Titre : Thirst

Disclaimer : Les personnages et l'univers ne nous appartiennent pas malgré un chantage à base d'expédition par la poste de pages de Death Note et de trognons de pommes cloués selon un rituel vaudou. Nous ne touchons bien entendu aucune compensation financière pour la publication de ce texte, là encore le chantage n'ayant pas suffi ^^ ( On nous a mentiiii x) )

Rating : M pour certains chapitres.

Bonne lecture :D Et merci pour vos reviews ! Petite précision utile, le chapitre démarre directement dans la continuité du précédent. ( L se glisse dans le lit de Raito pour emmerder Misa, celle-ci voit la scène et s'emprèsse de partir )

Nee :

Tu te fais tes challenges personnels pour tenir après la publi ? XD Il faut bien un peu de soutien, les supportrices de Raito sont rares, mais je suis contente que tu aimes quand même L en général et dans la fic ;) Si tu tapes juste je ne te le dirai pas, eh oui tu ne peux pas me faire confiance sur le sujet mdr Mais n'hésite pas à continuer à parler de tes théories :D Peut-être que je te donnerai des indices cachés qui sait …. xd Ça te rassure si je te dis que tous les frères répondent de manière disproportionnées ? (sauf spécimen rarissime, à mettre sous vitrine) xD Je pense que Ryuzaki ordonnerait à quelqu'un de détruire la douche plutôt que de le faire lui-même, tu comprends il serait un danger pour lui-même et les autres avec un marteau, et si Misa n'est pas dans les parages ce serait dommage xd Ne t'inquiètes pas pour les serpents, ils n'ont pas de tympans (ils captent les vibrations du sol et si tu l'ignorais, autant briser le mythe tout de suite, les charmeurs de serpents ont entubé les innocents passants pendant des siècles xd ) 7h et grasse mat c'est dur ! Enfin ceci dit je dors pas beaucoup donc je ne critiquerai pas L ….ou juste un peu ? Moui je pense que ta compassion pour Misa va soit se renforcer à ce chapitre pour disparaître, soit ….disparaître xd Les savons au chocolat, c'est une idée x) Hum la réaction de Raito se résume à un mot : « supriiiiise », c'est une surprise hein ? Xd

Il existe plusieurs traductions d'Alice aux pays des merveilles et pour certaines citations nous avons choisi exprès parmi les anciennes qui rendent plus le côté casse-tête. Ce n'est pas un conte pour enfants, le sens et le complexité du propos serait vraiment difficile à saisir pour eux sur certains passages, pas tous, certes. Et comme c'est une critique de la société victorienne même un adulte peut passer à côté des codes et références, et au delà de ça, les situations et les personnages échappent aux standards habituels. Évidemment un enfant peut le lire, mais tout seul par sûr qu'il puisse vraiment y comprendre grand-chose. Je ne sais pas si tu as vu le Alice de Disney ? L'ambiance est très différente des autres disneys et pas forcément appréciable pour un jeune enfant à cause du côté inquiétant/délirant.

Au réveil j'ai toujours une tête de déterrée mais si on ne harcèle pas trop ça va très bien, par contre si je me réveille après avoir dormi trop longtemps (7h30-8h) là je suis un zombie hargneux en attendant le café ^^ Courrez pauvres ignorants ! Haaru, elle, est en général une petite crème matinale si l'ambiance du petit dèj n'est pas pourrie et si la suite des événements s'annonce sympathique, comme on dit, l'humeur égale mais toujours bonne ^^

Merci beaucoup pour ton commentaire !


Chapitre 21

Discordances


Réveil au contresens immanent, doucement brutal : frappe d'acuité. Surprise délitée en une seconde, paralysée. Mes yeux grands ouverts, bus par un rêve noir absolu. Conscience intense du contact la chaleur de son corps, vive à travers les tissus minces. Il ne bougeait pas, son visage, à peine distancié, caresse ténue de son souffle sur ma joue.

Une poignée de mots dénoua l'influence des pupilles. Regard baissé, je fixais sa bouche, moduler les sons que je n'écoutais pas. Dessin originel retrouvé, lèvres soudain immobiles, s'ouvrirent légèrement. Mouvement presque imperceptible. Parler ? Peut-être que Ryuzaki le fit, peut-être qu'il renonça. Rapide, la fine lame d'espace se déroba. Ses lèvres incurvées d'un demi sourire. Élégant.

Crépite sur ma nuque.

L'envie grandissait, de rester dans cette agréable torpeur, encore un peu. Ignorer que ce n'était pas censé arriver. Pourquoi était-ce arrivé ? Un effort tiqua mes sourcils… il y avait eu ce sanglot étranglé, ce tonitruement de pas en décroissance, quelque part, sur un temps nébuleux, marginal. Misa. Qui avait vu nos corps appuyés dans le même lit, assemblés sans ambiguïté. Misa partie. Ayant vu ce que L avait voulu.

Une anxiété brusque dissipa l'engourdissement tentateur, poussa à rompre la posture saugrenue. J'écartai les couvertures, le coussin d'air tiède qui flottait dans le lit, proprement éclaté. Le sol sous mes pieds puis la fraîcheur des couloirs – matinée d'un début septembre maussade – m'arrachèrent une cavalcade frissonnante le long du dos. Sensation semblable à l'éther. La source de chaleur en manque. Trop douce. Arrachée.

Le bruit d'une autre paire de pieds nus se stabilisa ; la chaîne cliquetait, calée sur le rythme rapide. Direction les portes principales. L'atmosphère frisquette, hautement déplaisante, avait l'unique mérite de revivifier les connexions synaptiques.

Mon inquiétude était inexplicable, presque autant que le comportement de Ryuzaki. Emmerder Misa, voilà qui n'avait rien de nouveau, mais au point d'initier un contact physique aussi radical ? Je n'oubliais pas sa réaction, non moins radicale, au « baiser syllogique. » À moins que ce ne soit une manœuvre dans sa campagne visant à me faire bouffer mon soi-disant non-sens, par action syllogique rétroactive. Et bonus ultime, se débarrasser du mannequin au passage.

Peu importe combien L la trouvait horripilante, il ne pouvait tout simplement pas la bazarder en Ouzbékistan compter les sauterelles et les trèfles porte-bonheur. À ses yeux elle était le deuxième Kira, aussi aberrant que cela puisse paraître. Jamais il ne la laisserait vraiment partir. Pourvu qu'elle soit encore dans le bâtiment.

Les étages défilaient avec une lenteur intolérable et le silence, entier dans l'ascenseur confiné. Rien à dire, ou aucune envie de dire quoique ce soit. L'inquiétude devenue angoisse, filtrée dans mes phalanges tapotées contre la paroi. Mon cerveau parasité, en blocage sur de mauvaises questions.

Misa attendait dans le hall. M'attendait, avec cinq valises sagement posées. « J'espère que tu as une bonne explication. » Joues rougies sous la colère.


Watari arriva juste à temps pour voir deux couettes blondes passer derrière la porte vitrée.

« Ryuzaki, tu ne comptes pas la laisser partir ?

- Non, j'enverrai quelqu'un la surveiller. » Évidemment, l'injonction du détective pour qu'elle revienne au building la nuit n'avait pas aidé à faire tomber la pression.

