Chapitre 21 : Ceux qu'il aime et ceux qui tuent
Longtemps après cette distribution des cadeaux des jumeaux, et après avoir fait la fête un moment encore pour célébrer cette merveilleuse nuit de Noël, ils se décidèrent finalement à rejoindre leurs dortoirs pour dormir. Harry se changea, dit bonne nuit à ses amis puis ferma les rideaux... mais perdit tout sommeil lorsque son regard vert distingua une petite bête posée sur la tête de lit.
Il sortit sa baguette et lança un Silencio sur ses rideaux, avant de la pointer sur l'insecte qui changea de forme, et se transforma bientôt en un jeune garçon au grand sourire, assis en tailleur sur l'oreiller.
- Joyeux Noël, Harry.
Souriant en retour, Harry vint s'asseoir à côté de lui et le prit dans ses bras.
- Joyeux Noël, Dennis.
Ils restèrent un moment ainsi enlacés avant que les mains de Dennis ne se déplacent un peu, venant caresser la nuque de Harry qui en frissonna instinctivement, avant qu'il ne recule. Dennis n'insista pas, baissant le regard sur ses genoux.
- Je suppose que maintenant que tu as mis les autres au courant, il n'y a plus aucune chance pour moi...
Harry soupira. Ce n'était pas la première fois que le jeune homme, enfin, le jeune garçon maintenant, lui faisait des avances. Il pensait pourtant avoir été clair, précédemment, mais Dennis, tout comme Colin avant lui, avait du mal à se résigner à quoi que ce soit.
- Je te l'ai déjà expliqué, Dennis. Qu'ils soient au courant ou non du fait que je viens du passé ne change rien à ce que je ressens.
- Tu ne m'as jamais regardé, je sais, soupira Dennis.
- Je t'ai regardé, au contraire, lui répondit Harry en saisissant la petite main blanche du né-moldu. Je t'ai regardé grandir, apprendre à te battre, apprendre à ruser, à devenir l'un des meilleurs espions et négociateurs de l'Ordre. Je t'ai regardé devenir un homme.
- Et pourtant tu ne me toucheras pas.
Malgré la tristesse de ses mots, le visage de Dennis n'exprimait aucune émotion. Au contraire, un léger sourire étirait ses lèvres.
- Non, confirma Harry. Je ne te toucherai pas.
Dennis prit une grande inspiration et ferma les yeux. Il semblait presque soulagé de sa réponse.
- Tu sais Harry, depuis que j'ai voyagé dans le temps avec toi, tout a tellement changé... Bien sûr, mon frère est encore en vie, mais pas seulement. Il n'y a pas la guerre, j'ai un corps de bébé, j'ai dû recommencer à construire ma réputation depuis le début auprès des créatures magiques, et bien sûr il n'y a plus personne avec qui discuter de ce que je fais vraiment, puisque moi, j'ai gardé le secret.
Il lui sourit.
- Alors, tu vois, la stabilité de tes sentiments pour les mêmes personnes depuis, quoi... cinq ans ? En quelque sorte, c'est rassurant.
Harry l'observa longtemps sans rien dire puis s'allongea sur le dos en travers du lit, passant ses mains derrière sa tête tout en fixant le plafond. Il pouvait comprendre le ressenti de Dennis, il l'avait subi lui aussi, et le subissait encore sur certains points, comme sa mort prochaine ou les crimes qu'il avait commis dans son autre vie. Garder le silence sur des sujets aussi importants dans leur vie était pesant, c'est sûr...
Pourtant, ici et tous les deux, ils n'avaient pas besoin de rester silencieux sur leurs expériences passées.
- Dennis, tu te souviens de ton premier assassinat ?
Surpris par le sujet qu'il ne s'attendait pas à être abordé, Dennis s'allongea à côté de lui. Il se mit sur le flan pour le regarder et répondit que oui.
- Moi, c'était Antonin Dolohov, continua Harry en se rappelant du Mangemort. C'était quelques semaines après la bataille de Poudlard. Il avait tué Remus, et toute la colère que j'avais envers Voldemort n'égalait pas celle que j'avais envers Dolohov et Lestrange, qui avait tué mon parrain. Molly ayant tué la femme, il ne restait plus que lui dans ma tête.
Il eut un petit rire.
- C'est horrible, pas vrai ? J'étais censé être le plus grand adversaire de Voldemort, le seul rempart à sa victoire, mais je ne pensais même pas à lui, trop obsédé par le sous-fifre qui avait tué la personne que je considérais plus ou moins comme mon oncle. Si je n'avais pas bloqué sur lui, peut-être que j'aurais réussi à tuer Voldemort, à cette époque.
