Bonjour chers lecteurs et chers visiteurs!
Ca fait un bon moment que je n'avais pas posté, mais j'ai promis que je n'abandonnerais jamais cette fic! Me revoilà avec un des derniers chapitre: un retournement de situation IMPORTANT! Je ne sais pas si ca va vous plaire... Haha! Quoiqu'il en soit, merci à The little girl in the trees (ouuuuppps, je n'avais pas fait attention! Merci de l'avoir signalé et merci de ton soutien *.*), à Anita007 (tu ne peux pas savoir à quel point ta review m'a fait plaisir et influencée! Sache que ce debut de chapitre consacré à Acacia et le retour en arrière dans son District a été écrit grace et pour toi! :D), Marauder a day, merci d'être passé faire un coucou, je suis contente que tu puisses encore me lire!), FaenaFiliana (merciiiiiiiiiiiii)
Merci aux followers, je vous aime nom de Dieu. (et à tous ceux qui me suivent mais le signalent pas X3)
Chapitre 21 : La prairie des damnés
Retour dans le District 11- Quelques semaines avant les Jeux
-On en fabrique beaucoup dans le Un. Ils sont directement partis pour le Capitole une fois qu'ils sont terminés. On peut en apercevoir l'éclat seulement si on les emballe. J'ai beaucoup de contact dans le District. J'ai pu t'en avoir un.
Je ne sais pas réellement si je me suis prise à aimer ça ou si je m'y suis habituée. Je ne sais plus tellement comment réagir, mais je ne réfléchis même plus et je laisse les choses se passer comme elles passent. Sa main caressant mon épaule, je la sens chaude et presque douce. Je ne sais pas ce qu'il m'est arrivé, mais j'ai changé. Je n'arrive plus à le détester. Et pourtant, Pragto a été le plus difficile à vivre, quand tout a commencé. Non pas physiquement, mais par l'autorité qu'il suscitait. J'aurais pu me défendre contre lui, comme je m'étais défendue des autres, mais sa seule présence, le simple fait qu'il soit si séduisant et si imposant m'avait impressionnée. J'avais eu peur de ça, et à la fois, je ne savais pas comment lutter, alors qu'il semblait être le seul qui me comprenne réellement. Je n'avais pas résisté parce que je n'avais plus l'espoir et parce que j'avais envie qu'on me regarde comme il le faisait. Je m'étais presque faite à l'idée des menaces, du reste, que plus rien en ce monde ne pouvait me sauver. Tout ce qu'il me restait comme force, c'était de me dire que malgré que tout le monde me détestais sur la Plaine, je gardais leurs fils, leurs hommes en vie. Je maintenais grâce aux courbes de mon corps, grâce à mon visage harmonieux, grâce à ma passivité. Sans moi, Magnus aurait dénoncé le Terrain. Sans mes faveurs, il aurait ordonné l'exécution d'une dizaine d'hommes. Sans moi, ils seraient morts à l'heure qu'il est. Ou muets au Capitole. Je ne sais pas lequel est le pire.
-Tiens, je veux le voir sur toi.
Je lève mon cou et il passe le collier doré autour de ma peau nue. Quand je me retourne, il me sourit fasciné et m'observe longuement comme s'il en avait toujours rêvé, de cette partie de lui, de son district, sur moi.
-Tu es la plus belle des femmes que je n'ai jamais vu.
La beauté, j'aurais préféré m'en passer, j'ai envie de lui répondre. Elle ne m'avait jamais attiré que des problèmes à répétition, et jamais ce que j'avais toujours vraiment voulu. L'amour de Taleb. Pragto passa un doigt le long de mon visage, s'attardant sur mes lèvres et y resta un moment, à me regarder, comme fasciné. Il était blanc, ce qui n'est pas rare dans son district, d'après ce qu'il m'en a dit. Il porte ses cheveux bruns et bouclés attachés et mi-longs. Comme tous les pacificateurs, il est parfaitement musclé, car entrainé. Il a des yeux bleus glaciaux, qui se réchauffent au contact de ma beau d'ébène. Au fil du temps et des années, je crois qu'il est tombé amoureux de moi, et que je me suis misérablement attachée à lui.
-Je t'ai vu, la première fois que je suis venu ici. Et puis je n'ai pas pu regarder ailleurs.