« J'ai vu les enregistrements des caméras, et quand je suis descendu, les cris ne passaient pas inaperçus. Que s'est-il passé ?

- Et alors. C'est important ? »

Le front de Watari se plissa, accentuant les ridules. « Amane Misa est partie. C'est forcément important. » Reniflement dédaigneux, yeux levés au ciel, critique gestuelle de ladite valeur de la jeune fille. Watari le fixa, inquisiteur, L préféra contempler le mur d'un air mauvais que de desserrer les dents. Le vieil homme se tourna dans ma direction. Redite muette de l'interrogation.

Hésitation légère. L'ascenseur s'ouvrit, mon père et Mogi précipités sur notre trio. L'un stoïque : « On était au troisième. » L'autre presque affolé. « Tout ces cris ? Que s'est-il passé ? »

L me glissa un coup d'œil. « Raito allait justement répondre à la question. » Peut-être curieux de la formulation que j'allais donner, ou content de la diversion, maintenant que je devais joyeusement contourner les fait. Non pas que mon intention eut été autre, mais je n'avais plus de choix.

« L a voulu faire une plaisanterie, Misa n'a pas apprécié. » D'autres formulations en tête, soigneusement tues. Plaisanterie de mauvais goût. N'a pas apprécié le spectacle/ la vue. Associations d'idées malheureuses.

Deux yeux scrutateurs se posèrent sur leur protégé. Avant son coup foireux, j'osais espérer que L avait éteint ces foutues caméras à propos, pour une fois. « Mogi, je vous demanderai d'assurer la sécurité d'Amane Misa tant qu'elle sera hors de ce bâtiment, et veillez à la ramener pour la nuit sans tenir compte de ses protestations. »


Appels, sms sans aucun retour. Énervé je rangeai le portable inutile, coupant court au bip infernal de la messagerie vocale. « Tu es content de toi, j'imagine ?

- Pas trop mal. Ça a fonctionné encore mieux que prévu. » Ryuzaki replongea son attention dans un article. « Tu devrais me remercier.

- D'exploser mon forfait ?

- De te débarrasser d'une abominable chichiteuse niaiseuse et superficielle. Une pintade braillarde à couettes qui te cramponne comme un boulet nain parasite.

- N'exagère pas.

- Au contraire, je me censure de manière intolérable. Tu la détestes, tu devrais donc m'offrir un trente-cinq tonnes de nougat artisanal. Minimum. »

Là était le problème. Je voulais et ne voulais pas qu'elle parte. « Que comptes-tu faire de Yamashita à la cave ?

- Watari s'en occupe. Je crois que le panel d'options s'oriente au Svalbard.

- Coquette perspective de villégiature. Et Lockhart ?

- Rapport transmis à la Police, corps à la famille. » Ton joyeux qui attira mon regard dégoûté. « Pas question de risquer une autopsie ou il faudra se résoudre à écouler le « stock » dans des tourtes à la viande. Très utile pour les preuves encombrantes. »

Pendant un moment, les claviers tapèrent, y compris celui de mon portable. L détacha un morceau de muffin poire cannelle. « Et si la mort de Lockhart n'était pas un suicide ?

- Toute la mise en scène suggère un suicide.

- Précisément. Grandiloquente tu ne trouves pas ?

- Ça ne fait aucun doute, mais ? C'est un fanatique.

- Il y a eu cette hypothèse sur le pouvoir de Kira, capable de tuer autrement qu'avec un infarctus. »

Je posais le pc de côté. « Oui, je me souviens. Le premier ne l'a jamais testé, ou bien c'est passé inaperçu.

- Le troisième Kira veut nous faire croire qu'il est l'original. Il a fait taire ceux qui remettaient ce statut en doute. Or la vaseuse tambouille religieuse -

- Est la signature du premier. Sauf que la seule explication logique pour un meurtre déguisé en suicide serait que Lockhart soit directement lié à Kira.

- Il n'y a pas de preuves tangibles, pour le moment. Il suffit d'être patient.

- Peut-être qu'il n'y en aura jamais et en définitif ce ne sera qu'un suicide prétentieux.


« Regarde Aby chou. » Rouge moqueur. « J'appuie sur un seul bouton, et le miracle du café s'accomplit. Démonstration. »

Aiber s'empara du gobelet fumant. « Vous devriez écrire L'arcane complexe et secret de la Machine à café pour les…

- Nuls ? Incompétents ?

- Non-techniciens. »

Un rire monta, velouté. « Jolie paraphrase, mon ami. Maintenant que l'exemple est donné vous n'avez plus d'excuses, montrez-nous l'étendue de vos talents. » Une main s'avança vers le gobelet, attendant qu'on lui remette le fruit de son labeur.

« Je préfère nettement préserver le mystère. » Le gobelet monta à la bouche d'Aiber. « Vous ne voudriez pas endommager un outil de travail ? »

Une cigarette s'alluma, ornée d'un sourire joueur. « Quel travail ?

- Ne sous-estimez pas l'influence névralgique d'une machine à café. Feindre d'ignorer le fonctionnement de cet obscur mécanisme est un excellent moteur à conversation.

- Faire la conversation, hum. » Bouffée blanche. « Et c'est un travail ? Commère ?

- Autant que de se balancer autour d'un fil en combinaison moulante. » Gorgée de café avalée.

« Soit dit en passant, vous jouez admirablement bien votre rôle de plante en pot-tapisserie à fleurs, de temps à autre. À moins que ce ne soit la jardinière de figuration ?

- Plante en pot, jardinière ou tapisserie à fleurs ? Décidez-vous, le message n'est pas très clair. Connotations différentes, sens différents, association invalide. Bidouiller des grille-pains reste votre plus grand atout, Wedy, je le crains. Sauf si vous avez la main verte, auquel cas tout s'explique. »

La voleuse avança, jouant la distance. Voix malice et murmure. « Mes mains valent de l'or. »

Aiber haussa un sourcil. « Je pourrais renchérir dans mon propre domaine mais qui sait quelles chastes oreilles nous entendent. »

Rire de gorge. « Pas les miennes chéri, pas les miennes. Au risque de heurter les vôtres, si je perds mon temps à bidouiller des grille-pains, ce sont des grille-pains biométriques ou codés à huit chiffres minimum.

- Complexe au saut du lit pour une tartine de bon matin, vous ne trouvez pas ? Vous êtes sur le pont pour les alertes confiture ?

- Seulement si les petites cuillères sont équipées de détecteurs de mouvements. Et je ne me fais jamais prendre. Que faites-vous si la machine est remplacée par une cafetière ?

- Peu importe, les boissons éternisent les conversations sauf en cas de mutinerie contre l'administration. Je récolte les informations et je ne me fais jamais prendre. »

Wedy, menton relevé. « Excuse pour se la couler douce ? Je devrais écrire L'art de se faire un café, pour les grands paresseux atteints de sévères troubles de flemmardise. Toute ressemblance avec l'une des personnes présentes dans cette pièce serait purement fortuite.