Après un moment de silence, il reprit :
- C'est Ron qui a remis la main sur lui. Il était seul, caché sous une cape noire pour ne pas qu'on le reconnaisse alors qu'il se rendait près d'une rue remplie de prostituées moldues. Il leur lançait des Imperium pour qu'elles s'éloignent du groupe et le rejoignent, puis il abusait d'elles en tout impunité avant de les tuer pour garantir leur silence. Ron a profité de son état post-coïtal pour lui jeter un sort. Il l'a désarmé, enchaîné, et l'a amené à moi. Là, il m'a dit : « Tu n'as qu'à en faire ce que tu veux ».
Harry ferma les yeux, se remémorant Hermione qui avait tenté de le dissuader, avant que Ron ne dévoile dans quelles circonstances il avait mis la main sur lui. Elle ne lui avait jamais donné d'approbation explicite, mais n'était pas intervenue durant tout le temps où Harry avait sorti sa baguette pour la pointer sur l'homme.
- J'avais déjà tenté de lancer un impardonnable, après la mort de Sirius, mais j'avais lamentablement échoué à l'époque, parce que j'étais furieux contre Lestrange, mais je n'avais pas sincèrement envie de lui faire du mal. Cette fois-là a été différente. J'avais tout mon sang-froid, et mon désir de vengeance était sincère. J'ai prononcé l'Avada Kedavra, je m'en rappelle encore, et la lumière verte a jailli tout naturellement de ma baguette.
Sa voix s'éteignit avant qu'il ne parle du sentiment qui avait suivi son premier meurtre. Le déchirement de l'âme, disait Slughorn. Un acte abominable...
Harry ne s'était pas senti abominable lorsqu'il avait vengé la mort de Remus, loin de là. Et pourtant, il avait bien senti le hurlement intérieur qui avait parcouru son être, comme si son âme avait souffert autant que sa victime.
- Ce qui m'a le plus marqué, moi, c'était ma première torture, répondit Dennis d'une voix tranquille. Je n'allais plus à l'école depuis que Rogue était devenu directeur, je fuyais ma famille pour ne pas que les Mangemorts mettent la main dessus, et Colin était mort. Je n'avais pas encore intégré l'Ordre à l'époque, je ne savais pas comment vous contacter, mais je voulais agir pour la cause quand même. Alors je suis allé à l'allée des Embrumes et j'ai suivi un homme que je soupçonnais être un Sang-Pur. J'ai utilisé les sorts que tu m'avais appris à l'AD pour le capturer, puis je l'ai interrogé pour savoir s'il était un Mangemort et où ils se retrouvaient. Bien sûr, il ne voulait rien me dire, mais c'était ma seule piste alors je ne voulais pas lâcher le morceau.
Il racontait cet événement comme on relate une anecdote parmi d'autres. Dennis avait toujours eu, aussi loin que remontaient les souvenirs de Harry, un rapport distancié avec la morale ou le danger. Harry n'oublierait jamais son immense sourire alors qu'il annonçait avec ravissement, à onze ans à peine, qu'il était tombé dans le lac et avait été ramené à la surface par le calmar géant.
- D'abord, je lui ai mis des gifles, puis des coups de poing dans le ventre. Les sorciers sont tellement habitués à utiliser la magie pour tout qu'ils sont très faibles face à la violence physique, tu sais. Mais ça ne suffisait pas, alors j'ai décidé d'aller plus loin. « Ce n'est pas grave », je me disais. « C'est un méchant de toute manière, il le mérite. ». J'ai gardé cette idée en tête quand je lui frappais le visage et le corps, puis quand j'ai commencé à découper sa peau. Je me le rappelais pour m'empêcher de culpabiliser, je pense. Ou peut-être que ce n'était qu'un réflexe, je ne suis pas sûr que je réfléchissais beaucoup à la morale de ce que je faisais.
Dennis plaça son doigt sur l'avant-bras de Harry et parcourut la peau du poignet presque jusqu'au coude.
- J'avais déchiqueté son bras de là à là lorsqu'il s'est enfin décidé à parler. Il m'a révélé l'endroit où devait se passer une réunion le soir-même avec plusieurs autres Mangemorts. Il n'y aurait pas Voldemort, mais c'était déjà une grosse prise pour un petit sorcier comme moi, qui n'avait même pas fini son premier cycle.
Il sourit, comme perdu dans un souvenir nostalgique.
- Tu te souviens de la technique que Hermione avait utilisée pour que les membres de l'AD ne trahissent pas le secret, quand Ombrage était à Poudlard ? Eh bien, j'ai utilisé quasiment la même pour placer une malédiction sur la porte. Tous ceux qui sont passés par là sont morts dans les jours qui ont suivi après s'être vidés magiquement de leur sang, sans même s'être rendu compte de ce qu'il s'était passé. Peu de temps après cela, Hermione retrouvait ma trace et m'invitait à rejoindre vos rangs. Je n'ai plus tué, ou alors exceptionnellement, mais j'ai souvent torturé après ça, à la moldue et à la sorcière.
