Chapitre 21
Ce fut un léger courant d'air sur son dos nu qui réveilla Mycroft. Il était allongé sur le ventre, les mains passées sous l'oreiller. Et il était seul. Il se redressa et s'assit sur le lit, observant autour de lui pour trouver son compagnon. Il se leva et enfila un pantalon avant de sortir par la porte-fenêtre. Harry n'était pas là. Mais David, lui, était sur la terrasse en train de préparer la table pour le petit déjeuner.
-Bonjour, Monsieur, salua le majordome en apercevant son patron.
-Bonjour David, où est Harry ?
-A la plage, Monsieur.
Mycroft descendit les marches qui menaient à un petit chemin, et qui lui-même conduisait à la plage. Une fois arrivé aux abords de celle-ci, il chercha son compagnon des yeux. Il le trouva émergeant de l'eau à quelques mètres du rivage.
Harry s'ébroua et plaqua ses cheveux vers l'arrière. Il avait passé la dernière heure à explorer les alentours sous-marins grâce à un sortilège de tête en bulle. Il n'aurait jamais pensé que cela puisse être aussi coloré et aussi vivant. Il avait même croisé une tortue de mer. C'était assez impressionnant, il ne les voyait pas aussi grosses. Un regard vers le rivage lui apprit qu'il avait passé suffisamment de temps sous l'eau. Il rejoignit la plage et attrapa la serviette que Mycroft lui tendait.
-Elle est bonne ? demanda le politicien.
-Très, répondit Harry avec un large sourire.
Il laissa l'aîné le guider vers la maison tout en lui racontant ce qu'il avait vu avec une excitation enfantine.
Le petit déjeuner se passa dans une ambiance détendue, puis Mycroft se retira dans son bureau pour travailler un peu. Pendant ce temps, Harry redescendit à la plage. Il se mit torse nu et s'allongea sur une serviette de plage. Il allait profiter de ses vacances pour bronzer un peu. Une main posée sur son bras le fit se réveiller, il ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était mis à somnoler. Il croisa alors le regard de David.
-Vous devriez vous retourner, sinon vous allez prendre un coup de soleil, monsieur.
Harry eut un sourire et s'allongea sur le ventre avec un léger soupir.
-Mycroft travaille toujours ?
-Oui, monsieur.
Harry marmonna quelque chose sur le travail pendant les vacances et somnola de nouveau. Mycroft vint le chercher pour le repas de midi. Puis comme convenu, ils firent le tour de l'ile. Ils étaient sur le chemin du retour lorsque Mycroft se figea sur le chemin. Devant eux se trouvait un serpent orange et jaune, d'un peu plus d'un mètre de long. Il était roulé en boule et observait les deux humains. Harry s'avança doucement et s'accroupit devant le reptile.
-Bonjour, siffla le jeune homme.
-Tu parles ? s'étonna le serpent.
Harry acquiesça doucement avec un léger sourire, puis il tendit la main doucement vers le reptile. Celui-ci, comprenant la demande et étant curieux, monta sur le bras du jeune homme. Harry se redressa alors doucement et porta le reptile à hauteur de son visage.
-Je m'appelle Harry et toi ?
-Je n'ai pas de nom.
-Alors, je peux t'en donner un, proposa Harry.
Il caressa doucement la tête du serpent, le tout sous le regard inquiet de Mycroft.
-Seth, ça te plait comme nom ? demanda le sorcier.
-Oui, pourquoi pas, répondit le reptile
-Veux-tu que je te repose par terre ?
-Non, tu m'as l'air intéressant pour un humain, je vais rester avec toi.
Harry acquiesça et jeta un regard vers Mycroft, puis lui traduisit ce qui venait de se dire. Ils rentrèrent à la maison et après avoir tout expliqué au domestique, Harry s'installa dans un transat, le serpent roulé en boule sur son ventre. Celui-ci lui parla alors de l'île, de sa faune, de sa flore. Pendant la conversation, Harry découvrit que son nouvel ami était un serpent des blés.