- Si vous écrivez ce manuel, l'avertissement n'a plus lieu d'être, sauf pour insulter le lecteur. Peu productif. Adieu catégorie best-sellers et grille-pain personnel à codage biométrique. »

L trancha une seconde le ping-pong verbal. « Ils ne perdent pas une occasion de se chamailler, n'y prête pas attention. »

La voleuse conclut, le gobelet de toutes les convoitises sournoisement ôté de la paume de son interlocuteur : « Je réquisitionne ce café Aby chou, mais vous savez sur quel bouton appuyer. Temps de mettre vos infos en pratique. »

Ils s'éclipsèrent de la pièce, passèrent devant nous, continuant à se taquiner. Leurs railleries décomplexées, peu à peu perdues dans les couloirs. Je retournai m'immerger dans les listes et profils des victimes de Kira troisième du nom, sans oublier les infarctus non revendiqués mais suspects. Deux heures d'excavations inefficaces me permirent juste de ressortir le nom d'un PDG d'une des plus grandes sociétés d'affaires à la mort louche. Pas sans intérêt, mais sans corrélation… inutile. Soupir. Récemment l'enquête ne cessait de se cogner contre des murs. Consultation brève du portable, pas de sms ni appels en absence. Énième message vocal.

Je laissais ma nuque se poser sur le dossier, un regard glissa sur le détective : endormi sur le fauteuil voisin. Rarissime. Ses jambes remontées au menton, son ordinateur à la survie incertaine vite récupéré pour la table basse à l'équilibre moins précaire, seul autre meuble à ma portée.

Un genou à terre, mes yeux à la hauteur de ses paupières closes. Curiosité. L'abandon était étrange, sans micro-expression enclavée dans les traits du visage. Il ne se ressemblait plus vraiment, peut-être, mais n'avait jamais ressemblé à personne.

Autrefois vapeur anthracite, ses cernes viraient charbonneux. Contraste tranché sur les pommettes aux lignes aiguës. Double touche solitaire sur sa peau, l'obsession noire des yeux éteinte.

Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ?

Où était Misa quand j'avais besoin d'elle ? Son bavardage inepte mais diabolique pour les pensées parasites, selon le principe par retournement qui avait fait ses preuves. Un emportement de paroles insipides oblige la concentration sur l'essentiel. Blocage, filtrage de l'action extérieure sur l'intérieur.


Le soir venu, ultimatum. « Misa doit être rentrée.

- Et alors ? Elle ne viendra pas.

- Je veux aller la voir.

- Totalement incompréhensible, c'est non. »

Comme si j'allais l'admettre. « Ça n'a rien d'incompréhensible. Elle est censée être ma petite amie, au cas où cette information t'aurait échappé.

- Censée. Voilà le mot. » Je roulais des yeux. « Tu n'as pas assez envahi son téléphone ? Mais peut-être que tu vises l'injonction d'éloignement ? Si oui tu as tout mon soutien, et mon approbation.

- En parlant d'éloignement, tu as tout intérêt à te décoller du canapé, avant que je n'informe Watari des détails de ta petite blague. Je crois qu'il sera très surpris.

- Je ne veux pas voir de regard pop-corn sur le visage de Watari, ceci dit tu n'as aucune preuve. Qui penses-tu qu'il croira ?

- Moi. Il n'était vraiment pas convaincu ce matin, et comme Misa a filé à l'anglaise » Regard noir, mérité « ça donne indéniablement plus de crédit à ma version qu'à la tienne. »

Mains dans les poches de son jean informe. « Quelle est ta version au juste ?

Réticence, pirouette trouvée. « Si tu l'entends, Watari aussi.

- Mais si Watari l'entend, il entendra aussi les détails de l'attentat du premier acte. » Premier acte ? « Je parle bien sûr de ton acte hautement inqualifiable. Sans oublier celui d'il y a trois heures et demie. » Rictus triomphant. « Les caméras ne sont jamais off dans le salon.

- Je m'en serais douté. Et ? »

Quelques touches pressées plus tard, il sélectionna le minutage : sa sieste d'une demi-heure. Caméra de face par rapport à lui, puis de dos. Arrêt sur image. « Tu as l'air bien pensif, non ?

- Imagine une tentative de trépanation par la force psychique. »

Finalement le chantage à l'empoisonnement alimentaire était bien plus efficace que la menace de délation. La prochaine fois je m'armerais d'un sachet de choux de Bruxelles, histoire de passer directement au plan B, dans l'intérêt de tous. Surtout le mien.

L traînait les pieds avec l'enthousiasme tout gastéropodien des mauvais jours, chaque pas comme un martyr apathique. Lui demander d'accélérer ne changeait pas grand chose, pire, il semblait même prendre un malin plaisir à ralentir. Pas de certitude, mais c'était parfaitement probable et l'idée même suffisait à m'agacer.

« Pourquoi tu as fait ça ? » Je l'avais enfin dite, la question envahissante. « Tu détestes les contacts physiques. » Raison précise pour laquelle j'avais… quelle était son expression ? Attenté le premier acte ?

« Peut-être que je déteste Misa encore plus, assez pour faire cet odieux sacrifice.

- Navré pour le dérangement insoutenable. Tu n'as pas eu peur de risquer un coma ou de griller les synapses rescapées du premier Grand Traumatisme ? » Pointe d'ironie pour l'insuffisance. Pourquoi n'était-il pas parti à la seconde précise où je m'étais réveillé ? Non, à la seconde où Misa avait quitté la pièce ?

« Énervant, non ? Quand l'explication servie est proprement indigeste ? » Jubilation ouverte. « Mon plan a encore mieux fonctionné que prévu, je dois dire. » La suite se perdit dans un marmonnement à peine audible. « Le schéma n'a pas extrapolé assez loin.

- Schéma ?

- IA. J'ai en quelque sorte sous-estimé le caractère stupidement sentimental de Misa.

- Tu as… ? » Ricanement. « Et ça t'étonne de ne pas avoir su prévoir sa réaction ? Si tu as besoin d'un schéma, j'aurais pu te faire un dessin. » Il serra les lèvres en ligne mince. « Qu'est-ce qui a échappé à ta compréhension exactement ? »

Une minute passa, les sons difficilement extirpés de ses mâchoires. « Je ne pensais pas que quelque chose d'aussi insignifiant la ferait partir à grands cris. Réussite à 200 pour-cent. » Yeux étrécis. « Au lieu de t'en prendre à moi, tu devrais te pencher sur ton propre cas. »

Sans blague. « Je t'ai soufflé l'idée peut-être ? S'il n'en tenait qu'à moi, elle ne serait pas cloîtrée dans ses appartements, refusant de me parler.

- Si on y réfléchit deux minutes, c'est toi qui a fait basculer une variable comportementale. En passant sur son caractère atroce. Elle ne devait pas se sentir en sécurité puisque la relation est déséquilibrée.

- Bien sûr, manque d'attention de ma part, c'est ça ton excuse ? Tu es donc libéré de toute responsabilité puisque c'est à cause de moi, en fin de compte ?

- Quelque chose comme ça. » Il haussa une épaule, cachant à demi son contentement. De quoi ? D'avoir trouvé une sortie de secours ? « Au départ je ne faisais que réagir à ta conduite injustifiable.

- En faisant la même chose ?

- Pas tout à fait.

- Différence minime. » J'indiquai rageusement l'étage à l'ascenseur. L en indiqua un autre. Je ré appuyai. Un autre. Appui. Autre. Appui. Autre… Ryuzaki réussit à nous faire descendre au rez-de-chaussée. « Tu es content de toi ?

- Tu parles de quelle situation précisément ?