Il était arrivé il y a deux ans. J'avais quinze ans et il en avait dix neuf. Je l'avais aperçu, plusieurs fois, près des ruches et des cueillettes. Je l'avais vu rester là à m'observer. Mais je m'imaginais que rien ne pouvait être pire que ce que Magnus me faisait déjà vivre. Magnus a toujours été violent et menaçant. Avec lui, je priais toujours pour que ça finisse vite. Il me faisait ingérer cette petite potion quand il avait fini, et partait en me menaçant. Heureusement, son poste ne lui permettait pas de venir tous les jours, et je parvenais souvent à éviter les coins où il passait, faisait le maximum de détour possible. Il parvenait à me voir une fois par mois. Avec Pragto, tout avait commencé quand il m'avait suivi, avec Taleb près du Terrain. Il était venu me le dire, le lendemain. Et je lui avais demandé de ne rien dire. Il avait fait en sorte, contrairement à Magnus, que je sois consentante, c'est pourquoi ça avait été le pire au début. Puis, au fil du temps, il avait montré un autre trait de sa personnalité et doucement, il était devenu plus tendre, plus attentionné… Doucement, il s'était introduit dans mon cœur sans que j'en prenne réellement conscience, comme une routine presque plaisante. Pragto était devenu mon ami. Il m'avait apporté bien plus que je ne l'aurais voulu de toute ma vie le réconfort, la compréhension, l'attachement…
-Je t'aime Acacia, il me murmure en fermant les yeux, un sourire aux lèvres, sa main gauche sur ma joue droite.
Je ne réponds pas, mais je pose doucement ma main sur la sienne, et sourit à mon tour. Un instant je ferme également les yeux et je rêve qu'il s'agit de Taleb, allongé à mes côtés. Mais je me rappel rapidement que ce n'est qu'une illusion. Il y avait pire que ça. Il y avait tellement pire que ça. Comme être tirée au sort pour les Hunger Games et sentir la mort vous guetter alors que vous êtes si jeune.
Retour aux Hunger Games J-3- 19h00
Acacia Aaron
Le soleil qui se couche me donne l'impression que j'ai passé l'un des plus grands caps de ma vie. Jamais je n'ai éprouvé ce sentiment particulier, celui qui vous fait frémir de la tête aux pieds, comme si vous veniez de découvrir le monde, tel un nouveau-né. Comme si c'était la première fois que vous respiriez. Ou la dernière. J'avais déjà connu ça en découvrant le lac pour la première fois, dans le Onze. Là, c'était différent. Ce n'était pas de l'excitation, c'était de l'effroi. Je découvrais dans cette arène ce que j'imaginais de pire. Et je le découvrais en vrai. Il ne faisait pas froid, mais j'étais frigorifiée. Tout, depuis le commencement des Jeux, se passait mal. Les carrières n'avaient pas leur place de favori, car il me semblait qu'après réflexion, ils avaient gagné la plupart des Jeux précédent. Le public voulait des vainqueurs de sang neuf. J'avais mal choisi mon camp, semble-t-il. Les marécages, les rodeurs, Amon, les moustiques géants, Amani, le saut du pont, le piège d'Hera, la mort de Kley, Ethan, notre baiser, Cleta et Amon, Amon, les rats sauvages, la mort d'Hera et le poison, les bosquets carnivores, Cleta… Ce qui était certain, c'était que l'arène était bel et bien un parcours du combattant, il n'était pas difficile de trouver de quoi boire et manger, ce n'était pas vraiment des Jeux de la Faim. Le Jeu, ici, c'était nous. Des rats de laboratoire. Ceux qui étaient encore en vie étaient les plus costaud. Les plus solides, les plus malins et les plus coriaces. Combien de temps pouvions-nous encore tenir dans notre état ? Les paris devaient battre leur plein. Je ne pense pas qu'aucun d'entre nous ai un certain avantage à ce stade du Jeu, surtout après tout ce qui a pu se passer. Il faisait nuit plus tôt, beaucoup plus tôt, aujourd'hui, et j'imagine qu'ils veulent qu'on se repose le plus possible pour leur offrir le plus beau des spectacles demain.
Quoiqu'il en soit, je dormirais. Je n'en peux plus. Mes épaules me brûlent sauvagement, j'ai la gorge en feu après avoir vomi, les chevilles et les poignets douloureux. J'ai l'impression qu'un train m'est passé dessus. Ma tête tourne, j'ai des vertiges et je n'ai pas la force de boire. J'avance sans me soucier du danger. Dans mon état, je n'ai plus aucune force. Peu importe si je meurs. Je m'en fiche. Là, tout de suite, je veux m'allonger et attendre que la mort vienne à moi. Parce que je n'ai plus aucune force pour combattre quoique ce soit. Je suis déjà morte.