Il se tourna pour le regarder dans les yeux en ajoutant :
- Tu sais Harry, je n'ai aucun remord pour l'avoir fait. Je n'ai éprouvé aucune compassion pour eux. Non pas parce qu'ils étaient méchants ou cruels, mais simplement parce qu'ils étaient mes ennemis, et qu'un ennemi, on doit le vaincre, un point c'est tout... Parfois, je me dis que je suis un monstre.
Harry hocha lentement la tête, le ventre serré.
- Je crois qu'en temps de guerre, nous le devenons tous...
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Comme il le faisait régulièrement lorsque le temps était trop froid au-dehors, il se chargeait d'amener de la viande au Basilic pour le changer des rongeurs.
Parfois, comme aujourd'hui, Ron acceptait de l'accompagner dans la Chambre des Secrets, discutant avec lui de sujets qu'il ne pouvait pas aborder quand Hermione était là. Des sujets « de garçons », comme il les appelait.
- Ce n'est pas que je pense qu'elle est mauvaise en magie, disait-il en marchant à côté de lui. Je sais que Hermione est douée, c'est bien ça le souci. Tu vois, j'aimerais bien me montrer... tu vois.
- Sous un bel avantage.
- C'est ça ! Sauf qu'elle réussit les sorts toujours plus rapidement et mieux que moi ! Alors à côté, j'ai l'impression d'être un gros nul. Heureusement que Neville s'entraîne avec nous, parce que sinon je me sentirais vraiment comme un moins que rien.
Ils s'arrêtèrent devant la seconde porte que Harry devait ouvrir, mais ce dernier ne le fit pas. À la place, il se tourna vers Ron et le regarda droit dans les yeux avant de lui dire :
- Ouvre la porte.
Ron le dévisagea sans comprendre.
- Mais Harry... Je peux pas, il faut être Fourchelang pour qu'elle s'ouvre. C'est même toi qui me l'as dit !
- Et je le maintiens. Alors parle Fourchelang pour ouvrir la porte.
Ron ouvrit la bouche pour contester mais la referma aussitôt. Il fronça les sourcils, le dévisageant intensément, comme s'il cherchait où il voulait en venir. Harry le fixa en retour, imperturbable, et cela sembla convaincre le rouquin. Il fit de nouveau face à la porte, se concentra quelques secondes, puis prononça :
- Ouvre !
Ce n'était pas tout à fait ce que demandait Harry généralement, mais la porte s'en contenta et lui obéit, coulissant pour ouvrir le passage devant les deux garçons.
- Elle s'est ouverte ! s'exclama Ron qui n'en croyait pas ses yeux, stupéfait.
- Bien sûr, puisque tu lui as demandé, répondit Harry avec un sourire en s'engageant dans l'ouverture.
- Mais... Attends, comment tu savais que je pouvais faire ça ?
Harry passa un bras autour des épaules de Ron et lui répondit tranquillement :
- Tu as une capacité d'apprentissage insoupçonnée, Ron, et une intelligence incroyable. Tu te sous-estimes en permanence, en te comparant aux autres selon leurs points forts en oubliant leurs points faibles.
- Je fais ça ? marmonna Ron en faisant une grimace mal à l'aise.
- Oui, s'amusa Harry. Tu penses à la manière dont Hermione maîtrise les sortilèges, mais pas à quel point il t'est facile de la battre aux échecs. Tu es un stratège de génie qui s'ignore, mon ami.
Gêné d'être ainsi complimenté, Ron ne répondit rien à cela. Harry en profita donc pour rajouter :
- D'ailleurs, tu es la seule personne que je connaisse qui ait jamais réussi à apprendre le Fourchelang sans être né avec ce don, juste en m'écoutant parler dans mon sommeil.
- Tu parles Fourchelang dans ton sommeil, s'étonna Ron, surpris. Je crois que je ne t'ai jamais entendu. Enfin, dans cette époque je veux dire.
- Je pense que je ne me suis mis à parler que lorsque Voldemort a pris beaucoup de puissance, supposa Harry en observant distraitement autour de lui. Et puis, tu avais probablement moins de mal à entendre lorsqu'on dormait ensemble.
Harry sentit Ron se crisper, et se fit la réflexion qu'il n'arrêtait pas de faire des sous-entendus à ce sujet depuis Noël. Il savait, pourtant, que ce n'était pas une information qu'il pouvait dévoiler sans précautions, que cela ne servait à rien dans la guerre, et que cela pouvait potentiellement éloigner ses amis de lui...
Et pourtant, peut-être inconsciemment, Harry aurait voulu qu'ils sachent. Sûrement dans l'espoir que cela les pousse à s'intéresser à lui de cette manière... Même si, vraiment, à douze ans, c'était un peu tôt pour faire quoi que ce soit.
Ils arrivèrent finalement dans la partie principale de la Chambre, où Harry appela le serpent.
Seulement, ils eurent beau attendre, aucun Basilic n'apparut, faisant froncer les sourcils des deux garçons, surtout Harry qui sentait qu'il y avait quelque chose qui clochait, quelque chose de grave.