- Oh la ferme. » Les portes s'ouvrirent, refermées dès que j'appuyai, encore. Le laps de secondes montrant Watari perché sur un escabeau, se tortillant avec un mètre ruban. « Qu'est-ce qu'il fabrique ?

- Mesures pour l'aquarium à murènes. »

Il allait monter une ménagerie… L tendit le poignet vers le panneau de commandes, attrapé.

« Ça suffit. Ou je le garde jusqu'au quarante-huitième. » Il se dégagea sèchement, bouderie placardée au visage.

Parcours du combattant mal récompensé : deux coups légers à la porte de Misa. Rien. Elle était là, je le savais, l'avais vu entrer des heures plus tôt dans l'immeuble. Pas très surprenant cependant. Ignorant le commentaire sifflé narquoisement, « Quel dommage. » je laissai un mot sur le pallier. Même contenu que tous les messages envoyés plus tôt. Tellement bizarre de ma part, ce comportement.


Matsuda débarqua, casserole sous le bras à sept heures du matin. « Bien l'bonjour, monsieur et monsieur. Je viens montrer le résultat de mon entraînement intensif aux petits sablés, c'est une merveille. »

L se leva à demi. « N'approchez même pas de cette cuisine avec vos résidus radioactifs.

- Allez, L ! Soyez cool ! Une recette au chocolat ça peut pas être mauvais !

- Vous êtes capable de toutes les catastrophes, mon pauvre estomac ne sera pas damné par votre mixture infernale. Comment vous vous débrouillez pour passer ces sablés en fraude ?

- Secret du Chef.

- Oui, ils ont dit la même chose à Tchernobyl. Si vous cherchez une victime à torturer sadiquement, essayez le quarante-huitième. »

En représailles, quand il voulut virer le marchand du diable manu militari, je refusais de bouger. Matsuda en profita pour se diriger tranquillement vers la cuisine. S'ennuyant du manque de public, sans doute, il revint rapidement avec sa casserole. « Qu'est-ce que tu trafiques Raito avec ces feuilles ? » Le récipient échoua sur un coin de meuble. « Oh, c'est le dossier de Lockhart. Mauvais de bosser si tôt le matin, mais tu vas voir avec ma recette de la mort qui tue, tu vas être en forme. » De la mort qui tue ? Espérons que ce ne soit qu'une stupide expression. « Je t'offrirai le rôle de goûteur. »

L m'adressa un regard supérieur à la tu l'as bien cherché. « Oh il sera ravi, Raito-kun ne cesse de me rabattre les oreilles avec vos talents culinaires. Il les trouve grandioses.

- Je vous ai jamais parlé de ma passion je crois - »Visage rose, Matsuda allait être inarrêtable, lancé dans un discours type « De tout temps, l'homme a toujours. » comme une poubelle dans une pente à 90 lestée d'un obèse avec une fusée.

Hors de question. Contact visuel rapide.

D'un commun accord, Matsuda atterrit devant la porte, casserole comprise. Ultime tentative de résistance, une cuillère comme étendard pour plaider sa cause il faillit baptiser la porte au passage mais L le poussa en arrière, alors que je fermais le battant. Le policier râla un moment, puis s'éclipsa sans remarquer que le verrou n'avait pas été mis. L'hypothèse de se prendre sa casserole dans le nez par un détective excédé avait dû calmer son engouement culinaire.

De retour à nos places respectives, L et moi, face à face. Le soulagement de survivre au terrorisme de Matsuda, très vite remplacé par la suspicion. Les yeux de Ryuzaki filtraient par intervalles au dessus de son écran. Regards aiguisés, puis concentration brutale sur son ordinateur.

« Qu'est ce qu'il y a ? »

Le manège recommença, coups d'œil furtifs. Localisés, alternés avec l'écran. Dérangeants. Son ordinateur soudain fermé sur le meuble, il se leva, s'accroupit souplement sur la table basse. Mon commentaire bloqué dans la gorge. Son visage, comme la veille au matin. Trop proche. Respiration effilée et je m'en rendais à peine compte, occupé à chasser le chuchotis glissant mon dos. Sa main avança, tourna ma tête.

La pointe de sa langue, velours chaud sur ma pommette.

Il se détourna, s'assit à droite avec détachement, le même côté que ma joue. Vague entente de l'explication. « Tache de chocolat. » Mon regard se fixa devant : la porte était ouverte, Misa et Watari. Yeux immenses. Murmure rapide pour L. « Reste. Écart précipité paraîtrait bizarre. » À son expression de profil, la présence de Watari n'était pas au programme. Sur un hoquet Misa s'enfuit, littéralement. Watari immobile, statuaire.

Profit de l'instant paralysé, avant la déferlante. Second murmure, plus près, presque dans les cheveux sombres. « J'imagine que c'est le regard pop-corn ? »

Le vieil homme et le détective en chiens de faïence, je posais le pc de L après examen, vexé sans l'admettre.


Attente de l'ouragan qui revenait, pour moi. Bruit sourd et rythmique, éclairci à chaque enjambée.

« Tu avais dit que c'était une mauvaise blague… et je voulais pas te croire. Mais je t'ai cru et voilà que je reviens, que je veux que tout s'arrange… Et je vous retrouve comme ça. Encore. Tu te fous de moi ! »

Ma main se posa sur son épaule, se voulait apaisante, convaincante. « Il te suffit de regarder l'ordinateur de Ryuzaki. Il a calculé son coup pour que tu arrives au moment précis qu'il souhaitait, son ordinateur affiche les caméras de l'ascenseur.

- Parce qu'il avait prédit le chocolat bien sûr !

- Non, mais il l'a utilisé contre nous. En voyant l'étage que tu indiquais Ryuzaki a su-

- Toujours Ryuzaki, Ryuzaki. J'en ai marre ! Comme si deux fois c'était un hasard, me prend pas pour une idiote. Je vois bien comment vous vous entendez tout les deux ! Est-ce que tu tiens à moi au moins ? Est-ce que je suis juste bien dans le paysage ?

- Misa, ne dis pas de bêtises c'est-

- Ah ! Alors je dis que des bêtises ? C'est ça ?

- Ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Maintenant tu en dis mais -

- Je suis pas assez intelligente, je sais ! C'est le truc hein ? Je suis une conne ! Mais dis-le, dis-le !

- Tu n'es pas une idiote Misa, jamais je n'ai pensé ça. Pas une fois. »

Des larmes montèrent aux yeux bleus, « Alors pourquoi t'es tout le temps avec lui ! Jamais avec moi ! Tu me dis jamais que tu m'aimes et tu me dis jamais que tu veux passer du temps avec moi. » J'ouvris la bouche. « Tais-toi ! Surtout tais-toi. Je l'avais dit que cette histoire de menottes c'était dégeu. » Elle arracha mes paumes de ses bras. « Et lâche-moi ! » Crescendo assourdissant de hurlements, d'imprécations, de reproches en avalanche.

« Regarde sur son ordinateur, pour la millième fois.

- Et alors ? Même s'il l'a fait exprès ! Pourquoi tu n'as pas réagi ? Deux fois ! Deux fois ! Et ça se trouve y en a plein d'autres. Vas-y si je suis pas au courant, c'est le moment. Déballe tout.

- Misa s'il te plaît, il n'y a rien. Il veut te faire enrager. Tu ne le laisserais pas nous séparer ?