Le sort, hein ? Eh bien s'il n'est pas de mon coté, je mourrais. S'il l'est, je vivrais un petit peu plus. Qu'importe. Je me rends à peine compte que j'ai plongé dans la forêt pour m'assoir près d'un petit fossé. Je n'aurais même pas de tombe. C'est probablement ma pensée la plus ironique. Etre enterré, avec une tombe et une cérémonie, c'était ce qui nous différenciait des animaux. C'était ce qui nous rendait profondément humain : l'hommage. Mais j'avais bien compris qu'en entrant dans l'arène, nous n'étions plus considérés comme des êtres humains mais comme des esclaves du Capitole destinés à mourir pour son plaisir, sans le moindre respect.
Je m'assois et regarde le ciel entre les feuillages, la tête appuyée contre le tronc de l'arbre. J'ai les yeux mi clos et je ne sens presque plus mon corps seulement la douleur de mes épaules. J'ai la force d'attraper ma bouteille d'eau après avoir retiré et ouvert mon sac : le plus grand effort de ma vie. J'ai l'impression de déplacer des montagnes, alors que mes gestes sont hasardeux, lents et moues. J'ai envie de pleurer. J'ai envie de ne jamais me réveiller. Mais quelque part, une petite voix me siffle que je dois rester en vie. Pour ma mère, mon père, Ethan, Taleb et Amani. De l'autre, mon corps hurle qu'il n'en peut plus, que si je survie aux Jeux, je ne pourrais jamais vivre comme si de rien n'était. On est jamais tranquille, après les Jeux. J'en savais quelque chose. Mon père est un cas rare il se rend peu au Capitole. Pour ce que j'en sais, les autres gagnants du quartier des Vainqueurs n'ont pas de famille. Ils se rendent très souvent au Capitole mais n'ont jamais vraiment l'air d'apprécier. Je ne sais pas pourquoi on les invite, mais ça signifie que, même gagnant, on n'est jamais vraiment sorti de l'arène. On y reste à vie. Pour ce qui est des souvenirs, de la peur, de la menace planant sur nous en permanence. Les vainqueurs connaissent cette peur. Cette sensation. Ils ont conscience plus que personne de ce dont le Capitole est capable. Ils sont connus, ils sont toujours surveillés et ils peuvent mourir à tout moment. Personne n'est épargné.
La fatigue me monte rapidement, et je somnole un moment, me réveillant brutalement par fréquence, souvent au moindre bruit, sur une défensive sauvage. Je crois que mon cerveau a pris le contrôle de mon esprit, comme pour lutter, comme si c'était mécanique : un appel d'urgence. Chacun de mes actes et mouvements, je ne les veux pas. Je les subis presque. Ils sont instinctifs et font preuve d'une lutte pour la survie incroyable. Je n'ai plus conscience de rien, et seule la douleur lancinante dans mes articulations et mon dos me rappel qui et où je suis. Enfin, le générique emplie l'arène, et entre les feuillages je peux apercevoir la photo de Lumber. Je ne sais pas bien si j'aurais eu ma chance contre elle. Sincèrement. J'étais presque sure que c'était elle qui m'avait percutée le premier jour. Et la voilà sur l'écran de l'arène, lumineuse et plus redoutable que jamais… Et morte. Qui l'avait tué ? Cleta ? Les bosquets cannibales ? Ou Amon ? Où en était-il, d'ailleurs ? Je sentis un long frisson glacé me parcourir l'échine. Amon. Bien entendu, il était encore en vie. Je sers dans ma main l'arbalète que j'avais récupérée et souffle. Mes paupières sont lourdes, et la pensé d'un lit, même miteux, relâche mes épaules. Bientôt, je m'effondre sur le sol moelleux et m'imagine que si c'est ma dernière nuit, au moins, je serais morte en dormant. La meilleure mort dans un Jeux comme les Hunger Games.
Capitole, 21 heure.
-Mais voilà que deux de nos tributs favoris dorment côte à côte ! rit Claudius en montrant les silhouettes vu de haut, une caméra perchée à un arbre qui filme la scène de nuit.
-J'ai bien cru que notre talentueuse Cleta attaquerait Acacia la nuit tombée !
-Nous l'avons tous cru, à un instant, Caesar ! Mais comprenez que les deux jeunes filles ont eu une sacré après-midi. Il semblerait que les Juges les laissent récupérer pour affronter nos deux garçons en meilleure forme.
-N'est-ce pas merveilleux ? répond simplement Caesar. Deux filles et deux garçons, quatre concurrents incroyables qui ont su faire leur preuve depuis le début des Jeux !
-La journée de demain va être décisive, je le sens, Caesar. Bien que la nuit risque d'être agitée…
-Je miserais plutôt sur un réveil agité, mon cher Claudius. Croyez-moi, l'une d'entre elle se réveillera plus tôt que l'autre et en fera son quatre heure.