- On remonte, ordonna-t-il en attrapant la main de Ron pour faire demi-tour. On remonte tout de suite !
- Qu'est-ce qui se passe ? s'affola Ron.
Plaçant sa baguette sur la gorge, Harry se lança un Sonorus et s'arrêta le temps de crier en Fourchelang :
- Basilic, où es-tu ?
Reprenant la course jusqu'en bas du tuyau, ils s'apprêtaient à le remonter lorsque le serpent répondit, sa voix résonnant dans les canalisations :
- Il y a des intrus dans le parc.
Harry répéta la traduction à Ron qui commença à paniquer avant qu'ils ne soient aspirés brusquement dans le tuyau par un sort qui les remonta jusqu'aux toilettes des filles. Harry en tête, ils se précipitèrent sur la première fenêtre venue et observèrent l'extérieur. Harry plissa les yeux et, au bout de quelques secondes, distingua de sombres silhouettes s'agglutinant à l'orée de la forêt.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Ron qui commençait à avoir peur.
- Ce doit être des Mangemorts, répondit Harry en analysant les sensations de sa cicatrice pour s'assurer que Voldemort n'était pas dans le coin. Mais qu'est-ce qu'ils font là ?
- Ils ne peuvent pas entrer, déclara Ron en tentant d'avoir l'air assuré. Poudlard est l'endroit le plus sûr du Royaume-Uni, et Dumbledore est là.
Harry n'était pas convaincu par la partie disant que Poudlard était l'endroit le plus sûr du pays, vu le nombre de problèmes qu'il avait eus ici, mais il devait bien avouer qu'il était très étrange qu'un groupe de Mangemorts, au moins une dizaine de ce qu'il pouvait voir pour le moment, s'attaque directement au château ainsi, en plein milieu de l'année, alors que le directeur était présent.
L'empêchant de reprendre leur conversation, un cri les apostropha :
- Harry, Ron !
Tournant la tête, ils virent arriver vers eux les jumeaux, Neville et Hermione, qui avaient les sourcils froncés et semblaient avoir couru.
- On a entendu une voix flippante dans tout le château, fit Fred en arrivant suffisamment près pour ne plus avoir à crier. C'était du Fourchelang ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Harry avisa la carte du Maraudeur dans la main de son frère, objet par lequel ils les avaient retrouvés, probablement, et construisit rapidement un plan dans sa tête. Si ce groupe était vraiment là pour envahir Poudlard, ils s'y prenaient vraiment d'une étrange façon. D'autant plus qu'aucun espion de Harry ne l'avait informé que Voldemort était prêt à attaquer... Il espérait sincèrement que c'était une initiative irréfléchie, comme lors de la coupe du monde de Quidditch, et non pas quelque chose de plus sérieux. Mais si jamais c'était le cas...
Saisissant sa baguette, Harry fronça les sourcils et se redressa.
Si c'était le cas, il était prêt.
- Fred, George, Neville, ordonna-t-il d'une voix autoritaire. Rejoignez au plus vite les professeurs Dumbledore, MacGonagall et Rogue pour les informer, s'ils ne le sont pas déjà, que des Mangemorts tentent de passer les barrières. Que tout le monde mette leur badge protecteur sur-le-champ.
- Qu'est-ce que tu comptes faire ? s'inquiéta Hermione.
- Les garder en-dehors de Poudlard, répondit Harry en faisant demi-tour pour pénétrer dans un passage secret.
Mais alors qu'il allait refermer la tapisserie derrière lui, la main de Ron la retint et le garçon passa une tête furieuse dans l'ouverture, suivie de tout son corps.
- On vient avec toi !
- Bien sûr que non, répondit Harry en s'apprêtant à le repousser.
- Bien sûr que si, répliqua Hermione en suivant le rouquin. Tu as donné des instructions aux trois autres et pas à nous, ça veut bien dire que tu voulais que l'on t'accompagne.
Harry ouvrit la bouche sans répondre. En fait, il était tellement habitué à ce que Ron et Hermione le suivent effectivement dans toutes ses aventures qu'il n'avait pas eu le réflexe de les éloigner du combat comme les trois autres.
Cependant, il n'avait pas le temps d'argumenter : les ennemis étaient à leurs portes, il devait s'y rendre au plus vite.
- Très bien, abdiqua-t-il. Mais ne vous mettez pas en danger !
Alors qu'il reprenait son raccourci pour rejoindre au plus vite le parc, Harry se demanda qui il essayait de convaincre avec un conseil aussi absurde, alors qu'ils allaient droit vers une bataille et qu'il savait parfaitement comment se passaient généralement ces affrontements...
En moins de trois minutes, ils sortaient du château pour se retrouver face à la forêt, des centaines de mètres plus loin, par une petite niche secrète que Harry avait découverte bien après sa dernière année à Poudlard, alors qu'ils devaient s'infiltrer dans le château occupé par les Mangemorts.