- Pourquoi tu l'a laissé faire ?

- J'étais surpris. »

Rire froid. « Tu veux me faire croire que c'est une excuse ? Mais tu te fiches de moi ! » La moindre phrase placée entre deux cris, aussitôt étouffée dans l'indignation de Misa. Tornade blonde qui n'écoutait pas un mot de ma bouche, sauf le prénom du détective, suffisant à la faire grimper en rage de plusieurs crans.

La voix éraillée, elle se tut brusquement, étrangement impassible. Porte claquée avec hargne.

Trois traits rouges laissés sur ma joue droite.


Thirst


Un chat devant un bol de lait n'aurait pas eu l'air aussi satisfait que moi en cet instant. Misa évincée, reléguée à sa chambre, invisible et surtout inaudible. Pur bonheur.

Depuis son petit coup d'éclat, un calme relatif était rétabli, son évitement précautionneux de ma personne d'une efficacité aussi appréciable qu'étonnante. Quand elle le voulait, elle était très capable de subvenir à ses besoins vitaux. Retranchée dans son clapier, avec une pomme et deux tomates, la diva ne ressortirait certainement qu'au petit matin, pour aller « travailler ».

Raito frôla sa joue du bout des doigts. Les griffures encore visibles, écarlates.

« Si tu veux, je veux bien ordonner qu'on l'ampute des premières phalanges. Ses mains ne lui servent pas à grand chose, après tout.

- Arrête de vouloir torturer les gens tout le temps.

- Tu n'es pas fâché contre elle ? »

Incompréhensible. Elle lui avait fait mal, les coupures fines les plus douloureuses, la joue sensible.

« Elle n'a fait que réagir à tes provocations. C'est de ta faute si elle m'a griffé.

- Et de la tienne si tu n'as pas su la calmer. J'aurais pu faire largement pire, question provocation.

- Je ne veux pas le savoir. Lockhart avait des amis dans de multiples endroits, politiques comme économiques. Il avait forcément un lien avec Kira, alors une de ces structures doit en garder des traces.

- Tu détournes la conversation.

- J'y reviens, au contraire. Le but de ma présence ici est de coincer un criminel, pas de jouer comme un gamin dans une cour d'école. Navré que tu n'aies pas connu ces joies dans ton enfance, mais ce n'est certainement pas le moment de rattraper ton retard. »

Vraiment, Raito, penses-tu que ça ait la moindre chance de passer, une telle feinte ? Avec moi ? C'était presque insultant.

« Méchant. »

Sourcil levé, marque finie de supériorité intellectuelle, face à un jeu pourtant innocemment puéril.


Le bruit de la perceuse s'évanouit, un énième tableau de liège enfin accroché au mur, immédiatement assailli de dizaines de feuilles épinglées. Les pistes, amoncelées, scrupuleusement évincées l'une après l'autre par un étudiant au top de sa forme. À croire qu'il se nourrissait de travail.

Tartelette aux cranberries et cookies miel.

J'étais presque le seul ici à être d'avis que lorsque Kira ferait une erreur – inéluctable – les indices nous apparaîtraient clairement, mais que d'ici là, les chercher en tant que tels n'avait aucun intérêt, parce qu'aucune chance, même infime, d'aboutir à un résultat.

D'où leur acharnement à noircir du papier.

« Dites, lorsque vous aurez fini de détruire les forêts, quelqu'un pourra aller acheter des churros ?

- Il me semblait que tu n'étais pas spécialement intéressé par le sort des arbres, et que c'était Kira, le responsable ?

- Le responsable varie selon mes besoins. Puisque Kira n'est pas là, l'accuser n'a pas beaucoup d'intérêt. »

Il leva les yeux, chercha la réponse dans les miens.

Sans céder pour autant, je n'avais aucune raison de continuer à l'ennuyer avec le sujet. Du moins, pas quand l'ambiance était tolérable. S'il ne s'en souvenait pas, le torturer en lui jetant au visage mes soupçons passés n'aurait pas été très sympathique. Doute. Depuis quand exactement prenais-je tellement son bien-être en considération ?

Dans son regard à mi chemin entre le soulagement et la victoire, les rappels de mes faiblesses se succédaient. Laissé libre, enfermé dans des conditions plus que souples, relâché pour le préserver. Choyé, dorloté. Illogisme de mon comportement.

Calme. Part de quatre quarts.

Si j'avais été tendre, c'était pour ne pas gâcher son potentiel. Surtout maintenant. Un alter ego et une pécore future chômeuse de longue durée, ça ne mérite pas la même considération.

« Mieux vaut tard que jamais, paraît-il. Pour un prétendu génie, tu auras quand même été lent à la détente.

- Force des convictions. » Ton traînant, désintéressé.


« Je te présente Kyo et Sami. Ce sont des mâles. Les femelles ont tendance à se bouffer entre elles. Sales bêtes, toujours à attendre qu'une proie libre et innocente passe à portée de leurs mâchoires venimeuses.

- Tu parles toujours des murènes ?

- De quoi d'autre ?

- Vraiment, Ryuzaki ? Un enfant de douze ans aurait choisi des noms plus subtils. »

Je me renfrognai, boudeur. Pourquoi n'avais-je donc pas le droit de jouer, puisque pour une fois, ce n'était pas au détriment d'un prisonnier ou de son amour-propre ? Raito leva les yeux au plafond, semblant amusé. Ou exaspéré.

« Tu es un gamin. »

Vexant. L n'était pas censé être ceci, L devait être sérieux, blablabla… « Au fait, j'ai remplacé le déodorant à l'ylang-ylang de ta petite amante par de la laque.

- Ma…

-Ton amante. Non ? Si tu es impui… »

Les phalanges en impression négative sur ma joue, mon pied renvoyé en représailles. Le bruit délicat et creepy de la chaîne glissant contre le sol de béton brut accompagna la rencontre malheureuse de mon crâne contre le minéral. Juron échappé, doigts rapidement passés dans mes cheveux. Rouges.

« Yagami-kun, pour un futur policier, je trouve que tu prends bien à cœur les remarques personnelles. Ce comportement pourrait être délétère pour ta carrière, j'espère que tu en es conscient.

- Si tu tiens à conserver quelques uns des misérables neurones qui survivent dans l'entrepôt à idées débiles qui te sert de tête, tu devrais fermer ta grande gueule, pour une fois. »

Rapide époussetage des vêtements, les plis droits redevenus rapidement parfaits. Insupportables. Il faudrait saboter les fers à repasser. En plus de soulager Watari de la gestion de sujets aussi triviaux, je pourrais envoyer un larbin au pressing. Et retenir les notes de frais sur son salaire, en m'arrangeant pour lui imputer le naufrage des machines du QG.

Une main ferme agrippa soudain mon épaule, tirant pour me remettre debout. Chaleur étrange au travers du tissu, geste inhabituel, à la frontière de l'effrayant.

« On doit retourner travailler.

- Pas observer les murènes depuis le sol ? Ça revient franchement au même. »

Sourires siamois.

« Les dents des autres sont un peu moins pointues. Et il n'y a que toi pour apprécier tes bestioles. Ton sens de l'esthétisme est déplorable.