-A ce stade du Jeu, aucun tribut ne peut affirmer n'avoir tué aucun autre tribut. Quoiqu'il arrive, demain, à l'aube, retrouvez nous !
-Ne ratez surtout pas le premier réveil de l'arène… Et la première mort de cette finale !
Et sur ce fait, Claudius fit exploser un petit pétard qui sonna comme le gong de mort d'un tribut, juste derrière Caesar. Ils explosèrent tous les deux de rires, suivis par le public, hilare.
Car en effet, le lendemain, il y aurait un mort à l'aube. Et plus d'un dans la journée.
J-2- Cleta-Tribut du 2- 6h30
Le bruit sourd explose dans l'arène et me surprends tellement que j'en cesse de respirer quelques secondes. Mes mains ont déjà empoignés les couteaux et je suis en position défensive. Je regarde autour de moi, en quête d'un danger potentiel, tourne puis retourne tout en tendant l'œil. Rien. Le gong à sonner. Quelqu'un est mort. Je fronce les sourcils et me précipite vers le talus près duquel la Onze s'est endormie. Il ne fait plus nuit, l'aube se lève. Je me dépêche mais fait attention à rester parfaitement discrète. Il ne serait pas bon de se laisser voir stupidement. Soit elle est morte, soit… Elle n'est plus là. Je fronce les sourcils et regarde bien autour de moi. Si elle m'avait vu, elle m'aurait tué, ou alors elle est vraiment stupide. Je repère alors une boite. Une boite métallique. Un cadeau des sponsors. NON ! Je fulmine intérieurement, attrape la boite et la jette sur le sol avec rage. Ce n'est pas du Jeu ! Ils ont trichés ! Ils n'avaient pas le droit de la réveiller en lui envoyant ce cadeau ! Je pouvais parier n'importe quoi qu'ils y avaient mis quelque chose d'inutile, juste histoire de se trouver un pretexte. Voilà qu'ils avaient reussit à l'avertir, à la réveiller, à l'obliger à s'en aller pour me fuir. DE LA TRICHE ! Je me passe une main sur le visage, bois un coup et laisse mon sac à dos où il est. Il ne me servira plus à rien aujourd'hui. Je prends mes shurikens, les attachent à leur ceinture, ainsi que mes couteaux. Je mange un morceau de viande séché mécaniquement. Je n'ai pas faim. J'attache mes cheveux en une queue de cheval impeccable et me lance dans une course à petit pas. Si Acacia n'est pas là, il y a des chances qu'elle soit morte. Ou qu'elle ait tué celui qui tentait de le faire.
J-2- Acacia Tribut du Onze- 6h00
Un son aiguë et insistant me fait ouvrir lentement les yeux, puis tout à coup. Les… Les jeux ! Je me redresse à toute vitesse, cherchant mon couteau de la main, prête à me battre. Je tourne la tête frénétiquement avant de me rendre compte que le danger n'est pas présent… Alors… ? Je reconnais le bruit et me précipite sur la petite boite pour qu'elle arrête de faire autant de boucan. Je tate le sol pour la repérer, parce qu'il ne fait pas encore jour. Il ne manquerait plus que je me fasse repérée par un cadeau des sponsors ! Je l'ouvre à toute vitesse, ma tête tournant un peu et mes bras et jambes noueux. Il n'y a qu'un papier. Un simple papier. Je le déplie. Mes yeux s'habitue au peu de lumière se levant. « Lucia ». Intriguée, je le tourne dans tous les sens pour chercher une signification, un message codé, peut-être, quelque chose d'autre ! Mais rien. Je me passe une main sur le visage et souffle avant de me baisser pour ramasser mon sac, laissant le papier et la boite métallique au sol.
-Super gentil la devinette, je murmure, maussade. C'est pas comme si j'allais mourir, j'ai que ça a faire, vous savez bien, je ris doucement en me déplaçant comme je le peux assez lentement, malheureusement.
C'était une blague non ? M'envoyer un petit mot pour me faire deviner quelque chose, alors que le gagnant le plus probable était né pour tuer de sang froid Amon. La dernière chose que j'avais envie de faire, c'était bien de réfléchir ! Je vous l'ai dit, c'est mon corps qui me permet de tenir le coup. Sans mon instinct de survie et donc, le fait que mon cerveau ait pris les commandes indépendamment de ma volonté, je serais morte. Je ne veux plus me battre. Lucia. Lucia. Lucia. J'en savais rien moi, de qui c'était cette Lucia ! Et quand bien meme je la connaissais, je ne voyais pas trop en quoi ça pourrait m'aider ! Le « l », peut être. Je retourner les lettres dans ma tête au fur et à mesure que j'avançais, me passant la main sur le visage, puisque le soleil se levait et qu'il faisait humide. Sur le chemin, je me pose quelques fois contre un tronc, parce que mon tee shirt est collé à ma blessure au dos, comme une deuxième peau et que ca continue à me bruler, et puis que mes jambes semblent être du coton. Je soupire, boit, marche. Soupire, boit, marche. Mécanique, automatique. Lucia. Soupire, boit, marche.