L'endroit était dissimulé entre deux tours qui bouchaient la vue et leur permettaient de sortir en toute sécurité. Harry s'approcha de la tour de droite le plus discrètement possible, passant seulement la tête pour regarder quelle était la situation, imité par ses meilleurs amis.
La barrière tenait encore, mais plus pour longtemps s'ils continuaient de s'acharner ainsi. Harry devait agir avant : il ne comptait pas attendre que Dumbledore ou un autre professeur n'arrive.
Heureusement, la situation était moins critique que ce qu'il craignait depuis la fenêtre. Leur nombre était négligeable, et leur position coïncidait parfaitement avec une sortie secrète de la forêt qu'il connaissait bien.
Alors, portant sa baguette contre sa gorge, Harry lança un Sonorus et ordonna en Fourchelang au Basilic d'attaquer les intrus.
L'action fut rapide et sans équivoque. Deux Mangemorts furent tués sur le coup en croisant le regard de la bête qui s'approchait, puis les autres furent proprement mordus par le Basilic qui arracha même un bras tenant une baguette trop agressive à son goût. En quelques secondes à peine, leur sort fut scellé, et le Basilic retourna se cacher, emportant avec lui le membre tranché.
Harry resta longtemps sur ses gardes, le regard fixé sur le lieu du massacre, mais rien ne se passait : aucun homme ne se relevait d'entre les morts, aucun sort ne s'activait et la barrière était toujours en place. Il soupira de soulagement : comme il l'espérait, ce n'était qu'une action individuelle et désorganisée, pas l'attaque des forces de Voldemort sur le château millénaire.
En voyant les silhouettes empressées des professeurs se diriger vers les lieux du carnage, Harry recula pour se dissimuler et se tourna vers ses amis.
Il souriait, s'apprêtant à les rassurer... mais leur regard l'en empêcha.
Hermione tremblait, les yeux écarquillés, tandis que Ron était sous le choc, semblant sur le point de vomir. Harry s'inquiétait à l'idée qu'ils aient reçu un maléfice sans qu'il ne s'en soit aperçu quand sa meilleure amie murmura sur un ton horrifié :
- Ils sont morts... Ils ont été tués.
Il s'apprêtait à confirmer, pour lui dire de ne plus s'en faire, lorsqu'il comprit que ce n'étaient pas les Mangemorts vivants qui la mettaient dans un tel état... C'était le fait d'avoir vu des gens mourir.
Il se rappela alors que c'était la première fois que ses amis assistaient à un pareil spectacle, et que même dans son univers, ils n'avaient rien connu de tel à cet âge-là. Et lui, comme un idiot, les amenait à assister à une mise à mort ! Il était vraiment le pire des imbéciles, se fustigea-t-il en baissant honteusement la tête. S'il y avait bien quelqu'un qu'il ne voulait pas troubler, c'était bien Ron et Hermione, et il venait de traumatiser les deux.
- On devrait rentrer, fit finalement Ron d'une voix légèrement tremblante. Ce ne serait pas bon qu'on nous surprenne ici après ce qu'il vient de se passer.
Silencieusement, Harry hocha la tête et ils firent tous demi-tour en direction du château. Juste avant de se glisser dans le passage, cependant, Harry se tourna une dernière fois vers la barrière et les cadavres, près desquels les professeurs arrivaient.
Il avait beau tenter de se persuader que le problème était résolu, il ne pouvait pas oublier le fait que cela s'était réglé bien trop rapidement.
D'expérience, il savait que rien ne se résolvait facilement avec Voldemort... Et que, probablement, Harry aurait bientôt des nouvelles déplaisantes qui confirmeront cela.
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Dumbledore étant au courant du don de Fourchelang de Harry, il ne mit pas longtemps à le convoquer après les événements de la barrière contre laquelle les Mangemorts avaient été tués.
Harry fut parfaitement honnête avec lui quant à son implication dans l'attaque du Basilic, autant pour montrer son sérieux dans son implication dans la guerre se préparant que pour le rassurer quant à l'action du monstre de Serpentard : Harry ne voulait pas qu'il soit considéré comme un danger pour l'école, puisqu'il avait pu le dompter. C'était un atout pour la guerre jusqu'au jour où Voldemort serait là en personne. D'ici là, Harry comptait bien l'utiliser à bon escient.
Il resta cependant silencieux sur la présence de Ron et Hermione à ses côtés. D'une part, il ne voulait pas exposer ses meilleurs amis à l'intérêt de Dumbledore, mais aussi... Sa relation avec eux était déjà suffisamment difficile comme cela.
Après son entretien avec le directeur, Harry rentra à la salle commune et observa les lieux.
