans les bras de son amant.
- Lucius est très doué en métamorphose et en magie de construction. Proposa Severus en donnant un coup de coude au blond, qui gazouillait avec sa filleule.
- Je m'occupe des quartiers des parents de ma filleule. Vous, vous débrouillez. Et puis je veux une place pour venir le week-end avec Cissa et Dray pour voir ma filleule.
Harry se sépara de Tom et rigola à la remarque du blond.
D'un coup de baguette, Tom ajouta une aile au mas, l'agrandissant d'une centaine de mètres carrés.
- On décors de la même façon que le reste du mas. Mais on pourrait faire de cette aile, trois suites parentales et une chambre pour lyra. De cette façon une des deux chambres à l'étage principal du mas pourra servir à Sirius, qui voudra sûrement nous rejoindre quand il apprendra qu'on ne rentre pas en Angleterre. Et la seconde pour Draco quand il sera en visite ici. Et on transforme le petite studio en bas, en salle de jeu. Proposa Harry avec entrain. Il tourna son regard vers Severus attendant qu'il rejette la proposition de faire venir Sirius.
- Ca me va. Mais ton cabot de parrain a intérêt à bien se tenir. Jusque là je n'ai presque rien eu à redire, il faut que ça continu. Accepta Severus en soupirant.
Harry acquiesça et entraîna Hermione dans la nouvelle aile pour faire la décoration et l'aménagement.
Lucius tendit Lyra à Tom qui s'installa sur la petite terrasse. Severus entraîna Lucius à l'étage du mas pour changer les aménagements des deux chambres avant de s'attaquer à la salle de jeux pour enfant, laissant le nouveau père s'enorgueillir de sa fille.