Je m'arrête enfin près de la prairie qui semble n'avoir aucune fin devant mes yeux. Il semble etre infinie mais je sais qu'il s'agit des limites de l'arène. Il est entouré par la forêt sur les côtés. Je ne m'avance donc pas, car je risque d'être vue, si quelqu'un surveille. Je me retourne alors, pour contourner discrètement quand... Amon est sous mes yeux !
Je lève mon arbalète et le vise alors qu'il se précipite vivement vers moi.
Je tremble, retiens mon souffle et attend. Je tire. La flèche pénètre sa jambe alors qu'il court aussi vite que possible pour m'atteindre. Ca le ralentit mais il arrive à ma hauteur avant que j'ai le temps de tirer une deuxième fois. Son poing m'écrase sur le sol et me sonne. J'ai lâché l'arbalète et Amon est assis sur mon ventre. Il est lourd et alors que je tente de me débarrasser de ses bras ou même de me dégager, en gémissant rageusement, mais il me balance un autre coup de tete qui finit de m'assommer.
Je reprends connaissance quelques secondes après, avec l'impression de me retrouver en l'air, perchée. Il me tapote la joue, et quand je rouvre les yeux, je vois flou un bon moment avant de pouvoir le regarder nettement. Il me sourit. Je n'essaie pas de me défendre cette fois.
-C'est bien, Honey, tu comprends vite.
Je rêve ou il va me la jouer grand méchant qu'il balance un speech avant de tuer son rivale ? Je ne sourcille pas. J'aurais aimé lui demander de me tuer vite, mais il se fera un trop grand plaisir de le faire lentement dans ce cas. Tout ce qui m'importe, c'est que j'en finisse. Son poids m'écrase le ventre. Il n'a plus la mâchoire cassée, j'en conclus qu'il l'a remise par lui-même, puisque sa peau est tout de même bleuie. Il soupire et me sourit de nouveau, se passant une main ensanglantée –j'en déduis que ma doleur à la machoire y est pour quelque chose- dans les cheveux. J'essaie de ne pas trembler, mais je n'ai pas la force de me retenir. Si je me bats contre lui, il continuera ce petit jeu de m'assommer pendant un moment. Hors, je n'ai pas très envie de mourir d'une rupture crânienne à coup de poings. Je préfèrerais qu'il m'étrangle une bonne fois pour toute. Je ne veux pas qu'il joue avec moi. Je pense à ma mère. Elle doit voir ça. Mon père aussi et Taleb. Ils sont en train de me regarder sur le point de mourir. Je dois au moins rester digne. Je regarde Amon dans les yeux, le visage fermé, tentant de cacher ma peur comme je le peux, les bras croisés sur mon torse, complètement immobile. Je vais mourir. Maintenant. J'aurais préféré ne pas me réveiller ce matin. Faites que ça ne soit pas trop douloureux. Que ce ne soit pas trop long.
-Tu sais que t'aurais jamais gagné de toute manière ?
Il me regarde avec intérêt, attendant visiblement une réponse. Je reste muette. A vrai dire, ce n'est pas que je n'ai pas envie de discuter avant de savoir comment je vais mourir, c'est juste que je n'ai pas de réponse. Il semble suffisamment observateur, ou alors trop absorbé par son discours, pour continuer sur sa lancée.
-Tu es la fille du Capitole. La chouchoutte.
J'avais stupidement pensé que ce serait à mon avantage.
-C'est pour ça que je te voulais avec moi.
Je dois au moins lui reconnaitre une chose, derrière sa cruauté machiavélique Il est remarquablement intelligent. Un peu trop à mon gout.
-Mais tu vois, j'ai été bête.
Il se met à rire. Oui, idiot d'avoir cru que je me laisserais gentiment mourir après l'avoir aidé à tuer tous les autres. Ce que j'avais finalement décidé de ne pas faire. Je ne suis pas idiote. Je suis maladroite, un peu tête en l'air, mais surement pas idiote, ou alors je ne serais pas ici. Lui, il aurait dû me tuer quand il le devait. Alors pourquoi ?