Les élèves étaient dispersés sur les fauteuils et les tables, certains studieux, d'autres bien plus détendus. L'attaque avait été faite dans la plus grande discrétion, et seule l'étrange voix qui avait résonné dans toute l'école avait provoqué des rumeurs. Heureusement, les jumeaux lui étaient venus en aide et avaient affirmé que c'était une de leurs blagues, et l'histoire s'était arrêtée là.
Mais parmi toute la population présente dans la pièce, Hermione manquait à l'appel. Quant à Ron, il croisa son regard puis fit mine d'être en pleine discussion avec Seamus.
Depuis qu'ils avaient assisté à la scène, ses meilleurs amis étaient distants avec lui, évitant de lui parler la plupart du temps et ne le regardant jamais dans les yeux. Ils avaient même cessé de venir aux entraînements, au contraire de Neville qui ne comprenait pas la raison de leur absence.
Même si Harry s'y était attendu... Ce rejet lui était quand même douloureux.
Il savait cependant qu'il ne pouvait pas leur en vouloir pour cela. Il était un monstre après tout. Au contraire, il devrait se réjouir de la situation : après tout, cela signifiait que Ron et Hermione n'étaient pas tombés, eux !
Harry tentait de se dire cela, alors qu'il regardait le sol en se dirigeant vers les dortoirs. Il monta silencieusement là-haut, sans adresser un mot à quiconque, pas même aux jumeaux qui l'interpellèrent lorsqu'il passa à côté d'eux, puis alla s'enfermer dans son lit.
N'était-il pas ridicule, à agir comme un enfant malheureux ? Après tout ce qu'il avait vécu, n'être dérangé par rien de plus grave qu'un désaccord entre amis ? Dire que c'était sur lui que l'on comptait pour mettre fin à l'existence d'un des mages noirs les plus dangereux qu'avait connu l'Angleterre...
Un bébé, un enfant mal dans sa peau, un monstre et désormais un idiot.
S'il parvenait à vaincre une fois pour toutes la menace, cela tiendrait du miracle.
Et pourtant, il essaierait quand même.
Il passa une très mauvaise nuit, comme c'était le cas depuis l'attaque, et finit par quitter les lieux bien avant le lever du soleil, préférant se rendre dans la Grande Salle afin de prendre son petit-déjeuner tant qu'il y avait peu de monde. Hélas, il était venu si tôt que même les plats n'étaient pas encore apparus sur les tables... Par contre, une élève était déjà présente sur les lieux, une Serdaigle aux longs cheveux blonds que Harry connaissait bien.
- Harry Potter, dit-elle en le voyant arriver.
- Luna Lovegood, répondit-il calmement. Je peux m'asseoir à côté de toi ?
Elle regarda à côté d'elle pour vérifier avant de lui répondre :
- Il n'y a personne sur le banc, donc oui.
Souriant légèrement, Harry s'assit à côté de Luna et croisa les bras sur la table pour poser son menton dessus. Il ne chercha pas à faire semblant de quoi que ce soit, la personne avec qui il était en présence n'avait pas besoin qu'il fasse le fier, et aurait probablement su lire efficacement ce qu'il aurait tenté de cacher. Luna était ainsi après tout.
- Tu sais, murmura-t-il en fermant les yeux, sans se soucier de ce qu'elle pourrait comprendre de ses prochains mots, je suis vraiment fatigué en ce moment. Heureusement, c'est bientôt fini. Plus personne n'aura à subir toute cette souffrance, d'ici peu...
Voldemort passera à l'action, ou peut-être que Harry irait le débusquer avant cela. Il y aurait un affrontement, le tout dernier, ils mourront tous les deux, et ce sera la fin de l'histoire. Enfin, Harry cesserait d'être un monstre, il n'aurait plus besoin de chercher des solutions, il ne ferait plus face à l'abandon des deux personnes qui comptaient le plus pour lui. Il ne mourrait pas dans la joie, c'est sûr, mais il n'avait jamais sérieusement espéré que cela arrive.
- Tant mieux alors, répondit candidement Luna. Tu devrais fêter ça avec du pudding.
Harry ouvrit les yeux et vit qu'une part avait été posée devant lui. Les plats étaient apparus sur les tables. Le matin était là.
N'étant pas d'humeur courageuse, Harry ne retourna pas à la table de Gryffondor et décida de partager son repas avec Luna. Bien entendu, de nombreux regards pesèrent sur lui lorsque la Grande Salle commença à se remplir, mais il n'y prêta pas attention, de même que Luna qui passait d'un sujet à un autre dans un monologue apaisant bien que peu compréhensible.
Sa conversation fut coupée par l'arrivée des hiboux, dont l'un vint se poser devant Harry. C'était un rapace qu'il n'avait jamais vu auparavant, mais son air revêche ne lui inspirait pas confiance. Harry se méfia d'autant plus lorsqu'il constata le nombre de sorts posés sur la lettre qu'il transportait.
- Merci d'avoir partagé ce moment avec moi, dit-il à Luna en saisissant la lettre et se levant.