-Harry ? appela une voix douce.
Il ouvrit les yeux et les posa sur Mycroft, celui-ci était à une bonne distance d'Harry et jetait des coups d'œil prudent vers le serpent.
-Aurais-tu peur d'un serpent, Mycroft ? demanda Harry.
-Non, mais je ne les aime pas pour autant.
Harry gloussa et demanda au serpent de s'éloigner un peu. Celui-ci maugréa un peu, mais affirma qu'il préférait ne pas être là pour voir l'accouplement des deux humains. Harry eut un léger sourire. Le serpent devait sentir leurs phéromones et leur excitation. Avec un gloussement, il posa le serpent sur le sol et suivit Mycroft pour diner.
Ce soir-là, une fois dans leur chambre, Harry prit soin de jeter un sort d'insonorisation sur la pièce, puis il se déshabilla sous le regard gourmand de Mycroft.
-Transforme-toi, demanda doucement le politicien.
Harry pencha doucement la tête et se transforma. Le fauve se pencha alors sur le lit en poussant un doux grondement. Mycroft fut alors parcouru d'un frisson en prenant conscience du prédateur qui s'avançait doucement vers lui. La peur ne fit que renforcer son excitation. Comme le fauve qu'il était, Harry se mit à renifler sa proie. Il commença par ses chevilles puis remonta jusqu'à ses cuisses. Il gronda doucement lorsqu'il passa près du membre dressé sous le boxer. Puis remonta encore jusqu'à atteindre la gorge de son compagnon, il laissa ensuite ma main caresser le torse de Mycroft, toutes griffes dehors.
-Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux, Mycroft ? Que je te revendique mien sous cette forme ?
Mycroft frissonna alors qu'il prenait conscience de taille de son compagnon et un frisson le parcourut doucement, mais ça n'était pas un frisson de peur. Dans un grondement sourd, il obligea le politicien à remonter ses mains de chaque côté de sa tête. Et dans un grondement, il l'obligea à ne pas bouger. Puis il redescendit doucement, ses moustaches effleurant le torse du l'homme sous lui en une douce caresse.
Mycroft observa son fauve avec un frisson d'excitation, il savait qu'il pouvait lui faire confiance et il savait qu'Harry ne le blesserait jamais volontairement. Il était sûr que, s'il lui demandait de s'arrêter ou de reprendre une forme humaine, Harry obéirait. C'était pourquoi il lui laissait le pouvoir ce soir. Et pourquoi il avait demandé à Harry de lui faire l'amour sous cette forme.
Harry glissa une griffe sous l'élastique du boxer de son compagnon et doucement tira le vêtement vers le bas. Sous cette forme, il sentit parfaitement l'odeur de l'excitation de Mycroft. Son souffle chaud caressa le sexe de sa proie avant qu'il ne le prenne en bouche. Mycroft haleta à la sensation et glissa immédiatement l'une de ses mains dans sa bouche pour étouffer ses gémissements de plaisir. En voyant cela, le fauve poussa un grondement sourd et laissa ses crocs effleurer le membre dressé de Mycroft en une menace claire. Le politicien obéit en ôta sa main et en la reposant près de sa tête.
Le jeune leothrope attendit que Mycroft soit bien détendu avant de le préparer. Il fit cela le plus doucement possible, s'assurant d'un sort que ses doigts étaient bien lubrifiés avant de les glisser doucement un par un en lui. Mycroft grimaça sous l'intrusion du fauve, mais ne lui demanda pas d'arrêter.