-T'as tout sauf le sort en ta faveur ! J'ai pensé que t'allais mourir après nous avoir quittés. Mais t'es une vraie combattante. T'as survécu à toutes les étapes de l'arène. Une vraie carrière, hein ? Alors dis-moi, c'est ton père qui t'a entrainée ?
Il laisse sa question en suspens. Cela ne me surprend pas tout le monde a du se poser la question et la réponse semble évidente, mais je sens que la suite ne va pas me plaire. Parce que, même si les carrières s'amusent généralement avec leurs adversaires avant de les tuer en les insultants ou autre, ils ne sont jamais aussi intelligents et pleins d'esprit quand ils sont sur le point de tuer. Amon si. Tout ce qu'il est en train de dire peut avoir des conséquences graves. Il soupçonne mon père, et sa simple évocation dans l'arène est terriblement dangereuse. Snow surveillera de plus prêt encore ma famille. Même si je meurs.
-Les Onze, vous, vous êtes super bons cette année. De vraies terreurs. Des survivants de l'arène créés par les Juges. Des rebelles parfaits.
Je reste quoite et horrifiée quand j'entends le mot « rebelle », qui résonne longtemps dans ma tête. Il n'en a pas fini de me torturer. Il vient de supposer devant tout Panem, et en direct que je suis une rebelle. Je suis saisie d'effroi. S'il le suppose, les gens vont prendre peur. L'existence des rebelles est comme une légende. C'est la cause de l'existence des Jeux. Supposer que je le suis réveillera la peur, l'horreur et la haine au Capitole. Je suis foutue. Complètement foutue. Mais ça, je le sais déjà. Alors pourquoi, alors qu'il est sur le point de me tuer ? Pour mes parents ? Si le président Snow le soupçonnait, il aurait déjà tué mon père. Il verra bien qu'il n'en est rien. Mais alors que je devrais pleurer de frustration, lui hurler dessus ou me débattre, je ne fais rien. Je me surprends même à sentir monter une haine silencieuse et à vouloir lui donner raison. Je ne suis pas la fille du Capitole. Quitte à être une rebelle, cela voudra au moins dire que je suis contre le Capitole, et aussi une vraie habitante du Onze, pas juste un petit pion. Je ne veux pas donner tort à Amon. Parce que ce qu'il faut vraiment combattre, comme Ethan me l'avait appris, ce n'était pas les carrières. C'était le Capitole. Mais bien sur, quand on est dans l'arène, et tellement loin du Capitole et de Panem, on pense davantage à survivre puisqu'il n'existe aucun moyen de combattre le président. Sauf qu'Amon vient de m'en trouver un.
Et quitte à mourir, je préfère encore avoir cette opportunité.
Soudain, j'apprécie l'idée de mourir en rebelle. Fièrement, droite et avec mes opinions affichées au monde entier. J'ai envie que Panem découvre que je suis prête à avouer que je ne suis pas un pion. Que je pense par moi-même et que les Jeux ne peuvent pas me faire oublier que le véritable ennemi, ce n'est pas Amon. C'est le Capitole.
-Acacia Aaron, la fleur empoisonnée du Capitole. La grande survivante, le modèle, la rebelle parfaite du District Onze, comme ton enfoiré de père.
L'insulte m'atteint à peine mais je retiens les larmes de rage qui me montent aux yeux. Amon est penché sur moi, un grand sourire au visage. Je lui crache soudainement dessus. Il se recule légèrement mais j'arrive à poser mes mains sur son visage, solidement enserrées. Mes ongles viennent s'enfoncer dans ses paupières. Il hurle rageusement et attrape mes mains pour les dégager, mais son œil droit explose et libère un liquide avant qu'il m'immobilise de nouveau. Cette fois, ses mains sont sauvagement enserrées à mon cou. Ses mâchoires sont contractées et ses veines ressortent. De son œil droit coule du sang en abondance mais on peut distinguer son orbite de l'œil creuvé. Son autre œil papillonne. Je tente de viser son visage à nouveau, en me débattant sauvagement, mais il s'est reculé et je n'ai réussit qu'à le griffer sauvagement et profondément. Mon cœur bat la chamade, je ne respire plus. Ses mains sont un étau. Il hurle de nouveau en m'étranglant et je suis parcourue de spasmes quand il me relâche légèrement.
- Je dois débarrasser Panem de cette vermine. En tant que bon serviteur du Capitole, je dois vaincre tout rebelle. Tu es une rebelle.
Je m'évanouie, à court d'air. Quand je me réveille, j'ai l'impression que je ne peux à peine respirer, et surtout que la vie me quitte trop lentement. Je n'ai plus envie de me réveiller. Plus jamais. C'est trop douloureux. Je rouvre les yeux quand Amon me tapote la joue. Je ne veux pas jouer.