- De rien, Harry Potter, répondit-elle tranquillement. À une prochaine fois.
Il ne rajouta rien et s'empressa de quitter la Grande Salle, rejoignant la pièce vide la plus proche qu'il isola magiquement. Il posa ensuite la lettre sur une table et analysa la magie qui la recouvrait, ce qui lui fit rapidement froncer les sourcils : c'était de la magie du sang. Magie de vampire, même, sinon elle n'aurait pu passer les protections du château. Ses alliés le contactaient directement au lieu de passer par Dennis ?
Puisque les sorts servaient exclusivement à garantir que lui seul lise cette lettre, Harry n'attendit pas plus longtemps et décacheta l'enveloppe pour en sortir le parchemin.
« Ton mage a tendu un piège, méfie-toi et tiens-toi prêt. Nous serons là lorsqu'il attaquera ton école. Prépare notre dû. »
Suivaient plusieurs indications sur ce que les vampires avaient découvert, notamment le fait que la mort des Mangemorts avait été parfaitement calculée : c'était un sacrifice pour un rituel visant à briser la barrière de Poudlard le moment venu.
Dumbledore l'avait sans doute deviné lorsqu'il avait inspecté les lieux. Le directeur avait, après tout, un nombre de connaissances impressionnant dans toutes sortes de magies. Cependant, il n'était pas dit qu'il avait pu réparer la faille. Ces rituels de sang étaient généralement très puissants après tout, et Harry en savait quelque chose : l'Ordre du Phœnix les utilisait régulièrement en tuant les prisonniers ennemis pour protéger des camps de réfugiés nés-Moldus.
Se frottant pensivement le front, Harry réfléchit à ce qu'il devait faire à présent.
L'attaque avait eu lieu deux jours plus tôt. D'après ce qu'en disaient les vampires, Harry pensa reconnaître le rituel dit des cinq lunes qui, comme son nom l'indiquait, prenait effet au bout de la cinquième nuit.
S'il ne se trompait pas, il avait encore un peu de temps devant lui, mais pas question de rester à attendre les bras croisés. C'était le moment idéal pour remplir un autre devoir sur sa liste.
Profitant du fait d'être en avance pour le début des cours, même s'il craignait ne pas pouvoir s'y rendre après cela, Harry remonta rapidement dans son dortoir. Il n'eut pas à fouiller longtemps dans ses affaires pour trouver ce qu'il voulait : ses objets les plus précieux se cachaient dans ses chaussettes depuis toujours, il savait où chercher.
En se redressant de sa valise, il croisa le regard de Ron qui venait d'ouvrir les rideaux de son lit à baldaquin, et ils se figèrent.
Un instant, Harry voulut lui dire quelque chose. Une explication, peut-être, pour ce qu'il avait fait. Des excuses, sûrement, pour avoir été insensible et ne pas avoir pensé à les protéger. Mais Ron ne le laissa rien dire. Il se leva sans un mot, traversa le dortoir et alla s'enfermer dans la salle de bain.
Harry déglutit et ferma les yeux un instant.
Vraiment... Il devrait apprendre à abandonner lorsqu'il perdait quelque chose.
Cela avait été pareil avec la mort de Sirius. Il s'était accroché des mois à l'espoir stupide qu'il reviendrait à la vie et finirait par l'adopter comme ce qu'ils avaient prévu avant.
Lorsque la personne part, ce genre de plans n'a plus de sens... Il devait s'y faire.
Ses trouvailles dans les poches de sa robe, il se rendit au bureau de Dumbledore sans plus attendre. Les escaliers se dévoilèrent après qu'il se soit simplement annoncé à la gargouille. Il avait de la chance : Dumbledore devait toujours y être.
Alors qu'il s'apprêtait à frapper à la porte, il se rendit compte que sa main tremblait terriblement, et cela le fit grimacer. Il aurait espéré être plus sûr de lui pour une étape aussi importante, hélas, les circonstances l'avaient rendu vulnérable... Harry était faible, sans amour.
De l'autre côté de la porte, le chant du phœnix s'éleva, et il sentit une douce chaleur éclore dans son ventre, le faisant sourire. Il réussit alors à toquer, et ouvrit la porte après qu'on lui ait donné l'autorisation.
Dumbledore était assis à son bureau, ses lunettes en demi-lune placées sur son nez aquilin, ses yeux pétillants et ses mains noueuses posées devant lui. Harry avait l'impression d'avoir eu cette vision de lui mille fois auparavant, et qu'elle ne changeait jamais... Dans son bureau, Dumbledore était le bon et gentil professeur à l'écoute de ses élèves. Il n'était pas le combattant à la main brûlée, ni le cadavre tombant du haut de la tour d'astronomie. Harry devait avouer que la vision qu'il avait sous ses yeux était celle avec laquelle il était le plus à l'aise.
- Bonjour, Harry, dit-il tranquillement. Je ne m'attendais pas à ta visite aujourd'hui.