Ce fut cela qui gonfla le cœur d'Harry, une telle confiance, un tel abandon de soi, une telle soumission. Harry continua à préparer son compagnon, tout en le stimulant de sa langue et de ses crocs. Puis il enferma le membre de Mycroft dans sa gueule et ronronna. Le politicien gémit, alors que ses hanches se mirent à bouger toutes seules. Harry agrippa les cuisses de Mycroft et l'obligea à rester immobile, ses griffes creusant doucement dans la chair. Mycroft jeta un regard vers le bas et lorsqu'il croisa le regard de fauve de son compagnon, il ne put se retenir plus longtemps. Il jouit dans la bouche de son compagnon.
Harry avala la semence de sa proie, tout en continuant à la préparer. Et il profita de l'état post-coïtale de Mycroft pour s'installer entre ses jambes. Il se positionna à l'entrée et entra doucement. Mycroft haleta lourdement en sentant Harry le remplir. Ce dernier lécha doucement une larme qui s'était échappé de l'œil droit du politicien.
-Ça va ? demanda Harry.
-Ne t'arrête pas, répondit l'aîné.
Celui-ci attrapa doucement la tête du fauve entre ses mains et l'attira à lui pour l'embrasser. Le jeune sorcier s'arrêta lorsqu'il fut entièrement en lui.
-Comment tu te sens ? demanda doucement le jeune leothrope.
Mycroft essaya de bouger pour trouver une meilleure position. Mais ce faisant, le sexe de son fauve toucha sa prostate lui arrachant un cri de plaisir. Harry eut un rictus amusé et commença ses va-et-vient. Le reste de la nuit fut flou pour Mycroft, alors que le plaisir l'atteignait par vague de plus en plus forte. Harry lui aussi touché par ces vagues de plaisir, augmenta la puissance de ses coups de butoir jusqu'à atteindre lui aussi la jouissance.
Harry reprit sa respiration doucement puis se dégagea doucement de sa proie. Puis il jeta un regard à Mycroft. Et il se promit de ne plus recommencer en voyant que celui-ci était inconscient, pas dans un avenir proche en tout cas et uniquement si Mycroft le lui demandait. Avec un ronronnement, il s'allongea aux côtés de Mycroft et le prit dans ses bras, puis il s'endormit avec un ronronnement satisfait.
Le lendemain matin, Mycroft fut incapable de se lever au plus grand amusement des autres occupants de la maison. Il fallut attendre un jour de plus avant que son compagnon ne puisse bouger à nouveau.
La suite des vacances fut alors une suite de moment de détente. Harry partait plonger le matin, pendant que Mycroft travaillait. Puis ils passaient l'après-midi ensemble, à explorer l'île ou bien à bronzer sur la plage. Harry entraina également Mycroft pour une plongée sous-marine grâce à un sortilège de tête en bulle. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et bientôt le dernier soir des vacances arriva. Les deux amants étaient allongés dans leur lit. Mycroft somnolait déjà lorsqu'Harry brisa le silence qui s'était installé.
-Mycroft ?
-Mmm ?
-Merci.
-De quoi ?
-De m'avoir offert cette part de paradis. Il y a bien longtemps que je n'ai pas été aussi détendu. Pour dire la vérité, je ne me souviens pas d'un moment où j'ai été détendu en présence de quelqu'un.
-Nous reviendrons alors ? proposa Mycroft.
-J'espère bien, ronronna Harry.
Le politicien embrassa doucement son compagnon et sombra dans le sommeil, Harry le suivant de près.
Lorsqu'ils arrivèrent au manoir le lendemain soir, ils étaient tous parfaitement détendus. Mais Mycroft se tendit en voyant son frère l'attendre dans son bureau.
-Que me vaut le plaisir de ta visite, Sherlock ?
-Mummy veut nous voir, elle arrive demain. Je vais dormir ici cette nuit. Ça sera plus pratique.
-Oui, bien sûr. Tu sais où est ta chambre.
Sherlock acquiesça et sortit, laissant Mycroft seul. Le politicien soupira. Il savait qu'il n'avait pas toujours contenté leur mère, mais il espérait qu'elle approuverait sa relation avec Harry.