-Un dernier mot ?
Cette fois, son œil gauche est légèrement ouvert. La vue de son œil droit me donne la nausée. Son visage est marbré de sang et sa voix me semble lointaine et je mets quelques secondes à comprendre. Il me torture. Il me laisse passer un message en pensant probablement que je ne dirais rien. Il s'amuse. Je ferme les yeux douloureusement, dans un état second à cause de la douleur lancinante le long de ma gorge. Et puis je me souviens soudainement du mot laissé par mon père. Lucia. Ca me disait quelque chose. Et tout devient clair. Ma mère m'appelait comme ça quand j'étais petite. Lucia, c'est mon prénom. Je m'appelle Lucia, pas Acacia. Acacia est la fille du Capitole. Lucia est la fille du District Onze. Acacia se taisait. Je ne me tairais pas. Un frisson me parcours. Je ne me tairais pas, et j'en suis convaincue. Pas avant de mourir. Je sens une bouffée d'audace et de force me saisir. Je me racle la gorge faiblement et le fixe droit dans les yeux avec un maigre sourire.
-Panem n'est rien sans son peuple, je murmure d'une voix roque.
J'aimerais me dire que mon père serait fier de moi. Il a gagné les Jeux puis il s'est occupé de sa famille comme si les Jeux n'avaient jamais existés. Il m'a entrainée. Il m'a appelé Acacia durant des années, se pliant au choix du Capitole, alors que lui et ma mère avaient décidés de m'appeler Lucia. Il a été suffisamment dur pour que je supporte les Jeux. Mais surtout, il est resté en vie et en bonne santé. C'est presque un miracle pour un gagnant. Mais je ne serais pas une gagnante. Je ne sais pas ce qui le rendra le plus triste; que je ne gagne pas, ou que j'avoue devant Panem entier que je suis une rebelle. Mais il m'a envoyé mon nom. Pour savoir qui je suis réellement avant dans le cas ou je mourrais. Je ne le savais pas moi-même. Pas avant qu'Amon me l'expose. Mais je ne le démentirais pour rien au monde. C'est comme si les Jeux m'avaient réveillée et qu'Amon avait créé le déclic. Mon père devait savoir que je mourrais. Il ne peut pas y avoir deux gagnants consécutifs du même District. Ce n'est pas possible. Surtout pas après que j'ai indirectement avoué être une rebelle. Tous les habitants du Onze sont probablement des rebelles mais extrêmement rares sont ceux qui l'assument et l'avouent. Je veux en faire partie avant de mourir. Je veux me battre. Je veux que mon District se batte. Je veux le réveiller et lui donner le courage de se lever. Je veux qu'il sache que les Jeux ne nous terrorisent pas au point d'en oublier le principal. Le véritable ennemi C'est le Capitole, pas Amon. Et ça, Lucia le sait. Je le sais.
-Le peuple n'est qu'un tas de merde, il crache avec dégout.
Il ne comprend même pas qu'il en fait partie. Il n'a aucune conscience de ce qu'il raconte et de la vague de démence dans laquelle il se lance. Il n'a plus conscience de rien. Il est complètement aveugle.
-Bon petit toutou, je lâche difficilement avec un maigre sourire moqueur.
Je n'arrive pas à croire que je vais mourir après avoir balancé ça. La classe, je pense ridiculement. C'est soudainement comme si je découvrais qui j'étais. Lucia. Une fille qui me plait, enfermée en moi, ironique et presque arrogante, effrayée mais capable de le surmonter. C'est comme si je me révélais soudainement. Comme si j'avais trouvé au fond de moi, profondément enfouie, celle que j'avais toujours cherché sans avoir le courage de me l'avouer. Celle qui a des racines, celle qui n'est pas rejeté par les membres de son district parce que sa naissance est liée au Capitole. J'aime l'idée de l'avoir découvert avant de mourir. Je le vois froncer les sourcils, haineux et je sens un immense sentiment de joie envahir mon cœur. Je mourrais en riant ironiquement. Et son poing rencontre ma mâchoire violemment, mais j'ai à peine une seconde l'impression qu'il vient de rater son coup. Comme si quelque chose l'en avait empêché et que ça l'avait fait viser à côté. Mais déjà, je sombre et mon corps s'affaisse.