- Mon sens de ? Les murènes sont nettement plus gracieuses que les pintades montées sur échasses que tu te trimballais à la fac il y a peu. »

La chaîne lâche, nos pas nous conduisirent à l'ascenseur. Retour à la salle principale, à ses soupirs de déception, ses regards bovins et ses odeurs de parfums éventés.

« Tu finiras à court de métaphores animalières.

- Je passerai aux bactéries et archées.

- L'humour va tomber à plat.

- Tu ne me conseilles pas l'insulte « eucaryote unicellulaire », si je te suis.

- Pas vraiment. « Tu as l'air aussi débile qu'un protiste en tongs » n'est pas au programme des réjouissances du Festival du rire de cette année non plus.

- Tristesse. »


Un cri, outré, encore. « Je veux mon rendez-vous en tête à tête avec Raito, et c'est pas négociable !

- Hors de question, il est occupé.

- Ce n'est pas son rôle de… de… mais qu'est-ce que vous faites, de toutes façons ?

- Nous enquêtons, miss. Des indices sont disséminés dans la pièce, cherche bien. Même avec ton QI de poulpe, tu devrais arriver à en trouver au moins sept. Et comble du bonheur, tu as assez de doigts pour ne pas perdre le compte. »

Jamais elle ne comprendrait, avant que je l'envoie creuser dans les cendres de Pompéi pour chercher les restes de cadavres humains, que sa présence ici était non seulement indésirable, mais aussi lamentablement un fardeau. La raison pour laquelle mon presque père la laissait jouer les princesses dans mon royaume restait encore un mystère, mais nécessiterait une petite mise au point avant peu.

« Merci bien, au revoir ma demoiselle. »

Joues rougies, mains tripotées. « Tu parles français, toi ? C'est une langue trop raffinée, arrête. Elle ne te va pas. »

Je me redressai, pris un air blasé – plus que d'habitude, le snobisme en plus – pour lui répondre.

« Le japonais de base ne semble pas atteindre ton cerveau. Mes aptitudes me permettent aussi de te dire « casse-toi » dans une trentaine de langues. Tu en auras un exemple si tu n'enlèves pas ta graisse de mon champ de vision dans la minute. »

Les larmes, presque débordées, menace du maquillage en fuite, rivières noires de khôl furieux. Elle se détourna, lancée contre un Raito volontairement en retrait, en politique de non recevoir, veuillez laisser votre message après le bip sonore ou rappeler ultérieurement.

« Knight chou, pourquoi tu ne me défends paaas ? Ryuzaki est toujours horrible avec moi, je croyais que j'avais été claire. Je veux que tu le fasses taire ! C'est comme ça. »

La danse de ses doigts fins sur le clavier s'arrêta. Il me regarda, dédaignant Misa.

« Tu n'as pas envie de te taire, Ryuzaki ?

- Non. »

Vers Misa. « Il n'a pas envie de se taire. » Puis il reprit son rapport.

La dignité outragée fit demi tour, dans un mouvement de tissu de dentelle froufroutant, jeux de noir et de noir, glas du gothique trop terne. « Puisque c'est ça, je vais aller manger chez ta famille, Raito ! Eux au moins, ils me soutiendront ! Ils ont du goût, le sens des convenances, et pas d'amis dépravés et pervers. »

L'assentiment de Yagami père, sa bénédiction à ce repas de future famille, se noya dans ma remarque, acide. « C'est ça, va donc pleurer ailleurs, ça nous fera de l'air. Et mets une cagoule, ta face de protozoaire pourrait donner faim à des blattes. Les seules à avoir le potentiel dégénéré pour t'apprécier. » L'air sceptique de la majorité des enquêteurs me donna l'inspiration pour terminer sur un commentaire plus trivial, moins intellectuel, mais accessible de la populace. « Grosse morue. »

Rires retenus.

« Les caméras l'ont bien suivie. Elle va chez moi.

- Au moins, comme ça, elle peut prendre le temps d'apprendre à connaître Sayu et ta mère, fils. C'est toujours une avance pour la suite. » Tape sur l'épaule en guise de… de quoi ? Félicitations ? Encouragements ? Condoléances ?

« Papa, je ne compte pas me marier avec tout de suite.

- Le tout de suite est de trop. »

Toussotement. Si maintenant mon avis n'était même plus le bienvenu pour ce genre de broutilles, autant recommencer mes marshmallows. « Qui prend les paris sur le nombre que je peux mettre dans ma bouche ? »

Les écrans secondaires passèrent en plans intérieurs de la maison. Le hasard, et ma chance habituellement si défaillante, jouaient en ma faveur – la cuisine était propre, sans résidus de végétaux pour encombrer les endroits dévolus à la préparation et à la dégustation de parfaits au praliné ou de mille-feuilles.

« Attends, pourquoi les caméras sont encore là ? Je vis ici à temps complet, enchaîné, à quoi ça peut te servir d'avoir ces images ?

- Ma famille devait être innocentée. Simple rappel. Et son intégrité physique et morale assurée. »

Insinuations lourdes. J'aurais presque eu envie d'embrasser son fils, juste pour que Sôichirô fasse une crise d'apoplexie en direct. « J'ai oublié de les enlever. » Double irrecevabilité de l'excuse. « Si ça peut vous consoler, elles ne se sont réveillées que parce qu'une personne sous surveillance est entrée. Chut, maintenant, ça commence. »

J'augmentai le son, saturant presque les hauts-parleurs. L'épisode de La vie formidable de Misa Amane, la gourde bientôt siliconée, s'annonçait inénarrable.

Les salutations et bizouilles diverses échangées, elles allèrent toutes trois se vautrer sur le canapé et les fauteuils, télévision en sourdine, comme une veilleuse pour bébés, addicts. « Alors dites-moi, Amane-chan, comment va donc mon fils ? Il nous manque tellement, je suis sûre qu'un jour mon mari saura reconnaître votre relation. Il est trop sérieux, mais pas obtus, vous savez.

- Ah, je l'espère, qu'enfin notre couple soye bien considéré, ce serait pas trop tôt. J'avoue que j'ai un peu peur, ces temps-ci, il est distant. Pourtant, je crois bien que je fais tout bien comme il faut.

- Oh, ma chère, voulez-vous une tasse de thé vert ? Nous serons plus à l'aise.

- Avec plaisir, madame. »

La mère évaporée dans son domaine culinaire – du moment qu'elle ne touchait pas à du solide, mon estomac survivrait – Sayu, petite peste, petite sœur, se mit à chuchoter frénétiquement. « Sans déconner, vous êtes en froid ? Parce que selon le niveau, tu sais, un peu d'originalité sous les draps ça peut décoincer. »

Concert de raclements de gorge, et début de crise de nerfs pour un père apprenant un peu crûment que sa benjamine résolvait les conflits sur l'oreiller.

« Merci, Sayu. Mais je crois plutôt que c'est… ses amis, qui sont le problème, tu sais. Ils arrêtent pas de baver sur mon dos, et même là, je suis certaine que c'est pour ma pomme. Pourtant, je l'aime, moi. » Ton implorant, elle prit son visage entre ses mains. Pauvre petite chose fragile, trop tôt lâchée dans le vaste monde de la concurrence à tous niveaux. Sayu, prise de pitié, lui tapota le dos, vaine tentative de réconfort médiocre, minée par le bruit peu glamour de l'eau frémissante.