- Elle n'était pas prévue en effet, confirma Harry en s'arrêtant à un mètre du bureau. Mais je ne pouvais pas la différer.
- Se passe-t-il quelque chose de grave ? s'inquiéta le vieil homme en fronçant légèrement les sourcils.
- En quelque sorte. Peut-être êtes-vous déjà au courant, mais la barrière extérieure de Poudlard tombera dans trois jours.
Dumbledore resta silencieux de longues secondes où Harry resta immobile et impassible, puis il hocha la tête.
- Très bien, cela simplifiera donc les explications, fit Harry en fermant momentanément les yeux.
Il tremblait de nouveau, et tenta de le dissimuler en joignant ses mains dans son dos.
- J'ai besoin de votre soutien maintenant, reprit-il en fixant son regard dans celui de son mentor. Les réactions à mon entreprise sont imprévisibles, mais je vous fais confiance pour gérer cela dans le plus grand secret. Il en va de notre réussite.
- De quoi parles-tu, Harry ?
- Le fait de pouvoir prédire le moment où Voldemort attaquera est une chance exceptionnelle. C'est l'occasion de se préparer à cette bataille.
Dumbledore se leva lentement, un air confus et inquiet sur le visage. Il lui demanda : « Mais où veux-tu en venir ? », et sa perplexité laissa la faille que Harry espérait et attendait.
Il brandit sa baguette et cria :
- Expelliarmus !
Malgré sa surprise, Dumbledore réussit à placer un bouclier devant lui à temps. Simplement, le sort d'Expelliarmus était la spécialité de Harry, le sort qu'il maîtrisait le mieux et qu'il avait perfectionné durant des années. Aucun bouclier ni aucune barrière ne pouvaient plus s'y opposer.
Alors, comme prévu, la baguette de Sureau fut arrachée des mains de Dumbledore et traversa la pièce pour atterrir dans les mains de Harry.
Il devenait ainsi Maître de la...
Glapissant, Harry sentit toutes ses forces le quitter d'un coup, comme une claque, et il tomba à genoux sur le sol. Ses yeux écarquillés, il sentit quelque chose se briser en lui, douloureusement, et la souffrance traversa tout son corps avant de remonter vers sa cicatrice, comme une vague destructrice qui ravageait chacun de ses nerfs sur son passage.
Qu'était-il en train de se passer ? Harry paniquait. Aucune des recherches de Hermione sur les Maîtres de la Mort ne parlait d'une telle réaction !
La douleur s'intensifia brusquement et il perdit l'usage de ses sens : il ne voyait plus le visage choqué de Dumbledore, n'entendait plus son propre hurlement, ne savait plus où se trouvait le haut ou le bas, ni s'il était encore à genoux ou s'il était déjà écroulé. Tout ce qu'il ressentait encore, c'était sa cicatrice maudite qui s'ouvrait littéralement, fendant son crâne en deux, comme s'il accouchait par le crâne d'une chose qui s'en extirpait laborieusement.
Le poids de sa tête se fit alors si lourd qu'il dut se pencher en avant et prendre appui sur le sol avec ses bras. Il sentait qu'il pleurait et sa gorge lui faisait mal. Peut-être hurlait-il encore, il n'en était pas sûr, la douleur prenait trop de place dans son esprit pour qu'il parvienne à réfléchir.
À peine cette pensée traversa sa tête qu'il réussit à se reprendre. Même s'il n'en subissait plus depuis longtemps, Harry avait été formé à résister à la torture, à mobiliser un esprit clair même lorsque la situation ne le poussait qu'à la panique.
Il se força donc à se relaxer et se concentra sur son souffle, sur la vitesse de ses inspirations et ses expirations, jusqu'à réussir à le maîtriser. Après cela, peu à peu, ses autres sens lui revinrent : d'abord l'ouïe, qui lui permettait d'entendre le bruit fort de sa respiration. Puis la vue, qui lui montra ses mains dont l'une tenait toujours les deux baguettes, appuyées sur le sol recouvert d'une substance étrange, blanche et gluante, et la chose qui sortait de son front et lui cachait tout le haut de sa vision.
Jusqu'à ce que la chose tombe à terre et se dévoile entièrement à ses yeux.
C'était une créature blanche que l'on pourrait vaguement comparer à un bébé, du moins, autant qu'y ressemblait Voldemort lors de sa résurrection au cimetière. Elle s'agitait sporadiquement, et Harry eut la brève vision d'un poisson se retrouvant hors de l'eau et se débattant vainement.
- Merlin...
C'était Dumbledore qui avait parlé, et Harry se rappela de sa présence.
Il leva les yeux vers lui et le dévisagea, tandis que le directeur ne pouvait pas détacher les yeux de la créature.
- Ne dites rien à Ron et Hermione, eut juste le temps de supplier Harry, avant que sa vision se voile de nouveau, le laissant cette fois tomber dans l'inconscience.
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