Ma tête bascule sur le côté et ma bouche s'ouvre pour laisser couler un filet de sang. Le soleil me tape sur les yeux. Le sol bouge par endroit. C'est agaçant. J'entrouvre les yeux. Je ne réalise pas tout de suite que je suis en vie. Que… ? Je tente de me redresser sur un coude mais je dois m'y reprendre à deux fois. Quand j'y parviens, je me retourne. Ma tête tourne et je ne distingue presque pas les sons, dans un état second. Mais je devine la forme de deux hommes en train de se battre sauvagement. Les mouvements restent flou un petit instant, et je n'aperçois que ces silhouettes, puis tout me reviens en mémoire. Des bruits me parviennent, des coups, des cris et des gémissements sous l'effort. Je me relève si brusquement que j'en tangue. Je commence à reculer, à la recherche de mon arbalète, saisissant mon couteau, quand je reconnais l'homme brun. Mon cœur bat la chamade à mesure que je recule. Je n'y crois pas. Je ne peux pas le croire. Tendue, à l'affut, je me fige une seconde alors qu'Amon le met à terre. Le brun se débat avec véhémence mais Amon a clairement le dessus. Il lui met un coup de poing. Un deuxième. L'autre parvient à lui attraper le bras et à le frapper à son tour. Un hurlement strident me ralentit. Amon a de nouveau le dessus, il me fait dos et est à peu près à dix mètres de moi.
Je sens l'adrénaline me réveiller, je saisis un de mes couteaux et me précipite sur eux deux. C'est le bon moment. Je cours aussi vite que je le peux, et c'est difficile parce que mes blessures à répétition me handicapent énormément. J'ai l'impression que chaque parcelle de mon corps se désintègre à chaque pas. Mais il le faut. Je fais l'effort de ne pas crier pour me donner de la force. Amon ne doit pas m'apercevoir. Il étrangle son adversaire avec force. Je lui saute dessus.
Je me retrouve soudainement à califourchon sur son dos. La demi-seconde me parait une éternité. J'attrape ses cheveux de la main gauche pour maintenir sa tête. Avant qu'il m'attrape par les cheveux, mon couteau fracasse sa gorge avec précision. Il tousse, crache du sang mais je reste fermement agrippée à mon couteau, n'attendant qu'une chose. Qu'il s'effondre. Il me tire violement en avant, si bien que je tombe devant lui, droit sur le brun. J'ai mon couteau dans la main droite. Amon me tient toujours. Il me serre tellement fort que ses veines ressortent. Son visage est rouge de concentration, son œil crevé lui donne des allures de cauchemar et sa mâchoire abimée est serrée à son maximum. Un trou dégoulinant de sang décore désormais son cou. Je ne le quitte pas du regard. Il fait preuve d'une telle insensibilité que si je ne voyais pas ce trou et le filet de sang qui coule de ses lèvres et de son œil, je ne croirais pas qu'il est en train de mourir. Mais il commence à toussote violemment, à se noyer dans son sang et son œil restant semble vouloir sortir de son orbite.
Et tout à coup, il tombe sur moi. Je parviens à le pousser difficilement, mais le dégout me fait gémir.
Coup de canon.
Je roule sur le côté. Le garçon brun se redresse. Je ne crains rien et rencontre le regard d'Ethan quand je me retourne. Amon est mort. C'est la simple certitude qui nous relie tous les deux, tragiquement. Amon est mort. Je me lève difficilement, aidée par Ethan. Quand je lève les yeux vers lui, il me parait pale, comme malade, mais surtout sonné. Une balafre fraiche masque son visage en diagonal. Des bleus apparaissent déjà sur son cou et ses joues. Du sang coule de récentes blessures. Mise à part sa mine et sa balafre, aucune de ses blessures ne semblent extrêmement grave. Nous nous observons un moment. Lui scrutant mon visage comme s'il le voyait pour la première fois je devais avoir la même tête que la sienne, contusionnée de partout, avec un cou abominable de bleus. Je sens mon cœur se pincer.
Je me projette alors dans ses bras et il les referme solidement. Nous nous étreignons fort et je sais à cet instant que je n'ai jamais été aussi heureuse de ma vie de voir quelqu'un. J'éclate en sanglot. Enfin. Je n'en peux plus. Je ne peux plus respirer. Malgré la douleur, mes larmes sont des larmes de soulagement. Amon est mort. Il ne reviendra pas. Je suis en vie. Ethan est en vie. Je suis dans ses bras. Nous sommes en vie.
Et c'est au moment précis où je sens que mon monde se rétablit qu'il s'effondre de nouveau. Ethan hurle soudainement dans mes bras et me projette avec force sur le côté. Il plie alors les genoux et s'effondre sur le sol.
Voici donc cette fin de chapitre qui, je l'espere vous surprend!
Un tribut important est mort, donnez moi vos impressions ;D A très bientot!