« Bientôt, elles vont manger de la glace, chocolat et noix de pécan, en regardant une télé réalité.

- Ou Titanic.

- Pour l'analogie du naufrage ? L'histoire aurait plutôt mérité une bouée canard, si tu veux mon opinion.

- Elle n'est pas nécessaire, Ryuzaki. Raito est assez grand pour gérer sa vie sentimentale sans aide extérieure, surtout venant d'un étranger. » Depuis le temps, si j'étais toujours considéré comme extérieur au cadre des amis proches, je le serais à vie.

Une ribambelle de mignardises apparut sur un plateau, en compagnie d'une théière aplatie, typiquement nippone.

« Bien, on va pouvoir jacasser un peu. Vous devez bien avoir des infos croustillantes sur les derniers potins des stars, et ce qui est en préparation pour cet été ! »

Désespoir.

« Déjà avant avec une fille c'était bien. Prenez-en trois, et là vous vous retrouvez avec une compilation de tous les sujets existentiels les plus incontournables. »


La nuit tombait, au dehors. La désertion des ensommeillés achevait d'imposer le calme en salle de travail. Quelques claviers poussés hors-champ pour laisser place aux plateaux repas, nous n'avions pas besoin de nous arrêter.

Pour l'instant, la dissection des dépenses de Lockhart et de ses complices, incluant les organisations avec lesquelles ce requin avait frayé, était ma priorité. But dispersé, pire que de chercher une crêpe au chocolat dans une boucherie au Soudan. Toutes les entreprises, tous les partis politiques étaient véreux par nature, seuls leurs scrupules à l'assumer différaient. Un trafic d'écrans LED passant par la Chine intérieure avait abouti dans le salon de quatre dirigeants de multinationales, en plus de celui du martyr à la couronne d'épines. Mais ce type d'informations avait le mauvais côté de ne jamais présenter plus d'intérêt que celui de me faire perdre mon temps en facilitant le travail des chiens de ces mêmes entreprises. Injustice absolue, presque criminelle.

« L, si tu rechignes à envoyer ce rapport, tu n'as qu'à le marchander. Seyom et Hatsuchi Visions n'ont rien fait pour que tu leur offres ces infos.

- Je ne rechigne pas.

- À d'autres. Tu as arrêté de manger, ça veut tout dire. »

Il n'avait même pas besoin de tourner la tête pour faire son constat.

« Puisque ça t'intéresse, L ne vend ni ses sources, ni ses résultats. L œuvre pour la Justice, c'est tout.

- Tu n'es plus la Justice ?

- De manière globale, bien sûr que si. C'est pour ça que je ne couvrirai pas un trafic, même minable.

- Ses commanditaires ne peuvent pas te servir. C'est ça, surtout.

- Aussi. Tu finis par résonner comme moi. »

Il fronça les sourcils, reposa sa fourchette sur les pâtes au curry. « Jamais. Je tiens trop à mon intégrité, et je n'agis pas au contraire de mes convictions. » Yeux droits, port altier, la force de celui qui est certain de ce qu'il affirme. Il lutterait contre vents et marées pour défendre ses idéaux. Sauf à les oublier. Je repris un peu de crème chantilly du bout des doigts, les léchant consciencieusement.

« Soit. Mais toi, tu vendrais ce rapport ?

- Oui. Sous un autre nom. »

Oh, il était tellement plus proche de mon mode de fonctionnement qu'il le croyait.


Une fois de plus, la nuit s'était déroulée sur les fauteuils. Raito émergeait, à l'odeur du café que je venais de poser sous son nez. Étirements du matin, maigre soulagement pour des muscles courbaturés, maltraités. Heureusement que l'odeur des confitures titillant déjà les papilles était là pour remettre nos cœurs à l'ouvrage.

« Bonjour. Pendant que tu dormais -

- Comme tout être humain normalement constitué.

- Je sais. De toutes façons, j'ai continué, il n'y a pas de problème.

- Tu as envie de m'énerver, déjà, si tôt ? »

Soupir. S'il n'était pas capable de rester réveillé plus de quarante-huit heures, et d'être opérationnel dès l'interruption de son sommeil trop long, ce n'était tout de même pas de ma faute. « Au passage, je te dirais que moi, je ne m'endors pas au milieu de la rédaction d'un mail. » Silence boudeur, encore. « Je disais, donc. Est-ce que tu trouves normal qu'une usine pétrochimique achète quatorze palettes de confiture de fraise par semaine ? »

Éclat d'intérêt retrouvé, lumière d'intelligence toujours en alerte. Un frisson le long de mon échine, alors que Raito rouvrait déjà les extrapolations faites sur l'emplacement de Beyond, au regard des soupçons des caméras et des ventes de fraises. Désavantage certain de n'avoir qu'une addiction précise.

« Pourquoi aurait-il privilégié cette usine ? Pourquoi la pétrochimie. Il ne doit pas préparer un attentat, ça n'aurait pas d'intérêt pour lui.

- Une couverture ?

- Ou juste une fausse piste. Tu as déjà ouvert la chasse, je suppose.

- Hmm. » La tension dans ses doigts, le courant d'adrénaline dans l'échine et jusque dans les reins, je les connaissais. L'attente d'enfin coincer sa proie, de lui scier les ailes, lui lacérer les jambes et lui crever les yeux. « La police devrait nous faire son rapport bientôt. »

Accroc dans la symphonie, saute d'image. « Pourquoi la police ? Tu n'as pas envoyé Wedy, ou Aiber ?

- Ils sont occupés ailleurs. Sous-marinent les réseaux de Lockhart. » Voix incertaine. La mienne. « Quel jour, aujourd'hui ? Ils devraient bientôt revenir. »

Assassinat du regard. « Jeudi. » En retard.

Portable décroché, en hâte, touche d'urgence. « Watari. Où sont Aib' et Wedy? »

Patience de quelques secondes. Les traceurs relancés, mis en veille pour ne pas attirer l'attention d'un éventuel ennemi. Excès de prudence, imprudence éventuelle mais nécessaire.

« Je ne les trouve pas.

- Ils ont disparu. »

La tentation du facepalm, tellement visible dans les yeux de mon ami.


Tout le monde était sur le pied de guerre. Situation au bord d'être critique. Si je ne pouvais pas remettre la main sur mes deux meilleurs éléments extérieurs, la difficulté de la traque allait réellement augmenter.

Hormis un Matsuda ayant une fois de plus envoyé à terre une pile de papiers scrupuleusement rangés de ce qui était fait et restait à faire dans les étapes de recherche, l'ambiance n'avait pas été aussi sérieuse depuis des semaines. Peut-être l'optique de perdre la seule femme de l'équipe jouait-elle en la faveur de l'efficacité globale. Même moi n'avais pas agoni d'injures l'idiot et ses deux mains et pieds gauches.

La journée passait, à peine rythmée par quelques jurons, d'autres échecs. Leur loyauté n'était pas en cause, c'était impossible. J'avais assez insisté là-dessus. Mais leur absence n'en était que plus inquiétante. Une sourde colère grondait dans mon ventre. Si Beyond ou Kira avait réussi à me les prendre…

Un écran s'alluma, retransmission des panneaux publicitaires du centre de Tokyo. L'imbroglio de couleurs criardes supprimé, remplacé par un rouge sur blanc, et un message d'une limpidité effrayante.

BB is watching you.

Son foutu sens de la mise en scène ne cessait jamais de m'éblouir. Deux combinaisons de touches plus tard, tout revenait à la normale. Il n'y aurait qu'à prétendre une panne informatique, un bug, ou…

« C'est à toi qu'il s'adresse. Il sait où nous sommes.

- Évidemment qu'il le sait. Il n'est pas débile, contrairement à un certain nombre d'empaffés ici présents, qui auraient mieux fait de rester téter le sein de leur vieille… »

La porte s'ouvrit, Watari amenant avec lui son pouvoir de me faire taire quelque soit la situation. « Ryuzaki, je peux te parler une minute, en privé ? » Instant de flottement. Il avait forcément conscience de la situation. Me demander de relâcher Raito, d'enlever la chaîne. Impossible devant l'équipe au complet.

« Maintenant, s'il-te-plaît. »

Je baissai les yeux. Puis me levai, tirant sur le lien, emmenant Raito avec moi. Dans un salon attenant, je sortis la clef, défis les serrures. « Je reviens tout de suite. »

Yeux froids. Ses pensées très claires, la condamnation méritée et inattaquable.


« Tu as changé. Jamais tu n'aurais dû laisser Birthday s'approcher autant. Et toi comme moi savons que si tu n'as pas été aussi attentif que nécessaire, la raison se trouve dans ce bâtiment.

- Non. Beyond n'est pas aussi facile à piéger qu'un autre criminel, si Wedy et Aiber se sont fait attraper, ce sont eux les responsables.

- Si on parlait de ces agents du FBI tués par Kira, et comment tu l'avais pris comme un échec personnel ?

- Rien à voir. Kira a triché.

- L. » Jamais bon, quand il ne m'appelait plus par le pseudo de la mission en cours. « Je ne t'en voudrais jamais de rien, mais il est temps de te ressaisir. Qu'est-ce qui est le plus important, dans ta vie ? Quels sacrifices faut-il faire ? Quel prix accordes-tu à ta victoire ? » Le goût du sang au bout des doigts, preuve de mon malaise. Il avait raison. Toujours. Mais je ne mettrais Raito ni en cage, ni dehors. Irréfutable. « Je te le dis, je crois qu'il t'entrave, même inconsciemment, plus qu'il n'aide. Et s'il a été Kira, et le redevient, il te tuera. »

La voix de la raison. Toujours. Je me levai, sortis. « Non. »

La nuit finit par tomber, sonnant notre défaite dans les recherches. Ma mélancolie ancrée, répondre aux questions au-dessus de mes envies. L'appel de l'oreiller trop tentant, le besoin de vide omniprésent.


L'obscurité, cocon des non-dits et des interdits, terreau fertile de mon inconscient. Silhouette aux cheveux chauds, aux mains agiles, corps parfait. Yeux cannelle, dorés d'un désir qui n'existait qu'ici.

Doigts glissés sur une peau sans défaut, doucement irisée, le lisse brisé d'un frisson d'anticipation. Lui ou moi, peu importe, une même sensualité, mots sucrés susurrés au creux de l'oreille, rires envolés, déclencheurs d'autres frissons, creux des reins. Esprits et corps imbriqués. Odeurs de sucre et sueur mêlées, suaves. Soupirs de plaisir.

Une sensation floue, comme une caresse de plume. Engourdissement rare. Onirique. Parfait.

Puis un éclat torve, sadique. Des yeux enflammés, un rictus diabolique, alterné du sourire habituel. Les doigts glissés comme une caresse, étau implacable contre ma gorge. Bouches écrasées, terminant l'étranglement sur un rire fou. Douleur intenable, murmure haineux.

Sursaut. Tout n'était qu'un rêve.

La chute au réel, inconfortable. Le ronronnement de la climatisation, la lueur des diodes, le silence de la nuit.

J'étais perdu. Dans son lit, Raito dormait, sur le dos. Image du calme.

Mon ventre essoré, désagréablement sensible. Une tension inhabituelle, intimement animale. Dégradante, quand mon intérêt n'aurait en théorie dû ne se limiter qu'à l'intellect, aux joutes verbales, aux échecs, à la traque de l'autre, ou à l'union de nos esprits pour l'arrestation de celui qu'il avait été. Honteux.

Et la peur toujours vivace de ce que cachaient les méandres de son esprit. Kira pouvait-il reprendre le contrôle ? Si j'accordais ma confiance, est-ce qu'il me tuerait dès l'occasion présentée ? Et pourquoi, bordel, réagissais-je ? Pourquoi Kira était-il… avait-il été un adversaire suffisamment honorable pour que je laisse Raito dormir à côté de moi… ?


Sur les coups de cinq heures du matin, la pièce était encore vide. Moment idéal, heure des motivés, des acharnés. Malgré quelques bâillements étouffés, notre duo n'en avançait pas moins vite. Sans parler, nous n'avions qu'à nous envoyer nos dossiers, nos conclusions. Cerveaux en binôme.

Une petite lumière rouge clignota.

« Misa sort de sa chambre. Elle a l'air de venir par ici.

- Déjà ? Elle ne travaille qu'à neuf ou dix heures, il me semble.

- Je parie ce que tu veux qu'elle te cherche. »

Coup d'œil. Son air ennuyé ne pouvait tromper personne. Il n'avait pas du tout apprécié se faire griffer et insulter, et n'irait pas s'excuser de lui-même. Restait à ce que la poule ne vienne pas, elle, cocoller son amour et roucouler dans le coin dans l'optique de se faire pardonner.

« Ne bouge pas, Raito-kun. »

D'un coup rapide, j'agrippai l'accoudoir de son siège, et tirai pour me rapprocher. Sur l'image, Misa s'approchait, sur la pointe de pieds, un air de gamine préparant une blague placardé sur ses traits figés au fond de teint. Vif, je glissai ma main contre son dos, l'ancrai contre la hanche opposée. Équilibre précaire, ma tempe posée contre son épaule, odeur de lessive et de shampooing. Je diminuai la fenêtre, cachant à l'intruse que nous l'avions prévue.

Souffle d'air de la porte ouverte. Seconde de flottement. Tension des muscles de l'épaule sur laquelle je reposai. Joueur, je penchai mon visage, mime aussi convainquant qu'au cinéma. Porte refermée, claquée. L'emmerdeuse envolée, sortie.

Restai là. Mouvement de la main contre la taille, nez contre la joue.

Le coup attendu ne vint pas. À la place, une voix, blanche.

« Je sors avec Misa.

- Bien sûr que non. Tu es et restes ici, avec moi. »


Oui, L est carrément grossier à quelques endroits xD Disons que Misa commence à le faire craquer nerveusement. Par la suite, ce sera toujours méchant et insultant mais moins dans cette veine là. Et encore une fois, le comportement de L est fait exprès (mais je ne vous apprends rien, ça tombe sous le sens xd)

Soye * ceci n'est pas une hallucination xd En effet ce mot n'existe pas et n'est pas non plus une faute de frappe, c'est simplement la transcription d'une pronociation déformée (et fausse) de "soit" qu'en entend pas mal, et qui donnerait à l'oral quelque chose comme "souaille".

A dans deux semaines, mardi, pour le chapitre 22 :D